Mon œil !

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« Obama terroriste » : l'ironie est-elle soluble dans l'information ?

Pascal Riché
Redchef
Publié le 15/07/2008 à 14h27



La couverture du New Yorker (DR).

Le New Yorker publie chaque semaine, à sa une, un dessin décalé, poétique, humoristique, un peu étrange. Ses vieux abonnés n’ont donc pas dû trop s’offusquer de la dernière couverture de l’hebdomadaire, qui présente le couple Obama, installés dans le bureau ovale, sous les traits de terroristes.

Barack Obama est dans une tenue musulmane classique (turban et djellaba), tandis que sa femme Michelle, affublée d’une coiffure « afro », est en treillis, kalach’ en bandoulière. Le drapeau américain brûle dans l’âtre, un portrait d’Oussama Ben Laden orne le mur.

L’image pousse jusqu’à l’absurde certaines remarques que l’on entend ici où là à l’encontre de Barack Obama : il manquerait de fermeté face au terrorisme ; son second prénom, Hussein, trahirait des racines musulmanes, etc.

Même McCain, le candidat républicain, l’a un jour qualifié de « candidat du Hamas ». Selon un sondage récemment publié dans Newsweek 25% des américains croient qu’Obama a été élevé dans la religion musulmane, et 12% qu’il a prêté serment sur le Coran quand il est devenu sénateur ! L’ironie, genre à manier avec précaution. Libé et Rue89 s’en souviennent

J’aime bien ce dessin provocateur. Mais l’ironie fait rarement bon ménage avec la presse. Si une grande partie des lecteurs de tout journal perçoit le second degré, beaucoup d’autres y sont terriblement hermétiques. Je me souviens d’une manchette que nous avions faite, pour Libération, lorsque Raffarin avait été nommé premier ministre : « Raffarin, enfin ! ! “. Un tel soupir, pour un personnage si peu charismatique, avait fait rire les journalistes lors de la réunion de ‘une’.


Les lecteurs, eux, n’avaient pas du tout compris, et par conséquent, ils n’avaient pas du tout apprécié. La dérision est peu soluble dans l’information. Récemment, Rue89 a fait les frais en publiant une fable humoristique.

La couverture du New Yorker, hebdo pourtant plutôt de gauche, a donc déclenché un beau tollé outre atlantique. L’équipe de campagne d’Obama n’a pas du tout goûté l’humour du magazine : c’est ‘de mauvais goût et offensant’. Le candidat républicain John McCain a lui même jugé cette couverture ‘totalement déplacée’.

Le New Yorker s’est laborieusement justifié dans un communiqué : le dessin dénonce ‘les préjugés, la haine, l’absurde’… Trop tard. Le mal est fait, la couverture fait le tour des blogs, et de toute cette affaire, c’est l’image d’un Obama terroriste qui laissera une trace dans les esprits.

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  • asozial
    asozial
    Bobo reprazent - aus Berlin.
    • Posté à 15h24 le 15/07/2008
    • Internaute 2273
      Bobo reprazent - aus Berlin.

    c’est terrible, l’extrême droite américaine (dont les républicains) ne va plus voter pour obama !

    • Piedo
      Piedo répond à asozial
      Assis
      • Posté à 16h09 le 15/07/2008
      • Internaute 43246
        Assis

      Exactement.

      Ainsi fait, il ne pourra donc pas réunir 100% des suffrages exprimés.

      Merci bien, le New-Yorker ! ! !

  • Alex Engwete
    Alex Engwete
    Consultant
    • Posté à 15h44 le 15/07/2008
    • Internaute 45440
      Consultant

    Obama en « candidat manchou » ! De toute façon, les Américains qui y croient ne voteront jamais démocrate de leur vie. Comme vous le faites remarquer, le « New Yorker » n’a pas publié cette caricature dans l’intention de nuire à Obama mais plutôt pour se moquer de ceux qui pensent le nuire en le faisant passer pour un intégriste musulman. Ce qui pourrait nuire à Obama, c’est plutôt son recentrage brutal sur la peine de mort, le désengagement en Irak, le recyclage du programme de Bush basé sur la foi qui lui a d’ailleurs valu des jurons de Jesse Jackson…

    • MarcTibo
      MarcTibo répond à Alex Engwete
      « Change Can Happen », (...)
      • Posté à 18h53 le 15/07/2008
      • Internaute 36143
        « Change Can Happen », (...)

      Cela m’arrive peut souvent de le dire haut et fort, mais vous ecrivez n’importe quoi ... ce qui pourrait nuire à Obama, c’est (...). D’abord les jurons de JJ n’ont rien a voir avec ces prises de positions là. En un discours, Obama vient de rappeler qu’il n’est pas de ceux à se crier victime de l’Amérique raciale et se démarque ainsi des activistes des années 60. Pour ceux qui avaient peur qu’il en soit un héritier, les voila quelque peu rassurer. Sa foi ? Il l’a toujours manifesté, mais vous devez le prendre pour un autre idiot du village ... Obama dit que certaines congregations religieuses aux USA sont mieux placées pour gérer et mettre en place certains programmes sociaux. La GRANDE différence entre votre idiot et le mien, c’est que le mien n’en est pas un, et malgré tous les efforts pour le faire passer comme tel (Meme Bill O’Reilly a abandonné cette tactique), vous n’arriverez qu’à vous ridiculiser vous meme. La peine de mort ? Elle existe déjà dans la plupart des Etats, et il souhaite la maintenir pour les « tueurs d’enfants » (la raison principale pour laquelle elle existe encore la peine de mort, ici).

  • magaliesimon
    magaliesimon
    célibataire
    • Posté à 15h48 le 15/07/2008
    • Internaute 44894
      célibataire

    S’il n’est plus possible d’être à la fois journaliste et ironique, autant pointer directement au chômage !
    Les exemples que vous donnez sont symptômatiques de la limitation toujours plus importante de la liberté d’expression dans notre pays, à commencer par celle des journalistes.
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  • TonyMo
    TonyMo
    hummm
    • Posté à 15h53 le 15/07/2008
    • Internaute 22269
      hummm

    Tout le monde n’est pas en mesure de comprendre l’ironie. Je l’ai compris sur Rue89 à mes dépends. Mais j’aime cette caricature, c’est un avertissement à Obama de son propre camps les Clinton. Le côté « afro » fait référence aux Black Panther.

  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor
    - Gone fishing !
    • Posté à 16h17 le 15/07/2008
    • Internaute 12434
      - Gone fishing !

    Les Republicains anti Obama ? N’en soyez pas si sur. Les choses sont un peu plus complexe. Il y a un mouvement Republicains pur et dur, pour Obama. N’oubliez pas que ce sont les Republicains qui furent les anti esclavagistes, Lincoln est Republicain.

    Lien

    Lien

    Lien

    De plus, il y a de nombreux Republicains qui ne peuvent pas blairer McCain’t. Leurs arguments se basent sur les diverses prises de positions de McCain, sur l’immigration illégale, l’avortement (point très chaud dans les elections USA) et deux ou trois bevues qu’il a commis dans les années antérieures, et que beaucoup de Républicains ne lui pardonnent pas.

    De plus, il y a de nouveaux venus qui semblent vouloir entrer dans la course, comme indépendants, et ce des deux cotés.

    Et aussi, ne pas oublier qu’il y a de nombreux Démocrates qui sont aigris par la victoire d’Obama, surtout ceux qui ont investi des petites fortunes dans la campagne d’Hillary Clinton. Ils l’ont en travers....ça passe mal.

  • actimem
    • Posté à 18h20 le 15/07/2008
    • Internaute 26918

    les fins justifient les moyens.

    « Le prince » et « l’art de la guerre » sont la bible des politiques qui ont réussi à s’investir d’un pouvoir

    Les US ne dérogent pas à la règle

  • dudu
    • Posté à 18h49 le 15/07/2008
    • Internaute 13237

    On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui, that’s the point.

  • Di
    Di
    • Posté à 18h50 le 15/07/2008
    • Internaute 8231

    Pour être certains de ne pas nuire à Obama et pour éviter toute confusion, les journalistes auraient pu mettre le dessin dans une bulle (pensée) au dessus de la tête d’un opposant féroce typique, non ? D’après la presse, Obama n’a pas apprécié, en tout cas. Il paraît que même McCain a trouvé le dessin indigne.

    • MarcTibo
      MarcTibo répond à Di
      « Change Can Happen », (...)
      • Posté à 20h32 le 15/07/2008
      • Internaute 36143
        « Change Can Happen », (...)

      Vous avez raison. Mais d’un autre coté, et c’est là l’ironie de ce « petit » evennement mediatique, c’est que tous les « night shows » et les « News » US n’ont pu éviter d’aborder et la caricature elle meme (le NewYorker en a t’il trop fait ?) mais aussi de qu’elle représente (les rumeurs, fausses perceptions, idées reçues), et quand on se rend compte la proportion d’Américains qui y croient, c’est peut etre un mal pour un bien ... enfin je l’espère.

  • MisterMagoo
    MisterMagoo
    Haut, bas et fragile
    • Posté à 20h55 le 15/07/2008
    • Internaute 30100
      Haut, bas et fragile

    On espère que le caricaturiste ne sera pas viré du New Yorker, pas comme Siné quoi, qui lui semble bel et bien avoir été évincé de Charlie Hebdo par la conscience morale du monde journalistique hexagonal, j’ai nommé Philippe Val (auteur il y a deux semaine d’un édito aussi navrant que calomnieux contre Denis Robert) : Lien

  • amatxo
    • Posté à 21h28 le 15/07/2008
    • Internaute 13121

    Certes l’humour est appréciable,mais l’ironie par contre est à « manier » avec diplomatie,certains lecteurs ne sachant la décoder et la prenant au 1er degré.Il ne faudrait pas qu’une telle caricature rate sa cible et conforte un électorat américain lambda dans sa crainte d’élire un candidat métis : ce serait,je crois ,une erreur fatale aux USA comme au monde entier ;

  • Villo
    Villo
    Dessinateur
    • Posté à 22h54 le 15/07/2008
    • Internaute 42217
      Dessinateur

    Je crois que le dessinateur de presse est une espèce gravement menacée et ceci pour divers raisons. Bien souvent, dans la presse magazine, c’est la direction artistique qui fait la pluie et le beau temps au niveau du visuel et hélas c’est souvent la pluie qu’ils nous proposent car un dessin de presse ce n’est pas une photo pour remplir un espace ou un petit dessin juste pour faire rigoler le lecteur en passant et si le dessin d’actu est considéré comme une image, c’est la « cata » assurée ; Le dessin de presse, souvent par la faute des D.A est soumis aux modes et au copinage (je ne règle pas de comptes car je ne cite personne mais c’est du vécu) et le niveau ne fait que baisser pour sombrer trop souvent dans la facilité et la vulgarité. Où sont les Topor et les Ungerer. Même du vivant du premier( dessinateur génial), on ne le voyait pas dans les colonnes de nos journaux. Il était trop bon Topor et il avait son caractère et visiblement ça passait au dessus de la tête des D.A tout puissants et des rédactions frileuses et il faut bien le dire parfois pas très compétentes pour juger de la qualité et de la pertinence d’un dessin et on peut le comprendre car chacun son métier toutefois, je reproche aux rédactions de ne pas faire confiance aux dessinateurs et aux lecteurs qui ne sont pas toujours aussi bornés que vous l’écrivez, cher Pascal Riché, dans votre sujet et même si un certain nombre le sont, c’est aux rédactions d’avoir le courage d’affronter les malentendus et d’éclairer le lectorat. C’est fait pour ça la presse non ? Je me suis récemment fait censurer un dessin sur les tires à balles réelles à Carcassonne au prétexte que mon dessin risquait de choquer les familles (je précise que ce n’est pas rue89 qui m’a censuré ; pour rue 89 c’est une autre histoire que je ne comprends d’ailleurs pas mais ce n’est pas le sujet). Alors bien sûr qu’il y a des limites à l’expression mais si on ne publie pas parce qu’il y a un risque de choquer telle ou telle autre catégorie de personne voire telle sensibilité, on ne peut plus rien publier car il y aura toujours quelqu’un pour se dire outré par le traitement d’une actu. Le dessinateur de presse a son regard personnel, son approche, sa sensibilité et pour peu qu’on le laisse s’exprimer avec la liberté nécessaire à ce genre, il donnera le meilleur, si bien sûr c’est un bon dessinateur. Un dessin peut être tendre, décalé, caustique, second degré, noir, méchant dès l’instant que le dessinateur a quelque chose à exprimer mais par pitié, assez de vulgarité et je parle là de la vraie vulgarité gratuite car cela tire le lecteur vers le bas et vous aurez compris que je ne parle pas du regard parfois très « hard » de Topor car avec lui, nous n’étions pas dans la vulgarité car il y avait l’intelligence en plus. Moi j’applaudis le dessin du New Yorker et je salue la rédaction qui l’a mis à la Une. C’est juste un peu de courage et d’estime du métier qu’il nous faut retrouver. Laissons la rédaction des articles aux journalistes rédacteurs et laissons les dessins aux reporters dessinateurs et il faudrait aussi accepter de les payer pour ce beau métier indispensable à la presse car hélas, ce qui n’est pas payé n’a pas de valeur ! J’aime ce métier, j’aime les dessinateurs de presse et les journalistes (d’ailleurs, je précise que les dessinateurs de presse sont des journalistes)et pour finir,n’oublions pas, très bientôt, le salon du dessin de presse et d’humour de St -Just- le- Martel en Haute- Vienne du 26 septembre au 5 octobre.

  • Julien83
    Julien83
    chroniqueur BD au Mague, (...)
    • Posté à 23h07 le 15/07/2008
    • Internaute 37797
      chroniqueur BD au Mague, (...)

    Il est certe reconnu que les « Républicains » font passer des messages de ci de là, voir même des spots TV à caractère plus que raciste sur le fameux « phantasme » de Obama comme étant musulman, et à la solde de Al Qaïda...
    J’en ai lu quelques unes depuis Myspace. J’ai demandé à une amie (pourtant Démocrate, soutenant Hillary Clinton) comment elle pouvait croire ses sornettes. Rien à faire, pour elle c’est la « vérité » !
    Je comprends très bien ce dessin du New-Yorker, et il apporte un beau pied de nez aux Républicains et ses extrémistes. C’est de l’humour et du très bon même.
    C’est le dessin de presse de l’année ! Un peu comme le Times et sa couverture annuelle spéciale ... là c’est pareil pour le New-Yorker !
    Le New-Yorker se moque bel et bien des Républicains.
    Et apparemment vu la proportion que prend un évènement aux USA, et vu le côté « choc psychologique » de la chasse aux terroristes depuis le 11 septembre, cette couverture va rester culte et martyre !
    Bravo au dessinateur du New-Yorker ! Du talent ! ! !

  • Weatherboy
    Weatherboy
    v2=notes articles en moins...
    • Posté à 23h16 le 15/07/2008
    • Internaute 38063
      v2=notes articles en moins...

    Assez facile de faire comprendre aux lecteurs du New Yorker qu’il s’agit de second degré, sans doute comme celà le serait pour certains français. En revanche, à l’amérique dans son ensemble, là non seulement j’en doute énormément, mais je suis persuadé que les auteurs de ce dessin ne pouvaient pas ignorer que l’électorat de Mac Cain ne pouvait que le prendre qu’au premier degré sans aucune nuance possible. Et cela pourquoi ? Et bien tout simplement parce que cela fait déjà plusieurs années que les rapprochements caricaturaux d’Obama avec l’Islam radical et le terrorisme, se font sans aucun nuances dans un style indiscernable de celui-ci.

    Pour vous en rendre compte, je vous suggère d’aller visiter ce site ne serait-ce qu’une fois (site qui était fortement impliqué dans le boycott de la France pendant la guerre en Irak), vous vous rendrez très vite compte du type de caricature utilisé :
    Lien

    C’est vrai qu’il est difficile de comprendre que des personnes ne se rendent pas compte de l’absurdité de ce genre de choses, aussi « idiot » que certains aiment à dépeindre l’américain moyen. Pour avoir discuté assez longuement avec ce genre de personne pendant la guerre en Irak, ce que j’en retiens c’est qu’il y a une forme de « complexe » de supériorité chez certains qui fait qu’on a plus aucune barrière, on peut mentir, faire l’imbécile, l’idiot le plus complet, on sait dans ses derniers retranchements qu’on vit dans un pays d’une puissance armée inégalée qui fait que personne ne peut vous imposer ses visions, ni ses propos, ni « sa » vérité (exemple typique : vous dites : Bush a menti, on vous répond : et alors, à part pleurnicher tu ne peux rien faire). Bref c’est une idiotie pleinement assumée qui fait signe de supériorité. Un psychologue expliquerait sans doute celà mieux que moi, mais il y a quelque chose de profondément malsain dans ce comportement.

    Bref, ceux là roulant depuis bien longtemps le long de cette pente, il est donc impossible par le jeu de la surenchère de faire comprendre à ces gens là qu’ils font fausse route. Cette image permet sans doute de ridiculiser les électeurs de Mac cain auprès des électeurs d’Obama, mais elle ne permettra certainement pas de changer quoi que ce soit, ni de réaliser aucune prise de conscience auprès des électeurs déja acquis au camp républicain, d’ores et déja très bons consommateurs de ce genre de nourriture.

  • MarcTibo
    MarcTibo
    « Change Can Happen », (...)
    • Posté à 02h05 le 16/07/2008
    • Internaute 36143
      « Change Can Happen », (...)

    « Touche pas à mon Barack », c’est la conclusion qu’on peut tirer des différentes réactions des animateurs de « talk et comedy shows » et « news programs » ici. Les raisons ?
    - D’abord la matière. Il serait trop parfait, le gendre idéal. Trop lisse, trop intelligent, excellent orateur, il ne laisse que peu d’occasions pour être moqué, même par les républicains. Jimmy Kimmel d’ABC dit que le moment où certains se demandaient s’il était assez noir a ouvert une opportunité de faire de l’humour. Mais cela ne venait pas de lui. Il termine en disant : « Moi, ce sont ses oreilles, elles devraient nous donner la possibilité de faire de l’humour ». Meme Bill O’Reilly, fameux en France pour ses prises de positions anti-Française, commentateur de l’un des talk show conservateur les plus regardés et l’un des plus influents, ne peut s’empêcher de montrer son admiration pour l’homme, meme s’il « déteste tous les libéraux ».
    - Son équipe. Bâtie sur les leçons des « opportunités » ratées de 2000 et 2004, rien n’est laissé au hasard. Une attaque ... une réponse. Systématique. On est pas là pour rigoler ...
    - L’effet boomerang des farces à caractere raciste. Aucun personnage politique ne peut se permettre ce faux pas. Reste quelques commentateurs des médias républicains qui s’y sont essayés (Hussein, musulman, poing terroriste, épouse dégoutée de l’Amérique), mal leur en a pris. Réplique immédiate, excuse exigée et obtenue.

    Qui peut se moquer d’Obama ?
    Pour finir, Mr. Grier, comique Noir nous dit : « C’est notre tour, notre territoire. Eux, ont pu en faire pendant 200 ans des blagues sur les présidents, maintenant c’est à nous ».

  • Stephane MOT
    Stephane MOT
    Author & Chief AtoZ Officer
    • Posté à 03h49 le 16/07/2008
    • Internaute 17943
      Author & Chief AtoZ Officer

    L’éditeur se défend en disant qu’un article sérieux de 15.000 mots dresse le vrai portrait d’Obama à l’intérieur du journal, mais tout le monde sait que l’image en couverture aura toujours un impact un million de fois plus important que ces 15.000 mots.

    Il poursuit en disant que cette couverture ne fait que « brandir un miroir à la haîne et à l’absurde », mais je ne sais pas comment ses lecteurs doivent le prendre...

    J’ai préféré le New Yorker de 2004, qui avait formellement et sans équivoque roulé en faveur de Kerry. Difficile de savoir à quoi jouent les propriétaires d’Advance Publications.

  • kessy007
    kessy007
    http://kessy007.blogspace.fr
    • Posté à 15h22 le 16/07/2008
    • Internaute 18249
      http://kessy007.blogspace.fr

    Ce dessin est choquant à mes yeux pour plusieurs raisons :
    - Tout d’abord, en raison du drapeau américain qui brûle dans la cheminée comme si le couple Obama allait par essence détruire l’identité de ce pays en accédant au pouvoir.

    - Les tenues que l’on a fait arborer aux membres du couple Obama servent à les stigmatiser en terroriste activiste et extrémiste religieux.

    Les New Yorker qui se dit journal de gauche participe au travail des médias pour faire de Barack un musulman après avoir fait de lui un noir alors qu’il s’en est toujours défendu en essayant de faire valoir ses idées progressistes. Cela me rappelle vaguement ce qui c’est passé en France lors des élections de 2007 où le débat s’était résumé à des insultes et des procès d’incompétences injustifiés à l’égard de Ségolène Royal. Pour quel résultat ?

    Ces caricatures n’ont rien de drôle. La liberté d’expression ne doit pas tout permettre. Ces types de dessin sont régressifs car ils mettent en exergue une partie infime d’un tout. Les extrémistes et terroristes au lieu de promouvoir l’Islam progressiste majoritaire qui veut émerger encore faut-il qu’on lui donne l’occasion.

    Les New Yorker a fait une gaffe monumentale car elle appuie les propos d’intellectuels américains et politiques américains. Ce magazine censé parler aux intellectuels des Etats Unis attise les clichés racistes de l’histoire en saupoudrant de la poussière de terrorisme religieux dessus.

    Les américains vont il sprofiter de la chance qui leur est donnée ou vont ils continué dans la décrépitude actuelle qui est la leur ?

  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 13h19 le 16/07/2008
    • Internaute 7659
      oiseau

    Qu’est-ce que l’humour sinon un décalage entre ce qui est présenté et ce qui est attendu.

    Si quelqu’un tombe dans la rue, je peux me mettre à rire si c’est un PDG (Il n’est pas dans la vision populaire qu’un PDG tombe comme un enfant) mais je ne rigole pas si c’est un handicapé moteur.

    Donc, un décalage implique deux réalités (celle présentée et celle attendue) et le problème, c’est que tous les lecteurs n’ont pas la même réalité en tête. Prenons le cas d’une blague raciste (e.g., « putaing, deux arabes sur une mobylette, ils auraient pu en voler deux » coluche). On peut en rire parce qu’on sait que le stéréotype « arabe-voleur » est un préjugé et on rigole alors du décalage. On peut en rire parce qu’on pense que le stéréotype est vrai et le décalage, c’est de pouvoir affirmer son racisme tout en se protégeant des anti-racistes par la formule « c’est une blague ».

    Donc, la plupart des blagues véhicules des stéréotypes (base des préjugés et discrimination) en guise de réalité présentée ou de réalité attendue. Après tout, l’humour ne peut être compris que si une certaine réalité commune est partagée entre le dessinateur et les spectateurs.

    En conclusion, véhiculer des stéréotypes n’est pas neutre. C’est sans doute pourquoi les féministes ne rigolent pas vraiment devant une blague sexiste, simplement parce qu’elles sont sensible à l’aspect sexiste de la blague plus qu’à son décalage. Par ailleurs, dessiner, n’est pas neutre non plus. C’est proposer une réalité qui ancre le dessinateur dans la société.

    Dans le cas présent, il n’est pas étonnant que ce dessin sur Obama soit « compris » par certains et outrageant pour d’autres. Imaginez un instant que je ne sache pas qui voter, mais que j’ai été élevé dans le sud. Comment puis-je percevoir ce dessin : un noir est présenté comme un non-amércain et en plus il brule le drapeau de l’amérique blanche. Cela pourrait fort bien réveiller mes doutes sur la qualité américaine du personnage (le père de Obama était kenyan)...

    Bref, on peut rire de tout, oui, mais faut-il que l’auditoire partage le même référentiel et la même réalité que celui qui produit l’humour (dessiné ou parlé).

    • jissé
      jissé répond à Tita
      Ingé retraité
      • Posté à 14h01 le 16/07/2008
      • Internaute 23393
        Ingé retraité

      Tita

      Bonjour

      ’top’.

      Même pour beaucoup moins ’provoc’ et sur ce site il est plus que prudent d’écrire « sourire » ou « humour » en toutes lettres pour les gens comprennent - et encore ? ?

      Le second degré n’est pas le point fort des internautes.

      C’est une constatation, même un ’smiley’ ne suffit pas.

      Sans même évoquer le ’mini-scandale’ de la rubrique « fable » ! !

      Bonne journée.

      Jissé.

      ( : =))

  • Saheyus
    Saheyus
    Nightfall, quietly it crept and (...)
    • Posté à 18h52 le 16/07/2008
    • Internaute 28231
      Nightfall, quietly it crept and (...)

    Je suis normalement le premier à apprécier une bonne caricature, mais là... pour moi, une caricature est une exagération des défauts, ce n’est donc pas Obama qu’il aurait fallu caricaturer ici, mais plutôt ceux qui essayent de le faire passer pour un dangereux terroriste (il y aurait sans doute matière à caricaturer Mc Cain là-dessus).
    Concernant l’ironie, je vois mal comment la faire passer sans texte. L’écriture est le moyen d’expression privilégié (je dirais même le seul moyen d’expression) de l’ironie. Du coup, ça ne pouvait que faire flop.

    C’est peut-être vieux jeu, mais j’ai toujours pensé que les caricatures devraient être accompagnées d’une légende. Ca couperait court à bien des polémiques, et c’est pas si laid que ça, le texte, quand même.

    • Villo
      Villo répond à Saheyus
      Dessinateur
      • Posté à 20h44 le 16/07/2008
      • Internaute 42217
        Dessinateur

      Il s’agit là d’une caricature de la caricature ; Celle que certains font d’Obama. Une mise en abîme en quelque sorte qui visiblement donne le vertige. Le dessin trouve sa force par l’exagération des supposés défauts du prétendant à la Maison Blanche ; Le dessinateur force encore le trait des détracteurs pour mieux les dénoncer et c’est en cela un grand classique de la caricature et ça pourrait même en être une définition.. Et en faisant cela, il caricature donc bien ceux qui veulent le discréditer et c’est ainsi qu’il convient de lire le dessin. Ce n’est pas toujours évident car il n’existe pas d’apprentissage au décryptage des images et c’est regrettable dans un monde où le visuel tient tant de place et il me semble qu’il serait grand temps de penser à intégrer cela dans les programmes scolaires.

      Maintenant, en ce qui concerne une éventuelle légende de la caricature, je suis de ceux qui pensent que les meilleurs dessins se passent du texte et chacun sait qu’un petit dessin vaut les plus longs discours.

      Nous pourrions aussi imaginer que le dessinateur se contente d’une légende pour être bien sûr d’être compris et se passe du dessin et alors on l’appellerait « journaliste rédacteur » ! Mais il me semble qu’avec les mots on parvient également à de superbes contresens et malentendus non ? Il faudrait donc faire un dessin puis une légende puis un commentaire pour expliquer le sens et ensuite un article pour expliquer le commentaire ! ! ! Je crois que ça vire à la névrose voie pire !

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 08h50 le 19/07/2008
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    On a connu le New Yorker mieux inspiré. Mais ce magazine s’est tellement replié sur son lectorat habituel (plutôt intello et plutôt urbain), dans l’ignorance apparente (ou au mépris) de ce que ressent la majorité des citoyens, qu’il vient de commettre un sérieux impair.

    On peut toujours parler d’ironie. Sur la foi de l’expérience, j’aurais plutôt tendance à croire que la publication de la caricature révèle la terreur qui se dissimule au creux de l’inconscient blanc. Après tout, suite à 300 ans de discrimination, personne dans une société raciste n’échappe aux stigmates (même soigneusement cachés ou plutôt REFOULES) d’une situation humainement intolérable.

    Le problème des progressistes blancs apparemment bien intentionnés des USA, c’est qu’ils n’ont jamais voulu se mettre les mains dans le cambouis et aller jusqu’au bout de leur raisonnement ouvertement antiraciste. Ils se contentent de condamner l’horreur du ghetto, mais sans jamais y mettre les pieds ! Yves Marocchi, qui a publié un excellent papier sur East St. Louis (Illinois) il y a quelques semaines sur la Rue, est bien placé pour le savoir. Même ses collègues chercheurs (des forts en thème qu’on a connus mieux inspirés, eux aussi) ont tenté de le dissuader de traverser le Mississippi depuis St. Louis. Lui n’a pas hésité, sans aucun doute parce qu’il n’était pas victime de l’atavisme américain, et pour cause !

    S’agissant d’Obama, on ne m’ôtera pas facilement de l’idée que la grande majorité du peuple états-unien, même dans ses segments les plus éclairés, recèle dans son inconscient les pires frayeurs qu’un candidat de couleur noire puisse susciter. On a tellement à se faire pardonner que, au bout du compte, on ne fait nulle confiance au potentiel de clémence de l’Autre.

    A mes yeux, l’aspect « islamique » de la caricature ne sert qu’à masquer la profondeur sidérante de la terreur qu’entretient le racisme ordinaire. Ce n’est pas un hasard si Michelle Obama a une coiffure « afro ».

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 13h19 le 19/07/2008
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    Y a plus de lecteurs ?

  • infobs
    infobs
    situationniste
    • Posté à 01h02 le 20/07/2008
    • Internaute 48192
      situationniste

    J ai du mal a croire que les journalistes du NY ne se soient pas rendus compte avant la publication de l effet possible de cette couverture du magazine. tout simplement ils ont decide de prendre le risque. c etait une decision stupide et la preuve d une arrogance intellectuelle proche du snobisme et du mepris pour les non lecteurs du magazine. « apres tout. ont ils du se dire, on en a rien a foutre, nos chers lecteurs comprendront la satire, et de toutes facons ce sera bon pour
    les ventes. » C est du cynisme commercial mêlé de mépris snobinard de la côte Est pour le reste de l’Amerique profonde. je serai le dernier a les plaindre si cela leur retombe sur le nez.

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