Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Rentrée littéraire : moins de romans mais plus de passion

Publié le 20/08/2008 à 23h17

Au menu des librairies cet automne, 676 romans (contre 727 l’an dernier). Hubert Artus fait l’état des lieux et des affaires.

Beaucoup de pays ont une rentrée, seule la France a une rentrée littéraire. Un plaisir de lecteurs et de journalistes, un haro sur les prix et sur les bourses. Comme nous l« avions fait l’an dernier, nous attaquons la saison littéraire par la présentation des forces, des surprises, des tendances et des enjeux de cette rentrée 2008.

Transferts et coups attendus

Cette année, comme la précédente, a été marquée par les transferts : Christine Angot passe de Flammarion au Seuil, et descend, à nouveau, plusieurs crans littéraires d’un coup : “ Le Marché des amants ”, conte de femmes et d’amants où elle raconte son idylle avec Doc Gynéco, est une arnaque trop visible. Même pas risible.

Les lettres en chiffres


La récession touche vraiment tous les milieux. Bon, pour cette fois, on ne se plaindra pas. Car pour la première fois depuis longtemps, cette rentrée littéraire se signale par une baisse : il y aura 676 romans à paraître en cette rentrée, contre 727 l’an dernier. Une baisse qui touche les fictions étrangères et les premiers romans (- 10%) que les romans français (- 5%).

Deux gros éditeurs publient moins que l’an passé (Gallimard, 16 livres contre 19 ; Albin Michel, 10 contre 14). Chez Grasset, qui n’avait obtenu aucun prix à l’automne dernier, on a par contre misé sur la multiplication pour l’emporter à l’addition : 14 romans contre 9 l’an passé.

Côté tirage, c’est encore Amélie Nothomb qui l’emporte : “ Le Fait du prince ” a été tiré à 200 000 exemplaires par Albin Michel, qui a également tiré 100 000 exemplaires du “Paradis conjugal” d’Alice Ferney. “Jour de souffrance” de Catherine Millet, le coup de Flammarion, atteint 120 000 tirages. Le Goncourt 2004, Laurent Gaudé, voit sa “ Porte des enfers ” (Actes Sud) tirée à 85 000 exemplaires. L’Olivier est allé jusqu’à 70 000 pour le nouveau Dubois, “ Les Accommodements raisonnables ”.

En 2000, c’est au Seuil que Catherine Millet avait offert sa vie sexuelle. Elle arrive chez Flammarion pour un roman longtemps sous embargo : “ Jour de souffrance ”.

Alice Ferney avait voulu, à ses débuts, être éditée par Albin Michel. Après six romans chez Actes Sud, la voici chez Albin pour décortiquer le sentiment amoureux (“ Paradis conjugal ”).

Après Gallimard et Albin pour des livres écrits avec son frère, Olivier Poivre d’Arvor revient chez Grasset : “ Le Voyage du fils ” s’inspire de l’histoire de la défenestration, l’an dernier, d’une Chinoise en situation irrégulière, pour échapper à la rafle. Nous avons beaucoup aimé.

Comme nous avons intensément aimé le nouveau virage romanesque de Régis Jauffret : “ Lacrimosa ” (Gallimard) voit un homme parler avec son amante… décédée. Jauffret est un des tout meilleurs romanciers français vivants.

Autres têtes de gondole annoncées : Elie Wiesel (Grasset), l’annuelle Amélie Nothomb (Albin Michel), Jean-Paul Dubois pour les revigorants “ Accommodements raisonnables ” (L’Olivier), Yasmina Khadra et son étude de la double culture franco-algérienne (“ Ce que le jour doit à la nuit ” Julliard), Olivier Rolin (Seuil), François Valléjo (Viviane Hamy), Laurent Gaudé (Actes Sud), Faïza Guène (“ Les Gens du Balto ”, Hachette).

Etrangers à suivre

Par ce que leur nom pèse en gage de qualité, et par la qualité de leur opus 2008, les romans des grands auteurs étrangers sont de très somptueux romans, et certains devraient vous retourner l’esprit. Parmi nos plus gros coups de cœur :

  • Les 1 200 pages de “ Contre-Jour ” de l’invisible yankee Thomas Pynchon (Seuil), comme une version moderne de Jules Verne.
  • “ Arbre de fumée ”, le grand roman des années Vietnam par Denis Johnson (Christian Bourgois, par ailleurs National Book Award 2007).
  • >L’impressionnant “ Beijing Coma ”, de Ma Jian, la Chine moderne avec pour héros un étudiant plongé dans le coma après Tiananmen (Flammarion).
  • Les neuf traités de l’allumé argentin Rodrigo Fresan (“La Vitesse des choses”, Passage du Nord-Ouest).
  • “ L‘état des lieux ’ du géant Richard Ford (L’Olivier) : dix ans après, enfin des nouvelles de son héros Bascombe.
  • La lune de miel sixties de l’Anglais Ian McEwan (‘ Sur la plage de Chesil’, Gallimard).
  • Le strident ‘ Jérusalem ’ de la star portugaise qui arrive enfin en France, Gonçalo M. Taavares (Viviane Hamy), dont nous reparlerons vite.
  • Le retour du conteur togolais Kossi Efoui : sept ans après ‘ la fabrique de cérémonies ’, voici ‘ Solo d’un revenant ’.
  • L’implacable chant de l’enfant-soldat de ‘ Bêtes sans patrie ’ de l’Américain d’origine nigérianne Uzodinna Iweala (L’Olivier).
  • Le naturaliste ‘ Homme qui marchait sur la Lune ’ du yankee Howard McCord (Gallmeister).

Autres auteurs confirmés à ne pas rater : le prix Niobel 2007 Doris Lessing (l’autobiographique ‘ Alfred et Emily ’, Flammarion), David Lodge (Rivages), Alice Munro (L’Olivier), le Yankee Richard Russo (La Table Ronde), Joyce Carol Oates (Philippe Rey), Brian Evenson (‘ La confrérie des mutilés ’, Cherche-Midi).

Signalons aussi la méga-enquête de l’écrivain américain William T. Vollmann, qui est allé poser à des dizaines de démunis cette question : ‘ Pourquoi êtes-vous pauvres ?’ pour mesurer toute les dimensions de la pauvreté (Actes Sud).

La place de la France

Comme l’an dernier, l’Histoire est un personnage phare de la rentrée. ‘ Un traître ’ de Dominique Jamet (Flammarion) poursuit le travail de l’auteur sur la France de la Collaboration, et sur son propre père, qui fut collabo. La question de la collaboration, il en est question dans le premier roman d’Olivia Elkaïm, qui organise une chorale de trois générations autour d’un réseau de résistants pour les ‘ Les Graffitis de Chambord ’ (Grasset).

Quand Michel Le Bris, big boss des Etonnants Voyageurs redonne vie aux pionniers du cinéma animalier, il redonne à voir le regard colonialiste que l’Occident avait sur ‘ l’autre monde ’ début XXe : ‘ La Beauté du monde ’ est un de nos coups de cœur.

Tout comme les complémentaires ‘ Zone ’ de Mathias Enard (Actes Sud) et ‘ Le Premier principe, le second principe ’ de Serge Bramly (Lattès). Le premier est notre roman français préféré, dans cette rentrée, nous vous en parlions dès le 14 juillet. Mais les deux sont deux grandes entreprises littéraires pour donner corps à l’Histoire de l’ombre, qui fait l’Histoire. On en reparle très bientôt ici.

Le cabinet de lecture a également beaucoup aimé :

  • ‘ Le Juif et la métisse ’, le très boboïquement incorrect roman de Fabrice Pliskin (Flammarion)
  • ‘ Le Silence de Mahomet ’ de Salim Bachi (Gallimard), où quatre intimes du Prophète le racontent tel qu’ils l’ont connu
  • Le très slamé et marseillais ‘ Corniche Kennedy ’ de Maylis de Kérangal (Verticales)
  • L’énorme ‘ Là où les tigres sont chez eux ’ de Jean-Marie Blas de Roblès (Zulma)
  • Le rock-électro-nerveux ‘ New Wave ’ d’Ariel Kénig et le -scénariste- Gaël Morel (Flammarion)
  • ‘ Pour vous ’ de Dominique Mainard (Joëlle Losfeld)
  • ‘ Le Messager ’ d’Eric Bénier-Bürckel (L’Esprit des Péninsules)
  • ‘ Inassouvies, nos vies ’ de Fatou Diome (Flammarion).
Les révélations

C’est à la qualité des premiers romans d’une rentrée qu’on jauge ladite rentrée. Cette année, on est très bien servi. Et pour les premières expériences françaises, Gallimard et Grasset (nous évoquions Olivia Elkaïm plus haut) font très fort. ‘ L’Inachevée ’ de Sarah Chiche (Grasset) débute par un sirupeux ‘ Et puis, très tranquillement, j’ai choisi de vivre ’ qui lui sert d’élan pour désincarner la violence d’une mère pour sa fille, et mieux faire naître l’amour -des hommes- et la force -de vivre et d’écrire. Un roman pas dupe, strident et rassurant. Grand coup de cœur.

Comme ‘ Une éducation libertine ’ de Jean-Baptiste Del Amo (Gallimard), roman historique (la France bourgeoise du siècle des Lumières) et très osé récit d’apprentissage (homosexualité, prostitution masculine, libertinage) porté par une écriture sexuée.

Une écriture sexuée, version plus luxuriante, sera à l’œuvre chez Frédéric Ciriez dans ‘ Des néons sous la mer ’ (Verticales), qui présente un sous-marin devenu un bordel.

Avec ‘ La Meilleure part des hommes ’, Tristan Garcia radiographie les années 80 parisiennes et l’arrivée du sida (on y remarquera deux personnages très inspirés de Didier Lestrade et Guillaume Dustan) pour mieux pointer nos trahisons d’aujourd’hui.

Pas de trahison pour Tristan Jordis : ce qui devait être un reportage dans le quartier de la porte de la Chapelle, à Paris, est devenu un brillant roman, dont le titre dit tout (‘ Crack ’, Le Seuil).

Deux très forts romans étrangers chez Stock. Tous deux autobiographiques. A partir du départ forcé de la famille du narrateur pour l’Allemagne, ‘ Le Soldat et le gramophone ’ du jeune Sasa Stanisic (mère bosniaque et père serbe) organise un patchwork de récits (légendes, marxisme, football) pour ‘ tout transformer en histoire ’. Quitte à être cruel et montrer les limites de la fiction. Chez Nami Mun, Américaine d’origine sud-coréenne, c’est l’adolescence de la narratrice qui est recomposée. ‘La Cosmopolite’ sent la rue et la zone, mais surtout l’émotion et le courage.

Autres saines découvertes de ce cabinet : Rawi Hage (‘De Niro’s Game’, Denoël), Aude Walkee (‘ Saloon ’, Denoël), ‘ Les Liens du sang ’ de la Sud-africaine Ceridwen Dovey (Eds Héloïse d’Ormesson), ‘ Décomposition ’ de J. Eric Miller (Le Masque)

Les livres ‘ recensés ’ dans ce panorama constituent une liste non exhaustive des lectures dont le Cabinet vous rendra compte dans les semaines à venir. Suite à ce panorama, nous commencerons la rentrée en allant voir… des libraires.

Nous sommes allés à Marseille, suivre un livre de sa livraison jusqu’à sa mise en rayon, et avons découvert les critères d’attribution des places. Ensuite, les premiers dont il sera ici question sont Jean-baptiste del Amo, Mathias Enard, Richard Ford, Olivier Poivre d’Arvor, Régis Jauffret, Sasa Stanisic, Sarah Chiche, Eric Bénier-Bürckel et Rodrigo Fresan.

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  • Servais-Jean
    • Posté à 23h36 le 20/08/2008
    • Internaute 4591
      43

    « La vague » de Todd Stasser, écrivain américain, est un petit bijou pour ceux qui cherchent à comprendre la nature humaine.
    Un film est en court de tournage et en Allemagne le livre est conseillé dans les écoles

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    • parti
      parti répond à Servais-Jean
      punishment park
      • Posté à 01h28 le 21/08/2008
      • Internaute 36257
        punishment park

      oui...et la route de mccarthy

      • Hubert Artus
        Hubert Artus répond à parti
        Rue89
        • Posté à 09h47 le 21/08/2008
          rédacteur
        • Journaliste 56
          Rue89

        J’en parlais ici même en janvier, effectivement. Mais il s’agit dans cet article d’évoquer la rentrée. Tout en gardant à l’esprit McCarthy, et les autres...

         
        • parti
          parti répond à Hubert Artus
          punishment park
          • Posté à 10h18 le 21/08/2008
          • Internaute 36257
            punishment park

          bonjour hubert...c’était juste mon dernier coup de coeur que je citais...souvent en retard je suis...
          bonne journée...

        1 autres commentaires
  • thierry reboud
    • Posté à 00h55 le 21/08/2008
    • Internaute 20923

    J’ai toujours un peu de mal avec ce genre de phrase, relevée dans l’encadré : « La récession touche vraiment tous les milieux. Bon, pour cette fois, on ne se plaindra pas. Car pour la première fois depuis longtemps, cette rentrée littéraire se signale par une baisse : il y aura 676 romans à paraître en cette rentrée, contre 727 l’an dernier.

    Se réjouir d’une baisse de la production, cela peut se concevoir, en particulier quand on est un professionnel de la profession (ce qui est mon cas).
    Après tout, ce déferlement littéraire qu’est la rentrée balance en général le pire (souvent) avec le meilleur (pas toujours), et le dépit est d’autant plus grand que les deux sont traités identiquement.
    La marée de livres empêche sans aucun doute que l’attention nécessaire puisse être portée, sinon à tous, du moins à un nombre élevé.

    Reste que les premiers à trinquer quand se produit ce type de reflux, ce sont bien souvent les premiers romans (comme indiqué dans le même encadré) et les petits éditeurs (là, je prêche pour ma paroisse !).
    Tout serait pour le mieux si ces premiers romans laissaient la place à des oeuvres solides d’auteurs plus ou moins chevronnés ou si les grands éditeurs accomplissaient le travail de découverte et de défrichage, tant en traductions qu’en français.
    Or il est facile de constater qu’il n’en est rien. Si les grands font incontestablement un bon, voire très bon travail, ils ne peuvent pas tout faire d’une part, et d’autre part sont par nature moins à l’affût de l’inattendu alors que les petits le sont souvent tant par vertu que par nécessité. Un éditeur comme Les Allusifs, par exemple, fait un boulot exemplaire dans ce registre, et je peux témoigner des difficultés qu’il y avait à faire émerger ses productions à cette période.

    Ce qui justifie d’ailleurs que je sois très content de trouver dans la sélection d’Hubert Artus des livres des excellentes maisons que sont L’Esprit des Péninsules, Passage du Nord-Ouest ou Zulma. (Comme quoi je ne ronchonne vraiment que pour le plaisir !)

    • Tyb
      Tyb répond à thierry reboud
      (par ici, par là)
      • Posté à 10h05 le 21/08/2008
      • Internaute 24914
        (par ici, par là)

      C’est peut être aussi un problème de « complément » de promotion...

      Je veux dire, en ce qui concerne le cinéma et la musique, les webzines, blogs et autres forums de passionnées sont légions sur Internet, qui est devenu une plate forme irremplaçable quand on veut trouver des informations et des conseils dans ces domaines, en dehors des sempiternelles têtes de gondole et de magazine.

      Hors pour la littérature et les romans (je peux me tromper mais je n’en connais pas) ce n’est pas du tout le cas, surtout pour la littérature générale, pour la science fiction, la bande dessinée ou le polar on trouve facilement quelques sites. Le public en littérature est peut être moins branché « nouvelles technologies » ?

      • jmal
        jmal répond à Tyb
        • Posté à 11h34 le 21/08/2008
        • Internaute 28067

        Les blogs causant de littérature sont pourtant légion. Souvent tenus par des bibliothécaires qui ont accès, de par leur métier, aux nouveautés, ils sont souvent assez proche de l’actualité éditoriale.

        La difficulté est peut-être de s’y retrouver et de choisir quelques rédacteurs ou le plus souvent rédactrices qui ont un goût proche du votre.

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    • pierrejcallard
      pierrejcallard répond à thierry reboud
      http://www.nouvellesociete.org
      • Posté à 21h22 le 21/08/2008
      • Internaute 3366
        http://www.nouvellesociete.org

      Il serait temps que tout soit publié sur Internet, que les droits d’auteurs soient versés par l’État au prorata des télédéchargemens et que les éditeurs et libraires se recyclent en promoteurs de la lecture. Les livres ont leur place a une Musée du Livre. comme les incunables.

      Pierre JC Allard

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      • pierrejcallard
        pierrejcallard répond à pierrejcallard
        http://www.nouvellesociete.org
        • Posté à 21h27 le 21/08/2008
        • Internaute 3366
          http://www.nouvellesociete.org

        Prenez comme exemple concret les trois (3) bouquina en pdf que l’on peur télédécharge ici gratuitement. Pourquoi pas TOUS les autres ?

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        Pierre JC Allard

      • emmanuel R
        emmanuel R répond à pierrejcallard
        enseignant
        • Posté à 16h50 le 22/08/2008
        • Expert 49851
          enseignant

        ce qui est bien avec internet c’est qu’on peut y dire n’importe quoi et surtout y publier n’importe quoi, vous en êtes le parfait exemple... puis quoi encore, l’Etat (c’est-à-dire moi) qui reverserait des droits d’auteur ? ? ? vous rendez vous compte de la bêtise de vos propos... et puis finalement tout le monde fonctionnaire, car oui pourquoi payer ses tomates ? ? c’est à l’état de le faire... pourquoi payer je ne sais quoi encore, c’est à l’état de le faire, et ainsi, l’état (et là ce n’est plus moi) décide de ne plus diffuser telle ou telle chose, de ne plus proposer telle ou telle chose, et nous voilà tous et toutes dans un immense marasme intellectuel (ce qui ne devrait pas vous déranger plus que ça)
        et oui les livres au musée, c’est sûr que tout ce qui a permis à notre civilisation de se faire, de se développer est complètement dépassé, c’est certain, vive le moderne, et vive la vache folle....

  • simk100
    simk100
    spationaute
    • Posté à 00h00 le 21/08/2008
    • Internaute 50945
      spationaute

    Il va falloir se farcir les promos d’Angot et Millet, misère.

  • Alain Pacifique
    Alain Pacifique
    enfin!! ça marche !
    • Posté à 02h10 le 21/08/2008
    • Internaute 24637
      enfin!! ça marche !

    ce que je trouve hallucinant, c’est le nombre de sortie ( de romans seulement ) par an : 676 pour cette année. et on entend dire que les gens lisent de moins en moins ! !
    donc, une partie de ces nouveaux romans ne se vendra presque pas. comment survivent ceratins auteurs et éditeurs ?

    @ thierry Reboud. les éditions « passage du nord ouest » ont elles quelque chose à voir avec la salle de concert parisienne du meme nom ( fermée maintenant, active dans les années 90 )

    • thierry reboud
      • Posté à 08h12 le 21/08/2008
      • Internaute 20923

      Bonjour Alain.

      Je ne suis pas très au courant de ce qu’était la salle de concert, mais je crois bien qu’il n’y a aucun rapport entre les deux. J’ai trouvé ça sur la maison d’édition, que je vous livre :
      Lien

      Quand je parle de la qualité du travail de cette maison, je ne me fonde guère que sur leur catalogue. Je me rappelle en particulier le très riche et très beau premier roman de Rodrigo Fresan traduit en français, Mantra. C’est très exactement ce que je voulais dire en parlant du travail de découverte et de défrichage que font les petits éditeurs.

      Sur votre première question (comment survivent certains auteurs et éditeurs), autant vous le dire : mal.
      Les auteurs sont pour la très écrasante majorité des amateurs au sens économique du terme : ils ne sont pas rémunérés à la hauteur du travail qu’ils fournissent, et on pourrait en dire autant pour de nombreux éditeurs (les petits, justement) qui tiennent sur le fil d’un équilibre très, très précaire.

      • brigadoon
        brigadoon répond à thierry reboud
        ouf ! ! !
        • Posté à 09h59 le 21/08/2008
        • Internaute 40481
          ouf ! ! !

        Bonjour Thierry
        Un petit éditeur à recommander à un petit auteur ?

         
        • thierry reboud
          • Posté à 11h56 le 21/08/2008
          • Internaute 20923

          Bonjour Brigadoon.

          Sans avoir la moindre idée de ce qu’écrit un petit auteur, impossible de vous répondre. Tout ce que je peux d’ores et déjà vous dire, c’est qu’il vaut mieux éviter d’envoyer un livre de cuisine à Gallimard ou de la poésie aux éditions de la Revue Technique Automobile : -)) !

          • brigadoon
            brigadoon répond à thierry reboud
            ouf ! ! !
            • Posté à 13h36 le 21/08/2008
            • Internaute 40481
              ouf ! ! !

            Excellent ! Evident autant pour moi... merci. Il s’agit de fantastique matiné de polar...

            • thierry reboud
              • Posté à 18h19 le 21/08/2008
              • Internaute 20923

              Du fantastique... Encore que le genre pâtisse du flou de sa définition, comme ça je dirais qu’Au Diable Vauvert, on devrait regarder le manuscrit sans préjugés.

              Lien

        4 autres commentaires
    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à Alain Pacifique
      Rue89
      • Posté à 09h50 le 21/08/2008
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      Non, les Eds du passage du Nord-Ouest n’ont rien à voir avec la salle de concert parisienne de la rue du Fbg Monmartre. Outre le superbe Fresan, qu’évoque Thierry Reboud, et que je recense dans mon papier, ces Eds publient des pépites comme le mexicain Bellatin, par exemple.

      • thierry reboud
        • Posté à 11h58 le 21/08/2008
        • Internaute 20923

        Si vous pouviez faire en sorte que le deuxième roman de Fresan passe moins inaperçu que Mantra, je crois bien que je ferais construire un sanctuaire en votre honneur !

         
        • Hubert Artus
          Hubert Artus répond à thierry reboud
          Rue89
          • Posté à 19h08 le 21/08/2008
            rédacteur
          • Journaliste 56
            Rue89

          J’en ai déjà parle dans plusieurs revues a paraître, et le ferai ici en septembre. Avec interview.Si vous avez des questions a lui poser, je transmettrai, et publierai !

        1 autres commentaires
  • hogan
    hogan
    actif
    • Posté à 07h11 le 21/08/2008
    • Internaute 25474
      actif

    Et cette rumeur d’un nouveau Houellebecq vers la fin de l’année qu’en est-il ?

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à hogan
      Rue89
      • Posté à 09h48 le 21/08/2008
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      J’en parlerai cette semaine ici même !

  • Francois Toulouse
    • Posté à 09h24 le 21/08/2008
    • Internaute 8648

    d’Eugène Green, « La disparition », très bien, je suis en train de le lire....

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 09h28 le 21/08/2008
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Comme on me l’avait dit : les bouquins d’humour se vendent mal. Et dans la liste, non exhaustive, de Rue89, je ne vois pas de bouquins d’humour. Pourtant, celui-ci peut-être une soupape salutaire dans notre monde de brutes. Aussi, je continue (pour l’instant) à alimenter « blagues actualités »...

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  • Tesla
    Tesla
    yesmen
    • Posté à 10h01 le 21/08/2008
    • Internaute 42990
      yesmen

    La « une » de rue89 :

    Rentrée littéraire : moins de romans mais plus de passion.

    Du lourd, définitivement.

  • Dr Stange
    • Posté à 10h30 le 21/08/2008
    • Internaute 15087

    ne pas trop faire la fine bouche avec le A.Nothomb qui est un bon cru ! et je trouve avec R.Jauffret les rares auteurs à ne pas ètaler leurs etats d’ames bourgeois et auto- centrès(voir Angot-Millet etc..)et beaucoup d’impatience à lire la bio sur J.Carol Oates auteur majeure et mystèrieuse !

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à Dr Stange
      Rue89
      • Posté à 10h32 le 21/08/2008
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      Je suis d’accord avec vous sur le bon cru Nothomb 2008

    • zaotitus
      zaotitus répond à Dr Stange
      instit
      • Posté à 08h19 le 24/08/2008
      • Internaute 49853
        instit

      quand, quand, quand une bio sur Oates ? quoique peut-être que je préfère un roman de Oates, moi aussi je suis fan

  • Lfdpirate
    Lfdpirate
    inter-chom
    • Posté à 10h37 le 21/08/2008
    • Internaute 50832
      inter-chom

    Un nouvel auteur prometteur qui fait elle aussi sa rentrée

    Lien

  • BrunoC
    BrunoC
    ( ° ) ( ° )
    • Posté à 11h01 le 21/08/2008
    • Internaute 49016
      ( ° ) ( ° )

    Question de candide : pourquoi y-a-t-il une rentrée littéraire ? Je ne connais rien au monde de l’édition et je ne lis quasiment jamais de livre qui n’ait pas été écrit depuis au moins deux ans.
    Les français n’achètent des livres qu’en septembre ?

    Si les 700 bouquins évoqués sortaient régulièrement au fil de l’année, ils auraient vraisemblablement plus de chance d’être traités médiatiquement.

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à BrunoC
      Rue89
      • Posté à 11h05 le 21/08/2008
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      Comme je l’écris, la rentrée littéraire est une exception française. Elle est dûe à une tradition : les Prix Littéraires de l’automne. Et à un fait global : le triomphe de l’économie.

      • BrunoC
        BrunoC répond à Hubert Artus
        ( ° ) ( ° )
        • Posté à 11h30 le 21/08/2008
        • Internaute 49016
          ( ° ) ( ° )

        Sur les 700 bouquins, combien ont une chance décente de décrocher un Prix qui révolutionnera la carrière commerciale du livre ? Probablement très peu.
        Faut-il voir dans cet archarnement à vouloir sortir son livre en septembre, un optimisme démesuré pour une oeuvre ou une incapacité à imaginer une autre politique commerciale (suivisme) ?
        Il me semble que chaque année beaucoup d’observateurs du monde littéraire se plaignent en septembre du trop grand nombre de livres édités et à l’automne critiquent le système des Prix.

        Est-ce que sortir un livre en dehors de la fenêtre de tir estampillée « rentrée littéraire » est totalement suicidaire ?

        J’y vois une analogie avec le festival d’Avignon qui regroupe 1000 troupes de théatre sur 3 semaines. Les visiteurs, à raison d’un rythme soutenu de trois spectacles par jour durant toute la manifestation ne pourront voir que 6% des productions. Même économiquement n’a plus beaucoup de sens.

         
        • Hubert Artus
          Hubert Artus répond à BrunoC
          Rue89
          • Posté à 11h39 le 21/08/2008
            rédacteur
          • Journaliste 56
            Rue89

          « Sur les 700 bouquins, combien ont une chance décente de décrocher un Prix qui révolutionnera la carrière commerciale du livre ? “ : une centaine environ.

          ‘Faut-il voir dans cet archarnement à vouloir sortir son livre en septembre, un optimisme démesuré pour une oeuvre ou une incapacité à imaginer une autre politique commerciale (suivisme) ?’ : plutôt la deuxième piste. C’est la politique du moloch : pour faire croire que ça marche, on produit on produit on produit. L’économie se moque que cela se vende ou pas, du moment que cela se voit.

          ‘Est-ce que sortir un livre en dehors de la fenêtre de tir estampillée rentrée littéraire ’ est totalement suicidaire ?” : Non... Il s’agit, quand même et quoi qu’on en dise, de littérature. Les éditeurs sont des personnes responsables, de goût et de culture, et il s’agit quand même de porter les couleurs de la culture dans un monde à présent sous le joug de l’économie.

        1 autres commentaires
    • compte supprimé 13
      • Posté à 20h29 le 21/08/2008
      • Internaute 10266

      BrunoC

      problème annexe : ces 700 livres ne sont QUE pour la rentrée, des milliers d’autres paraissent au cours de l’année.

  • Anthropia
    • Posté à 11h04 le 21/08/2008
    • Internaute 17441

    Ouf, mon sport favori de la rentrée va pouvoir commencer. Faire mon choix et découvrir les livres que je lirai, au milieu de tous ces avis de critiques, en allant notamment sur les tables de librairies et en lisant des extraits juste pour entendre la voix.

    Merci en tout cas pour cette première sélection.

    Lien

  • C-dâv
    • Posté à 12h48 le 21/08/2008
    • Internaute 23444

    Y-aura-il un nouveau Pelot cet année ?
    Pour Werber ce seat le 1° octobre...

  • Frère Maxence
    Frère Maxence
    Demandeur d'emploi
    • Posté à 13h22 le 21/08/2008
    • Internaute 50601
      Demandeur d'emploi

    Angot ou le degré zéro de la littérature.

    Elle a écrit un roman intéressant, son premier je crois, sur le drame de sa vie (un inceste), puis elle aurait dû s’arrêter.

    Après, toute son « oeuvre » n’est qu’un journal intime où il ne se passe rien d’intéressant (banalités à gogo) et qui est très très mal écrit en plus.

    Elle donne l’impression de se souvenir qu’elle doit rendre un texte à son éditeur une semaine avant le terme, alors elle raconte très vite tout ce lui passe par la tête. J’espère qu’elle procède ainsi, car si ses romans sont construits, réécrits plusieurs fois, sont le fruit de plusieurs mois de labeur, là, c’est absolument tragique.

    Quand je pense que des critiques sérieux lui l’ont encensé. Ce n’est pas possible. Ils ont touché un chèque... lol !

    Le plus triste, c’est qu’elle prend la place d’auteurs cent fois plus talentueux qu’elle.

    Je conseille, quand vous êtes déprimé, la lecture de l’inénarrable « Pourquoi le Brésil ». Poilade assurée !

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à Frère Maxence
      Rue89
      • Posté à 14h05 le 21/08/2008
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      Il est faux de dire que C. Angot est le degré zéro de la littérature, quand même...

      • Honnecourt
        • Posté à 17h56 le 21/08/2008
        • Internaute 23879

        Même si son style peut être déconcertant et loin des critères conventionnels de la bonne syntaxe, surtout celle des prépositions, C. Angot livre son meilleur ouvrage avec le« Marché des amants ».
        Elle analyse avec pertinence et sensibilité les préjugés tenaces que notre société entretient au sein des milliers de petits microcosmes qui la constituent. Avec eux le cortège des hypocrisies, des coups bas et des avantages de castes.
        Elle reprend avec brio les thèmes de Bourdieu dans les « Héritiers » ou « le bal des célibataires ».

        C.Angot nous délivre un message simple : A bas les préjugés.

  • Coldo
    Coldo
    pas là
    • Posté à 13h43 le 21/08/2008
    • Internaute 40715
      pas là

    Hélas, comme d’habitude dans ce genre d’article, on passe la Bande Dessinée sous silence.
    Et pourtant... non seulement la bande dessinée se vend généralement plus que la plupart des romans cités ci-dessus, mais en plus, il y a en BD des oeuvres remarquables, qui valent largement le détour.
    Mais apparemment, il est honteux pour un critique littéraire de parler de BD.
    Dommage...

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à Coldo
      Rue89
      • Posté à 14h07 le 21/08/2008
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      Je ne passe rien sous silence, simplement je travaille dans mon domaine de compétence. Un journaliste, surtout culturel, est forcément spécialisé. Et je le suis en fictions et en documents, mais pas en BD, ni en ciné, ni en des tas de choses...
      la culture est un de nos chantiers à venir, et la BD devrait y avoir sa place.

      • Coldo
        Coldo répond à Hubert Artus
        pas là
        • Posté à 15h49 le 21/08/2008
        • Internaute 40715
          pas là

        Non mais je regrette juste qu’un chroniqueur littéraire considère que la Bande Dessinée ne fasse pas partie de son domaine de compétence.

         
        • Tyb
          Tyb répond à Coldo
          (par ici, par là)
          • Posté à 17h15 le 21/08/2008
          • Internaute 24914
            (par ici, par là)

          ça me semble tout à fait normal, la bande dessinée est un art à part entière, et je ne vois pas pourquoi elle devrait apparaitre dans une chronique à part entière

        • Lewlill
          Lewlill répond à Coldo
          végéteuse
          • Posté à 10h15 le 23/08/2008
          • Internaute 15858
            végéteuse

          Je ne pense pas qu’il existe encore des critiques litteraires pour penser qu’il est honteux de lire de la bande dessinée. Mais, comme vous, je trouve regrettable qu’elle ne fasse pas partie de la « rentrée litteraire », et je ne comprends pas bien en quoi elle serait un art à part (comme le cinéma.. ? ?). Quand je vais à la biblio et que je prends un bouquin de SF, un roman italien, une autobiographie et une BD : à aucun moment je me dis « ça c’est de la litterature, ça s’en est pas » !

          • Hubert Artus
            Hubert Artus répond à Lewlill
            Rue89
            • Posté à 12h22 le 23/08/2008
              rédacteur
            • Journaliste 56
              Rue89

            Tout cela est un faux débat. Nommer les choses, appeler la BD une BD, le cinéma cinéma, les romans romans, la SF SF, ce n’est pas établir des hiérarchies entre elles. C’est, simplement, nommer les choses. Quand on parle d’un pull à col en V et d’un pull à col rond, on ne dit pas que l’un est mieux que l’aitre, on dit simplement que ce sont deux pulls différents. Oui, la BD est une littérature à part entière, un art : ses codes ne sont ni ceux du ciné ni ceux du roman. La BD n’est pas de la littérature, c’est un art à part entière. Je n’établis pas de hiérarchie lorsque je dis ça.
            A présent, cessons ici ce débat. Non qu’il soit vain, pas du tout, mais ça n’est pas le sujet... Merci.

  • hippog
    hippog
    Lycéen
    • Posté à 13h58 le 21/08/2008
    • Internaute 50989
      Lycéen

    Une belle rentrée littéraire avec de belles nouveautés, je vous en conseil un qui est sorti aujourd’hui même : « Les pages roses » de Teodoro GILABERT édité chez Buchet Chastel.

  • andrew toney
    andrew toney
    étudiant à Dijon
    • Posté à 14h49 le 21/08/2008
    • Internaute 32989
      étudiant à Dijon

    Je suis les conseils d’Hubert Artus et je vais acheter puis lire Zone de Mathias Enard, puis je pense que je me pencherai sur le livre de Régis Jauffret.
    Le film de Michel Houellebecq sort le 10 septembre, son éditrice annonce un inédit pour le mois d’octobre : très bonne nouvelle. Le film n’est pas bon apparement... on verra bien.

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à andrew toney
      Rue89
      • Posté à 21h52 le 21/08/2008
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      Simplement préciser qu’aucune éditrice n’a annoncé un livre de Houellebecq... Lire à ce sujet ma brève du jour.

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