Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Denis Robert : « Une seule envie, retourner à l'écriture »

Publié le 05/04/2008 à 21h00

Pour s’échapper de l’affaire Clearstream, le journaliste cède la place à l’écrivain. Qui se raconte dans un livre façon bilan d’étape.

A force, on aurait presque fini par l’oublier : Denis « Clearsteam » Robert est écrivain. Journaliste aussi, bien sûr. Mais de cette catégorie de journaliste-écrivain à la Albert Londres, qui met « la plume dans la plaie ». A l’occasion d’ « Une affaire personnelle », paru ce vendredi, rencontre avec un homme qui, lorsqu’il crie, écrit.

Denis Robert, c’est le genre qui aime le foot, qui paye sa bière, et qui bosse. Le mec simple. Mais obsédé. De ceux qu’on ne tue pas, et chez qui rien n’est jamais achevé. Le genre tanné, ces hommes dont les cernes sourient toujours.

Son nouveau livre n’est pas un roman. Pas non plus une enquête. « Une affaire personnelle » est une démarche d’écrivain. L’entretien qui suit porte certes un peu sur Clearstream (le réel, le background de notre homme), mais son objet est essentiellement littéraire : l’écriture et l’objet livre sont le carburant de l’écrivain-journaliste. Dans la version intégrale de l’entretien, d’autres thèmes sont également abordés.

Un livre pour sortir du piège de l’affaire Clearstream

Si ses ouvrages sur l’internationale de la corruption sont primordiaux, « Une affaire personnelle » est le plus important pour l’intimité et la survie de son auteur. Comme un « point Inforoute » intime. Des années après les débuts de son tombereau de déboires, procès et excommunications, il y fait un bilan de compétences futures.

Certes, Robert est journaliste, et il aime les faits de société (l’affaire Villemin, le foot-business, Clearstream). Mais il est autant romancier (« La Domination du monde », « Le Bonheur », « Une ville », etc.), avec un talent remarqué, des mises en scène épurées, une grande attention aux personnages, une écriture faussement simple et un côté bien tapé.

L’identité de Denis Robert, c’est homme de fiction. Aussi, « Une affaire personnelle » est-il un cri littéraire. L’affaire Clearstream et ses acteurs l’ont pris au piège ? L’entreprise de ce livre était de le sortir du piège. Il y retrace sa vie. Toutes les étapes : la famille, la scolarité, les filles, la jeunesse, les livres, l’obsession d’écrire pour être dans le vrai, les faits divers, le parcours journalistique, le cheminement littéraire et les livres à venir. C’est un livre avec des flashbacks, des coq-à-l’âne, et de multiples digressions. Où tout devient cohérent.

« Je suis entré par effraction dans une histoire incroyable »

Abattu par l’interdiction, en 2006, de « Clearsteam, l’enquête “, déprimé par les visites des huissiers (‘pour une affaire dont je n’ai plus envie de parler’), Denis Robert a voulu ‘y retourner, expliquer ce truc indicible’. S’appuyant sur les écrivains Edouard Levé et Richard Brautigan -soit deux auteurs, l’un Français, l’autre yankee, suicidés…-, il dit ‘être d’abord un écrivain, entré par effraction dans une histoire incroyable’.

En ces temps de -juste- triomphe de la trilogie ‘Millénium’, Denis Robert est comme un Mikael Blomkvist de chair. Avec ‘Une affaire personnelle’, l’homme cicatrise à vif, sa propre cicatrice afin de plonger sous formol la part intime de cette affaire Clearsteam (nommée ici ‘la multinationale’, pour désincarner et éradiquer ce qui a changé sa vie). Et expurge le reste.

Il y a assurément un fil qui restera accroché pour toujours à la cicatrice, grattant la peau. Autant en faire le fil qui soutiendra le miroir. Ici, le lecteur n’est pas témoin. Pas non plus acteur. il est matière vivante de l’opération. (Voir la vidéo.)



Ecrit dans un style simple et direct, ne cessant de prendre son lecteur à parti, cette ‘Affaire personnelle’ a du coffre. En filigrane de ce bilan personnel, c’est surtout du temps que nous parle Robert. Le temps-machine (l’arrivée de l’ordinateur, modifiant le rythme d’enquête du journaliste), le temps-Internet (‘La connexion permanente sur le monde en mouvement est obsédante. L’outil conditionne la pensée. […] L’outil tue la pensée par excès de réactivité . En me livrant sur le Net, je suis en train de mollir, de me diluer’, écrit le bloggeur Denis Robert), le temps-littérature (on ne citera pas ici toutes les références qui ornent le livre, de Tom Wolfe à Cormac McCarthy), le temps-écriture (vivre avec des personnages de fiction quand vous êtes vous-même le fusible d’une histoire vraie).

Il y a une image qui, parcourant le livre, en dit tout le sens et l’urgence : celle de l’homme moderne, vivant dans un monde qui mute sans cesse, et qui est obligé de courir plusieurs lièvres à la fois. Image, elle devient note lorsque l’auteur se donne le temps de décélérer : une autre course est possible. Celle du lièvre intérieur. De l’homme mature. Et aussi celui de l’artiste, de l’écrivain.

Un tempo qui ne correspond pas aux médias d’aujourd’hui (Rue89 en tête). Et qui, si l’on n’y prend garde, révèle l’information en même temps qu’il organise la profusion. Puis la confusion. La surabondance est, on le sait, la forme moderne et capitaliste de la censure.

‘Une société qui protège ses élites contre les écrivains comme moi’

La censure, Robert connaît. Il y a donc eu cette interdiction, le lendemain de sa sortie, en 2006, de ‘Clearstream, l’enquête’. ‘Personne n’a vraiment bronché suite à cette censure’, écrit Robert. ‘Une société qui accepte ces pratiques est une société qui a peur des livres et de la liberté. C’est une société qui se recroqueville sur elle. C’est une société qui protège ses élites contre les écrivains comme moi.’

Et il y a une autre forme de censure, celle qui passe par une pression plus ou moins lancinante sur ceux qui informent. Pour l’écrivain-journaliste messin, c’est violent ; ça passe par un harcèlement judiciaire de ‘la multinationale’ depuis la parution de ‘Révélation$’, en 2001. Encore une audience, cette semaine, à Bordeaux. Et d’autres en attente.

S’ajoutent les effets de la deuxième affaire Clearstream, ‘cette putain d’affaire de corbeau’, avant laquelle Denis Robert tenait ‘plutôt bien la rampe’ : filatures de la DST, visite d’agents de la DGSE, perquisition, écoutes de son portables et de ceux de ses enfants, mails piratés, etc. Particulièrement attaqué, Denis Robert est aussi soutenu.

La plupart des journalistes sont incomparablement plus tranquilles, même avec la pression de la rentabilité, de l’urgence, des intérêts de l’actionnaire, de la fin de mois difficile pour les précaires. Mais la pression est là :

‘Il subsiste bien sûr des journalistes, nombreux, qui se bagarrent au quotidien à l’intérieur de leur rédaction, dans leur radio, leur news ou leur gratuit pour faire passer leur sujet sur telle ou telle affaire, mais ils ressemblent de plus en plus à des Indiens.

La génération qui arrive a besoin de bosser. La sélection à l’entrée des écoles de journalistes est aujourd’hui statistiquement plus difficile qu’en médecine. Plus de monde pour moins de places. Plus de pression et moins d’informations.’

La censure, c’est, aussi, le centre du livre. Pour Denis Robert, ‘le livre est le dernier endroit pour revenir à l’intelligence’. (Voir la vidéo.)



L’événement-genèse du livre est lui-même une intrusion littéraire. De fait, ‘Une affaire personnelle’ est le début de la foulée. Robert y évoque un chantier (littéraire) en cours, débuté avant que ‘cette putain d’affaire du Corbeau’ ne surgisse. Alors, avec tout le temps que les procès lui prennent, l’homme a définitivement fait le deuil de quelque chose. ‘Appelons cette chose légèreté, naïveté ou journalisme. Ça ne revivra plus’.

Des livres qui se vendent bien, certains à plus de 100 000 exemplaires

Denis Robert ne possède plus sa carte de presse depuis dix ans, et ne se sent pas journaliste. Il veut ‘vivre avec ses personnages pour écrire des fictions, quitte à vivre dans une champignonnière pendant un an’. Fort de ses romans qui se vendent bien (autour de 20 000 exemplaires en moyenne, trois de ses livres ayant atteint les 100 000) et d’un investissement dans l’écriture jamais pris au dépourvu, c’est des lecteurs que l’auteur veut se rapprocher. Homme réel englouti dans une sorte de centrifugeuse fictionnelle, le romancier sait donner vie à ses lecteurs. Il sait ce qu’est un personnage. (Voir la vidéo.)



Ecrivain, c’est un beau métier pour un journaliste-romancier rattrapé par le réel.

Hubert Artus, avec Augustin Scalbert

Une affaire personnelle de Denis Robert - éd. Flammarion - 350p., 19,90€.


Lire aussi : La vidéo intégrale de l’entretien avec Denis Robert (non montée, durée : 54 mn). Où il est aussi question des affaires, de football, du FC Metz et de Chelsea, de corruption, de Don DeLillo, Cormac McCarthy, Richard Brautigan, des prochains livres de Denis Robert, et bien d’autres sujets.

  • 11298 visites
  • 59 réactions
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  • ex-riverain
    • Posté à 21h30 le 05/04/2008
    • Internaute 35098
      x

    « le livre est le dernier endroit pour revenir à l’intelligence. »
    réflexion importante pour nos sociétés, venant d´un mec que j´adore pour son humanité, sa simplicité, et son intégrité.

    • petit pain
      petit pain répond à ex-riverain
      • Posté à 22h03 le 05/04/2008
      • Internaute 24918

      .

      Comme poète il eut été pas mauvais...

      Lien

      .

      • Ehim
        Ehim répond à petit pain
        http://ehim.over-blog.com
        • Posté à 23h27 le 05/04/2008
        • Internaute 9598
          http://ehim.over-blog.com

        Les bords du chemin qui mènent à la ponérocratie sont jonchés des tombes des idéalistes.

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    • Les Chats
      Les Chats répond à ex-riverain
      En grève du zèle contre le (...)
      • Posté à 09h27 le 06/04/2008
      • Internaute 24526
        En grève du zèle contre le (...)

      Parenthèse pour ceux qui passent par là.

      Il y a une émission sur 3 sites Rue89 - Bakchich - Médiapart, sur France-Inter :

      Lien

      dimanche 6 avril 2008 - L’info en un clic :
      Face à la crise de la presse écrite et aux soupçons qui pèsent sur l’indépendance des médias, une nouvelle presse voit le jour en France exclusivement sur internet. En moins de deux ans, trois sites d’investigation ont vu le jour : Rue89, MediaPart, Bakchich… ils ne sont rattachés à aucun journal papier.

      Ces jeunes sites d’information cherchent encore leur stabilité économique, et ne peuvent envisager l’avenir qu’à court ou moyen termes. Rue89 et Bakchich misent sur la publicité alors que MediaPart, lancé il y a moins d’un mois, est un site payant.

      Pour l’instant, la presse véritablement rentable sur le net, c’est la presse spécialisée… à l’instar d’Au féminin.com qui vient d’être racheté par le groupe européen Springer pour 277 millions d’euros !

      Quel est l’avenir de ces sites ? Quelles sont leurs différences avec le support papier ? Annoncent-ils la mort de la presse écrite ? C’est un reportage de Clotilde Dumetz.

      • Révolutiona
        Révolutiona répond à Les Chats
        Hawwah
        • Posté à 11h46 le 06/04/2008
        • Internaute 31103
          Hawwah

        Pourquoi annoncer la mort de la presse écrite ?
        J’ai fait connaissance de Bakchich et Rue89, il y a peu de temps. Ils semblent s’attacher à ne pas endormir nos « consciences » avec du « chamala », et dévoiler ce qu’on voudrait tant nous taire.
        J’ai réussi à croiser le fer en aparté avec un internaute de mon « ex-société », qui a fini par m’insulter, car il finissait être à bout d’arguments (sujet : suicides dans les banques). Donc, super ces sites, les échanges même « privés » et « houleux », car cela permet les rencontres même improbables, et le but final, c’est l’éveil des consciences et permettre de mettre fin à des « abus évidents et grandioses ». Les politiques ont pris conscience, eux, que c’est une force de pression considérable.
        Longue vie à Bakchich et Rue89 !
        Très bien, s’ils se financent avec la pub, il faut bien « manger ».
        En revanche, les sites payants pas trop d’accord, s’il faut des sous pour s’informer... Certes, la presse était payante, mais cela ne permet-il pas au plus « nécessiteux » de se tenir au courant de ce qui les intéresse et ce qui peut leur permettre d’évoluer à la hausse ?

  • Biquette
    Biquette
    Enseignante - Ecrivain
    • Posté à 21h45 le 05/04/2008
    • Expert 25189
      Enseignante - Ecrivain

    Cet entretien est aussi passionnant que bouleversant. Puisse l’écriture procurer à Denis Robert le répit auquel il aspire et a droit. Merci de nous avoir livré cet entretien.

  • NuklearCocroach
    NuklearCocroach
    ex GeneralSubverciòn
    • Posté à 21h52 le 05/04/2008
    • Internaute 36938
      ex GeneralSubverciòn

    Il s’est attaqué à un gros morceau et en ça je lui tire mon chapeau. On s’aperçoit un peu tard qu’on a laissé les requins de la finance devenir trop puissants.D’autres prendront le relais.En attendant,entretenons cette flamme là au lieu de regarder béatement celle qui circule en ce moment d’Olympie à Pekin.

    • léo solo
      • Posté à 22h06 le 05/04/2008
      • Internaute 2483

      Le combat continue

      Spéculation et crise : ça suffit.

      Lien

      Au delà de la signature de la pétition , un grand travail doit être mis en route pour l’abrogation de l’article 56 du Traité de Lisbonne.

      Si, attelé à cette tâche, chacun fait preuve du courage que Denis Robert a su montrer, il peut changer le cours des choses.

      • Network 23
        Network 23 répond à léo solo
        identité perdue dans mes papiers (...)
        • Posté à 10h26 le 06/04/2008
        • Internaute 23367
          identité perdue dans mes papiers (...)

        Merci pour l’info !

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 21h57 le 05/04/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Denis Robert ,a été le plus enthousiaste , le plus accrocheur et le plus honnête des journalistes .Il a révelé le systeme , celui des banques et des médias .
    Il n’ a pas pété les plombs , bravo !
    Heureusement , il sait qu’ il a raison , et il sait qu’ il n’est pas tout seul ..
    Chapeau !

    • Couragyme Anoneux
      • Posté à 00h12 le 06/04/2008
      • Internaute 24206

      rien à dire de mieux. Si ce n’est qu’il est quand même bien seul : « Il y a 999 défenseurs de la vertu pour un seul homme vertueux. »

  • Christobal Colon
    Christobal Colon
    Scandalisé à 999%
    • Posté à 00h12 le 06/04/2008
    • Internaute 6494
      Scandalisé à 999%

    Article Top.

    ...« Personne n’a vraiment bronché suite à cette censure », écrit Robert. « Une société qui accepte ces pratiques est une société qui a peur des livres et de la liberté. C’est une société qui se recroqueville sur elle »...

    Reste à l’inviter à repartir du bon pied cette société.
    C’est encore jouable...

    ...et ça me fait dire qu’il faut que je me penche sur mon pamphlet « coup de gueule en France d’Après », je cherche un éditeur pour ce titre.

    Le pitch est simple : un mec de 30 ans pousse un bon gros coup de gueule en pleine France d’Après.
    Format court, incisif, fulgurant.
    Genre canon à grêle. Ou cheval de gauche dans un enclos de droite si voulez...

    Mais il me faut un mentor ( membre des 47% ) pour diriger le canon... ou suggérer à l’oreille du cheval...

    Je voulais faire de la fiction mais il y a une belle réalité qui vient tout balayer sur son passage, autant s’en servir, elle est servie sur un plateau...

    Besoin d’écrire aussi...

  • compte supprimé 24
    • Posté à 23h54 le 05/04/2008
    • Internaute 8330

    Denis Robert, franchement je l’aime.
    Il a écrit « Le bonheur », qui m’a totalement ravi il y a très longtemps. C’est un livre terrible, qui claque.
    Tout le monde à la maison attend le suivant.
    Et merci, merci, merci. Pour tout.

  • dalun
    • Posté à 02h18 le 06/04/2008
    • Internaute 29964

    chaque fois que j’ai pu entendre cette personne s’exprimer , j’ai aimé ce qu’il disait, comme il le disait .ça me semblait clair et intelligent .alors vraiment il est « tombé » sur un gros poison ! je le lirai ce bouquin ..denis robert c’est une voix que je garde , familière..

  • Perjovem
    • Posté à 03h43 le 06/04/2008
    • Internaute 5477

    je l’aime bien, Denis Robert, mais je regrette qu’il ait adopté, selon moi, une posture un peu trop « Calimero ».
    J’dis ça, c’est surtout parce qu’à Metz il ne s’est pas impliqué pour éjecter son « ami » J.M. Rausch de son trône...
    Mr Denis Robert, le Répu est en perte de vitesse, et il y’a de la place pour un nouveau média Metz-Forbach-Thionville...
    Bref, j’ai peur que comme l’ex-subversif messin JCDR : vous finissiez au Modem...

    Perjo

  • Anthropia
    • Posté à 06h03 le 06/04/2008
    • Internaute 17441

    Denis Robert, comment dire, je suis ambivalente.

    D’un côté, son travail, sa quête m’intéresse. Il a fait un vrai travail. En même temps, l’émission d’@si avec lui avait montré les limites de ses découvertes et le côté un peu « confus » du bonhomme.

    Je pense qu’il faut que de telles personnes existent. Mais si cela tourne à une théorie du complot, dont DR est le héros, cela me gêne.

    Bref, je me sens comme la canne qui tangue d’un pied sur l’autre, je ne suis sûre de rien.

    Lien

    • A déménagé le 25 octobre
      • Posté à 11h54 le 06/04/2008
      • Internaute 33755

      La théorie du complot le concernant se heurte à un aspect de taille : il appartient à ces rares personnes qui ont eu le brûlant privilège d’avoir accès à une certaine part des Archives mondiales (celles de la Finance) quasiment au moment-même où celles-ci étaient créées.

      Boulot d’historien qu’il conviendrait pour gagner en crédibilité de comparer avec l’étude d’autres archives du moment, comme celles des RG.

      Et qu’il soulève l’existence de « complots » financiers, de cachoteries par copinage d’intérêt, de spéculateurs inconscients, d’entre-aide ou entente spéculative et d’évasion fiscale chiffrée en milliard, franchement, de tels faits devraient nous étonner ?
      Allons donc, même pas besoin de sortir d’étendards idéologiques, d’opposer nos slogans à rime simple, juste les prendre la main dans le sac, leurs chiffres à l’appui.

      Merci Denis !

      • Anthropia
        • Posté à 15h41 le 06/04/2008
        • Internaute 17441

        Dans l’émission d’@si on voyait bien l’apport de Denis Robert.

        Il avait démontré la capacité de lessivage de Clearstream. Pour autant, il n’avait pas montrer la réalité de blanchiment sur des cas particuliers.

        En gros, ils peuvent le faire... mais on n’a pas de preuve précise qu’ils l’ont fait.

        Et pui, Denis Robert, c’est beaucoup d’ego encombrant le personnage, et même si son côté ours déterminé me touche, si je suis convaincue qu’il fait oeuvre utile, je ne vois pas encore le sujet, qui rendrait la chose incontournable.

        La preuve, c’est qu’elle a été contournée. Qu’il n’a pas réuni suffisamment de preuves pour les obliger à régler l’affaire.

        Lien

         
        • Alexad
          Alexad répond à Anthropia
          • Posté à 11h28 le 07/04/2008
          • Internaute 8145

          Heureusement que le personnage a « beaucoup d’ego », comme vous le faite remarquer, sinon, l’homme pourrait être devenu totalement fou. Oui, il faut s’aimer, avoir une bonne opinion de soi pour tenir le coup. Plaintes sur plaintes, procès sur procès de toutes parts, s’il était animé uniquement par un délire de toute puissance ou simplement par de la légèreté, il aurait déjà perdu ses procès devant les puissantes parties adverses.
          Pour les gagner, il faut avoir fait un travail initial extrêmement sérieux, qui lui permette ensuite de contrer un à un les arguments des procéduriers, en leur opposant les preuves de leurs mensonges et le bien fondé de ses déclarations. Un vrai travail long, épuisant, qui ne laisse effectivement que peu de place à la création ! !
          Quant à votre argument selon lequel il n’a pas réussi à « les obliger à régler l’affaire »... Dans la corporation, personne n’a cherché il me semble à prendre le relais de l’investigation !

          Je lirai ce nouveau roman de Denis Robert, qu’il a réussi malgré tout à écrire entre visites d’huissiers et autres distractions ! !

          • Anonyme répond à Alexad

            Excusez-moi de vous contredire, mais un point de votre argumentation ne tient pas du tout la route : perdre ou gagner un procès ne prouve ni ne signifie que l’on a tort ou raison, et ne montre généralement pas autre chose que le degré d’estime que vous porte l’establishment. Pour Denis Robert, le vent a tourné en 2006, ce qui tendrait à prouver qu’avec la seule affaire Clearstream 1, il ne dérangeait pas grand monde.

            • compte supprimé 24
              • Posté à 12h49 le 07/04/2008
              • Internaute 8330

              Couteau + sel = plaie pour toi, « existe ».

              Je radote, mais pour les gonziots dans ton genre, je pose d’ordinaire une question unique, qui n’a jamais eu de réponse jusqu’à présent :

              Et toi, qu’as-tu fait de ta vie ?

              • Anonyme répond à compte supprimé 24

                J’ai dit la vérité.

                • compte supprimé 24
                  • Posté à 13h30 le 07/04/2008
                  • Internaute 8330

                  Bonjour la débine !

                  • Anonyme répond à compte supprimé 24

                    Quelle débine ?

                    • compte supprimé 24
                      • Posté à 15h01 le 07/04/2008
                      • Internaute 8330

                      À part « dire la vérité »,

                      Qu’as-tu fait de ta vie ?

                      • Anonyme répond à compte supprimé 24

                        Et toi, à part insulter ou calomnier gratuitement, que fais-tu de ta vie ?

                        • compte supprimé 24
                          • Posté à 16h11 le 07/04/2008
                          • Internaute 8330

                          Traversé l’Himalaya à pinces avec un pote népalais en 10 mois ; défendu les porteurs népalais en allant jusqu’à perdre mon boulot pour ça ; été objecteur de conscience à un époque où il valait mieux pas ; transporté clandestinement sept émetteurs FM depuis l’Italie pour les premières radios libres en 1980 et co-fondé l’une d’entre elles (Ici & Maintenant) ; été le premier écrivain en ligne (et à l’œil) sur le Net ; fait la seule et unique grève connue en CDD en 1987 (et j’ai gagné !) ; donné (oui, donné) une bonne cinquantaine d’ordinateurs restaurés par mes soins aux écoles du canton, aux associations fauchées et aux mamies au minimum-vieillesse qui s’emmerdaient seules chez elles...

                          Si tu veux, je peux continuer comme ça longtemps. Et tout est véridique et vérifiable. Et je me fais pas mousser : je réponds, moi !

        • Azza
          Azza répond à Anthropia
          Ingénieur en informatique (...)
          • Posté à 14h03 le 07/04/2008
          • Internaute 25467
            Ingénieur en informatique (...)

          Non mais c’est vrai, c’est une petite frappe ce DR. Franchement, réussir à ouvrir une porte sur le fonctionnement de Clearstream, dont personne ne connaissait l’existence avant qu’il en parle, c’est à la portée de n’importe qui. C’est d’ailleurs pour cela que les vrais journalistes comme PPDA, Plenel ou les autres ne s’y sont pas abaissé. Ce sont des gens serieux eux.

          Non, franchement, ce DR n’est qu’un craneur. Il ne m’interessera que le jour ou il parviendra à démontrer que le 11/9 a été organisé par Chirac et qu’Oussama a été integralement financé via Clearstream par Villepin.

        15 autres commentaires
      • Anonyme répond à A déménagé le 25 octobre

        Puisque vous parlez des RG, voici un peu d’info à leur sujet :

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        Comme d’autres parties civiles ou mis en examen de l’affaire Clearstream 2, Denis Robert a la possibilité de demander aux juges des mesures d’instruction complémentaires en vue d’obtenir la manifestation de la vérité.

        Pourquoi ne le fait-il pas ?

         
        • FabiendeMénilmontant
          FabiendeMénilmontant
          journaleux - blogueur
          • Posté à 12h58 le 08/04/2008
          • Internaute 14145
            journaleux - blogueur

          Bonne question !

          et pourquoi tant de foin autour de DR qui est, je le rappelle, poursuivi à l’étranger pour des affaires françaises ?

          dans les années 80, on n’en a pas fait autant pour les poursuites dont je faisais l’objet. à l’époque, ce n’était pas très « tendance » de sortir des affaires politico-financières, c’est vrai. mais tout de même : je n’ai bénéficié d’aucune solidarité sur la vingtaine de fois où je suis passé à la 17e, et bien entendu encore moins la seule fois où j’ai été condamné pour une simple histoire de procédure…

          Fabien
          Lien

  • patdu49
    patdu49
    chomiste du maine et loire
    • Posté à 10h29 le 06/04/2008
    • Internaute 34595
      chomiste du maine et loire

    je sais même pas quoi dire, face à ce mec ...

    profil bas ..

    t’as du en chier grave à mettre le nez là ou ça pue la merde, dans le monde des crapules en col blancs, des inhumains formatés, etc ...

    moi je dis chapeau, t’as ouvert les yeux à beaucoup beaucoup de monde mine de rien, même si evidemment on reste sur notre faim, car ces ordures de la finance et des comptes opaques etc continuent à magouiller et s’engraisser sur le dos des pauvres et de la misère sur la planète entière ...

    et aussi t’a motivé d’autres vrais journalistes, à continuer leur boulot, malgrés les risques que ça comporte parfois et la censure ambiante et bien réelle.

    heureusement que des mecs comme toi existent, çà montre que tout n’est pas foutu lol il reste des personnes fréquentables ; o)
    merci et merci à hubert artus pour t’avoir mis en avant sur rue89

    patrick

    mes vidéos de vilain chomiste :

  • patrick114
    patrick114
    psychiatre à st anne
    • Posté à 10h57 le 06/04/2008
    • Internaute 33205
      psychiatre à st anne

    je crois bien qu’il a fait un slam sur clearstream , en fin voilu
    Lien

  • Naïva
    • Posté à 11h10 le 06/04/2008
    • Internaute 36074

    « Le premier qui dit la vérité il doit être exécuté… »

    • Révolutiona
      Révolutiona répond à Naïva
      Hawwah
      • Posté à 11h37 le 06/04/2008
      • Internaute 31103
        Hawwah

      En effet, le mensonge a toujours d’emblée pour de charme que la vérité... mais c’est toujours la vérité qui l’emporte au final, il faut s’en souvenir !

  • Anonyme

    Enorme plaisir intérieur à l’énoncé du mot Rome...Belle prestation d’ensemble qui aurait mérité de chaleureuses félicitations mais quelle torture de ne pouvoir les exprimer. Un certain mal être perçait sur votre visage et maintenant vous comprenez que certains pans de ma vie soient si bien cloisonnés et vérouillés d’accès à celle qui partage mon existence.Je vous retrouve mardi. Tendresse.

    • Anonyme

      Alors dans un tel contexte comment ne pas comparer...capito !

  • Révolutiona
    Révolutiona
    Hawwah
    • Posté à 11h35 le 06/04/2008
    • Internaute 31103
      Hawwah

    Pas beaucoup de commentaires sur ce sujet !
    Je ne connais pas vraiment cet écrivain, mais l’affaire Clearstream oui, et je trouve qu’il faut s’insurger contre la censure et la liberté d’expression, sauf effectivement tout ce qui est atteinte à la dignité, vie privée... Comme le livre sur la maladie de François Mitterand par son médecin qui a finalement été autorisé...
    Je voulais quand même, vous faire remarquer Monsieur Robert, que contrairement à ce que vous croyez les plus de 50 ans sont très nombreux sur internet et ils se mélangent « joyeusement » aux plus jeunes, surtout sur les blogs.
    Sur mon hébergeur, parmi les plus doués, sur les montages vidéos les + 50 et même + 60... Alors ?
    J’espère que vous retrouverez le bonheur d’écrire et d’être lu.
    Vous avez visiblement des projets, je vous souhaite de sortir de votre période un peu en demi-teinte (me semble-t-il) et de retrouver la lueur du jour.
    Tous mes voeux de réussite !

  • dudulus
    • Posté à 13h58 le 06/04/2008
    • Internaute 38131

    il faut saluer le courage de denis ROBERT pour avoir révélé l’affaire clearstream.il dit que tous les pays du monde sont devenus des paradis fiscaux,nous vivons donc en voyoucratie.le role des journalistes qui ne sont pas couchés devantle pouvoir politique et celui de l’argent c’estdele dire et de le prouver .ah si les journalistes de rue 89 pouvaient savoir ou sont passés les 20 milliards d’euros du patronat de la métallurgie et a qui etaient-ils destinés,quel coup de pub pour votre site.

  • parousnik
    • Posté à 14h00 le 06/04/2008
    • Internaute 18991

    Denis Robert a voulu se battre mais il s’est retrouvé seul contre l’élite des magouilles et des crimes organisées, alors il tourne la page mais ne doit plus avoir le même regard sur le journalisme et les journalistes... Bravo Denis Robert pour votre courage et votre travail d’investigation, c’est devenu rare. Lien

  • hogan
    hogan
    actif
    • Posté à 18h20 le 06/04/2008
    • Internaute 25474
      actif

    Nos financiers devraient être ravis de l’existence de Denis Robert, puisqu’il a permis de trouver prétexte à faire totalement oublier (du moins médiatiquement) l’existence du volet financier de l’affaire au profit du volet politique, ce qui n’est pas pour déplaire aux divers trafiquants de drogue de la planète. Un dernier truc aussi, Denis Robert est à lire, vraiment...

  • Utilisateur désinscri
    • Posté à 20h15 le 06/04/2008
    • Internaute 28849

    bonsoir à toutes et à tous,

    vous pouvez regarder sur tele.libre déjà 2 vidéos (la 3e en attente) avec Denis Robert qui exlique et s’explique ; personnellement, j’ai trouvé les vidéos très bien faites et Denis Robert très sympatique, chaleureux,humain ...

    allez voir les vidéos

  • Valdo Lydeker
    Valdo Lydeker
    journaliste, auteur
    • Posté à 20h55 le 06/04/2008
    • Journaliste 7922
      journaliste, auteur

    J’admire beaucoup Denis Robert. Pour son attitude, son courage, sa déterminnation et aussi son talent (multiforme : il est aussi l’auteur d’un roman érotique, eh oui...)

  • Azza
    Azza
    Ingénieur en informatique (...)
    • Posté à 14h10 le 07/04/2008
    • Internaute 25467
      Ingénieur en informatique (...)

    Ce qui est vraiment dur à avaler, c’est la si faible solidarité dont a bénéficié Denis Robert au sein de la profession journalistique.

    Alors franchement, quand j’entands les journaleux sonner le tocsin pour attirer l’attention de l’opinion sur tel ou tel confrère, je ne peut m’empécher de me poser la question « pourquoi celui-ci et pas DR ? Y aurait-il des “bons” et de “mauvais” journalistes ? »

    • Anonyme répond à Azza

      Sans aucun doute. Tout comme il y a de « bons » et de « mauvais » salariés. Ces derniers ayant rarement la chance de bénéficier de comités de soutien disparaissent le plus souvent dans l’indifférence générale.

      Voyez le cas de « Gouthe dô » qui vient d’intervenir à la suite de cet article :

      Lien

      Quatre salariés se sont suicidés en quatre mois dans son entreprise, dit-elle. Et elle annonce qu’elle va être la cinquième.

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