Fromage et dessert

Gastronomie, alimentation, cuisine, restaurants : tout ce qu'on garde pour la bonne bouche.

Un ingrédient = un resto. Est-ce vraiment une bonne idée ?

Guillemette Faure
Journaliste
Publié le 11/05/2008 à 10h22

Au restaurant Coco & Co, à Paris (DR).

On appelle ça des restaurants à concept. De plus en plus d’établissements organisent leur menu autour d’un plat ou d’un ingrédient. L’œuf pour ce petit restaurant parisien du VIe arrondissement, le risotto dans le XVIIe arrondissement (attention, quand il s’agit de pizza ou de crêpe, on ne parle plus de concept, mais de pizzeria ou de crêperie).

A New York, on en compte toutes sortes d’exemples. On prend un plat ou ingrédient qui, de préférence, appartient à la cuisine populaire et on en multiplie les variations. Cela donne un resto qui sert toutes sortes de riz au lait, un autre qui ne propose que des sandwichs et desserts à base de beurre de cacahuète, un bistrot qui multiplie les variations autour du « macaroni and cheese » , classique de la non-cuisine étudiante. Dernièrement un resto à patates (avec de la patate douce en dessert). C’est justement à New York que l’un des propriétaires d’Orisotto a piqué l’idée pour la ramener en France.

A Paris, Céline Varda a ouvert « Coco & Co » autour de l’œuf. « Il y avait déjà des bars à soupe, des sushis bars, des bars à salade, des bars à mozza… Œuf y avait pas. » Là ils y sont tous : au plat, brouillés, cocotte, meurette ou bénédicte.

Avantage du restaurant à concept : la gestion des stocks. « On est aussi parti de l’idée de ne pas avoir de gâchis. Pour une brasserie qui sert de la viande rouge et du poisson, faut avoir le compas dans l’œil » , quand on fait ses commandes, explique Céline Verda. Là, elle a besoin de 1500 à 2000 œufs par semaine, les listes des autres ingrédients sont revues chaque jour. Orisotto tourne avec environ quatre kilos de riz par jour.

Au restaurant Coco & Co, à Paris (DR).Autre intérêt, l’expertise. Tout comme un article du New York Times expliquait récemment qu’il était plus difficile de progresser dans trois sports simultanément que dans un, le resto à concept permet (théoriquement) de parfaitement maîtriser une discipline. « Un œuf, à quinze secondes près, vous loupez la cuisson » , explique Céline Varda qui a quatre minuteries différentes dans sa cuisine. Christian Aubert, le chef de cuisine d’Orisotto a une base de bouillon commune à partir de laquelle il décline une dizaine de risottos par jour :

« J’ai démarré dans les classiques et je vais me lâcher. Je ne suis pas encore allé dans les extrêmes » , promet-il.

Le risque, pour le restaurateur, c’est un peu de mettre tous ses œufs dans le même panier (pardon). Que deviennent les bars à soupe en été ? La flambée du prix du riz, ça ne leur fait pas peur chez Orisotto ?

« Le riz, c’est pas le bœuf d’Argentine, c’est quand même abordable. On a encore de la marge. »

(On veut bien le croire, le risotto est à quinze euros). A Coco & Co, on demande à Céline Varda si elle n’a pas peur : une étude scientifique pourrait révéler que les œufs font tomber les dents, une épidémie de salmonellose pourrait paniquer les mangeurs d’œufs. Ça ne l’inquiète pas :

« La vache folle, ça n’a pas empêché L’Entrecôte de cartonner. »


Coco & Co. 11, rue Bernard Palissy, 75006 paris - Ouvert mardi au dimanche en journée, et le vendredi soir à partir du 16 mai - Tél. : 01-45-44-02-52.
Orisotto. 5, passage Cardinet, 75017 Paris - Fermé samedi midi, dimanche et lundi soir - Tél. : 01-43-80-84-35.

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  • asozial
    asozial
    Bobo reprazent - aus Berlin.
    • Posté à 10h29 le 11/05/2008
    • Internaute 2273
      Bobo reprazent - aus Berlin.

    Omelette Faure du dimanche...

  • otto didakt
    otto didakt
    citoyen en colère
    • Posté à 10h47 le 11/05/2008
    • Internaute 19852
      citoyen en colère

    et les jours de disette, sandwich au pain !

    • ART MONIKA
      ART MONIKA répond à otto didakt
      • Posté à 11h51 le 11/05/2008
      • Internaute 10855

      Et on mange du « concept » à toutes les sauces, au point d’en faire une indigestion. Symptôme premier : intolérance devant le mot même, avec urticaire géante.

      J’avais découvert un jour le « concept du beignet » vendu sur les plages. Il était servi avec une pince et non avec les doigts du vendeur. Certes, lors de la dépose en cageot des dits beignets avant la vente, d’aucuns mettaient probablement les mains à la pâte, mais le service à la pince, Monseigneur, était quand même un sacré « concept ».

      Il est vrai que comme les cuisines sont devenues des « laboratoires », il est logique que les patates, surtout germées, deviennent des concepts

      • Lohiel
        Lohiel répond à ART MONIKA
        http://twitter.com/Lohiel
        • Posté à 14h40 le 11/05/2008
        • Internaute 38391
          http://twitter.com/Lohiel

        j’ai sursauté aussi une fois que j’étais entrée dans un hypermarché par inadvertance

        « Patisseries préparées dans nos laboratoires ! »

        Et ils s’en vantaient.. ? -_ô

        Alors j’ai regardé la tête des animaux de laboratoire qui m’entouraient... le résultat de l’expérience était édifiant : ils avaient tous l’air tristes et moroses en poussant leur caddies, voire carrément malades.

        Bon, je n’ai pas pu rester trop longtemps, vu que les empilements monstrueux de nourritures et d’objets inutiles m’ont filé une nausée terrible à moi aussi.

        Heureusement, je ne devais pas faire partie du programme de recherche, j’ai pu m’échapper vite fait... sans doute parce que je n’avais pas pris de caddie : le truc ralentisseur-hypnotique doit être dissimulé quelque part dans ce vide à remplir, toujours plus vaste à mesure que les années passent !

        ***

        Sinon, rien à voir mais le litre de lait Bio coûte désormais beaucoup moins cher que le litre d’essence.

        Roulez moins, vous pourrez ainsi vous dispenser d’avaler quelques pesticides superfétatoires et dangereux... Elle est pas belle la vie ?

         
        • Lemmy
          Lemmy répond à Lohiel
          Headbanger since 1980
          • Posté à 02h36 le 12/05/2008
          • Internaute 24508
            Headbanger since 1980

          En boulangerie on parle de fournil.
          En pâtisserie on parle de laboratoire.

          C’est un terme professionnel, n’en soyez pas choqué, cela n’a rien « d’industriel », ni péjoratif. Le petit pâtissier du coin, travail lui aussi dans un « laboratoire ».

        1 autres commentaires
  • patrick du 14-
    patrick du 14-
    de plus en plus naze
    • Posté à 11h05 le 11/05/2008
    • Internaute 40667
      de plus en plus naze

    c’est plutot vieux comme concept , dans une autre vie j’ais connus le resto soufflet au fromage ou tu bouffais que des souflets de l’entrée au dessert , par ex ,
    kek chose me dis qu’aujourdhui on auras bientot tout soja

    • 3880
      3880 répond à patrick du 14-
      ancien étudiant, nouvel employé (...)
      • Posté à 11h47 le 11/05/2008
      • Internaute 3880
        ancien étudiant, nouvel employé (...)

      Je suis trop jeune pour dire que c’est un vieux concept, mais je connais bien McDonald’s. Repas autour du hamburger et du Coca-Cola...

  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor
    - Gone fishing !
    • Posté à 11h14 le 11/05/2008
    • Internaute 12434
      - Gone fishing !

    Effectivement, c’est loin d’être une nouveauté. Il y a très longtemps, je ne sais pas s’il existe encore aujourd’hui, il y avait un restau qui se nommait Boeuf Gros Sel, et je vous laisse deviner le seul plat qui s’y consommait. Y’avait pas de menu, on s’assoyait, on vous demandait pas ce que vous vouliez, on vous l’apportait. Et c’était toujours plein. Et pas cher.

    Pour un restau, c’est l’idéal. Cuisine reduite au minimum, beaucoup moins de pertes, service rapide.

    • otto didakt
      otto didakt répond à Lemmy_Nothor
      citoyen en colère
      • Posté à 12h09 le 11/05/2008
      • Internaute 19852
        citoyen en colère

      et moi j’ai connu « Roger la frite » à Montparnasse :
      frite bien grasse avant mac-do, un avant gout français de la mal-bouffe

      • C-dâv
        C-dâv répond à otto didakt
        • Posté à 19h33 le 11/05/2008
        • Internaute 23444

        Par contre chez « Bebert le roi du couscous “c’était trés correct.

  • Joojo
    • Posté à 11h15 le 11/05/2008
    • Internaute 36506

    15€ le risotto ! ?
    Ca va, on s’emmerde pas. C’est bien ces restos-concepts, on fait payer le plat basique au prix d’un menu.

    • kebra
      kebra répond à Joojo
      Bisounours killa
      • Posté à 12h05 le 11/05/2008
      • Internaute 8550
        Bisounours killa

      Le risotto, un plat basique… Du riz Carnaroli, du Beurre et du Parmesan de montagne et d’été, de la viande, des légumes et de l’os à moelle de première qualité pour le bouillon, un vin blanc ni trop acide, ni trop sucré, des ceps frais du bois, du safran iranien et du bon poivre. Quand mes poches sont légères, j’ai du mal à me payer de quoi cuisiner un bon risotto.

      Si ce resto sert une version Bolino, c’est une arnaque mais pour du vrai, au tarif moyen du 17, c’est juste un peu cher.

      • Joojo
        Joojo répond à kebra
        • Posté à 13h06 le 11/05/2008
        • Internaute 36506

        Oui c’est exact, un véritable risotto n’est pas un plat bon marché.. Donc à vérifier sur place.. J’étais en réalité assez sceptique du système un resto/un plat.. avec le sentiment de venir là bas s’enfiler sa gamelle de riz. Mais bon, j’ai jugé avant d’avoir essayé.

      • in girum
        in girum répond à kebra
        • Posté à 08h51 le 12/05/2008
        • Internaute 8170

        bonjour kebra,
        le risotto c’est un plat de pauvres en italie, comme tous les plats de céréales... on y met ce qu’on a, ce qu’on trouve, des restes. c’est même ça la merveille.
        c’est devenu un plat de luxe ici, c’est dommage. ne vous faites pas enfumer avec le risotto au champagne/homard/truffe, c’est sublime certainement, mais celui que je fais avec une poignée persil plat ou un citron d’italie (le luxe parfumé, juteux, doux, 50 cts pièce au lieu de 40), ça revient à 1.50 euros par pers, et c’est à tomber. les jours de fête, on peut même ajouter persil et citron. pas mal pour ce soir.

         
        • kebra
          kebra répond à in girum
          Bisounours killa
          • Posté à 14h14 le 13/05/2008
          • Internaute 8550
            Bisounours killa

          Salve in Girum,
          En Italie, à ma connaissance, la pasta et le risotto sont partagés par toute la population. Il existe donc des recettes adaptées à toutes les bourses. J’ai mangé mon premier risotto au « champagne », en fait un vin pétillant local, à Milano dans un restaurant qui présentait une carte de riz longue comme le bras et des variations de sauces infinies. C’était le temps des brigades rouges, il y avait deux vigiles armés à l’entrée. Pas vraiment un endroit populaire…

          Je suis d’accord avec le principe des restes, c’est la base du risotto des ménages. On fait des plats croisés. Surtout avec le boillito, on peut manger la viande directement ou comme base de sauce. Les légumes sont trop cuits pour mon goût mais d’autres les mangent, l’os à moelle enveloppé dans un alu percé renferme encore un délice sur un pain grillé aillé. Le jus pas utilisé pour le riz fera une base de zupa avec des mini-pâtes, des asperges sauvages, de l’oseille, de l’ail des ours ou du persil plat, et un reste de parmesan. La croûte va ramollir sur la stuffa. Rien ne se perd. Mais c’est n’est pas le principe d’un restaurant spécialisé, il n’a pas de plat à recycler, enfin j’espère qu’ils ne font pas les poubelles des restos voisins. Comme il m’arrive souvent de ne pas avoir de restes, je fais les courses pour toute la recette.

          Dans ce cas, j’achète de quoi réaliser le risotto tessinois, ma recette préférée. On peut aussi prendre un riso de base, un bouillon cube avec trois os et un oignon, du beurre de cuisine, du cinq étoiles, du safran en sachets, du parmesan déjà gratté et des ceps déshydratés. Je le fais parfois. C’est moins bon. Comme disait Marx, Groucho Marx : « Il y a tellement de choses plus importantes que l’argent, mais il faut tellement d’argent pour les acquérir. »

        1 autres commentaires
    • Les Chats
      Les Chats répond à Joojo
      En grève du zèle contre le (...)
      • Posté à 12h40 le 11/05/2008
      • Internaute 24526
        En grève du zèle contre le (...)

      Mais c’est à Paris Joojo ! Ceci dit manger à moins de 10€ au restaurant je n’en connais pas beaucoup qui font moins que ça, (entrée comprise) j’entends de la bonne cuisine même simple, non industrielle.

      • C-dâv
        C-dâv répond à Les Chats
        • Posté à 19h47 le 11/05/2008
        • Internaute 23444

        Va faire un tour entre les station de métroPyrénnées et Place des fêtes tu verras 1 vingtaine de restos de ce type,mais bon faut s’écarter des artéres (en plus c’est bon pour la digestion) !

    • Les Chats
      Les Chats répond à Joojo
      En grève du zèle contre le (...)
      • Posté à 12h51 le 11/05/2008
      • Internaute 24526
        En grève du zèle contre le (...)

      Lien
      par Jean-Pierre Coffe - le samedi de 12h05 à 13h01

      samedi 10 mai 2008 Le repas le moins cher
      > ça se bouffe pas, ça se mange
      Le repas le moins cher ou comment faire des économies. Retrouvez les recettes proposées par Jean-Pierre Coffe
      Il y a des adresses de très bons restaurants à pas cher.

      Dans cette émission, Coffe pousse une gueulante en disant qu’il faut mettre le smic à 2000€

      • vintage
        vintage répond à Les Chats
        • Posté à 15h40 le 11/05/2008
        • Internaute 7477

        un VRAI révolutionnaire ce Coffe.C’est depuis que Drucker se fait de la pub avec Besancenot ?

         
        • C-dâv
          C-dâv répond à vintage
          • Posté à 19h39 le 11/05/2008
          • Internaute 23444

          Ouaip...Le petit père COFFE noureclyque ses recettes pour pauvres face à BESANCENOT,sous-entendu : si vous ^tes pauvres c’est parceque vous savez pas cuisinner !
          ............allez donc trouver des têtes de poisson et des langues d’agneaux dans les bleds ou le seul distributeur est la grande surface à 25 KM ! ! !

        1 autres commentaires
  • Claude PELLETIER
    Claude PELLETIER
    Retraité dans son jardin
    • Posté à 11h25 le 11/05/2008
    • Internaute 10710
      Retraité dans son jardin

    Je commanderais bien une ration de rice pudding mais je dois être hors périmètre ; et je ne comprends l’appellation Rice to riches. Un jeu de mots ?

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 11h27 le 11/05/2008
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    Je m’interroge sur les dernières tendances qui prévalent dans les restaurants juifs des grandes villes américaines, dont vous ne parlez pas. Naguère, le « plat » unique était un sandwich au pastrami ou au corned beef, très couleur locale et roboratif, mais plutôt bourratif (on s’endormait au bureau pendant la digestion ; je me demande parfois si je me suis jamais réveillé). On pouvait aussi avoir du saumon émincé agrémenté de fromage crémeux particulièrement gras.

    Tout ça doit être hors de prix aujourd’hui. C’est peut-être l’un des facteurs qui expliquent la modestie des restaurateurs que vous citez. Je ne suis guère séduit par leurs « concepts », pourtant.

    Le riz ou les oeufs ne font pas un déjeuner. Je parierais gros que le Chinois (cantonais) au coin de la rue fait mieux.

  • A.V.
    • Posté à 11h31 le 11/05/2008
    • Internaute 24685

    L’ingrédient, dans ce genre de resto, c’est surtout le marketing. Avec quelques pincées de management, et beaucoup de banking en dessert.
    Désolé, les restaurateurs à la mors-moi-le-nœud, mais je ne mange pas de billets de banque.

    • solstice
      solstice répond à A.V.
      pigiste
      • Posté à 11h12 le 13/05/2008
      • Internaute 38451
        pigiste

      C’est vrai et c’est même assez dérangeant : le menu unique à base de riz, c’est l’alimentation de base des pays pauvres. A Madagascar, on mange le riz très chuit et collant au petit déj (oubliez la crème, les cèpes et le parmesan), al dente à midi, à point le soir. Les jours de fête, on y ajoute quelques légumes ou feuilles, rarement de la viande ou du poisson.
      Arriver à faire du frix avec un concept de pauvre, c’est gonflé !
      J’aime beaucoup aller au restau de mon copain Jean-Luc Rabanel (Arles) : pas de menu, pas de carte, les produits (bio) du marché, de saison, de la petite pêche locale...

  • Jana
    Jana
    bretonne en Normandie
    • Posté à 11h38 le 11/05/2008
    • Internaute 13372
      bretonne en Normandie

    Bonjour Guillemette
    votre billet m’a beaucoup intéressée sous divers angles.
    vous écrivez :
    « Avantage du restaurant à concept : la gestion des stocks. “On est aussi parti de l’idée de ne pas avoir de gâchis.”

    à partir de l’oeuf, je me suis dit “allez ma cocotte réfléchis un peu”
    je partage avec vous mes résultats... et ma question :
    Juste avant votre article je venais de lire :
    “Enquête sur une crise alimentaire qui déstabilise la planète ‘
    Lien

    parmi les commentaires, quelques extraits, entre autres :
    Non, mes parents auraient dû me donner moins à manger, je n’aurais rien gâché et cela aurait peut-être aidé les pays les plus pauvres. Qui sait ? En attendant, rappelons-nous avec Sen que si l’homme est responsable de ses malheurs, il peut aussi l’être de son bonheur.’
    Franck Lirzin Lien

    ‘Comment des êtres humains , décideurs politiques, économiques, ou actionnaires, qui se piquent par ailleurs de culture etc. peuvent-ils en arriver à affamer des millions de personnes, et supporter cela ?’
    signé Fantie B
    Lien

    Quels liens concrets, en tant que citoyen d’une planète, faisons nous, entre cette profusion sur les tables, de tout en toutes saisons, d’où que ça puisse venir, à n’importe quel prix, et la ‘crise alimentaire’ ?

    • Bois-Guisbert
      Bois-Guisbert répond à Jana
      Rédacteur
      • Posté à 12h24 le 11/05/2008
      • Internaute 38285
        Rédacteur

      « Quels liens concrets, en tant que citoyen d’une planète, faisons nous, entre cette profusion sur les tables, de tout en toutes saisons, d’où que ça puisse venir, à n’importe quel prix, et la “crise alimentaire” ? »

      En ce qui me concerne, aucun, et je n’éprouve aucune honte à le dire. Je constatais, ce matin, que nous avons, dans notre ménage, six variétés de café, dont de l’Ethiopie, du Guatemala de qualités courantes, du « Captain Cook » d’Hawaï, à 60 € le kilo et du « Blue Mountain » de la Jamaïque à 100 € le kilo, et je pense que cela procède d’une qualité de vie que j’apprécie énormément.

      Il m’arrive de penser qu’un jour, nous ne pourrons peut-être, plus disposer de ces splendides produits, mais alors, il me restera la consolation, non négligeable, d’en avoir pleinement profiter lorsque c’était possible ! C’est vraiment tout ce que m’inspire la « crise alimentaire »...

      • .gwen.
        .gwen. répond à Bois-Guisbert
        anarchiste irreversiblement (...)
        • Posté à 12h57 le 11/05/2008
        • Internaute 29943
          anarchiste irreversiblement (...)

        Une petite precision a propos de la phrase que vous reprenez : le sens de « quels liens faisons nous ? »

        Je pense qu’il s’agit d’etre objectif et de reflechir ensemble a ces eventuels liens et non pas de demander a chacun ce qui les arranges de voir !

        Parce que bien evidemment un certain nombre de personnes profitants de ces liens pourrait refuser de les voirs, de peur que l’on remette en question leurs privileges.

        Alors un petit lien au hasard : les cultures de bio et de cafe de luxe faites dans certain pays le sont au detriment de culture alimentaire de base qui pourrai nourrir les populations locale.

        Vous ne voyer toujours pas de lien ?

         
        • Les Chats
          Les Chats répond à .gwen.
          En grève du zèle contre le (...)
          • Posté à 13h05 le 11/05/2008
          • Internaute 24526
            En grève du zèle contre le (...)

          Juste quelques questions que je me pose :
          ça dépend la proportion des terres utilisées pour ces cultures, je ne vois pas en quoi l’un empêche l’autre ?
          Et c’est quoi un café de luxe ? Un café rare ?

          • .gwen.
            .gwen. répond à Les Chats
            anarchiste irreversiblement (...)
            • Posté à 13h46 le 11/05/2008
            • Internaute 29943
              anarchiste irreversiblement (...)

            Un cafe qui depasse les 60euros le kilo, c’est pas mal comme definition du luxe ! ca fait le paquet de 250gr (format usuel) a 15 euros ! Cependant il est a ce prix la aussi parce qu’il est rare. Le Blue Mountain et le cafe de Haway pousse tous deux sur des iles... tres peu de production mondiale a ce partager entre quelques privilegies !

            La question des proportions est effectivement importante. Je ne dis pas que l’un empeche l’autre, mais l’un a tendance a chasser l’autre.

            La question utile est de savoir la balance entre les importations et les exportations. Si vendre des produits bios chers, peut servir a importer plus de nourriture que l’on pourrai en faire pousser a ces endroits, nourriture qui beneficierai aux populations locales, alors la balance est positive.

            Malheureusement, j’ai entendu dire (je n’ai pas verifie l’info) d’une marocaine, que depuis le developpement du bio a exporter dans les cultures, ils ne trouvaient plus les produits locaux habituels et peu chers et devaient donc acheter des produits importes et plus chers ! (d’ou mon message precedent)

            • Les Chats
              Les Chats répond à .gwen.
              En grève du zèle contre le (...)
              • Posté à 14h36 le 11/05/2008
              • Internaute 24526
                En grève du zèle contre le (...)

              Merci gwen effectivement.
              Personnellement j’achète du café commerce équitable d’Ethiopie. Je ne connais pas les cafés cités ici, dans ma consommation quotidienne je les refuserais même si par curiosité j’aimerai bien en goûter au moins une fois.
              Même si ce n’est pas un aliment vital, on retrouve le même problème pour les civelles, produit français exporté au Japon et la Chine. Hors de prix depuis les exportations en masse à prix d’or. D’ailleurs si ça continue ainsi il n’y en aura plus.
              Il est vrai que les politiques devraient réguler les échanges pour ne pas pénaliser les consommateurs locaux.

            • C-dâv
              C-dâv répond à .gwen.
              • Posté à 19h44 le 11/05/2008
              • Internaute 23444

              Et les Sénégalais exportent des haricots verts,tomates et autres primeurs et importent des poulets chinois ou brésiliens ; malheureusement ils ne trouvent plus leus produits locaux sur leurs marchés car innabordables pour leurs maigres revennus !

        4 autres commentaires
      • Lohiel
        Lohiel répond à Bois-Guisbert
        http://twitter.com/Lohiel
        • Posté à 15h06 le 11/05/2008
        • Internaute 38391
          http://twitter.com/Lohiel

        >>Je constatais, ce matin, que nous avons, dans notre ménage, six variétés de café, dont de l’Ethiopie, du Guatemala de qualités courantes, du « Captain Cook » d’Hawaï, à 60 € le kilo et du « Blue Mountain » de la Jamaïque à 100 € le kilo, et je pense que cela procède d’une qualité de vie que j’apprécie énormément.

        >>C’est vraiment tout ce que m’inspire la « crise alimentaire »...

        Quand j’étais jeunette, j’étais riche aussi, en vendant ma plume à des menteurs sous prétexte de Communication institutionnelle. Quelques années après, en faisant le compte des hypocrisies qu’on m’avait fait écrire, j’ai dit basta.

        Mes clients m’ont dit « on vous regrettera beaucoup, vous avez un sens de la synthèse incroyable »... « Justement » j’ai répondu poliment.

        Et moi je ne les regrette pas DU TOUT, même 20 ans après, devenue beaucoup beaucoup moins riche entretemps, forcément, puisque j’ai choisi d’être honnête... donc je vous souhaite sincèrement que tous ces merveilleux cafés soient gagnés en faisant un travail qui vous permette de ne pas vous mentir insidieusement à vous-même, parce que ça c’est pas bon pour la santé.

        Mais malheureusement, l’abîme d’indifférence qui s’ouvre derrière votre dernière phrase me fait vraiment craindre que vous ne soyez déjà fortement contaminé.

        On va vous envoyer Mouloud et ses neuf potes (*), il saura quoi faire pour vous :))

        (*) voir plus bas

         
        • Les Chats
          Les Chats répond à Lohiel
          En grève du zèle contre le (...)
          • Posté à 17h53 le 11/05/2008
          • Internaute 24526
            En grève du zèle contre le (...)

          Je suis complètement d’accord avec les ex clients, mais je l’ai déjà dit. J’ajouterais que la chute n’est pas mal non plus ; -)

        1 autres commentaires
      • kithy
        kithy répond à Bois-Guisbert
        • Posté à 15h15 le 11/05/2008
        • Internaute 33144

        Dans une des émissions de Y . Calvi sur la crise alimentaire.
        Nicolas Bricas (Chercheur en économie au Centre de coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD)) disait que si nous occidentaux acceptions de modifier un PEU notre alimentation (un peu moins de viande) cela permettrait qu’une grande partie de la production agricole servira à d’autres pays (pour produire des proteines animales il faut une très grande quantité de protéines végétales).
        Cela donne à réfléchir non ?

      • kebra
        kebra répond à Bois-Guisbert
        Bisounours killa
        • Posté à 15h32 le 11/05/2008
        • Internaute 8550
          Bisounours killa

        Il m’arrive de penser qu’un jour, peut-être, nous ne pourrons plus disposer de ces splendides arrogants comme vous, alors, il me restera la consolation, non négligeable, d’en avoir pleinement allumé lorsque c’était possible ! C’est vraiment tout ce que m’inspire votre « crise égocentrique », vous ne seriez pas parent du divin Marquis Mou de la Barre et du robot P5R ?

         
        • Les Chats
          Les Chats répond à kebra
          En grève du zèle contre le (...)
          • Posté à 18h03 le 11/05/2008
          • Internaute 24526
            En grève du zèle contre le (...)

          C’est un rédacteur qui se la joue en mettant bien le prix de chacun de ses cafés, qui ne sont chers que parce qu’ils sont rares, mais pas forcément meilleurs d’après l’explication de gwen.
          C’est méprisant surtout quand on sait qu’ici il y a des gens conscients et responsables qui font des choix intelligents.

        1 autres commentaires
      • Charles Mouloud
        Charles Mouloud répond à Bois-Guisbert
        Bras gauche de la Vénus de (...)
        • Posté à 17h27 le 11/05/2008
        • Internaute 12542
          Bras gauche de la Vénus de (...)

        Bois-Guibert, tu n’es qu’un provocateur !

  • Triquoise
    Triquoise
    rouge de honte
    • Posté à 11h38 le 11/05/2008
    • Internaute 34143
      rouge de honte

    Effectivement pas très novateur. Je connais un restau de forme (chapeau !) héxagonale qui sert un menu unique : soupe à la grimace, pain noir et couleuvres... plus près d’être étiolé qu’étoilé.

  • icedream
    • Posté à 12h21 le 11/05/2008
    • Internaute 39196

    Ce concept n’est pas très novateur. Des milliards de gens se nourrissent d’un ingrédient unique, quand ils ont la chance de le trouver : riz, sorgho, etc.

  • kebra
    kebra
    Bisounours killa
    • Posté à 12h26 le 11/05/2008
    • Internaute 8550
      Bisounours killa

    Je ne suis plus en phase avec le trend gastronomique US. Je ne fréquente pas les States de Bush fils. Cette famille me révulse depuis le cocagate lorsque j’ai compris le rôle de Carlyle et d’Hallyburton. Cf. Docu de France 2 « A qui profite la cocaïne ? » dispo en images pouraves mais son correct.

    J’ai des amis et de la famille, notamment sur les côtes, là où se décident les tendances. Il me parle parfois du concept « small and fresh ». Une restauration sans carte prédéterminée, selon le marché et le jardin, pour quelques tables ou même une dans le prolongement du piano du chef quand on ne fait pas une partie de la cuisine soit-même. Vous avez des informations complémentaires Guillemette ? Ou d’autres évidemment ?

    • vintage
      vintage répond à kebra
      • Posté à 15h47 le 11/05/2008
      • Internaute 7477

      Ca existe depuis très longtemps en France.

    • Jean-Jacques Louis
      • Posté à 18h49 le 11/05/2008
      • Internaute 2277

      J’en ai connu un à Marseille dans les années 70. J’ai oublié le nom. En entrant, on ne savait pas ce qu’ils allaient vous servir mais je n’ai jamais été déçu.
      À la même époque, Alphonse Mounier(Fonfon), au Vallon des Aufes faisait un peu pareil avec le poisson. Sa carte dépendait des arrivages.

      • kebra
        kebra répond à Jean-Jacques Louis
        Bisounours killa
        • Posté à 11h12 le 12/05/2008
        • Internaute 8550
          Bisounours killa

        Merci pour ces réponses. Ma question portait sur les USA où je ne vais pas. J’ai consacré un paragraphe à expliquer pourquoi.. Elle interroge sur une tendance de mode, pas sur des pionniers isolés ou des marginaux. Quand on connaît le gigantisme des concepts américains, le « Small and fresh » serait une révolution à New-York, s’il dépasse le stade expérimental.

        Si on veut parler de la France et d’un temps que les moins de 20ans… Je me souviens d’un restaurant de Menton tenue par une lesbienne qui ne faisait la cuisine, divine, que si votre tronche lui revenait. Il y avait ce chalet près de Valmorel qui servait uniquement le produit du jardin, de la chasse et de la cueillette familiale. Ou Beauduc avec selon les jours la bouillabaisse, la rouille, les télines, la mouclade. Ou le stamtish du Champ du Feu. Non, c’est pas nouveau mais c’est pas la question.

        Vu de l’étranger, les Gaulois même de gauche n’ont rien perdu de leur ethnocentrisme. Faut dire que l’exemple vient du sommet de l’Etat. Vous avez dit rupture ? Comme c’est bizarre !

    • Joojo
      Joojo répond à kebra
      • Posté à 20h41 le 12/05/2008
      • Internaute 36506

      Ca n’a peut être rien à voir, mais ça me rappelle certains restos au japon, et plus particulièrement le kaiseki.

  • Anthropia
    • Posté à 12h34 le 11/05/2008
    • Internaute 17441

    Ce que j’ai compris de l’oeuf, c’est qu’il est impossible de cuire ensemble et le même temps le jaune et le blanc, d’après les doctes études d’Hervé Thiss ( ? !).

    Comment fait donc la cuisinière de coco and co ?

    Lien

  • Lohiel
    Lohiel
    http://twitter.com/Lohiel
    • Posté à 12h38 le 11/05/2008
    • Internaute 38391
      http://twitter.com/Lohiel

    J’ai déniché autrefois dans une vide-grenier un petit ouvrage daté des années 1880 et quelques, qui s’intitulait *La Cuisine pour les Classes populaires et les Garde-malades*
    Alléchée par ce titre burlesque et un prix plus que raisonnable (5 francs), je l’avais acheté.

    Le livre, je ne l’ai plus, je l’ai offert depuis à un collectionneur. Mais je n’oublierai jamais la recette de la *Soupe à l’eau* ! (authentique)

    Très simple : vous faites bouillir une casserole d’eau, vous mettez un peu de sel, de beurre (point trop) - et au moment de servir : quelques morceaux de pain.

    Comme quoi les Classes populaires (et les malades : P) savaient se contenter de peu, en ces temps bénis de révolution industrielle.

    Après tout, avec leur frénésie libérale, là, ils ont dû filer des goûts de luxe aux pauvres, c’est ça l’explication... et maintenant ça va leur retomber sur la tronche et c’est bien fait... ^^

    Quelqu’un pour ouvrir un resto spécialisé dans la Soupe à l’eau ? : P

    • Yifu66
      Yifu66 répond à Lohiel
      • Posté à 12h52 le 11/05/2008
      • Internaute 17698

      Encore aujourd’hui on peut faire simple :

      1L d’eau, 2 cubes de bouillon et 3 poignées de vermicelle font une soupe tout autant nourrissante que bon marché...

      • A.V.
        A.V. répond à Yifu66
        • Posté à 13h27 le 11/05/2008
        • Internaute 24685

        Toi aussi, tu reviens de la Station Spatiale Internationale ? ...

         
        • Lohiel
          Lohiel répond à A.V.
          http://twitter.com/Lohiel
          • Posté à 14h02 le 11/05/2008
          • Internaute 38391
            http://twitter.com/Lohiel

          y’a pas que dans les stations spatiales qu’on apprend à se nourrir de trois fois rien... merci pour la recette du bouillon, ça peut le faire, avec une miche de pain au levain (dont le prix ne sera jamais prohibitif, même s’il illumine un repas là où la baguette industrielle le rend terne et fadasse)

          les homards, je sais plus trop quel goût ça a, mais je me souviens que j’étais pas spécialement plus heureuse aux temps anciens où j’avais les sous pour en manger... d’ailleurs, on pourrait bien les **laisser** là où ils sont, oui (voir plus bas) : vivre leur vie de homards... dans l’eau de la grande bleue :)

          • A.V.
            A.V. répond à Lohiel
            • Posté à 16h06 le 11/05/2008
            • Internaute 24685

            Tu n’insinuerais pas qu’il y a des gens qui crèvent de faim ? ! ... Pourquoi pas des galettes d’argile en Haïti, pendant que tu y es ? !

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