Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Me Emmanuel Pierrat : voyage au pays des nouveaux censeurs

Publié le 13/04/2008 à 13h17

A l’occasion de la sortie du « Livre noir de la censure », état des lieux de la question proposé par un homme qui -pour partie- en vit.

Emmanuel Pierrat est une figure en vue de l’édition parisienne. Avocat au barreau de Paris, cet homme né en 1968 est spécialiste du droit de la presse et de la communication. Aussi plaide-t-il régulièrement des affaires de « censure » (Houellebecq, Skorecki, ou encore la plainte de l’Opus Dei contre « Camino 999 “ que nous révélions ici il y a un an).

Passionné de littérature et d’histoire des mœurs, il est aussi directeur de collections de ‘curiosa’ (entendez livres tendancieux, en général érotiques), auteur d’essais sur la question (” Le sexe et la loi » ) et romancier.

Le sujet est vaste. « Le livre noir de la censure » en délimite très précisément les contours. Les dangers. Ces dangers, nous vous les présentons ici, dans la version longue de l’entretien en vidéo, où ils sont défrichés :




Le chéquier, premier agent de la censure

Pierrat a dirigé l’ouvrage collectif, travaillant avec une équipe de dix juristes, philosophes, essayistes et journalistes. Le livre n’y va pas par quatre chemins : la censure est omniprésente.

Dans la forme « connue » de la censure, les poursuites étaient diligentées par le pouvoir politique. De nos jours, ce dernier ne se hasarde plus à une telle intervention, trop risquée dans la civilisation des sondages. Ce sont des associations qui ont repris le flambeau, des « ligues de vertu » , des organisations qui, pour Pierrat, sont des « cache-sexes » qui militent pour leur propre vision du monde et des mœurs. Désormais « privatisée » , la censure étend son territoire et son influence. Elle prend de nouveaux habits. Et change sa garde-robe selon les cas. Pierrat pointe particulièrement deux entités :

-Les « ligues de vertu et de morale » tout d’abord. « De tous bords » , ajoute-t-il. Le danger ? « Chaque procès qu’ils intentent a un coût : frais d’avocats, dommages et intérêts. Des répercutions plus redoutables que le cachot. »

-Les entreprises. Auparavant, elles se contentaient de couper les budgets publicitaires des médias trop agressifs, par trop dénonciateurs. Aujourd’hui, elles attaquent en justice. « Leur puissance de feu est colossale au regard du potentiel de contre-attaque des éditeurs, journalistes, écrivains. »

Regroupés en conglomérats financiers et boursiers, gouvernés par des magnats, les mastodontes de l’industrie possèdent la majeure partie du secteur mondial de l’information. N’hésitant pas à couper ce qui dépasse, ce qui dénonce, quand un journaliste s’approche trop des amis au pouvoir… Mais ces géants boursiers possèdent aussi le secteur de l’édition et sont donc à même d’intervenir a priori sur le contenu… (Voir la vidéo)



Google, deuxième agent mondial de la censure

Parmi les sujets abordés dans « Le livre noir de la censure » : les nouvelles technologies. Un chapitre composé par Florent Latrive, qui travaille pour le site Web du journal Libération. Pour lui, Internet est « un média hippie et militaire » à même d’être le pire ennemi de la censure :

« Non seulement l’Internet semble vider de sa substance l’idée même de la censure, mais il transforme la moindre mise à l’index en véritable teaser pour le discours interdit. »

Dans son chapitre, Latrive n’oublie pas la Chine : « Le régime de filtrage chinois est l’exemple le plus sophistiqué de son genre dans le monde. » Et de pointer le rôle de Yahoo, Google ou Microsoft dans l’épuration de Tien An Men sur les moteurs de recherche chinois, ou encore dans les poursuites contre la bloggeuse Lian Yue ou le dissident Shi Tao. Comme l’explique Pierrat, Google a pactisé avec le pouvoir chinois pour obtenir le marché des JO. L’arme du célèbre moteur de rechecrhe : le référencement, le nerf de la guerre sur le Net. Un référencement partiellement biaisé par l’argent : plus on aligne, mieux on peut etre référencé. (Voir la vidéo)



Photoshop et le réel : les nouveaux censeurs

Centre névralgique du contrôle des psychés : les mœurs. Alibi systématique : la jeunesse. Les lois sur les publications à destination de la jeunesse pleuvent, au motif que si des adultes peuvent avoir accès à des oeuvres sulfureuses, nos enfants aussi peuvent les voir.

Ce principe de précaution ne se contente pas d’attaquer la vie quotidienne. Il s’agit, à présent, de rendre la fiction identique au réel, en tout point. Le triomphe du droit sur l’imaginaire. Dans le monde actuel, quand un personnage commet un meurtre sordide, mieux vaut pour l’auteur de roman qu’il ait mis son casque en enfourchant sa moto. Dans les films d’aujourd’hui, les personnages ne fument plus ; et on convoque Photoshop pour ôter sa clope à Lucky Luke dans les rééditions de ses aventures, on enlève la cigarette des lèvres de Malraux, on casse sa pipe une seconde fois à Jean-Paul Sartre…

L’avocat, qui a défendu des artistes suspectés d’outrage aux bonnes moeurs (Houellebecq, Bénier-Bürckel, Skorecki) s’avoue fasciné par « ce mouvement général qui tend à rendre les personnages de fiction responsables » . Pour autant, il avoue se trouver face à un paradoxe : le défenseur des outragés ne veut pas de codes qui, seul moyen de lutte, créeraient des cases spécifiques à la littérature et aux romans.

On se rappelle que le dernier Garde des Sceaux français à être intervenu dans le champ fictionnel est Dominique Perben, dans la loi Perben II de mars 2004. Qu’évoque à l’avocat Pierrat son actuelle ministre de tutelle, Rachida Dati ? (Voir la vidéo)



Ne croyez surtout pas que « Le livre noir de la censure » vous plonge dans une société orwelienne : ce portrait de nos censeurs est un balayage divertissant autant qu’alarmant de nos moeurs. C’est, surtout, un manuel de responsabilisation démocratique.

« Le livre noir de la censure » par Emmanuel Pierrat, Magaly Lhotel (avocate), Florent Latrive (journaliste), Sophie Viaris de Lesegno (avocate), Aurélie Chavagnon (avocate), Geoffroy de Lagasnerie (enseignant), Caroline Fourest (essayiste, journaliste, rédactrice en chef de la revue ProChoix), Fiametta Venner (politologue), Béatrice Chapaux (magistrale belge), Guillaume sauvage (avocat) et Flore Masure (avocate) sous la direction d’Emmanuel Pierrat (Le Seuil, 351 pp., 21,50€).

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  • Francois Toulouse
    • Posté à 13h27 le 13/04/2008
    • Internaute 8648

    « un homme qui –pour partie- en vit ? »

    c’est le cas de le dire : -)))

  • Adéménagé le 3 janvier 2011
    • Posté à 13h30 le 13/04/2008
    • Internaute 29846
      menuisier

    Le chèquier, premier agent de censure.
    Tout à fait d’accord : Le livre de Me Pierrat est à 21,50 euros.

  • Weatherboy
    Weatherboy
    v2=notes articles en moins...
    • Posté à 14h16 le 13/04/2008
    • Internaute 38063
      v2=notes articles en moins...

    Bon ca commence fort cette interview avec le sempiternel larmoiement sur la perte de la liberté d’expression raciste... J’aimerai juste savoir si dans un soucie de cohérence et pour bien montrer que l’ensemble du phénomène de la censure est traitée, et pas seulement celle qui est dans l’air du temps, il est ENFIN mentionné ici la censure des films de René Vautier, notamment « Afrique 50 » censuré par l’Etat jusqu’en 1997.
    Oui, non, peut-être ?

    Lien

    Entre autre, évidemment, on pourrait rajouter le film « les origines du sida » qui n’est disponible que sur le site d’Edward Hopper, son livre « The River » jamais traduit, les interdictions et saisies des ouvrages édités par Maspéro dans les années 60

    Bref, il y a des libertés d’expression qui sont plus importantes à défendre que d’autres en ces temps-ci

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à Weatherboy
      Rue89
      • Posté à 15h18 le 13/04/2008
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      Attention, ne pas se méprendre : il ne s’agit pas d’un livre historique sur la censure. Cet ouvrage est un livre sur les censures actuelles et à venir, en prenant dans chaque cas les lois dont elles s’inspirent (le plus souvent 19e, siècle).Sur lesdites censures, il est complet, je vous rassure.

      • Weatherboy
        Weatherboy répond à Hubert Artus
        v2=notes articles en moins...
        • Posté à 20h54 le 13/04/2008
        • Internaute 38063
          v2=notes articles en moins...

        Entendons nous bien il n’est pas du tout question pour moi de tirer un jugement de valeur ni sur l’auteur, ni sur son livre en question que je n’ai pas lu. Je me réfère juste à la connaissance partielle que m’en donne cette interview - et notamment ici la première vidéo.

        Certes les suivantes concernent les média traditionnels, mais en lieu et place de censure morale chapeautant les média, le seul exemple qui vient à l’esprit semble être l’ « intégrisme islamiste », suivi de l’« antiracisme » – il y a peu de subversif ou d’originalité dans l’approche ici qui nécessiterait un soutient via média indépendant sur ce sujet ; puisqu’on y retrouve la ligne traditionnelle de tous ces « nouveaux philosophes » qui à la liberté de critique du pouvoir et de la morale du pouvoir, ont finit par substituer la liberté de critique des nouveaux indésirables, avec ou sans-papiers. Liberté primordiale qui tire un trait sur la liberté authentique, la vraie qui est celle de tous contre la domination, la hiérarchie et l’ordre. Se tourner vers un ennemi pour ne pas regarder au dessus. Dans cette censure d’aujourd’hui, par exemple, y retrouve t-on les poursuites engagées par l’UMP contre des textes de jeunes rappeurs ? C’est-à-dire leurs propres créations ? Celles contre un groupe appelé « la rumeur » pour avoir dénoncé les bavures policières. Je lisais Vaneigem il y a peu, et je tombe sur une de ces phrase dans son Traité du savoir vivre écrit en 67 : « En deçà, les pogroms, au-delà la nouvelle innocence. Le sang des Juifs ou le sang des flics ».

        Je me demande si on pourrait encore écrire celà aujourd’hui. On a beau me répéter dans les média que l’odieux « islamiste » nous menace tous, ca ne m’a jamais empéché de quoi que ce soit nulle part dans la vie quotidienne ; en revanche l’acceptation de la domination on la lit absolument partout du matin au soir, au point que je ne suis même pas sur qu’on pourrait écrire la phrase précédente aujourd’hui sans soulever un tollé dans tous les milieux politiques et médiatiques. Et cela sans que cela dérange le moins du monde, puisque l’on en s’est si bien habitué.

  • otto didakt
    otto didakt
    citoyen en colère
    • Posté à 13h52 le 13/04/2008
    • Internaute 19852
      citoyen en colère

    et celui de Denis Robert est moins cher !
    achetez-le ! ! ! !
    lui il en a vraiment besoin...

  • Beeks
    • Posté à 13h59 le 13/04/2008
    • Internaute 24435

    petit historique de son éditeur Le Seuil : En 1937, elle est rachetée par les bijoutiers Paul Flamand et Jean Bardet. En 1979, ceux-ci laissent la direction à Michel Chodkiewicz.
    Cette section est vide, pas assez détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue !

    La direction est ensuite assurée par Claude Cherki à partir de 1989.

    Claude Cherki s’occupe du rachat du Seuil par La Martinière le 12 janvier 2004. Six mois plus tard, il est contraint de démissionner en raison de prises d’intérêts dans cette opération. Il a été remplacé par Pascal Flamand (PDG) et Olivier Cohen (directeur éditorial), créateur d’une filiale du Seuil : L’Olivier. Suite au rachat par La Martinière, la société de distribution Volumen est créée. De nombreux problèmes liés à la logistique apparaissant, plusieurs éditeurs quittent le groupe.

    En novembre 2005, le groupe annonce l’arrivée de Laure Adler en qualité de responsable du secteur littéraire du Seuil. Olivier Cohen reprend les rênes de sa maison L’Olivier. Points, filiale poche du Seuil, devient un éditeur à part entière. Le groupe continue sa politique de croissance : l’éditeur Danger Public le rejoint, ainsi que les éditions Petit à petit. De fortes tensions sont à l’oeuvre et, en juillet 2006, l’éditeur Hervé Hamon (qui a par ailleurs fidèlement publié une vingtaine de livres dans la maison en sa qualité d’écrivain) quitte le Seuil et s’en explique publiquement, déclarant que « l’auteur n’est plus au centre du dispositif ».

    En août 2006, le groupe annonce l’arrivée en tant que directeur général du Seuil de Denis Jeambar, journaliste et écrivain, ancien directeur adjoint de la rédaction du Point et ancien Président du groupe L’Express-L’Expansion et directeur de la rédaction de L’Express. Fin 2006, Laure Adler est licenciée

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à Beeks
      Rue89
      • Posté à 14h24 le 13/04/2008
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      Vous avez oublié Baleine, etc, et d’autres des groupes Seuil-La Martinière. Mais, en outre : que vient faire cet historique, certes informatif, à la suite d’un papier sur la censure

      • Beeks
        Beeks répond à Hubert Artus
        • Posté à 14h47 le 13/04/2008
        • Internaute 24435

        cet avocat a parlé des opérateurs internet qui se faisaient racheter ne sachant plus où on en était dans toutes ces transactions .cet historique mais en lumière que son éditeur (Le Seuil) n’était pas épargné par ce phénomène économique c’est tout.

         
        • Hubert Artus
          Hubert Artus répond à Beeks
          Rue89
          • Posté à 15h35 le 13/04/2008
            rédacteur
          • Journaliste 56
            Rue89

          Il parlait des médias, à ce moment de l’entretien

          • Prolo du livre
            • Posté à 11h47 le 14/04/2008
            • Internaute 12784

            Et si « Maitre » nous parlait du magazine dont il est le spécialiste juridique ? Livre Hebdo et ses relations avec le groupe Hachette, le s.n.e & coe. ?
            Bô... ça vaut bien « L’Industrie du sexe et du poisson pané » ! ! !

            M. Artus, d’habitude vous êtes plus prompte à faire des liens, beaucoup moins évident qu’un rappel, utile comme le lien entre A.D. et G.P., de l’historique du Seuil...

        2 autres commentaires
  • castorpolitique
    • Posté à 14h02 le 13/04/2008
    • Internaute 37879
      Rien

    Un exemple de censure par les procès ou la menace de procès. En 1986, un groupe de citoyens australiens se regroupent en un société de protection du district d’Helensburgh, dans le but d’empêcher des projets de développement qu’ils jugent désastreux pour l’environnement. En 1991, la plus grande partie de la zone concernée est enfin protégée. En 1993, des propriétaires, qui s’estiment lésés, entament des actions judiciaires à l’encontre des membres actifs de la société de protection.

    Même si, en 1994, aucun procès n’avait commencé, cette action avait déjà coûté des milliers de dollars à chacun des accusés.

    De nombreuses personnes sont intimidées par une menace de procès, ou un procès, ce que l’on appelle dans ce cas, en anglais, un SLAPP ( Strategic Lawsuits Against Public Participation ), ou en français, une poursuite stratégique contre la mobilisation publique. Un juge les décrit ainsi :

    The conceptual thread that binds [SLAPPs] is that they are suits without substantial merit that are brought by private interests to « stop citizens from exercising their political rights or to punish them for having done so »…The longer the litigation can be stretched out, the more litigation that can be churned, the greater the expense that is inflicted and the closer the SLAPP filer moves to success. The purpose of such gamesmanship ranges from simple retribution for past activism to discouraging future activism.

    Mais en France, il n’existe aucune législation contre ce type de procès. Surtout, préservons l’exception française !

    Lien

    • marabbeh
      marabbeh répond à castorpolitique
      au comptoir du café du commerce
      • Posté à 18h51 le 13/04/2008
      • Internaute 20412
        au comptoir du café du commerce

      Quelles exception française ? Je connais plusieurs cas en France où une entreprise a menacé de procès une petite association ou un particulier, obtenant gain de cause (sans procès) car le défenseur n’a pas les mêmes moyens juridiques. Cerise sur le gâteau, si je puis dire, de plus en plus de lois sont votées pour « protéger » les personnes morales ou physiques qui ont les moyens de se défendre.

  • Kakayak
    • Posté à 14h07 le 13/04/2008
    • Internaute 37650

    Cet article montre bien que la liberté de la presse n’est pas un bien acquis et que son maintient doit être un combat permanent.

    Le monde ne progresse pas forcemment vers plus de liberté d’expression. ainsi, à la fin du XIXeme siècle, la presse était beaucoups plus libre qu’elle ne l’est aujourd’hui : des articles incitant à la violence pouvaient y être publiés sans que de tels propos parussent dignes de poursuites judiciaires.
    Certe, on pouvait y exprimer librement son antisémitisme, mais on pouvait aussi y publier des articles audacieux comme le célèbre « J’accuse » d’Emile Zola. Or, il ne faudrait pas commettre l’excés inverse au nom du politiquement correct.

    • Léonard
      Léonard répond à Kakayak
      chercheur (errer humanum est)
      • Posté à 20h48 le 13/04/2008
      • Expert 24584
        chercheur (errer humanum est)

      D’accord avec Kakayak pour le début. Mais je ne partage pas la fin de votre analyse pour la fin : le « politiquement correct » est un symptôme et non une cause de la censure.

      Effectivement, en volume et en qualité, la presse de la fin du XIXème siècle était plus libre qu’aujourd’hui.

      La raison de la dégradation actuelle n’est pas le politiquement correct mais
      1) la prise de contrôle de la presse par les grands groupes industriels.
      2) le fait que ces grands groupes jouissent depuis le XXème siècle de droits qui ne sont pas des « droits de personnes » et qui sont des droits immenses.

      Aussi le lieu du combat s’est sensiblement déplacé : c’est la Toile et plus particulièrement la visibilité ou le référencement sur la Toile (via les moteurs de recherche). La recherche d’information est appelée à devenir de plus en plus complexe (plus exactement, le chemin permettant de l’obtenir est appelé à devenir de plus en plus complexe sur la Toile) afin de rendre le contenu de plus en plus « politiquement correct », c’est-à-dire conforme aux intérêts des grands groupes multinationaux.

  • olivier p
    olivier p
    face à la mer
    • Posté à 14h34 le 13/04/2008
    • Internaute 625
      face à la mer

    50 € ? ? ?

    Y-a pas moyen de faire moins cher pour que l’argent ne soit pas la première censure sur la substance de ce livre ? ? ?

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à olivier p
      Rue89
      • Posté à 15h11 le 13/04/2008
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      Si. Redire le vrai prix, comme signalé dans l’article : 21.50 €

    • JmlB
      JmlB répond à olivier p
      • Posté à 16h14 le 13/04/2008
      • Internaute 20436

      (même chose)

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 15h08 le 13/04/2008
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    paraphrasons :
    la liberté de la presse s’arrête là où commence la liberté du secret.
    la liberté de la presse s’arrête là où commence la liberté du privé.

    quand la presse n’existait pas comment circulait l’information ? qui la faisait circuler ?

  • Eric citoyen
    Eric citoyen
    « Casse ta tv » c'est ta seule (...)
    • Posté à 14h38 le 13/04/2008
    • Internaute 5352
      « Casse ta tv » c'est ta seule (...)

    Bonjour à toutes et tous,

    Pourquoi réduire la censure aux médias ?

    La censure est quotidienne dans notre société de la France d’après... elle est sournoise et s’étale dans tous les secteurs de notre vie .

    Un exemple ... dans le travail, la censure et l’auto-censure reste une règle pour conserver son travail.

    A bientôt sans censure .

    Bésitos

    Eric Bloggeur Mulhousien

    Lien

  • PIT LE CHIEN
    PIT LE CHIEN
    Wouaooouh!
    • Posté à 14h55 le 13/04/2008
    • Internaute 25924
      Wouaooouh!

    « figure en vue de l’édition... » Peuchère ! ! Qui a dit ça ?
    Il est bien ce Pierrat, ! !
    Dati , c’est la préhistoire, Perben , une petite fleur... ET SARKO, c’est quoi pour toi, Chochotte ?
    La Loi c/la récidive, c’est odieux, certes !
    Quelle est la Loi sur les centres de Rétention ?
    Le ministère des Rafles, de la chasse aux enfants et des travailleurs migrants ?
    Vu de St-Germain (des Prés), ça te fait quoi à toi, cocotte ?
    Dati est un robot mis en place par Sarko pour karchériser les Droits, tous nos droits !
    Reste au Flore, Pierrat !

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à PIT LE CHIEN
      Rue89
      • Posté à 15h14 le 13/04/2008
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      C’est vous qui vous méprenez, à mélanger trop vite Edition et 6e arrondissement de Paris... C’est vous qui vous méprenez, à refuser de voir Sarkozy derrière Dati, et vice-versa... Parler de l’un, c’est, dans la thématique présente, parler de l’autre...

    • cabral amilcar
      cabral amilcar répond à PIT LE CHIEN
      peureux célèbre
      • Posté à 21h56 le 13/04/2008
      • Internaute 29973
        peureux célèbre

      travaux pratiques : doit-on censurer ce type de commentaire ? la nervosité et la vulgarité n’apportent certainement rien au débat et ce ton déplacé c’est la nouvelle influence du net ? personnellement, et étant contre toute censure, il me semble néanmoins que cette façon de s’exprimer n’a sa place nulle part, ne fait progresser aucun débat, et discrédite son auteur et les causes qu’il prétend soutenir.

  • Anonyme

    Il est un sujet très difficile à aborder sans risquer aussitôt d’être censuré, ou au minimum, de se faire agonir d’insultes en guise de toute « discussion », c’est précisément la censure de toute expression citoyenne directe qu’organise la LCR à travers les diverses associations qui lui sont affiliées et drainent les populations les plus contestataires ou les mieux fondées à dénoncer divers travers et dysfonctionnements de notre société.

    Voir à ce sujet l’exemple d’ATTAC, dont elle a pris le contrôle en 2006 :

    Lien

    La discussion libre entre adhérents ou militants n’y est même plus permise sur le net. Elle était pourtant confidentielle.

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 15h41 le 13/04/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    C’est pas vraiment des problemes de censure , dans nos sociétés modernes . C’est plus subtil que ça . les infos , on les trouve, en les cherchant et en les recoupant.
    le problème, c’est que les infos sont noyées dans la masse, pas mises en avant , ou déformées, ou décrédibilisées ..
    ( par exemple , ce sont des journaux d’ extreme droite, ou un vague blog qui les donne )
    Quand la CIA a ouvert ses archives des années 50 , 70 , , on s’est aperçu que tout etait deja depuis longtemps dans des livres , voire meme dans des romans et des polars d’espionnage bon ou mauvais ( meme dans S.A.S ! ! !)
    Entre les infos officielles et les pires théories du complot , la réalité est en general entre les deux , mais à quel niveau placer le curseur ? C’est ça le hic !

  • Infovite
    Infovite
    info-espress.over-blog.com
    • Posté à 16h01 le 13/04/2008
    • Internaute 8783
      info-espress.over-blog.com

    « La censure » sociale fonctionne très bien...
    Lien

  • Benjiz
    • Posté à 16h19 le 13/04/2008
    • Internaute 32228

    C’est marrant, la bagouze et les cheveux gominés sont assez décalés par rapport au discours.

  • Anonyme

    Quelqu’un a-t-il minuté le temps que cet article sera resté à la Une de Rue 89 ?

    N’y a-t-il pas là aussi une forme de censure ?

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 16h28 le 13/04/2008
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Vous vous rendez-compte,Rue 89, à cause de Pierrat, les Pékinois ne vont plus pouvoir vous lire... !

    Si vous voulez sortir un livre dérangeant sur le pouvoir actuel, vous allez, journalistes de Rue89, demander l’autorisation à qui... ?

    Lien

  • www.laguerredesmots.com-yannick
    • Posté à 16h41 le 13/04/2008
    • Internaute 24872
      pays de gex

    est-ce qu’il existe un moyen de s’affranchir de cette société ? Je propose le front de libération du pays de gex, c’est cerné par les montagnes et la Suisse, y a deux routes à bloquer et on est séparé du reste. Ca vous dit ?

  • Gostarm
    Gostarm
    loin des tourbillons géants
    • Posté à 17h27 le 13/04/2008
    • Internaute 22986
      loin des tourbillons géants

    Maitre
    Juste un conseil d’ex cocainomane..
    Evitez de taper juste avant l’interview ou
    alors controllez mieux votre gestuelle..
    Je ne suis pas de Paris mais peut-être que
    la-haut ce n’est ni illégal ni censuré.. ?
    Je m’écarte du sujet,mais,tant que ca ?

    • Numerosix
      Numerosix répond à Gostarm
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 19h36 le 13/04/2008
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      les repentis voient des mains partout ..

      • Gostarm
        Gostarm répond à Numerosix
        loin des tourbillons géants
        • Posté à 13h51 le 14/04/2008
        • Internaute 22986
          loin des tourbillons géants

        Numerosix

        Repenti ?
        Que nenni !
        Libre et apaisé.

  • Lupus Michaelis
    Lupus Michaelis
    Instantiation en cours...
    • Posté à 18h25 le 13/04/2008
    • Internaute 38642
      Instantiation en cours...

    Sur l’Internet, le Troll est une forme de censure très efficace :)

    • Gostarm
      Gostarm répond à Lupus Michaelis
      loin des tourbillons géants
      • Posté à 15h02 le 14/04/2008
      • Internaute 22986
        loin des tourbillons géants

      Lupus Michaelis

      Je me suis donc rendu sur wikipedia pour
      trouver le sens du mot Troll..

      Je comprends que vous puissiez me trouver
      taquin au point de chercher à détourner insidieusement le sujet d’une discussion pour générer des conflits en incitant à la polémique et en provoquant les autres participants.

      Je suis certes provocateur,mais toujours en relation avec le sujet de l’article.
      En effet,ne rien dire sur ce que beaucoup ont vu et ont pensé serait de l’auto-censure.
      Je n’ai rien a vendre,rien a quémander,rien..
      Donc, je ne m’auto-censure pas.

      Cordialement

  • S.v.e.n.
    • Posté à 19h44 le 13/04/2008
    • Internaute 38973

    Je viens de m’apercevoir que mon commentaire de cet après midi « Publi-reportage ? » avait été supprimé.
    Je dit marrant pour un « article » au sujet de la censure.

    Donc je réitère ma question : S’agit il d’un publi reportage ?
    Un article journalistique digne de ce nom aurait au moins apporté des contradictions, posé des questions à M. E. Pierrat.

    En espérant que ce commentaire ne sera pas supprimé...

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à S.v.e.n.
      Rue89
      • Posté à 21h07 le 13/04/2008
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      Votre réaction n’a pas été supprimée, simplement elle était insultante - car non argumentée- et je l’ai mise en quarantaine. J’attendais votre retour. Que voici. Et j’y répond. Non qu’il soit argumenté, mais du moins est-il un tant soit peu illustré.
      Outre que vous n’allez pas m’apprendre à faire mon métier (« article journalistique digne de ce nom »), il apparaît que vous n’avez pas vu l’entièreté du sujet. Auquel cas vous en parleriez pas de papier/vidéo sans contradictions.
      Que vous en soyez pas d’accord avec mon empathie envers mes sujets, c’est une chose. D’une part, elle montre que vous lisez peu de mes papiers (pas de soucis, simplement soyez plus sérieux dans vos interventions, que vous pourriez peut-être introduire par un « je pense que », ou « je trouve que » qui ferait plus posé et plus sérieux). D’autre part, puisque vous avez l’air de vous y connaître, vous n’êtes pas sans savoir que la distance entre réalité et fiction, cet espace où se situe le travail du journaliste littéraire, s’il n’est pas constitué par du bonnisme ou de l’angélisme, n’est pas non plus fait que de contradictions.

  • demian
    • Posté à 19h56 le 13/04/2008
    • Internaute 32647

    .... répercussion est encore plus redoutable ....

  • Obash
    • Posté à 03h52 le 14/04/2008
    • Internaute 9228

    Salut,
    La censure peut prendre bien des formes comme le dit l’auteur. Toutefois, il semble avoir oublié d’autres formes de censure :

    La plus utilisée qui consiste à noyer l’information capitale dans un flot rapide d’informations secondaires (technique Sarkozienne qui consiste par exemple à créer des chocs qui font oublier le reste : lettre de Guy Moquet...)

    Une autre est basée sur le long terme et consiste à rendre une info secondaire capitale (comme par exemple le CAC 40 dans tous les journaux)

    Enfin, la dernière qui me vient en tête, la technique linguistique qui consiste à changer la valeur emphatique d’un mot, technique que l’on a pu apprécier lors des nombreuses guerres. Exemple : bombardement aérien –> frappe aérienne –> frappe chirurgicale (vocabulaire aseptisé). D’ailleurs, à ce sujet, les politiques des EU ont des groupes de linguistes chargés de faire ce genre de manipulation...

    Ces formes de désinformation constituent une censure plus subtile car elle nous rend souvent incapables de nous interroger. Le tout est de trouver une parade fiable.

  • Sinouhé
    • Posté à 07h48 le 14/04/2008
    • Internaute 22732

    Bravo. Enfin des réactions face a la gangrène de la pensée.

    Le monde entre les mains des nouveaux obscurantistes .
    Ces femmes ces hommes au pouvoir, pouvoir législatif ou financier ou les 2.

    Ils sont les instruments d’un pouvoir qui ne dit pas son nom.
    Ils sont les artisans du complot planétaire, il sont les petites main de ce mal qui se répand comme une épidémie.
    La rigueur et la censure pour tous la débauche et l’orgie pour eux ....

    La libre pensée et l’arme fatale pour les neutralisés car leur fonctionnement s’appuie sur les peurs ancestrales , sur la bêtise humaine, la pensée censurer est l’assurance pour eux de vaincre, car la noblesse de l’intelligence ils ne peuvent pas se la payé.Ils appartiennent aux grouillants ces êtres de base condition serviteurs des enfers...

    Que l’homme inspiré se réveille et qu’ils boute or de notre dimension la déprave sanitaire et la logistique du Chaos mental qui les animes. Levons nous contre, l’instrumentalisation de l’intelligence de la pensée artistique de la misère, de la maladie et de tous ce qui sert a leurs salle besogne...Tien on ne parle plu de Ingrid Bétancourt

  • PIT LE CHIEN
    PIT LE CHIEN
    Wouaooouh!
    • Posté à 11h32 le 14/04/2008
    • Internaute 25924
      Wouaooouh!

    Donc Artus, attaché de presse, chroniqueur « littéraire »... peut décider de la mise en quarantaine...des lépreux qui osent le moquer. Houou ! ! Je vais donc en quarantaine.
    Haaa ! ! je suis triste..Mais heureux d’être censuré par un personnage aussi fier de lui.
    Lorsqu’il sera attablé avec cette « figure de l’édition » dont il vend l’ouvrage, je ne manquerai pas, en passant, de lui confier oralement mes arguments ; ici, impossible, je suis en « quarantaine »....
    (Pas de souci - sans S -)

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à PIT LE CHIEN
      Rue89
      • Posté à 16h09 le 14/04/2008
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      Que pour vous journalisme égale à vendre des ouvrages, que pour vous journalisme culturel = attaché de presse, cela ne regarde que votre parano, votre aigreur, et votre méfiance à l’égard de la presse. Cela n’a rien à faire sur Rue89. Encore heureux qu’un journaliste puisse ne pas être insulté dans son propre journal. Il n’y a aucune fierté à se défendre ; simplement de la défense, justement. Si j’étais aussi fier que vous le pensez, croyez-vous que je laisserais des « comments » aussi fanzineux que le vôtre apparaître ? Mais, allez-y, exposez vos arguments, plutôt que votre espèce de moquerie...

      • Prolo du livre
        • Posté à 13h39 le 17/04/2008
        • Internaute 12784

        Heu... M. Artus, vous connaissez forcément les liens entre journalisme et édition... Nous ne sommes pas assez naïfs. Les responsables éditoriaux du Monde des Livres, ne le sont ils pas également chez Gallimard (Savigneau, Sollers, etc.) ? Es ce n’est qu’un seul exemple.
        Ici je ne vous met pas directement en accusation, je ne vous connais pas de liens directs ou indirects avec une maison d’édition. Mais chez combien de vos confrères « critiques » ces liens ne sont même pas cachés ?
        Sans parler d’auteurs/journalistes/critiques/directeurs de collections qui jouent sur tout les tableaux...

        Alors journalistes = attaché de presse ? OUI.

  • sitoihien
    • Posté à 13h44 le 14/04/2008
    • Internaute 21237

    Quand on fait des recherches sur internet il peut être utile d’utiliser plusieurs moteurs de recherche.

    En généal avec google on trouve plus de pages qu’avec les autres moteurs de recherche, sauf sur certains sujets comme par exemple « le livre d’or des chomeurs heureux » avec google on trouve 2 pages, et il faut en plus chercher parmi des dizaines de commentaires pour trouver le livre
    Avec yahoo et altavista on trouve 19 pages et on tombe directement sur « le livre d’or des chomeurs heureux »

    Apparemment google n’aime pas ce livre.

  • Network 23
    Network 23
    identité perdue dans mes papiers (...)
    • Posté à 14h56 le 14/04/2008
    • Internaute 23367
      identité perdue dans mes papiers (...)

    On parle beaucoup aujourd’hui, avec raison, des nouvelles formes insidieuses de censure (économique, morale, etc.)

    Internet peut certes être un outil de lutte contre la censure, mais permet aussi de nouvelles formes de mensonge et de propagande particulièrement vicieuses. A quoi sert la liberté d’expression si la distinction entre la vérité et le mensonge s’abolit (voir « Vérité & politique » de Hannah Arendt dans « La crise de la culture », Lien, ou Derrida, « Histoire du mensonge. Prolégomènes » dans les Cahiers de l’Herne) ?

    N’oublions pas pour autant la bonne vieille censure politique, celle par exemple qui a frappé :

    - Gilles Perrault (Notre Ami le Roi, à propos de Hassan II ; Lien)

    - ou Moumen Diouri (A qui appartient le Maroc ? publié en 1992, livre saisi et interdit en France, Diouri embastillé par la DST, à l’instigation de Pasqua, grand ami de Hassan II ; Lien)

    - d’autres pressions concernant le Togo ou l’affaire Borrel (Lien)

    - la condamnation du caricaturiste Placid pour « Vos papiers ! Que faire face à la police ? » (l’accusation d’outrage sert désormais de censure : Lien)

    - les procès faits contre les groupes de hip-hop (La Rumeur reprenant des propos (à propos du massacre du 17 octobre 1961) de l’historien de la police Maurice Rajsfus : un historien peut parler, des rappeurs non ? ou encore les tentatives des députés UMP Didier Grosdidier soutenu par Nadine Morano de censurer les groupes de rap)

    - l’enterrement de la commission d’investigation sur l’aide apportée par la France aux régimes militaires en Amérique latine par le député UMP Roland Blum (Lien),
    à la suite d’une requête de députés de gauche (faisant suite à la publication du livre de Marie-Monique Robin, « Escadrons de la mort, l’école française » (Lien)

    - l’enterrement par Bolkestein, qui siégeait au groupe d’administration de la banque russe Menatep (détenant des comptes non publiés à Clearstream), d’une commission d’enquête du Parlement européen au sujet de Clearstream (Lien)

    - la ré-écriture de l’histoire, des manuels d’histoire, que déplorait déjà H. Arendt, de Vichy (le fichier Juif, dit fichier Tulard, dissimulé pendant plus de 40 ans, en partie grâce à l’absence de curiosité des historiens : cf. Lien et l’article de Sonia Combes), de l’Algérie (Lien)

    - la manipulation des images (non limitée à l’URSS : on a effacé Trotski des photos, mais aussi Georges Bidault des photos où de Gaulle descend les Champs-Elysées en août 1944 ; cf. Marc Ferro, « Instrumentalisation – Cinéma d’histoire et manipulation », Dictionnaire mondial des images, 2006)

    - la fermeture des archives officielles (comment faire l’histoire de l’affaire Gladio et de la stratégie de la tension ? celle de l’enlèvement de Mehdi Ben Barka ?), l’inexistence de l’équivalent, en France, d’un Freedom of Information Act...

    Il me semble que nous devons nous méfier d’une conception de la censure comme étouffant une liberté d’expression individuelle. Si le pouvoir n’est pas que répressif, mais aussi productif, comme l’affirmait Foucault (La volonté de savoir), la censure est tout aussi positive que négative. Elle existe avant tout dans un rapport de forces collectif, comme le rappelait Gramsci :

    « À l’“ initiative privée ” qui se promet — par les complots, par le poignard, par des gestes audacieux — d’anéantir l’élan irrésistible de la lutte de classe, menée par le prolétariat pour son autonomie dans la production industrielle et agricole et dans les obscurs méandres de la politique internationale, l’appareil autoritaire de l’organisation étatique ajoute l’artillerie lourde de ses institutions : la censure, le monopole du télégraphe, du téléphone, de la poste, des chemins de fer, l’agence Stefani.

    L’artillerie légère de l’initiative privée attaque la classe prolétarienne (…) L’artillerie lourde de l’appareil d’État protège les dévastations de l’artillerie légère ; le mensonge diffusé par les millions de feuilles de milliers de journaux, forteresses des coffre-forts ; la vérité est expulsée du téléphone et du télégraphe, et si elle réussit malgré tout à passer, elle est caviardée.

    (...)Le journal est la grande tranchée de la lutte de classe ; mais le journal est fabriqué par les ouvriers, c’est grâce au travail de l’ouvrier que la nouvelle et l’opinion prennent une forme sensible (…)

    La lutte de classe s’adapte avec agilité aux événements : l’histoire est une femme très féconde et très rusée, qui ne s’arrête point [deux lignes et demie censurées].

    Chaque force adverse doit être combattue avec des forces adéquates : à la censure du mensonge et de la déloyauté, qui veut impunément poursuivre et intensifier le travail accru de la délinquance privée, au mensonge et à la déloyauté, la classe prolétarienne doit opposer, dans ses corporations compétentes, la censure rouge. »

    (Gramsci, « Les ruses de l’histoire », paru anonymement dans « L’Avanti », 18 avril 1919 ; in Ecrits politiques I, NRF, p.220-221)

    Qu’est-ce que cette « censure rouge », sinon la lutte pour faire advenir la vérité et taire les mensonges et diffamations, ceux-là mêmes qui ont permis à Bush, par exemple, de prétendre que Saddam avait acheté de l’uranium enrichi au Niger, afin de se prévaloir de ce prétexte inventé de toutes pièces (probablement par le SISMI italien) pour envahir l’Irak ?

    • Anonyme répond à Network 23

      Tout mensonge recèle une vérité, au moins celle-ci : c’est un mensonge. Et au-delà, en trahit d’autres, touchant à l’origine et aux motivations du mensonge.

      Il n’y a rien à taire, et tout à discuter, c’est le seul moyen de faire jaillir la vérité.

      La censure « rouge » n’est que censure, ET manipulation.

      • Network 23
        Network 23
        identité perdue dans mes papiers (...)
        • Posté à 16h49 le 15/04/2008
        • Internaute 23367
          identité perdue dans mes papiers (...)

        J’ai peut-être malencontreusement coupé l’extrait de Gramsci, induisant malgré moi un contre-sens, sans aucune volonté de désinformation et encore moins de censure. Comme quoi le manque de place nous empêche toujours de dire « toute la vérité et rien que la vérité ».

        La « censure rouge » dont il parle n’est pas une forme de censure décidée par un gouvernement « socialiste » ou « communiste » - ce serait effectivement encore de la censure - mais se réfère à la grève des ouvriers du Livre ayant empêché, en avril 1919, la parution d’un journal « bourgeois » :

        « Le journal est une grande tranchée de la lutte de classe ; mais le journal est fabriqué par les ouvriers, c’est grâce au travail de l’ouvrier que la nouvelle et l’opinion prennent une forme sensible.

        Une censure radicale a été exercée pendant une seule journée contre la déloyauté et le mensonge ; la révolte ne restera pas un geste éphémère, elle ne s’épuisera pas en un seul jour. La lutte de classe s’adapte avec agilité, etc. »

        Le jaillissement de la vérité n’a-t-il pas pour fin de faire taire les mensonges ?

        Je suis entièrement d’accord pour dire, avec vous, que la libre discussion est plus efficace qu’une chape de plomb, pour pouvoir distinguer la vérité du mensonge. Encore faut-il ne pas mettre les deux sur le même plan, comme s’il ne s’agissait que d’opinions rivales et équivalentes.

         
        • Anonyme répond à Network 23

          Ces précisions sont rassurantes, j’avais cru reconnaître un des menteurs et manipulateurs patentés de la planète rouge, de ceux qui n’hésitent pas à tuer pour faire taire les victimes et témoins de leurs crimes, qu’ils présentent mensongèrement comme des menteurs ou diffamateurs et calomnient outrageusement.

          Je répondais à ceci :

          « Qu’est-ce que cette “censure rouge”, sinon la lutte pour faire advenir la vérité et taire les mensonges et diffamations... »

        1 autres commentaires
  • jck
    jck
    • Posté à 20h28 le 14/04/2008
    • Internaute 27688

    dans le « about » de google Lien

    il est dit :
    « Intégrité
    Les méthodes complexes et automatiques utilisées par les recherches Google rendent quasi impossible toute manipulation humaine des résultats. Comme nous l’indiquons clairement dans nos listes de résultat, certains sites peuvent être associés à une publicité “ Sponsored Link ”. Toutefois, Google ne pratique pas la vente des positions dans ces résultats ; autrement dit, il n’est pas possible d’acheter une valeur PageRank supérieure à la réalité du Web. Avec la recherche Google, vous disposez d’une solution simple, rapide, honnête et objective pour trouver des sites Web de la plus haute qualité et dont les informations répondent parfaitement à vos besoin »

    bref ou bien google ment à ses 100 milions d’utilisateurs ou bien Pierrat fait de la diffamation dans cette vidéo (ce qui serait bizarre pour un avocat spécialiste en diffamations !)

    bref peut on avoir un éclaircissement sur le sujet ?

  • Unstern
    • Posté à 20h39 le 14/04/2008
    • Internaute 26295

    @ Hubert Artus

    Passionnante, cette interview. Quelle tchatche, cet Emmanuel Pierrat ! Y a presque qu’à ouvrir le micro, et puis roule ma poule ! Enfin, du moment que ce qu’il raconte est clair, structuré et peu connu, moi j’en redemande : -)))

    Un truc moins drôle, c’est ce que Pierrat signale à propos du pouvoir exorbitant dont les fournisseurs d’accès disposent par rapport aux sites qu’ils hébergent. Est-ce que quelqu’un, si possible pas trop à droite, ne pourrait pas réfléchir à un projet de loi pour combler ce vide juridique ?

    Évidemment, quand on voit ce que sont devenues les lois prises à la Libération pour éviter une concentration excessive des titres de presse, ça n’est pas franchement encourageant. Mais on ferait quand même bien d’y penser, non ?

    Parce qu’à droite, c’est sûr, ils s’intéressent déjà à la question…

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