Theatre et Balagan

Chronique ambulante d'un amoureux du théâtre, d'un amateur de l'Est et plus si affinités.

Soirée des Molières : si le ridicule tuait, il aurait fait une hécatombe

Publié le 29/04/2008 à 18h23

Lors de la soirée des Molières 2007 (Benoit Tessier/Reuters).

D’un geste de la main, Roland Dubillard, dans la chaise d’hémiplégique où il est cloué depuis vingt ans, repousse le micro. Il n’a rien à dire. Ou trop à médire. Le réalisateur aurait du s’attarder sur ce visage apparemment impassible et sans doute en colère. Il n’en a cure. Il fait ce qu’on fait toujours à la télé quand le silence s’installe : on passe à autre chose. La télé a horreur du silence. Le beau silence de Dubillard, elle le zappe.

La salle des 22e Molières, elle, ovationne celui qui vient d’être couronné comme le « meilleur auteur » 2008 pour des saynètes sublimes, « Les Diablogues », écrites… il y a près d’un demi-siècle (et publiés dans les années 70 aux éditions de l’Arbalète). On croirait voir une scène inédite du « Jardin aux betteraves », belle pièce de Dubillard.

Si le ridicule tuait, il y aurait eu une hécabombe ce lundi soir dans la salle et sur la scène des Folies bergères, à commencer par la présentatrice de service qui réduisit d’une phrase le théâtre de Feydeau au plus basique théâtre de Boulevard (le mari, la femme, l’amant).

Dubillard (sous le nom de Grégoire) et Philippe de Chérissey (sous le nom d’Amédée) ont créé « Les Diablogues », l’auteur les avaient ensuite repris avec Claude Piéplu à la scène et sur les ondes. C’était au fin fond de l’autre siècle.

Depuis, ces saynètes ont ravi bien des duos d’acteurs -dernièrement Jacques Gamblin et François Morel au théâtre du Rond-Point, à Paris, dont le directeur Jean-Michel Ribes avait fêté dignement les 80 ans de l’auteur, en lui consacrant un festival il y a cinq ans.

Une nuit de dupes et un accablant moment de télévision

Comme chaque année, la « Nuit des Molières » fut une nuit de dupes et un accablant moment de télévision. Comme chaque année, elle était censée présider à la « possible conciliation » (la formule est de Clovis Cornillac, sobre monsieur Loyal) du théâtre privé et du théâtre public.

Mais il faut croire que le mariage est impossible, puisque la cérémonie s’achève sur le « Molière du théâtre privé » précédé -comme un faire-valoir- du « Molière du théâtre public ». Une fois de plus, le théâtre public fut le dindon de cette farce lourdingue et interminable.

Quand l’intitulé d’un prix réunissait des « nominés » du privé et du public (révélation théâtrale, décorateur, costumes, lumières, théâtre musical, adaptation, spectacle solo, mis en scène, comédien, comédienne), ce fut toujours le privé qui sortit du chapeau, à une exception près -il en fallait bien une (Gille Privat pour le meilleur second rôle). Quelle pantalonnade ! Et l’année prochaine, on remettra ça sur l’air rituel de la « grande famille ». Et on aura droit aux standards : la prime aux vieux avant l’extinction des feux (cette année Michel Galabru, José Arthur, et donc Dubillard), le moment d’acteur (Galabru dans un festival de ses borborygmes), les intermèdes accablants, le serment de la télévision jurant une fois de plus qu’elle adore le théâtre, alors qu’elle venait d’en dégoûter des milliers de spectateurs à travers des extraits ni faits ni à faire. Etc.

La télévision méprise l’art. Il est son ennemi juré, il met en évidence sa petitesse

Muriel Mayette, au nom de la Comédie Française, reçut donc le Molière du théâtre public pour « Juste la fin du monde », la pièce de Jean Luc Lagarce dans la mise en scène de Michel Raskine. Il est dommage qu’elle n’ai pas eu l’idée de lire ce que Lagarce écrivait sur les Molières naguère, au lendemain d’une édition marquée par l’intervention de Laurent Terzieff. Extraits (magazine « Sept à Paris » du 11 mai 1988) :

« La télévision n’est jamais aussi vulgaire que lorsqu’elle feint de s’intéresser à un objet qu’elle méprise. La télévision méprise l’art. Il est son ennemi juré, il met en évidence, sans un mot- il suffit de les confronter- sa petitesse, et lui rappelle qu’elle n’est rien de plus qu’un outil.

“La télévision se croit essentielle. Elle a raison, c’est elle qui fait la pluie et le beau temps. Elle peut rendre célèbre n’importe qui et le faire disparaître en l’oubliant. Elle est le plus grand dénominateur commun : fatalement, au nom du populaire, elle se laisse aller au populisme et nivelle par le bas. A quand un ministère de la Communication et (accessoirement) de la Culture ? ‘Quand la télévision fait la fête au théâtre, elle se soucie moins de l’art en question -il suffit de regarder les programmes pour constater qu’elle s’en fiche royalement- que de le réduire à son moule, s’en servir pour sa propre cause.

Et comme le seul but de la télévision, actuellement, est de remplir le temps qui lui est imparti et de ratisser large, ce qu’elle nomme une fête devient un défilé longuet de gens connus du plus grand nombre. C’est mal cuisiné, mais il y a beaucoup de plats.

Le problème avec le théâtre, c’est qu’il n’y a pas de vedettes’. Une vedette est fabriquée par la télévision, y compris celles du cinéma, et comme elle n’a que faire du théâtre, les organisateurs se retrouvent en manque.

‘On se retrouve donc pour honorer’ le théâtre, avec une cohorte de gens, tous honorables au demeurant, mais dans bien des cas à des années lumière de ce qu’est la réalité de ce métier. Le temps de devenir une vedette grâce à la télévision, et le train est largement passé. D’où l’aspect fête de charité, amicale des anciens élèves, gala de l’union des artistes ou noces d’or des grands parents.

‘Pourtant, devant tant de vulgarité (Dorin, une autre !), un pauvre digne et magnifique fait taire la vulgarité. Terzieff parle. Et la télévision la ferme. Elle ne gouverne plus. Elle est à son service, elle doit se rapprocher de lui, le cadrer comme un acteur, et non comme un présentateur. Il ne la regarde pas. Il parle au public. Il prend son temps, pas de chronomètre dans la poche. Il est un acteur, le théâtre sur scène. Et paradoxalement, il fait de la bonne télévision.

Les dames patronnesses en restent un instant bouche bée : le théâtre est grand, il se suffit à lui même, il ne rêve pas de passer à la télé’, il ne demande qu’à vivre. Les médailles, c’est bon quand on est mort.”

Ces lignes impeccables valent pour aujourd’hui. Lundi soir, Terzieff était dans la salle. Il n’a rien dit. Comme Dubillard.

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  • Jeremy Sahel
    Jeremy Sahel
    Webstern Socialiste
    • Posté à 18h49 le 29/04/2008
    • Internaute 9872
      Webstern Socialiste

    Il faut quand même rappeler que le théâtre dit privé ne fonctionne pas qu’avec des fonds privés.

    • marie 75
      marie 75 répond à Jeremy Sahel
      • Posté à 21h12 le 29/04/2008
      • Internaute 3563

      soirée minable, une idiote qui la présentait, qq a mêeme cité Johnny ....
      Ls Molière sous sarkozy...
      A moins que ce nes soit les minables de Sarkozy

      • Beryl
        Beryl répond à marie 75
        • Posté à 17h21 le 30/04/2008
        • Internaute 25737

        Préampule « noir » pour faire diversité ! ! (Congo square) et ensuite, exit acteur ou actrice noir, ou antillais. Ou bien je ne les ai pas vu passer ? Quelle pièce ? ...

        Cette soirée puante de vieillesse d’esprit, de vulgarité souriante, à voix de cruche et cruchon pour démonstrateurs de supermarchés, de « longueurs » comme dans les navets (fussent-il galabruesques), de suavités pour salons de coiffure rive droite, d’extraits affligeants et ridicules, de petite guerre de clocher entre Privé et Public, gadget agité par comme une farce-attrappe entre soi, et puis, oui, ce filmage de camera de surveillance, qui balaie ici ou là, s’arrête pour dormir sur des visages surjouants, avec, au-dessus, la poussière télévisuelle soulevant au ralenti un théatre français que les chaînes méprisent, et qu’on embaume chaque année pour bien montrer qu’elle le voit mort, tout en étant tenue, molières oblige, de le faire bouger encore. Dubillard et Terzief, par leur silence, ont illustré le viatique : » Si tu n’as rien à dire de plus beau que le silence, boucle-là ». D’où la laideur désespérante de cette soirée.

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 18h52 le 29/04/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Ils ont fait ça , montrer Dubillard , qui est un génie, dans son fauteuil d’hémiplégique ? Comme il y a des années Bernard Blier complètement moribond ..
    Heureusement que je ne regarde pas trop la télé ..

    • matrasov
      matrasov répond à Numerosix
      • Posté à 16h05 le 30/04/2008
      • Internaute 20420

      je vous reconnais N°6 ah ah ah ! ! !

  • Albufera
    Albufera
    Observateur.
    • Posté à 18h54 le 29/04/2008
    • Internaute 29241
      Observateur.

    Dernièrement -à la télévision publique - une ode à la qualité, à l’ art, et même -pour certains- à l’ audace : fanfares et satisfaction autour d’ adaptations de nouvelles de Maupassant. Un auteur du XIXème filmé par la télévision comme au milieu du XXème. Et la télévision d’ applaudir, de s’ auto-applaudir avec les professionnels de la profession devant tant d’ audace, de réussite, de qualité franco-française : filmer Maupassant comme on filmait le commissaire Maigret incarné par Jean-Richard dans les années 60. Ici en couleur. Ce qu’ il y a de plus insupportable et de franchement pathétique, c’ est lorsque la télévision prétend à l’ art -le servir et en faire- alors qu’ elle produit du navet au mètre. Quand la télévision prétend aimer le théâtre et le servir, on ne peut pas s’ attendre à autre chose qu’ une farce sinistre et ennuyeuse.

    • pikasso02
      pikasso02 répond à Albufera
      • Posté à 21h25 le 29/04/2008
      • Internaute 10134

      Proposez du nouveau cher Albufera / observateur !
      J’ai essayé !
      Trop pointu, m’a-t-on répondu.
      Critiquer c’est assez facile !

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 19h02 le 29/04/2008
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « ....le théâtre public fut le dindon de cette farce lourdingue et interminable. .... »

    ==> le moins qu’on puisse dire, c’est que Jean Pierre Thibaudat n’aime pas le théatre privé.

    Je vous accorde que cette rapide analyse de ma part n’est qu’un raccourci, mais c’est ce que m’inspire un article au décryptage délicat, et qui semble cacher des combats de coulisse, mystèrieux et occultes.

    Moi, ce que je sais du théatre, c’est qu’il existe moultes acteurs de talent qui crèvent la dalle et qui n’arrivent pas à accéder à aucun plateau,
    parce que ne faisant pas partie du réseau, du staff, de l’ami de l’ami, de l’intégré politique,
    mais ils se produisent comme ils peuvent,
    dans des salles de 100 personnes, avec 10 chaises occupées, par leurs amis, leurs cousins et leurs voisins.

    Ce soir, à la télé, Arditi sur la une, Arditi sur la deux, Arditi sur la trois, Arditi sur C+, Arditi sur la 5, Arditi sur la 6,

    et si la télé vous gonfle, vous pourrez aller au théâtre Edouard VII, y voir Tailleur Pour Dame, avec Pierre Arditi,

    Sinon, au cinéma, « Tu veux garder un secret » avec Pierre Arditi,

    ou bien encore « Le Grand Arditi » en guise d’Alibi

    • léo solo
      léo solo répond à Pierrrrre
      • Posté à 21h39 le 29/04/2008
      • Internaute 2483

      Moi, ce que je sais du théatre, c’est qu’il existe moultes acteurs de talent qui crèvent la dalle et qui n’arrivent pas à accéder à aucun plateau, même au plateau repas.

  • V comme vendetta
    V comme vendetta
    Ecrivain
    • Posté à 19h08 le 29/04/2008
    • Internaute 24299
      Ecrivain

    Pourquoi perdre son temps à regarder ce genre d’émission ? Pour le plaisir de faire un commentaire ?
    Ca fait une éternité que je ne suis pas allé au théâtre, et je n’en ai aucune honte. J’ai toujours préféré le lire que le voir.
    Ma dernière bonne sortie théâtre était à Tours, dans les années 90, pour « la vie est un songe » de Caldéron. Sublime pièce, beau spectacle.
    Mais j’ai eu beaucoup plus de plaisir à la lire, seul, chez moi.
    La catharsis de la scène n’agit plus depuis une éternité.
    Les Nuits Racine de Taillandier, à relire pour ceux qui ne comprennent pas pourquoi le théâtre ne fonctionne plus.
    Dommage, car par curiosité, j’irai bien voir ce que donne Valère Novarina sur une scène.
    Pour retourner au théâtre, il faut donc une raison bien personnelle et particulière, tout sauf les ruminations sacrées autour de la « Culture » et sa « Démocratisation » où a sombré le théâtre élitiste et cultivé en France.
    Ce n’est pas la télé qui tue l’art, c’est l’époque et ses priorités.

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 19h09 le 29/04/2008
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Et alors, on le sait que Dubillard est hémiplégique. Le fait de le montrer dans son fauteuil n’empêche pas que ce soit toujours un génie. Moi aussi, je suis en fauteuil (sclérose en plaques), et ce qui m’attriste le plus c’est de voir le regard des gens se détourner quand je sors. Heureusement, les choses évoluent et il y a aussi des personnes qui vous regardent et vous sourient...

    Lien

  • Pierrot287
    • Posté à 19h40 le 29/04/2008
    • Internaute 19703

    Toutes ces séances d’auto satisfaction, style Molières, Césars, etc, relèvent de la masturbation intellectuelle, exercice solitaire....entre amis...
    SANS INTERÊT !

    • boumboumbadaboum
      • Posté à 20h00 le 29/04/2008
      • Internaute 36478

      N’oublions pas qu’elles sont aussi bien utiles au commerce à défaut de l’être à l’art.

  • Léo the last
    • Posté à 19h48 le 29/04/2008
    • Internaute 31981

    Cette année je n’ai pas regardé les Molière, pressentant une nouvelle soirée lourdingue et chiante. Merci de ce compte-rendu qui me permet de m’associer à Largarce et Dubillard (Galabru je lai entendu à la radio ; évidemment, c’est ce qu’ils ont passé).
    Au fait j’ai regardé ce soir-là TF1 où passait un véritable téléfilm, assez rare. Réalisation excellente. Trois acteurs excellents aussi : Eric cantona, Stéphane Freiss, Hélène de Fougerolle. Téléfilm distingué au festival de Luchon me dit un journal. C’est TF1 qui sauve la télé ce soir là. Pourquoi pas après tout.

  • René B.
    • Posté à 20h18 le 29/04/2008
    • Internaute 8952

    Monsieur Thibaudat a parfaitement raison de pourfendre la cérémonie des Molières car il s’agit d’une supercherie.
    Ce qu’on y célèbre ce n’est pas le théâtre mais une certaine idée d’un certain théâtre. Entreprise idéologique qui dévitalise le théâtre en le reléguant aux dorures, cabotinage, velours et trompe l’oeil. Le théâtre larbin, confortant les valeurs les plus ringardes de la bourgeoisie la plus coincée.
    Je vous en prie ne croyez pas ce mensonge : le théâtre aujourd’hui c’est bien autre chose, c’est ailleurs et surtout pas à la télé. Une fois de plus le petit écran invente une réalité, bâtissant un monde faux que l’on veut nous faire prendre pour le vrai.
    ÉVADONS-NOUS !

  • AT
    AT
    lecteur à perpète
    • Posté à 20h23 le 29/04/2008
    • Internaute 39609
      lecteur à perpète

    Quel plaisir de retrouver Jean-Pierre Thibaudat. Son départ de Libé fut de ceux qui précipitèrent mon désabonnement.

    Effectivement, il ne faut pas regarder ce genre de bal des faux-derches. Ou alors, au second degré, comme l’Eurovison (non, ce n’est pas une faute de fappe)

    Le théâtre va cahin-caha pour un tas de troupes. N’empêche qu’il vit. J’ai animé pendant cinq ans un atelier théâtre en collège. Des mômes qui partent de zéro parfois, complexés de tout. Qui vont répéter pendant des mois UNE phrase, intonation, regard, gestes, déplacements. Exemple : « Qu’est-ce qu’è m’veut, la pauv’ pouffe, là, mais qu’est-ce qu’è m’veut ? Non mais attend, tu m’as déjà piqué mon premier mec, tu vas pas me piquer le deuxième ? Faut partager, dans la vie, non ? ».
    Des dizaines de mômes, qui ne découragent jamais. Et on va jouer partout où on nous demande.

    • matrasov
      matrasov répond à AT
      • Posté à 16h08 le 30/04/2008
      • Internaute 20420

      c’est joli « désabonnement »
      moi je me suis ré-abonné !
      (non, je blague)

  • raoul le magnifique
    • Posté à 21h15 le 29/04/2008
    • Internaute 38441

    Je ne comprend pas trop l’intérêt de comparer et surtout d’opposer théâtre privé du théâtre public...
    Je ne connais grand chose au théâtre, mais si une pièce doit être subventionné par l’état, il faut qu’elle soit magnifique, grandiose...Ce qui est normal me direz vous..

    Et en quoi des fonds privés pourraient nuire à une pièce ?

    • Les Chats
      Les Chats répond à raoul le magnifique
      En grève du zèle contre le (...)
      • Posté à 22h10 le 29/04/2008
      • Internaute 24526
        En grève du zèle contre le (...)

      Le privé ne s’intéresse qu’a la rentabilité et certains programmes ont besoin de temps pour s’installer, se faire une réputation en plus les programmes de qualités ne trouvent pas toujours un public assez important faute d’ouverture d’esprit ou de connaissance.
      Un exemple Arte qui est la meilleure chaine de télé ce n’est pas la plus fréquentée.

      Quand on a pas la culture exigeante dans son éducation il faut faire l’effort de se tourner vers la qualité, mais si vous êtes habitué à la qualité vous reconnaissez tout de suite la médiocrité.
      Alors que si vous baignez régulièrement dans la médiocrité, vous passerez à côté de la qualité sans la voir.
      Je ne sais pas si c’est bien clair ce que je dis et si je me fais bien comprendre.

      • raoul le magnifique
        • Posté à 22h29 le 29/04/2008
        • Internaute 38441

        « Un exemple Arte qui est la meilleure chaine de télé ce n’est pas la plus fréquentée. »

        Tout ce qui est rare est cher, or un cheval bon marché est rare, donc un cheval bon marché est cher

        « Quand on a pas la culture exigeante dans son éducation il faut faire l’effort de se tourner vers la qualité, mais si vous êtes habitué à la qualité vous reconnaissez tout de suite la médiocrité. »

        Et ?

        « Alors que si vous baignez régulièrement dans la médiocrité, vous passerez à côté de la qualité sans la voir. »

        euuhh ok...

        « Je ne sais pas si c’est bien clair ce que je dis et si je me fais bien comprendre. »

        Ok, Cimer, bonne nuit à vous...
        alors il me dit... Tout ce qui est rare est cher, or un cheval bon marché est rare, donc un cheval bon marché est cher.....

         
        • A déménagé le 13-10-2012
          • Posté à 22h59 le 29/04/2008
          • Internaute 19357
            non connue

          Mon grand père me disait souvent en me regardant bizarrement « d’un âne on ne fait pas un cheval de course même en lui coupant les oreilles “

          • raoul le magnifique
            • Posté à 23h13 le 29/04/2008
            • Internaute 38441

            Moi ma chienne me disait :
            « L’humour drôle naïf, c’est quand on se fait passer pour un con et que ça fait rire tellement on est con. Généralement, ça marche que quand on est vraiment con. »

          • Les Chats
            Les Chats répond à A déménagé le 13-10-2012
            En grève du zèle contre le (...)
            • Posté à 23h26 le 29/04/2008
            • Internaute 24526
              En grève du zèle contre le (...)

            On lui parle de culture et de savoir il répond dollars.
            C’est sûr que si le privé est vendeur de légumes la culture finira en potage.
            Malgré tout ça me fait penser au souper avec les deux Claude Brasseur et Rich, et le festin de Babette, un délice.

        6 autres commentaires
      • La Marie qui crie
        • Posté à 14h40 le 30/04/2008
        • Internaute 40396

        Pour apprécier le théâte il faut savoir ce que c’est et c’est ce qui manque le plus aujourd’hui.
        Pendant longtemps j’ai cru que le théatre c’était soit Jean Lefevre et Bernard Menez (Au théatre ce soir) soit cette pièce de Racine qu’une prof de lycée nous avait emmenés voir et à laquelle mon cerveau adolescent n’avait rien compris. Entre les deux rien, le gouffre.Mes parents n’ayant ni la culture, ni les moyens nécessaires ne m’y ont jamais emmenée. Lorsque quelqu’un me disait qu’il aimait le théâtre, je prenais peur. Et puis, à la fac, j’ai rencontré des profs vraiment passionnés de théatre qui m’ont expliqué ce que c’était, son historique, ses codes, etc... Et quand j’en ai eu les moyens, j’ai commencé à y aller, en tatonnant et j’y ai pris du plaisir.
        Maintenant que j’ai des enfants, j’essaie de les initier à cet art. Ils sont parfois rétiscents, mais parfois heureux. J’espère qu’il en restera quelque chose dans leur façonnage culturel à venir. En revanche je suis incapable de dire si le spectacle que je vais voir est du théatre public ou privé.

        Losque vous dites : « Quand on a pas la culture exigeante dans son éducation il faut faire l’effort de se tourner vers la qualité » voux oubliez que tout le monde n’a pas les mêmes cartes en main, et qu’il ne faut pas blâmer ceux qui se laissent aller à la facilité. Si personne ne leur montre ou leur ouvre des portes en leur donnant les codes de compréhension, beaucoup passeront à côté de belles choses. Les familles ne le peuvent pas toujours (une place de théâtre coûte cher !), L’éducation nationale fait certainement ce qu’elle peut et le théatre n’est peut-être pas sa priorité, et il ne faut pas trop compter sur les médias pour connaitre les programmations intéressantes. Non seulement il faut faire un effort pour trouver la qualité, mais il faut également savoir qu’elle existe et apprendre à la déceler au milieu de la quatité de soupe que l’on nous sert.

  • Les Chats
    Les Chats
    En grève du zèle contre le (...)
    • Posté à 21h49 le 29/04/2008
    • Internaute 24526
      En grève du zèle contre le (...)

    Faudrait reprendre les tomates bien mûres comme au bon vieux temps !
    Les caméras seraient au moins ravies de temps d’agitation et au moins celle-là porterait ses fruits si j’ose dire.

  • thélonious
    • Posté à 22h11 le 29/04/2008
    • Internaute 11749

    Ca fait trois ans que j’ai cassé ma dernière télé dans un moment de rage salvatrice.

    Je vous jure que c’est facile, tellement facile - et qu’un cervaux moins encombré de ce fatras vulgaire, tout de même, respire mieux.

  • A.V.
    • Posté à 22h11 le 29/04/2008
    • Internaute 24685

    La télé, c’est naze. Les Molières, énième déclinaison du nombrilisme des élites, c’est naze. Alors où est le problème ? Zappez, ne regardez pas la télé, faites l’amour, lisez, surfez, allez prendre un café, allez au cours du soir. Il y a une infinité de choses plus intéressantes à faire.

    • compte supprimé 24
      • Posté à 02h14 le 30/04/2008
      • Internaute 8330

      Ave A.V.

      Pas de télé ; ça fait bizarre de lire des journaux ou la radio qui en parlent tout le temps.

      Comme dans mon trou à sauvages y a que du théâtre chiant ou gros plouc, j’y vais plus depuis vingt ans, l’article et les commentaires deviennent radicalement abstraits.

      Ça fait des petits poèmes à lire tard le soir et c’est joli, surtout avec la pluie, le gros vent, et les grenouilles-taureaux en plein rut printannier, là-bas, tout à-côté du Lot.

      Finalement, on est gagnants.

      • A.V.
        • Posté à 16h23 le 30/04/2008
        • Internaute 24685

        Salut Cyp.
        Tu fais dans le perspectivisme, je vois. Une autre vie en arrière plan, avec le concert de grenouilles par-dessus.
        C’est aussi ça, le privilège du voyageur. Toujours voir les choses sous un autre angle, même quand le voyage est fini.
        On est gagnant quand on a vu autre chose.

         
        • compte supprimé 24
          • Posté à 16h45 le 30/04/2008
          • Internaute 8330

          Hé A.V.

          me fait pas flipper : la voyage, il est pas fini du tout : j’espère bien reprendre la route dès que possible... je me suis pas fait greffer les charentaises, encore : -)

          • A.V.
            • Posté à 17h31 le 30/04/2008
            • Internaute 24685

            Aller simple ? ...

            • compte supprimé 24
              • Posté à 22h23 le 30/04/2008
              • Internaute 8330

              Oui, sans aucun doute : j’ai plusieurs vieux amis guides et accompagnateurs qui sont déjà repartis pour de bon.

              Je fais partie de ceux qui sont nés un quart de Terre trop à l’ouest. Ici je suis un étranger.

    • matrasov
      matrasov répond à A.V.
      • Posté à 15h58 le 30/04/2008
      • Internaute 20420

      merci de nous donner :
      1) la définition des élites
      2) de leur contraire

      comme ça pour comprendre

      • A.V.
        A.V. répond à matrasov
        • Posté à 16h16 le 30/04/2008
        • Internaute 24685

        L’élite, c’est le maître-étalon ; une définition très officielle de la performance. En matière artistique, le concept devient franchement ridicule, mais bon, ça ne tue pas. C’est ça ? ...

    • elle-vessia
      elle-vessia répond à A.V.
      artiste visuelle
      • Posté à 16h55 le 30/04/2008
      • Internaute 15849
        artiste visuelle

      .....Ou allez au théâtre comme moi, mais c’est vrai que ce n’est pas à Paris (salut aux parisiens critiques et autres dont le faiseur de l’article pour Rue 89.... !)
      Eh bien, moi, petite sous-provinciale puisque habitant en Suisse Romande à quelques 35km de notre capitale vaudoise, je vais au théâtre de Vidy à Lausanne : le théâtre au bord de l’eau ayant pour directeur le très français et formidable René Gonzales...
      Alors subventionné ou pas je ne boude pas mon plaisir et essuie quelques fois rudement quelques plâtres . Je pourrais vous en dire des choses sur ce théâtre qui est subventionné par la ville de Lausanne et le canton de Vaud et qui attire une foule très-très nombreuse...
      La liste des comédiens et travailleurs de théâtre serait trop longue : seulement citer Michel Piccoly, Isabelle Huppert et de nombreux et très grands metteurs en scène dont Peter Brook. J’arrête là, je ne veux pas faire trop d’envieux...Seulement une dernière chose : ayez pitié Monsieur-le-Grand-spécialiste-du théâtre des gens qui restent en province et qui finalement découvrent (peut-être) le théâtre grâce à des Molière décernés un lundi soir ....et cessez ce snobisme exclusivement parisien : on ne vous prend plus au sérieux depuis bien-bien longtemps critiques de plume et de tous poils !
      Bonne soirée !

  • A déménagé le 13-10-2012
    • Posté à 22h14 le 29/04/2008
    • Internaute 19357
      non connue

    Ben va y avoir le festival de Cannes ,Cha(ts)badabada ! !

  • oursonne
    • Posté à 22h52 le 29/04/2008
    • Internaute 24615

    Ca m’énerve un peu cette auto-glorification de ceux qui n’aiment pas la télé.. il faudrait la casser,ça rendrait intelligent... Enfin si on peut regarder tard le soir, et choisir, ou enregistrer il y a des trucs vraiment bien.. Moi, par exemple, hier soir, au lieu de regarder les Molière, ceremonie qui m’ennnuyerait, j’en étais sure, j’ai regardé un documentaire passionnant sur un commissariat de Roubaix. Le travail des flics, la vie si difficile de ces gens...C’était bien filmé un vrai bon documentaire.. (et c’etait sur la 3 à 20h40n, en plus ! !)Je n’ai pas cassé ma télé mais il me semble que je me suis couchée moins bête que la veille... Ce soir je vais enregistrer un des meilleurs, et en tout cas son premier film connu que j’ai deja vu, vu,vu et revu, mais que je trouve toujours aussi beau « l’enfance nue ».... Il y a de tout à la télé. On n’est pas obligé de tout regarder, mais ne plus la regarder du tout, c’est aussi rater de très belles choses... Par contre, je fuierai le festival de Cannes à la télé, c’est insupportable, on dirait que c’est un festival consacré à la montée des marches et uniquement ça.... Il vaut mieux se documenter ailleurs et aller voir les films...

    • Les Chats
      Les Chats répond à oursonne
      En grève du zèle contre le (...)
      • Posté à 23h04 le 29/04/2008
      • Internaute 24526
        En grève du zèle contre le (...)

      Bien sûr que la télé peut être un bon outil comme internet d’ailleurs.
      Mais il faut dire que beaucoup ne regardent même pas le programme, ils l’allument c’est tout.

      Voilà un bon site pour les programmes :
      Lien

      Tout le programme TV
      Lien

      et même hier, aujourd’hui, maintenant, ce soir, demain après-demain, toute la semaine et même la semaine prochaine.
      Elle est pas belle la vie ?

      Non ....elle est moche : -))

    • compte supprimé 24
      • Posté à 10h23 le 30/04/2008
      • Internaute 8330

      Gloire à Moi !

      Et salut Oursonne,
      Je me connais suffisamment pour savoir que si je l’avais, je passerai mon temps devant... alors je ne l’ai pas, tout simplement.

    • Gudule
      Gudule répond à oursonne
      • Posté à 20h20 le 30/04/2008
      • Internaute 9720

      Ce qui me gêne principalement dans la téloche, c’est que, outre un robinet à âneries qu’on n’est pas obligé de regarder c’est vrai, c’est une fontaine de pubs.
      Il est tout à fait exact qu’il y a des choses intéressantes à regarder, mais le tri est tellement fastidieux pour un résultat si maigre que j’ai renoncé depuis longtemps.
      Je regarde de temps en temps par la TNT, mais l’objet hideux qu’est la boîte à image n’encombre pas mon logis.

      • compte supprimé 24
        • Posté à 21h16 le 30/04/2008
        • Internaute 8330

        Attention Gudule : ici c’est réservé à des cultureux sérieux. Tu vas te faire mal voir à dire que la télé, ça rend très con.

        Attends, je vais leur sortir une maxime de Michel Serres (un académicien, même d’extraction plouque, ils oseront pas conspuer) :

        « La télé rend con et vieux, le livre jeune et intelligent. »

        (La Dépêche du Midi du 2 janvier 2006)

  • oursonne
    • Posté à 22h53 le 29/04/2008
    • Internaute 24615

    Le film dont je parle plus haut « l’enfance nue » est de Maurice Pialat, bien sur... pardon pour l’oubli.

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