Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Tony Hillerman, père du « polar navajo », est mort

Publié le 27/10/2008 à 17h45



Tony Hillerman (John Foley/Opale)


Ça commence à faire beaucoup. Beaucoup trop. Quelques semaines après la disparition de James Crumley, on apprenait lundi que Tony Hillerman était mort.

Agé de 83 ans, une défaillance pulmonaire l’a emporté dimanche dans un hôpital d’Albuquerque (Nouveau-Mexique), la ville où vivait depuis des années. La fille du romancier, en annonçant la nouvelle, a expliqué que la santé de son père avait décliné depuis deux ans, et que son père avait subi deux attaques cardiaques, alors qu’un cancer de la prostate le dévorait.

Né le 27 mai 1925 à Sacred Heart (Oklahoma), au sein d’une famille de cultivateurs, Tony Hillerman fut d’abord journaliste avant de d’enseigner –le journalisme…-. Tout en s’adonnant à son autre passion : écrire. Dans un genre précis : le polar.

Profondément humaniste, Hillerman s’est toujours intéressé à la question navajo. Hillerman donnera ses lettres de noblesses au genre qu’il aura lui-même crée : le roman policier ethnologique. Hillerman aura présenté au monde les « Four Corners », une région indienne située aux frontières entre les quatre Etats du Colorado, de l’Utah, du Nouveau-Mexique et de l’Arizona.

C’est ici que prendront place des romans tels « La Voie de l’ennemi » (1970), « Là où dansent les morts » (1973), « Le Peuple de l’ombre » 1980 ou encore « Le Vent sombre » (1982), « Le vent qui gémit » -son premier « polar féminin“-, etc.

Un roman de Tony Hillermann, c’est une ode : le doux plaisir de retrouver la même bande de personnages (le sergent Jim Chee, le lieutenant Leaphorn, tous deux de la polifce tribale Navajo, et la dernière apparue Louisa Bourebonnette, etc) dans des récits peuplées de vent, de poussière, de chamans et de mystères.

Les polars d’Hillerman sont tous des allers et retours entre mythe et réalité, dans une Amérique bien actuelle.

Plusieurs de ses oeuvres avaient été adaptées au cinéma dont ‘Le Vent sombre’ produit en 1991 par Robert Redford et réalisé par Errol Morris. Un film cependant renié par Tony Hillerman.

En 2003, on avait lu son autobiographie, ‘ Rares furent les déceptions ’ (Rivages). Aujourd’hui, on relira ses romans. Le dernier paru en France étant lé réédition en poche de ‘ L’Homme squelette ’ (Rivages/Noir).

Photo : Tony Hillerman (John Foley/Opale).

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  • kk
    kk
    au vert
    • Posté à 18h51 le 27/10/2008
    • Internaute 13480
      au vert

    J’espère qu’il aura vécu dans le hozro avant de partir.
    Je préférais Leaphorn à Chee.
    Encore que ...
    Ya te’eh Hosteen.

  • cyrill
    • Posté à 18h51 le 27/10/2008
    • Internaute 962

    Le dineh pleure la disparition du belagaana Hillermann...Jim Chee et Leaphorn sont orphelins. Que Femme-qui-Change le prenne sous son aile et que la terre lui soit légère.

  • A déménagé le 2 mai 2011
    A déménagé le 2 mai 2011
    Délinquante au coin de la rue
    • Posté à 18h56 le 27/10/2008
    • Internaute 26137
      Délinquante au coin de la rue

    Merci Cyrill, joliment dit ; je joins ma voix à la votre.

  • lled
    lled
    (galérienne)
    • Posté à 18h58 le 27/10/2008
    • Internaute 45455
      (galérienne)

    oh, merde...

  • Sitting Bull
    • Posté à 19h26 le 27/10/2008
    • Internaute 15750

    Qu’il parcoure pour l’éternité les plaines du Grand Manitou...

  • db13
    • Posté à 20h11 le 27/10/2008
    • Internaute 19594

    Quand je finis un bouquin d’Hillerman, je ne peux rien lire après pendant plusieurs jours.

    Je vais donc tout relire, comme ça, j’oublierai ce monde merdique pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois.

    Que l’esprit d’Hillerman continue de chevaucher tous les paysages qu’il a su si bien décrire.

    • nipivime
      nipivime répond à db13
       ; -
      • Posté à 09h40 le 28/10/2008
      • Internaute 503
         ; -

      ah.. Peut etre suis je la réincarnation d’un indien comanche, alors.. Mais certainement pas un navajo, et je n ai jamais accroché.

      Hommages, malgré cela, a quelqu’un qui a su créer un univers et l’offrir à ceux qui s’y sont sentis bien.

      Comme chaque fois qu’un auteur est salué par un concert unanime de louanges, hélas trop souvent lors de sa disparition, me voilà bien marri de mon obtuseté et illico repartant dans la bilbiothèque pour tenter une nouvelle approche.

      Je commence par lequel ?

      • kk
        kk répond à nipivime
        au vert
        • Posté à 13h31 le 28/10/2008
        • Internaute 13480
          au vert

        A mon avis, quand on n’accroche pas, il ne faut pas insister.
        Alors que j’ai prêté des romans d’Hillerman à des amis, ils leur sont tombés des mains avec ce commentaire : « trop lent »
        Moins lent, un autre univers, « ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte »
        Jonquet Points/Seuil
        En comanche, j’y connais rien

  • philoupe
    • Posté à 20h20 le 27/10/2008
    • Internaute 3168

    Bizarre. Après avoir lu son autobiographie je me suis refais son intégrale comme ça pour passer le temps (parce que finalement, vivre, c’est bien de ça qu’il s’agit non ?). Mais alors ? Mc Ginnis ? Il est mort aussi ou il est juste parti ailleurs ? Vous croyez que son comptoir est toujours a vendre ?

  • C-dâv
    • Posté à 21h19 le 27/10/2008
    • Internaute 23444

    Que celui qui fut emprunte la voie de l’harmonie.
    N’ évoquons plus son nom ; que son oeuvre vive !
    R.I.P.

  • jack33
    jack33
    sans
    • Posté à 21h55 le 27/10/2008
    • Internaute 54181
      sans

    C’est encore une triste nouvelle pour les amoureux du polar et de la littérature en général.

    J’espère simplement que tous ceux qui ne le connaissent pas encore et qui, à l’annonce de cette disparition, seraient tentés de vouloir découvrir son œuvre ne se contentent pas de son dernier roman publié en France « L’Homme Squelette » qui est loin d’être le meilleur qu’il ait écrit :

    Lien

    Ils risqueraient d’être déçus et de passer à côté d’une œuvre magnifique.

  • Ariane Deume
    • Posté à 00h36 le 28/10/2008
    • Internaute 35979

    Juste pour joindre ma voix à la votre et comme le dit Iled : oh, merde...

  • gilda
    • Posté à 02h25 le 28/10/2008
    • Internaute 7660

    merci de l’avoir dit si bien.

    Des années qu’il accompagnait par Chee ou Leaphorn interposés mes nuits et certains de mes trajets ; ce sentiment d’avoir perdu un proche, d’un deuil tout personnel.
    On aimerait pouvoir lui dire encore merci.

  • jmal
    • Posté à 11h29 le 28/10/2008
    • Internaute 28067

    Encore une mauvaise nouvelle.

    Sauf erreur de ma part, le dernier roman traduits de Tony Hillerman était « le chagrin entre les fils », dans lequel on retrouvait (après une petite baisse de régime, je suis d’accord avec jack33) le grand Hillerman.

    Lien

  • muneau
    muneau
    lectrice
    • Posté à 12h22 le 28/10/2008
    • Internaute 57195
      lectrice

    au revoir pour toujours la vie sans cette écriture sera écornée d’un morceau d’humanité

  • greeneyes
    greeneyes
    Félin fatigué
    • Posté à 19h10 le 28/10/2008
    • Internaute 28544
      Félin fatigué

    Il est allé rejoindre Arthur Upfield, qu’Hillerman a défini lui-même comme le père du polar éthnologique.
    Upfield était déjà au paradis aborigène quand Hillerman a publié son premier roman.
    Ben oui, les ptits loups, désolé de vous décevoir, mais c’est comme ça.
    Mais c’est vrai qu’il n’y a plus grand monde dans leur genre : une histoire policière qui nous fait découvrir un autre monde, une autre culture.
    Pour ceux qui connaissent : « appelez moi Bony, tous mes amis m’appelent Bony », c’est ce qu’Arthur a dû dire à Tony en le voyant arriver...

  • pierce69
    pierce69
    Professeur
    • Posté à 19h36 le 28/10/2008
    • Expert 50821
      Professeur

    Triste nouvelle... je me souviens encore de ma tante me tendant le premier roman d’Hillermann que j’ai lu, il y a plus de trente ans maintenant (Là où dansent les morts) en me disant : lis ça ! tu n’as jamais rien lu de pareil, ce qui était un compliment inouï venant de cette personne qui avait littéralement lu des milliers de livres de tous les genres.

    - et c’est quoi ?
    - un polar ethnologique !
    - un quoi ?

    et depuis, je suis allé au states, j’ai vu Santa-Fe et Albuquerque, je suis allé vers ces Four Corners avec Jim Chee et Leaphorn à coté de moi et tellement de souvenirs...

    Adieu Tony, tu nous auras fait faire de si belles balades et de si belles rencontres...

  • MimiCharabia
    MimiCharabia
    auteure à son compte
    • Posté à 19h47 le 28/10/2008
    • Internaute 54946
      auteure à son compte

    à nipivime

    Commencez par « Là où les morts dansent ».

  • kebra
    kebra
    Bisounours killa
    • Posté à 01h58 le 29/10/2008
    • Internaute 8550
      Bisounours killa

    J’ai aussi commencé par « Là où les morts dansent » et j’ai accroché sur les four corners, moins sur la trame policière, c’est tellement loin de ma zone, tellement loin de la civilisation occidentale, merci pour la balade Tony…

  • titou30
    titou30
    artisan
    • Posté à 10h22 le 02/11/2008
    • Internaute 52416
      artisan

    un des derniers grands s’est éteint...il y avait beaucoup à apprendre sur la nature humaine en lisant ses livres.nous ne saurons jamais la suite de la vie de jim et bernie.snifff....

  • audois
    audois
    toubib
    • Posté à 12h15 le 02/11/2008
    • Internaute 57571
      toubib

    merde, oui, après le grand James. J’adorais ces mecs. Mais consolez vous (un peu) mes frères et soeurs, lisez un auteur peu connu, mais de ce niveau, « Thomas Savage ». Ce con est lui aussi mort voici qq années, avec seulement 3 ouv
    rages traduits sur 13 au total. Et profitons d e Jim Harrison tant qu’il est là !

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