Le making of de Karim Dridi

Le tournage de "Khamsa", et tout le travail en coulisses avant la sortie du nouveau long-métrage de Karim Dridi.

Marseille : au Ruisseau Mirabeau, camp tzigane devenu bidonville

Karim Dridi
Réalisateur
Publié le 12/06/2008 à 12h40

Camp du Ruisseau Mirabeau, à Marseille (Karim Dridi).

C’est mon ami Sofiane Mameri qui m’a fait découvrir le camp de Ruisseau Mirabeau. Je me souviendrais toujours de ma première impression : UN CHOC ! Non, je n’étais pas entrain d’halluciner, j’étais malheureusement dans la réalité, non je ne m’étais pas télé-transporté au Brésil, j’étais bien en France à Marseille, aujourd’hui en 2008. Karim Dridi.



« Parce qu’ils appartiennent à ces sociétés qui n’ont pas tenu le journal de leur enfance, on croit tout savoir d’eux. L’histoire des Tziganes est celle d’un peuple qui présente une solide construction culturelle sans être soudé par les caractères habituels d’une nation : langue, religion ou territoire.

“Un peuple qui fut à la fois pourchassé et toléré comme une sorte de calamité naturelle récurrente et familière.” Henriette Asséo, 1994, “Les Tziganes, une destinée européenne” (Découverte Gallimard).

Ruisseau Mirabeau est un lieu dit du quartier de Saint-André, où sont implantés de gros établissements industriels, spécialisés dans le traitement des métaux de récupération. Plusieurs familles de voyageurs (surtout yéniches et manouches, quelques unes gitanes) ont pris l’habitude de stationner au voisinage des ferrailleurs, sur un vaste terrain situé en bordure du chemin du Littoral.

La Seconde Guerre mondiale a mis fin à leur “itinérance”, et après maintes tentatives de les chasser, les pouvoirs publics finirent par tolérer leur existence, à une époque où Marseille ne possédait pas de terrain officiel (schéma départemental des aires de stationnement).

“Ces Gitans qui ne veulent pas quitter leur bidonville pour vivre en HLM”

Progressivement, c’est la vie d’un village caravanier de 400 habitants qui s’est organisée. Mais, démunie d’équipements sanitaires et d’électricité, oubliée par la voirie municipale, l’aire est devenue un bidonville de plus en plus inhospitalier. Une seule borne-fontaine fournissait l’eau à 70 familles ! En réalité, c’est une sorte de guerre “d’usure‘ que se sont livrée les voyageurs et la collectivité locale.

On reconnaissait aux premiers le droit de stationner, mais à condition de les ignorer. La même antienne fut longtemps répétée : Ces Gitans qui ne veulent pas quitter leur bidonville pour vivre en HLM, qu’ils se débrouillent !


Camp du Ruisseau Mirabeau, à Marseille (Karim Dridi).

Cependant, tout en développant leur habitat, les voyageurs sont parvenus à s’intégrer au quartier. Ayant échoué à résorber le bidonville et ne pouvant pas installer les voyageurs sur un autre emplacement, la municipalité négocia en octobre 1975 l’acquisition du terrain Ruisseau Mirabeau’, officialisant ainsi sa fonction d’aire de stationnement.

Pour la population de Ruisseau Mirabeau, la culture orale qui perdurait à travers le voyage est en voie de diparition. Dans les années 80, 13% de la population aujourd’hui présente sur Ruisseau Mirabeau était encore itinérante. Les déplacements ne s’effectuent maintenant plus que pour rendre visite à des membres de la famille.

La population de Ruisseau Mirabeau est sédentaire à presque 100%

Le voyage était l’élément structurant de la vie de ces populations. Il revêtait une fonction économique régulatrice au quotidien (référence au chef de clan ou de famille) et ponctuelle en cas de conflit ou de problème de justice (possibilité de fuite).

Désormais, la population de Ruisseau Mirabeau est sédentaire à presque 100%. Elle a, en quelque sorte, rejoint notre société, et représente une partie de la population française, connaissant très peu ou très mal ses droits et devoirs, restant attachée à sa différence, ou à ce qu’il en reste, puisque les générations actuelles n’ont pas connu le voyage.


Camp du Ruisseau Mirabeau, à Marseille (Karim Dridi).

Les problèmes des jeunes n’y sont pas différents de ceux des cités alentours : chômage, vols, délinquance (petite et grande), désarroi, illettrisme et problèmes de santé. L’évolution du mode d’habitation a également déstructuré l’organisation clanique et n’a plus favorisé les regroupements familiaux.

Les jeunes sont confrontés à deux sociétés : la leur et celle des ‘gadjé’ (les non-Tziganes), chacune imposant ses propres règles. Ils sont partagés entre l’envie de partir, leur volonté exprimée de ‘vivre comme tout le monde’ et leur peur de l’inconnu, de l’extérieur, de tout ce qui n’est pas ‘Ruisseau Mirabeau’.

Une situation économique extrêmement dégradée

Les parents ne transmettent plus un métier aux enfants, qui ne sont pas en mesure d’aller vers l’extérieur pour se former ou travailler (d’où une perte culturelle qui contribue à leur dévalorisation). De surcroît, l’hostilité persistante de la société des gadjés vis-à-vis des Tziganes, réelle ou résultant d’idées reçues, est un facteur non négligeable. L’accueil qui leur est réservé, que ce soit dans la demande d’accès à un logement ou à un emploi n’est pas non plus un facteur incitateur à l’intégration.

Economie et aides sociales : la situation économique des familles est extrêmement dégradée. La principale source de revenus vient des transferts sociaux (RMI, allocations familiales, allocations parents isolés, etc). Seul 7% des actifs ont une activité salarié ‘classique’ et 3% bénéficient de contrats aidés.



Les pratiques souterraines liées à des activités non salariées sont quasi-généralisées. Elles sont exercées également par ceux qui bénéficient du RMI et des diverses allocations. Par ailleurs, le versement de ce RMI n’est pas assorti de contrats d’insertion, tel qu’il est prévu par les textes (en tout 4 contrats signés sur 117 bénéficiaires du RMI).

Les possibilités d’emploi dans des activités sur le site résultant d’initiatives comme la création du Centre Commercial ‘Grand Littoral’, dont ont bénéficié les jeunes des autres cités alentour, ne leur ont pas été offertes : aucune de leurs candidatures n’a même été examinée.

Récup’, brocante et ferraillage ne font plus vivre les familles

Si la survie économique des Tziganes était traditionnellement liée à la récupération des déchets industriels, des rebuts de notre consommation et souvent à leur transport et à leur transformation, et si ces pratiques d’intervention, en fin de chaîne économique, étaient reconnues sans être officielles (elles se sont accommodées d’une semi clandestinité pendant des siècles), on voit sur le site de moins en moins d’activités artisanales et commerciales diversifiées (comme la brocante et la vente sur les marchés). En revanche, il existe maintenant une activité presque uniquement tournée vers le ferraillage.

De plus, l’étau des réglementations se resserre autour des Tziganes, la concurrence des productions industrielles a rendu obsolète leur propre artisanat. Les seules activités restantes (c’est-à-dire les pratiques de récupération de ferraille, de métaux non ferreux et de voitures) et ont pris un caractère souterrain, en s’organisant dans une économie de marché parallèle et délictueux.

L’avenir est pour eux encore plus sombre : on sait dès maintenant qu’une réglementation européenne à venir exigera le retour des voitures et épaves dans leurs usines de fabrication.

Leur absence de qualification, leur ignorance (parfois rejet) des circuits de formation et d’emploi risque de les mener à encore plus de marginalisation. Ils devront donc renoncer à ce secteur d’activité ou s’y incruster définitivement de manière clandestine, voire délinquante.

Farouk.


Camp du Ruisseau Mirabeau, à Marseille (Karim Dridi).

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  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 15h05 le 12/06/2008
    • Internaute 24252
      卑語

    Lien

    « Violaine Carrère, ethnologue
    et Christophe Daadouch, juriste

    Entre le désir de l’État de les voir s’installer et celui des élus locaux et d’une grande partie de la population de les voir circuler, les gens du voyage sont dans une situation paradoxale : il leur est imposé de se sédentariser sans que personne ne souhaite qu’ils puissent le faire. “

    • leconcombrevert
      leconcombrevert répond à unagi-
      La vraie vérité > : -))
      • Posté à 20h03 le 12/06/2008
      • Internaute 8843
        La vraie vérité > : -))

      Merci, unagi, pour ce lien :

      à lire absolument ! ! !

  • Karim Dridi
    Karim Dridi
    Réalisateur
    • Posté à 17h15 le 12/06/2008
    • Internaute 19808
      Réalisateur

    C’est mon pote Farouk qui va être content devant les réactions que provoquent son article.
    En attendant tous ceux qui souhaitent voir plus d’images de KHAMSA, peuvent le faire en allant sur Dailymotion.

    Lien

    Karim Dridi

  • azerty69
    azerty69
    ExecutieveBranleur
    • Posté à 18h04 le 12/06/2008
    • Internaute 42089
      ExecutieveBranleur

    Les « roms » détestent les gadgé dans leur grande majorité. L’inverse est aussi vrai.

    Le puissant c’est les gadgé. C’est au puissant d’aider le « faible » et pas l’inverse.

    D’un autre côté, on a une société qui marche par corporatisme et communautarisme. Les gens de gauche fustigent le copain-copain de patrons qui se votent leur salaire entre eux, les députés, les taxis... Les gens de droite fustigent les fonctionnaires, les cumulateurs assedic/travail au noir/aide en tout genre... Bref, on ne (sur)vit que si on fait parti d’un groupe suffisamment puissant pour s’imposer.

    Les roms sont une communauté suffisamment puissante pour s’arroger des privilèges (mafia, vol, non paiement des terrains, électricité... Qui sont une réalité ou un phantasme des méchants de droite).

    Pourquoi s’intégrerait-elle dans la société française pour passer de « pauvre mais ayant des privilèges de communauté » a pauvre tout court ? ? ? En plus, en perdant sa culture, son identité, sa fierté que je suppose elle doit avoir fortement ancrée.
    D’un autre côté, pourquoi le « gadgé » aurait-il moins le droit de gueuler contre les avantages communautaire des roms (ce que les gauchistes du forum ici présent réprouvent) plus que les avantages communautaire des patrons du cac40 ? ? ?

  • suffren
    • Posté à 19h26 le 12/06/2008
    • Internaute 30483

    Faisant beaucoup de velo,je passe souvent devant les« aires reservees aux gens du voyage ».
    Et a chaque fois je m’interroge : Comment font ils pour s’offrir de telles caravanes et de telles voitures,comme par ex.de magnifiques Mercedes ? En rempaillant des chaises ?

    • leconcombrevert
      leconcombrevert répond à suffren
      La vraie vérité > : -))
      • Posté à 19h44 le 12/06/2008
      • Internaute 8843
        La vraie vérité > : -))

      Reponse pas bête à question imbécile :

      Ils fonctionnent en « entreprise familiale », les adultes de plusieurs générations de chaque famille contribuent tous à l’achat des voitures et des caravanes qui leur tiennent lieu de « maison familiale », d’atélier, de boutique, de bureau, de moyen de transport, de résidence de vacances etc, etc., etc.

      Faîtes le calcule.

      • suffren
        • Posté à 20h54 le 12/06/2008
        • Internaute 30483

        lecon.....vert : Vous vous prenez pour qui pour dire que ma question est imbecile ? C’est plutot vous qui l’etes pour croire aux arguments a la con que vous avancez.

         3 autres commentaires
      • mao-tse-toung-
        mao-tse-toung- répond à leconcombrevert
        grand démocrate réformateur
        • Posté à 22h24 le 12/06/2008
        • Internaute 41681
          grand démocrate réformateur

        Généralement quand on ne travaille pas, il n’y pas de revenus .
        Donc 0+0+0+0+0= toujours 0, donc la question est toujours valable comment font-ils, ou plutôt, d’où sortent-ils l’argent ?
        Quand je vois la difficulté avec 2 salaires, pour changer de voiture, il est légitime de se poser la question .

         
        • leconcombrevert
          leconcombrevert répond à mao-tse-toung-
          La vraie vérité > : -))
          • Posté à 00h18 le 13/06/2008
          • Internaute 8843
            La vraie vérité > : -))

          Vous me faîtes bie rire, le grand timonier ! Et oui, 0 = 0.

          Et alors. D’abord, qui dit - sinon vous - qu’« ils » (= tous les Tsiganes ?) ne travaillent pas.

          Bien sûr que « ils » travaillent, qu’ils excercent des métiers, pas tous - pas sorcier - mais beaucoup.

          En suite, où est le problème de financement si 6 ou 8 adultes se mettent ensemble pour acheter une mercedes ?

          Vous persistez à vouloir comparer avec votre petit couple bien pépère qui peine à s’offir le luxe d’une grosse bagnole.

          Vous ne voyez donc pas que vous nous faîtes le coup des pommes et des poires

        • parti
          parti répond à mao-tse-toung-
          punishment park
          • Posté à 00h18 le 13/06/2008
          • Internaute 36257
            punishment park

          mao, t’as envie d’une merco...moi pas...

          • Adéménagé le 3 janvier 2011
            Adéménagé le 3 janvier 2011 répond à parti
            menuisier
            • Posté à 09h36 le 13/06/2008
            • Internaute 29846
              menuisier

            Une porsche alors ? : -)

          • pedro66
            pedro66 répond à parti
            informaticien bon à rien
            • Posté à 11h50 le 13/06/2008
            • Internaute 25616
              informaticien bon à rien

            Pas une merco, juste une bagnole pour me trimballer au boulot sans risquer la panne.
            C’est tout ...

            • parti
              parti répond à pedro66
              punishment park
              • Posté à 23h33 le 13/06/2008
              • Internaute 36257
                punishment park

              je parle à mao et c’est pedro qui répond...multi-compte... encore un...ticheur ! ! !

        5 autres commentaires
  • Charles Mouloud
    Charles Mouloud
    Bras gauche de la Vénus de (...)
    • Posté à 20h22 le 12/06/2008
    • Internaute 12542
      Bras gauche de la Vénus de (...)

    Allez , un peu de poésie dans ce monde de brutes !
    J’ai découvert Balbino Medellin, en première partie d’un concert de Lavilliers , il y a qqs temps.
    Belle découverte et très beau disque.
    Allez faire un tour sur ses pages ... Allez , un peu de poésie dans ce monde de brutes !

    Paroles de Gitan De Paname
    Ma caravane avance plus, 5e étage sans ascenseur
    Et quand j’sors ma guitare, le voisin m’crie qu’c’est plus l’heure
    J’voyage de bar en bar un peu nomade à ma manière
    La nuit, je perds la mémoire accroché aux réverbères

    Refrain
    J’suis un gitan d’Paname
    Gitan de Paname
    Bohemio de París

    Et j’lis pas l’avenir dans l’tarot, mais j’m’occupe de ta Mastercard
    Et t’en fais pas, gadjo, le tourisme est rentable
    Pour les cafés du Sacré-Coeur ou pour les coeurs brisés comme moi
    Et garde un oeil sur ta femme et ta main sur ton Nokia

    Refrain

    Hé mec j’suis tricard dans les boîtes, j’ai nulle part où poser mes fesses
    8-6 sur un banc d’Pigalle ou les troquets d’Barbès
    J’ai jamais volé d’poules, j’suis jamais monté sur un ring
    Quand j’sors mon schlass, j’ai les boules et j’aime pas les Gipsy Kings

    Refrain

    En París dejo mi caravana, contigo me siento bohemio
    Tus calles reflejan las estrellas y mis sueños de amor

    Lien

  • chraiti
    • Posté à 21h36 le 12/06/2008
    • Internaute 25080

    Bravo Karim,

    Demain je pars à Milan visiter des camps Roms où j’y ai des amis qui ont besoin d’être soutenus face à la montée xénonophe.. Oui ton commentaire est intéressant. Pourquoi insister pour leur faire quitter leur campement qui pourrait être équipé en eau et électricité. En Italie, actuellement des néo-fascistes leur brûlent leur habitat de fortune. Et pourtant c’est un lieu où la vie a encore une dimension humaine. On y voit des fleurs, des animaux, les enfants y jouent. La vie s’y est agrippée imperturbable. ALors quoi en échange ? Les cités poubelles, les dortoirs de violence où plus personne ne connaît plus personne. Mais surtout les cacher. Cacher la misère derrière du béton, ne plus les voir. Hundertwasser, architecte viennois décrivait déjà les dangers des cités en cages à lapin. Les Roms ont compris qu’on ne vit pas l’un sur l’autre, mais l’un en face de l’autre. Prenons en des leçons. Cessons d’imposer notre mode de vie qui loin de faire ses preuves doit encore nous inciter à nous questionner. Lacio Drom ! Bienvenue chez les Roms.

    • pedro66
      pedro66 répond à chraiti
      informaticien bon à rien
      • Posté à 17h46 le 13/06/2008
      • Internaute 25616
        informaticien bon à rien

      Restez y ! ! !

  • netchou
    netchou
    A l'écoute.
    • Posté à 21h42 le 12/06/2008
    • Internaute 22292
      A l'écoute.

    Bon ,je n’ai pas lu tout les commentaires,loin s’en faut mais je réagis juste pour dire mon sentiment de Marseillais.Je ne sais si ailleurs l’on peut fréquenter autant de communautés différentes et quand on stigmatise telle ou telle pour la taxer de profiteuse du système ,je peux donner des exemples sur ces soi-disant profiteurs(dont j’ai du être un jour !) et vanter cette richesse de population dans notre cité.Comme je l’ai lu plus haut ,en France à tous les niveaux les gens truandent,alors que l’on ne vienne pas me casser les bonbons en montrant du doigt eux ou d’autres ! ! ! Cette petite fille qui s’exprime sur ses conditions de vie ,avec son accent de chez nous,c’est gaudin qui devrait avoir honte des conditions dans lesquelles elle vit et réfléchir sur la gestion de notre ville,lui qui privilégie ses élécteurs à pognon.Le truand.

  • akelarre
    • Posté à 22h40 le 12/06/2008
    • Internaute 14127

    Pour info, pas très loin de Marseille, à quelques pas de la gare d’Aix-TGV où passe le fleuron de la technologie ferroviaire française, des Roms de Bosnie, du Kosovo et d’ailleurs vivent dans des conditions encore pires que celles-là, à la limite de l’imaginable...

    Ah, j’oubliais : Freeman, tu le fais exprès où alors tu étais débout sur un tabouret le jour de la distribution de connerie... ? Tu sais à qui tu me fais penser ? A Balkany, qui nous dévoile toute l’ampleur de sa petitude ( le mot n’existe pas mais moi je l’aime) dans cette édifiante vidéo :
    Lien

    A bon entendeur...

  • Aimeho de Tahiti
    • Posté à 01h58 le 13/06/2008
    • Internaute 29339

    Allez un peu de poésie paradoxale

    La misère dans la boue et le froid, pieds nus dans la neige est plus effrayant que la pauvreté sous le soleil. Pieds nus dans le sable, l’indigence semble pouvoir s’évaporer comme par magie. Mais quand le miroir des origines culturelles vous offre un masque grimaçant, celui de votre propre peur où toutes vos certitudes vacillent. Parce que vous ne comprenez plus la raison sociale entre le dominé et le dominant. Votre ordre du monde bascule et votre raison n’est plus qu’une simple empreinte sur le sable, menacé par le vent et les vagues.

    Tous les peuples ont leurs boucs émissaires. Les Bretons affichent une certaine condescendance avec leurs voisins Normands et sont amoureux fous de leurs frères gaéliques. Même style d’affrontements souterrains entre Corses et Sardes, pourtant frères en insularité et grands repousseurs de visiteurs indésirables qui avaient pris pieds sur leurs côtes. Et il en est de même sous toutes les latitudes, entre toutes les cultures et sous tous les climats.

    « Esquimau » est un terme méprisant utilisés par les Amérindiens de la forêt qu’ils jetaient à la figure des grands coureurs des steppes glacées les désignaient de « mangeurs de viande crue ». Alors que le nom d’Inuits qu’ils se donnent veut tout simplement dire : « Êtres humains » ! Cela donne la mesure de la chaleur des relations entre eux, et il en est ainsi sur toute la planète.

    Par exemple, chez nous en Polynésie, ce sont les habitants des Tuamotu que ceux des îles hautes méprisent, ou, dont ils voudraient se sentir supérieurs. Appelés Pomotu, les Tahitiens les traitent de « kaina ». Mais c’est aussi quelque part un terme admiratif qui parle de liberté, de spontanéité et de ne pas être aliéné par le matériel, le confort et les normes sociales. Et c’est exactement pareil avec les Gitans, Roms et autres « Gens du voyage ». Pourquoi, ils ne provoquent pas la compassion ? Parce que dans l’inconscient collectif, des images d’hommes et de femmes en fusion autour d’un feu de la St Jean traînent dans la mémoire collective.

    Ces images d’équinoxe en feu, de danses sensuelles, de Flamenco rappellent que certains n’ont pas étouffé leur dernière étincelle de liberté ! Mais à quel prix. Car c’est le prolongement du grand combat des Humains qui a fait frissonné la Planète sur toute sa surface. La lutte presque éternelle entre les Peuples nomades et les sédentaires. Les Roms, Tziganes, Gitans sont les héritiers depuis l’Inde de cette tradition du Voyage quitte à être des SDF quand ils échouent dans les grandes villes.

    Quand dans les forêts tropicales, sur les Îles du Grand Océan, dans les sables des déserts ou de la toundra glacée, nos peuples auront disparus. Cette planète ne méritera plus d’être car elle aura étouffer toutes les cultures des derniers Humains !

    La modernité tue l’humanité

    Karim comment puis-je rentrer en contact avec toi. Nous sommes en train de monter un projet qui devrait t’intéresser. En tous les cas, bravo pour ton « making off » depuis le début du projet

    • Karim Dridi
      Karim Dridi répond à Aimeho de Tahiti
      Réalisateur
      • Posté à 11h05 le 13/06/2008
      • Internaute 19808
        Réalisateur

      Vous pouvez passer par rue 89, ils ont mon mail et je pense qu’ils me transmettrons, ou par rezo films mon distributeur. Khamsa sortira sur les écrans national le 15 Oct 2008

  • le poupre
    le poupre
    contempleur
    • Posté à 08h25 le 13/06/2008
    • Internaute 41701
      contempleur

    Chez les Tziganes y a pas de gays , alors ils sont oubliez , normal ils ne font rien pour être aimer par la mairie de Marseille . signer par les échos et ça va bon trains .

  • Aimeho de Tahiti
    • Posté à 01h41 le 14/06/2008
    • Internaute 29339

    Ok Karim, je prépare cela pour basculer sur Rue89 entre demain et lundi !

  • francf
    francf
    Retraité
    • Posté à 16h53 le 15/06/2008
    • Internaute 44231
      Retraité

    C’est on petit grain de sel.

    TCHACHADES réunion du 30 mai 2008 sur le thème de croisement des cultures à la MMA
    De l’Estaque Gare.

    Impression d’un participant.

    Si je devais faire un rapport sur le débat, « le croisement des cultures » je dirais que l’intégration s’est réalisée car si nos pères et mères avaient assisté à ce débat ils auraient eu une impression de déjà vue. Pour ma part, en 1950 j’avais 10 ans et j’ai été agréablement surpris hier soir qu’en 2008 j’étais toujours dans la même ambiance de communauté qui m’a vu grandir.
    Lors de cette réunion il m’a été rapporté l’histoire vécue suivante. Un habitant d’un bidonville de l’Estaque gare a été traité de « bourgeois » par un habitant d’un autre bidonville des alentours.
    Il y a là matière à réflexion et l’on pourrait dire que le premier bidonville avait quelque chose de bon que l’autre n’avait pas. A contrario, le deuxième avait quelque chose de mauvais qui favorisait le rejet.
    Un autre participant entraîneur de Foot, prenant à cœur son rôle d’éducateur, voulait d’une équipe de foot féminine en tenue de sport, chose qu’il ne pouvait pas avoir avec une ou deux sportives dont les parents refusaient que leurs filles porta en short.
    Une participante disait sous forme de boutade qu’elle regrettait presque le temps du Bidon Ville ou elle avait connu un bonheur de vivre dans sa communauté et ou tout le monde était logé à la même enseigne. Ils étaient pauvres oui, mais heureux. D’autant que depuis, tout en étant toujours heureux, les loyers à l’Estaque devenaient de plus en plus inabordables.
    La communauté doit changer.

    Après tous ces exemples que dire, sinon qu’il faut vivre sa vie telle qu’elle se présente sans trop chercher à qui doit revenir la faute s’il y a trop ou pas assez…… de soleil.
    Dans toutes les communautés une coutume est courante à Marseille. Pour se dire bonjour on s’embrasse facilement que l’on appartienne ou non à la communauté. Les communautés des autres villes ne pratiquent pas cette façon de se dire bonjour. Aussi tout nouvel arrivant ne se sent plus rejeté.

    Une explication serait de dire que ce succès a été sûrement possible parce que la Vanité, l’Orgueil et la Fierté de chacun ont été bannis de la communauté à tout instant. On ne peut rien bâtir de bon et de solide avec ces trois fléaux qui empêchent l’ouverture aux autres.
    .
    En conclusion, on peut dire des années 40 et 2000 : « intégration réussie »
    Réussie à l’Estaque gare c’est sûr, voire à Marseille et peut être en France. Sinon, il faudra trouver encore un « pourquoi » ou, patienter encore.

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