Terrorisme : une menace considérée très réelle en France
On ne l’a pas crié sur les toits à Paris : dans la foulée d’une vaste opération anti-terroriste menée en Belgique jeudi, plusieurs personnes considérées comme proches d’Al Qaeda ont été interpellées en France par les policiers chargés de l’anti-terrorisme.
La police belge avait arrêté quatorze individus lors de perquisitions à Bruxelles et à Liège, alors que l’un d’entre eux semblait être sur le point de commettre un attentat suicide. « Cinq hommes et une femme ont été inculpés d’appartenance à un groupe terroriste et placés en détention préventive », a déclaré vendredi Lieve Pellens, la porte-parole du parquet fédéral.
Cette opération doit-elle conduire la France à craindre des attentats perpétrés par des groupes islamistes ?
« Tout à fait, me confirme-t-on de source très informée et sûre. Plusieurs pays d’Europe sont concernés. Les Britanniques commencent à mesurer la menace, mais ils sont avant tout concernés par les Pakistanais et les Cachemiris. En France, la principale inquiétude vient d’Al Qaeda au Maghreb, l’ancien GSPC. Ils ne sont pas très nombreux, mais très mobiles, leur territoire d’action est immense. Base arrière au Sud-Sahara et dans les Etats riverains comme le Niger ou le Mali. Ils peuvent se déplacer sur plusieurs centaines de kilomètres en une journée. »
Pour être très exact, les services français sont moins préoccupés par une menace contre le territoire national -sans l’exclure- que contre les expatriés et les intérêts français à l’étranger, ainsi que les ambassades. En Algérie, mais pas seulement.
Le Monde rappelait il y a quelques jours (édition du 10 décembre) que dans un discours de vingt-neuf minutes posté le 22 septembre sur un site Internet islamiste, largement passé inaperçu, Abdelmalek Droukdal, « émir » suprême de l’organisation d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) avait lancé cette menace :
« Ceux qui pensent que la France assurera sa sécurité sur ses terres (...) se trompent. » Elle n’aura pas la capacité « de le faire, puisqu’elle sera, le jour venu, préoccupée par sa propre sécurité ».
Rebaptisé Al Qaeda au Maghreb, le GSPC a émergé en 1998-1999. Avec un objectif clair dès l’origine : le GSPC entendait mener « le djihad contre le régime algérien qui a renié l’islam, et contre ses maîtres chrétiens et juifs. »
Les groupes islamistes pratiquent en outre aujourd’hui sur une large échelle les enlèvements pour obtenir des rançons afin de remplir les caisses. Début novembre 2008, après des mois de négociations, deux touristes autrichiens enlevés dans le Sud tunisien en février 2008 ont été libérés contre une rançon de 1 à 2 millions d’euros. Les services algériens sont fort mécontents que cette information ait été dévoilée.
On assiste à un véritable élargissement des pratiques initiées naguère par les FARC en Colombie, et par les pirates au large de la Somalie. Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, s’est voulue rassurante. Ma source est beaucoup plus formelle : le niveau de la menace est élevé. Les exercices antiterroristes ordonnés par MAM ne doivent pas faire illusion.
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Je me demande toujours ce que vaut ce type d’évaluation qui revient à ce que ceux qui doivent lutter contre le terrorisme évaluent eux-mêmes leur utilité. Il suffit d’imaginer ce que pourraient être les réactions si les services anti-terroristes annonçaient que la menace est faible : on ne mettrait pas longtemps à rediscuter leurs budgets ou leur dotation en personnel, je suppose.
D’autre part, le petit jeu des sources très informées et sûres est tout aussi ambigu : ces sources trouvent évidemment un intérêt à parler à tel ou tel journaliste ou analyste (ici, Madelin).
Bref, la seule information dont nous disposons à la lecture de cet article est que les sources très informées et sûres veulent nous faire savoir (ou croire, ce qui revient au même) que les services anti-terroristes sont nécessaires et utiles.
En effet, quand on voit ce que dissimule[raie]nt les épiceries corréziennes, on frémit d’angoisse. Il est bien possible que le seul enjeu soit celui-là : nous vendre la peur pour que nous achetions la docilité.




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