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Le décryptage des relations entre politique, communication et société, par Jean-Philippe Roy, maître de conférences de science politique à l'université François-Rabelais de Tours.

Un conflit ouvert entre Sarkozy et le Parlement n'est plus à exclure

Jean-Philippe Roy
Politologue
Publié le 20/05/2008 à 17h03

La récente déconvenue subie par le gouvernement, lors de la discussion parlementaire sur le projet de loi OGM illustre de façon remarquable l’évolution politique qui est à l’œuvre devant nos yeux : le renforcement du rapport de force Président-Assemblée. Et ce, pour trois raisons.


On confond en général, les qualificatifs « présidentiel » et « présidentialiste » à propos du régime. Le premier signifie « séparation stricte des pouvoirs exécutif et législatif », c’est-à-dire que l’un et l’autre peuvent aller au conflit. C’est-à-dire encore que le Parlement peut « avoir le dessus » sur le Président. Autrement dit, dans un contexte de rapport de force, l’exécutif (le Président ou le gouvernement) est obligé de tenir compte de l’avis de la majorité parlementaire, sinon il peut y avoir blocage d’un projet de loi.

A l’inverse, quand on parle de régime « présidentialiste », on parle, la plupart du temps, d’une pratique des institutions par le Président qui génère une confusion des pouvoirs à son propre profit. En France, depuis 1958, cette pratique présidentialiste est une constante, et ce, d’autant plus que le Général De Gaulle l’a inscrite, noir sur blanc, dans la Constitution. En son temps, un opposant notoire écrivit un remarquable pamphlet, « Le Coup d’Etat permanent », mais, une fois arrivé à l’Elysée, François Mitterrand (puisque c’est de lui qu’il s’agit) utilisa ce déséquilibre « autorisé par la Constitution ».


En 2000, la réforme constitutionnelle instituant le quinquennat provoque une durée identique du mandat présidentiel et du mandat parlementaire à l’Assemblée nationale : cinq ans. De plus, tout est fait, sauf situation très exceptionnelle, pour que les deux mandats soient synchrones (les élections législatives suivant l’élection présidentielle, les risques de cohabitation sont très peu probables). Ce raidissement du système institutionnel a supprimé une certaine respiration démocratique.

Il en résulte deux conséquences : les français se servent désormais des élections locales pour inventer une sorte de cohabitation entre pouvoir central et pouvoirs décentralisés (régionales-cantonales de 2004, municipales-cantonales de 2008) ; face à un pouvoir exécutif où le Président assume une prééminence presque exclusive, la majorité UMP se sent obligée de rappeler qu’elle est peut-être un instrument, mais un instrument qui compte.


L’actuel projet de réforme constitutionnelle semble aller dans le sens d’une évolution à la fois présidentielle et présidentialiste du régime. On peut prendre à cet égard deux symboles. Actuellement l’exécutif peut poser la question de confiance (article 49-3 de la Constitution). Si aucune motion de censure n’est déposée contre lui, le texte de loi est adopté sans vote. Autrement dit, l’exécutif peut passer outre le pouvoir d’amendement du parlement. Tout texte peut être l’objet de cette procédure, quel que soit le sujet concerné. Dans le projet de loi constitutionnelle, il est envisagé de limiter essentiellement ce recours à la discussion budgétaire. Hors ce domaine, l’exécutif sera contraint de composer avec les députés.

Autre réforme symbolique : le fameux droit, que souhaite Nicolas Sarkozy, d’aller s’exprimer devant le Parlement. Actuellement, le Président ne peut pas s’exprimer directement, il demande au président de l’Assemblée de lire son message. Or ce pouvoir d’être face-à-face n’est pas que symbolique, il organise un dispositif de communication. Aucune discussion ne pourra être organisée après le discours du Président, en sa présence. La relativisation du discours présidentielle est donc refusée. La mise en scène de l’humiliation parlementaire est ainsi ritualisée.

A tendre une corde, il arrive qu’elle rompe. Comme le souligne Jean-Jacques Urvoas dans sa récente note à la Fondation Jean-Jaurès, il conviendrait de bien réfléchir à cela, car si la politique est le meilleur moyen d’éviter la guerre civile, le conflit (ici très déséquilibré) qu’elle ritualise n’est en aucune manière une affaire d’enfants de chœur !

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  • cowboysolitaire
    cowboysolitaire répond à moré
    doctorant
    • Posté à 00h08 le 21/05/2008
    • Internaute 31738
      doctorant

    C’est loin d’être sûr, en tout cas à l’heure actuelle : si sarko était amené à dissoudre l’assemblée il aurait beaucoup de mal à obtenir une nouvelle majorité. Si le conflit éclatait réellement avec les parlementaires jusqu’à une motion de censure, il formerait un autre super gouvernement d’ouverture et s’en tiendrait surement à un style et à des méthodes plus consensuelles(surement pour le même résultat).Il n’est pas dans l’obligation de provoquer des élections. Vu le personnage je le vois mal prendre le risque de se retrouver réduit au rôle secondaire du Président de cohabitation...

  • Jean-Philippe Roy
    Jean-Philippe Roy répond à Network 23
    Politologue
    • Posté à 13h58 le 21/05/2008
    • Internaute 36819
      Politologue

    Je ne sais pas si c’est un lapsus de votre part, mais l’expression « motion de confiance » est très intéressante.
    Les termes exacts employés par les constitutionnalistes sont soit « motion de censure », soit « question de confiance ». Une motion de censure a normalement un but : censurer le gouvernement, c’est - à - dire « le renvoyer dans ses foyers », c’est - à dire encore, l’acculer à la démission. Une question de confiance, revient à dire : attention si vous votez la censure, c’est l’instabilité ! Autrement dit le gouvernement agite le chiffon rouge du désordre, de la peur, du risque, etc...
    Qu’est ce que pourrait être une « motion de confiance » : peut - être quelque chose comme une « déclaration d’amour des parlementaires à leur exécutif chéri ! Voila une nouvelle figure constitutionnelle originale... mais à mon avis inquiétante pour la santé démocratique du pays.

  • kebra
    kebra
    Bisounours killa
    • Posté à 17h41 le 20/05/2008
    • Internaute 8550
      Bisounours killa

    Moi, je suis en conflit ouvert avec NAN Naboléon Soleil (voir autres posts)...

    Un excellent ami viens de me poster ce clip de Tum Sally. « casse-toi, pauvre con ». daté de mars 08.

    Lien

    J’ai fait une recherche sur Tum Sally sur le moteur de la Rue et rien. Il faut faire tourner ce clip, c’est une question de bon goût et de salubrité publique.

    • sinclair
      sinclair répond à kebra
      • Posté à 18h22 le 20/05/2008
      • Internaute 2580

      Ce clip a été vu par a peu prés tout le monde en son temps (c’est fou comme le temps passe). Il est toujours visible sur Youtube ou on trouvera pour égayer les jours pluvieux plusieurs clip tout autant réel. Soit
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  • Coldo
    Coldo
    pas là
    • Posté à 17h44 le 20/05/2008
    • Internaute 40715
      pas là

    Aujourd’hui, quand le Président de l’Assemblée Nationale lit un message du Président de la République devant les députés, ceux-ci doivent se mettre debout pour l’écouter.
    Vous pensez vraiment que le fait que le Président de la République vienne lui-même directement s’adresser au parlement représente une humiliation ? ...

    Pour le reste, l’auteur dit lui-même que cette réforme renforce les pouvoirs du parlement (limitation du 49.3). Comment pouvez-vous dans ce cas continuer à dire que Sarko veut concentrer tous les pouvoirs, qu’il est néo-bonapartiste etc...

    • Gigiss
      Gigiss répond à Coldo
      Etudiant
      • Posté à 17h54 le 20/05/2008
      • Internaute 40965
        Etudiant

      Oui cela représente une humiliation du parlement et des députés puisque la séparation des pouvoirs est alors plus du tout respecté. Dejà qu’elle ne l’est pas beaucoup respecté, ça serait, en plus, une humiliation symbolique...

    • daryo
      daryo répond à Coldo
      Juriste
      • Posté à 18h01 le 20/05/2008
      • Expert 37402
        Juriste

      Ce n’est pas parce que l’auteur de la réforme nous dit qu’elle renforce les pouvoirs du parlement que c’est le cas (ou alors à ce compte là, la rétention de sûreté avait pour but de lutter contre la récidive et surtout pas de visé purement démagogique).

      Il y a ceux qui écoutent et ceux qui se documentent.

      Lien

      • qu’elle ne donne que des miettes d’autonomie au parlement, en compensation d’une disposition impensable dans une démocratie moderne, le droit pour l’exécutif de prendre la parole devant le parlement, un ultime sacrifice de la séparation des pouvoirs…

      • …sur l’autel d’une présidence renforcé et omnisciente (on parlais même de donner au président le peu de pouvoir de décision qu’avait conservé le premier ministre en matière de politique étrangère), et donc néo-bonapartiste (au sens « consulat » du terme)

      Je crois d’ailleurs savoir que le gardien de ladite constitution (et fils de son rédacteur) est farouchement opposé, en l’état, à la réforme, tout comme son frérot qui est député UMP.

      • Jean-Philippe Roy
        Jean-Philippe Roy répond à daryo
        Politologue
        • Posté à 14h03 le 21/05/2008
        • Internaute 36819
          Politologue

        Oui, mais le le « frérot » Jean - Louis est chiraquien et surtout Président du Conseil constitutionnel. A ce titre il ne peut pas parler (obligation de réserve). Le frérot Bernard est en conflit permanent pour exister politiquement à Paris. Donc tout ça n’aide pas à trouver de ces deux cotés là une exégèse pertinente et libre de la constitution pensée par le papa (Michel) !

  • Bebert Cassandre
    • Posté à 17h49 le 20/05/2008
    • Internaute 11910

    Le parlementarisme est mort depuis bien longtemps. Nombre de députés, qu’ils soient de gauche ou de droite, ne doivent leur élection qu’au parti qui les soutient. Ils ne mordront donc pas la main qui leur donne à manger, même si parfois ils sont tentés de le faire. En ce qui concerne les députés de la majorité présidentielle, une fois rentrés dans leurs circonscriptions, plus couillons que jamais, ils en sont réduit à justifier l’injustifiable auprès de leurs électeurs tout en priant que ceux ci oublieront lors des prochaines législatives. Alors modifier la constitution n’a vraiment pas de sens, c’est juste un effet d’annonce. Là haut, on amuse le bon peuple, ça ne mange pas de pain. Voilà ce qu’aurait pu écrire Monsieur ROY... C’est concis, vite lu et aisé à comprendre.

  • thierry reboud
    • Posté à 18h00 le 20/05/2008
    • Internaute 20923

    Alors que cela fait des lustres qu’on nous serine avec des volontés (diverses et diversement crédibles) tendant à revaloriser le Parlement, il serait tout de même temps que les parlementaires se rendent compte qu’ils sont les mieux placés pour mener à bien cette revalorisation.
    Que les parlementaires utilisent leurs pouvoirs ; quant à nous, nous les jugerons sur leurs oeuvres.

    • Bebert Cassandre
      • Posté à 18h29 le 20/05/2008
      • Internaute 11910

      @ Thierry Reboud
      Mais de quels pouvoirs parlez vous ?
      Les parlementaires ne représentent que le parti qui les investi ! Et cela depuis longtemps. Ils sont aux ordres ! Merdre ! Ils sont dans la carrière et n’ont guère envie de la quitter ! Le parlement n’est qu’un théâtre où certain ne vont que pour rattraper leur retard de sommeil.
      Leur seul objectif : Durer.

      • thierry reboud
        • Posté à 18h49 le 20/05/2008
        • Internaute 20923

        Bonsoir Bébert.

        Ben voilà, ça veut juste dire que nous ne sommes pas d’accord sur ce point.

        Je suis persuadé que la plupart des parlementaires le sont parce qu’ils croient qu’ils peuvent être utiles. Quand bien même ils se contenteraient de représenter leurs partis, ils croient que leur parti est utile. Je ne souscris pas à la thématique du « Tous pourris ».

        Qu’ils puissent faire mieux, sans doute. Mais leurs pouvoirs existent, ce que du reste nous constatons in vivo avec l’affaire de la révision constitutionnelle (qui semble devoir être au moins retardé parce que le résultat d’un vote serait trop incertain).

         
        • Bebert Cassandre
          • Posté à 19h04 le 20/05/2008
          • Internaute 11910

          @Thierry
          « Tous pourris ! » Je ne l’ai pas pensé un seul instant en écrivant mon post. Et je n’y crois pas plus que ça. Je crois seulement qu’ils sont broyés par une machine qu’ils ne contrôlent plus. Mais ayant goûté aux plaisirs que génère la fonction, ils se laissent aller aux plaisirs qu’elle induit. Je n’ai aucune foi en l’homme, pour tout dire, peut-être parce que j’ai appris,à mes dépens, qu’il est capable de se vendre au plus offrant, même si le prix est dérisoire.

          • letsgonice
            • Posté à 22h02 le 20/05/2008
            • Internaute 24293

            Et même si le prix était « déSiRoire », je connais l’homme capable d’y résister ! Ne vous laissez pas incliner à penser que le prix en vaudrait toute chandelle...

            • Bebert Cassandre
              • Posté à 22h16 le 20/05/2008
              • Internaute 11910

              Illusion, tout n’est qu’illusion. Mais je ne puis vous empêcher de rêver, si tel est votre lot.

        3 autres commentaires
    • zorbec
      zorbec répond à thierry reboud
      retraité
      • Posté à 18h54 le 20/05/2008
      • Internaute 9945
        retraité

      Cette constitution que j’avais violemment combattue en 1958 portait en elle les germes des conflits comme celui que nous sommes en train de vivre sans pouvoir intervenir et l’attitude des députés d’alors (les « godillots »)n’a pas évoluée ; toutefois elle a supportée 3 cohabitations sans trop de problème,mais personne ,je dis bien personne,ne pouvait imaginer que le président puisse etre l’huluberlu qui a été élu en
      2007 et qui plus est démocratiquement ! on pourra toujours s’en prendre aux députés,mais que dire de ceux qui les ont élus ! ! !

  • kebra
    kebra
    Bisounours killa
    • Posté à 18h06 le 20/05/2008
    • Internaute 8550
      Bisounours killa

    A visiter d’urgence, la page My space de Tum Sally avec le nouveau clip « J’ai Changé »

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    Jamais un Leader Maximo de notre pays n’a déclenché une telle fronde artistique à la base. Nicolas Pricen va faire un burn-out, tant mieux !

    P.S : J’arrive un peu tard sur ce sujet mais quelques montagnes me sépare du buzz français et je n’avais plus Internet pendant des mois.

  • Network 23
    Network 23
    identité perdue dans mes papiers (...)
    • Posté à 18h08 le 20/05/2008
    • Internaute 23367
      identité perdue dans mes papiers (...)

    On lira avec intérêt l’article de Arturo Valenzuela arguant en faveur du parlementarisme pour stabiliser les régimes, et mettant en contraste le modèle français et le modèle portugais :

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  • Triquoise
    Triquoise
    rouge de honte
    • Posté à 18h11 le 20/05/2008
    • Internaute 34143
      rouge de honte

    Pas mieux que bébert.

    En parlant d’humiliation et de rapport de force, dites-moi si je me trompe, mais il me semble que le prochain vote OGM doit être solennel, ce qui signifie qu’il est nominatif ? ... compte tenu de la personnalité du chef, il va leur falloir du matériel en acier trempé dans pantalon. Je doute qu’ils l’aient.

  • alfred le distrait
    • Posté à 18h18 le 20/05/2008
    • Internaute 28909

    Marre du rafistolage de la Constitution ! on voit ce que ça donne : un régime bonapartiste inefficace et coûteux ! une usine à gaz, et au prix du gaz c’est indécent...
    Le mieux c’est de s’en servir une dernière fois avec l’Art68 Titre IX et destituer le Président, puis dans la foulée élire une constituante et passer à une autre République...

    • sefero49
      sefero49 répond à alfred le distrait
      Soldat mugissant
      • Posté à 18h09 le 21/05/2008
      • Internaute 12260
        Soldat mugissant

      Pourquoi ne pas envisager de passer à « La » République tout simplement ?
      Depuis bien longtemps, elle n’existe plus en France.

  • quetzal2012
    quetzal2012
    enseignant précaire
    • Posté à 18h18 le 20/05/2008
    • Expert 26736
      enseignant précaire

    Cet article tire au clair les enjeux de la manne politique qui est à l’oeuvre en ce moment, on vous l’avait bien dit qu’on le voyait... le mur !

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    • Jean-Philippe Roy
      Jean-Philippe Roy répond à quetzal2012
      Politologue
      • Posté à 14h07 le 21/05/2008
      • Internaute 36819
        Politologue

      Je me demande si une nouvelle figure de communication (ou de patinage artisitique) politique n’est pas en train de s’inventer : foncer dans le mur, mais en klaxonnant pour bien montrer ce qu’on fait !

  • papiper
    papiper
    instit retraité
    • Posté à 18h39 le 20/05/2008
    • Internaute 24393
      instit retraité

    Compte tenu du fait que M. Sarkosy ne semble pas posséder une culture et un bagage intellectuel d’une grande envergure. Ce qui pour un chef d’Etat, bien sûr , peut s’avérer une grande faiblesse.
    Compte tenu de son entourage et des conseillers qui semblent tirer les ficelles (atlantisme, afaires religieuses, éducation nationale etc,etc...et agiter des chiffons rouges devant le bon peuple déconcerté.
    Compte tenu du caractère, disons quelque peu spontané du personnage...Je crois que nous pouvons émettre de fortes craintes pour notre avenir.

  • yabounet
    yabounet
    parasite malgré lui
    • Posté à 18h45 le 20/05/2008
    • Internaute 41869
      parasite malgré lui

    La réduction du mandat présidentiel et sa correspondance avec le temps parlementaire ont vu arriver un Président qui veut gouverner. En cas de crise, NS ne pourra virer le premier ministre, fusible traditionnel, puisque celui ci ne sert à rien, il ne gouverne pas. Un remaniement ministériel renforcera les rancoeurs, et n’arrangera rien. Reste la dissolution ou la démission... Dissoudre c’est soit se tirer une balle dans le pied, soit en cas de recherche d’ordre et de sécurité redessiner le paysage politique qui a amener à l’actuelle majorité. C’est bien la manière dont l’Elysée conçoit son rôle qui pose problème...

  • TARPON
    • Posté à 19h21 le 20/05/2008
    • Internaute 27263

    Sarkozy a lui meme tissé la toile qui devrait peu à peu en faire un inauguraeur de chrysanthemes .En ce moment ,les deputes tatent gentiment le terrain en faisant le vote buissonnier mais ne serait ce pas un galop d’essai avant de repousser une nouvelle constitution.Le camouflet serait mortel pour un president qui n’aurait plus qu’à suivre l’exemple d’un de Gaulle ,demissionner.Qui s’en plaindrait ?

  • Servais-Jean
    • Posté à 20h00 le 20/05/2008
    • Internaute 4591
      43

    dupontlajoie
    Du calme, du calme ! Si Devedjan a ouvert son bec c’est qu’On lui avait dit de le faire pour amuser la galerie.
    Mais il n’est pas interdit de rêver.

  • Papapenu
    Papapenu
    niakue en vadrouille
    • Posté à 20h12 le 20/05/2008
    • Internaute 29028
      niakue en vadrouille

    Un conflit en plus a rajouter a celui qui est sur le point d’exploser en Polynesie

    Merci de votre visite notre forum

    Lien

  • Taclol
    • Posté à 20h36 le 20/05/2008
    • Internaute 23341

    Bon, excusez-moi, en tant que prof : plutôt enfants de choeur (celui de l’église).
    A part ça, je trouve que les socialistes, pour une fois qu’ils ont voix au chapitre (ce qui est encore mieux que de chanter au choeur), feraient bien d’exiger le plus de concessions possibles pour que la réforme soit vraiment dans le sens de la démocratie. La démocratie, à mon avis, n’est pas vraiment la tasse de thé de Sarkozy, son gouvernement et son parti.

  • vero87
    • Posté à 20h36 le 20/05/2008
    • Internaute 40938

    Devedjian a dit, car en service commandé pour un ballon d« essai . puis le president crie “non non ! longue vie à la durée légale du travail” et le peuple de se rassurer : heureusement qu’il est là ,il a quand meme le pouvoir d’arreter les ultralibéraux ! ouf !
    et ds quelques temps -pas tres lointain- face à une conjoncture déplorable comme elle le sera on sera OBLIGE de supprimer ces trentecinq heures ; oui mais ....notre cher président se targuera de les avoir défendues jusqu’aux limites du possible !
    et devedjian dira ...... et ils diront ...“longue vie à l’UMP !

  • Bernard Girard
    Bernard Girard
    Enseignant blogueur
    • Posté à 20h37 le 20/05/2008
    • Expert 31637
      Enseignant blogueur

    On dit enfant de choeur, pas enfant de coeur...

    • Lairderien
      • Posté à 22h22 le 20/05/2008
      • Internaute 22751

      Ah mon brave, la culture catholique se délite de plus en plus ! ! Diable, confondre le choeur et le coeur, mais c’est un péché, ça ! ! !

  • Amococadix
    • Posté à 22h20 le 20/05/2008
    • Internaute 32177

    enfants de CHOEUR monsieur Roy !
    mais je chipotte, article très intéressant.

    • Jean-Philippe Roy
      Jean-Philippe Roy répond à Amococadix
      Politologue
      • Posté à 22h43 le 20/05/2008
      • Internaute 36819
        Politologue

      Oui, vous avez raison, je fais amende honorable, d’autant plus que le propre des politiques n’est pas de pousser la chansonnette. Sauf chez Drucker, parfois...
      Sensible à la rigueur stylistique et sémantique, n’hésitez pas quand mon stylo s’emballe !
      Amitiés.

  • remi86
    remi86
    le croquant ...du poitou
    • Posté à 22h31 le 20/05/2008
    • Internaute 16070
      le croquant ...du poitou

    Bonne gens ! la rue ,le revolte n est plus de mise ! les pavé sous la plage , d’un autre temps ! Ce qu’a bien compris l ump ! reste la loi ,les textes ! si quelques petits malins ( dont je ne fais pas partie aurait l obligeance de les arreter dans leur furies du pouvoirs ,de l argent , des l obbings ! de de ...) je suis preneur !
    La rue desolé c est fini et ils l ont bien compris ! ces cons de l ump....

    • kebra
      kebra répond à remi86
      Bisounours killa
      • Posté à 22h58 le 20/05/2008
      • Internaute 8550
        Bisounours killa

      Je reposte ce commentaire dans ce fil car l’avis d’un politologue m’intéresse au plus haut point. (désolé pour la répétition)

      Quand j’entends le mot grève générale, j’ai le sketch de Coluche sur les syndicats qui se charge dans ma mémoire vive. J’ai aussi un flashback de ces derniers projets, dont un issu d’un autre sketch, « Il suffirait qu’on ne l’achète plus pour que cela ne se vende plus. », Il voulait organiser une grève de la consommation pour faire baisser les prix des produits et services essentiels. Associé à son projet de « Toits du cœur », vous obtenez un putain de camion. Je suis un citoyen de base, je prends moins de risque à reprendre le flambeau.

      On ne peut pas gagner une grève spontanée de la consommation et un happening genre 68 a peu de chance de se reproduire, même dans le contexte actuel. Je souhaite que la mayonnaise prenne à partir de jeudi et que Notre Altesse Nullissime, Naboléon Soleil, notre monarque « républicain » qui flambe 24 milliards 852 millions de sous pour six mois de fêtes alors que « les caisses sont vides » Il faut aussi prévoir l’échec et la poursuite du mouvement.

      Le concept de Coluche et de bien d’autres moins emblématique en France est bon mais trop sommaire. Je propose une évolution que j’ai appelée : Le Siège.

      Le siège est une organisation informelle. Son objectif est d’obtenir par la grève de la consommation des états généraux avec cahiers de doléances et élections de délégués pour une assemblée constituante de la sixième république.

      Le groupe d’initiateurs en direction collégiale affine la stratégie et regroupe les informations en provenance des autres mailles de la chaîne, il devra prendre la décision d’avancer dans le protocole du siège et faire circuler l’information de manière fiable. Chacun des membres doit former une cellule de réflexion et d’action de deux membres de préférence d’origines géographiques différentes, un objectif raisonnable. A la fin de ce processus, toutes les régions doivent avoir un membre du siège soit dans la collégiale, soit dans le comité national. Cette direction cherche l’anonymat (pseudos) et ne communique pas vers les médias ou les autres organisations.

      Puis ce processus de recrutement direct et discret doit se diviser des régions aux départements, puis au circonscriptions et enfin aux quartiers. Toujours le même principe, chaque membre du siège s’engage à recruter à son niveau deux nouveaux qui feront de même vers le bas jusqu’à la base de la pyramide. C’est la phase verte. Lorsque la pyramide est assez large, le siège se resserre.

      Chaque membre doit discrètement et insidieusement stocker, hormis les denrées périssables, ou s’organiser pour autoproduire de quoi vivre pendant trois semaines, la durée d’une grève en France selon Coluche. Quand il est prêt, il informe son référent supérieur et relance les autres membres de sa triade pour se hâter sans se presser. L’injection de l’argent de nos réserves doit être douce pour éviter que nos adversaires ne fassent trop de réserves financières. Il y aura déjà des fuites. C’est la phase orange.

      Quand toute la France passe à l’orange, la collégiale lance l’alerte rouge : achetez- des titres de transports en avance, rechargez les unités des téléphones, réglez vos factures prévisibles avec un excédent d’un mois, stockez les denrées périssables indispensables et le carburant… Le siège va débuter sous quinze jours. Quand le rouge est mis, les VIPs qui auront rejoins le siège font leur outing dans le cadre de leur travail habituel, pas de conférence de presse, pas de manif…le buzz se fera tout seul. Le siège commence. Continuez votre vie quotidienne mais n’achetez plus rien. Et restez le plus longtemps possible dans la légalité.

      Premier semaine, action individuelle avec un badge de Coluche et un panier ou un caddie vide selon la taille du ou des magasins de votre choix. Pas de slogan, pas de violence, pas de mégaphone. Du travail individuel, convaincre de rejoindre le mouvement et plier pour rebondir en cas d’intervention de vigiles ou de keufs. Deuxième semaine, regroupement des triades en fonction des disponibilités pour des barrages filtrants autour des centres et des secteurs commerciaux. Le panier vide et le badge de Coluche comme seuls instruments de campagne et toujours le contact individuel mais en masse. Troisième semaine rassemblement sur les places symbolique de chaque commune des paniers et des caddies vides et concert de casserole.

      Après la troisième semaine, le temps d’une grève en France selon la théorie de Coluche, deux hypothèses : Echec total et fin du siège mais pas de perte de salaire ou de sanctions civiles et pénales à assumer. Victoire et début des états généraux. Si la mobilisation est forte sans victoire, la réquisition populaire deviendra légitime.

      • Comptesuple18octàlademandeduriverain
        Comptesuple18octàlademandeduriverain répond à kebra
        bavureux mais pas ripoux !
        • Posté à 01h39 le 21/05/2008
        • Internaute 40656
          bavureux mais pas ripoux !

        Tout à fait d ’ accord , Kebra ! mais quand on essaie de lancer ce genre d ’action ça ne prend pas. Nous ( les RG) sommes en train de créer un Fonds national de Solidarité Citoyenne qui pourrait aider ce genre d’ action .Mais on n’y croit pas tellement , on fait ça pour notre intégrité perso. Envoie ton texte à Construire un Monde Solidaire , ça peut les intéresser ... et à « Là-bas si j’ y suis “ sur France Inter : radio et blog.

         
        • kebra
          kebra répond à Comptesuple18octàlademandeduriverain
          Bisounours killa
          • Posté à 13h32 le 21/05/2008
          • Internaute 8550
            Bisounours killa

          Bonjour les RG,

          Merci du soutien à ce concept. Venant de copains qui sont dans l’action quotidienne, cela me colle du baume au cœur. Merci aussi pour les suggestions de sites, je fais tourner. Je n’ai pas encore testé ce texte sur les anciens de Fauchons chez Fauchon, ni sur la jeune garde, j’espère qu’ils vont apprécier.

          J’ai posté sous cet article car le Siège n’a qu’une ligne politique et elle est constitutionnelle. Puisque tous les partis ou presque nous gonflent avec de la pseudo démocratie participative et des promesses de co-gestion des affaires publiques et professionnelles, prenons-les aux mots ! Assez de rafistolage de la monarchie présidentielle, exigeons la réunion des Etats Généraux de France pour élaborer une sixième république. Cela ne devrait pas coûter beaucoup plus que les 190 millions d’euros du flambeur.

          Je sais bien que les RG et d’autres proposent régulièrement ce genre de plan et que cela ne sort jamais d’un cercle d’initiés. Dans notre monde de plaisirs faciles et immédiats, de formatage de la pensée et des réflexes, de dépendance et de pulsions, Le Siège a bien peu de chances d’exister, il demande beaucoup d’effort par rapport au résultat escompté. Les Français ont perdu l’envie de changer la vie, ils sont redevenus les rois du système D comme sous l’Occupation. Mais l’oppression de l’apartheid social devient chaque jour plus forte et NAN Naboléon Soleil peut cristalliser les électrons libres de la révolte et attirer enfin les masses dans un mouvement radical mais non violent.

          J’ai ressorti le mode opératoire des premiers réseaux de la résistance en France pétainiste, une situation assez proche de notre soft goulag actuel. Pseudos, direction collégiale clandestine, recrutement par cooptation, triades qui forment des cellules à géométrie variable, pas de communication officielle, une planification militaire…

          Pour la figure emblématique du mouvement, un mort est plus facile à gérer qu’un vivant, il ne risque pas la crise égocentrique. Avec After effect et Pro Tools Coluche reparle, il est un des seuls « prophète » français du 20ème siècle encore très bankable. Pour les instruments de propagande, un badge (qu’on doit pouvoir autoproduire à peu de frais car il en faudra beaucoup), un panier vide, une casserole et une louche, on reste dans l’accessible à tous. Le souci majeur, c’est l’approvisionnement en eau, électricité, nourriture et médicaments d’urgence, les assiégés vont se défendre. Ils vont faire du lock-out, du chômage technique, les précaires et les intérimaires vont se retrouver sans taf, les coupures vont se multiplier pour détruire les stocks congelés…

          Le Siège ne peut pas bien fonctionner en hivers, trop de contraintes dans les villes et même en campagne. De mai à septembre, un réseau solidaire comme celui que vous montez peut organiser l’autoproduction pour des cantines de quartier provisoires. Pour les coupures d’électricité, c’est plus complexe. Mais on peut vivre trois semaines avec des produits secs, séchés, fumés, salés, en bocaux, en boite et éviter le surgelé et les produits frais. Pour éviter le chaos, les coupures ne peuvent pas être longues.

          On peut aussi prévoir des perturbations dans les communications, il faut monter un réseau de messager et prévoir des émetteurs radios clandestins ou utiliser des taupes dans les médias officiels pour passer des messages codés, Pom Pom Pom POmmm. Carla va glisser dans la piscine, je répète, Carla va glisser dans la piscine.

          Pour en arriver là, il faut une base solide à la pyramide du siège et compter sur le levier démultiplicateur des triades et sur le buzz . Partis à 18 au niveau national, 3 par quart de France, 3 pour la région parisienne et 3 pour les non-métropolitains, nous serons 66 au niveau régional puis 1983 au niveau des circonscriptions, soit un noyau dur de 2067 activistes, les officiers du siège. Puis viens l’organisation de quartiers, 10 en moyenne pour 932 villes de plus de 10.000 habitants soit 9320 et mettons les deux tiers des communes et bourgs (environ 12300), donc 66900 membres, soit 76 220 sous-officiers du siège, total des cadres : 78 287 membres. C’est un nombre réaliste d’énervés de base.

          Pendant la phase Orange, chaque membre doit recruter 3 soldats pour passer à environ 200.000 (compter avec les déserteurs et les mous). C’est à peu près la participation à une journée ordinaire de mobilisation. Pendant la phase rouge, les 270.000 membres actifs doivent recruter 810.000 partisans pour arriver à dépasser la barre symbolique du million de mouvementistes et lancer le siège. La première semaine d’action doit attirer 3 millions de citoyens et la phase de guérilla dans les centres devrait nous porter à 9 millions pour l’assaut final. Cela correspond avec les chiffres des grands mouvements récents.

          Bon, j’arrête, j’ai demandé à la Rue de m’accorder un blog sur l’analyse de la stratégie du Grand Domaine et comment lui résister, je dois garder des billes et pas trop saouler sur ce fil.

        1 autres commentaires
      • Jean-Philippe Roy
        Jean-Philippe Roy répond à kebra
        Politologue
        • Posté à 14h14 le 21/05/2008
        • Internaute 36819
          Politologue

        La grève de la consommation est une grande idée, c’est celle qui a animé tout le courant néoconsumériste (50 millions de consommateurs). Le problème est qu’un lobby fonctionne à partir du moment où chaque membre du lobby est solidaire. Or la consommation est un acte en grande partie pulsionnelle (donc inconsciente). C’est là qu’est le problème de votre modèle. Si je puis me permettre, il impose presque à chacun de rentrer dns une démarche individuelle de type psychanalyse, chose qu’on ne peut imposer par nature puisque ce doit être un choix librement consenti pour que ça fonctionne !
        Si je puis modestement vous conseiller une lecture, vous trouveriez pas mal de choses dans les écrits de Cornélius Castoriadis. Il y a de superbes réflexions sur la dimension nécessairement analytique de la citoyenneté.

         
        • kebra
          kebra répond à Jean-Philippe Roy
          Bisounours killa
          • Posté à 02h13 le 22/05/2008
          • Internaute 8550
            Bisounours killa

          Bonsoir,

          Je ne suis pas fan de psychanalyse. Cette répulsion me cause des lacunes culturelles comme l’intégralité des textes de Castoriadis sur la question. Auriez-vous des références plus précises ? Je ne pense pas que la grève de la consommation soit la partie du modèle qui « impose le plus à chacun de rentrer dans une démarche individuelle de type psychanalyse », c’est bien d’avantage la participation active et constructive aux EG qui posera ce problème. Il faut que cette phase soit très professionnelle avec un bon budget pour réussir à motiver sans trop imposer. La grève à la consommation est un moyen efficace de renverser NAN et de détruire son système d’apartheid social. Pas plus, Coluche n’est pas un symbole mondial. Je ne propose pas d’en faire un moyen permanent de pression sociale. Je propose un sacrifice provisoire avec un objectif précis. Pas de créer une société citoyenne en quelques mois.

          Votre réponse me fait aussi penser à Woody Allen dans une interview où il remarquait que les psychanalystes ne font pas de bonnes affaires dans les pays en guerre ou en crise violente. Dans ces situations, je crois que l’humain n’est plus dans l’analyse mais dans le réflexe. Un exemple : Les Hollandais sont devenus très individualistes, très américanisés et pourtant ils se sont rué les pelles à la main pour renforcer les digues lors d’inondations récentes comme au bon vieux temps de la reconstruction. Les Allemands, moins menacés d’éradication mais pourtant réputés solidaires, ont été gravement inondés. A voir le nombre de posts sur les forums politiques qui appellent à la révolution pour ne pas supporter quatre ans de plus NAN, il y a péril en la demeure France.

          Je partage l’analyse de Castoriadis, époque Socialisme ou Barbarie, sur la transformation de la société en une pyramide où la majorité des hommes soumis à l’aliénation pourront être poussés à combattre le système hors de toute lutte de classe. Voilà pourquoi je reprends le principe de recrutement de la vente en pyramide pour sortir des logiques de classes, de corporations ou de tribus et rester dans le relationnel hyper-proche : famille et amis. Pour en recruter trois, c’est suffisant et pas trop foulant. On peut devenir l’analyste de trois personnes bien connues, plus c’est un métier. L’observation de l’organisation des triades chinoises, assez proche, démontre son efficacité pour relancer la motivation et stimuler à l’action.

          Mon modèle est bien en lien direct avec le concept castoriadissien post socialiste d’auto-émancipation autonome ou barbarie. Mais pour créer une dynamique et renverser le désordre actuel, il faut à mon sens en passer par une phase collective. Les dernières tentatives de grande grève sont des échecs cuisants au-delà des revendications corporatistes. Le grand soir par la grève comme par l’émeute ne progresse plus. Il faut innover avec du vieux comme d’habitude.

          Je me suis aussi largement influencé du communisme des conseils et des radicaux de gauche (gare au premier qui me parle du MRG !) français comme Guy Debord, belge comme Raoul Vaneigem, italien comme Oreste Scalzone ou hollandais comme Jan Appel. Je pense que les syndicats se sont partout transformés en organes de l’ordre capitaliste au sein des salariés. Les formes d’organisation syndicales, officielles ou souvent même de base, ne servent qu’à encadrer et à saboter les luttes. Comme disait Coluche « Le capitalisme, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme et le syndicalisme, c’est le contraire. »

          Mais, contrairement à la majorité de l’ultra-gauche, je ne penche plus en faveur de la guérilla urbaine. L’action violente ou le terrorisme sont trop largement et trop facilement instrumentalisées par les lobbies du pouvoir politique et économique. Il faut restreindre la violence au maximum en évitant les confrontations inutiles. Je propose les réquisitions populaires comme dernier recours d’une mobilisation massive en échec. La résistance et l’action sont dans la solidarité et l’autoproduction.

          Un ami psychanalyste me résumait ainsi une opinion fréquente dans sa profession : « Je remplace la confession et la croyance aux miracles. » Les EG et les cahiers de doléance sont un grand confessionnal pour que la population puisse évacuer une partie de ses frustrations et reprendre un peu le contrôle de la vie de la cité. Dans l’inconscient français, Coluche est une icône qui a fait un miracle dont les plus pauvres profite chaque jour. Pour ma génération, il est autant une source de rire que de réflexion politique et sociale. Avec ma bande de skaters, nous avons tracté des photocopies de son appel à tous les enfoirés à votez pour lui. Je me souviens aussi des sondages et de la suite.

          L’organisation politique du Siège ne constitue pour moi que l’avant-garde, les moines-soldats du processus de généralisation de la conscience. Son rôle n’est ni d’organiser la société, ni de prendre le pouvoir au nom du peuple, mais de participer activement à la convergence des luttes, à leur prise en charge autonome, et enfin de rendre la parole au peuple, bourgeois y compris, je suis contre les épurations et la dictature du prolétariat. Par contre, je ne suis pas opposé à des procès équitables des grands criminels que sont les concepteurs et les principaux bénéficiaires des stratégies de mondialisation du néo-libéralisme comme le Grand Domaine et de la révolution conservatrice.

          Je partage l’obsession de l’abbé Sieyès, l’inventeur du concept « one man, one vote »en France, pour les états généraux avec cahiers de doléances et assemblée constituante. Je crois aux vertus du contrat social, j’étais dans le courant de Jean Poperen durant mes années de PS. Je ne pense pas que le recours trop fréquent au peuple soit une solution sans vices. Mais il faut insuffler au système une bonne dose de démocratie directe après nos expériences récentes de monarchie républicaines.

          Pour finir, voilà la position constitutionnelle pour l’organisation politique que je défendrais à de futurs EG. Pour le gouvernement, je propose la collégialité avec Ministères regroupés en grands départements attribués individuellement par élections (système à définir) et une présidence honorifique tournante.

          Pour le Parlement national, en dehors d’EG à renouveler tous les quinze ans pour refléter les mutations sociales, je propose un système de tirage au sort bi ou tri-annuel parmi les résidents volontaires justifiant d’une situation fiscale et judiciaire en règle sur notre territoire, avec une possibilité de révocation à la majorité des trois-quarts en cas d’incapacité et un seul mandat non cumulable, c’est une sorte de service civique.

          Pour les régions, une proportionnelle avec prime majoritaire avec mandat non cumulable de cinq ans renouvelables trois fois. Pour les communes, fortement regroupées, une proportionnelle intégrale avec rayage et panachage possible et un mandat non cumulable de cinq ans renouvelables trois fois. Pour les quartiers, nouvelle entité administrative des grandes communes, j’aime bien la Landsgemeinde sinon idem commune. Le reste à la poubelle, économie d’échelle indispensable pour désendetter notre pays.

          Je ne sais pas si beaucoup vont lire ces trois pavés avec attention, si oui merci et n’hésitez pas à commenter, c’est un travail en cours qui ne demande qu’à évoluer.

        1 autres commentaires
  • dideix-
    • Posté à 22h45 le 20/05/2008
    • Internaute 16182

    Moi j’aimerai que l’on m’explique comment le SARKOZOZO a reussit a trouver les moyens d’endoctrinement qui avez été utilisé par les membres du temples solaire pour rendre les députés sénateurs et tous ces dirigenats de l’U.M.P aussis naze .Ils sont menteurs, tricheurs, bleuffeurs, pretentieux ,bonnimenteurs, arrogants,ils ont tous le meme discourt formaté par le chateaux.Une vraie bande de moutons chatrés qui ont peur de ce faire bouffer par le ROIBOUFFONT,putain quel malheur pour la france 67% des gens sont anti O.G.M. on force la loi. ,ils sont ridicules .......IL Y A EU DES REVOLUTIONS POUR MOINS QUE CELA OU VONT NOS DROITS ET LIBERTES TOUS LE MONDE SANS FOU OU QUOI REVEILLIONS NOUS NOUS DEVONS TOUS ETRE SOUS ///G.H.B/// LA DROGUE DES VIOLEURS ON NOUS BAISE ET ON NE DIT RIEN ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

  • supprimé à la demande du riverain 28.04.09
    • Posté à 23h27 le 20/05/2008
    • Internaute 21776

    Ce soir,je zappe un peu le sujet,comme d’hab,il y a bien un denni de democratie en ce qui concerne les OGM ! ! !
    Un vrai bras d’honneur de la part des lobbies à notre encontre,nous Citoyens Français,qui refusons les OGM..dans nos assiettes ,et sur nos sols..

    Nous avons le devoir d’exiger les noms de tous ces députés qui nous ont trahis.
    Vous,surtout les Sarkozystes..qui étiez contre...

    La trahison se paye tôt ou tard.

    • Comptesuple18octàlademandeduriverain
      • Posté à 01h54 le 21/05/2008
      • Internaute 40656
        bavureux mais pas ripoux !

      Ellejo : nous les Faucheurs Volontaires d ’ OGM connaissons leurs noms.Parce qu’ on les a travaillés au corps des mois durant , qu’ on a tout fait pour les convaincre.
      Il ne suffit pas de râler après la catastrophe , il fallait se mobiliser AVANT .
      Or , personne n’ a bougé excepté nous , les couillons de service ! si au moins ceux qui ont peur d ’entrer dans les champs ( ce qu’on comprend ) venaient « encombrer » les routes autour, pour nous soutenir et gêner les CRS . Si au moins il y avait du soutien devant les tribunaux .
      Mais non , toujours les mêmes qui vont au casse-pipe.

      Dommage pour vous car on en bave mais on se marre bien et on rencontre des gens extras , dans les fauchages , les G8 : des amitiés et des souvenirs inoubliables .

  • Lapin Bleu
    Lapin Bleu
    Journaliste n°89910
    • Posté à 00h39 le 21/05/2008
    • Journaliste 42116
      Journaliste n°89910

    Merci, Jean-Philippe Roy, pour ça :

    Or ce pouvoir d’être face-à-face n’est pas que symbolique, il organise un dispositif de communication. Aucune discussion ne pourra être organisée après le discours du Président, en sa présence. La relativisation du discours présidentiel est donc refusée. La mise en scène de l’humiliation parlementaire est ainsi ritualisée.

    Car vous êtes la première personne que je croise qui a bien compris le piège que représente cette démarche a priori anodine, du président allant haranguer (car c’est de ça qu’il s’agit) le Parlement.

    Connaissant Sarkozy, il instrumentalisera évidemment ceci à son seul profit, on imagine dans un show médiatique absolument sidérant. En période de crise internationale ou autre, ce petit nervi qui nous sert de président serait bien le genre à réussir à disqualifier les parlementaires susceptibles de s’opposer à la guerre, tout simplement en organisant la TF1-live-transmission de son discours. Discours évidemment sur le thème « La Nation est en danger, les députés qui me refuseraient la guerre (ou les pleins pouvoirs, ou la possibilité de tirer une bombe H, etc.) sont tous des traitres ».

    Les bancs de l’UMP : debout applaudissant à tout rompre (cf. scène de début du film « Lien “).

    Le bas peuple : ‘Oooouiiiii ! ! ! La guerre, la guerre ! Tous des traitres ! Lopette, traitres à la patrie ! Bayrou gros mou !’ (on imagine que Bayrou voterait contre la guerre, avec quelques autres députés courageux, très peu...)

    Tant que Sarkozy règnera, il ne faut pas lui accorder ce genre de loisir...

    • kebra
      kebra répond à Lapin Bleu
      Bisounours killa
      • Posté à 01h19 le 21/05/2008
      • Internaute 8550
        Bisounours killa

      A Rome, César affrontait les questions des sénateurs. Le Premier ministre Britanique affronte sans arrêt son Parlement. Je ne suis pas contre Sarkozy face aux députés mais avec interpellation et droit de réponse. Sinon, il a déjà assez de tribunes sans contradicteurs pour bourrer le mou.

      C’est le régime présidentiel de la Vème qui n’est pas bon, avec les réformes de NAN Naboléon Soleil, c’est pire encore, avec Lisbonne et ce projet, les pans positifs seront presque tous écroulés, il sera urgent de reconstruire et non plus de replâtrer la surface. La Médiacratie actuelle est trop périlleuse associé à un régime présidentiel absolu. A ce compte, j’ai beaucoup plus confiance en un régime parlementaire avec élection individuelle des ministres et présidence tournante comme en Suisse, cela coûte beaucoup moins cher aux contribuable que les folies de NAN.

    • Jean-Philippe Roy
      Jean-Philippe Roy répond à Lapin Bleu
      Politologue
      • Posté à 14h17 le 21/05/2008
      • Internaute 36819
        Politologue

      Merci,
      Mais je pense qu’il y a aussi un gros travail à faire du coté des parlementaires et des citoyens : arriver à se persuader d’une réalité qu’on oublie souvent par populisme rampant : les députés sont bien nos élus. Ils doivent donc se reconnaitre comme tels et nous aussi les reconnaitre comme tels dans leur légitimité.

  • affreuxjojo
    • Posté à 00h56 le 21/05/2008
    • Internaute 29421

    Raoul le magnifique
    S’exprimer sur la société, la politique ou les idées, permet d’affirmer pratiquement n’importe quoi. On reste dans le domaine de l’indémontrable, de la conviction personnelle subjective.
    Quand tu dis que « les éoliennes coûtent plus d’énergie à fabriquer et à entretenir que ce qu’elles ne pourront produire » tu rentres dans le domaine des techniques, c’est à dire un domaine ou ce que l’on dit peux (et doit !) être démontré. Pourrais-tu avancer des éléments techniques étayant ta thèse ?
    Je les attends impatiemment car j’ai tendance à croire que sur ce sujet là, comme sur d’autres, tu dis n’importe quoi.
    Tu as l’opportunité, trop rare, de prouver ce que tu affirmes.

  • Alfary
    Alfary
    Ronchon
    • Posté à 03h55 le 21/05/2008
    • Internaute 9751
      Ronchon

    La Vème République est un régime semi-présidentiel (ou mixte) où le Premier ministre est le chef du gouvernement. Il est responsable devant le Président (qui le [dé]nomme) et le Parlement (capable de le censurer). Simple petit rappel dans le contexte actuel de confusion entretenue.

    M. Sarkozy se veut un Président qui gouverne (c’est ce qu’il fait en pratique depuis son élection, en violation larvée de la Constitution). On comprend sa volonté de réécrire le texte fondamental à sa main. Césarisme au petit pied (neo-bonapartisme a écrit un riverain) ou modernisation des institutions ?

    Parce que M. Sarkozy fait de la politique et pas de la mécanique institutionnelle, cette réforme s’apparente à un enfumage en règle des parlementaires et l’opinion.

    « On » dit que le quinquennat par l’effet de calendrier a modifié en profondeur l’économie générale de la Vème République et on en excipe argument de réforme. L’absence de recul pour en évaluer l’impact invite plutôt à une extrême réserve sur la validité de cet argument. L’aventure, pour une fois, c’est la « réforme » telle qu’elle se présente.

    M. Sarkozy affiche ouvertement l’ambition de transformer toutes les institutions à un degré suffisamment élevé pour rendre dissuasif le coût d’un retour en arrière (ou une autre politique). Il n’est que juste d’inscrire cette opération dans cette volonté de remodelage total.

    On voit que l’affaire est si sérieuse -il s’agit de changer de République, pas moins- que l’on n’envisage pas de référendum, d’une part, et on la présente comme simple toilettage institutionnel d’autre part. Qui enfume-t-on à l’insu de son plein gré ?

    • Gotch
      Gotch répond à Alfary
      • Posté à 08h20 le 21/05/2008
      • Internaute 15306

      « Qui enfume-t-on à l’insu de son plein gré ? »

      A mon avis, ON veut enfumer le Peuple (une fois de plus, me rétorquera-t-on à juste raison), mais ON veut aussi enfumer les parlementaires en leur donnant l’impression de regagner un peu de considération et de pouvoir collectif, alors qu’ils vont en perdre encore.

      A la différence d’Arnaud Montebourg qui ouvertement oeuvrait pour une nouvelle république moins accaparée par l’exécutif, en sous-main l’exécutif est en train de se renforcer subrepticement, par petites vagues successives. Ne restera aux autres pouvoirs qui normalement l’équilibrent et le contrôlent qu’une brassée de petites miettes inutilisables. Et certains intervenants de forums osent annoncer que tout va bien, que la France est en de bonnes mains quand on assiste à un tissu d’incompétences et d’empiètements sur les égalités, sur les libertés, sur la fraternité, sur la laïcité, sur tout ce qui constitue la République française !

      La rue va devenir le seul terrain démocratique !

  • starsss
    • Posté à 06h31 le 21/05/2008
    • Internaute 24513

    Moi, je suis pas intello, mais quand même, c’etait pas à prevoir ?

    _La récente déconvenue subie par le gouvernement, lors de la discussion parlementaire sur le projet de loi OGM illustre de façon remarquable l’évolution politique qui est à l’œuvre devant nos yeux : le renforcement du rapport de force Président-Assemblée._

    C’est parce que : il faut vous reveiller... alors je veux bien parler mais c’est comme s’il y avait un train de retard...

    Honnetement, faut il parler du présent (quotidien) à l imparfait, ou du present au futur ?

    Anticipation et reflexion...

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