Chez Etienne Wasmer

L'économie décryptée par Etienne Wasmer, enseignant à Sciences Po Paris, spécialisé en économie du travail.

Augmenter les frais de scolarité pour réduire l'échec à la fac ?

Etienne Wasmer
Economiste du travail
Publié le 12/07/2007 à 13h07



Fac de lettres d’Aix en mai 2007 (Audrey Cerdan/Rue89)

Attention, ce qui suit peut heurter les âmes sensibles.

Comment réduire l’échec en premier cycle universitaire ? La réponse que donnent quatre universitaires étrangers est qu’il faut augmenter les frais de scolarité. Pour être plus précis, une augmentation des frais de scolarité de 1000 euros fait baisser le taux de retard dans l’obtention du diplôme de 6.1%.

Clair, net et précis, c’est le résultat d’une étude italienne d’excellent niveau réalisée par Pietro Garribaldi (université de Turin), Francesco Giavazzi (université Bocconi à Milan), Andera Ichino (université de Bologne) et Enrico Rettore (université de Padoue), publiée en janvier 2007 au NBER (working paper n°12863). C’est d’ailleurs amusant de voir que les quatre proviennent d’universités différentes.

L’idée initiale de cet article est d’étudier le taux de réussite d’étudiants de Bocconi, qui peuvent obtenir leur diplome en quatre ans (ou plus s’ils redoublent) et de comparer ceux qui paient des frais de scolarité et ceux qui n’en paient pas, ou plus précisément, de comparer les performances des étudiants en fonction de leurs frais de scolarité en quatrième année, qui peuvent être de 12 niveaux différents sur la base de la déclaration fiscale du ménage auquel ils appartiennent.

Mais, allez-vous objecter, comment peut-on arriver à ce résultat en étant sûr de bien contrôler tous les autres effets et possibles causalités inverses ? Après tout, des étudiants financièrement plus aisés peuvent être mieux logés, mieux informés, mieux nourris, ne pas avoir besoin de travailler à côté pour financer leurs études. Et donc, s’ils paient plus de frais de scolarité et réussissent mieux, c’est peut-être simplement qu’ils sont dans de meilleures conditions, achètent des livres plus facilement, e tutti quanti.

Et bien oui, et c’est la que réside l’intérêt du papier, basé sur la technique de discontinuité (RDD, « regression discontinuity design »). Le principe est de considérer que des étudiants qui sont dans un foyer disons de 30 001 euros par an (qui paient des frais d’inscription) et ceux dans un foyer percevant 29 999 euros de revenus et qui ne paient pas (ou moins) de frais d’inscription sont « identiques » . Et donc, l’impact des frais d’inscription peut être mesuré en comparant ces deux groupes d’étudiants similaires et en se débarassant par là de tous les autres facteurs externes (c’est bien sûr un tout petit peu plus compliqué car il y a d’autres dimensions que le revenu mais le principe est celui-là).

Et on obtient donc ce résultat assez spectaculaire, qui revient à dire que la gratuité favorise le taux de redoublement. Quelles sont les raisons qui rationalisent ce résultat ?

La plus banale, c’est que les étudiants travailleront plus s’ils savent qu’ils devront payer plus l’année suivante s’ils échouent à leurs examens. C’est sans doute vrai, et on pourrait d’ailleurs, si on déteste l’idée de la non-gratuité, s’accommoder quand même de ce résultat pour proposer a contrario de l’argent aux étudiants qui finiraient leurs études en temps et heure (sauf si apparaissait alors le « crowding-out effect » de Benabou-Tirole). En fait, je ne vois pas d’autres raisons, ou alors en tirant par les cheveux, sauf si les professeurs se mettaient à avoir (plus) pitié des étudiants qui vont avoir à repayer des frais (plus) élevés. Je ne pense pas que cela soit le cas, encore que parfois, la semaine qui suit la parution des résultats, il y a beaucoup de larmes versées dans certains bureaux et parfois, honteusement d’ailleurs, les plus faibles cèdent...

Mais surtout, la portée pratique du résultat doit être discutée, ce que font les auteurs : dans un monde parfait, il n’y a que peu de nécessité d’imposer que la durée de complétion du diplôme soit de quatre ans. A chacun son rythme, et si on veut obtenir le graduat de Bocconi à 99 ans, va bene.

Mais dans un monde distordu (pardon pour le néologisme mais il me plait), notamment de subventions diverses, explicites ou implicites, à l’éducation (train moins cher, visas d’étudiant), il est peut-être optimal de tenter de limiter la durée des études. Et pour cela, pourquoi pas, d’imposer des frais de scolarité croissants avec l’ancienneté d’inscription.

Choquant ? Pourquoi ? Pour les concours aux grandes écoles scientifiques, il y a bien un escompte implicite à redoubler : les 3/2 (ceux qui passent le concours en 2ème année) partent avec des points d’avance sur les 5/2 (ceux qui passent le concours après une deuxième maths spé) et a fortiori les 7/2 (ceux qui retriplent). Cela réduit les stratégies d’attente et augmente d’une certaine manière l’équité de l’accès aux concours.

De toute façon, cette étude devrait faire pas mal de bruit. S’applique-t-elle à nos débats franco-français ? Le débat est ouvert.

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  • Anonyme

    débat à ouvrir effectivement, l’écueil à éviter étant bien sûr de na pas fermer la voie des études aux moins aisés.
    ce ne sera aussi pas la seule solution à tous les maux de l’université.

    • Anonyme

      Non non et re-non, il ne faut pas augmenter les frais de scolarité. Il faut arrêter avec le « mythe » de l’université gratuite en France. On débourse quand même 400 euros chaque rentrée universitaire (sécu sociale incluse), je n’appelle pas ça du gratuit.

      • Anonyme

        400euros...
        Cela dépend des academies, personnellement je paie 750 euros, ce qui fait un légère différence. Je ne sais trop quoi penser de cette étude ayant des amis qui furent obliger d’arreter par manque de moyens et qui travaille maintenant a mc do...

         
        • KrazyKitty
          • Posté à 22h37 le 12/07/2007
          • Internaute 12502

          Dans mon université aux États-Unis, les frais de scolarités au niveau post-bac (menant à l’obtention d’une licence) sont de $8.275,50/an pour un résident de l’État (de Californie) et de $27.895,50/an pour un non-résident. Les nombres sont tout aussi spectaculaires au niveau post-licence. La bourse qui couvre mes frais de scolarité est plus élevée que mon salaire en tant que GSR (Graduate Student Researcher, doctorante employée de labo de recherche)... et à cette échelle, 400 euros et 750 euros, c’est quand même presque la même chose.

          • Anonyme répond à KrazyKitty

            Justement, comme en France les bourses sont beaucoup moins élevées et plus rares, 400 euros c’est beaucoup et 750 c’est vraiment beaucoup.

        2 autres commentaires
      • les_cariboux
        • Posté à 19h29 le 13/07/2007
        • Internaute 12535

        tu as raison, l’universite n’est pas gratuite, mais a cote du prix des insriptions dans les universites d’autres pays ou cela peut grimper jusqu’a plus de 20000$ par an............faut quand meme pas trop se plaindre.

      • Anonyme

        400 euros, 750 euros....

        D’accord, dans l’absolu, c’est pas gratuit. Mais si on considère que ces 400 euros sont la pour payer la sécurité sociale, alors que la cotisation d’un salarié actif est de l’ordre de 20% de son salaire, alors il faut ramener les 400 euros à une base annuelle de 2000 ans, soit 166 euros par mois.
        Heureusement, les étudiants (qu’ils soient boursiers ou non, auquel cas petits boulots et/ou parents prennent le relais) ont plus de 166 euros par mois pour vivre (logement, nourriture, habillement, transports, etc.....)

        Alors, gardons à l’esprit des points de repères lorsqu’on analyse un nombre ! et varions les points de vue.

    • Anonyme

      N’oubliez pas que la seule motivation de Sarko est de réduire le budget social - et pour lui l’université est un budget social - pour réduire les impôts des classes les + aisées, le débat n’est qu’un théatre d’ombres.

      Mais il est intéressant de constater que ce sont toujours les + pauvres qui sont visés. Qu’importe aux étudiants ou pseudo-étudiants aisés de payer 1000 euros chaque année, ce n’est qu’une partie de leur argent de poche. Par contre, quelle galère en perspective pour les quelques obstinés (6%) issus des classes pauvres pour boucler un budget déjà étriqué.

      J’ajouterai que l’université est malheureusement à la hauteur des budgets qui lui sont alloués. Personnel administratif agressif avec les étudiants, profs démotivés, étudiants désemparés devant le souk qu’est le campus français, locaux vétustes etc.. La bonne filière et tout les bourgeois le savent, c’est la prépa. Chanson bien connue dans ce milieu : La fac, c’est pour les nuls. D’où la notion de budget social du début.

  • Anonyme

    débat à ouvrir effectivement, l’écueil à éviter étant bien sûr de na pas fermer la voie des études aux moins aisés.
    ce ne sera aussi pas la seule solution à tous les maux de l’université.

  • Anonyme

    6,1% c’est quand même pas byzance, si ?
    En chiffres bruts ca donne quoi (le nombre d’étudiants dans le test ?)

  • Anonyme

    Magistral ! Rien à redire, si ce n’est qu’il faut aller plus loin : Supprimer l’assurance chômage pour inciter les gens à travailler, supprimer l’assurance maladie pour dissuader les gens d’être malades, mettre le permis de conduire à 10 000 euros pour réduire le nombre de personnes sur les routes et donc le nombre d’accidents, mettre des péages dans les grandes villes pour éviter la délinquance et la mendicité... mieux encore ! on pourrait rétablir le suffrage censitaire pour être absolument certains que seuls les citoyens aisés (donc éduqués, donc forcément plus avertis) soient en mesure d’élire le gouvernement. Ainsi vivrons nous dans un monde meilleur, où les pauvres n’embêteront plus les riches...Ah là là, qu’est ce qu’on se marre sur la planète libérale !

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    • Anonyme

      joli commentaire, que vous auriez pu intituler « comment dire n’importe quoi pour eviter de debattre du fond qui vous embarrasse ». En quoi faire payer plus cher les etudes aux plus favorises est il choquant ? En quoi l’idee que la gratuite peut demotiver marginalement est-elle embarassante ?

      • Anonyme

        je ne crois pas qu’il s’agissait de faire payer des frais d’inscription plus élévés qu’aux seuls étudiants favorisés. relisez l’article...
        et puis faut arreter de prendre les gens pour des boeufs. c’est pas parce que c’est « gratuit » que l’étudiant est démotivé. avant d’être une question de gratuité, il s’agit surtout de l’avenir des étudiants en question et je connais peu d’étudiants motivés pour flanquer délibéremment leur avenir par terre sous prétexte que c’est « gratuit ». et puis est-ce que quelqu’un d’informé sur les stats pourrait rappeler quelle est la proportion d’étudiants pour lesquels les études sont vraiment gratuites ? dans mes souvenirs, ils ne sont pas légion.

         
        • Anonyme

          Visiblement c’est un sujet sensible voir tabou...

          Suis-je le seul à connaître des étudiants de l’université qui y sont simplement parce qu’ils ne savent pas quoi faire de leur vie ?
          Je ne leur en fais pas le reproche car l’aide à l’orientation aux collèges et aux lycées est plus qu’une catastrophe dans notre pays.
          Mais cela prouve au moins une chose, la fac c’est pour beaucoup une solution de facilité !
          Le fait qu’il n’y ait aucune sélection à l’entrée et que les frais d’inscription soient abordables n’aident pas à aller contre cet état de fait.

          • Anonyme

            Ce que vous dites est vrai, mais provient d’une réflexion tellement courte qu’il me parait nécessaire d’y apporter quelques éléments.

            L’orientation au collège et lycée a-t-elle, selon vous, pour but de formater un futur pour chacun ?
            Je trouve parfaitement normal qu’un certain nombre (une majorité ?) de lycéens n’aient pas d’idée précise de leur futur métier. Faut-il les forcer à faire un choix financièrement pesant dès la sortie du lycée ?
            Vous n’aimez pas que certains s’inscrivent à la fac par curiosité, quitte à y découvrir leur futur métier.
            Peut-être vous intéressez-vous trop au pourcentage d’échec, et pas assez à la réussite (un echec en 3e année, n’est-il pas précédé par une réussite en deug ?).

            J’estime que vos connaissances « qui ne savent pas quoi faire de leur vie » ont au moins quelques affinités, et ont choisi une filière qui avait le potentiel de ne pas leur déplaire.

            Maintenant, vous semblez reprocher cette facilité d’accès à la fac, qui engendrerait une solution de facilité pour les lycéens.
            Apprenez déjà que ce système d’université « pas trop chère » (non, elle n’est pas gratuite) est très répandu en europe, sauf en amérique (avez-vous trop regardé « friends » ?).

            Pour finir, pour une selection à l’entrée de la fac, le Bac ne vous suffit-il pas ? Ils existe des selections par entretien, mais alors il s’agit d’écoles post-bac, faut-il transformer la fac en cela ?

            R

            • Anonyme

              « Vous n’aimez pas que certains s’inscrivent à la fac par curiosité, quitte à y découvrir leur futur métier. »

              Bien évidemment, la curiosité est le moteur du développement et de la richesse culturels. Mais dans un monde où rien, malheureusement, n’est gratuit, l’accès à la connaissance a un coût : locaux de fac, salaires des profs, supports de cours,etc...

              Que cela soit gratuit, ou presque, dans le cadre de la formation initiale d’un jeune qui va devenir un actif cotisant qui alimentera le système pour les générations futures, ca me parait être un système sain ! Mais que, dans le cadre de la gratuité (ou presque), l’on permette des errances d’orientation qui font durer les parcours académiques « par curiosité », sans objectif, et sans projet professionnel consistant, c’est dépouiller la mariée.

        3 autres commentaires
  • Valdo Lydeker
    Valdo Lydeker
    journaliste, auteur
    • Posté à 14h10 le 12/07/2007
    • Journaliste 7922
      journaliste, auteur

    Mieux que la sélection par le niveau, la sélection par l’argent... CQFD. Redoutable.

    Pour éviter l’échec en premier cycle, il m’est venu une idée peut-être totalement folle et utopique : généraliser les classes prépas, pluridisciplinaires à dominante scientifique ou littéraire ou sciences humaines, pour tous, intégrées éventuellement à l’Université.
    Je pars de mon expérience personnelle : j’ai fait khâgne et hypokhâgne. Deux ans trés intensifs à bosser ne lettres, anglais, histoire-géo, philo, avec un encadrement qui est celui du lycée et ne vous lâche pas désemparé dans un amphi, c’est,pour les 90 ou 95% qui échouent au concours, une excellent préparation à la fac, ou à d’autres écoles. Et la pluridisciplinarité permet d’affiner ses choix.

    • Anonyme répond à Valdo Lydeker

      Tout à fait d’accord avec vous : et ces années permettront à certains étudiants de mûrir encore un peu. Décider de son avenir alors qu’on n’est pas encore totalement sorti du désarroi de l’adolescence...

      Il peut parfois sembler absurde de demander à des jeunes gens de poser des choix si importants à un âge si tendre... Nous ne sommes pas tous construits sur le même format et c’est heureux.

    • Anonyme répond à Valdo Lydeker

      J’ai connu propedeutique en 1950. c’était un moyen de selesction qui ne bloquait pas la possibilité d’orientation ultérieure.

    • Alain Colbert
      • Posté à 13h41 le 14/07/2007
      • Internaute 2215

      Votre idée de « classes de transition » entre le lycée est l’université est excellente : les méthodes et l’esprit de travail des deux lieux d’enseignement sont encore trop différents pour ces jeunes qui cultivent de plus en plus l’esprit « adolescent attardé » face à un monde adulte qui leur paraît de moins en moins légitime et accueillant.
      Cependant, il faudrait que le niveau à l’entrée dans l’université soit relevé d’autant ce qui poserait peut-être des problèmes dans le cadre du MLD européen.
      De toute façon, il faudrait que les enseignants de premier cycle universitaire fassent, enfin, leur révolution pédagogique et que disparaisse la conférence en amphi de 500 auditeurs, ce lourd et lent discours (rien que des mots trop souvent) dispensé par un mandarin inaccessible, au profit des techniques modernes d’information -Internet, dvd. La mise à disposition en début d’année scolaire d’un cours-document-illustré (propriété intellectuelle du professeur) libérerait du temps et permettrait à l’enseignant des répondre aux questions des étudiants et de connaître ainsi où se trouvent leurs principales difficultés : des points obscurs en sciences-math-informatique sont souvent à la source d’un décrochage irréversible parce que l’étudiant a l’impression qu’il est « largué ».
      Le secret des grandes écoles c’est que, comme au lycée, ces réponses cruciales sont données au fur et à mesure dans le cadre d’un « suivi pédagogique des étudiants » par un professeur qui les connaît individuellement.

      • sujetduprince
        • Posté à 02h03 le 15/07/2007
        • Internaute 8155

        effectivement ...

        les cours magistraux conviennent tout à fait aux « bons eleves » habitués à regurgiter (- et à l’université regurgiter le livre du prof c’est encore mieux pour la note -). Ont-ils tout compris : cela importe peu ... ils ont bien restitué

        il est effectivement plus facile de tout mettre sur le dos des « elèves » plutot que de penser la responsabilité des « maitres »

        j’ai appris il y a bien longtemps qu’il y a moins de mauvais élèves que de mauvais enseignants (pédagogiquement s’entend)

  • Anonyme

    En effet, on pourrait laisser les frais de scolarité au niveau qu’ils sont maintenant, sauf pour les années de redoublement ou l’on pourrait envisager les augmenter... cela motiverait les étudiants... le hic c’est pour les étudiants salariés pour lesquels il est plus dur de réussir. Il faudrait alors accompagné la mesure d’une vraie aide aux étudiants.

    Les bourses actuellement fonctionnent déjà sur ce régime... en cas de redoublement, l’étudiant perd sa bourse pour l’année redoublée.... on peut quasiment dire que ce système s’applique déjà aux étudiants les moins riches....

  • Anonyme

    Ouai en même temps 6% c’est pas énorme à comparé au préjudice subit.
    Est-ce que cette étude montre aussi combien d’étudiants les universités perdent en instaurant cette barrière discriminatoire sur le niveau de vie des étudiants et de leur famille ?

  • Karg se
    Karg se
    Ingénieur agronome vendu à une (...)
    • Posté à 14h11 le 12/07/2007
    • Internaute 9172
      Ingénieur agronome vendu à une (...)

    Ca change rien au problème des parents qui veulent pas payer, et honnêtement vu le prix de loyer les frais de scolarité c’est loin d’être le principale frein...

    Il y a sans doute mieux à faire pour réduire l’échec, qui n’est pas un mal puisque actuellement les universités n’arrivent à former que des profs et des chercheurs...La question devra se poser quand les universités auront un enseignement technique et professionnel performant et de haut niveau, hors c’est pas encore le cas.

    Regardez du coté de DUT, BTS, les taux d’échec sont plus faible, grâce à la sélection mais aussi par l’encadrement des étudiants et la motivation d’être quasi sur d’avoir du boulot à la fin.

    Vous parlez des prépa c’est bien mais attention, il y a une double sélection en prépa :
    sur dossier pour rentrer
    pendant (entre le deux années + démission individuel)
    et je parle même pas du concours à la fin...

    Donc je pense pas qu’on puisse comparer ça à la FAC.

  • Anonyme

    ça laisse un peu pantois qu’on puisse écrire un article d’un non-sens pareil ! par un prof de Sc-Po qui plus est. décadence des grandes écoles qu’on vous dit, décadence.

    • Manoucho
      • Posté à 18h08 le 12/07/2007
      • Internaute 11904

      Je ne vois pas en quoi cet article est un non-sens. Il ouvre un debat interessant.

      Non-sens de l’etude, a la rigueur ? Et encore je ne pense pas. J’ai plusieurs amis qui sont boursiers et qui s’accrochent pour obtenir leur année de peur de perdre leur bourse. L’argent a donc un certain impact sur leur approche de leurs etudes.

  • Ceri
    Ceri
    journaliste free lance
    • Posté à 14h18 le 12/07/2007
    • Journaliste 11787
      journaliste free lance

    pour avoir des connaissances ayant suivi le système universitaire italien, je me permets de dire qu’ils n’ont aucune leçon à donner. En Italie, sans argent on ne peut pas suivre un cursus, tellement les frais d’inscription sont élevés et les bourses quasi inexistantes...
    Mais même si les parents ont de l’argent et qu’on travaille, on se retrouve (en tous cas en droit ets ciences sociales et humaines) dans des facs dont le niveau est bien inférieur aux autres facultés européennes. En fin de compte, en Italie, le diplôme se paye, tout simplement...

  • Anonyme

    J’aime toujours autant cette mode qui consite à travailler sur des chiffres et des valeurs pour faire des choix et le fait que derrière la décision, il y a des humains.

    • Etienne Wasmer
      Etienne Wasmer
      Economiste du travail
      • Posté à 17h42 le 12/07/2007
      • Internaute 45
        Economiste du travail

      que voulez vous dire, qu’il faut d’urgence bruler les études des phénomènes sociaux qui contiennent des statistiques ?

  • Anonyme

    J’aime toujours autant cette mode qui consite à travailler sur des chiffres et des valeurs pour faire des choix et le fait que derrière la décision, il y a des humains.

    • Etienne Wasmer
      Etienne Wasmer
      Economiste du travail
      • Posté à 14h41 le 12/07/2007
      • Internaute 45
        Economiste du travail

      que voulez vous dire, qu’il faut d’urgence bruler les études des phénomènes sociaux qui contiennent des statistiques ?

  • Anonyme

    J’aime bien les pincettes que prend ce prof de Sciences Po pour avancer une idée très sociale ! Et la nuance dans l’analyse : tu payes pas, tu t’en fous et tu redoubles, tu payes et forcémment t’es plus assidu et bosseur et tu as ton diplôme sans redoubler ! Un poil caricatural me semble t’il...
    Vous avez raison ouvrons le débat (le vrai) : la sélection par le fric ! Si telle est votre vision d’une société où le terme égalité des chances a (avait ?) encore une signification, grâce à cette fumeuse idée la voilà pérénnisé...
    Le siècle dernier un grand homme politique avait basé sa campagne électorale sur la fameuse « fracture sociale ». Avec des idées comme celle ci, elle est pas prête d’être consolidée.

    Une âme trop sensible

    • Etienne Wasmer
      Etienne Wasmer
      Economiste du travail
      • Posté à 14h38 le 12/07/2007
      • Internaute 45
        Economiste du travail

      Je crois que l’idée de l’article que je cite est qu’à la marge, les étudiants réagissent aux incitants. Cela n’est pas contradictoire avec l’idée de redistribution. Il suffit pour cela de faire payer plus les plus aisés et de redistribuer vers les moins favorisés, en maintenant une digue en rendant les couts plus importants (ou les aides moins importantes) en cas de prolongation des etudes et d’echec. Rien de si caricatural...

      • Karg se
        Karg se répond à Etienne Wasmer
        Ingénieur agronome vendu à une (...)
        • Posté à 15h08 le 12/07/2007
        • Internaute 9172
          Ingénieur agronome vendu à une (...)

        Le problème du bon vouloir des parents n’est pas réglé, à moins d’aller au procès ce qui ni évident ni souhaitable. Faire des études c’est pas seulement un gain personnel, mais aussi un gain pour toute la société, mettre des barrières financières ou soumettre au bon vouloir des parents, ça veut dire perdre des bons éléments et biaisé la sélection. je suis peu être un vendu utilitariste, mais je pense que l’éducation sup doit être garanti pour tous ceux qui en ont les moyens intellectuels et la capacité de travail, indépendamment des revenus ou du bon vouloir de leurs géniteurs.

      • sujetduprince
        • Posté à 02h18 le 15/07/2007
        • Internaute 8155

        c’est quoi etre aisé ? qui va juger de l’aisance des parents d’un individu lambda, va-t-on y inclure l’aisance de sa fratrie,de son conjoint ? ... où mettez vous la barre de l’aisance !
        par rapport à vous meme, par rapport au rmiste,
        allez vous etre le juge d’aisance ?
        ce concept me parait destiné à la fosse du meme nom !
        avec des raisonnements de cet accabit la fac n’est pas prete à sortir de la ...
        quand aux moins favorisés ...parlons crument des pauvres que diantre ! ... faisons leur la charité de notre savoir après avoir trié les plus méritéants

  • Don
    Don
    • Posté à 14h42 le 12/07/2007
    • Internaute 899

    L’explication est simple (même si rien n’est simple...)
    « Ce qui ne coûte rien ne vaut rien »
    Petite expérience vécue : donnez à l’entrée d’une exposition un feuillet explicatif gratuit, ils joncheront les sol.
    Vendez le 20 centimes d’euros, votre sol sera (presque) net de papier.

    • Anonyme répond à Don

      En effet Don, l’euro est la mesure universelle.
      L’air est gratuit (pour l’instant), c’est pour ça qu’on le pollue.
      On gaspille l’eau potable (c’est pas cher).
      Quand j’éteinds la lumière au boulot, on me dit « mais de toute façon c’est pas toi qui payes ».
      Ce qui importe c’est le porte feuille maintenant, pas la santé de nos arrière-petits-enfants.

      Mais le problème, c’est à long terme :

      « Quand le dernier arbre aura été abattu,
      le dernier fleuve empoisonné,
      le dernier poisson péché,
      vous vous rendrez compte
      que l’argent ne peut pas se manger. »
      Grey Owl

      Les changements à effectuer sont bien plus profonds...

      Amadou

    • Anonyme répond à Don

      vous connaissez la suite, je le sais

      donnez à l’entrée d’une exposition un feuillet explicatif gratuit, ils joncheront les sol mais chacun les aura lu

      Vendez le 20 centimes d’euros, votre sol sera (presque) net de papier, mais seulement la motié l’auront acheté et donc, lu

    • Echo
      Echo répond à Don
      • Posté à 16h21 le 13/07/2007
      • Internaute 12528

      Parce que personnes n’en achètera et préfèreront voir plutôt que lire. Ça n’a rien a voir avec la gratuité.

  • Yannick.Comenge
    Yannick.Comenge
    Chercheur Précaire
    • Posté à 14h45 le 12/07/2007
    • Expert 12410
      Chercheur Précaire

    L’université est suffisamment inégalitaire pour qu’on n’ajoute pas des frais d’inscription absurdes. En effet, un « bien né » n’aura que faire de payer mille euros pour une inscription alors que d’autres qui sont sans le sous ou qui redoublent à cause des aléas non mathématiques ni statistiques de la vie trinqueront encore plus. L’echec à l’université est souvent synonyme d’inadpatation à la vie étudiante et ceci de maniere temporaire... Ainsi, si les études le décrivaient, on verrait qu’un fils d’ouvrier ou de provincial arrive bien difficilement à ne pas redoubler alors que bon nombre de jeunes « aisés » ou citadins n’ont pas forcément de soucis d’adaptation à la grisaille des villes et la cherté de la vie urbaine... par ailleurs, les gouvernements ont joué à diminuer le nombre de maitre de conférence depuis des années et ceci a largement influé sur l’echec qu’on stigmatise aujourd’hui. Pour revenir à un effet pervers de ces frais d’inscription, il faut souligner qu’ils ont tendance à etre tres élevés au fur et à mesure de votre cursus. Il m’est arrivé de redoubler le concours de médecine (heureusement, avec le recul) et j’ai eu perdu mes allocations... ceci m’a plongé de 18 à 20 dans une précarité et surtout cela m’a fait payer les frais d’inscription en plus de cette double sanction stupide. Ultérieurement, lorsque j’etais en doctorat peu ou pas financé (soyons pudique)... je voyais des boursiers de l’Etat (MERT) à qui on remboursait les frais d’inscriptions... ce qui etait exclu pour un doctorant sans bourse. Malgré cela, la motivation m’a poussé à continuer vers la recherche et obtenir un doctorat mais cela n’a pas contribué à ce que je sois bien efficace en terme de travail en laboratoire... On ne travaille pas idéalement sans avoir de salaire à la fin du mois... Ainsi, des dispositifs paraissant judicieux à certains peuvent s’avérer à double tranchant pour d’autre. J’ajouterai qu’il faudrait eventuellement reconsidérer le parc locatif étudiant. A mon époque, les cités etaient vétustes et l’électricité sautaient à chaque fois que je faisais de la tambouille sur place... J’ai répondu à cela en mangeant froid pendant des lustres et ceci m’a endurci. Il y avait le probleme du bruit en cité qui fait que ceux qui ont fini les cours font la fete alors que d’autres bachautes en vue d’examen. En prenant cet exemple, je voudrai souligner l’idiotie de ces raisonnements qui essaient de trouver un élément de résolution des problemes dans la hausse des prix d’inscription. En effet, rénovons les cités, aidons les précaires, finançons plus aisément les jeunes etudiants désargentés et nous verrons une diminution des échecs.
    Enfin, il faut rappeler qu’avec la pénurie d’embauche des jeunes chercheurs (bac+8), on pousse l’ensemble du corps étudiant vers la démotivation aussi, il serait souhaitable qu’on réouvre les vannes de l’emploi dans les universités et la recherche... ceci serait un bel appel d’air et un sursaut d’espoir...

    YC

    • Anonyme répond à Yannick.Comenge

      Oui, vraiment, je suis tout à fait d’accord avec tout ce que vous avez écrit !

      (Par contre, s’il-vous-plaît, sautez des lignes, aérez un peu, c’est dur à lire sinon, dans cet ambiance « blog » où on lit rarement plus de 5 lignes à la suite)

  • Anonyme

    Il faut aussi préciser que c’est une étude italienne, réalisé seulement en Italie si j’ai bien compris ?

    C’est donc tout simplement inapplicable a une généralisation a un autre pays, un autre système scolaire, une autre culture, il faudrait peut-etre le préciser en plus de toute sles explications stat de l’article

  • Anonyme

    Je connais de nombreux prof ou chercheurs etrangers qui enseignent en france, et qui me préconisent souvent cette solution.
    Bien qu’attachée au modèle gratuité/bourse qui m’a permis de faire des études, je dois admettre qu’il faut ouvrir le débat.

    Mais avec qui ?

  • Nestu
    • Posté à 16h02 le 12/07/2007
    • Internaute 12468

    Je recommande de lire le rapport Trannoy-GaryBobo de 2004 sur les frais d’inscriptions à l’université.

    Il s’agit d’une proposition d’augmentation des frais de scolarité pour permettre aux universités de se financer, avec en contre-partie la mise à disposition de prêts à taux zero garantis par l’Etat. L’étudiant trouve intérêt à emprunter sachant que chaque année d’étude supplémentaire lui permet un gain de salaire annuel supplémentaire de 5%.

    Cette mesure est considérée par les auteurs comme la plus égalitaire, puisque permettant à tous l’accès à l’université en y accordant exclusivement son temps disponible (plus besoin de travailler à côté pour les plus pauvres) et comme la plus efficace (car permettant les meilleures conditions d’études - plus de moyens pour l’université, plus de temps dispo pour les étudiants).

  • Anonyme

    « Et on obtient donc ce résultat assez spectaculaire, qui revient à dire que la gratuité favorise le taux de redoublement. »

    Quand papa et maman sont suffisamment riches pour faire don à l’université de l’équivalent de X inscriptions, a-t-on plus de chance de réussir ? La réponse est oui : -)

    • Etienne Wasmer
      Etienne Wasmer
      Economiste du travail
      • Posté à 16h17 le 12/07/2007
      • Internaute 45
        Economiste du travail

      Vous parlez des résultats scolaires de George W. ?

      • Eve3
        Eve3 répond à Etienne Wasmer
        • Posté à 16h31 le 12/07/2007
        • Internaute 9929

        J’ai pu me connecter non anonymement : -)

        Je parle de tout (ce) qui est négociable. Négociable, de négoce, commerce.

        Vous avez sans doute raison : la renommée de Bush (n’oublions pas la courbette à Mr le Président) est d’une telle renommée qu’on ne peut qu’être atterré à l’idée que bon nombre de diplômés soient de son niveau.

        L’obtention de certificats via pochettes-surprises existe depuis très longtemps. Malheureusement.

         
        • Eve3
          Eve3 répond à Eve3
          • Posté à 16h33 le 12/07/2007
          • Internaute 9929

          mes excuses, lire : la renommée de... est telle qu’on...

        1 autres commentaires
      • Karg se
        Karg se répond à Etienne Wasmer
        Ingénieur agronome vendu à une (...)
        • Posté à 18h00 le 12/07/2007
        • Internaute 9172
          Ingénieur agronome vendu à une (...)

        Bush a peu être gagné sa place parce que ses parents pouvait payer, alors que des plus malins n’en avait pas les moyens...

         1 autres commentaires
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