Chez Jean-Frédéric Schaub

L'enseignement supérieur, les sciences humaines, et d'autres sujets, par l'historien Jean-Frédéric Schaub, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales.

Après les réactions d'Henri Guaino, discuter du discours de Dakar

Jean-Frédéric Schaub
Directeur d'études à l'EHESS
Publié le 04/08/2008 à 02h28

On peut convenir avec Henri Guaino que les propos tenus par le président de la République lors de la cérémonie du 10 mai commémorant l’esclavage et célébrant son abolition ont été les plus efficaces et les plus fermes jamais prononcés pour enraciner ce passé tragique dans une mémoire commune à tous les Français.

On peut également s’accorder à considérer qu’il est imprudent de dégainer l’accusation de racisme à tout bout de champ. Si j’aimais le procédé du télescopage tant pratiqué par Plantu, je dirais que ni Nicolas Sarkozy ni Henri Guaino ne ressemblent à Siné, et que c’est tant mieux.

Il n’en reste pas moins que la phrase du discours de Dakar incriminée (« Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles ») demeure inacceptable.

Grâce à nous, ils découvraient « leur tour la liberté, le progrès, la justice »

Du point de vue des sciences sociales, la simple idée que des sociétés n’entrent pas dans l’Histoire n’a tout simplement aucun sens. Autrement dit, une histoire qui enregistre des changements de rythme lent n’est pas moins « dans l’Histoire » qu’une société qui est
traversée de transformations rapides. Dans une tribune récemment publiée, Henri Guaino a montré qu’il a du goût pour la confrontation idéologique. Il y précise que ce passage du discours de Dakar n’est pas une reprise d’un thème central de la philosophie de l’histoire de Hegel selon lequel certaines sociétés, ayant découvert les principes de la rationalité, occupent une place singulière parmi les autres sociétés, qui sont appelées à rejoindre plus tard le groupe de tête.

Il n’est en effet pas besoin de remonter à l’hegelianisme, d’autant que cette idéologie est devenue le symbole d’une conception hiérarchique du « rôle civilisateur » de l’Occident.

Une autre source, plus immédiate dans le contexte d’un mouvement politique d’inspiration gaulliste, n’est autre que le général De Gaulle lui-même. Dans le discours qu’il prononce en 1947 en hommage à Félix Eboué récemment décédé, Charles De Gaulle évoque l’Empire français en ces termes :

« Grâce à nous des peuples de toutes les races humaines, naguère plongées pour la plupart dans cette torpeur millénaire où l’Histoire ne s’écrit même pas, découvraient à leur tour la liberté, le progrès, la justice. »

Ce précédent semble plus directement lié au passage incriminé du discours de Dakar. Dans l’un et l’autre cas, il s’agit de remarques qui relèvent du jugement de valeur, sans doute pas racistes, mais certainement pas plus recevables par les historiens que par les anthropologues. C’est bien à une représentation idéologique que l’on a affaire.

On peut chercher à comprendre l’intention idéologique, donc. Elle a sans doute moins partie liée avec l’Afrique, qu’avec le désir intérieur français d’en finir avec des références politiques jugées irrecevables. Le double langage des présidents Mitterrand et Chirac à l’égard de l’Afrique appelait un effet de rupture.

Le conseiller du Président ne m’a pas convaincu

Sortir de la complaisance pouvait prendre différentes formes. L’une aurait été de mettre en difficulté les alliés éternels et peu présentables, à commencer par le président Omar Bongo. L’autre possibilité était de morigéner les Africains comme une façon de dire
qu’on ne la fait pas à Nicolas Sarkozy et que les résultats de la démocratisation se font attendre. En faisant grief à l« “homme africain” des retards constatés sur la voie du plein développement, on épargne, du moins publiquement, la mise en accusation des prospères dirigeants francophones d’Afrique propriétaires d’appartements dans le Paris huppé ou dans les Alpes-Maritimes.

Comment ne pas interpréter le ton de reproche du discours de Dakar comme le complément du déplacement de Jean-Marie Bockel de la Coopération vers les Anciens Combattants, après moins d’un an d’exercice ? La rupture, sans doute, mais le sort de Jean-Marie Bockel ne se situe-t-il pas dans la parfaite continuité de celui de Jean-Pierre Cot, un quart de siècle plus tôt ? Les plus âgés se souviendront que ce ministre de la Coopération fut écarté par François Mitterrand en raison de sa volonté d’en finir avec les complaisances du système connu sous le nom générique de “Françafrique”.

L’accusation de racisme est un réflexe. C’est fâcheux parce qu’on a tort de galvauder une accusation aussi grave. Mais le discours de Dakar appelle des réponses sur le terrain qu’Henri Guaino a choisi : l’idéologie politique. Sans oublier le fonctionnement réel de la politique française dans ses relations à l’Afrique. Sur ces deux plans, le plaidoyer du conseiller du président de la République ne m’a pas convaincu.

► Post Scriptum qui n’a rien à voir. La Fnac Montaparnasse, rue de Rennes à Paris, a naguère rouvert ses portes. Le troisième étage s’honore d’un très beau panneau de roman français, comme il en existe peu. Mais après la lettre Z, Emile Zola, le roman français s’arrête et commence un panneau consacré au roman des Antilles. Zadie Smith, Naipaul ? Non pas : Patrick Chamoiseau, Raphaël Confiant, Edouard Glissant ! Tous citoyens
français, tous écrivains français, mais pas auteurs de romans français. Précisons qu’en Grande-Bretagne il ne viendrait à l’esprit d’aucun libraire de classer Zadie Smith et Naipaul ailleurs qu’en littérature anglaise. Alors, la Fnac, raciste ? Ou simplement hors de l’histoire ?

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  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 06h36 le 04/08/2008
    • Internaute 7181
      actif et militant ?

    Il serait bon de sortir, enfin, de cette rengaine !
    Y a bon homme africain !

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    • Numerosix
      Numerosix répond à skalpa
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 07h30 le 04/08/2008
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Oui , le discours de Dakar, c’est du « bas gnia gnia » ..

      • Claude PELLETIER
        Claude PELLETIER répond à Numerosix
        Retraité dans son jardin
        • Posté à 00h41 le 05/08/2008
        • Internaute 10710
          Retraité dans son jardin

        …ce discours : du bla bla nia nia !

  • Gotch
    • Posté à 07h35 le 04/08/2008
    • Internaute 15306

    Au contraire, de l’Afrique est né l’Ubuntu, qui est une philosophie bénéfique, tournée vers ce qu’il y a de bon dans l’humain, vers une vision globale de tous en devenir symbiotique qui n’empêche aucunement le développement de la personnalité.

    Guaino aurait beaucoup à apprendre de l’Afrique ! Aurait-il l’humilité de l’accepter ? Je réserve mon jugement....

  • Adelyne sur le sable
    Adelyne sur le sable
    Si je savais
    • Posté à 07h37 le 04/08/2008
    • Internaute 16679
      Si je savais

    Oui, c’est cela même.
    C’est très intéressant.
    Mais là, comme pour combler un trou, c’est du « Schaub », et du réchauffé.

    • Servais-Jean
      • Posté à 16h09 le 04/08/2008
      • Internaute 4591
        43

      Entre 15 et 16h sur France-Inter l’émission était faite sur le discours de Dakar vu par les intéressés. Elle est disponible en Podcast sur France-Inter

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  • Alcide Nikopol
    Alcide Nikopol
    Passé a l'Est
    • Posté à 08h11 le 04/08/2008
    • Internaute 5725
      Passé a l'Est

    Quand il reste en Afrique l’Homme Africain se la coule douce et reve béatement en regardant le temps qui passe.

    Pour rentrer dans l’histoire, faut qu’il vienne se battre et mourir pour la France et on lui accorde quelques lignes dans nos manuels scolaires. a la rigueur, le foute peut aider aussi (a condition de savoir chanter la Marseillaise).

    Quand l’Homme Africain en a assez de se la couler douce et de rever béatement, qu’il veut lui aussi participer a la grande valse du Progres et de la Modernité, il vient en France, se la couler douce et voler le pain des francais qui travaillent plus pour gagner pareil, mais la non faut pas déconner, alors on le renvoie chez lui s’il n’a pas brulé dans son immeuble entretemps.

    Le tyran africain, lui aussi se la coule douce, mais, heu, c’est pas pareil voyez vous, parce que lui on l’aime bien, faut dire qu’il est en général tres riche, et qu’il essaie de faire rentrer son pays dans l’Histoire en nous achetant des avions de chasse.

    Maintenant, si associer les juifs et l’argent c’est raciste, je pige pas pourquoi en rebalancer une couche sur l’africain famélique et bienheureux (un peu con-con, disons-le, mais gentil quand meme) ca n’en serait pas.

    Si la position « idéologique » de De Gaulle et Guaino n’est pas ouvertement raciste, qu’il y ait « rupture » ou pas, elle continue néanmoins a véhiculer ce bon gros racisme ordinaire bien franchouillard. Ca fait rigoler quand on lit Tintin au Congo, moins quand c’est le Président de la République Francaise qui le sort a des Sénégalais.

    Le discours, qui fut ambivalent, est maintenant « décomplexé », c’est super tendance. « Avec tout ce qu’on a fait pour vous, z’etes pas foutus de vous en sortir ». Ca change du « role positif de la colonisation » qu’on a voulu faire rentrer dans les manuels. Bientot au sujet du bac : « montrez comment l’Afrique était heureuse au temps des colonies »...

    • Gotch
      Gotch répond à Alcide Nikopol
      • Posté à 08h37 le 04/08/2008
      • Internaute 15306

      Désolé, Alcide, mais même « Tintin au Congo », surtout la première version, çà gêne ! On sent une supériorité assumée, comme dans l’épisode de la locomotive qui se renverse, et dont Tintin (de mémoire) assure « Allez, on va la relever, votre vieille tchouk-tchouk ! ». Malaise, malaise ! Les Africains, même d’aujourd’hui et contaminés (il n’y a pas d’autre terme) par notre civilisation triomphante, ont encore beaucoup à nous apprendre, si nous savons les écouter.

      • Alcide Nikopol
        Alcide Nikopol répond à Gotch
        Passé a l'Est
        • Posté à 16h50 le 04/08/2008
        • Internaute 5725
          Passé a l'Est

        Voui.

        Suivi de « ça y’en a pas être vieille tchouk-tchouk, ça y’en a être belle locomotive ».

        Vision raciste et paternaliste de l’Afrique qui date de... 1931 ! Mise en couleur en 46, c’est à dire il y a plus de 60 ans.

        Hergé lui-même avouait que c’était l’idée que se faisaient de l’Afrique les petits bourgeois blancs n’y ayant jamais foutu les pieds, à l’époque.

        Nous sommes en 2008, la France n’a plus de colonies, on a eu la mondialisation entretemps. Ça fait donc peur de voir que nos élites ont, le verbe moins radical peut-être, toujours une certaine idée de l’Afrique.

    • A déménagé le 25 octobre
      • Posté à 09h09 le 04/08/2008
      • Internaute 33755

      Oui, bien d’accord avec toi (décidément !), cher Praguois.

      @ l’auteur de l’article.
      « L’accusation de racisme est un réflexe. » : vous venez de faire de la sociologie malgré vous : -)...

      Alcide a raison : du fait que les gens ne se cachent plus depuis un an, du fait que l’on impose en France une nouvelle grille de lecture de notre identité dont le seul résultat connu pour l’instant est le repli sur soit, du fait que l’on voit émerger à la tête de ce pays des sous marins FN dont la seule intelligence a été de savoir ou le pouvoir allait se situer, du fait que Le Pen ait perdu toute ses batailles électorales pour finalement gagner sa guerre idéologique, du fait d’un rejet (ou d’une acceptation) de l’autre sur des bases géographiques, physiques et intellectuelles (racisme ?) soit devenu ordinaire, décomplexé, quotidien, européen, que la xénophobie s’impose comme étant LA politique d’immigration européenne (qui en Europe, quelle politique, quel dirigeant, quel décideur milite et applique une économie dont la base légale, le cadre juridique clair et commun, permettra un partage équitable des ressources génétiques mondiale ? politique capable de juguler ces flux migratoires et rendre la mondialisation effective...), du fait que l’on assiste à ce genre de dérapages dans la parole-même du Président, alors oui, forcément, « l’accusation » de raciste devient un reproche légitime, ce que vous appelez un réflexe.

      Et c’est ainsi que j’en appelle à vos « hautes » compétences en sciences sociales pour vous faire admettre que ce réflexe ne compromet en rien le sens de ce mot - un usage répétitif ne veut pas dire forcément « mauvais usage » - mais que, bien au contraire, il lui donne tout son sens historique et je pousserai le bouchon jusqu’à remercier sa seule existence.

      • Gotch
        • Posté à 09h25 le 04/08/2008
        • Internaute 15306

        Ah, j’ai un interlocuteur pas encore fermé....

        Accuser de racisme, ne serait-ce pas déjà au départ une forme de racisme ? Il faut avoir ce vocable imprimé dans la tête, à portée de main, pour le servir ainsi. Dans certaines circonstances, la stupidité est bizarrement très partagée entre des personnes qui, par ailleurs, sont très différentes. Qu’en pensez-vous, Blaise ?

        (mais répondez vite, parce que la boutique va fermer...)

         
        • A déménagé le 25 octobre
          • Posté à 09h45 le 04/08/2008
          • Internaute 33755

          Oui, je suis d’accord,

          et je dois même dire que je pratique souvent ce que vous dîtes,

          mais racisme a une définition bien précise. Et je trouve son utilisation « à outrance » amplement justifiée.
          Il faut savoir argumenter derrière, ne pas que pratiquer l’insulte, mais avec ce discours de Guaino et Sarko, et les jours qui suvirent plus le regain du moment pour son anniversaire, l’argumentation, que ce soit des deux côtés de la Méditerrannée, a largement été utilisée.

          C’est pour cela que je comprend Schaub quand il désigne un choc idéologique, mais il faut comprendre que l’un des blocs pratique une politique raciste :

          Qui agit par « réflexe », monsieur Schaub ? celui qui utilise à des fins politiques la peur de l’autre, celui qui se repli sur lui-même, ou celui qui constate ce comportement chez son semblable ?

        1 autres commentaires
  • Philippe Tixier
    Philippe Tixier
    Citoyen
    • Posté à 08h26 le 04/08/2008
    • Internaute 10848
      Citoyen

    Le « NEGRE » de sarko se « rebiffe » !

    Par philippe tixier le dimanche 3 août 2008, 09 : 22 - poli-tic

    Cet homme qui n’est pas élu, conseiller à la présidence continue de se justifier par rapport à son travail jugé plus que douteux par bon nombre de français et notamment des intellectuels. Il est entrain de récupérer à son compte le discours qu’il a écrit pour N£, lequel l’a lu à DAKAR. Ce discours lu par le président français est donc la parole de la France donnée par son représentant suprême (Oh ça va lui plaire !) : Le président Sarkozy. Il n’appartient pas ou plus à son auteur, c’est le jeu d’un « nègre » qui doit donner, offrir, ... à son maître ; Sinon il faut qu’il change de JOB !

    Que je sache, la parole de la France ne peut pas être celle d’un obscur conseiller, elle est incarnée par son président ! Et quand un de ces conseillers lève trop la tête, il faut le changer !
    Sinon , à terme, on se demandera qui dirige les idées de la France ! Les conseillers proposent et le président dispose et fait sien de leur travail, il l’intègre à ses réflexions,« les conseillers ne sont pas les payeurs », ils doivent rester dans l’ombre pendant leur job !
    Sarkozy a su réduire le périmètre du premier ministre et se fait avoir par ses conseillers trop remuants, trop parlants !

    Que gagne la France dans tout cela ?

    Chercher l’erreur si la France est dirigée par des conseillers comme cet Henri Guaino.

    « Henri Guaino s’explique » ; « L’homme du discours de Dakar justifie ses prises de position controversées. » rue89 du 31 7 2008
    « Un nègre est l’auteur anonyme d’un texte signé par une autre personne, souvent célèbre. L’emploi assuré de ce sens métaphorique du mot date du XIXe siècle et implique une connotation négative liée à l’exploitation abusive du travail d’un collaborateur. Aujourd’hui, la connotation raciste s’est accentuée et le mot “ nègre ” est souvent utilisé avec des guillemets ou remplacé par la locution “ nègre littéraire ”. »Lien(litt%C3%A9rature)

    Lien

  • Philippe Tixier
    Philippe Tixier
    Citoyen
    • Posté à 08h28 le 04/08/2008
    • Internaute 10848
      Citoyen

    « je dirais que ni Nicolas Sarkozy ni Henri Guaino ne ressemblent à Siné, et que c’est tant mieux.


    Je trouve cette phrase hors de propos !

  • Gotch
    • Posté à 09h08 le 04/08/2008
    • Internaute 15306

    Les pastillages échevelés aussi sont hors de propos... Quelqu’un cherche à déstabiliser Rue89 en s’attaquant aux discussions de ses Riverains : pas beau ! Pas très sport ! Inutile et grotesque !

    Dans les différents fils, voyez qui reste....

    • A déménagé le 25 octobre
      • Posté à 09h12 le 04/08/2008
      • Internaute 33755

      Oui j’ai commencé mon post il y a 20 minutes, alcide avait un naze dans sa besage, je post, 10 naze ! ? ! ?

      Il y a comme un problème.

      Ça fonctionne les stages d’été à l’UMP ?

  • A déménagé le 25 octobre
    • Posté à 09h14 le 04/08/2008
    • Internaute 33755

    Alors je vais faire un test :

    Nicolas Sarkozy est magnifique, génial, sensentiaonel, révolutionnaire, est le meilleur président qu’on ait jamais connu

    Nico, je t’eeeeeeeeeembrasse !

  • A déménagé le 25 octobre
    • Posté à 09h15 le 04/08/2008
    • Internaute 33755

    Pardon,

    mais à ce point-là à la Rue, faîtes quelque chose !

    • Numerosix
      Numerosix répond à A déménagé le 25 octobre
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 10h05 le 04/08/2008
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Oui, ou faites un nouveau concept à deux voix sur Rue89 ( Journalistes et Trolls censeurs ) .

  • A.V.
    • Posté à 10h01 le 04/08/2008
    • Internaute 24685

    Le discours de Dakar est d’autant plus impayable que Guaino et Sarkozy sont des néolibéraux. Or, qu’est-ce que le libéralisme réactionnaire, sinon la résurgence du mode de vie du chasseur-cueilleur, un ancêtre pré-humain dont l’atavisme parasite systématiquement les efforts de l’espèce humaine ?
    Alors nos deux compères donnant des leçons de civilisation aux Africains, c’est un peu comme si deux singes venaient nous expliquer la chute des corps en tombant d’un arbre.

    • Claude PELLETIER
      Claude PELLETIER répond à A.V.
      Retraité dans son jardin
      • Posté à 00h31 le 05/08/2008
      • Internaute 10710
        Retraité dans son jardin

      Encore des images suicidaires. Vous n’en sortirez pas. Des singes qui se laissent tomber du haut d’un arbre ! Je vous demande un peu.

      Je n’aime pas vos images de chasseurs-cueilleurs venant percuter le monde des agriculteurs-éleveurs. Y’a du télescopage de plaques tectoniques en accéléré.

      Et enfin qu’est-ce que c’est que ce « libéralisme réactionnaire », un alibi pour vanter le libéralisme révolutionnaire ou le moyen de nous faire perdre la boule.

      J’ai quelques très bons amis chasseurs-cueilleurs ; soyez sûrs qu’ ils n’aimeront pas être traités ni de « pré-humain » ni de singes.

  • LeSultanDeBruni
    • Posté à 10h08 le 04/08/2008
    • Internaute 32613
      .

    Au sujet des commentaires : Pierre Haski | Rue89 a dit le 02/08/2008 à 17H22 :

    « Il existe une Charte des commentaires et nous tenons à ce qu’elle soit respectée. Le moins qu’on puisse dire, à lire les commentaires de l’ensemble du site, et de ce fil en particulier, c’est que la liberté d’expression y est largement respectée, ou alors les mots n’ont plus de sens. Ce qui ne sera pas toléré, ce sont les insultes, le mépris, l’intolérance. »

    Bin moi je trouve qu’il y a un GROS PROBLEME ! la plupart des post sont repliés depuis quelques jours.

    @RUE 89 : il faut tracer ceux qui ont créé de multiples pseudos et les virer. On ne peut plus discuter. Il ne reste qu’une pensée unique. Ca devient du n’importe quoi.

    Merci

    • Claude PELLETIER
      Claude PELLETIER répond à LeSultanDeBruni
      Retraité dans son jardin
      • Posté à 00h36 le 05/08/2008
      • Internaute 10710
        Retraité dans son jardin

      C’est une folie sur l’affaire de racisme (Siné vs Val).
      Non seulement les fenêtres claquent à la volée mais les discussions sont faibles
      et s’enlisent parfois dans le bac à sable.

  • A déménagé le 25 octobre
    • Posté à 10h15 le 04/08/2008
    • Internaute 33755

    Entre les devoirs de vacances distribués par Nico et l’appétit des stagiares estivaux de l’UMP, le moins que l’on puisse dire est qu’ils ne chôment pas, eux !

  • CAubrée
    • Posté à 10h20 le 04/08/2008
    • Internaute 19904

    Il y a quelques mois, la RATP affichait dans les rames de métro des extraits de poème « francophones », ou « métis » ou « issus de la diversité » selon les consternantes terminologies en vigueur. Y figuraient, là aussi, des auteurs antillais, comme Andrée Chédid. A quand Louis Chédid et M classés à la FNAC dans les bacs « Musique du Monde » ? ? Le pire, c’est que cela vient de réflexes de la plus mièvre et la plus détestable bonne conscience

  • Charles Mouloud
    Charles Mouloud
    Bras gauche de la Vénus de (...)
    • Posté à 10h41 le 04/08/2008
    • Internaute 12542
      Bras gauche de la Vénus de (...)

    Non , Siné n’est pas Aficain !
    Mais Val s’est fait une ligne de Banania.

    • Gotch
      Gotch répond à Charles Mouloud
      • Posté à 11h13 le 04/08/2008
      • Internaute 15306

      C’est grave ! J’espère qu’il n’est pas cardiaque !

  • liberty2
    liberty2
    anti-censure
    • Posté à 11h57 le 04/08/2008
    • Internaute 48259
      anti-censure

    Le racisme latent et inconscient existe bel et bien : « je vous aime, même si vous n’êtes pas encore à ma hauteur... »

    Je reviens sur l’immigration « choisie », sympa pour les immigrés que l’on à fait rentré légalement sur le territoire et à qui l’on a expliqué qu’on les avait « subies »... (ce terme ne désignait pas les « sans papiers » mais la façon dont on les selectionnait).
    Ministère de l’identité nationale...

  • BrunoC
    BrunoC
    ( ° ) ( ° )
    • Posté à 12h25 le 04/08/2008
    • Internaute 49016
      ( ° ) ( ° )

    Je m’écorche les yeux en lisant « il s’agit de remarques qui relèvent du jugement de valeur, sans doute pas racistes ».

    Mais le racisme, c’est justement ça, un jugement de valeur.

  • bifteack
    bifteack
    pierreux
    • Posté à 12h30 le 04/08/2008
    • Internaute 48394
      pierreux

    a l’epoque ou nous etions encore des peuples inconnues de l’histoire (texte ecrit, ecriture donc l’origine etait une comptabiliter purement mercantil)le royaume de nubie etait une civilisation hautement develloper pour l’epoque.l’Afique doit chercher sa propre voix. Malheuresement une partie du peuple africain et hypnotiser par notre mode de vie qui renforce leurs propes misere.l’aide significative que nous puissions leur apporter,et d’etre moins gourmand des ressources afin que eux meme puisse y acceder. Mais somme nous pret a cela ? Il y a toujours eux des chacals (pardon pour les chacals) qui on prosperer sur l’exploitation humaines ici comme en Afrique (royaume du dahomay). Nous avons certainement tous autant a apprendre sur certains points des africains, qu’il en ons e apprendre de notre part. Nous somme tous sur le meme bateaux donc les 1er classe sont les nanties,les 2eme nous, les 3eme tous les misereux.Nous les 2eme classe fessont barrage entre la 1er classe et la 3eme. En acceptant de nous resteindre sur du futil et en suppriment les 1er classes il y aurait suffisament de ressource pour tous.

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 12h45 le 04/08/2008
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    La manoeuvre serait habile si elle n’était, malheureusement pour monsieur Guaino, usée jusqu’à la corde : il s’agit de profiter des maladresses de contradicteurs - voire de les inventer - pour répondre en ajustant le discours de Dakar, en en gommant certaines « aspérités ». Il aura beau faire. Son discours révèle l’obsolescence, la redites de poncifs issus de la pensée colonialiste. Il révèle surtout la pauvreté de la pensée du pouvoir en place.

  • taner
    taner
    Etudiant
    • Posté à 12h54 le 04/08/2008
    • Internaute 49686
      Etudiant

    C’est vrai qu’il est plus facile d’humilier publiquement un auditoire africain en prononçant un discours teinté d’ignorance crasse, de mépris à peine dissimulé et de condescendance néo-coloniale que de cesser d’entretenir des relations pour le moins ambigües et opaques avec les autocrates de la région. Le discours de Dakar n’a pas empêché le renvoi en France puis la grâce de Breteau et de sa bande d’allumés, survenant -que le hasard fait bien les choses ! - moins d’un mois après le coup de main logistique et militaire « offert » par l’armée française au grand démocrate Déby quand il s’est retrouvé sérieusement menacé par des rebelles.
    Mais Rama Yade l’a dit à l’Assemblée : « la Françafrique de papa, c’est fini ! », et tant pis si trois jours après Nicolas clamait haut et fort qu’il irait les chercher « quoi qu’ils aient fait ». Avec les dents ?

  • vol19
    • Posté à 14h48 le 04/08/2008
    • Internaute 13492

    « Comment ne pas interpréter le ton de reproche du discours de Dakar comme le complément de déplacement de Jean-Marie Bockel, ministre de la coopération »...

    Comment « interpréter le ton de reproche » ? C’est la question...de ce ton condescendant.
    Alors pourquoi ce discours est il cadré et adressé « en particulier aux jeunes » et prend place dans une université. « Aux jeunes » : justement hors d’une continuité françafrique.
    Le discours est explicitement adressé aux jeunes mais implicitement à qui ? et à quoi répond t-il ?

  • vol19
    • Posté à 16h04 le 04/08/2008
    • Internaute 13492

    A noter pour alimenter le sujet, la stimulante émission de France Inter « l’Afrique enchantée » précisement consacrée au « discours de Dakar » ce lundi 4/08/2008 de 15h05 à 16h00.

    Bon, c’est tout... ce que l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales peut fournir en analyses sur le discours de Dakar en sciences sociales, pas très convaincant, çà on peut en convenir !

    Les Lumières Françaises et leurs intellectuels ne sont pas prêts de se rallumer et d’illuminer la planète....

    • Claude PELLETIER
      Claude PELLETIER répond à vol19
      Retraité dans son jardin
      • Posté à 00h15 le 05/08/2008
      • Internaute 10710
        Retraité dans son jardin

      Quelqu’un l’avait déjà signalée, cette émission intéressante, mais vous faites bien d’en reparler. D’autant que la conversation ne l’est guère.

  • Servais-Jean
    • Posté à 16h11 le 04/08/2008
    • Internaute 4591
      43

    Entre 15 et 16h sur France-Inter l’émission était faite sur le discours de Dakar vu par les intéressés. Elle est disponible en Podcast sur France-Inter

    Lien

  • SB68
    • Posté à 16h44 le 04/08/2008
    • Internaute 24192

    Ras le bol du bigleux, laissez nous en paix merci.

  • Compte supprimé le 21 janvier 2
    • Posté à 17h28 le 04/08/2008
    • Internaute 17993

    Désolé de contredire tout ce torrent d’eau tiède, parce qu’en gros, la colonisation, c’est quand même fini depuis 1/2 siècle, et même s’il reste de mauvaises habitudes (la France-Afrique, etc..), il n’en reste pas moins qu’il faut bien constater, qu’en gros, depuis 1/2 siècle, l’Afrique merde totalement. Ce n’est pas indécent, ni raciste, de se demander pourquoi.

    JFT_Charenton

    • Gotch
      • Posté à 17h47 le 04/08/2008
      • Internaute 15306

      Simple : la Françafrique n’a jamais cessé d’être, et les pires tyrans sont les plus proches de l’Elysée. Les différents peuples africains n’ont toujours pas leur mot à dire, et c’est pourquoi rien ne va bien. Malgré de grandes vedettes comme Manu di Bango ou Angélique Kijé, et beaucoup d’autres, qui ont tenté de secouer le cocotier, l’essentiel de la politique africaine se décide encore rue du Faubourg, ou avec sa bénédiction.

  • Compte supprimé le 21 janvier 2
    • Posté à 18h14 le 04/08/2008
    • Internaute 17993

    C’est quand même bizarre que des centaines de millions de personnes se fassent manipuler par une poignée de trou-du-cul, non ? On ne sent pas une grosse motivation. Patrice Lumumba, reviens !

    Je citerai ici un papier disponible en ce moment à RUE89 sur le Bénin. Voilà, c’est texto (, ), et c’est terrifiant de connerie(s) :

    (De Cotonou) Le Bénin va procéder au début de l’année prochaine à la révision de la Constitution du 11 décembre 1990. Pour ce faire, le président de la République a annoncé jeudi dernier dans son discours à la Nation, l’organisation très prochaine d’un référendum dans un contexte qui présage d’une nouvelle aventure aussi incertaine que floue.

    Le référendum annoncé pour le trimestre de l’année 2009 par le chef de l’Etat paraît aussi imprécis et incertain que d’autres aventures du genre sous le régime du changement. Et pour cause ! Deux des nombreux détails sur lesquels le président de la République doit commencer par rassurer son peuple et la communauté internationale sont, selon ses propres déclarations antérieures, inexistants.

    Il s’agit d’abord du cadre juridique et institutionnel de l’organisation de ce référendum déjà annoncé, puis ensuite des moyens matériels, financiers et logistiques indispensables à sa bonne organisation.

    Sur la condition du cadre juridique et institutionnel, les événements nés des dernières élections municipales, communales et locales permettent d’affirmer qu’il sera difficile au gouvernement du président Boni Yayi d’y satisfaire avant la période déjà imminente de l’organisation du référendum. Car, au sortir des dernières élections, le chef de l’Etat, son gouvernement et ses partisans ont été les premiers, sinon les seuls, qui jusqu’ici continuent de contester les résultats proclamés par la Commission électorale nationale autonome (Cena) au motif qu’elle est partisane et qu’elle manque de professionnalisme.

    Cette attitude du président de la République, de son gouvernement et des militants de son regroupement politique, Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), a conduit à la non-installation de 24 des 77 nouveaux conseils communaux en violation des dispositions de lois prescrivant leur installation dans un délai de 15 jours après la proclamation des résultats. En réaction à ce comportement de mépris des lois de la République, plusieurs groupes parlementaires à l’Assemblée nationale ont décidé, avec la bénédiction de leurs formations politiques respectives, de conditionner le vote de nouvelles lois au respect de celles déjà existantes notamment celle relative à l’installation des nouveaux conseils communaux.

    L’embargo ainsi posé par une majorité qualifiée des députés sur le vote de nouvelles lois constitue une grande menace sur la conception du cadre juridique de l’organisation des référendums au Bénin. La Constitution l’a prévu certes. Mais, il est également prévu que soit votée par le Parlement une loi qui l’organise. Et peut-être que le chef de l’Etat devra encore recourir à l’article 68 de la Constitution afin de prendre cette loi organique par ordonnance comme il lui est déjà arrivé de le faire pendant cette crise qui dure depuis deux mois.

    Mais il y a plus redoutable que le cadre juridique et institutionnel. Puisque selon le président de la République lui-même, au terme d’un forum qu’il a organisé le lundi 14 juillet dernier sur la cherté de la vie, l’armée qu’il dirige n’a plus de « munitions », on se demande avec quels moyens le Bénin va organiser ce référendum.

    etc, etc, etc.............. J’abrège.

    Il y a vraiment de quoi se les mordre.

    JFT_Charenton

  • taner
    taner
    Etudiant
    • Posté à 18h51 le 04/08/2008
    • Internaute 49686
      Etudiant

    « Quelques mauvaises habitudes » ? ? C’est un euphémisme. Ta diatribe sur les africains qui se mettraient eux mêmes dans la « merde » par manque de « motivation » va clairement dans le sens du discours de Dakar. Le noir incapable de se prendre en charge, de regarder vers l’avenir etc. Et au passage le vieux continent peut déculpabiliser, la décolonisation est terminée, on s’en lave les mains. C’est assez navrant de lire des commentaires de cet acabit, mais bon, autant y répondre.

    Primo, dire que l’Europe, et la France en particulier, est encore en (bonne) partie responsable de la situation peu enviable de nombreux pays africains, ça ne signifie pas que l’on exempte de toute responsabilité les despotes locaux, qui pratiquent encore en masse corruption, népotisme et règnent par la force. Elle est responsable, mais elle n’est pas seule. Mais les « mauvaises habitudes » ont la vie dure, et elles sont suffisamment répandues et dramatiques pour qu’on continue à les contester, particulièrement quand elles sont le fruit de la politique d’un État qui ne perd pas une occasion de se gargariser sur les droits de l’homme, dont il revendique à tort la paternité.

    Secundo, regarde à qui profite le crime. Les belles déclarations d’intentions de l’Elysée, quel que soit son occupant, améliorent-elles la vie des peuples africains ? La politique de la France améliore-t-elle la vie des peuples africains ? J’ai bien peur que non, c’est même le contraire. On laisse Bruxelles subventionner nos agriculteurs au dépens des producteurs africains qui, manque de pot, n’ont pas cette chance, pendant que Nicolas se félicite de voir « l’espace des libertés » progresser en Tunisie. Etc, etc, etc.
    Alors, oui, mille fois oui, la France est partiellement responsable de la misère économique, sociale et politique de certains pays d’Afrique. Elle est l’alliée objective de la « poignée de trous du cul » contre laquelle les Africains n’ont, selon toi, pas envie de lutter.
    Pas facile de lutter quand les dés sont autant pipés.

    • Compte supprimé le 21 janvier 2
      • Posté à 10h41 le 05/08/2008
      • Internaute 17993

      Ben je persiste. Comment se fait-il que des centaines de millions de personnes soient aussi passives devant le pillage de leur pays ? Lisez l’article « Nigeria » sur Wikipédia, c’est consternant. Oui la colonisation est terminée depuis longtemps, et la culpabilité de l’homme blanc, ça commence à sentir le réchauffé. Citez moi un seul homme politique africain respectable. Un seul. Ce serait une bonne idée que les Africains s’occupent de leurs affaires et virent les cons. Je répète : Patrice Lumumba, reviens !

      JFT_Charenton

      • taner
        • Posté à 19h12 le 08/08/2008
        • Internaute 49686
          Etudiant

        D’accord, on peut jouer à ça. Parce qu’il faut éviter de tomber dans le discours homogénéisant sur l’Afrique. Sur 53 Etats, il y a quand même 53 situations plus ou moins différentes. Et on peut difficilement mettre dans le même sac la Namibie et le Soudan, ou le Mali et le Zimbabwe. Des hommes politiques respectables ? ? En vrac : John Kufuor (Ghana), Abdoulaye Wade (Sénégal), Ian Khama (Botswana), et la liste est loin d’être exhaustive.
        Donc oui, il y a des prémices de démocraties stables en Afrique, et la caricature du pillard sanguinaire et impitoyable à la tête d’un régime corrompu et violent n’est pas la seule réalité du paysage politique africain.

        Ce qui est intéressant, c’est d’établir un lien entre d’une part le degré de dépendance des anciennes colonies vis-à-vis de leurs anciens maîtres européens, et d’autre part la volonté plus ou moins forte des dirigeants de construire un système politique transparent, concurrentiel et pacifié, bref, démocratique. Et avec ce petit jeu, on constate que les pires dictatures africaines sont celles dans lesquelles les dirigeants sont les moins autonomes à l’égard des néo-colons.
        Je te conseille vivement de feuilleter le Courrier International du 26 juin, il est consacré à la démocratie en Afrique. Et de découvrir avec stupeur que selon une enquête du Wall Street journal, le Tchad et la Côte d’Ivoire figurent parmi les dix pays les moins libres d’Afrique. Tiens donc, ce sont d’anciennes colonies françaises, avec qui la France conserve des rapports étroits ! Mais de là à imaginer que la cellule Afrique de l’Élysée y est pour quelque chose, il faut une sacrée dose de paranoïa, n’est-ce-pas ?
        Ce doit être une coïncidence, puisque « la colonisation est terminée », « la culpabilité de l’homme blanc sent le réchauffé », et les Africains sont trop cons pour la démocratie.
        Et pourtant, les Maliens et les Namibiens sont Africains.

  • G7
    G7
    Etudiant en droit
    • Posté à 23h59 le 04/08/2008
    • Internaute 49750
      Etudiant en droit

    Je viens de lire le discours de Dakar et au delà du passage choquant car réducteur de l’africain incapable de penser au delà du travail de la terre (en interprétant restrictivement ces propos), surtout qu’il ne la travaille pas suffisamment puisque l’Afrique importe beaucoup de denrée alimentaire, ce que l’auteur rappel en tant que problème de l’Afrique (« La réalité de l’Afrique, c’est le développement qui ne va pas assez vite, c’est l’agriculture qui ne produit pas assez... ») sans toutefois pointer du doigt les causes de ce manque de production (l’importation de produits subventionnés en tête).

    De plus, il y a une petite contradiction entre le passage où l’auteur déclare que l’Afrique n’est pas entré dans l’histoire et celui où il implore les jeunes d’Afrique de ne pas écouter « ceux qui veulent faire sortir l’Afrique de l’histoire ». A moins que l’Afrique soit entrée dans l’histoire sans l’Homme africain, auquel cas le seul évènement ayant fait entré l’Afrique dans l’histoire serait, pour l’auteur, la colonisation.

    Au delà de ce passage, une autre phrase a immédiatement retenu mon intention.
    Ce discours est axé sur la promotion de la culture ancestrale africaine, critiquant « Ceux qui jugent la culture africaine arriérée... ».
    Mais on a l’impression que ces mots ne sont qu’une pommade appliquée à l’auditoire lorsque, parlant « des hommes de bonne volonté » faisant partie des colons, l’auteur explique : « Ils croyaient briser les chaînes de l’obscurantisme, de la superstition, de la servitude. Ils forgeaient des chaînes bien plus lourdes, ils imposaient une servitude plus pesante, car c’étaient les esprits, c’étaient les âmes qui étaient asservis ».
    Cette phrase dit implicitement que la culture africaine précédant la colonisation, bref la culture ancestrale, baignait dans l’obscurantisme, la superstition et la servitude, contrairement à ce qu’il défend précédemment.

    J’ignore si l’auteur a eu cette intention, mais cette signification m’a sauté aux yeux. Dés lors, je pense que ce discours n’est pas raciste mais plutôt qu’il veut paraître novateur pour faire la promotion de l’union pour la méditerranée, pour la faire paraître comme une union novatrice.

  • Jana
    Jana
    bretonne en Normandie
    • Posté à 21h02 le 04/08/2008
    • Internaute 13372
      bretonne en Normandie

    Bonjour.

    « c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire »

    J’en ai toujours l’impression d’une fausse envolée lyrique qui tombe à plat de manière stupide.. et un an après, H. Guaino persiste et signe. J’ai cru l’entendre évoquer l’idéologie du progrès, héritée des Lumières ?
    là je l’ai trouvé franchement orgueilleux et éteint...

    Mais que connaissent réellement, sur chaque histoire de chaque pays d’Afrique, cet homme européen qui a écrit le discours, et cet autre européen qui l’a lu ?

    « Nos ancêtres les gaulois » avaient peut-être, eux, une simple intuition que d’autres ancêtres inscrivaient d’autres histoires ailleurs, ni inférieures, ni supérieures, d’autres histoires tout simplement.

    J’aimerai savoir comment ces deux hommes réagiraient si un habitant de quelque village ou ville de quelque pays du continent africain s’exprimait ainsi :

    « c’est que “l’homme européen” n’est pas assez sorti de sa complaisance avec les riches dictateurs du continent africain, et de son esprit de condescendance envers les hommes d’Afrique de conditions modestes »

  • Spook 3421
    Spook 3421
    sniper
    • Posté à 21h22 le 04/08/2008
    • Internaute 25586
      sniper

    A propos du post scriptum : dans la plupart des librairies de Grande Bretagne, il existe des rayons consacrés à la « black literature » ou à la « gay and lesbian literature »...

  • Jean-Louis Lecouffe
    Jean-Louis Lecouffe
    Secrétaire de CE
    • Posté à 11h20 le 05/08/2008
    • Internaute 49521
      Secrétaire de CE

    j’ai le sentiment que MR Guaino traite l’Afrique et les africains comme on traitait autre fois le moyen age , comme un moment où l’histoire devient confuse et sans fil ;
    Ce que je n’aime vraiment pas dans le discours de Dakar, c’est que cela soit exprimé comme s’il s’agissait d’une évidence qu’il faut avoir le courage de dire ; c’est là qu’il y a une manipulation très démagogique puisqu’elle utilise un fonds raciste qui traine dans toutes nos société ; on utilise les plus bas ressorts des individus qui composent la société française.
    Le discours de Dakar était-il à vocation éxtérieure ou interne ? ? ? ? je ne suis pas usr de la réponse......Ils sont très malins mais peut etre aussi très pervers.....

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