Chez Michel Wieviorka

De la sociologie et deux ou trois autres questions de société vues par Michel Wieviorka, de l'EHESS.

La crise, du constat à la mutation (2/2)

Michel Wieviorka
Sociologue, EHESS
Publié le 21/12/2008 à 16h07



Un jeune Massaï porte une caisse de bouteilles de Coca-Cola à Kisaju, au Kenya (Radu Sigheti/Reuters).


Au delà de son aspect économico-financier, la crise actuelle, comme nous l’avons vu dans la première partie de cette tribune, témoigne de l’épuisement de l’individualisme, à l’échelle de la nation comme à celle de la planète. Elle nous impose d’inventer un autre modèle, déjà esquissé par les altermondialistes.

Considérons maintenant la pollution, le gaspillage, le réchauffement climatique, le manque d’eau, les menaces pesant sur la biodiversité, etc.. Alors même que les idées nées de la protestation écologiste ont diffusé partout dans le système économique et dans la vie politique depuis au moins trente ans, on constate que parmi les secteurs les plus atteints par la crise financière, certains sont loin d’avoir pris à bras le corps ces enjeux. Il en est ainsi, tout particulièrement, de l’automobile.

La crise est aussi dans le vieillissement d’une partie du tissu industriel, qui a tardé à s’ouvrir à la modernité environnementale, au développement durable par exemple. Le moment, par exemple, est-il venu seulement de sauver le secteur de l’automobile tel qu’il est, ou presque ? N’est-il pas plutôt de lui imposer une mue, et par exemple de développer à grande vitesse des véhicules électriques ? La question, évidemment, n’est pas neuve, elle préexiste à la crise financière.

Renoncer à l’individualisme et affirmer des valeurs collectives

Examinons maintenant les orientations culturelles de notre vie collective. Elles se déploient dans un espace sous tension, entre des logiques dominées par l’individualisme, et d’autres, dans lesquelles se conjugue le souci de construire sa propre existence, et un sens parfois aigu de la responsabilité ou de la solidarité collective.

Une chose est de consommer à tout crin, de participer comme individu à la vie moderne, d’accéder à l’argent, à la santé, à l’éducation pour ses enfants, mais aussi d’être subordonné aux normes et aux injonctions de la publicité ou des marques ; une autre est de produire sa vie, d’être sensible aux injustices et aux inégalités, de penser à la planète que nous laisserons à nos enfants, de donner un sens à notre action, quelle qu’elle soit.

Les années qui viennent de s’écouler ont accordé une place considérable à l’individualisme, au détriment de l’affirmation de valeurs collectives. La crise financière est peut-être même ici non pas le point de départ des graves problèmes que nous vivons, mais au contraire celui d’arrivée de dérives où ne comptaient plus que le règne de l’argent-roi et ses mises en scène médiatiques.

Depuis le début de la crise financière, on parle du retour de l’Etat, du retour de la politique. Cela veut d’abord dire que la crise est née de la défaillance des Etats ou des carences des politiques publiques, et en particulier de la mise en application des idées libérales qui ont commencé à s’imposer au sommet de l« Etat sous Reagan et Thatcher.

Il suffit de considérer la façon dont un capitalisme débridé a pu fonctionner aux Etats-Unis, y compris là où des agences de notation devaient jouer un rôle de contrôle qu’elles n’ont pas assumé, pour comprendre que la crise financière n’aurait pas eu lieu si le crédit immobilier ou à la consommation avait été encadré, et si le jeu des banques et des institutions financières ne s’était pas déployé en totale liberté.

Retour du politique, retour de l’Etat… et retour de la gauche ?

Mais faisons un pas de plus. Depuis une vingtaine d’années, une crise, plus ou moins aiguë, affecte dans de nombreux pays non pas tant l’ensemble des systèmes politiques, qu’avant tout les forces de gauche. Le communisme, qui représentait au sortir de la Deuxième guerre mondiale jusqu’à près de 30% des électeurs, a sombré. La social-démocratie, tout en ayant de beaux restes, est partout en déclin, essentiellement parce que le mouvement ouvrier, sur lequel elle adosse ses partis politiques, est en déclin.

La gauche est orpheline des deux grandes formules qui définissaient à la fois sa dimension contestataire, son caractère clairement représentatif, et ses dimensions d’utopie, sa capacité à formuler des contre-projets, une vision alternative de société. Le retour du politique, le retour de l’Etat, devraient être aussi le retour de la gauche, ce à quoi on vient d’assister avec Obama aux Etats-Unis. La crise financière s’est dans bien des pays mise en place là où la gauche était défaillante, absente, ou faible, incapable d’incarner des logiques d’intervention de l’Etat ou de politiques publiques qui sont plus de son registre que de celui de la droite.

La crise financière, dit-on également, nourrit le radicalisme politique, voire la violence. Mais là encore, méfions-nous des idées trop simples et des propos trop rapides. Après tout, en France, nous vivons le déclin du Front national, et non sa prospérité. La “gauche de la gauche” ne se caractérise pas spécialement par une radicalisation exacerbée, elle est simplement critique de la situation présente, ce en quoi elle a à bien des égards raison.

De la crise à la transformation des modèles

Notre pays n’a pas attendu la crise actuelle pour connaître de fortes violences, durant trois semaines, en octobre-novembre 2005 : la crise de la République, de moins en moins capable de tenir sa belle promesse de liberté, d’égalité et de fraternité a commencé dans nos banlieues dès la fin des années 70, elle ne date pas d’aujourd’hui. Ailleurs, dans plusieurs pays, il y a eu au printemps dernier des émeutes de la faim : la crise alimentaire mondiale a préexisté à la crise financière. Et ce n’est pas parce que celle-ci se déploie aujourd’hui qu’elle explique toutes les conduites de crise que nous observons de par le monde, ou chez nous.

Concluons donc cette esquisse, qui ne fait que proposer un type de raisonnement qu’il faudrait étendre à d’autres domaines, y compris géo-politiques et internationaux. Oui, la crise financière existe, avec des effets majeurs, personne ne peut en douter. Mais elle survient sur fonds d’un ensemble de problèmes qui lui sont antérieurs, qui relèvent eux aussi de logiques de crise, dans toute sorte de champs –nous n’avons fait qu’en évoquer quelques uns.

Si nous ne savons pas mettre à profit la première pour transformer les seconds en débats, en conflits institutionnalisés, en réformes en profondeur, en invention d’un autre modèle de société, ainsi qu’en une action internationale repensée, si nous ne passons pas de la crise à la mutation, nous devrons nous contenter au mieux de replâtrer le système actuel, d’en relancer la machine, si souvent injuste et brutale. Et au pire, nous entrerons dans une longue et terrible phase de chaos.

Lire aussi la première parie de cette tribune, publiée le 20 décembre 2008.

Photo : un jeune Massaï porte une caisse de bouteilles de Coca-Cola à Kisaju, au Kenya (Radu Sigheti/Reuters).

  • 7131 visites
  • 29 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 16h46 le 21/12/2008
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    cette ’crise’ et ces ’crises’ viennent d’un manque d’état, de manque du vieux plan quinquennal etc.
    c’est à dire que l’économie est vue à court terme. Tout est à court terme et moyen terme de 3 ans/5ans..
    Comme si après 3 ans, le monde n’allait plus exister.

    c’est tellement vrai que tout le monde prévoit la fin de la crise à 1 an, les pessimistes 3ans..

    les concepteurs de voitures, se sont ancrés dans des conceptions de voitures classiques, car ils savent bien que la voiture électrique, ne va pas leur rapporter grand chose...
    une carrosserie, un moteur électrique, une petite hydraulique pour les freins, un peu d’électronique..de bonnes piles(le plus cher) .et 4 bons pneus...

    un grand vide... alors tout le monde traine...ils attendent l’hydrogène où là on peut gagner encore de l’argent...avec les mêmes conceptions classiques.

    • zeefrog
      zeefrog répond à pablico
      Indy-V-duality
      • Posté à 17h33 le 21/12/2008
      • Internaute 63254
        Indy-V-duality

      Bonjour a toi...

      J’ai la une vidéo qui mettra fin a toutes les idées confuses que tu peu avoir sur cette crise....sérieusement ! ! ! (arrogant ? oui je sais !)
      Regarde bien cette vidéo et une fois assimilée tu comprendra alors le subterfuge........ ! ! !
      Ensuite passes l’info a un maximum de gens car elle a le POUVOIR
      de tous nous libérer...
      Voici le lien :
      Lien

      LORSQUE LE POUVOIR DE L’AMOUR SURPASSERA L’AMOUR DU POUVOIR, LE MONDE SERA EN PAIX

      Cordialement
      Zeefrog

      • the cat
        the cat répond à zeefrog
        étudiant
        • Posté à 20h13 le 21/12/2008
        • Internaute 54940
          étudiant

        Oui tu as raison. Cette vidéo décrit très bien le système financier. Mais ce n’est pas suffisant pour expliquer la complexité de la crise.

         
        • Jaycib
          Jaycib répond à the cat
          Désagrégé de l'Université
          • Posté à 14h24 le 22/12/2008
          • Internaute 37053
            Désagrégé de l'Université

          Peux-tu expliquer pourquoi cette crise est « complexe » ? Sa raison d’être me paraît au contraire très simple à appréhender : ce n’est que l’énième variante d’une constante spécifique au capitalisme, à savoir l’accaparement de la valeur produite par les individus, les salariés ou non-salariés, les esclaves de fait, les indispensables programmes sociaux (totalement absents dans les pays les plus déshérités).

          Le tocsin aurait pu être sonné par la gauche il y a longtemps, mais elle ne l’a pas fait. Sans doute parce qu’idéologiquement elle s’est alignée sur le système de « valeurs » fictives que lui ont imposé, non pas tant les « libéraux » que les légions de profiteurs de tout poil qui essayent toujours de réduire à néant le socle de rationalité sur lequel s’appuient les sociétés en violant les lois de la science comme de la morale. Ce n’est pas un hasard si la crise actuelle sanctionne la violation tant des lois de la nature (exprimées par le besoin absolu d’environnementalisme) que de la nécessaire équité sociale. Les droits de l’homme vont toujours de pair avec les droits de la nature, et le pari des capitalistes sauvages est qu’ils peuvent spolier les uns et les autres sans trop de craintes.

          La gauche s’est progressivement affaiblie pour avoir désespérément tenté de trouver un « moyen terme », c’est à dire d’accorder un droit de spoliation « partiel » afin de protéger l’essentiel. On a tout à perdre à ce jeu, car comme dit le diction, qui vole un oeuf vole un boeuf – il n’y a pas de limite « auto-régulée » à la voracité (ou à l’accumulation capitaliste, comme disent les marxistes).

          • the cat
            the cat répond à Jaycib
            étudiant
            • Posté à 21h50 le 22/12/2008
            • Internaute 54940
              étudiant

            Je suis tout à fait d’accord avec vous.
            Mais vous restez très général, vous décrivez seulement le contexte dans lequel la crise s’est produite.
            Il serait facile de tomber dans la tentation d’une explication unique à cette crise. Un phénomène de cette ampleur est forcément le résultat d’une diversité de facteurs.
            Plus précisément, la crise découle des politiques financières américaine et européenne, des défaillances des agences de notation, du crédit facile accordé aux Américains pour la consommation et surtout l’immobilier, de la titrisation malhonnête de ces crédits toxiques, des relations étroites entre les grandes banques occidentales, de l’ingérence de nos gouvernants, etc. Bien sûr, j’oublie beaucoup de facteurs. Mais c’est seulement pour montrer que cette crise est systémique et complexe, et que la réduire à une seule cause peut s’avérer dangereux.

            • Jaycib
              Jaycib répond à the cat
              Désagrégé de l'Université
              • Posté à 17h54 le 23/12/2008
              • Internaute 37053
                Désagrégé de l'Université

              Si la crise est systémique, qu’importent les « facteurs » ? Il y a toujours eu des crises du capitalisme, elles lui sont consubstantielles. Les « facteurs » peuvent être débattus à l’infini (c’est ce que font beaucoup d’économistes), mais au bout du compte, c’est toujours la même chose. Les « facteurs » ne dont que des modes différents (quoique très peu, quand on y réfléchit) de l’accaparement des richesses par certains.

              Il n’y a pas de bons et de mauvais capitalistes. Certains prennent des initiatives insensées, et d’autres y souscrivent, souvent même en sachant qu’elles sont insensées. Ils feraient tout pour ne pas manquer le train de l’illusoire enrichissement perpétuel ! Le drame est que des non-capitalistes se fassent régulièrement prendre, y compris idéologiquement, quand on leur fait miroiter sous les yeux la possibilité d’une « moralisation » du système, alors que le propre de celui-ci est de ne pouvoir être moralisé. Le fait que les crises les plus brutales (dépressions généralisées) ne se produisent qu’après un intervalle d’une ou deux générations ne change rien à l’affaire. Mais cette intermittence sert à faire oublier le désastre précédent et la réalité profonde : la CONSTANTE reste la même et se rappelle périodiquement et irrépressiblement à notre souvenir.

              • the cat
                the cat répond à Jaycib
                étudiant
                • Posté à 18h42 le 23/12/2008
                • Internaute 54940
                  étudiant

                Oui, encore une fois je partage votre opinion.
                En attendant, il est toujours utile de savoir pourquoi et comment un phénomène s’est créé, afin de pouvoir l’éviter ou le maîtriser par la suite. Bien sûr, l’économie est cyclique (comme dirait Kondratieff), les périodes de récession succédant aux périodes de croissance, mais il serait tout de même fataliste de se servir de ce constat pour relativiser les facteurs.
                Par exemple, les leçons tirées de l’analyse de la crise de 1929 ou de celle plus récente du Japon ont servi aux gouvernements actuels (surtout aux E-U), qui ont agi de manière instantanée et forte dès les premiers symptômes de la crise.
                Cependant, et c’est là où je vous rejoins, ce n’est plus de petites réformes dont on a besoin, mais bien d’un nouveau système, tournant le dos à l’individualisme et la cupidité du capitalisme moderne. Mais qui en est capable ? Comment ? Dans combien de temps ? Le chantier à venir apparaît immense.

                • Jaycib
                  Jaycib répond à the cat
                  Désagrégé de l'Université
                  • Posté à 09h42 le 24/12/2008
                  • Internaute 37053
                    Désagrégé de l'Université

                  Si tu parles de « technique », c’est à dire du savoir nécessaire des gestionnaires et des politiques, entièrement d’accord – nous aurons toujours besoin d’elle.

                  Il me paraît aventureux de qualifier d’« instantanée et forte » l’action des gouvernements actuels. Nous aurons sans doute amplement l’occasion d’en reparler, puisque de nouveaux plans de relance sont en gestation et que les banques, ne tenant pas leur part du contrat, sont attaquées une peu partout par les politiques, notamment aux USA, où elles ont reçu le soutien le plus marqué.

                  • the cat
                    the cat répond à Jaycib
                    étudiant
                    • Posté à 12h56 le 24/12/2008
                    • Internaute 54940
                      étudiant

                    Je pense que l’on peut objectivement qualifier un plan de relance de plus de 1000 milliards de dollars de « fort », c’est quand même du jamais vu. Même en Europe où l’effort des Etats a été relativement plus faible, les sommes de capitaux avancés sont faramineuses. Mais je n’ai pas dit que ces plans étaient réfléchis et efficaces. C’est une autre question dont on doit attendre avant de pouvoir y répondre sérieusement.

        6 autres commentaires
      • Marie-Sophie Keller
        Marie-Sophie Keller répond à zeefrog
        Ex-Rue89 mais toujours fan
        • Posté à 22h16 le 21/12/2008
        • Internaute 26936
          Ex-Rue89 mais toujours fan

        Merci pour le lien vers cette vidéo. Je l’ai mise en zapnet pour que plus de monde en profite !

         
        • bob_
          bob_ répond à Marie-Sophie Keller
          travailleur indépendant
          • Posté à 23h56 le 21/12/2008
          • Internaute 62884
            travailleur indépendant

          En octobre, cette vidéo est déjà passé par ici :

          Lien

          • Marie-Sophie Keller
            Marie-Sophie Keller répond à bob_
            Ex-Rue89 mais toujours fan
            • Posté à 13h52 le 22/12/2008
            • Internaute 26936
              Ex-Rue89 mais toujours fan

            oups, effectivement, ce n’est pas très judicieux, j’avais raté cet épisode : -) Nous avons dépublié. Merci pour votre vigilance.

        • tangi
          tangi répond à Marie-Sophie Keller
          perplexe
          • Posté à 09h50 le 22/12/2008
          • Internaute 49400
            perplexe

          Selon l’article même de rue89 cette vidéo pose quelques petits problèmes... Êtes vous sur de vouloir la mettre en avant sur votre site ?

        3 autres commentaires
      • pablico
        pablico répond à zeefrog
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 23h57 le 21/12/2008
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        si l’on réfléchi, et en regardant nos cas personnels, le fait d’emprunter souvent pour une maison, fait de vous un prisonnier.

        car vous être prisonnier de rembourser, et si vous voulez rembourser, vous êtes prisonnier de votre travail, de votre patron, vos ambitions seront rognées, voir endormies, vous ne prendrez plus de risques, vous essayez de voter de façon à ce que cela ne gène pas ce processus etc.
        .
        vous vous êtes enfermé vous-même..vous avez vendu une certaine liberté. Cela pendant 15 ou 20 ans.

        le crédit est donc un moyen de paix sociale. Un moyen détourné, mais un moyen comme même

         
        • Houvaton nouveau compte
          • Posté à 11h37 le 22/12/2008
          • Internaute 39856

          Entièrement d’accord mais cela ne débouche pas sur la paix sociale, bien au contraire, mais sur l’injustice sociale.
          Les citoyens qui ont choisis la décroissance volontaire se font court-circuités par tous ceux qui achètent à crédit.
          Un rapide calcul permet de déterminer qu’en équi-répartition absolue, si on divise la superficie globale des terres arables en France par le nombre de ménages, on s’aperçoit alors que chaque famille pourrait disposer de deux à quatre hectares. Plus qu’il n’en faut pour être heureux, surtout si on se base sur une économie locale et solidaire, décroissance voulue, souhaitée même, et autonomie sur le plan énergétique.
          Bien évidemment je n’ai jamais entendu les communistes ou les verts à ce sujet. Tout simplement parce que personne est « à gauche » en réalité. Chacun défend son petit bout de gras. Trop nombreux « à gauche » sont déjà les possédants ! Les terres françaises appartiennent soit à l’Etat (terrains militaires, grands domaines pour les chasses privées présidentielles), soit aux grandes exploitations agricoles de cultures intensives bourrées de pesticides, aux petites propriétés privées, maisons secondaires, etc …
          Avec le système pervers de l’achat à crédit d’un bien de première nécessité qui est de se loger pour vivre (et non travailler et vivre pour se loger) les banquiers et tous les gouvernements court-circuitent la révolte sociale car elle déboucherait alors sur une vraie paix et une vraie justice sociale.

        1 autres commentaires
      • badoO
        badoO répond à zeefrog
        par là
        • Posté à 15h29 le 22/12/2008
        • Internaute 62523
          par là

        Une autre video ici :
        Parce que présenter ses voeux est aujourd’hui tout autant de rigueur que la crise... Le FMI et la Banque Mondiale en profitent pour nous adresser les leurs en chanson !

        Lien

        Lien

    • zeefrog
      zeefrog répond à pablico
      Indy-V-duality
      • Posté à 18h53 le 21/12/2008
      • Internaute 63254
        Indy-V-duality

      voila

    • yoruk
      yoruk répond à pablico
      au fil de l'eau
      • Posté à 07h36 le 22/12/2008
      • Internaute 57383
        au fil de l'eau

      Nous sommes ’la crise’…
      Pas la peine de chercher de boucs émissaires…
      C’est notre fainéantise et notre manque d’esprit critique, qui a permis le développement de schémas économiques égoïstes et individuels…
      Pétrole… Pile électrique… Pile à hydrogène …
      Autant de visions individuelles…
      La seule évolution profitable s’appelle transport en commun …
      C’est valable pour les bagnoles, comme pour tout le reste…
      Il y a du boulot pour une génération là…

  • Éric  Perrin
    Éric Perrin
    Ginkonaute
    • Posté à 19h13 le 21/12/2008
    • Internaute 51185
      Ginkonaute

    « Et au pire, nous entrerons dans une longue et terrible phase de chaos ». Pouquoi, ce n’est pas déjà le cas ? Désastre écologique, famines, guerres,inégalités croissantes...... La crise économique n’est que l’arbre qui cache la forèt d’un système qui n’a jamais fonctionné que pour une petite partie de l’humanité. D’autres alternatives existent mais elles ne font pas l’unanimité. Donc résistons, agissons, inventons, décroissons. Au boulot, qu’on se le dise !

  • the cat
    the cat
    étudiant
    • Posté à 19h35 le 21/12/2008
    • Internaute 54940
      étudiant

    Cette deuxième partie est extrêmement intéressante, encore plus pertinente que la première.
    Attention toutefois à ne pas qualifier les yeux fermés l’élection d’Obama comme un retour de la gauche. Le parti démocrate ne représente pas la gauche telle qu’on en a l’idée. Je qualifierais plutôt la politique d’Obama, et je l’espère, de politique plus sociale, plus ouverte, plus écologique, et surtout plus intelligente que celle de Bush. Pour ce qui est de la France, la gauche, qui bénéficie pourtant d’un espace immense avec la « politique » de Sarkozy faisant quasiment l’unanimité contre elle, préfère s’autodétruire grâce à ses égos surdimensionnés au lieu de s’opposer au gouvernement et de proposer un véritable projet alternatif.
    C’est d’ailleurs sûrement par cet individualisme que la gauche perd la plupart de ses combats face à la droite libérale. Je pense qu’à droite la perspective de gros profits permet de dépasser cet individualisme. Sarkozy veut être Président ? Pas la peine de s’y opposer, il nous fera de toute façon des tonnes de cadeaux.
    Bien que n’étant pas de nature pessimiste, ma vision de notre monde devient de plus en plus malthusienne. Tous les pouvoirs ou presque influençant l’évolution de notre monde sont occupés par des individus ne pensant qu’à leur profit, sans aucune considération pour la partie non négligeable de la population qui souffre au quotidien.
    C’est donc à nous, simples citoyens, d’instituer le changement par la base, au niveau local, en changeant nos habitudes et en se mobilisant sans arrière-pensée pour ceux qui pâtissent de notre système ultra-inégalitaire. Et surtout en se servant de notre moyen d’action le plus efficace, le vote.

  • vol19
    • Posté à 23h43 le 21/12/2008
    • Internaute 13492

    Sur la question renouvellée du rapport entre l’individu et le collectif qui est posé dans l’article, je me pose les questions suivantes.

    Il me semble que l’ordre des Lumières posait comme postulat la pre-existance de l’individu à la société. Le contrat Républicain étant un contrat entre Individus garanti par l’Etat. Une place sociale est construite pour l’Individu par le « Travail »... Une vision d’ailleurs qui s’est construite à la même époque que « la richesse des nations » d’Adam Smith. Ce modèle s’est peu à peu élaboré en contrepied du modèle social de l’aristocratie plus déterministe, communautaire.
    L’ordre des Lumières présupposait également que l’homme pouvait dominer la Nature par la Raison. Notre idéologie individualiste s’inscrit donc dans tout un ensemble... culturel, économique... L’ éthique du dur labeur/comme promesse de reconnaissance est par ailleurs est partie en brèche à la fin de nos trentes glorieuses. Que reste t-il aujourd’hui de ce modèle des Lumières et de celui d’avant dans notre notion d’individu ?

    Chritopher Lasch a bien noté à la fin des années 70, la naissance d’un individualisme narcissique, créé ou produit par un capitalisme toujours en transformation, et qui a fort bien su capter la libido de l’individu,et transformer le sujet en objet sous dépendance. Une maladie bien difficile à traiter à ce que l’on dit, créant un nouvel individu au moi flottant, dit « sans limites », dit « connectionniste », aux relations liquides, éphémères, autour de la jouissance. (cf travaux Z Baumann, DR Dufour...) On a même évoqué le« nomadisme » géographique, aboutissement du modèle au moi « flottant »...

    Depuis longtemps, l’émergence d’un nouveau paradigme de la coopération est proposé comme moyen de survie pour l’humanité, ce qui voudrait dire capacité d’autonomie(donc de structuration) et d’interrelation avec autrui.

    Certains psychologues sociaux posent que l’individu absolu est une fiction, une utopie impossible. Celui-ci reprend toujours au moins sur un plan subjectif des appartenances groupales, des insertions dans des réseaux ou mailles.

    Notre « société » est comme jamais un ensemble composite, hétérogène, avec des liens objectifs, subjectifs, complexes, longs et courts dans lesquels internet, l’espace territorial, entre autres bien d’autres choses, jouent un rôle.Un espace subjectif, intersubjectif commun est nécessaire pour contruire un vivre ensemble en commun.
    ->Qu’est ce qui en tant qu’institution, dispositif, construit idéologique fera (ou sera admis) un jour comme lien ? Et sur quel espace social ? ... pour recréer, du cadre, du lien, du « partagé ensemble » ? Quelquechose qui ne soit pas un « imaginaire leurrant » ni de la « fusion » mais quelquechose de structuré ? Est-ce possible ? Qui sera le Tiers ?

    • yoruk
      yoruk répond à vol19
      au fil de l'eau
      • Posté à 08h14 le 22/12/2008
      • Internaute 57383
        au fil de l'eau

      « construire un vivre ensemble en commun. »

      Je crois que tout est là...
      Tout viendra de notre aptitude à nous remettre en cause...
      De notre aptitude à générer une nouvelle vision d’avenir...
      Sans cette vision d’avenir...
      Aucun espoir...
      Internet de ce point de vue est porteur d’espoir, par sa facilité de partage des infos. Encore faut il garder l’esprit critique. Ce flux d’infos et cette masse de connaissances déboucheront sur des modifications fondamentales de notre société.
      Cà me rappelle ce que j’appelle le paradoxe des Amériques :

      Ce n’est pas Christophe Colomb qui a découvert les Amériques, c’est Gutenberg… Les moines irlandais et les viking l’avaient découvert bien avant. Mais c« est l’imprimerie qui a permis sa diffusion.

      Nous sommes à l“aube d’une nouvelle ère
      Y a plus qu’à faire…

      • Houvaton nouveau compte
        • Posté à 12h02 le 22/12/2008
        • Internaute 39856

        Internet de ce point de vue est porteur d’espoir, par sa facilité de partage des infos. A condition que des pans entiers de connaissances qui jusque là échappaient aux gouvernants ne soient pas censurés. Sur Youtube plusieurs vidéos, dont une qui allait dépasser les 10 millions de vues, ont été supprimées le 19 décembre dernier (il y a trois jours) ... Un pan entier d’infos capitales qui circulaient sur la toile a brusquement disparu.
        Quant aux « Amériques » elles furent découvertes par l’homme bien avant les vikings. Vous connaissez les civilisations mayas, aztèques etc ... ?
        Cela dit, je pense qu’internet est aussi important que l’ère Gutemberg et ouvre une nouvelle ère. Mais la révolution de l’écriture grâce aux livres imprimés (multipliant ainsi les moyens de diffusion) n’empêcha pas non plus la censure et les autodafés.
        J’en reviens une fois de plus à l’exigence de la démocratie directe constitutionnellement établie afin de pouvoir lutter contre la censure des gouvernements de fausses « démocraties ».

  • Corsaire du Peuple et de la Raison
    Corsaire du Peuple et de la Raison
    il parait qu'il faut penser (...)
    • Posté à 07h54 le 22/12/2008
    • Internaute 46482
      il parait qu'il faut penser (...)

    Le Retour des valeurs collectives ne peut se faire qu’à travers un interventionnisme étatique qu’il ne peut pas toujours se permettre (ex faire des lois pour des voitures plus écolos donc plus chères ne va profiter qu’aux riches)
    Pour le retour de la gauche, nous avons un système auquel la droite dit « oui » et auquel la gauche dit « non » mais il n’y a qu’une manière de dire « oui » et des millions de dire « non » la gauche reflète bien ce pluralisme dont est exempt la droite et qui dans notre système est un handicap dans le processus d’élection.
    Pour la transfomation des modèles yes we can peut-être à condition que les gens ne soient pas terrorisés par le révisionnisme ce qui est le cas actuellement compte tenu du mercantile alarmise des médias populaires !

  • chemineau paul
    chemineau paul
    citoyen du monde
    • Posté à 11h09 le 22/12/2008
    • Internaute 59858
      citoyen du monde

    S’il est relativement facile de constater que le néolibéralmisme prôné par la droite et toute une partie de la gauche a causé et cause de nombreux dégâts sociaux dans nos sociétés dites « civilisées », il ne faut pas oublier qu’il avait déjà ruiné les pays dits « sous développes » dans une infifférence quasi unanime.
    Mais bien avant que le système dit « capitaliste » ne soit délibérément tourné vers l’anthropophagie économique, les problèmes des déquilibres sociaux n’existaient-ils pas ?
    En fait n’est ce pas l’homme le plus grand prédateur de l’homme ?
    La nature humaine n’est-elle pas égoîste plutôt que généreuse ?
    Les religions n’ont-elles pas été les premières politiques pour maîtriser cette déraison naturelle ?
    L’homme supporte les règles tant qu’elles lui sont profitables mais les détournent dès qu’elles lui coûtent.
    En encourageant la mercandisation à outrance et sans frontières, la « compétitivité économique » le néolibéralisme capitaliste s’est appuyé sur cette tendance historique de l’homme de « vaincre
    ou d’être vaincu ».
    Si l’on veut changer la société, c’est sans doute sur d’autres valeurs naturelles qu’il faudra s’appuyer telles que « ensemble nous sommes plus forts ».
    L’une des premières propositions qui pourrait être utopiquement recevable serait de mieux limiter les extrêmes pour faciliter le partage.
    Je pense en partiiculier aux fortunes et aux revenus. Les plus riches ne pourraient par exemple pas l’être X fois plus que les plus pauvres, les plus gros revenus ne pourraient pas excéder X fois les plus faibles.
    En mettant des limites raisonables, cela permettrait une réelle ascension sociale aux plus méritants et/ou ambitieux tout en obligeant à un meilleure répartition.

  • nayko
    nayko
    Troubadour urbain
    • Posté à 14h17 le 22/12/2008
    • Internaute 14789
      Troubadour urbain

    Un grand combat idéologique s’annonce en ce début de 21eme siècle. Et la grande bourgeoisie capitaliste va tout faire pour ficeler ce débat. Même si internet représente un formidable vecteur d’expression, n’oublions pas que la majorité de la planète n’y a pas accès et que la télévision reste le vecteur numéro un de l’information dans le monde. Il va donc falloir un gros travail de terrain pour faire cheminer des idées nouvelles. Je pense qu’il y a 4 (r)évolutions primordiales pour l’humanité :
    - Définir l’idée de « bien commun », entrainant une nécessaire solidarité pour le préserver et le partager.
    - Inventer la démocratie participative, directe et locale, afin que tous citoyens puissent participer au débat.
    - Remettre totalement en question la place et la valeur du travail
    - Redéfinir l’idée de nation et de frontière, alors qu’aujourd’hui, les armes, l’argent, les marchandises circulent quasi librement, les hommes sont « prisonnier » de cette notion, qui divise et tue.

    Au boulot ;)
    Paz

  • Valentini
    Valentini
    distributeur d'imprimés
    • Posté à 14h47 le 22/12/2008
    • Internaute 60646
      distributeur d'imprimés

    Et au pire, nous entrerons dans une longue et terrible phase de chaos.

    Nous laissons le soin à chacun d’imaginer ou d’inventer le contenu social de ce dernier mot qui rivalise en grandeur avec l’idée de concept puisqu’il est logiquement en sa puissance d’avaler le monde en un clin d’oeil.
    Pour le reste, il y a longtemps que vous êtes intellectuellement KO, monsieur Wieviorka !
    Sinon vous n’opposeriez pas un « capitalisme débridé » à un autre encadré. Vous sauriez également que le libéralisme comme son nom l’indique est un étatisme et non un assemblage d’idées libérales et que par conséquent la crise actuelle est aussi le produit de l’interventionnisme d’état. Retour du politique, quelle énorme vessie ! Servir l’état et le capitalisme ou prendre parti contre l’un et l’autre, voilà l’alternative.

  • badoO
    badoO
    par là
    • Posté à 15h27 le 22/12/2008
    • Internaute 62523
      par là

    Parce que présenter ses voeux est aujourd’hui tout autant de rigueur que la crise... Le FMI et la Banque Mondiale en profitent pour nous adresser les leurs !

    Lien

    Lien

  • sitoihien
    • Posté à 20h44 le 22/12/2008
    • Internaute 21237

    L’individualisme est inséparable du matérialisme. Quelle est la différence entre le matérialisme et l’individualisme de droite et le matérialisme et l’individualisme de gauche ? ? ? . Matérialisme et individualisme qui entrainent l’économisme, le productivisme, le consommationnisme, de droite et de gauche qui nourrissent la croissance de droite et de gauche.

    Pour le retour du politique il faut un nouveau projet politique et pour cela il faut sortir des sentiers battus par la droite et la gauche comme la croissance, le matérialisme , l’individualisme ...etc

    Sur internet pour le moment le meilleur « nouveau projet politique » c’est « la décroissance ».

Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.