On va pas en faire un sondage

Sondage sur les SDF : à question simple, réponse simpliste

Docteur Panel
Sondologue
Publié le 10/12/2008 à 13h18



Un sans-abri à Paris en 2007 (Benoit Tessier/Reuters).


73% des Français sont favorables à l’hébergement obligatoire des SDF par temps de grand froid, contre 25% qui s’y opposent, nous apprend le Nouvel Obs grâce à un sondage de l’institut LH2.

Ce sont plutôt les jeunes, pauvres, de droite qui sont les plus prompts à flanquer les SDF dans les foyers, à coup de Boutin s’il le faut. Tandis que les cadres sup, « middle aged », de gauche sont plus respectueux de leur liberté. Ou peut-être l’image du groupe convivial de clochards se chauffant les mains, avec un bon feu dans un gros bidon, sous les ponts parisiens face à Notre-Dame, ne leur déplaît-elle pas, dans le fond.

Bref chacun est à sa place, avec ses représentations, son imagerie… Et c’est bien là le problème, avec les sondages.

LH2 ne pose qu’une question :

« personnellement, êtres-vous favorable ou opposé à l’hébergement obligatoire des sans-abris en cas de grand froid ? »

Elle est simple, elle n’a pas de biais identifiable, et devant une majorité aussi nette on ne peut que s’incliner. Mais alors, pourquoi un tel fossé entre les avis des associations qui se préoccupent des SDF, et l’opinion publique ?

Cette question donne à réfléchir sur trois grand problèmes, d’ordre linguistique, que posent les sondages : la réduction d’un problème complexe à quelques représentations très limitées, contenues dans le vocabulaire de la question posée ; la pression morale induite par la question ; l’effet pernicieux du présupposé linguistique.


La réduction outrancière des questions complexes

Avec une seule question, composée de quelques mots, ce sondage fait le tour d’un problème aussi énorme que le logement des sans-abris. Les quelques mots employés pour poser la question, avec ce qu’on appelle leur champ sémantique, sont les portes à travers lesquelles les répondants convoquent en une fraction de seconde tout ce qu’ils savent rationnellement ou intuitivement, tout ce qu’ils ont accumulé et sédimenté inconsciemment de leur culture familiale, de leurs discussions de comptoir et des informations et images auxquelles ils ont été exposés, sur le sujet.

Sur les sans-abris, ce que nous savons tous, c’est déjà qu’ils n’ont pas d’abri. Quoi de plus naturel que de leur en donner un ? Et puis qu’ils meurent de « grand froid » et de solitude. Et qu’on est attristé, et dégoûté aussi, de les voir. Que donc si on les voyait moins, on serait moins triste et moins dégoûté. Disparus les SDF, disparu le mal-logement… non ? Ah bon ça ne marche pas comme ça ?

Sur le mot « hébergement », nous nous représentons quelque chose de modeste, une solution de fortune, mais somme toute assez sympathique. On s’est tous déjà fait « héberger » par des amis lors d’un trajet sur la route des vacances. « Hébergement » fait aussi un peu penser à « auberge de jeunesse ». L’aventure, quoi.

Or le remarquable éditorial intitulé « Le despotisme compassionnel “ de Thibault Gajdos, dans le supplément Economie du Monde du 9 décembre souligne que l’alternative ‘rue ou hébergement’ ne plaide pas de façon si évidente en faveur des centres aux conditions indécentes, dangereuses et déshumanisantes.

Quant au ‘grand’ froid, il désigne une situation extrême. Un état d’exception. Tellement grave qu’il vaut bien qu’on suspende par ‘pragmatisme’, les valeurs de libertés valables dans les conditions habituelles.

Le problème ainsi nommé, la solution de Christine Boutin apparaît lumineuse : ‘héberger’ des ‘sans-abris’ par ‘grand froid’, fût-ce de force, ne peut être qu’une bonne chose ! Donner un domicile fixe à des sans-domicile-fixe serait une autre paire de manches…


La pression morale induite par la question

L’autre problème, c’est la question de la valeur morale des réponses possibles. La question propose d’être pour ou contre une mesure qui a été manifestement pensée pour le bien-être des sans-abris. Elle ne propose pas une alternative entre être pour cette idée positive, ou pour une autre proposition qui, positive elle aussi, serait toutefois inspirée par des conceptions opposées du bien-être des SDF.

Or, pour le commun des mortels comme pour les ministres, il n’est pas facile d’imaginer instantanément une contre-proposition qui tienne la route. Du coup, dans l’esprit du répondant, l’alternative énoncée par le sondage se résume en quelque sorte (en caricaturant) à : ‘es-tu d’accord pour faire quelque chose pour ces malheureux, ou les laisseras-tu crever de froid sans rien faire ?’ Résultat : 73% de bonnes âmes, contre 25% de salauds assumés…


L’effet pernicieux du présupposé linguistique

Enfin, toujours dans le domaine de l’influence des mots sur les pensées et les actions, voyons maintenant l’effet pernicieux du présupposé linguistique. Précisons qu’en l’espèce le présupposé vient de la proposition de Boutin, que le sondage ne fait que relayer.

Ce qui est discutable, ce n’est pas sa conformité déontologique, c’est le fait qu’il serve la soupe de la ministre au lieu de mettre ses choix à l’épreuve de l’opinion.

Le présupposé linguistique, c’est ce qu’on ne dit pas, mais qui est sous-entendu dans la question. Par exemple, si un type qui veut vous vendre un service vous dit au téléphone ‘préférez-vous me recevoir lundi à 15 heures ou mardi à 17 heures’, il présuppose que vous voulez bien le recevoir. Du coup, vous acceptez le rendez-vous bien plus facilement que s’il vous dit ‘puis-je venir vous voir pour vous présenter mes services ?’.

Ici la formulation de la question vient relayer le présupposé de Christine Boutin qui sous-tend son projet. En effet, proposer d’obliger les SDF à s’abriter, revient à dire qu’ils meurent avant tout parce qu’ils ne veulent pas s’abriter, et non parce qu’ils ne le peuvent pas.

Bien sûr quelques-uns ont-ils sans doute refusé des propositions d’hébergement, et peut-être même pour de mauvaises raisons, et certains en sont morts. Mais en faire le cœur du débat, c’est renvoyer la balle dans le camp des SDF eux-mêmes. Quel soulagement de la conscience ! S’ils meurent, c’est de leur faute, mais comme nous sommes tellement humains, nous voulons les sauver malgré eux.

Voilà comment, à l’aide du présupposé linguistique, le sondeur aide la ministre à vendre sa loi cache-misère, et à clore un débat important, tant il est vrai que rien ne cloue le bec avec autant de force qu’un chiffre. Heureusement qu’il reste des gens qui débattent et qui réfléchissent.

Photo : un sans-abri à Paris en 2007 (Benoit Tessier/Reuters).

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  • flixp
    flixp
    Aboyeur
    • Posté à 13h27 le 10/12/2008
    • Internaute 34063
      Aboyeur

    Si je puis me permettre. Il y a aussi un truc curieux dans l’énoncé.
    « 73% des Français sont favorables à l’hébergement obligatoire des SDF par temps de grand froid »

    Obligatoire... mais pour qui ? ? ? D’autant que le mot utilisé auparavant par la sous-ministre était « de force »

    Au passage, merci pour vos articles sérieux et bien construits qui nous rappellent que nous avons une capacité analytique dans notre monde tout bizarre.

    • Docteur Panel
      Docteur Panel répond à flixp
      Sondologue
      • Posté à 16h56 le 10/12/2008
      • Internaute 43290
        Sondologue

      Le « obligatoire » est effectivement ultra-ambigu ! dans le contexte de la proposition de Boutin on sait bien que l’obligation est un « de force » qui concerne les SDF, mais les sondés n’ont pas forcément tous entendu parler de ce projet, Peut-être cette obligation renvoie-t-elle plutôt pour certains aux promesses du candidat Sarkozy en 2007 sur le logement des SDF.

      • -Candide-
        -Candide- répond à Docteur Panel
        Jardinateur
        • Posté à 20h06 le 10/12/2008
        • Internaute 40778
          Jardinateur

        Je n’ai pas particulièrement besoin d’un « docteur » anonyme pour m’expliquer que les termes choisis peuvent influencer sur les résultats d’un sondage. Je le savais déjà ! Et j’imagine que je suis loin d’être le seul.
        Du reste, « obligatoire » est tout autant ambigu que « de force ».

        Vous avez écrit :
        « Ce sont plutôt les jeunes, pauvres, de droite qui sont les plus prompts à flanquer les SDF dans les foyers, à coup de Boutin s’il le faut. »

        Le commentaire du sondage sur LH2 indique effectivement que
        « Les jeunes de 18-24 ans se montrent particulièrement favorables à cette idée (81% dont 42% ’tout à fait favorables’). »
        Qu’est-ce qui vous permet de dire que ces jeunes sont prompt à « flanquer » ... « à coup de Boutin ». ?
        Et par ailleurs, en quoi ces mêmes jeunes seraient t-ils opposés à des solutions plus durable avec de vrai relogements pour les SDFs ?
        Doit-on être à ce point manichéen pour croire que l’un empêche l’autre.

        Ce qui est sûr en lisant votre analyse détaillée, c’est que question « présupposé linguistique », vous nous faîtes un bon cours par l’exemple ...

      • viva zebda
        viva zebda répond à Docteur Panel
        Ni maître, ni croquettes
        • Posté à 20h32 le 10/12/2008
        • Internaute 25029
          Ni maître, ni croquettes

        J’imagine que ce sondage a été commandé par un « client »,et qui a élaboré lui même le cahier des charge
        alors deux questions
        qui est ce client ?
        quel est son objectif ?

        je craint que certains s’en serviront pour tenter de créer des centres de rétentions à liberté conditionnelle

        j’ai apprécié votre article

        A quant un sondage par et pour ceux qui n’ont pas de logement

         
        • Docteur Panel
          Docteur Panel répond à viva zebda
          Sondologue
          • Posté à 22h20 le 10/12/2008
          • Internaute 43290
            Sondologue

          Le client c’est le Nouvel Obs. Ce type de question fait partie des questions d’actualité qui se greffent sur les baromètres (généralement de popularité de l’exécutif) à la demande du client ou sur proposition de l’institut.

          Je crois qu’ils ne poursuivent aucun autre objectif que de coller à l’actualité (et ils y collent effectivement, comme un chewing gum, sans grand recul).

          Je ne crois pas du tout qu’il y ait volonté de manipulation, ni de la part de l’un ni de la part de l’autre. Simplement une habitude qui s’installe tranquillement, par défaut et par paresse, de ne pas réfléchir aux questions intéressantes à poser, mais plutôt de faire chambre d’écho à la commmunication du pouvoir en prenant une phrase ou une promesse d’un ministre telle quelle, et en la faisant noter sur une échelle en deux points : oui /non, pour/contre, ou d’accord/pas d’accord. Cela en devient une distribution de bons et de mauvais points, une notation un peu puérile comme dans les jeux télévisés.

          Ca ne va pas toujours dans le sens d’approuver le pouvoir en place. Parfois cela aboutit aussi à le censurer. Mais dans les deux cas la simplification est délétère, me semble-t-il.

        1 autres commentaires
      • citrouille
        citrouille répond à Docteur Panel
        gerboulade permanente
        • Posté à 13h56 le 11/12/2008
        • Internaute 33365
          gerboulade permanente

        « Elle est simple, elle n’a pas de biais identifiable »
        Sauf qu’il y a deux questions dans la question et qu’il n’y a qu’une réponse.
        S’il n’y avait pas « obligatoire » et seulement hébergement, les réponses ne seraient pas les mêmes. Quand au froid, il ne change pas grand-chose, les SDF meurent tourte l’année.
        C’est un hébergement toute l’nnée qu’il faut.

        Lien

    • poltergheist atomique
      poltergheist atomique répond à flixp
      opposant chronique a tendances (...)
      • Posté à 23h14 le 10/12/2008
      • Internaute 58690
        opposant chronique a tendances (...)

      Bon article, qui met en evidence un procédé usé et usité par ce gouvernement, et par les acteurs de l opinion qui lui sont favorable...
      en matiere de sondage comme de proposition au niveau politique, tout est de ce tonneau...

      que le procédé soit strictement linguistique ou pas, il s’agit toujours de defausser la société de ses responsabilité,de dejouer toute accusation d’echec, et de justifier toutes les déresponsabilisations a venir...

      « la cessation de l allocation apres deUX refus d’emploi ACCEPTABLE »
      sous entend que les chomeurs ne VEULENT pas trouver un emploi, eux qui pretendent ne pas POUVOIR en avoir un...

      « TRAVAILLER plus pour gagner plus »
      sous entend qu’il n’ya pas d’injustice salariale et queceux qui ne PEUVENT pas s’en sortir en fait ne le VEULENT pas...

      « Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal OCCUPES (N.Sarkozy vs M.Onfray)
      et bien sur ce n’ est pas non plus parceque la société ne leur en a pas donné les moyens, et n a pas cherché a déceler ce drame. la société n y est pour rien, ne va rien faire de plus, il n y a rien a y faire...

      “la franchise medicale pour RESPONSABILISER les francais” sous entend la encore que les malades se laissent aller, et qu encore une fois, la société n’est pour rien dans la defaillance de ses systemes de securité sociale...

      tout ca me fait penser a la caricature de tout ca...
      la marionette,aux Guignols de l’info...
      “et qu’est ce qu’on veut, hein ? ! vous aimeriez qu’vot’grand mere soit devorée par le pitbull d’un dealer ?”

  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 13h32 le 10/12/2008
    • Internaute 7181
      actif et militant ?

    Ah, les sons d’âge....

    Lien

  • Le requin rouge
    • Posté à 13h40 le 10/12/2008
    • Internaute 28023

    Avant d’être favorable, il faudrait au moins y avoir passé une nuit complète pour être juge.
    Ce que déplorent les SDF dans les centres d’urgence sociale, c’est justement qu’ils y sont mal traités, la promiscuité est invivable, et ne peuvent emmener leur chien, souvent dernier lien affectif restant.

    • pablico
      pablico répond à Le requin rouge
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 14h55 le 10/12/2008
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      le problème est pris à l’envers, sans faire appel à la connaissance de la psychologie humaine.

      donnez leur 15 euro par nuit passée complète et une prime pour assiduité sur un mois, et il n’y aura plus personne dans le froid...

      on fera des économies en travailleurs sociaux, et camions maraudeurs (essence, chauffeurs etc etc..)
      Avec l’argent gagné on pourra leur construire des logements.

      ce qui fait se poser les questions suivantes :

      les gens du social sont-ils si nuls ? (on ne peut le croire c’est trop basic)

      veut-on que les sdf ’crèvent’ ?

      les sdf génèrent-ils de l’argent indirectement ? (scandale caché ?)

      Fait-on perdurer les sdf, pour la compassion et que les ’nantis’ (les pauvres abrités) soient content de leur sort et la ferme ?

      • jean.pierre
        jean.pierre répond à pablico
        • Posté à 16h09 le 10/12/2008
        • Internaute 27384

        « » »« donnez leur 15 euro par nuit passée complète et une prime pour assiduité sur un mois, et il n’y aura plus personne dans le froid… » » »

        faut pas déc..... non plus !

         
        • pablico
          pablico répond à jean.pierre
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
          • Posté à 16h58 le 10/12/2008
          • Internaute 14278
            À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

          et alors on leur en donne plus en frais générés, et en plus ils meurent de froid..
          ils ne sont pas des millions.. et ils se regrouperont tout seul, et n’auront ni faim ni froid...

          • hgo04-
            hgo04- répond à pablico
            Citoyen Lambda
            • Posté à 07h34 le 11/12/2008
            • Internaute 40134
              Citoyen Lambda

            Bonne idée.. donnez moi une prime pour vivre chez moi... je suis preneur..

        2 autres commentaires
      • Network 23
        Network 23 répond à pablico
        identité perdue dans mes papiers (...)
        • Posté à 22h41 le 10/12/2008
        • Internaute 23367
          identité perdue dans mes papiers (...)

        Votre proposition, cher Pablico, est tout autant irrecevable que celle de Boutin.

        Votre syllogisme à vous semble être, excusez-moi d’avance si je me trompe :

        A : les êtres humains sont des êtres rationnels ;
        B : les sans-domicile fixes sont des êtres humains ;
        C : les sans-domicile fixes sont donc rationnels ;

        A’ : un être rationnel n’accepterait pas de rester à la rue par temps de grand froid, alors qu’il peut être « hébergé » dans un « centre » - et en plus payé pour ! ;
        B’ : un sans-domicile fixe est un être rationnel ;
        C’ : un sans-domicile fixe n’accepterait pas de rester à la rue par temps de grand froid, alors qu’il peut être « hébergé » dans un « centre » - et en plus payé pour !

        Vous oubliez peut-être deux trucs :

        1) ce n’est pas le passage de A et B à C qui est faux, mais peut-être tout simplement A, et a fortiori C. Les hommes ordinaires ont des réactions loin d’être rationnelles, et un homme dans une situation hors de l’ordinaire d’autant moins.

        2) même en admettant qu’on puisse régler le cours du monde en réduisant l’homme à une pure bête d’intérêt rationnel, qui ne vise qu’à faire le plus grand profit, il pourrait s’avérer qu’il soit beaucoup plus rationnel de rester à la rue par temps de grand froid que d’être « hébergé » dans un « centre », même si on est payé pour.

        Allez, un p’tit quizz : « préférez-vous qu’on interne les sans-domicile fixe dans des centres ou qu’on les héberge de force dans des centres ? »

        2e p’tit quizz : « préférez-vous qu’on interne les sans-domicile fixe dans des centres, en violation de leurs libertés individuelles, ou qu’on les héberge de force, en violation de leurs libertés individuelles ? »

        La France n’a en fait peut-être pas tant changée depuis l’époque de l’Hôtel-Dieu et du « grand Renfermement »...

         
        • pablico
          pablico répond à Network 23
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
          • Posté à 23h35 le 10/12/2008
          • Internaute 14278
            À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

          mon raisonnement repose sur la connaissance de l’humain. (depuis le temps)
          Payez le, il aura l’impression de faire une bonne affaire, et n’importe qui ayant quelque peu de jugeote, ira, le tout c’est de trouver le bon prix qui va le faire bouger.
          Il n’y aura aucun internement puisque il sera attiré par le gain, il le fera de bon cœur.
          et le fait d’être payé, il aura le sentiment que c’est lui qui choisi, et non qu’on l’oblige.

          Qui n’a pas fait un travail payé, alors que cela l’emmerdait ?
          Qui ne s’est jamais fait avoir par la bonne affaire ?
          Qui n’a jamais fait des trucs, parce qu’il pensait faire une bonne affaire ?
          qui n’a pas acheté, n’importe quoi, parce qu’il y avait une prime, ou une grosse réduction ?

          avant d’être sdf, c’était des gens comme vous et moi, et ils sont toujours des gens comme vous et moi. des humains. Leur mode de fonctionnement reste le même, même si il a été écorné par le rejet.

          on n’attire pas les mouches avec du vinaigre.
          c’est ce qu’on fait avec les sdf.
          On ne doit pas les inviter, ils faut qu’ils s’invitent...c’est cela leur respect.

          • Network 23
            Network 23 répond à pablico
            identité perdue dans mes papiers (...)
            • Posté à 15h46 le 11/12/2008
            • Internaute 23367
              identité perdue dans mes papiers (...)

            Apparemment pas grand monde n’a perçu l’ironie latente dans le fait de dire « les SDFs sont des êtres humains », comme si cela n’allait pas de soi.

            En fait, il est clair que si on propose des interner, de force, ou même de les convaincre, par l’appât du gain, d’accepter d’être « raisonnable », c’est qu’on doute un peu de leur caractère d’être raisonnable.

            Et, tout comme pour les fous, les enfants et autres personnes sous tutelle, on se permet de limiter leurs droits fondamentaux et leurs libertés individuelles, au nom de leur bien.

            L’enfer est pavé de bonnes intentions...

        2 autres commentaires
    • jean.pierre
      • Posté à 16h05 le 10/12/2008
      • Internaute 27384

      oui le requin et j’ y ajouterais le fait d’etre remis à la rue de bonne heure, heure ou il fait le plus froid ! pas cool de sortir d’un local souvent surchauffé dans le froid du matin

  • Pseudo
    Pseudo
    Enfin libre : -)
    • Posté à 13h51 le 10/12/2008
    • Internaute 25947
      Enfin libre : -)

    La question qui se pose est plutôt : êtes-vous pour que le gouvernement ait l’obligation de trouver un logement (et non une place en centre d’hébergement) aux SDF ?

    Et dans ce cas, il me semble que la réponse est oui. Il y a, que je sache, un droit opposable au logement : plutôt que d’obliger les SDF, le gouvernement devrait d’abord faire face à ses obigations.

  • Atlantis
    Atlantis
    Etudiant apolitique
    • Posté à 14h02 le 10/12/2008
    • Internaute 39710
      Etudiant apolitique

    Triste tout cela...
    Je serais favorable à la mesure si les centres d’hébergement étaient plus humains. J’ai appris d’un camarade ex- clochard que ce ’était souvent que des endroits où le deal, les violences et les abus sexuels sont plus que répandus. De toute manière, quand un SDF vous dit qu’il préféré passer la nuit dehors, on s’imagine ce que peuvent être ces centres d’accueil.
    J’aimerais croire que le gouvernement actuel va faire une tentative de relogement dans les nombreux apparts inoccupés de Paris, mais honnêtement, je n’y crois guère.
    Rappelons nous enfin la promesse du candidat sarkozy « O SDF ».

    • poltergheist atomique
      poltergheist atomique répond à Atlantis
      opposant chronique a tendances (...)
      • Posté à 23h21 le 10/12/2008
      • Internaute 58690
        opposant chronique a tendances (...)

      Je crois que le truc exact c’etait« zero sdf en 2009 ! »
      houlaaaa ! va faloir se remuer le popotin Christine !
      je comprend que tu stresse !

  • Chlore
    Chlore
    Plurium interrogationum
    • Posté à 14h03 le 10/12/2008
    • Internaute 21035
      Plurium interrogationum

    « ...Mais alors, pourquoi un tel fossé entre les avis des associations qui se préoccupent des SDF, et l’opinion publique ? ... »

    Les avis des associations ne valent pas plus (voire moins) qu’un sondage de l’opinion publique : ce ne sont que les avis des associations et de leurs membres.

    Donc que la population ne soit pas accord avec une ou des associations (en général pas forcement sur le sujet de l’article) n’a vraiment rien d’étonnant au contraire

    Chlore

    • shillom
      shillom répond à Chlore
      • Posté à 19h36 le 10/12/2008
      • Internaute 22134

      Le problème, c’est que les associations sont informées sur ces sujets, alors que la population regarde le 20h et croit l’être...

      • didja
        didja répond à shillom
        out of nowhere
        • Posté à 20h48 le 11/12/2008
        • Internaute 59575
          out of nowhere

        Exactement, l’avis d’associations qui connaissent le « problème » des SDF (enfin, je ne pense pas que les SDF soient un problème, le problème c’est l’existence de leurs problèmes !) est bien plus légitime que celui des sondés... Mais comme le gouvernement choisi telle ou telle opinion en fonction de ce qu’il veut en faire...

    • minguinhirigue
      minguinhirigue répond à Chlore
      Architecte
      • Posté à 23h42 le 11/12/2008
      • Internaute 47263
        Architecte

      Je trouve ce résultat bien alarmant : quand une majorité des spécialistes de l’accueil de personnes désocialisées insistent pour dire qu’elles ont un libre arbitre à respecter, le grand public a écouté sarko à la TEULEU ou suivit les positions d’après-guerre qui considéraient le vagabondage comme un délit, alors forcément, les avis diverges ! ?

      Mais la politique, c’est l’opinion... On suit la volonté du peuple... quand elle nous arrange...

      Et quelle volonté ! ? Comment contacte-t-on les SDF, les RMIstes et autres exclus qui ont un accès limité au téléphone ?
      Ha, comme c’est drôle, les gens les plus concernés ne peuvent pas être interrogé, laissez moi rire !

      Y en a-t-il vraiment qui imagine que les SDF se plaisent à rester sans abris quand il fait -5°C dehors ?
      Mais quand les foyers sont pires que la rues ! Où va t’on ?

  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 14h20 le 10/12/2008
    • Internaute 20631
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    bravo docteur Panel
    une tres bonne analyse
    les questions posées devraient etre plus « decortiquées » ainsi
    une sorte d’arret sur image

    dans les années 70 (au moment de l’execution de buffet et bontemps)un sondage sur la peine de mort était (je cite de mémoire)
    -l’application de la peine de mort en France avec la possibilité de grace presidentielle vous parait elle satisfaisante ?
    - vous etes contre la peine de mort

    vous noterez le caractère positif des terms « grace » et « satisfaisant »
    les journaux de droite avaient traduit : 64% des Français sont pour la peine de mort....
    ( je crois en avoir déjà parlé)

    Vous aviez évoqué la possibilité d’erreur dans les sondages du à ce qu’une fraction importante de la population ne dispose pas de téléphone fixe
    est ce que cela a influé sur les sondages avant l’election présidentielle ou est ce que cela a été neutre ?
    on doit en parler dans le petit monde des sondages et des sondeurs non ?

    • Docteur Panel
      Docteur Panel répond à jyeden
      Sondologue
      • Posté à 17h19 le 10/12/2008
      • Internaute 43290
        Sondologue

      Le fait qu’il n’y ait plus un mode de communication unique, universel et le même pour tout le monde, dégrade de plus en plus la représentativité des sondages. Mais pour savoir dans quelle mesure cette moindre qualité intrinsèque des sondages influe sur les résultats, il faudrait qu’on dispose d’un étalon, une sorte d’échantillon parfait, à l’aune duquel on pourrait mesurer la valeur des autres. On sait ce que c’est que l’or pur, on sait donc combien de qualité on perd en faisant du 18 carat plutôt que du pur. Rien de tel dans les sondages. Donc on ne peut pas savoir si, et de combien, les résultats ont été distordus par la non-qualité.

      Tout ce qu’on remarque c’est que les sondages sont de plus en plus différents les uns des autres, à questions identiques, donc c’est un indice de non qualité (je lisais hier un 46% de popularité du président en décembre chez un institut, et 37% chez un autre... il y en a bien un des deux, ou les deux, qui se trompent !)

      « On doit en parler dans le petit monde des sondages », dites-vous... Voilà un « présupposé » bien naturel. Sauf que figurez-vous qu’on n’en parle pas tant que ça ! C’est un sujet plutôt tabou. Le truc dont tout le monde sait bien que c’est grave, docteur, mais tant qu’on n’a pas le médicament on dit que c’est psychosomatique et que ça passera tout seul.

      Comme les instituts n’ont pas de solution facile et peu coûteuse pour récuperer de la valeur représentative, ils font semblant que le problème est anecdotique, et concentrent leurs efforts sur essayer de convaincre leurs clients que internet c’est représentatif (parce que c’est pas cher) que le téléphone aussi parce qu’il y a les quotas (ça ne prouve rien mais ça fait sérieux).

      Et les clients sont eux-mêmes pas toujours suffisamment regardants sur la représentativité parce que trop de sondages servent juste à appuyer des idées et des convictions déjà forgées. Seuls ceux qui s’en servent pour apprendre vraiment des choses qu’ils ne savent pas sont exigeants. (Et ça existe quand même, heureusement !)

      • jyeden
        jyeden répond à Docteur Panel
        khmer vert ( age des caverne, (...)
        • Posté à 18h13 le 10/12/2008
        • Internaute 20631
          khmer vert ( age des caverne, (...)

        merci
        je pensais que les gens du métiers en parlaient entre eux
        un petit peu du moins...
        pas à leurs clients bien sur ! ! !

        vos deux derniers paragraphes sont hyperbiens
        ça pourrait s’appliquer à la pub
        qu’importe si c’est une pub de merde du moment que le client achete le produit
        et comme en fin de compte c’est le chiffre des ventes qui doit dire si une pub est efficace on ne saura jamais si c’est la pub qui est efficace ou si le produit est bon, ou s’il répond à une attente
        trop drole tout ça
        et moins drole le cout de tout ça puisque qu’en final c’est bien le consommateur (lecteur du journal) qui paye

      • anton voyl
        anton voyl répond à Docteur Panel
        gestionnaire administratif
        • Posté à 12h59 le 11/12/2008
        • Internaute 61744
          gestionnaire administratif

        Et remarquez toute l’hypocrisie de notre chère ministre du logement qui oublie de poser la question dans son entier : « Etes vous favorable à l’hébergement obligatoire des SDF en cas de grand froid et au gazage de ces derniers quand la température permet au consommateur de sortir, comme ce fut le cas à Argenteuil ? »

        Et oui, c’était l’année passée... Les forces de l’ordre avaient chassé les clodos à coup de gaz puant ! ! Il est pas plus pertinent ce référondage maintenant ? ?

  • doutagogo
    • Posté à 14h58 le 10/12/2008
    • Internaute 2789

    Bonjour
    « 73 % de bonnes âmes » : oui, car dans l’esprit de ces sondés, laisser les sans abri dans le grand froid serait équivalent à « non assistance à personne en danger ». J’ai été momentanément choquée par ce 73 %, mais en y réfléchissant c’est une bonne intention (enfin, j’espère !), même si elle est individuelle et provisoire. Les associations,elles, sont là pour le travail et la réflexion de fond : comment réinsérer les sans abris et leur assurer un vrai logement durable ?
    Amicalement
    Agnès
    Lien

    • Lugi
      Lugi répond à doutagogo
      • Posté à 15h00 le 10/12/2008
      • Internaute 28945

      C’était quoi l’énoncé de la question du sondage ?

      Car bon en fait c’est pas que la réponse au sondage peut être interprétée différemment selon la question, mais en fait si.

      • Docteur Panel
        Docteur Panel répond à Lugi
        Sondologue
        • Posté à 16h51 le 10/12/2008
        • Internaute 43290
          Sondologue

        L’énoncé de la question est noté dans l’article ci-dessus, le voici : « personnellement, êtres-vous favorable ou opposé à l’hébergement obligatoire des sans-abris en cas de grand froid ? »

         
        • crock_
          crock_ répond à Docteur Panel
          retraité
          • Posté à 19h01 le 10/12/2008
          • Internaute 49667
            retraité

          JE SUIS FAVORABLE PAS SEULEMENT
          PAR GRAND FROID POUR TOUT LE TEMT POUR SE RÉINSÉRER TROUVER UN TRAVAILLE LES
          ENFANTS À L’ECOLE

        1 autres commentaires
    • Network 23
      Network 23 répond à doutagogo
      identité perdue dans mes papiers (...)
      • Posté à 22h54 le 10/12/2008
      • Internaute 23367
        identité perdue dans mes papiers (...)

      La question demeure : peut-on « ré-insérer » des gens de force ?

      Dans toute la population - et pas que chez les SDFs, bien que la proportion soit, pour des raisons peut-être trop évidentes pour être vraies, plus grande chez eux - il y a des gens qui refusent « l’insertion ».

      Qu’est-ce que cela signifie d’être « inséré » ? « exclu » ? Y a-t-il des gens « insérés et exclus » ? ou l’inverse ?

      Faut-il « désinsérer » les gens de force ?

      Sur toutes ces questions, et sur ce qu’une personne « insérée » peut penser d’un « centre d’accueil » pour SDFs après y avoir passé plusieurs nuits, y a un très bon bouquin collection « Terres humaines » (ouais, celle des explorateurs et tout et tout), Naufragés de Patrick Declerck.

      Ca fait réfléchir sur l’évidence de la « ré-insertion »...

  • Ryuu
    Ryuu
    Informaticien parisien
    • Posté à 15h02 le 10/12/2008
    • Internaute 28569
      Informaticien parisien

    Effectivement, le décorticage de la question permet immédiatement de voir de quel coté les gens sont tentés de répondre.

    Mais, face à la brutale immédiateté de cette question, certaines personnes répondent non. Pourquoi ? Sont-ce des salauds ? Ou, au contraire, sont-ce des gens qui ont réfléchis à la question préalablement, et qui pensent qu’il existe de meilleures solutions ?

    En d’autres termes, les cadres, plutôt de gauche, qui ont répondu non, ne serait-ils pas les mieux informés sur le sujet et ceux qui y ont consacré, au moins, quelques pensées ?

    • shillom
      shillom répond à Ryuu
      • Posté à 19h41 le 10/12/2008
      • Internaute 22134

      Pour moi, le mot « forcer » est clairement exprimé. J’espère que les gens qui ont répondu oui l’ont fait par charité, et que ceux qui ont dit non l’ont fait pour défendre les libertés, mais ça ferait bien trop de gens bien tout ça... faut pas rêver, dans les « oui » comme dans les « non », il y a de tout, comme l’a analysé l’auteur.

    • Docteur Panel
      Docteur Panel répond à Ryuu
      Sondologue
      • Posté à 00h31 le 12/12/2008
      • Internaute 43290
        Sondologue

       »En d’autres termes, les cadres, plutôt de gauche, qui ont répondu non, ne serait-ils pas les mieux informés sur le sujet et ceux qui y ont consacré, au moins, quelques pensées ? »

      Hum, justement, le problème avec les sondages c’est qu’on ne sait jamais pourquoi les gens répondent ce qu’ils répondent. Souhaitons que c’est la réflexion réelle qui motive le choix du non chez les cadres, plus âgés, de gauche, et pas l’indifférence ou une certaine négation de la gravité de la situation des sans-abri...

  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor
    - Gone fishing !
    • Posté à 15h07 le 10/12/2008
    • Internaute 12434
      - Gone fishing !

    Peut- forcer quelqu’un qui le refuse ? ? ?
    Quand j’habitais au Canada, ceux qui desiraient rester dehors, pouvaient. Il y avait même des organismes qui distribuait des sacs de couchages gratuitement. A noter que je parle de temperature de -30, -35º......il y en a qui dorment dehors ! !

  • battuta
    battuta
    adorateur de la lune
    • Posté à 15h08 le 10/12/2008
    • Internaute 56909
      adorateur de la lune

    simplification des questions complexes ? ... de la part d’un président qui prone une politique de civilisation... qui a donc lu Morin et qui donc comprend son dicours sur le besoin de compléxité... béééé non... français : question simple, réponse ya ka... et ça, ça fait une civilisation.

    ps : dans le genre simple on a eu aussi les tests ADN, la loie sur la récidive, la réforme de l’audiovisuel public.... ce que je sais que c’est c’est que simplement la France renoue avec sa plus belle et sa seule vraie tradition : la tyrannie...

  • Juan Pablo de Tagéna - bloqué
    • Posté à 15h26 le 10/12/2008
    • Internaute 60349

    Vous venez parler de Morin, malheureux, quelqu’un qui s’est toujours trompé et qui continue imperturbablement, avec la même assurance à venir nous servir des prêts-à-penser ! Désolé, ce n’est pas ma tasse de thé...

    • pointilleur des lilas
      • Posté à 17h58 le 10/12/2008
      • Internaute 19285

      Mais malheureux, désolé, avec la même assurance que toi qui te trompe toujours avec ton prêt-à-penser, d’oser parler de Morin, et là n’est pas la question, puisqu’on ne t’a pas demandé ton avis, ni sur lui, ni sur ta tasse de thé.....

  • Kurt
    Kurt
    ––––
    • Posté à 15h32 le 10/12/2008
    • Internaute 31000
      ––––

    Très bon article à l’exception de ces deux critiques faciles mais tellement classiques :
    « Que donc si on les voyait moins, on serait moins triste et moins dégoûté. Disparus les SDF, disparu le mal-logement… non ? Ah bon ça ne marche pas comme ça ? »

    « Quel soulagement de la conscience ! S’ils meurent, c’est de leur faute, mais comme nous sommes tellement humains, nous voulons les sauver malgré eux. »

    Qui sont donc ces « on » et ces « nous » ? Certainement pas l’auteur de l’article puisqu’il démontre toute la complexité de la question dans l’article même. Ses lecteurs ? Sûrement pas... J’ai l’impression que ce sont toujours les mêmes. Ces « on » et ces « nous » doivent être aussi ceux qui fraudent le fisc (dans des paradis fiscaux) ou le RMI (dans des banlieues), ceux qui prennent des médicaments à tire larigot et qui vont voir 10 médecins dans la journée ou encore ces types qui votent contre Chirac au lieu de répondre aux questions des référendums. Enfin bref, cette masse de salauds dont on est entourés et qu’étrangement on ne croise que très rarement...

    Bon, ma remarque est peut-être un peu dure, mais c’est une constante dans le discours de la presque totalité des français (c’est beaucoup plus rare chez les anglo-saxons par exemple). Cet espèce de fantasme de l’existence d’une masse de salopards décérébrés, faibles, égoïstes et aveugles au monde qui mles entoure revient constamment dans les débats.

    L’analyse plutôt fine de cet article me conduit à penser que l’auteur pourrait sûrement faire un excellent travail sur ce phénomène étrange auquel il n’échappe pas (comme tout le monde par ailleurs... Ça m’arrive également. Ça doit être culturel...).
    Qui sont ces « on » et ces « nous » ces « gens » dont tout le monde parle même sans en avoir rencontré ?

    Il faudrait faire un sondage : « Connaissez-vous personnellement des salauds égoïstes qui ne veulent pas voir les SDF ou qui passent leurs journées chez le médecin ou qui pensent que Cauet c’est mieux que Pivot ou qui votent aux référendums sans répondre à la question posée ? »

    Si oui, qui sont-ils ?

    • Vous-même.
    • Vos enfants
    • Votre voisin
    • Votre beau-frère, votre belle-mère
    • Vos amis
    • Je ne sais pas, mais mon beau-frère m’a dit qu’il connaît un type...

    Si non, pensez-vous que ces gens de la pire espèce sont nombreux ? Majoritaires ?

    (Encore une fois, mis à part ces deux points, j’ai beaucoup aimé l’article. Je ne voudrais pas vexer l’auteur...)

    • Docteur Panel
      Docteur Panel répond à Kurt
      Sondologue
      • Posté à 17h57 le 10/12/2008
      • Internaute 43290
        Sondologue

      Vous ne me vexez pas, cher Kurt, et je trouve même fort délicat de votre part de vous en préoccuper et de me rassurer sur la qualité de mon article.

      Mais bien sûr votre remarque me pique au vif, et je la trouve d’autant plus juste que je suis moi-même à mes heures pourfendeur de ceux qui pourfendent les « beaufs » et les « péquins moyens » à l’aide du « on » et du « nous “génériques.

      Sur ces deux phrases que vous relevez, je vais donc tout de même tenter de me défendre et de me justifier :

      1- D’abord en assumant la première pour mon propre compte ‘ Que donc si on les voyait moins, on serait moins triste et moins dégoûté. Disparus les SDF, disparu le mal-logement… non ? Ah bon ça ne marche pas comme ça ?’

      Oui je suis personnellement triste et vaguement dégoûté quand je vois des SDF, je me fais violence pour sortir une pièce de temps en temps, et encore parfois je le fais de bon coeur, mais parfois je ne le fais que parce qu’il m’est encore plus pénible de refuser sans me sentir honteusement radin devant tout le monde. Et oui j’aimerais bien ne pas les voir et oublier qu’ils existent. Et je crains qu’effectivement, si le gouvernement les fait disparaître de ma vue, si personne ne m’informe je finirais pas ne plus y penser, et donc par croire que le problème a disparu. Voilà pourquoi je salue le travail des associations et des journalistes qui se tapent la tâche ingrate de me rappeler qu’ils existent. Si je n’étais pas tombé sur l’article du Monde que je mentionne, je pense que je n’aurais pas écrit celui-ci, faute de prendre la mesure du problème.

      2- ‘ Quel soulagement de la conscience ! S’ils meurent, c’est de leur faute, mais comme nous sommes tellement humains, nous voulons les sauver malgré eux. ’ Contrairement à la première, dans la seconde le ‘nous’ ne recouvre pas la ‘masse de salopards décérébrés’ (dans laquelle je m’inclus, vous l’aurez compris, s’agissant de la phrase ci-dessus ), mais je me mets là dans la peau des initiateurs du projet dont je ‘traduis’ le message tel que je l’entends. Autrement dit, ici c’est bien Boutin qui prétend ainsi sauver les SDF malgré eux.

      Pour finir, j’adore votre idée d’étudier l’usage du ‘on’ générique en français à des fins de condescendance vis-à-vis de ses propres concitoyens, ça mériterait une thèse universitaire en socio ou en linguistique ! Ohé ! Quelque étudiant riverain de Rue89 veut-il s’y coller ?

      • DrTom
        DrTom répond à Docteur Panel
        Citoyen
        • Posté à 14h45 le 12/12/2008
        • Internaute 53985
          Citoyen

        A propos de l’usage du « on » :

        Heidegger a écrit un texte sur l’usage du « on » et son rapport à la pression sociale, à l’intériorisation des normes sociales.

        Voilà deux extraits lisibles (Heidegger est imbouffable pour des novices) :
        En usant des transports en commun ou des services d’information (des journaux par exemple), chacun est semblable à tout autre. Cet être-en-commun dissout complétement I’être-là qui est mien dans le mode d’être d’ « autrui », en telle sorte que les autres n’en disparaissent que davantage en ce qu’ils ont de distinct et d’expressément particulier. Cette situation d’indifférence et d’indistinction permet au « On “ de développer sa dictature caractéristique. Nous nous amusons, nous nous distrayons, comme on s’amuse ; nous lisons, nous voyons, nous jugeons de la littérature et de l’art, comme on voit et comme on juge : et même nous nous écartons des ‘ grandes foules comme on s’en écarte ; nous trouvons scandaleux ce que l’on trouve scandaleux. Le On qui n’est personne de déterminé et qui est tout le monde, bien qu’il ne soit pas la somme de tous, prescrit à la réalité quotidienne son mode d’être. […]

        Le On se mêle de tout, mais en réussissant toujours à se dérober si l’être-Ià est acculé à quelque décision. Cependant, comme il suggère en toute occasion le jugement à énoncer et la décision à prendre, il retire à I’être-Ià toute responsabilité concrète. Le 0n ne court aucun risque à permettre qu’en toute circonstance on ait recours à lui. Il peut aisément porter n’importe quelle responsabilité, puisque à travers lui personne jamais ne peut être interpellé. On peut toujours dire : on l’a voulu, mais on dira aussi bien que personne n’a rien voulu.’

        Le texte complet se trouve dans :
        Heidegger, L’être et le temps, (1927) Gallimard pp. 156-160

        [merci à PhiloNet]

  • monisme
    monisme
    clm
    • Posté à 15h34 le 10/12/2008
    • Internaute 52504
      clm

    « 73% des Français sont favorables à l’hébergement obligatoire des SDF par temps de grand froid ».

    Le % de français favorables à ne pas être dérangés dans leur petit confort mental ne peut qu’aller en empirant.

    Question de pratique sondagière ou sociologique : parmi le nombre de français interrogés, y’a-t-il des SDF ? SDF français ?

    Enfin bon. Le Nouvel Obs c’est le journal des Daniel-Joffrin qui titrait en couverture 2002 : « Chirac peut-il encore être élu ? ».Tu parles d’une prescience.Le Nouvel Obs doit-il être encore lu ?

  • lalejand
    lalejand
    Freelance multimédia à San (...)
    • Posté à 15h39 le 10/12/2008
    • Internaute 2858
      Freelance multimédia à San (...)

    Il faudrait, dans tous les sondages, rendre obligatoire parmi les options de réponses la mention « je pense que la question est mal posée » ou « le problème abordé ne peut pas se réduire à cette question » ou quelque chose de cet acabit.

    Actuellement, pour ne pas répondre à la question on n’a seulement « ne se prononce pas ». Trop large. Il serait intéressant de savoir pourquoi les gens ne se prononcent pas.

  • fâché.com
    fâché.com
    perdu
    • Posté à 15h44 le 10/12/2008
    • Internaute 57333
      perdu

    Nouveau sondage : êtes-vous pour ou contre la mise à disposition du Ministère de l’Intérieur des stades olympiques et vélodromes d’hiver ? Répondez par oui ou par non (sans poser la question de l’usage qui en sera fait)
    Merci

  • benzitoune
    benzitoune
    réveillez moi !
    • Posté à 16h05 le 10/12/2008
    • Internaute 61576
      réveillez moi !

    L’article me paraît vraiment trés intéressant car il présente concrètement un problème démocratique flagrant dans notre société, et pas seulement malheureusement, cest un problème de presse en général.
    Il montre comme il est aisé de manipuler une opinion publique à longueur de temps, et ce de la manière la plus insidieuse, discrète, et surtout antidémocratique possible. C’est un exemple concret, relativement simple, mais terriblement efficace, qui permet à couvert d’entretenir l’ignorance et le désintérêt général...
    Qui va venir pinailler aprés ces présupposés linguistiques, ces bonnes intentions bien déguisées, alors que l’enquête, le roi sondage tout puissant est arrêté sur sa décision ? Chacun y va de son : « Le peuple à moi m’a dit que... »
    À mon sens, les décisions et opinions politiques se forment à partir des informations que nous avons à notre disposition, certains cherchent les informations, se méfient, et une grosse majorité se borne (et ce n’est pas une critique) à un seul média, de nos jours la télévision, média bien populiste, et pour les chaînes les plus populo, une information bien plus que pauvre(et vous croyez que cela s’arrangera avec le remaniement de la télévision « publique »)
    Enfin, mais quelle est donc la légitimité démocratique des sondages ? Et au nom de quel droit ces procédés plus que subjectifs peuvent-ils intervenir dans notre vie d’une manière aussi dévastatrice et ce en toute impunité ? ! !
    Et je ne parle même pas des mensonges politiques, ceux formulés par ceux qui prétendent nous faire la morale, et nous embrigader dans leurs « croisades » ?
    Le droit à l’information juste ne devrait-il pas appartenir aux fondamentaux des droits de l’homme ?
    Si l’on questionne et surveille l’honnêteté des politiques, pourquoi ne réglemente t’on pas le droit à la parole publique, et ce en surveillant particulièrement que l’objectivité des propos ne soit pas contestable ?
    Evidemment, la « sainte » objectivité est à la sauce de chacun, pourtant certains manquements graves s’exposent régulièrement dans les médias et peu s’en inquiètent. Rien n’est tout noir ni tout blanc me direz-vous, et donc nous sommes bien d’accord, tous les chats sont gris, donc méfions-nous bien de ces chats tout blanc, ou tout noir, ça craint je vous le confirme !
    L’éducation commence dès l’enfance, mais s’entretient aussi toute notre vie, et s’abreuver de potions abrutissantes n’aide pas à faire progresser les gens.
    A bon entendeur...

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 16h06 le 10/12/2008
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Si des SDF refusent les propositions d’hébergement d’urgence qui leur sont faites, c’est principalement qu’il y des rackets, des bagarres, des viols dans ceux-ci. Dès l’aube, ils sont remis dehors et les animaux sont interdits dans les Centres.
    Nous avons besoin d’une personne charismatique, telle l’Abbé Pierre, pour lancer, cete fois, un appel à la réquisition des logements vides (et ils sont nombreux dans les grandes villes) et les offrir aux sans abri afin qu’ils puissent se relever de l’impasse où ils se trouvent et puissent se réinsérer dignement, la tête haute... !

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    • seth delab hue
      seth delab hue répond à Phil2922
      .
      • Posté à 17h06 le 10/12/2008
      • Internaute 60717
        .

      bonjour phil, je crains que les « personnes charismatiques » n’aient plus beaucoup d’influence de nos jours..
      l’abbe pierre a gueule pour les pauvres et tous les politiques l’on ecoute l’ont ils entendus ? ..

      et coluche ? a t’il ete entendus lui aussi ? ? il y a toujours plus de repas distribues chaque annees par les retos...

      les pauvres le pouvoir les utilises pour regner,en esperant en secret qu’ils petent les plombs pour nous coller toujours plus de flics.....

  • Compte supprimé le 23 janvier 4
    • Posté à 16h21 le 10/12/2008
    • Internaute 59113
      chomeur satisfait

    moi aussi je suis pour les camps de concentration pour les pauvres !
    La vue de ces salauds gâche la digestion de mon foie gras ! ! !

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