Le Baratin ou le bonheur de vivre à Belleville

Thierry Richard
Chroniqueur
Publié le 13/05/2007 à 10h31


Le Baratin
3, rue Jouye-Rouve
75020 Paris
Téléphone : 01 43 49 39 70 

Alors vous avez faim ? L’appétit en embuscade, la fourchette entre les dents, le carré blanc de la serviette déplié en étendard et le moulin à poivre à portée de main ? Bien, je vous emmène à Belleville, dans le 20ème arrondissement de Paris, au Baratin. Bon, il faut quand même que je vous le livre en confession d’avant-bouche, le Baratin, c’est un de mes endroits préférés à Paris, du bonheur de vivre, boire et manger à l’état pur, de la cuisine pour de vrai.

Alors, oui, bien sûr, on est à Belleville, ne cherchez pas le voiturier, la déco liftée Garcia ou la clientèle du dernier cri. Ici, c’est plutôt ruelle en pente, décor de bistrot des années 30, carrelage en mosaïque, grand comptoir en bois, tout juste quelques grands tableaux en accessoires, les plats et les vins inscrits sur une ardoise démesurée, deux petites salles bien vite remplies de convives turbulents en bras de chemise, aguerris des saveurs et des soifs, désireux de se frotter à la cuisine bienveillante de l’endroit.

Aux commandes du Baratin, on trouve un duo épatant, Raquel Carena, mama argentine, large d’épaule et carrée de la cuisine, pour les solides et Philippe Pinoteau un grand sec aux lunettes de bout du nez, pour les liquides. Car ici, la cave est profonde, l’ardoise sert de faire-valoir bien sûr mais il faut absolument se faire conseiller pour toucher du goulot toutes les trouvailles cachées de l’endroit ! Et au menu alors ça nous dit quoi ? Langue de veau vinaigrette, Poëlée de casserons (gros encornets bretons) à l’huile de Pimenton, Cervelle d’agneau pochée à l’huile de Sicile, Tartare de lieu jaune et langues d’oursins du Morbihan, Joue de Bœuf en estouffade, Tronçons de barbue poêlée à l’huile de citron et courgettes sautées, Agneau de Lait basque rôti, grenaille et épinards, Saint Marcellin fermier et Pudding à l’argentine…

Tout est d’une fraîcheur de jeune fille, d’origines triées sur le volet, et traité avec limpidité, sans esbrouffe de matador des cuisines mais avec le coup de main et la vista de Raquel Carena, ce chef autodidacte qui aujourd’hui régale en catimini, dans son petit bistrot, les plus grands, de Pierre Hermé à Olivier Roellinger.

Et c’est vrai que l’on vient de loin pour s’enthousiasmer de cette cuisine du marché, à l’honnêteté en tête de pont, à la franchise en parade, et tout cela pour une addition qui se tient fermement autour de 30 euros avec un exceptionnel menu du déjeuner à 15. A ce niveau de plaisir là, ça vaut vraiment le coup de traverser Paris et d’affronter un peu de bruit et de fumée, car c’est ça la vie.

Retrouvez les chroniques gastronomiques de Thierry Richard et bien d’autres menus plaisirs sur son blog : Chroniques du Plaisir

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  • Anonyme

    Le problème, c’est d’abord qu’il faut qu’il y ait de la place. Mieux vaut réserver au moins 48h avant...

    Ensuite, il faut accepter l’accueil pour le moins réfrigérant de la personne qui prend les réservations au téléphone.

    Enfin, mieux vaut se plier à ses desiderata :
     » - je voudrais une table pour 20h30 ; c’est possible ? »
    Silence de 3 minutes...
    « - Oui, jusqu’à 22h30.
    - Qu’est-ce que ça veut dire ?
    - Bah, c’est bon jusqu’à 22h30
    - ça veut dire qu’on a deux heures pour manger ?
    - Oui.
    - Non merci. »

    Faut pas abuser, quand même !

    • Anonyme

      pas conviviale donc ;
      en plus de la fumée et des embouteillages,pas de place pour se garer,les agressions des clochards et le désire de faire du chiffre et pas de la clientèle, un vrais baratin quoi.

  • Anonyme
  • Anonyme

    ...

  • Anonyme

    J’ai diné mercredi au Baratin et la qualité a beaucoup baissé ; entrée thon cuit avec des pois chiches sans aucun intérêt, ensuite dos de lieu insipide. Le gag a été total avec une bouteille de côte du Rhône 2006 imbuvable. Le comble dans un bar à vin. Un vin vert et très acide vraiment imbuvable. Et le service est vraiment exécrable.

    Serge

  • Anonyme

    je ne suis pas allé ; mais ça donne pas envie ; apparamment un service qui se la pête ; un attrappage de grosse tête ; tous ça pour de la langue de veau...Beurk

  • Anonyme

    Ah non pitié pas le Baratin, c’est du Baratin ce truc branchouille où on est accueilli comme des manants si on a pas le look qui convient à ces gens là et où des dineurs qui s’y croient vous gâchent le goût de l’assiette par leurs regards hautins. Franchement le Baratin, si vous êtes vraiment d’ici depuis 89, n’y allez surtout pas. Filez donc ailleurs, rue Mélingue ou si vous avez vraiment besoin de branchitude rue du Jourdain, par exemple.

    Au fait comment on fait pour signer ?

    La vieille dame du coin de la rue de Belleville

  • Thierry Richard
    Thierry Richard
    Chroniqueur
    • Posté à 01h04 le 14/05/2007
    • Internaute 2952
      Chroniqueur

    Bon, c’est la loi du genre, l’interactivité et la porte ouverte à tous les sentiments, où le plus souvent seul le négatif s’exprime, mais passons. En tout cas, j’y étais encore la semaine dernière, nous étions 3, nous avons été plus que bien reçus et excellement dîné (oursins, lieu et agneau de lait), bu un vin d’Ardèche inconnu et ébouriffant, et ce plaisir fut à l’unanimité de nos 3 appétits. Maintenant, c’est sûr, la cuisine n’est pas une science exacte, c’est une affaire humaine, parfois des bas, ici très souvent des hauts. Il faut y aller pour en juger et se forger sa propre opinion au bout de la fourchette. Les goûts et les douleurs quoi...

  • Anonyme

    Et bien moi aussi j’aime bien aller au Baratin ! On y mange très bien pour pas très cher et surtout la carte des vins est extra. Et pourtant je ne me sens ni « branchouille », ni « hautin »...

    • xamari61
      • Posté à 22h26 le 30/05/2007
      • Internaute 8712

      30€ pas cher ? , pour du museau,du lieu et des épinard ! ! ? mais ils sont fous ces parisiens d’aimer se faire arnaquer de la sorte ! !
      venez à bauonne et pour 10€ vous avez un menu à vous faire pêter la panse avec le vin et tout et tout ! en plus vous mangez en bord de nive sans la fumée de cigarette et à l’air ! !
      et puis finalement,non,restez à paris et laissez nous en paix

  • Saturnin
    • Posté à 12h25 le 15/05/2007
    • Internaute 4795

    Non, le Baratin n’est pas un restaurant formaté à l’école de la norme parisienne : pas d’accueil obséquieux, pas de chichis bourgeois, pas de menus individuels, pas de ronde des couverts. Juste une assiette, un couteau une fourchette, un verre, et surtout une cuisine excellente, originale, aux ingrédients toujours ultra frais. Je défie quiconque de trouver de la barbue ou du thon aussi frais à Paris. Raquel fait une cuisine qui n’appartient qu’à elle, puissante et délicate, franche et relevée, avec le respect total d’une matière première d’excellente qualité. J’ai dégusté la semaine dernière une pintade d’un moelleux à faire pâlir les apprentis poulets de la rue Rampal... Y a-t-il parfois des moins bien ? Oui, c’est un risque quasi statistique : Raquel fait tous les jours dix ou douze plats originaux ! (et sans atteindre les tarifs des étoilés...)

    Alors oui, nous sommes à Belleville, la rue Jouye-Rouve est moins propre que l’avenue Foch, mais ses sonorités sont plus sympathiques. Faut-il embarquer les quelques clochards à la sortie du métro pour dérouler le tapis rouge ? Comme à Neuilly ? Faut-il choisir des vins désespérément harmonieux pour ne pas risquer le choc de la découverte ?

    Le Baratin et ses amis sont aussi authentiques que peut l’être un quartier qui refuse férocement la banalisation. Il y a souvent un peu de bruit (et de fumée), et alors ?

    Venez vous encanailler à Belleville ! Si vous avez l’esprit et les papilles ouvertes, vous ne le regretterez pas.

    Je ne suis pas branchouille, je me lève tôt, je me couche tard, et le Baratin ressemble un peu à la vraie vie, celle des amis, du temps qu’on laisse passer, du bonheur de la découverte, et pas celle de la fausse sollicitude et des conventions...

    • Anonyme répond à Saturnin

      oh putain ! les journaleux gastronomiques, vous faites un peu peur quand même !
      « Venez vous encanailler à Belleville » « Le Baratin et ses amis sont aussi authentiques que peut l’être un quartier qui refuse férocement la banalisation » « Alors oui, nous sommes à Belleville, la rue Jouye-Rouve est moins propre que l’avenue Foch, mais ses sonorités sont plus sympathiques » ! ! !
      nan, sérieux, vous sortez d’où, les gars ? à vous lire (le ton de l’article est assez semblable), Belleville c’est d’un exotisme délicieux ! sortez de chez vous, arretez de la ramener avec des commentaires à la con, bourrés de clichés et de bons sentiments et laissez nous vivre en paix, à Belleville ou avenue Foch ! merde à la fin.

  • la vigilante
    • Posté à 08h18 le 21/05/2007
    • Internaute 3726

    j’attend de lire ce que vont dire les BOBOS de l’ambiance rue des Envierges (a belleville) depuis que ces C...... ont investis les quartiers populaires tout a changé même la bouffe BEURKK

  • Anonyme

    C’est quoi tous ces délires sur « les clochards », par lesquels j’ose entendre les types nauséabonds armés de boutanches de Villageoise qui vous suivent sur 50m à la sortie du métro pour quémander une misérable piécette... ? Attendez, on parle bien du Baratin à Belleville, là ? C’est pas A Palavra dans un coupe-gorge de São Paulo, nan ? On croit rêver... Vous aimez vous faire peur ? Allez manger au Baratin... à Belleville, brrr... Vous en sortirez peut-être repus, mais pas forcément vivants. Je me gausse ! Que se passera-t-il quand la Goutte d’or et Marx-Dormoy deviendront « hype » ? Rien qu’à lire vos commentaires, et même si la chronique de Thierry Richard m’a mis l’eau à la bouche, j’imagine le genre de faune qui fréquente cet endroit (« bon bien sûr c’est pas l’avenue Foch patati patata », non mais sans blague !) et ça me dégoûte d’y faire un saut gastronomique. Je préfère encore aller bouffer des chicken nuggets au KFC porte de Clignancourt, tiens. A « cuisine bourgeoise », clientèle petite-bourgeoise. Je croyais que Rue89 était un site d’anciens trostkards... ah oui : anciens.

  • Anonyme

    ...juste pour signer le post précédent : Mathieu Cuq, bibliothécaire dans les Yvelines (brrr... les Yvelines...)

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