On est là pour voir

des photos de toutes les couleurs, et aussi des vertes et des pas mûres

Le piètre hommage à la photo de mode des Rencontres d'Arles

Publié le 16/07/2008 à 12h35

On peut légitimement s’interroger sur l’essence de la photographie de mode. On peut aussi mettre en question ses codes, sa signification sociale, distinguer dans son histoire une évolution, ou même des révolutions. On peut vouloir remettre en cause sa place dans les lieux dédiés à l’art.

Mais quelle que soit la question que l’on se pose sur la photographie de mode, on trouvera très peu de réponses aux Rencontres internationales de la photographie d’Arles. Christian Lacroix a beau être un couturier, le corpus d’œuvres qu’il a retenu pour cette édition des Rencontres reste à cet égard extrêmement aride.

A Arles, la photographie de mode est montrée comme si elle était une pratique au registre formel momifié. Présentée dans des lieux réservés à l’art, elle n’y est, à aucun moment, et en aucune manière, mise en crise.

Une impression d’artificialité se dégage de l’exposition de Lindbergh


Kristen Mc Menamy, Vogue France, Beauduc, 1990 (Peter Lindbergh).

A l’église des Frères-Prêcheurs, les photographies exposées par Peter Lindbergh, en noir et blanc, sont d’un grand classicisme. Il s’agit de différentes séries prises entre 1990 et 2007. Conformément à l’esthétique en vogue dans les années 90, les poses des mannequins sont extrêmement sophistiquées et les visages sont impassibles, malgré l’exubérance de la végétation camarguaise.

Ici, des mannequins habillés haute couture, mais tout à fait inexpressifs, posent au milieu de bosquets. Là, d’autres tordent leurs corps dans des formes inspirées du cirque. Plus loin, quelques détails de visages. Mais, dans tous les cas, une grande sensation d’artificialité se dégage de l’exposition ; et la Camargue ne semble plus être qu’un faire-valoir.


(Paolo Reversi).

A l’Eglise Sainte-Anne, le « studio » du photographe de mode pourrait presque décorer Paris Capitale du XIXe siècle. Paolo Roversi nous y présente en effet une série de clichés en noir et blanc, pris entre 1986 et 2005, représentant des jeunes femmes diaphanes, souvent nues, regardant l’objectif sans manifester, comme c’est la règle, la moindre émotion. On reconnaît ici et là quelques figures fragiles du gratin du gratin de l’élite des mannequins. De temps à autre, une image « artistique » de vieux studio.

Dans une des alcôves de droite, des figures du Lapland (Finlande) surgissent, peut-être pour se donner bonne conscience. Tout à côté, une mosaïque résume l’ensemble de l’exposition, toute en effets : effets de flous, effets de taches colorées, effets dans la grandiloquence expressive des gestes. La photographie de mode de Paolo Roversi montrée ici convoque sans finesse l’arsenal le plus conventionnel de l’émotion esthétique.

Les photos d’Avedon exposées respectent les codes du genre à la lettre


’En souvenir des regrettés M. et Mme Comfort’ (Richard Avedon/The Richard Avedon Foundation).

En face de l’Eglise, dans le cloître Saint-Trophime, l’ « adieu radical au rédactionnel de mode » de Richard Avedon ne donne pas de quoi fouetter un chat. Il desservira la réputation du maître aux yeux des infortunés qui ne seront pas allés voir sa rétrospective du musée du Jeu de Paume.

Le spectateur d’aujourd’hui aura du mal à sentir ici le parfum du scandale : les codes de la photographie de mode sont respectés à la lettre. Le symbolisme est souvent trivial, et parfois ridicule -comme par exemple lorsque Nadja Auerman, dépitée parce que le temps passe, caricaturale dans chacune de ses expressions, gratte un mur jusqu’au sang. En tout état de cause, la série est devenue à maints égards un véritable monument de kitsch.


’Bain de soleil anglais’, Vogue Italie 2001, Northumberland (Tim Walker).

Kitsch l’est tout autant l’exercice de style présenté par Tim Walker aux ateliers SNCF. Les images, tirées de séries réalisées pour différentes éditions du magazine Vogue, entre 2001 et 2006, misent tout sur l’irruption d’une certaine étrangeté d’inspiration dadaïste : compositions aux effets oniriques, apparitions arbitraires d’objets dans l’espace destinées à plonger le spectateur dans le sentiment d’irrationalité du rêve. Certaines des photographies sont très belles. Dans d’autres, néanmoins, l’usage de ces tactiques visuelles semble véritablement pris au premier degré et manque sa visée.

L’expo du magasin Colette : branchée, forcément branchée

Bien sûr, aux Rencontres, il y a d’autres occasions de penser à la photographie de mode. Ainsi, l’exposition que présente le magasin Colette, temple parisien des tendances, est nettement plus « branchée » : tellement « branchée », tellement mode, qu’on y chercherait presque le contenu proprement photographique.

Colette ne nous épargne aucun cliché : on trouvera bien sûr l’immanquable topique du japonais « sur-stylé », qui enchantera toutes les victimes de la fashion, tout comme les look books de la Maison Martin Margiela, dans la pièce attenante.

Au final, on se demandera donc bien où sont passés Jürgen Teller, Terry Richardson, ou bien Wolfgang Tillmans, ces photographes qui, comme Richard Avedon en son temps, ont révolutionné la photographie de mode contemporaine en l’installant dans une zone de précarité sémantique salvatrice.

Christian Lacroix à la tête des Rencontres, cela pouvait être la promesse d’un questionnement de fond sur les liens entre la mode et la photographie. Bien au contraire, on se retrouve ici face à une rétrospective conformiste où aucun code, aucun système symbolique n’est mis en danger.

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  • 31 réactions
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  • compte supprimé 13
    • Posté à 13h30 le 16/07/2008
    • Internaute 10266

    à mon avis le terme « photographie de mode » n’a plus lieu d’être. Il devrait être remplacé par « imagerie ».

    Tellement de choses interviennent avant (maquillage, coiffure..) et après.
    Avec photoshop tout est modifiable : écartement des yeux, lissage de peau, volume de la chevelure, amincissement du modèle, etc.
    Ce n’est donc plus une photo que l’on nous présente.
    ne parlons pas des « mises en scène » convenues et si pauvres, sans spontanéité et sans chaleur, comme le papier glacé des magazines.

    • fatalyst
      • Posté à 16h45 le 16/07/2008
      • Internaute 24368

      Tout à fait d’accord avec vous. J’ai encore mes « vieux » argentique et je ne suis pas prêt de m’en séparer. Maintenant la photographie est faite pas des infographistes rien de plus. Je serais curieux de savoir si le nue en noir et blanc est fait avec de l’argentique. En plus un nue pour la mode ! ? ! ? ! ? ....

    • virginie78
      virginie78 répond à compte supprimé 13
      Éteignez votre TV et apprenez à (...)
      • Posté à 07h28 le 17/07/2008
      • Internaute 25883
        Éteignez votre TV et apprenez à (...)

      et ses filles si maigres, si maigres, que s’en est moche !

  • Jack Sullivan
    Jack Sullivan
    en boule
    • Posté à 14h06 le 16/07/2008
    • Internaute 42204
      en boule

    « Mais, dans tous les cas, une grande sensation d’artificialité se dégage de l’exposition »

    J’ai envie de poser une question d’une naïveté confondante sans doute mais.... la photographie de mode, par essence, est-ce que ce n’est pas justement la mise en scène et l’artificialité poussées à leur maximum ? Comment dès lors reprocher cet aspect fabriqué s’il est intrinsèque au genre ?

    • Nicolas L-G
      • Posté à 18h27 le 16/07/2008
      • Internaute 47849

      Cher Jack,
      Selon moi la photographie de mode est necessairement artificielle, c’est certain. Mais ce qui est rasoir dans l’exposition de Lindbergh a arles, c’est tout ce blabla sur la celebration de la Camargue. Dans la photographie de mode plus contemporaine, on cherche moins qu’avant, je crois, a manipuler la « magie » des lieux...

      • Jack Sullivan
        Jack Sullivan répond à Nicolas L-G
        en boule
        • Posté à 11h08 le 17/07/2008
        • Internaute 42204
          en boule

        Dans ce cas il me semble plus honnête de dire que c’est l’interprétation ou le commentaire qui accompagne ces clichés qui est artificiel, dans le sens où il s’acharne à plaquer du sens sur des photos qui n’en méritent pas tant.

  • ecor1
    ecor1
    sur le fil
    • Posté à 14h56 le 16/07/2008
    • Internaute 25388
      sur le fil

    Et après tout il ne s’agit que de photos de mode, si la tendance est au kitch surjoué et attendu, faisant appel au « clichés » de la photo, dénué de sensibilité et d’invention, alors pourquoi ne pas montrer la photo de mode telle qu’elle est, dans toute sa ringardise ?

    Primo, ca a le mérite d’etre le reflet fidel de ce qui se fait et secundo, ca permettra peut etre de faire évoluer cette photographie, qui, après avoir connu des révolutions esthetiques aurait tendance a s’endormir et ronroner dans le convenu.

    • Nicolas L-G
      Nicolas L-G répond à ecor1
      • Posté à 18h28 le 16/07/2008
      • Internaute 47849

      J’aime beaucoup cette idee - je crois que c’est l’ironie qui rend la photographie de mode interessante.

  • hallucine
    hallucine
    dans le flou
    • Posté à 15h45 le 16/07/2008
    • Internaute 44353
      dans le flou

    c’est la mode d’être tout nu ? Quelque chose m’échappe...

    • Guillemette Faure
      Guillemette Faure répond à hallucine
      Journaliste
      • Posté à 16h17 le 16/07/2008
      • Internaute 34
        Journaliste

      C’est surtout dangereux de fumer dans le foin sec en été.

      • Lechat
        Lechat répond à Guillemette Faure
        esprit critique
        • Posté à 18h13 le 16/07/2008
        • Internaute 23925
          esprit critique

        C’est surtout porteur pour rue89 de mettre une femme nue à la une de l’article

         
        • FPM
          FPM répond à Lechat
          Journaliste
          • Posté à 21h23 le 16/07/2008
          • Journaliste 18908
            Journaliste

          Bah faut dire qu’elle est mignonne la demoiselle... ça m’a fait cliquer sur l’article pour voir si il y en avait d’autres : o)

        1 autres commentaires
      • FabiendeMénilmontant
        FabiendeMénilmontant répond à Guillemette Faure
        journaleux - blogueur
        • Posté à 19h45 le 16/07/2008
        • Internaute 14145
          journaleux - blogueur

        Guillemette,

        je t’ai laissé un message ici :
        Lien

        c’est officiellement dangereux de fumer tout court. comme le disait ici :
        Lien
        mon voisin Jean-Louis Fournier, « Fumer Turlututu »… mais je suis en vie !

    • Di
      Di répond à hallucine
      • Posté à 18h30 le 16/07/2008
      • Internaute 8231

      C’est vrai que les couturiers ou les boutiques de prêt à porter ne feront pas un gros chiffre d’affaire avec ce costume ! ; D

    • Yann Guégan
      Yann Guégan répond à hallucine
      Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
      • Posté à 18h31 le 16/07/2008
        éditeur
      • Journaliste 1836
        Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

      Comme précisé dans la légende de la photo (qui apparaît si vous laissez le curseur de la souris sur l’image quelques instants), ce cliché est paru dans le magazine Vogue en 1990.

  • pikasso02
    • Posté à 18h44 le 16/07/2008
    • Internaute 10134

    Ce sont des photos !
    Pour la dernière, le photographe n’aurait-il pas emprunté la pose à Balthus ? Cette pose si difficile à tenir selon son modèle.
    Une des plus intéressantes.

    Lien

    • fermtag
      fermtag répond à pikasso02
      • Posté à 19h06 le 16/07/2008
      • Internaute 31080

      Pour la première, en tous cas, le modèle est d’une maigreur à faire peur : je trouve ça absolument insoutenable !

      Et les autres ne sont pas vraiment en meilleur état.

      Que ce ne soit que « des photo », soit, mais de là à faire une apologie esthétique de l’anorexie, désolé, très peu pour moi !

       : ((

  • Susanna
    Susanna
    Individu
    • Posté à 19h57 le 16/07/2008
    • Internaute 10099
      Individu

    Rassurez vous, Teller ou Richardson, quoique branchés, sont déjà des académiques dans leur genre (quand ils sont dans leur « zone de précarité sémantique salvatrice », c’est le plus souvent en charentaises).
    Mais comment vous donner tort sur votre constat ? Aucune perspective, aucune pensée ne viennent soutenir ces expos éparses et désuètes (Peter Lindbergh, accablant depuis 20 ans, et tous les autres).
    A ce point, on peut sans doute relever le manque d’inspiration flagrant de Lacroix. Les choix sont moroses et peu audacieux - ce monsieur est pourtant conseillé de très près par la crème de l’art contemporain.
    Celà dit, les expos consacrées à la mode souffrent du même mal qu’une majorité d’expos à Arles depuis plusieurs années : ici on ne découvre rien, on s’enthousiasme rarement et même lorsqu’une exposition tient la route, on a le sentiment que quelque chose cloche, qu’il s’agisse d’un accrochage bâclé ou simplement d’une absence de pensée (un travail est meilleur lorsque ceux qui l’entourent sont bons. Autant donc dire qu’à Arles, on cumule les handicaps).

    Quand a-t-on rencontré l’inattendu ici pour la dernière fois ? Quand est-on reparti content ? En 2004, sans aucun doute... Et depuis ? Et avant ? ...
    Pour une fois qu’on échappait à la sempiternelle expo Magnum (mais pas à Tendance Floue, l’arapète de la photo), on espérait.
    Pas de chance.

  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 21h53 le 16/07/2008
    • Internaute 7659
      oiseau

    J’ai longtemps pensé que l’art du photographe, c’était de savoir comment cadrer et quand cliquer pour prendre un sujet naturel dans le vif de l’action et en faisant ressortir toute sa beauté au moment le plus opportun.

    En lisant l’article, en voyant les photos, je découvre un art artificiel, une sorte de nature morte aussi intemporel que sans vie.

    En même temps, je crois savoir qu’en france, prendre une personne en photo dans la rue et publier la dite photo devient dangereux pour le photographe (au niveau des droit que possède le sujet). Les poses artificiels sont peut-être la conséquence de ces impossibilités.

    • pikasso02
      pikasso02 répond à Tita
      • Posté à 23h06 le 16/07/2008
      • Internaute 10134

      J’ai pensé aussi comme vous.
      D’ailleurs pour le vérifier il suffit de se planquer pour prendre en douce.
      La « vérité » qui éclate à nos yeux n’a plus rien d’artificiel. Mais peut-on dire que nous sommes de connivence avec l’art. Je ne crois pas. Nous sommes de connivence avec ce que l’artiste nous cache. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. La plupart des grands peintres peignaient seul avec leur moi à côté d’eux et mieux si possible en eux.
      Les génies ont compris que l’art était présent dans les oeuvres du passé. Ils les ont donc interprétées.
      Difficile pour le photographe d’interpréter. Quoique ! Le « jugement de Paris » aurait peut-être encore des mots à dire en photo.

      • Tita
        Tita répond à pikasso02
        oiseau
        • Posté à 00h25 le 17/07/2008
        • Internaute 7659
          oiseau

        Tout d’abord, je suis très profane en la matière de l’art, et ce que je vais répondre peut faire l’étalage de mon ignorance. J’en suis par avance désolé. Cependant, il n’empêche que votre poste m’est intéressant car il pose à mon esprit la définition de l’art et donc de l’artiste. De fait, j’aimerais tenter une réponse.

        Il est certain que lorsque je regarde un tableau, je contemple une expression de ce ce que l’artiste considère comme beau, esthétique, novateur, etc... et parfois, le message qu’il veut faire passer (expression d’horreur de la guerre, etc... comme dans GUERNICA de votre homophone).

        Pour percevoir l’expression, il faut la comprendre. Il faut donc l’interpréter.

        Peut-on appliquer ce principe à un photographe ? Dans le cas de cette exposition, je crois que oui. Le photographe pose un objet comme le peintre le peindrait : afin de construire son image (sa représentation de la réalité par son Moi). Dans le cas d’un photographe de « rue », il ne pose pas la nature qui l’environne. C’est évident. Tout son art sera alors de capter, à partir de ce qui existe, un jeu de couleur, d’ombre, etc... qui donne un sens particulier à la réalité et qui sera le message (dans une sorte d’expression du Moi de l’artiste). L’art porte ici sur l’interprétation elle-même plus que sur l’esthétique. La photographie devient alors le lieu de connivence entre le spectateur et le photographe dans son interprétation de la réalité.

        Ainsi, la beauté esthétique est une chose, l’expression d’un message (i.e., interprétation de la réalité) est une autre chose.

        Or, quand je vois les photographies dans cet article et que je lis l’article, je me demande si finalement, ce n’est pas ce message, ce signifié social, ce « quelque chose » à interpréter qui manque aux photographies présentées. Certes, elles sont belles mais nous disent-elles quelque chose ?
        Elles ne me disent rien. A ce moment, leur beauté m’indiffère et l’expression du photographe comme artiste devient un échec (pour ce qui me concerne, il s’entend).

         
        • cassino
          cassino répond à Tita
          Auteur
          • Posté à 22h45 le 17/07/2008
          • Internaute 25023
            Auteur

          La photographie n’est pas là pour « dire quelque chose », c’est un détournement de la photographie, la seule ambition de la photo c’est de montrer la lumière, de façon subjective à travers l’œil du photographe. La photo de mode est là pour vendre un produit ; on fait de la mise en scène pour rendre le produit plus attractif, pas pour faire de l’art, le seul message c’est : « achetez, videz votre portefeuille ».

        1 autres commentaires
  • Susanna
    Susanna
    Individu
    • Posté à 10h06 le 17/07/2008
    • Internaute 10099
      Individu

    A première vue, les réactions qui précèdent sont sidérantes de candeur. Comment juger d’oeuvres simplement en voyant une photo, ici ou là, hors contexte et sans notions d’histoire ?

    Que la photographie soit si mal connue, y compris trop souvent de ceux qui en parlent, c’est un fait.
    Mais ce que ces réactions illustrent peut-être aussi, c’est la faillite des Rencontres d’Arles comme lieu de pédagogie populaire.
    Cette manifestation dilapide un capital extraordinaire. On s’apercevra sans doute bientôt à quel point c’est navrant.

  • Sèv.L
    Sèv.L
    bosse dans le culturel
    • Posté à 10h25 le 17/07/2008
    • Internaute 47917
      bosse dans le culturel

    je change un peu de sujet : à quand des hommes nus sur les home-page ! Et pourquoi celle là plutôt qu’une autre : pour attirer l’oeil !
    Pour en revenir au vêtement : je crois qu’il est sous elle ! ! Comme quoi la fringue ça sert à quelque chose...

  • Dolores Messmaker
    Dolores Messmaker
    Situation à géométrie variable (...)
    • Posté à 11h52 le 17/07/2008
    • Internaute 42602
      Situation à géométrie variable (...)

    Et vas-y donc ! Encore une fois, un prétexte « artistique » pour mettre une photo de femme à poil. L’imagination des photographes serait-elle à ce point épuisée qu’il faille encore et encore et encore et encore prétendre que la beauté ne s’incarne jamais aussi bien que dans la nudité, comme par hasard exclusivement féminine ?

    Rue89, tu me déçois. Si ne pas mettre de femmes à poil ne te fera pas perdre de lecteur, en mettre te fera sans doute perdre des lectrices.

    Et comme par hasard, de tous les articles qui ont traité de la photo à Arles, c’est celui d’un homme qui re-re-re-re-montre la nudité des femmes. Bizarrement, les étudiantEs en photo, elles, ont réussi à trouver des sujets intéressants où on peut garder ses vêtements.

    • pikasso02
      • Posté à 16h24 le 17/07/2008
      • Internaute 10134

      J’aimerais rappeler que dans l’histoire de l’art, l’homme a osé exprimer ses désirs en sculptant ou peignant des corps de femme. La femme à ma connaissance n’a jamais ou rarement agi ainsi. Le femme vit physiquement ses désirs dans l’acte amoureux, l’homme artiste est capable d’introduire ses désirs dans sa création. C’est une chose que je n’ai jamais vraiment compris. Le corps de l’homme ne serait-il pas jouissif représenté par une femme ? La femme a peur disait Jacques Brel. Je serais assez d’accord avec lui encore aujourd’hui. (En arts plastiques)

      • Dolores Messmaker
        Dolores Messmaker répond à pikasso02
        Situation à géométrie variable (...)
        • Posté à 22h56 le 17/07/2008
        • Internaute 42602
          Situation à géométrie variable (...)

        « dans l’histoire de l’art, l’homme a osé exprimer ses désirs en sculptant ou peignant des corps de femme, la femme n’a jamais ou rarement agi ainsi. »
        Hé forcément ! elle devait rester aux fourneaux, ces messieurs ne lui autorisaient aucune éducation ni liberté. Alors « dans l’hisotire de l’art », ça ne veut rien dire : depuis qu’elle a accès aux pinceaux, elle fait, et aussi bien que l’homme.

        « Le femme vit physiquement ses désirs dans l’acte amoureux, l’homme artiste est capable d’introduire ses désirs dans sa création. »
        Vous voulez dire la femme est un animal trop idiot pour créer et l’homme, lui, en est capable ? Pff... Ya du travail.
        et puis « introduire ses désirs dans sa création », ça veut dire que so sexe est une fois de plus sa muse inspiratrice ? Quelle originalité.

        « C’est une chose que je n’ai jamais vraiment compris. Le corps de l’homme ne serait-il pas jouissif représenté par une femme ? »
        La différence fondamentale est en réalité le réflexe érectile de l’homme : il voit une image de femme à poil, il bande, c’est bon, donc c’est bien, donc c’est beau, et donc c’est de l’art.
        La femme n’a pas cette faculté/tare de bander à une simple image érotique, donc forcément elle est un peu plus exigeante dans sa définition de la beauté et de l’art.

  • Barongabig
    Barongabig
    Auteur
    • Posté à 12h38 le 17/07/2008
    • Internaute 47936
      Auteur

    Si Arles était un lieu de réflexion critique, cela se saurait depuis longtemps.

    Je suis d’accord qu’il y aurait une sérieuse analyse à mener sur le domaine de la photo de mode mais elle ne devrait pas être uniquement esthétique (P. Lindberg Vs T. Richardson par exemple) mais également économique. Ces images ont un but : faire vendre, des fringues ou des journaux. Elles sont donc le fruit d’une stratégie marketing, d’une volonté de positionnement. Par exemple quand Marc Jacobs fait appel à Jurgen Teller, il s’achète à bon compte une « image » arty un peu rebelle.
    Donc pour faire bref, la photo de mode est un art appliqué qui en vendant du rêve tente de faire oublier son statut de pure marchandise.

    Pour en revenir à Arles, je pense que l’invention récente du commissaire invité ne répond pas à une volonté de produire du sens ou de l’analyse, mais là aussi, à une stratégie marketing qui vise d’abord à maximiser les retombées de presse pour ensuite attirer le plus large public possible. Désolé d’insister mais les festivals sont eux aussi ancrés dans une économie concurrentielle.

    Quelle est la légitimité de Christian Lacroix à montrer des photos à Arles ?
    1/ D’être originaire de la ville.
    2/ D’avoir une expérience professionnelle de commanditaire de photos de mode.
    3/ Ses goûts privés d’esthète.
    4/ D’avoir une surface médiatique suffisante.

    Pour conclure, il me semble que des festivals comme Arles relèvent de l’entertainment ou du divertissement pour parler français. Avec cette petite spécificité de proposer au petit « mundillo » de la photo parisienne de se retrouver entre soi au soleil.

  • leviathan
    leviathan
    buttfucker
    • Posté à 13h27 le 17/07/2008
    • Internaute 47947
      buttfucker

    mignon, un petit jeune qui se prend pour critique ...

  • TonyMo
    TonyMo
    hummm
    • Posté à 14h04 le 17/07/2008
    • Internaute 22269
      hummm

    C’est le deuxième article sur un photographe de mode sur Rue89 après Richard Avedon. Vous connaissais pas d’autres moins bling bling que Vogue, elle, bazaar, ID... Ils font souvent la une du magazine photo en plus. Il y en a marre des photos lissé sous photoshop sans aucun défaut.

    L’étudiant en photo faites nous découvrir d’autres photographes, comme Paul Strand, Brent Stirton, Andreas Feininger...

    J’espere que les prochaines articles seront pas sur Demarchelier, Monro, Craig McDean et d’autres, ils ne font pas de la photographie mais de la publicité avec une équipe de 50 assistants et un budget 100000 $. Normale quels sont jolies ses photos mais c’est pas de l’art.

  • pikasso02
    • Posté à 19h11 le 17/07/2008
    • Internaute 10134

    Quand nous avons la chance de voir un ensemble plus important de photos, nous nous apercevons que cette exposition ressemble au couturier Christian Lacroix. Les tissus, le toucher, les références à son métier, la précision, la couleur, et même l’affiche est une réussite.

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