Theatre et Balagan

Chronique ambulante d'un amoureux du théâtre, d'un amateur de l'Est et plus si affinités.

Soirée des Molières : si le ridicule tuait, il aurait fait une hécatombe

Publié le 29/04/2008 à 18h23

Lors de la soirée des Molières 2007 (Benoit Tessier/Reuters).

D’un geste de la main, Roland Dubillard, dans la chaise d’hémiplégique où il est cloué depuis vingt ans, repousse le micro. Il n’a rien à dire. Ou trop à médire. Le réalisateur aurait du s’attarder sur ce visage apparemment impassible et sans doute en colère. Il n’en a cure. Il fait ce qu’on fait toujours à la télé quand le silence s’installe : on passe à autre chose. La télé a horreur du silence. Le beau silence de Dubillard, elle le zappe.

La salle des 22e Molières, elle, ovationne celui qui vient d’être couronné comme le « meilleur auteur » 2008 pour des saynètes sublimes, « Les Diablogues », écrites… il y a près d’un demi-siècle (et publiés dans les années 70 aux éditions de l’Arbalète). On croirait voir une scène inédite du « Jardin aux betteraves », belle pièce de Dubillard.

Si le ridicule tuait, il y aurait eu une hécabombe ce lundi soir dans la salle et sur la scène des Folies bergères, à commencer par la présentatrice de service qui réduisit d’une phrase le théâtre de Feydeau au plus basique théâtre de Boulevard (le mari, la femme, l’amant).

Dubillard (sous le nom de Grégoire) et Philippe de Chérissey (sous le nom d’Amédée) ont créé « Les Diablogues », l’auteur les avaient ensuite repris avec Claude Piéplu à la scène et sur les ondes. C’était au fin fond de l’autre siècle.

Depuis, ces saynètes ont ravi bien des duos d’acteurs -dernièrement Jacques Gamblin et François Morel au théâtre du Rond-Point, à Paris, dont le directeur Jean-Michel Ribes avait fêté dignement les 80 ans de l’auteur, en lui consacrant un festival il y a cinq ans.

Une nuit de dupes et un accablant moment de télévision

Comme chaque année, la « Nuit des Molières » fut une nuit de dupes et un accablant moment de télévision. Comme chaque année, elle était censée présider à la « possible conciliation » (la formule est de Clovis Cornillac, sobre monsieur Loyal) du théâtre privé et du théâtre public.

Mais il faut croire que le mariage est impossible, puisque la cérémonie s’achève sur le « Molière du théâtre privé » précédé -comme un faire-valoir- du « Molière du théâtre public ». Une fois de plus, le théâtre public fut le dindon de cette farce lourdingue et interminable.

Quand l’intitulé d’un prix réunissait des « nominés » du privé et du public (révélation théâtrale, décorateur, costumes, lumières, théâtre musical, adaptation, spectacle solo, mis en scène, comédien, comédienne), ce fut toujours le privé qui sortit du chapeau, à une exception près -il en fallait bien une (Gille Privat pour le meilleur second rôle). Quelle pantalonnade ! Et l’année prochaine, on remettra ça sur l’air rituel de la « grande famille ». Et on aura droit aux standards : la prime aux vieux avant l’extinction des feux (cette année Michel Galabru, José Arthur, et donc Dubillard), le moment d’acteur (Galabru dans un festival de ses borborygmes), les intermèdes accablants, le serment de la télévision jurant une fois de plus qu’elle adore le théâtre, alors qu’elle venait d’en dégoûter des milliers de spectateurs à travers des extraits ni faits ni à faire. Etc.

La télévision méprise l’art. Il est son ennemi juré, il met en évidence sa petitesse

Muriel Mayette, au nom de la Comédie Française, reçut donc le Molière du théâtre public pour « Juste la fin du monde », la pièce de Jean Luc Lagarce dans la mise en scène de Michel Raskine. Il est dommage qu’elle n’ai pas eu l’idée de lire ce que Lagarce écrivait sur les Molières naguère, au lendemain d’une édition marquée par l’intervention de Laurent Terzieff. Extraits (magazine « Sept à Paris » du 11 mai 1988) :

« La télévision n’est jamais aussi vulgaire que lorsqu’elle feint de s’intéresser à un objet qu’elle méprise. La télévision méprise l’art. Il est son ennemi juré, il met en évidence, sans un mot- il suffit de les confronter- sa petitesse, et lui rappelle qu’elle n’est rien de plus qu’un outil.

“La télévision se croit essentielle. Elle a raison, c’est elle qui fait la pluie et le beau temps. Elle peut rendre célèbre n’importe qui et le faire disparaître en l’oubliant. Elle est le plus grand dénominateur commun : fatalement, au nom du populaire, elle se laisse aller au populisme et nivelle par le bas. A quand un ministère de la Communication et (accessoirement) de la Culture ? ‘Quand la télévision fait la fête au théâtre, elle se soucie moins de l’art en question -il suffit de regarder les programmes pour constater qu’elle s’en fiche royalement- que de le réduire à son moule, s’en servir pour sa propre cause.

Et comme le seul but de la télévision, actuellement, est de remplir le temps qui lui est imparti et de ratisser large, ce qu’elle nomme une fête devient un défilé longuet de gens connus du plus grand nombre. C’est mal cuisiné, mais il y a beaucoup de plats.

Le problème avec le théâtre, c’est qu’il n’y a pas de vedettes’. Une vedette est fabriquée par la télévision, y compris celles du cinéma, et comme elle n’a que faire du théâtre, les organisateurs se retrouvent en manque.

‘On se retrouve donc pour honorer’ le théâtre, avec une cohorte de gens, tous honorables au demeurant, mais dans bien des cas à des années lumière de ce qu’est la réalité de ce métier. Le temps de devenir une vedette grâce à la télévision, et le train est largement passé. D’où l’aspect fête de charité, amicale des anciens élèves, gala de l’union des artistes ou noces d’or des grands parents.

‘Pourtant, devant tant de vulgarité (Dorin, une autre !), un pauvre digne et magnifique fait taire la vulgarité. Terzieff parle. Et la télévision la ferme. Elle ne gouverne plus. Elle est à son service, elle doit se rapprocher de lui, le cadrer comme un acteur, et non comme un présentateur. Il ne la regarde pas. Il parle au public. Il prend son temps, pas de chronomètre dans la poche. Il est un acteur, le théâtre sur scène. Et paradoxalement, il fait de la bonne télévision.

Les dames patronnesses en restent un instant bouche bée : le théâtre est grand, il se suffit à lui même, il ne rêve pas de passer à la télé’, il ne demande qu’à vivre. Les médailles, c’est bon quand on est mort.”

Ces lignes impeccables valent pour aujourd’hui. Lundi soir, Terzieff était dans la salle. Il n’a rien dit. Comme Dubillard.

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  • compte supprimé 24
    • Posté à 12h41 le 30/04/2008
    • Internaute 8330

    Je comprends, Oursonne : c’est pas drôle, comme blague.
    Maurice Pialat non plus : c’est extrêmement péteux et chiant, son cinoche.

     
    • oursonne
      • Posté à 00h13 le 01/05/2008
      • Internaute 24615

      Ni chiant ni péteux (ent tout cas pas celui dont je parle, « l’enfance nue » et attention pas de jeux de mots douteux sur ce titre ! ! ! ! ! ! sinon je mords ! !

      • compte supprimé 24
        • Posté à 11h09 le 01/05/2008
        • Internaute 8330

        Sous le soleil de Satan... bouaifff...
        Et va falloir t’y faire : j’ai un horrible mécanisme interne qui me fait me jeter sur le premier jeu de mot vaseux à ma portée : -)

    2 autres commentaires
  • MaxD
    MaxD
    médecin, humoriste http://maxd. (...)
    • Posté à 00h00 le 30/04/2008
    • Internaute 9540
      médecin, humoriste http://maxd. (...)

    J’ai trouvé que la salle était deux fois plus pleine qu’elle n’aurait dû : il y avait le parterre bourré de gens de théâtre plus ou moins célèbres mais chacun d’eux, en recherche de pommade, était accompagné par un double encombrant (et plus gros que l’original) : son ego hypertrophié.

  • JEAN.GISQUAND
    • Posté à 07h46 le 30/04/2008
    • Internaute 1331

    Quelle suffisance, quelle haine ! Qu’ a donc raté Jean-Pierre Thibaudat dans sa vie pour être aussi fielleux.

    Personne n’est obligé de regarder la télé. Nous n’avons que ce que nous voulons voir ! Et si des téléspectateurs avaient découverts Dubillard, et si cette émission avait donné envie à certains d’aller au théatre ? En tout cas pour moi, quand je lis de telles critiques haineuses, je ne suis pas tenté d’aller au théatre, j’aurai trop peur de me tromper et de montrer mon « inculture ».
    Puissent les « gardiens de la révolution » français rester dans le domaine de la critique théatrale.

  • mywineinsilence
    • Posté à 11h25 le 30/04/2008
    • Internaute 40379

    Ahhhh, grande spécialité à la française, confondre art et « entertainment ».

    Se taper sur le ventre en s’auto-félicitant de la grande exception culturelle ... Et pendant ce temps là le reste du monde rigole et on assassine les intermitants avec l’accord du bon peuple, qui croit encore que le rock c’est Johnny.

  • Azrael
    • Posté à 11h37 le 30/04/2008
    • Internaute 2074

    Il faut vraiment, mais alors vraiment vraiment, n’avoir rien à foutre de sa vie pour regarder
    (+ de trente trois secondes)cette cérémonie des Molières. Vaut mieux regarder passer les bagnoles dans la rue.

  • Ano-Nyme
    Ano-Nyme
    delateur privé
    • Posté à 12h15 le 30/04/2008
    • Internaute 24343
      delateur privé

    Des médailles des médailles .....C est peut être cela qui est triste ....
    Déjà les bons points a l école c était pas mal ....
    Si en plus c est retransmis et pour couronner le tout vu ...
    Que dire ...

  • Flachard
    • Posté à 12h35 le 30/04/2008
    • Internaute 20220

    Tombeau pour un Théâtre défunt !
    Des nantis bien sapés font les imbéciles ! Jouent bêtement les utilités !
    Certains - très peu - se demandent ce qu’ils font là !
    Houdinière triche et sert « sa » soupe à qui il veut !
    Lamentable démonstration d’un pouvoir en déconfiture sous l’œil sans aménité d’une ministre qui attend pour frapper ! et surtout de ne tenir aucune de ses promesses, celles de ses prédécesseurs comme les siennes !

  • matrasov
    • Posté à 12h50 le 30/04/2008
    • Internaute 20420

    non on n’aime pas la télé (et donc on ne regarde pas les Molière) ... mais on lit les réctions comme chaque année.

    oui la télévision méprise, conchie l’art et le théâtre d’art en particulier.

    dès qu’il s’agit de théâtre, la télévision fabrique du faux - comme tout système totalitaire (la voix de son maître)

    depuis que les Molière existent, la télévision a fait son sale boulot. Ce qui a changé aujourd’hui ? des pans entiers de la presse (écrite entre autre) ont rejoint la télé dans son travail de corruption.

    Le Roi Lion a trois Molière (il avait une page - deux tiers de page -) dans le Monde pour le lancement à Paris.

    Plus grave : un pas a été franchi avec l’arrivée fracassante du pire ennemi du théâtre - tous pays confondus-, je veux parler de l’industrie du loisir anglo-américaine.

    En remettre une couche - ça vaut son poid d’or en pub gratis - en célébrant une machine commerciale qui n’a d’autre but que le fric, c’est l’abdication pure de l’intelligence. (je n’ai pas vu le Roi Lion, c’est peut-être bien pour les mômes , peu importe, ça n’est pas le propos : ce business là n’a pas besoin de pub gratis)... sans parler des autres tartufferies americanoboulevardière.

    Dans trois ans, le théâtre d’art, qui ne se fabrique depuis (allez..40 ans) que dans le théâtre public (à trois exceptions par siècle ( ? ?) ...dans trois ans le théâtre d’art aura disparu.

    Peut-être d’ailleurs doit-il disparaître, pour renaître

    • batila-
      batila- répond à matrasov
      • Posté à 14h51 le 01/05/2008
      • Internaute 34191

      Il faudrait peut-être se faire à l’idée que le théâtre public est un service public, que les gens paient des taxes qui se transforme en subvention. A ce titre le théâtre public devrait sans doute s’inspirer des critiques et se rapprocher du goût des gens.
      Même quand les place sont à 5 euros les gens n’y vont pas, c’est bien qu’il y a un problème propre au théâtre public, non ?
      Enfermé dans leur exigence élitiste, les théâtreux, comme on les appelait encore récemment dans nos cours d’école, préfèrent se dire que c’est le goût des gens qui est médiocre plutôt que de trouver comment leur plaire et remplir les salle. Mais c’est une chose à laquelle il ne s’abaisseront pas, trop effrayé de ressembler à l’honni théâtre privé.
      Et forcément, après 40 ans de vie à se persuader d’être une élite essentielle de la société, le théâtre public, sorte de cuisse de Jupiter pour égo hypertrophié, ne s’est jamais remis en question. LA posture du donneur de leçon seul face à une société décadente a déteint jusque sur les acteurs en scène, et s’est transformée en une arogance ignorante d’elle même, prête à toute les vilénies pour se donner une bonne image de soi, une bonne conscience et éventuellement une scène pour montrer qu’on est bien dans la posture, qu’on est bien un acteur de théatre et qu’on crie son mépris à un public vivant dans une si médiocre société. Société que le théâtre public ne s’abaisse pas à frayer, construisant des murs d’ignorance entre lui et elle.

      Si l’important était de plaire, cela se saurait...

      • compte supprimé 24
        • Posté à 15h01 le 01/05/2008
        • Internaute 8330

        C’est bien vrai : dans notre coin (le Lot) y a le théâtre d’Anne Sicco, l’Œil du Silence – créé par le mime Marceau. C’est effectivement quasi gratos, mais c’est tellement chiant qu’à part leur petit cercle de fans, nous n’y mettons jamais les pieds. Idem pour le théâtre de Cahors.

        Par contre, le festival de théâtre de rue d’Aurillac fait sytématiquement le plein... et là, on peut pas dire qu’il y ait beaucoup de ces saltimbanque doués qui tournent avec des sub’s... Cherchez l’erreur.

      • matrasov
        matrasov répond à batila-
        • Posté à 23h12 le 04/05/2008
        • Internaute 20420

        Victor Hugo : élitiste ?
        Fellini : élististe ?
        Stockhausen : élitiste (attention il y a un piège)
        allez ! c’est bien trop chiant de se servir de lire un livre. Et c’est bien connu la littérature, le livre, la lecture : c’est élitiste.
        Je reste poli

  • ka999
    • Posté à 12h54 le 30/04/2008
    • Internaute 40389

    arrrggg, Phil2922 je compatis, au vu du message de numerosix, qui je la sais ne vise pas à mal, mais quand meme : un type en fauteuil roulant, hemiplegique ou autre n’est pas moribond. Il est bien vivant et pour un nombre d’année au moins equivalent à des tas de gens sur leurs 2 pieds !
    Il a le droit de venir sur un plateau télé, mais si ca choque les bonnes moeurs de certains. Et il a certainement autant de choses à dire que le quidam moyen !
    Mais forcement quand on vous considere juste comme un pauvre type diminué en fauteuil, ca ne donnes pas envie de s’exprimer. Et il faut peut etre aller voir plutot de ce coté là, c’est fatiguant de se battre tous les jours contre les regards et les à priori...
    Bon sang, y a du boulot en France de ce coté là.

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 13h18 le 30/04/2008
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    La différence entre théatre public et théatre privé,
    c’est qu’au théatre public, personne ne connaît l’acteur,
    mais que lui, connaît tous les spectateurs.

    Dans le théatre privé, c’est le contraire.

    • matrasov
      matrasov répond à Pierrrrre
      • Posté à 15h13 le 30/04/2008
      • Internaute 20420

      Et toâââ, toââ, tu vas souvent ô théâââââtre, pas vrai ?

      • Pierrrrre
        Pierrrrre répond à matrasov
        → → → → → → → le marché autant (...)
        • Posté à 09h44 le 01/05/2008
        • Internaute 23078
          → → → → → → → le marché autant (...)

        « tu vas souvent ô théâââââtre, pas vrai ? »

        ouais, montage, transport, décors, régie..mais je regarde rarement les pièces ; trop concentré sur mon appareil photo : et avec ce retard au déclenchement des numériques, faut y aller en raffale pour saisir l’instantané, et Photoshop ne rattrape pas tout... quoi que...

         
        • compte supprimé 24
          • Posté à 11h07 le 01/05/2008
          • Internaute 8330

          T’as un vieux bouzin, Pierrrrre : le moindre numérique actuel (même bas de gamme) affiche des temps de latence au déclenchement identiques à ceux d’un réflex « argentique ».

          C’est marrant : j’ai été régisseur technique d’une troupe de théâtre en Alsace pendant quatre ans. C’est bien le seul point qu’on ait en commun, toi et moi.

          T’as payé la licence Photoshop, j’espère ?
          Tu bosses pas sous Gimp parce que c’est un truc de gauchiste, hein ?

          Ta troupe, elle est subventionnée ?
          Et tu vas à la messe ?

          Va jeter un œil (j’oubliais : t’en as qu’un) sur le fil des enfant des maoïstes et fais-moi le plaisir de répondre à mon fiston. Ose. Vis dangereusement.

        1 autres commentaires
  • Flachard
    • Posté à 14h37 le 30/04/2008
    • Internaute 20220

    Tombeau pour un Théâtre défunt !
    Des nantis bien sapés font les imbéciles ! Jouent bêtement les utilités !
    Certains - très peu - se demandent ce qu’ils font là !
    Houdinière triche et sert « sa » soupe à qui il veut !
    Lamentable démonstration d’un pouvoir en déconfiture sous l’œil sans aménité d’une ministre qui attend pour frapper ! et surtout de ne tenir aucune de ses promesses, celles de ses prédécesseurs comme les siennes !

  • lebuffalo
    • Posté à 19h15 le 30/04/2008
    • Internaute 23050

    Il est vrai qu’il devient pénible de rendre la télévision responsable de tous les maux culturels.
    La semaine dernière Michael Haneke nous faisait la leçon en même temps que la promo de sa version U.S. de « Funny games » (au demeurant bon film). Il clamait dans différents entretiens de ci de là pourquoi la violence était devenu aussi banalisée : la faute à la télévision et aux jeux vidéos (en gros).
    Aujourd’hui la télévision mépriserait le théâtre depuis toujours, nous dit-on. Bien grand lui en fasse, c’est sûrement pas le même public !
    Personne nous oblige d’avoir une télévision chez soi et d’user de la zapette plusieurs heures par jour. La télévision est bien sûr un grand fourre tout souvent indigeste. Mais en cherchant bien, et avec la multiplication des chaînes, l’offre devient forcément et presque mécaniquement plus intéressante. Bien sûr me diriez vous, le cable ou le satellite, tout le monde ne peut pas se l’offrir. Effectivement, et ce sont ceux là mêmes qui ne peuvent pas plus s’offrir une soirée au théâtre, ou en tout cas pas souvent.
    Et puis franchement, le théâtre à la télévision n’a pas grand intérêt ! Rien ne peut remplacer d’être dans une salle, même mal placé. La vue d’ensemble d’une scène ne pourra jamais être remplacé par le prisme de la retransmission télé, aussi bon soit le réalisateur aux manettes !
    Et comme tout vécu direct, les émotions ressentis ne seront pas comparables. Qu’elles soient négatives ou positives.

    Lien

  • tatibonbon
    • Posté à 21h57 le 30/04/2008
    • Internaute 40432

    Très beaux extraits...merci de pouvoir les relire aujourd’hui...
    En tout cas : 3 Molière pour « le roi lion n’est ce pas signe d’un nouveau genre “Disneyland” au pays de Mickey, via le théâtre privé ?
    Télevision, Théâtre, Culture...tout fou le camp !
    Réality shows en pagaille et Carla bientôt sur toutes vos émissions radio !
    Sortez !

  • oursonne
    • Posté à 23h55 le 30/04/2008
    • Internaute 24615

    Attention Cyp/en ligne et à l’oeil, arrête de provoquer Oursonne, en voie de disparition peut être, mais encore en état de se défendre .... Mais j’ai pas honte de dire que la télé, je l’aime, pour ce qu’elle a d’interessant et d’intelligent, et parfois, pour le plaisir de me vautrer sur mon canapé à regarder des téléfilms idiots en mangeant des sucreries ! ! ! ! ! C’est vraiment sympas d’être bête, cela permets de se croire intelligent quand on regarde des emissions intelligentes et culturelles et qu’on les apprécie ! ! ! ! !

    • compte supprimé 24
      • Posté à 00h22 le 01/05/2008
      • Internaute 8330

      Si, si, je pige : j’ai adoré faire ça, mais faut dire que dans t’as une famille où la téloche tourne du matin au soir à donf’ et sans interruption, ça fait du bien quand ça s’arrête : -)

      Ma fille, elle va bouffer du Nutella et des fraises Tagada avec des chips à rien foutre chez les copines à mater les trucs les plus nazes, et ça l’éclate. Et elle a bien raison, et c’est pas moi qui la charrierait avec ça. Le rien-fiche, c’est sacré. Le fiston, il s’en fout complètement.

      Y a une évolution, tout de même : avec le net, de plus en plus de jeunes trouvent la téloche ringarde. Je répare de plus en plus d’ordis portables de gens qui s’en servent pour le multimédia et le net, exclusivement. Et qu’ont pas la télé parce que ça les branche tout simplement pas.

      • oursonne
        • Posté à 11h02 le 01/05/2008
        • Internaute 24615

        Moi aussi je suis une ancienne voyageuse, sac à dos pendant années puis accompagnatrice avec valise par la suite.... Et puis un jour j’ai cassé ma valise, rêvé de vie devant la cheminée (et la télé ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !), d’un chat ronronnant à mes cotés (je viens d’enterrer le 3e)... et si j’avais les moyens financiers je réparerais peut être ma valise pour repartir....mais....je suis fauchée...même avec lesac à dos, c’est difficile financièrement.... Alors j’hesite entre nouveau chat (et télé ! ! ! ! !) (le théatre, les concerts, l’opéra, c’est bien mais très cher...) et quelques petites virées de temps à autre.... Peut concilier les deux.... J’ai passé une dizaine d’années au Moyen Orient.... J’ai adoré.

        Reste aussi le cinéma, j’y vais beaucoup. Moins cher que tout le reste... et internet

         
        • compte supprimé 24
          • Posté à 11h17 le 01/05/2008
          • Internaute 8330

          Ah ben alors on est collègues ! 84 treks au compteurs + une quarantaine de « sighteings » en Inde, Népal, Pakistan et Sri Lanka... sans compter toutes les balades en solitaire.

          Pareil : je bosse comme un malade, mais ça sort plus vite que ça rentre. Alors quand j’entend le prézydent dire qu’il faut turbiner encore plus... et l’autre fomage de Hollande qui dit qu’il aime pas les riches...

          Je dis toujours que j’aime pas les chats, mais c’est même pas vrai : c’est juste une « private joke » entre moi et ma fille. Joyeux muguet, et vive la Sociale !

          • oursonne
            • Posté à 19h52 le 01/05/2008
            • Internaute 24615

            On a laissé le théatre pour la télé, là... Mais je viens de tomber sur « qui veut gagner des million » (en suçant justement des fraises tagada)... Et spectacle hallucinant, un candidat a quand même empoché sous mes yeux éblouis et incrédules quelques dizaines de milliers d’euros. Il a calé sur la question « quel philosophe enseignait la sagesse en Chine avant JC : Confucius, Hibernatus, Cecile de Ménibus ou Jean-Claude Dreyffus ? » Là il est resté muet et a empoché les sommes qu’il avait gagnées avec les 3 ou 4 questions précédentes à l’aide de ses jockers .....
            J’en suis encore médusée et je pense que je vais m’inscrire.... N’empêche c’est pas au théâtre que même les spectateurs peuvent faire fortune sans rien faire ! !

        2 autres commentaires
  • Weekiwachee
    Weekiwachee
    Tallahassee
    • Posté à 05h01 le 01/05/2008
    • Internaute 956
      Tallahassee

    José Artur, sans « h ».

  • kilaz007
    kilaz007
    Nanar
    • Posté à 12h22 le 01/05/2008
    • Internaute 40467
      Nanar

    Je crois que ce qui est dit est assez juste. Pas tant qu’il faudrait changer tout ce qui se trouve à la télévision (pour ma part, une bonne bouse m’a parfois fait plaisir en lendemain de soirée), mais que derrière l’apparence de la diversité et de la divergence des points de vue, c’est tout le contraire qui est fait : à quand un documentaire de Pierre Carles à la télévision ? A quand un film de Costa-Gavras ? Non... Plutôt le Flic de Beverly Hills ! Ce qui me gène profondément à la télé, c’est qu’elle semble partir du principe que « les gens sont bêtes et veulent qu’on leur assène des choses simples et sans consistance », il y a des jours où c’est vrai, mais il est aberrant de croire que tout le monde tout le temps veut regarder de la merde. Et ce problème du théâtre est significatif. Toute œuvre d’art, cinématographique, télévisuelle, théâtrale, littéraire, etc. donne une certaine vision de la réalité, insiste sur un point de vue, et lorsque l’on a qu’un seul point de vue rabâché à longueur de journée, c’est cette réalité qui finit par être acceptée. Facile de dire que nous avons le choix de nous intéresser ou non, mais difficile de trouver au milieu de cette cacophonie représentant largement un point de vue unique sur la réalité une poussière de pensée construite et dissidente...

  • anacaona
    • Posté à 13h12 le 01/05/2008
    • Internaute 19962

    Une pensée (très) émue pour Roland Dubillard, pour le bonheur qu’il a procuré à mes élèves de Bac Pro quand je leur ai fait découvrir les « Diablogues ».

  • snipoza
    snipoza
    décroissant sang d'Angers (...)
    • Posté à 17h09 le 02/05/2008
    • Internaute 33474
      décroissant sang d'Angers (...)

    ben voilà ! comme quoi même à Rue89 il arrive de tomber sur un article et un auteur qui cassent vraiment la baraque. Spassiba Balagan

  • dufoyer
    • Posté à 09h12 le 05/05/2008
    • Internaute 27816

    Chère plume débridée et profonde (comme une gorge),

    Merci d’avoir rendu hommage à ce cher Laurent (la conscience) à travers ce cher Jean-luc (le courage).

    Je vous reconnais bien là, vous qui aimez lzs voyages insensés au point de faire leur éloge...

    L’occasion de voir deux amis, le vôtre et le mien, deux princes, si justement associés.

    C’est Bernard du foyer qui doit se réjouir en regardant des films presques cochons (mais moins que les molières) en pensant au actrices de ses week-end de rêve.

    Fraternelles salutations,

    Dufoyer érectile.

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