Europe, terre d'innovation

Le groupe Desir est un collectif réunissant chercheurs du public et du privé, consultants spécialisés sur les questions d'innovation, hauts fonctionnaires ayant l'expérience de la conception et de la mise en œuvre de politiques publiques, acteurs du financement de la R&D ou encore spécialistes du lien entre science, société et opinion publique. Interprètes diplômés ès langue de bois de notre système public de recherche, ils poussent parfois des coups de gueule. Incurables optimistes, ils pensent que des points de vue synthétiques et novateurs sur le lien entre universités, entreprises et secteur public, ainsi qu'un environnement favorable à la créativité individuelle peuvent contribuer à la (re)construction de l'Europe comme terre d'innovation.

Jeune chercheur en France : un statut peu enviable

Desir
Chercheurs et consultants en innovation
Publié le 18/06/2008 à 16h34

L’avenir de la recherche en France est particulièrement inquiétant. Un seul chiffre résume la situation : entre 1999 et 2004, le nombre de doctorants a baissé en France de 6%, alors qu’il augmentait dans le même temps en moyenne de 20% en Europe. Comment expliquer cet écart ? Rien d’étonnant si l’on regarde de près comment sont traités les jeunes chercheurs de l’Hexagone.

Une précarisation accrue

Les quelques travaux ou rapports qui existent sur la question évoquent tous la précarisation des jeunes chercheurs : nombre limité de financements et complexité labyrinthique des bourses se conjuguent pour rendre les conditions matérielles des jeunes chercheurs particulièrement difficiles.

A cela s’ajoute l’écart important qui peut exister avec des amis du même âge, ayant choisi une voie plus traditionnelle : cette différence renforce la perception de précarisation et de déclassement. La situation socio-économique des doctorants en sciences humaines et en lettres est particulièrement précaire. En 1999, 62% des doctorants de sciences humaines ne bénéficiaient d’aucun financement connu. Ceci explique largement un taux d’abandon parfois très élevé (45% en droit ; 56% en sciences humaines).

Un investissement insuffisant

Hors de ces contrats académiques, qui conjuguent faiblesse des rémunérations et extrême précarité du statut, il reste peu d’alternatives. Contrairement à l’Allemagne ou aux Etats-Unis, rares sont les fondations privées ou publiques qui proposent des bourses aux jeunes chercheurs. Investir dans la recherche ne fait pas partie de l’histoire entrepreneuriale française. La place des grandes écoles, système propre à la France, y est sans doute pour beaucoup : celles-ci ont pour ambition de former des cadres dirigeants du public, et maintenant du privé, et ne font, à quelques rares exceptions, que peu de recherche.

Afin de pallier cette absence de fondations pour la recherche, la France a mis au point un système de conventions industrielles de formation par la recherche (CIFRE). Ces conventions, qui permettent aux jeunes chercheurs de réaliser leurs thèses en entreprise en lien avec une équipe de recherche extérieure, ont financé en 2006 près de 10% des thèses. Elles ne peuvent cependant être considérées comme une solution générale aux problèmes des jeunes chercheurs français car elles ne concernent, dans leur grande majorité que les doctorants des sciences de l’ingénieur et des technologies de l’information. La recherche appliquée est privilégiée, au détriment de la recherche fondamentale.

Comme l’ont démontré Giovanni Dosi, Patrick Llerena et Mauro Sylos Labini dans leur article « The so-called European Paradox » (2006), les pays qui innovent le plus sont aussi ceux… qui sont leader en recherche fondamentale ! Partir, la seule solution ?

Malgré la célébration unanime des vertus de la mobilité des chercheurs dans les rapports ministériels, les séjours à l’étranger ne sont guère valorisés, dans certaines disciplines, surtout lorsqu’il s’agit de bourses post-doctorales. Nombre de commissions de spécialistes, surtout en sciences humaines et sociales, considèrent ces échappées au mieux comme de longues vacances, au pire comme des actes de félonie à l’égard de l’ordre somme toute très féodal.

Par ailleurs, l’Europe n’est toujours par perçue pour bon nombre de pays européens (et tout particulièrement la France) comme un espace de mobilité pertinent. Ceci est d’autant plus dommageable qu’un système assez simple, reposant sur les institutions et les mécanismes actuels, pourrait permettre de développer rapidement au niveau européen un programme de mobilité pour les jeunes chercheurs. On peut imaginer un cercle vertueux entre innovation et évaluation, qui ferait émerger des programmes doctoraux de niveau international en Europe (voir la proposition « Excellence-driven Mobility » du Groupe des Belles Feuilles, groupe de travail DESIR, Développement de l’enseignement supérieur, de l’innovation et de la recherche).

Trouver un poste : le parcours du combattant du jeune docteur

Mais plus dure encore est la suite, l’après-thèse. Seul un candidat sur cinq peut espérer décrocher un poste de maître de conférences. L’heureux élu s’aperçoit que temps dédié à l’administration ne cesse de prendre de l’ampleur, tandis que le temps consacré à la recherche se réduit comme peau de chagrin. La massification des enseignements et l’alourdissement des tâches bureaucratiques, pour les enseignants, rendent le « système » encore moins attractif.

Peu d’alternatives restent ouvertes. Trois ans après leur doctorat, 62% des doctorants sont employés dans le secteur public, contre 38% dans le secteur privé. Par ailleurs, la part des docteurs représentait ainsi seulement 38% des embauches de chercheurs en 2004, contre 48% en 2000. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que soient nombreux ceux qui préfèrent partir à la recherche d’un « post-doc » aux Etats-Unis ou en Europe, et se laisser recruter sur place. Même si l’on ne peut encore parler de fuite de cerveaux généralisée, certains domaines comme l’économie et la biologie voient 40% de leurs jeunes chercheurs partir à l’étranger.

A l’heure où l’on glorifie « l’économie de la connaissance », il est urgent de se souvenir qu’il n’est de richesses que d’hommes.

Nb : pour plus d’information sur le statut des jeunes chercheurs en France, voir la note de Naïma Ghermani, normalienne, agrégée, docteur en histoire et Maître de conférences à l’Université de Grenoble, sur le site du GBF.

Naima Ghermani, maître de Conférence à l’Université de Grenoble, Adrien Matray, étudiant à HEC et Master 2 Economie de l’innovation à Paris XIII.

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  • deecurl
    • Posté à 16h51 le 18/06/2008
    • Internaute 13077

    il est effectivement temps que nos dirigeants se penchent sur les chercheurs avant qu’on prenne un retard irréversible dans tous les domaines.
    la carrière de chercheur n’est pas du tout valorisée ; mes professeurs dans mon école (qui sont des chercheurs donc) se montraient très désabusés en nous parlant de leur situation.
    alors qu’on en a effectivement un besoin crucial ! et il n’est pas concevable qu’un jeune chercheur ait tant de mal à joindre les deux bouts alors que son parcours, ses compétences et son niveau d’étude sont parfaitement prestigieux.
    mais voilà, le temps passé à chercher n’est pas passé à gagner de l’argent. ce genre de raisonnement sans vision à long terme est vraiment néfaste.

    j’ai étudié en Allemagne où faire une thèse est beaucoup plus fréquent, et valorisé. il faut dire que là bas il n’y a pas d’écoles d’ingénieurs, que des universités, formant des pôles ont plus de moyens et que les entreprises leur commandent des études. (ex : la TU de Hambourg mène des projets de recherche pour Airbus). il s’agit là de recherche appliquée ; mais les crédits rentrés peuvent servir pour la recherche fondamentale, j’imagine.

    • JP Arrachis
      JP Arrachis répond à deecurl
      Conseil en marketing et (...)
      • Posté à 21h13 le 18/06/2008
      • Internaute 39579
        Conseil en marketing et (...)

      Bonsoir,
      D’accord avec toi pour l’Allemagne.
      La différence importante est là : les docteurs allemand n’ont pas pour seul espoir de décrocher un poste de prof à la fac du coin de la rue. Dans une certaine mesure, la loi LRU, si elle est appliquée, devrait favoriser des recrutements « moins locaux », c’est un bon point pour les futurs docteurs.

      Mais le problème des entreprises et de la recherche appliquée en France reste intact.

    • ART MONIKA
      ART MONIKA répond à deecurl
      • Posté à 22h11 le 18/06/2008
      • Internaute 10855

      L’auteur de l’article écrit : « ...les séjours à l’étranger ne sont guère valorisés, dans certaines disciplines, surtout lorsqu’il s’agit de bourses post-doctorales. Nombre de commissions de spécialistes, surtout en sciences humaines et sociales, considèrent ces échappées au mieux comme de longues vacances, au pire comme des actes de félonie à l’égard de l’ordre somme toute très féodal ».

      Il ne faut pas généraliser. Dans les « Comités de sélection » (dans mon Université sous la LRU ils ont remplacé les « Commissions de spécialistes »), un candidat à un poste de Maître de Conférences qui n’a pas fait de post-doc et qui n’a pas plusieurs articles internationaux est mal classé... alors même qu’il/elle a moins de 30 ans !

      On peut s’inquiéter de cette injonction à la « productivité » précoce pour des jeunes gens à qui on demande de faire leur thèse et d’écrire des articles dans des revues à « gros impact factor », et que l’on classe sans trop s’intéresser à leurs compétences pédagogiques de futur enseignant. S’ils ne sont pas « drivés » par une bonne équipe lorsqu’ils font leur thèse, ils n’ont donc aucune chance d’avoir un poste de Maître de conférences.

      Les étudiants les plus chanceux ont des « ATER » (allocations) qui leur permettent, contre un petit service d’enseignement, d’avoir un salaire et un point important à mettre dans leur CV.

      Tout cela va en s’aggravant, étant donné la réduction programmée du Service public...

      • Adrien Matray
        Adrien Matray répond à ART MONIKA
        Etudiant à l'Ecole d'économie (...)
        • Posté à 12h29 le 19/06/2008
        • Internaute 44509
          Etudiant à l'Ecole d'économie (...)

        Bonjour,

        merci pour tous ces commentaires et leur qualité. La question de la productivité est effectivement un sujet délicat, malgré tout, on constate que le pourcentage de jeunes chercheurs qui obtiennent un poste dans l’université où ils ont fait leur thèse est extrêmement élevé (voir les récents travaux de Olivier Godechot). Cette prime énorme aux jeunes « du crû » est assez spécifique à la France (surtout dans cet ordre de grandeur).

        Il est regrettable que l’ouverture et la curiosité qui poussent des jeunes doctorants ou post doctorants à aller voir dans d’autres pays comment les choses se passent soient au mieux un facteur neutre, au pire (comme c’est souvent le cas) un élément discriminant pour l’obtention d’un poste. Je suis persuadé que la recherche nait avant tout de l’échange et de la rencontre de perspectives différentes. « L’entre soi » et le repli ne peuvent qu’être à terme sclérosant.

         
        • Erka
          Erka répond à Adrien Matray
          • Posté à 15h28 le 19/06/2008
          • Internaute 5196

          rrhooooooo, du favoritisme et du localisme, ben c’est pas bien ca !

          Alors que c’est pas un ancien eleve d’HEC qui favoriserai un ch’ti eleve d’HEC pour trouver un stage ou un boulot a la sortie de son ecole de blanchiment de cervelle, hein !
          Non non non, le monde du travail est purement etincelant d’equite et d’objectivite et les DRH se basent uniquement sur l’experience des demandeurs d’emplois et certainement pas sur les 3 ans qu’ils ont passes dans une GE plus ou moins quelconque en sortant du lycee...

          • Veum
            Veum répond à Erka
            doctorant
            • Posté à 15h44 le 19/06/2008
            • Internaute 23064
              doctorant

            Et franchement il y a rien de pire qu’un DRH. Il faudrait fermer les grandes écoles de commerce...

        2 autres commentaires
    • marie 75
      marie 75 répond à deecurl
      • Posté à 10h30 le 19/06/2008
      • Internaute 3563

      message de « sauvons la recherche » :

      Bonsoir,

      Comme nous vous l’avons déjà annoncé, les derniers projets du gouvernement
      nous ont conduits à appeler au blocage du Conseil d’Administration du CNRS,
      qui devrait se tenir jeudi 19, ainsi qu’à des actions dans de nombreuses
      villes. D’ores-et-déjà, nous pouvons percevoir une mobilisation croissante
      partout en France, où de nombreuses Assemblées Générales se sont tenues et
      ont eu une forte participation ; parallèlement, les visites de Valérie
      Pécresse ont été perturbées, des motions ont été votées dans beaucoup
      d’établissements, des centaines de médaillés du CNRS ont signé un texte
      marquant leur forte inquiétude, et le Conseil Scientifique du CNRS a refusé
      à deux reprises de voter le texte qui lui était présenté.

      Jeudi, nous pouvons, nous devons faire reculer le gouvernement, en affichant
      un
      front uni pour une autre politique de recherche et d’enseignement supérieur,
      qui nécessite le refus du projet actuel de réforme du CNRS.

      Vous trouverez sur notre site plusieurs articles relatifs à cette mobilisation
      importante, à laquelle nous espérons que vous contribuerez.
      - Les actions menées le 19 (recopiées ci-dessous) :
      Lien

      - les motions votées dans les laboratoires, universités, sociétés savantes
      etc. : Lien

      - des propositions d’actions pour contribuer à la mobilisation :
      Lien

      - l’affiche et la bande son de l’appel du 19 juin :
      Lien

      - les raisons de ces actions :
      Lien

      - voir aussi le site des médaillés :
      Lien

    • marie 75
      marie 75 répond à deecurl
      • Posté à 09h57 le 20/06/2008
      • Internaute 3563

      CNRS : un échec pour Valérie Pécresse, mais ne nous rejouissons pas trop tôt...

      Ouf, au moins le Conseil d’administration du CNRS qui devait avoir lieu aujourd’hui a été reporté suite à la forte mobilisation des chercheurs. C’est déjà ça. Mais gardons-nous de chanter victoire. Le gouvernement et les grands lobbies privés et institutionnels n’ont pas pour autant renoncé à leur stratégie. Il y aura, certes, des changements de tactique, mais toujours avec le même but et cherchant à faire passer les mêmes mesures. Les pressions à caractère budgétaire (moyens, créations de postes...) aidant. Nicolas Sarkozy l’avait déjà annoncé en janvier dernier. De surcroît, les vacances d’été approchent et c’est une bonne période pour les coups fourrés. Restons donc mobilisés : PECRESSE, DEMISSION !

      Certes, la réunion du Conseil d’administration du CNRS du 19 juin a été reportée, mais d’après La Tribune, « ce conseil crucial se tiendra dans les 20 jours, a assuré la direction ». En clair, début juillet, lorsque la période des vacances aura commencé. Il ne s’agit donc pas vraiment, ou pas forcément, d’un report sine die, comme on pourrait le croire à la lecture de l’information diffusée par Le Monde et par d’autres médias. C’est justement pendant les vacances d’été 2007, que beaucoup de lois ont été adoptées. Y compris, celle sur les universités. Attention, donc, car pour les milieux d’affaires il n’est pas question d’attendre...

      L’existence du CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) français était, et reste, directement mise en cause par le projet de « réforme » que cherche à imposer Valérie Pécresse. Son Conseil d’administration du 19 juin était saisi d’une proposition découpage en instituts de fait indépendants, prélude à la disparition programmée du Centre (voir nos articles précédents). De surcroît, pour le gouvernement, le calendrier était non négociable car « contraint » par les instructions récentes du Président de la République (par exemple, son discours du 28 janvier à Orsay).

      Le document soumis au Conseil d’administration du CNRS s’intitule : « Point d’étape de la politique du CNRS sur les Instituts nationaux du CNRS, présenté à son conseil d’administration dans sa séance du 19 juin 2008 » . Son titre est déjà fort parlant. Il classe les « champs thématiques » en « quatre catégories ». D’un côté, « ceux qui sont coordonnés par des instituts nationaux » et « ceux qui remplissent d’ores et déjà les conditions pour que le CNRS demande à ce qu’ils deviennent instituts nationaux ». De l’autre, « ceux qui ont des zones de recouvrement avec d’autres organismes et ne sont donc pas exclusifs de leur domaine » et « ceux pour lesquels leur diversité rend plus difficile, à ce jour, une coordination unifiée ».

      Suivant ce classement, il est « proposé » (en réalité, imposé) de créer quatre nouveaux instituts : Institut National des Mathématiques et de leurs interfaces, Institut National de Physique et Nanosciences, Institut National de Chimie et Institut National d’Ecologie et Biodiversité. Un total de six, avec les deux instituts du CNRS déjà existants : Institut National de Physique Nucléaire et Physique des Particules (IN2P3) et Institut National des Sciences de l’Univers (INSU). Les autres domaines de recherche du CNRS, Sciences du Vivant, Sciences et Technologies de l’Information et de l’Ingéniérie, Sciences Humaines et Sociales... se trouvent confrontées à un avenir incertain.

      Le 10 juin, le Conseil Scientifique du CNRS avait émis un avis défavorable à ce projet de plan stratégique.

      La réunion du 19 juin du Conseil d’administration du CNRS n’a pas eu lieu, mais la stratégie gouvernementale n’a pas pour autant arrêté sa progression. Il sera plus facile de démanteler le CNRS lorsque le « volet universitaire » aura davantage « avancé », des transferts budgétaires au détriment du CNRS « aidant ».

      Si au CNRS il est question de mettre en place une fédération d’instituts comme une étape vers l’éclatement définitif du Centre, le Plan Campus pousse les universités exactement dans le sens inverse. Elles sont incitées à se regrouper sous la houlette des plus puissantes et des plus proches du monde industriel et financier. Il s’agit bien d’une « américanisation » supposée du système français d’enseignement supérieur et de recherche, visant à placer la recherche publique sous la coupe des intérêts des grands groupes privés. En réalité, ce processus ne date pas de l’élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République : il avait déjà commencé dans les années 1980.

      L’Institut d’Etudes Politiques de Paris (IEP ou Sciences Po), où enseignent un certain nombre de « hauts fonctionnaires » et dont des activités telles que les cours de formation continue s’adressent très largement au secteur privé, est un établissement dirigé par le conseiller d’Etat Richard Descoings, membre du Siècle d’après Marianne et invité à la réunion de 2006 du groupe de Bilderberg d’après Acrimed. Sciences Po vient de mettre en ligne un communiqué commun avec les Universités Paris Descartes (Paris V), Paris Diderot (Paris VII) et l’Observatoire de Paris annonçant un « nouveau projet intitulé Campus Universitaire Paris Centre, dans lequel les axes pédagogiques et scientifiques propres à ces établissements seront présentés accompagnés d’un programme “ d’amélioration et de développement de la vie étudiante ” commun à tous les établissements parisiens qui déposeront un dossier ». On peut lire sur le site de l’IEP de Paris :

      « Deux grandes Universités multidisciplinaires et deux Grands Etablissements unissent ainsi leurs moyens et leurs forces pour constituer, au cœur de la capitale, un ensemble universitaire d’envergure mondiale, articulé autour d’un projet scientifique faisant dialoguer de manière innovante et dynamique les sciences humaines et sociales et les sciences expérimentales. »

      Il s’agit donc d’une véritable fédération d’universités qui, à l’opposé des instituts envisagés pour le CNRS, se met en place dans le cadre d’un véritable processus de fusion.

      En même temps, force est de constater que l’actuel projet de « réforme » de la fonction publique est basé sur le « rapport Silicani » (voir notre article du 19 avril). Le conseiller d’Etat Jean-Ludovic Slicani est également membre du conseil d’administration de la Fondation Bettencourt-Schueller qui finance une chaire au Collège de France. La connexité des deux sujets paraît évidente, si on pense à l’enjeu de premier plan que constitue le statut des chercheurs. Mais de surcroît, d’après Wikipédia, la présidente de ladite Fondation, Liliane Bettencourt, « partage notamment le capital de L’Oréal avec le groupe suisse Nestlé dont elle est aussi actionnaire depuis un échange de capital réalisé peu avant la mort de Georges Pompidou, intime des Bettencourt ».

      On peut ajouter à ce tableau la circonstance que Valérie Pécresse est, toujours d’après Wikipédia, « la fille de Dominique Roux, professeur d’université et président de Bolloré Télécom. (....) mariée (...) à Jérôme Pécresse (directeur général adjoint d’Imerys, numéro un mondial des minéraux de spécialité) » et le fait que les intérêts de L’Oréal, Nestlé et Bolloré Télécom dans la recherche correspondent précisément aux secteurs du CNRS à l’avenir le plus incertain. Dans de telles conditions, et sans vouloir formuler aucune mise en cause personnelle, ne peut-on malgré tout s’interroger sur l’apparence d’impartialité et d’indépendance de l’ensemble de ces « réformes » ?

      Voir également notre article :

      Non à la disparition programmée du CNRS !

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      Indépendance des Chercheurs

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      De : Indépendance des Chercheurs

  • Tyb
    Tyb
    (par ici, par là)
    • Posté à 16h51 le 18/06/2008
    • Internaute 24914
      (par ici, par là)

    Ah ça on peut dire que c’est une catastrophe nationale, tous mes amis thésards ont du s’expatrier dans des pays plus accueillants ou vivre d’expédients.

    Le pire étant dans le domaine de la biologie, génétique & co, secteur pourtant plus que d’avenir en ce moment, autant que l’informatique voire plus, où apparemment le secteur privé en France est carrément inexistant.

    Enfin quand on atteint les 30 ans et qu’on se retourne derrière soi on se demande comment on a réussi à trouver du boulot dans ce pays : on sort de formation, l’employeur ne veut pas embaucher parce qu’on a pas d’expérience, quand on a de l’expérience on est trop qualifié ou pas assez spécialisté, et finalement au bout de dix ans, on coute trop cher.

    Bref le problème de ce pays c’est bel et bien la mentalité de papa frileux totalement déphasé des réalités scientitiques et techniques et prêt de ses sous des employeurs, surement pas le manque de candidat ou leurs qualifications

    • Tophee
      Tophee répond à Tyb
      en haut a gauche
      • Posté à 17h00 le 18/06/2008
      • Internaute 2159
        en haut a gauche

      Mon cher Tyb, vous semblez avoir une connaissance tres limitee de notre belle france et de son economie. Notre leader minimo le repete pourtant assez souvent : C’est en creant des poste de femme de menage que l’on relance la croissance. Les docteurs eux ne font que creuser le trou de la secu !

      • Erka
        Erka répond à Tophee
        • Posté à 18h25 le 18/06/2008
        • Internaute 5196

        Tout a fait.

        De toute facon, pour n’avoir jamais ete salarie au dessus du SMIC jusqu’a la fin de sa these, le docteur en recherche d’emploi ne peut refuser une offre de l’ANPE « raisonnable » (i.e. de l’ordre de 30% inferieure a son precedent salaire).

        Il lui sera donc facile de contribuer a relancer la croissance par exemple en distribuant des fanions « Team Lagardere » sur les Champs Elysees durant les JO. Ou aller accepter un poste d’agent de securite pour surveiller les plates bandes d’une residence de Neuilly ou de Clamart.

      • pablico
        pablico répond à Tophee
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 18h52 le 18/06/2008
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        la machine à faire des emplois précaires marche bien, même pour la recherche.
        c’est donc une réussite du pouvoir ! et quelle réussite.
        Il ne faut pas toujours critiquer, ils réussissent bien dans leur objectif : l’emploi précaire.

        nb / 2eme degré bien sur.

  • Lugi
    • Posté à 17h43 le 18/06/2008
    • Internaute 28945

    Aux chercheurs je propose de travailler plus. Le « pourquoi faire » NS n’a pas le temps de s’en occuper.

    Je vais me mettre à l’allemand avant la fin de mon doctorat.

  • Gandijyn
    • Posté à 21h01 le 18/06/2008
    • Internaute 30465

    A quoi sert le S.E.R.I. (Salon Européen de la Recherche et de l’Innovation) porte de Versailles ?

    une fenêtre fantôme sur une système « bouclé » et hermétique, un collectif de raccoleurs disposés à « piquer » les bonnes idées (magouille INPI, CNRS, .../... ?

    Pourquoi faire tant de publicité avec de superbes plaquettes des principales entreprises françaises et européennes, alors que depuis 30 ans les chercheurs savent qu’il faut s’exiler aux USA, en Chine, Taïwan, Japon ... pour tenter de partager et vivre leur passion ?

  • gsourima
    • Posté à 18h10 le 18/06/2008
    • Internaute 23224

    Je ferais bien une réponse point par point à cet article, mais ça ne serait que pour acquiesser à tour de bras, au vu de ma maigre expérience sur le sujet (je bosse comme ingénieur de recherche en CDD de 2 ans dans un labo public, après avoir soutenu ma thèse en décembre).

    Il y a juste un point que je souhaiterais voir éclairci (je cite) : « Mais plus dure encore est la suite, l’après-thèse. Seul un candidat sur cinq peut espérer décrocher un poste de maître de conférences. »

    Est-ce que vous auriez des stats plus complètes sur le sujet ? Il n’y a pas que les postes de maître de conf’ qui soient recherchés par les nouveaux docteurs, les postes de chargés de recherche (i.e. chercheur qui ne fait pas d’enseignement) sont aussi à prendre en compte par exemple.

    Ah, et pour être un peu plus complet il aurait été intéressant de parler rapidement des qualifs, pour les lecteurs non avertis : P

  • Quixano David
    Quixano David
    xénophile errant
    • Posté à 18h45 le 18/06/2008
    • Internaute 33280
      xénophile errant

    Je suis un de ces chercheurs en vadrouille (sauf que je suis parti directement pour un doctorat).

    Je n’ai même pas le courage de taper un commentaire tant la situation de la recherche en France est désespérante.

    P.S. : Lien dont parle l’article

  • nelmezzodelcamin
    nelmezzodelcamin
    di nostra vita
    • Posté à 20h15 le 18/06/2008
    • Internaute 3956
      di nostra vita

    merci, pour une fois, un article où on n’oublie pas qu’il y a aussi des chercheurs en histoire, en lettres classiques, en linguistique....
    Je fais partie de ces gens qui ont commencé une thèse qu’ils ne finiront jamais, pour tout un tas de raisons : avant tout parce qu’aucun financement n’est « trouvable », surtout en sciences humaines, même les postes d’ATER sont souvent à mi-temps (on bouffe un jour sur deux, on va dormir sous les ponts un mois sur 2, on nourrit un seul de ses gosses ? ? ?), il n’y a pratiquement pas d’allocations de recherches (et en plus il y a des limites d’âge plutôt basses : moi j’avais un an de trop pour pouvoir postuler...). Aussi parce que c’est un travail très solitaire hors labos de recherche, et en sciences humaines la plupart du temps il n’y en a pas.
    Quand se rajoute à ça la perspective de ne pas avoir de poste à la fin... dans mon entourage au moins trois personnes ont fait des thèses, validées avec les honneurs... et sont retournées enseigner en collège ou lycée (je ne dis pas que ce n’est pas bien, j’adore mon boulot), après avoir sacrifié des nuits, des week-ends, fait garder leurs gosses, et je ne parle pas des frais (photocopies, livres à faire venir d’autres bibliothèques, déplacements...)que ça a engendrés. Alors faire une thèse pour la gloire, franchement...

  • JP Arrachis
    JP Arrachis
    Conseil en marketing et (...)
    • Posté à 21h07 le 18/06/2008
    • Internaute 39579
      Conseil en marketing et (...)

    Bonsoir,
    A mon avis cet article illustre bien le décalage entre le monde tel qu’il est perçu par de « jeunes » universitaires et le monde des autres, on va dire le monde non-universitaire.
    Chaque semaine, je travaille avec des universitaire et les arguments développés ici reviennent systématiquement. Manque d’investissement en capital humain, manque de postes, précarisation, etc...

    Partons de la même problématique :
    « L’avenir de la recherche en France est particulièrement inquiétant. Un seul chiffre résume la situation : entre 1999 et 2004, le nombre de doctorants a baissé en France de 6%, alors qu’il augmentait dans le même temps en moyenne de 20% en Europe. Comment expliquer cet écart ? »

    D’abord on parle d’une baisse, donc d’une variation. Le nombre de thèses soutenues chaque année en Europe, et particulièrement en France, n’est il pas, proportionnellement, nettement supérieur aux E.U. ? Il faut dire qu’entreprendre un travail de thèse n’implique pas le même investissement personnel et financier suivant les pays. Si j’investis 30 ou 40 000 $ dans mes études, j’entends bien obtenir un retour sur investissement. N’est-ce pas ?

    L’argument des moyens et des postes est plus délicat. Pourquoi ouvrir plus de postes ? La réponse logique devrait être : pour offrir des opportunités professionnelles à des chercheurs qui risquent d’être captés par d’autres pays. Pourtant ce bon sens est pris en défaut par la réalité.

    Mythe numéro 1 : si l’Université offrait plus de postes, les meilleurs resteraient en France.
    Peu vraisemblable car les rémunérations offertes en France sont loin des standards mondiaux pour les « stars » de la recherche. Quand à la carrière, nous en parlerons plus loin.
    Supposons qu’un « génie » français veuille rester en France. Combien de postes se libèrent chaque année ? Très peu, la mobilité est tellement faible que dans certaines disciplines on ne passe pas la centaine chaque année. Pourquoi n’est-il pas recruté sur un de ces postes ?

    Mythe numéro 2 : avec plus de moyens et de postes, la recherche serait plus forte.
    Peut être, mais pourquoi faire ? Discutez avec ces professeurs et vous apprendrez que bien souvent ils « prennent » des thésards pour des raisons qui n’ont rien à voir avec l’intérêt de leurs recherches ou même leur esprit. Alors pourquoi ? Parce que c’est une obligation dans leur statut, il existe une prime au doctorant et puis -surtout à mon avis- parce que dans les luttes d’influence, plus on suit de thèses plus les publications du professeur sont citées et cela est bon tant pour son ego que pour sa promotion. Ce phénomène n’en est qu’à ses débuts car avec « la culture de l’évaluation » quantitative, certains se sont organisés pour faire du chiffre. Le docteur qui n’a pas de poste n’est donc pas victime de la pénurie de moyens mais de sa *crédulité*. Doctorant c’est un CDD et il n’y a pas beaucoup de CDI à la sortie.

    Mythe numéro 3 : plus de moyens rendront les études doctorales plus attractives.
    Le recrutement se fait par cooptation dans ces milieux (oui, je sais cela surprend, moi aussi, au départ je pensais à une blague). Lorsqu’un poste est créé, à quelques rares exceptions, de sections qui ne recrutent pas de « débutants », on va le réserver à un « local » par préférence à un « étranger » même plus performant. La classe universitaire assure ainsi sa reproduction.

    Ceux qui veulent aller plus loin dans cette analyse pourront télécharger le travail de recherche sur plus de 6000 thèses réalisé par :

    Olivier GODECHOT ; Alexandra LOUVET ; Le localisme dans le monde académique : un essai d’évaluation ; laviedesidees.fr

    **Attention** voisins contribuables dont les enfants fréquentent les amphis avec le secret espoir d’entrer dans ce milieu : risque de déprime !

    • marc44
      marc44 répond à JP Arrachis
      • Posté à 23h54 le 18/06/2008
      • Internaute 24488

      Cher JP Arrachis,

      votre propos qui explique qu’on investit son argent personnel en s’inscrivant en une thèse, qui serait avant tout une formation, laisse aisément prédire le reste des propos.

      Bien entendu, mieux vaut faire du marketing et du conseil, i.e. faire fortune en brassant des lieux communs lus la veille.

      Il est faux que les stars de la recherche veulent en majorité aller à l’étranger faire fortune, c’est un slogan qui circule dans l’entre-soi de l’ouest parisien.
      Que les doctorants servent de troupeau pour les directeurs de thèse : avez-vous vraiment une bonne connaissance de ces questions, ou ressassez-vous des informations de seconde main ?

      A propos du papier de Godechot et Louvet : dans mon université et d’autres voisines, les MC promus PR ailleurs étaient des mauvais MC qu’on n’aurait jamais recrutés localement, les meilleurs MC ont été promus localement.
      De nombreux excellents dirigeants, après avoir été de brillants chercheurs et directeurs de thèse dans des EPST ou universités ont fait toute leur carrière localement.

      • JP Arrachis
        JP Arrachis répond à marc44
        Conseil en marketing et (...)
        • Posté à 08h55 le 19/06/2008
        • Internaute 39579
          Conseil en marketing et (...)

        Bonjour,
        Je comprends votre réaction à mon billet, les arguments développés n’ont absolument pas cours dans ton monde. Mais au fond, nous partageons certainement la même analyse.

        « faire fortune en brassant des lieux communs... » illustre bien ma remarque de début de billet. Dans le monde non-universitaire, les sans-fortune doivent gagner de l’argent pour vivre. J’utilise (et finance parfois) les connaissances pour les appliquer au cas de mes clients. De ce point de vue, il est logique d’utiliser au quotidien des connaissances et des modèles « stables », ce que tu nommes de manière assez méprisante des lieux communs. Est-ce que chaque fois que tu consultes ton médecin, il teste sur toi une nouvelle molécule ou une nouvelle technique opératoire ? non. Est-ce que tu le lui reproches ?

        Deuxième argument, la rémunération et l’étranger.
        Les doctorants ne sont pas intéressés par l’argent mais ils réclament néanmoins qu’on leur créé des postes et veulent en finir avec la précarité. Bref, ils souhaitent une position économique tenable de préférence détachée de toute contrainte de résultat ou de création de valeur. Comme n’importe quelle profession, la recherche doit permettre d’en vivre, l’argent, même si vous ne voulez pas l’avouer, est important.

        Concernant les départs à l’étranger et la mobilité, mes arguments n’ont pas été assez explicites dans mon premier billet.

        Les doctorants (sauf ceux d’un niveau vraiment international) n’ont aucun intérêt à partir à l’étranger (ni d’ailleurs à être bon) en raison du mode de recrutement par cooptation. Les sociologues (et les marketeurs aussi, désolé) nomment cela un réseau de connivences de proximité. Si vous partez, vous perdez votre statut dans le groupe et le futur poste sera attribué à un autre qui est resté là pour courtiser les « recruteurs ». Pire encore, si vous postulez avec un CV de haut niveau, qui parmi vos pairs recruteurs va prendre le risque d’accueillir un élément brillant susceptible de faire de l’ombre à ceux en place ? Personne.

        Voilà qui confirme ma première analyse : créer des postes et augmenter les moyens n’auront pas d’effet sur le niveau général de la recherche en France.
        La loi LRU va dans le bon sens avec les comités de sélection.

        Pour les thésards comme « petites mains » des directeurs de thèse, vous pouvez aller sur le site de l’Université de Genève. Cette institution est très en pointe en matière de réflexion sur le plagiat universitaire. Vous y lirez des choses édifiantes.

        Le dernier paragraphe, relève d’une approche scientifique à la TF1, face à une étude publiée portant sur plus de 6000 docteurs, vous placez un cas particulier. Argument fallacieux, non recevable.

        En tout cas merci pour cet échange, cela m’aide à mieux comprendre certains de mes clients.
        Bonne chance à tous.

    • Veum
      Veum répond à JP Arrachis
      doctorant
      • Posté à 00h53 le 19/06/2008
      • Internaute 23064
        doctorant

      Le très gros mythe à coté duquel vous passez, c’est que les scientifiques, les chercheurs, particulièrement ceux qui se destinent à la recherche publique, seraient attirés par l’argent.
      C’est tout simplement faux. Ils veulent juste faire leur boulot, et que ça leur permette de vivre, pas de faire fortune, avec la villa, et changer la jaguar tous les trois mois.
      Enfin la production de la recherche est avant tout basée sur le temps de cerveau disponible pour réfléchir (ça semble tellement évident dit comme ça...), alors certes ils faut des moyens en matériel, mais avant toute chose il faut des postes pour les chercheurs ! Et pas des postes où ils passeront leur temps à chercher des financements pour leurs thésards/post docs !

    • SansVisage
      SansVisage répond à JP Arrachis
      Chercheur à l'université
      • Posté à 13h48 le 19/06/2008
      • Expert 40079
        Chercheur à l'université

      Cher JP Arrachi

      Je cite :
      Partons de la même problématique :
      « L’avenir de la recherche en France est particulièrement inquiétant. Un seul chiffre résume la situation : entre 1999 et 2004, le nombre de doctorants a baissé en France de 6%, alors qu’il augmentait dans le même temps en moyenne de 20% en Europe. Comment expliquer cet écart ? »

      D’abord on parle d’une baisse, donc d’une variation. Le nombre de thèses soutenues chaque année en Europe, et particulièrement en France, n’est il pas, proportionnellement, nettement supérieur aux E.U. ? Il faut dire qu’entreprendre un travail de thèse n’implique pas le même investissement personnel et financier suivant les pays. Si j’investis 30 ou 40 000 $ dans mes études, j’entends bien obtenir un retour sur investissement. N’est-ce pas ?

      Je vous suis sur votre remarque sur la baisse de nombre de thèses en europe. Vous auriez une source pour ces chiffres ? Par contre je ne vous suis pas trop sur le prix : 30 ou 40 k$ ? C’est à dire ? Le prix que vous payez pour les études ? Je ne comprends pas...

      Votre mythe numéro 1 est complètement faux selon mon expérience (je suis post doc en chimie à Genève, justement...). Les chercheurs français ne veulent pas spécialement un énorme salaire. Ce qui guide la majorité des chercheurs (toutes nationalités confondues), c’est d’avoir des moyens suffisants pour mener leurs expériences et un poste. Alors c’est vrai qu’en France, le salaire est moindre (environ 2000 euros pour un MC avec qq années d’expérience) mais personnellement j’apprécierais de pouvoir revenir. Bref le salaire n’est pas en cause ici !

      Votre mythe numéro 2 est très limite... Je cite : « avec plus de moyens et de postes, la recherche serait plus forte.
      Peut être, mais pourquoi faire ? » Ah ben oui, vu comme ça, c’est plus facile ! Non, supprimons des postes et coupons les crédits (c’est déjà en route), ça ira mieux ; -). Bon, je dirais seulement que pendant ces premières années dans le monde de la recherche, j’ai vu les conditions se dégrader : les maitres de conf. passionnés passent 10 à 30% de leur temps à chercher de l’argent pour mener leur recherche, ceux qui ne foutent rien sont quant-à-eux tranquilles (et oui je suis lucide, il y en a tout comme dans le privé). Le reste de votre argumentation est -elle aussi- limite. Oui le doctorant n’est pas qu’un gentil étudiant mais un enjeu financier (pour les primes) et stratégique (pour avancer plus vite dans son domaine de recherche) mais il s’agit là de points communs à n’importe quel poste dans n’importe quelle entreprise (sauf pour la prime, je vous l’accorde)
      Pour le mythe numéro 3, les choses changent petit à petit. Mais je n’ai que mon expérience personnelle pour en parler.

      Voilà pour ma petite pierre dans ce débat, désolé mais vos arguments m’ont fait bondir. En tout cas, article intéressant !

      • gsourima
        gsourima répond à SansVisage
        • Posté à 14h13 le 19/06/2008
        • Internaute 23224

        « Par contre je ne vous suis pas trop sur le prix : 30 ou 40 k$ ? C’est à dire ? Le prix que vous payez pour les études ? Je ne comprends pas... »

        Je pense que notre voisin parle du prix des études à l’université aux Etats-Unis.

         
        • Quixano David
          Quixano David répond à gsourima
          xénophile errant
          • Posté à 16h06 le 19/06/2008
          • Internaute 33280
            xénophile errant

          Pour une licence (Bachelor) obtenue en 4 ans, les frais de scolarité coûtent (à la louche) autour de $10000 par an.

          Par contre, les frais de scolarité pour les doctorats (toujours) et les maîtrises (souvent) sont couverts par une position d’assistant pédagogique.

          Je ne suis donc pas d’accord avec notre voisin puisque les thèses ne réprésentent aucun investissement financier supplémentaire.

        2 autres commentaires
    • Tom Roud
      Tom Roud répond à JP Arrachis
      • Posté à 17h29 le 19/06/2008
      • Internaute 18046

      @ JP Arrachi :

      « Le nombre de thèses soutenues chaque année en Europe, et particulièrement en France, n’est il pas, proportionnellement, nettement supérieur aux E.U. ? »

      Non, c’est faux. C’est même le contraire. On en avait déjà discuté chez versac : (Lien), je reprends le commentaire de Proteos :

      « En France, en 2004, 9302 doctorats ont été délivrés. En supposant que le nombre soit identique en 2006, cela fait en gros 9300 doctorants pour 63 millions d’habitants, soit 147 doctorats/Mhab.
      Sources :
      Lien
      Lien

      Aux USA, sur l’année 2003-2004, 42155 doctorats ont été délivrés. Les USA comptent 303Mhab. Soit 139 doctorats/Mhab. »

      Le problème, c’est que les thèses sont beaucoup plus longues aux US (au minimum 5 ans) qu’en France (3 ans théorique). Donc en terme de puissance scientifique, les US sont très clairement devant nous.

      L’argument financier est une contre vérité. Les étudiants en thèse aux US sont PAYES pour faire leur thèse. Les études ne sont certes pas gratuites, mais à partir du doctorat vous avez un salaire. C’est normal : les américains ont compris que la recherche est faite et repose sur les épaules des étudiants en thèse, et qu’une thèse est un vrai travail, utile, et doit être payé comme tel.

      Réponse au mythe 1 : s’il y avait plus de postes, les bons français ne reviendraient peut-être pas, mais au moins ils ne partiraient pas. L’avantage comparatif historique du système français était de titulariser les gens jeunes (ce qu’on est en train de perdre). Le salaire n’est je crois pas le problème crucial (même si être bien payé serait un plus et que le salaire des chercheurs français est clairement trop bas) : si on voulait faire du fric, on ne ferait pas de recherche. En revanche, les moyens disponibles comptent beaucoup plus.

      Réponse au mythe 2 : on a changé d’époque. On ne peut plus faire de la recherche (en biologie en particulier) avec trois francs six sous et des bouts de ficelles. Un microscope performant, pour faire de l’imaging en biologie, c’est tout de suite plusieurs centaines de milliers d’euros. Donc les moyens sont nécessaires pour de telles dépenses d’équipement, et on est je pense à la rue en France.
      Quant aux thésards, dans un système avec moins de postes et avec plus de contraintes administratives, ils sont nécessaires pour faire de la recherche car ils sont les seuls à pouvoir s’y consacrer à plein temps.

      Tom Roud, chercheur/blogueur expatrié, Lien

      • gsourima
        gsourima répond à Tom Roud
        • Posté à 18h44 le 19/06/2008
        • Internaute 23224

        « L’argument financier est une contre vérité. Les étudiants en thèse aux US sont PAYES pour faire leur thèse. Les études ne sont certes pas gratuites, mais à partir du doctorat vous avez un salaire. C’est normal : les américains ont compris que la recherche est faite et repose sur les épaules des étudiants en thèse, et qu’une thèse est un vrai travail, utile, et doit être payé comme tel. »

        Juste une petite précision pour être équitable : *certaines* thèses en France sont également rémunérées. Les bourses sont en fait des fonds versés au labo, qui les reverse qu doctorant sous forme de salaire on ne peut plus classique. Par contre les salaires sont beaucoup plus bas qu’à l’étranger, et au bout de 3 ans il faut trouver un moyen de prolonger le financement si l’on a pas encore pu soutenir.
        A titre d’exemple, je pense faire partie de ces doctorants assez privilégiés, et j’ai dû gagner en moyenne environ 1400€ nets par mois pendant 3 ans.

        [EDIT] Par contre sur le reste je suis assez d’accord avec vous ! :)

      • Adrien Matray
        Adrien Matray répond à Tom Roud
        Etudiant à l'Ecole d'économie (...)
        • Posté à 19h50 le 22/06/2008
        • Internaute 44509
          Etudiant à l'Ecole d'économie (...)

        Bonjour,

        merci beaucoup pour avoir porté à ma connaissance ces chiffres que je cherchais effectivement.

        Je nuance votre propos sur les « thésards » sur deux aspects :
        - même si les quelques cas existent de chercheurs très brillants ayant accomplis leur oeuvre majeure pendant leur thèse existent, les jeunes doctorants sont encore en partie en formation et on ne peut faire porter sur eux seuls l’effort de recherche
        - les doctorants sont soumis à de nombreuses obligations administratives ou professionnelles (cours à préparer, travaux en parallèle pour financer leur thèse) qui acaparent une large partie de leur temps.

    • Léonard
      Léonard répond à JP Arrachis
      chercheur (errer humanum est)
      • Posté à 16h03 le 20/06/2008
      • Expert 24584
        chercheur (errer humanum est)

      Votre réaction est révélatrice à plus d’un titre. Cela étant, la réfuter nécessite une argumentation précise. Or ceci n’est possible que sur les données factuelles. Or la plupart des termes employés sont indéfinis - « les meilleurs », les « stars » de la recherche, les « standards » de rémunération, etc, etc. Ces termes que vous vous gardez bien de définir, supposent un cadre que nous ne sommes nullement contraints d’accepter : les chercheurs (et l’auteur de ce commentaire en est un) ne se considèrent en général ni comme des génies ni comme des planqués, ne réclament pas des fortunes comme salaires, et travaillent honnêtement. Quant à la fameuse création de « valeur », valeur ajoutée si consubstantielle à vos yeux au travail humain et en particulier à la recherche, qui vous qualifie pour la mesurer (sinon vos supérieurs peut-être) ?

      Dans le climat général actuel, chaque corps de profession est également sommé de justifier son utilité sociale, mais comme dirait Coluche, certains plus également que d’autres. D’autres, et ce mécanisme a été démonté ailleurs, disent : divide and conquer. (C’est un algorithme scientifique, mais c’est aussi une stratégie politique.)

      Si l’on examine vos trois arguments : ils reposent sur la négation d’une implication « si... alors... ». Si l’on dissocie l’idée de son implémentation, on s’aperçoit que vous ne discutez rarement ou très brièvement l’idée elle-même (donner plus de moyens à la recherche, etc), mais vous contestez surtout ceux qui sont déjà en place.

      C’est bien entendu votre droit le plus strict et sur ce point seulement je peux en partie partager votre point de vue. Malheureusement cela ne dit absolument rien du fond.

      Ensuite, si l’on examine le reste de vos arguments de fond :

      « Pourquoi ouvrir plus de postes ? La réponse logique devrait être : pour offrir des opportunités professionnelles à des chercheurs qui risquent d’être captés par d’autres pays. Pourtant ce bon sens est pris en défaut par la réalité. »

      Il n’y a pas de réponse logique ou illogique. Il n’y a que des choix politiques. Nous verrons plus loin ce que vaut aujourd’hui le terme « opportunités professionnelles ».

      A titre d’exemple : l’Islande, un pays plus de 5 fois plus petit que la France, consacre une partie élevée (7,6 % en 2003 !)de son pib à l’éducation. Le niveau est remarquable. Simplement, on n’en parle pas parce que ce n’est pas le modèle économique (en termes de financement et de répartition) que les grands groupes industrialo-commerciaux préconisent. Allez donc regarder du côté de l’European Round Table.
      (Source : Lien )

      Le mythe du chercheur capté par un autre pays est une variable relative autant au pays et à son économie qu’au chercheur lui-même. (On appréciera au passage le passif : le bon chercheur est capté par un autre pays, mais il ne cherche pas de travail. Sous-entendu : seuls les mauvais chercheurs cherchent... du travail.) Il y aura toujours par exemple, et de manière structurelle, une « fuite des cerveaux » des chercheurs israéliens vers l’étranger (Etats-Unis principalement mais aussi Europe) et précisément, le niveau scientifique en Israël est extrêmement élevé.

      Bref, cela ne change rien aux données du problèmes. Cela veut seulement dire qu’avec des moyens et des contraintes différentes et probablement aussi avec des idées différentes, deux pays aussi différents qu’Israël et l’Islande ont investi largement, durablement et fondamentalement, dans la recherche. La situation en France est différente, mais on sait, en comparaison, qu’ici les capitaux sont énormes, que la France est en situation de paix et que personne n’a proféré de menace de destruction à son encontre.

      En un mot : il n’y a pas de fatalité, il n’y a que des choix de valeurs. Faire de la recherche une priorité politique avec des moyens humains ne relève pas de la logique, mais est un choix politique.

      Ensuite, la fameuse ’cooptation’ entre scientifiques. Expliquez-moi je vous prie comment les scientifiques pourraient-ils être choisis autrement que par d’autres scientifiques ? Qu’il y ait des personnalités extérieures, tout le monde trouve cela bien, mais sur quelle base autre que scientifique un chercheur peut-il être recruté ? Le copinage ? Ah bon, parce que cela n’existe pas dans d’autres corps de professions ? Vous prenez les chercheurs pour des abrutis ou des saints ? Reste le recrutement local : conformément aux desiderata de l’European Round Table il y a deux décennies, la mobilité des chercheurs s’est considérablement accrue depuis une dizaine d’années. Il est quasi-impossible (à moins de disposer d’une recommandation d’un Nobel à peu près) d’être recruté localement dans certaines disciplines (par exemple mathématiques) en France aujourd’hui. Cela étant, le recrutement local existe encore, mais je ne m’empresserai pas de le condamner comme vous le faîtes. Il y a trente ou quarante ans, personne ne parlait de recrutement local. Et pour cause. Si les poids lours économiques industriels de l’European Round Table ont réclamé et ont obtenu de la Commission Européenne une mobilité généralisée, ce n’est pas précisément pour des motifs de « réussite » ou de « qualité ». Ce n’est pas non plus que la précarité est un excellent moyen de pression. C’est que la précarité est le *meilleur* moyen de pression dans une société (qui a encore un semblant de démocratie, sinon effectivement, il y a encore d’autres moyens disponibles). C’est rarement exprimé comme tel, mais il arrive que certains grands patrons le disent expressément, avec franchise. *Eux* au moins ont ce mérite, il faut le reconnaître.

      A part cela, vous affirmez sans ciller « Le docteur qui n’a pas de poste n’est donc pas victime de la pénurie de moyens mais de sa *crédulité* ». L’European Round Table et leurs amis ne vous en demandent pas autant, puisqu’eux se chargent d’organiser la pénurie de moyens et de l’abondance de CDD toujours plus flexibles. Le politique (de droite comme de gauche) est un excellent relais de leurs intérêts. Rien de neuf sous le soleil.

      Ainsi en est-il de la fameuse « lutte d’influence » à l’université. Là il faut reconnaître que notre « conseil en marketing et en influence » a su voir juste : il y a en effet une lutte d’influence à l’université et elle est parfois féroce. A une nuance près qu’il semble étrangement méconnaître : les chercheurs gèrent une crise qui leur est imposée. Quand on distribue des miettes à ceux qu’on a affamés (disons un demi-poste d’ATER attaché temporaire d’enseignement et de recherche, pour un salaire inférieur au smic, pour des dizaines de candidats), bien sûr, il y a une « lutte d’influence » comme l’écrit notre ami qui se dit « spécialiste en marketing et en influence ». Voilà pour la nuance en question.

      Comme je l’ai écrit et dit en d’autres lieux, les chercheurs sont les ouvriers du monde de demain. Et encore ils ont moins de droits que les ouvriers. Les contrats européens mentionnent le nom des chercheurs en annexe du contrat seulement. En d’autres termes, les chercheurs sont des prestataires de services. Certes, le jargon de la commission européenne assure certains droits aux chercheurs. Mais comment peuvent-ils les faire valoir en cas de conflit, vu qu’ils ne sont pas reconnus comme interlocuteur par la commission européenne qui ne connaît que des institutions ou des sociétés (et quand je dis sociétés, il ne s’agit qu’excessivement rarement de la PME que vous ou votre frère pourrait envisager de monter) ? Le contrat entre le chercheur et l’institution est privatif et ne protège guère le chercheur. La situation n’est pas très différente, structurellement parlant, de l’ouvrier de naguère, du début de la révolution industrielle.

      A une différence près : être ouvrier impliquait une vie solidaire d’autres ouvriers, de compagnons de route. Les ouvriers disposaient d’une presse, d’une culture qui leur étaient propres. Il ne s’agit certes pas d’idéaliser cette culture. Mais indiscutablement, le chercheur d’aujourd’hui, pour éduqué qu’il soit technocratiquement parlant, est nomade et livré à lui-même dans des choix qui lui sont dans une large mesure imposés et dans la construction d’une société d’intérêts étrangers aux siens.

      Si décalage il y a entre monde universitaire et non-universitaire, comme se complaît à le remarquer notre conseil en marketing, ce décalage est largement en train de disparaître. Lui doit s’en réjouir, mais ni l’université ni nous-mêmes, universitaires ou non, n’en sortons plus glorieux.

  • labyrinthesansissue
    labyrinthesansissue
    dilettante
    • Posté à 07h23 le 19/06/2008
    • Internaute 44561
      dilettante

    La recherche publique est mourante, sous les assauts répétés de plusieurs gouvernements successifs (Chirac en a été le bourreau, Sarkosy en est le fossoyeur) la recherche privée inexistante... il nous reste la tour Eiffel, les vins de Bordeaux et le pèlerinage de Lourdes.

  • sebast440
    • Posté à 09h36 le 19/06/2008
    • Internaute 41114

    quand on sait la manière dont sont effectués les recrutements des chercheurs (université ou CNRS) où les bonnes relations et le copinage ont tendance à prendre le pas sur la qualité du dossier, ça laisse encore plus d’espoir pour ceux qui veulent jouer le jeu.

    • gsourima
      gsourima répond à sebast440
      • Posté à 10h27 le 19/06/2008
      • Internaute 23224

      *s’étouffe* argghhh....

      Je ne remets pas en cause (et j’espère ne jamais le faire) vos propos... Mais s’il-vous-plaît : modérez-les !

      Oui, il y a des labos où le ’copinage’ a une grande influence sur le recrutement (mais c’est aussi lié au fait que l’on recrute quelqu’un qu’on connait, c’est plus rassurant bien souvent), mais il y en a aussi où c’est totalement l’inverse, et ça me ferait plaisir qu’on arrête de l’oublier ; -)

      Par exemple : j’ai fait ma thèse à Rennes (en info), dans une UMR qui regroupe l’INRIA, l’Université de Rennes1, le CNRS et l’INSA. Mes chances d’être recruté comme Maître de Conf’ ou Chercheur à Rennes ? Elles sont tout simplement nulles. Les commissions de recrutement refusent tout simplement de vous classer si vous n’avez pas bougé dans un autre labo avant.
      C’est arrivé à un copain à moi assez brillant (prix national de thèse dans son domaine, un nombre de publis de très bonne qualité impressionnant, etc.).

      Je ne souhaite pas ici faire l’apologie des recrutement locaux, juste noter pour une brève postérité que ce n’est pas une généralité ; -)

      Cordialement

      • sebast440
        sebast440 répond à gsourima
        • Posté à 09h48 le 21/06/2008
        • Internaute 41114

        ce n’est pas une généralité mais très courant... il n’y a qu’en France où l’on peut trouver autant de laboratoires consanguins ce qui n’est pas terrible pour le brassage des idées.
        Je pourrais vous citer facilement d’autres exemples de recrutement locaux par le CNRS (pas plus tard que cette année en 2008) alors que sa politique est d’éviter cela... il est très facile de sortir des cas particuliers.

  • papy55
    papy55
    prof. en province
    • Posté à 09h37 le 19/06/2008
    • Internaute 24237
      prof. en province

    « A l’heure où l’on glorifie “l’économie de la connaissance”.... »

    Je crains de faire une « bonne » interprétation, s’agit-il de « se passer » de la Connaissance au profit d’un enrichissement matériel immédiat mais éphémère ou d’une nouvelle théorie économique ?

    • deecurl
      deecurl répond à papy55
      • Posté à 09h47 le 19/06/2008
      • Internaute 13077

      en tout cas, personnellement c’est comme ça que je le comprends et ça fait froid dans le dos...

    • Adrien Matray
      Adrien Matray répond à papy55
      Etudiant à l'Ecole d'économie (...)
      • Posté à 12h34 le 19/06/2008
      • Internaute 44509
        Etudiant à l'Ecole d'économie (...)

      Bonjour,

      je réponds à vos craintes. Il ne s’agit en aucun cas de se passer de la connaissance. Cette phrase faisait simplement référence à « l’économie de la connaissance », telle qu’elle est définie dans la stratégie de Lisbonne et tel que ce mot est souvent employé par différents acteurs politiques. Il s’agit juste de l’idée selon laquelle l’innovation et la connaissance deviennent de plus en plus important pour la compétitivité économique et que la croissance de demain repose sur les idées d’aujourd’hui.

      • papy55
        papy55 répond à Adrien Matray
        prof. en province
        • Posté à 13h38 le 19/06/2008
        • Internaute 24237
          prof. en province

        Vous dites qu’il s’agit en fait d’une théorie économique inscrite dans « la stratégie de Lisbonne ».

        En fait si la Recherche se porte si mal en France, c’est parce qu’en France on ne tient donc pas compte de cette stratégie.

        « Lisbonne » ayant du plomb dans l’aile, on fera donc l’économie de la Connaissance !

  • Jack Sullivan
    Jack Sullivan
    en boule
    • Posté à 09h40 le 19/06/2008
    • Internaute 42204
      en boule

    « un système assez simple, reposant sur les institutions et les mécanismes actuels, pourrait permettre de développer rapidement au niveau européen un programme de mobilité pour les jeunes chercheurs »

    Ahem, c’est à dire que ça existe, ça s’appelle Bourses Marie Curie (qui concernent à la fois les chercheurs confirmés et les jeunes chercheurs) et Research Training Networks (réseaux de formation par la recherche).
    Problème des premières : dans tous les cas le candidat doit avoir une institution de départ qui promette de l’embaucher à son retour ! Je vous laisse imaginer le degré de crédibilité de cet impératif lorsqu’on connaît un tant soit peu la précarité des jeunes chercheurs. J’ai un temps envisagé de candidater, j’ai dû renoncer pour cette raison précise car une fois ma thèse finie mon labo d’origine considérait ne plus avoir de lien avec moi (ce qui était à strictement parler exact).

    Problèmes des seconds : censés contribuer à la formation des jeunes chercheurs (niveau PhD) en leur permettant d’effectuer des séjours dans les différents laboratoires participant à un réseau donné, leur finalité se trouve dans les faits détournée par beaucoup de chefs de labo. Ceux-ci en profitent pour recruter des post-doctorants qu’ils affectent aux basses oeuvres, les crédits de fonctionnement servent au tout-venant des commandes de tout le monde et, cerise sur le gâteau, aucune activité de « networking » n’a jamais lieu, chacun travaillant dans son coin. Le tout sous le regard courroucé d’un correspondant venu de Bruxelles dont les remontrances sont impuissantes à empêcher une reconduction des crédits l’année suivante. Ca, c’était mon second post-doc, une expérience, disons, marquante.

    Qu’on me parle de la nécessité de mobilité, je veux bien, j’ai donné plus que ma part il me semble. Mais être « mobile » et garder des contacts qui puissent faciliter l’accès à un poste à son retour, c’est une mission quasi impossible, quoi qu’on essaie de nous faire croire. Quand on est parti, c’est « loin des yeux loin du coeur », situation qui arrange le labo étranger (les posts-docs français sont extrêmement appréciés du fait de la qualité de notre formation) et les labos français (pas de petit jeune ultra-performant pour faire de l’ombre aux vieux croûtons en place ou à leurs chouchous pantouflards).

  • Nicolas Brousse
    Nicolas Brousse
    Etudiant à Paris
    • Posté à 12h28 le 19/06/2008
    • Internaute 118
      Etudiant à Paris

    C’est absurde d’en rester là. La recherche doit avoir toute sa place en France et, surtout, elle doit avec les moyens d’exister et d’innover. Hélas, les caisses de l’Etat sont vides ce qui entraîne un manque d’investissements dans la recherche. Au passage, on se demande où va l’argent des impôts...

    A ce stade, le seul moyen de relancer la recherche en France, c’est de faire appel à des fonds privés. Ceci demande deux choses :

    - Une loi qui facilite l’appel à des fonds privés qui investissent dans le secteur de la recherche.

    - Un changement de mentalités des entreprises françaises qui consiste à être davantage généreux envers l’éducation et la recherche. Contribuer plus à ces secteurs, c’est donner de l’avenir à tout le monde.

    L’Etat peut alors favoriser la recherche, trouver du nouveau matériel, motiver ses troupes, et trouver plus facilement des chercheurs. Mais, comme notre Gouvernement a l’habitude de faire des réformettes, inutile de dire que cela pourrait prendre beaucoup de temps.

    Il est quand même honteux de savoir que des personnes se sont battus pendant leurs études (on parle là de 7 à 10 ans d’études) pour décrocher un poste au CNRS et qui gagnent aux alentours de deux mille euros. Forcément, ça donne envie d’aller chercher ailleurs.

    • deecurl
      • Posté à 12h50 le 19/06/2008
      • Internaute 13077

      mais dans ce cas, quid des sciences humaines et de la recherche fondamentale ?

      la politique d’investissement dans la recherche d’une entreprise ira forcément dans le sens de ses intérêts. donc la recherche fondamentale et les sciences humaines seront passées à la trappe pour privilégier quelque chose de plus « immédiat ». l’innovation est bien sûr extrêmement importante mais n’est pas tout.

      mieux connaître le fonctionnement de notre monde et de nos sociétés est aussi capital.

    • Compte supprimé 6
      • Posté à 13h59 le 19/06/2008
      • Internaute 42815

      Bonjour Nicolas,

      non les caisses ne sont pas vides, regardez, la France a doublé son aide à l’Afghanistan avec 107 millions d’euros ; le budget de l’Elysée a triplé ; la rémunération présidentielle a pris 140% (sur 5 ans ce n’est pas négligeable) ; sans parler du paquet fiscal qui est vraiment, mais alors vraiment mal venu (entre 13 à 15 milliards d’euros en moins).

      Les « grands » patrons du CAC40 s’augmentent de 40%, du jamais vu, ils n’ont jamais été aussi riche ; la France se fait voler 5 milliards d’euros par un pays « inconnu » et la Société Générale nous dit qu’elle a « perdu » cet argent français... sans compter les autres opérations du même genre dans toutes les places financières de France.

      Je pense que c’est sûr la répartition des richesses qu’il faut vraiment faire quelque chose, les miettes du gâteau sont de plus en plus petite, pourtant le gâteau grossit.

      Ceci étant dit, votre analyse est loin d’être fausse, vous parlez des conséquences, mais il faut trouver la cause de ces conséquences. La formule Sarkosienne « les caisses sont vides » me paraît beaucoup trop simpliste.
      L’argent existe, mais il est détourné toujours par les mêmes filous de la finance.

      • Nicolas Brousse
        Nicolas Brousse répond à Compte supprimé 6
        Etudiant à Paris
        • Posté à 10h17 le 20/06/2008
        • Internaute 118
          Etudiant à Paris

        Oui, c’est vrai, « les caisses sont vides » est un peu simpliste comme expression. Je voulais simplement dire, d’une manière plus forte et directe, qu’il y a cette dette qu’il faut rembourser. D’où l’idée de limiter les dépenses. Mais, comme vous le dites, ça ne semble pas être le cas actuellement.

  • Thierry Catrou
    • Posté à 13h15 le 19/06/2008
    • Internaute 16623

    Le problème soulevé existe de longue date. Souvenez vous des « Intellos précaires » qui a déjà une demi-douzaine d’années et qui avait obtenu un notable succès. Certes le phénomène s’est accentué mais ce que nous décrivaient les deux auteurs ressemble étrangement à la situation actuelle. Or, elles soulignaient l’absence de réaction de tous ces « intellos » perdus dans leur recherche ou des gratifications symboliques sans prix. On peut toujours déplorer, se lamenter mais en la matière il serait hautement urgent de se mobiliser. La roue du temps s’accélère et si les jeunes chercheurs ne réagissent pas très vite leur précarisation risque fort d’être bien plus grande à l’avenir. Pour l’heure quelques vagues associations et la Cé (confédération étudiante proche de la CFDT) tentent de proposer des solutions mais elles sont trop seules. Battez vous !

  • Gandijyn
    • Posté à 16h37 le 19/06/2008
    • Internaute 30465

    Autosatisfaction, congratulations éphémères jusqu’au prochain salon européen..., manipulation médiatique ? Ils en mettent plein la vue !

    - Le Salon Européen de la Recherche & de l’Innovation est devenu en 4 ans un lieu de rencontre privilégié unique en Europe pour l’ensemble des acteurs de la R&D-R&I et joue un rôle de maillage qui favorise le développement des projets publics et privés.
    C’est sous le signe des réponses aux grands défis de la planète que le SERI 2008 s’est déroulée avec succès du 05 au 07 juin à Paris Expo-Porte de Versailles dans le hall 5 sur une superficie totale de 14 850 m².

    - Le SERI 2008 continue sa progression vers un visitorat de plus en plus qualifié et s’installe dans le paysage des salons internationaux incontournables avec cette année, 15 pays représentés (Allemagne, Belgique, Egypte, Finlande, Grèce, Hongrie, Israël, Italie, Luxembourg, Malte, Roumanie,USA, Suisse, Grande-Bretagne et Russie).

    - Pendant 3 jours, 25 248 visiteurs (soit une progression de 4% par rapport à 2007) sont venus découvrir les tendances et innovations technologiques de 360 exposants (institutions, industriels, régions, pays, enseignement supérieur, organismes d’aides à la création…) et assister à 103 conférences.

    - multidiffusion depuis mardi 10 juin 18h
    Comment se porte la recherche publique et privée en Europe : voir la vidéo
    Testeur d’humidité des végétaux, simulateur médicale et robotique au salon européen de la recherche : voir la vidéo

    - JT 13h vendredi 06 juin
    Le Salon de l’innovation ouvre ses portes : voir la vidéo
    JT 13h samedi 07 juin
    Le salon de l’innovation mise sur l’environnement : voir la vidéo

    - RTL Matin Christophe Hondelatte, vendredi 06 juin flash de 7h30 passage à 7h37mn35s
    Ecouter l’émission

    - Info SciencesMarie-Odile Monchicourt, mercredi 04 juin
    Ecouter l’émission

    - Actualités par Agnès Rougier, samedi 07 juin
    Ecouter l’émission

    FONDAMENTAL EXPO
    SALON EUROPEEN DE LA RECHERCHE & DE L’INNOVATION
    20 rue Saint Didier - 75116 Paris
    Contact : Lien

  • pegaze
    pegaze
    ingé
    • Posté à 20h38 le 19/06/2008
    • Internaute 25303
      ingé

    dans les domaines de recherche qui ont le vent en poupe, une bonne partie des bourses de thèse sont obtenues par des étudiants sortant d’une école, tandis que les étudiants issus de l’université se retrouvent singulièrement souvent écartés des thèses. beaucoup de choses ne sont pas cohérentes dans ce système, beaucoup de filtres à connaitre pour ne pas se faire sortir de la recherche aussi, ce qui demande une connaissance et des compétences différentes de celles attendues de chercheurs.

  • marie 75
    • Posté à 10h05 le 20/06/2008
    • Internaute 3563

    APPEL À MOBILISATION
    POUR LE LANCEUR D’ALERTE
    CHRISTIAN VÉLOT
    25 juin 2008
    10h30 à Orsay
    (Entrée du campus*)
    15h à Paris
    (Luxembourg**)

    Informations pratiques pour soutenir Christian Velot
    * À Orsay (RER B - Orsay Ville), le rendez-vous est fixé à 10h30 à l’entrée du campus, rue Élisa Desjobert.
    ** À Paris, la manifestation démarrera à 15h de la Place Edmond Rostand (à proximité du parc du Luxembourg).
    Pour vous rendre sur le campus d’Orsay ou pour toute autre information concernant la manifestation : Lien
    Les organisations sont invitées à venir sans leurs drapeaux mais avec banderoles et slogans.

    Christian Vélot est enseignant-chercheur
    en génétique moléculaire à
    l’Université Paris-Sud. Depuis 2002, il
    est responsable d’une équipe de recherche à
    l’Institut de Génétique et Microbiologie (Institut
    mixte CNRS – Université) sur le Centre
    Scientifique d’Orsay.
    Parallèlement à son activité d’enseignement
    et de recherche, il anime sur son temps personnel
    de nombreuses conférences à destination
    du grand public sur le thème des
    OGM. Ses conférences didactiques, dont
    l’une a notamment servi de document de
    travail à l’intergroupe OGM du Grenelle de
    l’Environnement, ont permis à de nombreux
    citoyens d’avoir accès à une connaissance de
    la réalité des OGM et ont contribué à la prise
    de conscience raisonnée des risques qu’ils
    portent. Il est souvent intervenu en tant
    que témoin dans les procès de faucheurs
    volontaires.
    Christian Vélot fait partie de ces lanceurs
    d’alerte qui oeuvrent pour faire valoir la
    réalité de certains risques et engager des
    débats démocratiques, là où l’obscurité et
    l’opacité sont de règle.
    Cet engagement lui vaut aujourd’hui, de la
    part de la direction de son Institut, de nombreuses
    pressions morales et matérielles,
    depuis l’accusation infondée d’impliquer
    son institution dans ses prises de position
    publiques, la confiscation de la totalité de
    ses reliquats de crédits pour 2008 et 2009,
    la privation d’un étudiant stagiaire, jusqu’à
    l’annonce de l’exclusion arbitraire de son
    équipe de l’Institut à partir de fin 2009. De
    plus, Christian Vélot et son équipe ont fait
    l’objet pendant plus d’un an d’un harcèlement
    pour qu’ils quittent leurs locaux (allant
    jusqu’à la menace d’un déménagement
    manu militari)
    au prétexte de la
    mise en place d’un prétendu
    pôle de biotechnologie
    qui s’est avéré
    être un projet fantôme
    pas même budgétisé.
    Nous demandons que toutes
    les conditions soient rassemblées
    pour que Christian Vélot, avec
    son équipe, puisse
    poursuivre ses activités
    de recherche
    indépendante, ce qui
    implique notamment
    que la totalité de ses crédits lui soient restitués
    et que sa direction revienne sur la décision
    arbitraire de l’évincer après 2009.
    Au-delà du cas de Christian Vélot, nous appelons
    également à une très grande vigilance
    face aux atteintes à la liberté d’expression
    des chercheurs, et demandons un véritable
    statut juridique des lanceurs d’alerte, dans le
    cadre d’une loi de protection de l’alerte et de
    l’expertise, dont le principe a été acté par le
    Grenelle de l’Environnement et dont Valérie
    Pécresse s’est dite « prête à faire avancer le
    dossier ».
    ORSAY
    COMMISSION
    DÉVELOPPEMENT DURABLE

    • tazattack
      tazattack répond à marie 75
      docteur
      • Posté à 15h57 le 24/06/2008
      • Internaute 45021
        docteur

      je cite :
      « Parallèlement à son activité d’enseignement
      et de recherche, il anime sur son temps personnel
      de nombreuses conférences à destination
      du grand public sur le thème des
      OGM. “

      à ce jours M. Vélot à 8 publications indexées dans pubmed, ce qui représente la production scientifique d’un postdoc moyen (thése, plus 3 ans de postdoc), je vous laisse juge de l’activité de recherche....

      ‘Cet engagement lui vaut aujourd’hui, de la
      part de la direction de son Institut, de nombreuses
      pressions morales et matérielles,
      depuis l’accusation infondée d’impliquer
      son institution dans ses prises de position
      publiques(..) la privation d’un étudiant stagiaire..’

      Effectivement M. Vélot s’est exprimé sur France 3 Ile de France, en présentant ses propos comme la position de son institut, et pour le cas de l’étudiant stagiaire, il s’agit d’une décision pédagogique basé sur un engagement de l’étudiant avec un autre labo.

      Donc libre à vous de vouloir soutenir M. Vélot, mais essayez de ne pas juste reproduire les tracts de l’association ATTAC sans vérifier leurs véracités.

      Pensez juste qu’en soutenant ce type de chercheur, vous confirmez à la génération future qu’en france un chercheur qui ne publie quasiment rien mais passe son temps à la TV sera toujours mieux vu qu’un chercheur qui cherche......

  • vol19
    • Posté à 12h33 le 20/06/2008
    • Internaute 13492

    Tout celà est indigne.
    Juste un témoignage de ce que j’ai observé pendant une vingtaine d’années.

    Bien-sûr celà dépend des disciplines et des sujets de recherches mais le passage par le réseau des « grandes écoles » en formation initiale et écoles doctorales facilitent l’intégration à un poste par rapport à l’université classique.

    Le doctorat ne suffit pas sans les « réseaux sociaux » et les stratégies sociales. Tout le monde n’est pas égal en la matière, origines sociales, savoirs faires sociaux, trajets, les coups de chances ou malchance, attractivité physique, agressivité et défenses psychologiques, capacités à suivre des « stratégies guerrières sociales » ou des « attitudes politiques », séduire les mandarins ou personnes clés, rentrer dans les bonnes écuries, se faire connaître, disqualifier les potentiels rivaux, construire les bons réseaux, choisir les sujets d’articles ou de thèses opportuns au moment opportuns donc quelquepart savoir oublier sa recherche de départ pour optimiser l’efficience du rapport investissement intellectuel/rapport social. Les appartenances diverses cathos, maçons, sexualité de genre, (autrefois ex- anciens « marxistes »), voire politiques, voire sportif ont naturellement leurs incidences dans des univers ou des formes de cooptations existent et ou les univers sociaux sont largement découpés en « chapelles ». On sait se détester dans ce milieu aussi, attention ou vous mettez les pieds. Ce fonctionnement a le gros défaut de créer beaucoup de conformisme et nuit au fond à l’esprit de recherche, celle-ci ne va pas dans le sens de la logique de l’instrumentalisation, la manipulation. Les choix des directeurs de thèses et leurs réseaux sociaux sont importants, mieux vaut plaire à un mandarin doté d’un grand carnet d’adresse qu’un illustre inconnu, ou en récupérer quelques uns dans son jury de thèse. Donc, il y a la recherche... et toutes les stratégies sociales autour... dans un univers postmoderne ou les institutions se décomposent, ou la société est violente, cloisonnée, stratifiée, élitiste, les non dits et usages informels nombreux, et ou la chance, l’opportunité, être au bon endroit au bon moment est important. Au final, certains obtiennent leur premier poste au milieu de la quarantaine. C’est injuste, va à l’encontre d’une société de la connaissance...

    La réalité est que la société construite historiquement sur le modèle de l’aristocratie, est actuellement violente, elle exclut, tend à transformer tout en déchet et valorise en fait peu la recherche et le travail intellectuel authentique. Il faut le savoir. Toutefois, je pense que la recherche ou le travail sur la matière grise même s’il n’est pas valorisée socialement et économiquement est quand même pour certaines personnalités une manière d’exister, de se réaliser à titre personnel et d’être potentiellement utile. Après, il y a les compétences sociales et ce que chacun est prêt à faire en fonction de ses origines et de son éthique pour être intégré dans des institutions voire un système social que l’on peut qualifier en ce moment de « pervers ». Par contre, les « jeunes chercheurs » et autres « travailleurs intellectuels devraient être plus solidaires, travailler en groupe, plutôt que de rester isolés.

  • Thierry Catrou
    • Posté à 15h11 le 20/06/2008
    • Internaute 16623

    « Les jeunes chercheurs » seraient-ils de gentils moutons tout près à se faire tondre ? ils sont peu décidé à réagir espérant sans doute tirer parti à un moment donné de la situation. la décantation inéluctable laissera des places libres pour les survivants qui pourront à leur tour appliquer les règles auxquelles ils ont du se soumettre. Principe darwinien dont aimerait qu’il ne fut pas.

    Mais il ne serait pas trop de se tourner vers les « vieux chercheurs » et de leur demander de se préoccuper un peu plus qu’il ne le font de cette jeunesse perdue. Après tout c’est encore eux qui ont le pouvoir et un pouvoir loin d’être négligeable ; C’est à eux d’impulser près des pouvoirs publics une réflexion et des mesures visant à modifier sensiblement les possibilités d’emploi.

    Deux points donc... Un, s’organiser et s’unir. Deux, aller voir les « grands anciens »... Au travail !

  • moré
    moré
    traitement des sols
    • Posté à 15h24 le 24/06/2008
    • Internaute 37875
      traitement des sols

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