Un blog d'air frais pour cinéaste
Voilà le grand jour est arrivé, le 8 octobre 2008 mon film « Khamsa » va définitivement m’échapper. Il y a pratiquement un an jour pour jour que j’ai commencé ce blog, comme le hors champs de l’aventure de Khamsa…
J’ai envoyé les premiers articles et vidéos au début du tournage. Les premiers jours, je me rappelle, je filmais avec mon téléphone portable les scènes derrière le dos de mon caméraman. Je ne savais pas bien où j’allais, je voulais juste vous faire partager ma joie de tourner avec ces gamins formidables et mon amour immodéré du cinéma. Je vous donnais des nouvelles in vivo de « Khamsa » entrain de se faire. (Voir la vidéo)
Le blog, la partie invisible de l’iceberg
Peu à peu j’ai commencé à réaliser le formidable outil interactif de communication que j’avais à ma disposition. D’habitude, quand un cinéaste fait un film, il voyage seul dans son aventure et les rares occasions qu’il a de rencontrer son public, ont lieu lors de débat dans des salles d’art et essais. Puis il retourne à sa solitude avant de, s’il le peut encore, repartir pour un autre combat, un autre film.
Aujourd’hui je peux vous dire que je ne me suis jamais senti seul durant le long processus de gestation de mon film. J’ai même le sentiment d’avoir fait bien plus qu’un film, un voyage citoyen au cœur du monde dans lequel je vis. Comme si « Khamsa » n’était que la partie visible de l’iceberg et que la grande majorité de ce qui compose un film, ses racines, ses branches, avaient été rendues visibles grâce à ce blog.
« Khamsa » est un film qui témoigne de l’injuste condition de vie d’enfants issus des couches les plus pauvres de notre vieille démocratie. Je savais qu’un des pièges majeur du film était de foncer bille en tête en accusant la méchante société française de tous les maux de son sous-prolétariat. Mes engagements citoyens et politiques risquaient de prendre le pas sur le cinéma.
Dialogue direct
Ce blog m’a permis d’éviter ce piège en traitant des sujets de manière directe. J’ai pu donner la parole à des cinéastes, à des techniciens, qui me soutiennent et me permettent de faire mon cinéma, et surtout à des illustres inconnus qui réalisent dans l’ombre un extraordinaire travail de terrain. J’ai pu aussi rendre hommage à des tout petits rôles que la presse a passé sous silence.
Cette tribune interactive m’a permis de m’adresser directement aux futurs spectateurs, ou non spectateurs. J’ai énormément appris des échanges, parfois houleux, entre les internautes. Une démarche innovante, rendue possible par à l’accueil courageux de toute l’équipe de Rue89, qui ouvre de nouvelles perspectives aux cinéastes qui cherchent à s’élever et à construire. Le film comme résultat ne suffit plus comme plaisir à faire du cinéma.
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Médiatrice scientifique
Médiatrice scientifique
Pour ce que vous écrivez dans votre article, pour avoir suivi l’aventure de vos acteurs grâce à votre blog sur Rue89 et pour votre signature de « L’appel des 66 cinéastes », contre les lois Debré (cf. ci-dessous de quoi il s’agit exactement), j’irai voir votre film en espérant ne pas être déçue, car –vous n’êtes pas dupe- la générosité ne suffit pas pour faire une bel œuvre cinématographique.
« L’appel des 66 cinéastes », contre les lois Debré : L’appel, lancé par des réalisateurs de cinéma, parut conjointement dans Le Monde et Libération datés du mercredi 12 février 1997, et Les Inrockuptibles. La liste des signataires, s’est considérablement allongée dans les jours qui ont suivi.
Les cinéastes initiateurs de l’appel ont dissout leur collectif après la manifestation du samedi 22 février 1997, qui a réuni à Paris près de 150.000 personnes, mais ont décidé de continuer à manifester leur rejet de la xénophobisation des lois françaises par des actions individuelles.
Ce texte a par ailleurs été repris par des écrivains, des metteurs en scène de théâtre et comédiens, des musiciens, des artistes, des journalistes, des enseignants-chercheurs, et dans beaucoup d’autres professions. Ce sont au total des dizaines de milliers de signatures qui ont été recueillies contre le projet de loi Debré.
Dans son Journal en public Maurice Nadeau écrit en mars 1997 : vendredi, samedi, dimanche, le feu gagne. Voici qu’entrent en lice les universitaires, les chercheurs, les techniciens, les traducteurs… tout le monde veut en être. Tout ce monde - l’élite, dit-on - déclare haut et fort qu’elle violera la loi, qu’au-dessus de la loi, quand elle devient inique, existe le respect de soi, le respect de l’autre, une loi morale supérieure à toute règle concoctée par une majorité de soi-disant « représentants du peuple » auxquels une partie - qui n’est pas la plus imbécile - de ce peuple crie son dégoût. J’attends la suite. Feu de paille ? Les socialistes se sont tus, et pour cause : ce sont eux qui, en 1982, Badinter garde des sceaux -Libération nous le rappelle - ont imaginé le certificat d’hébergement. Debré va un peu plus loin, Jospin le lui fait timidement remarquer : « pas jusqu’à la dénonciation, ça ne se fait pas, c’est vilain ! »
Pour qui veut connaître les signataires, cf. Lien




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