Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Bégaudeau et le pied de nez de Florence Aubenas à l'Histoire

Publié le 26/08/2007 à 15h00

Se mesurant à un fait politique encore chaud (la détention de Florence Aubenas et la conférence de presse de l’ex-otage à son retour), le nouveau roman de François Bégaudeau, « Fin de l’histoire » provoque actuellement des débats hauts en couleur. Notre Cabinet de lecture a aimé.


Après les cours, c’est étude d’Histoire et de sens chez Bégaudeau. Un an après un roman sur l’école d’aujourd’hui qui l’a consacré ( » Entre les murs » obtint prix et reconnaissance ; le tournage de l’adaptation cinématographique, signée Laurent Cantet, vient de s’achever), l’ancien chanteur des Zabriskie Point, devenu professeur et romancier, revient à la veine de son premier roman ( » Jouer juste » , 2004).

A savoir un puissant travail métaphorique, l’obsession de fabriquer une syntaxe rythmique qui réunirait concret et abstrait dans la même langue. Qui, ce faisant, devient chez lui physique et intellectuelle. Bégaudeau relie toujours une chose et son contexte, un homme et l’Histoire dont il est issu.

Fort d’une langue à même de rendre le réel aussi bien que l’intellect, notre homme s’est de nouveau mesuré à un personnage réel : après le chanteur des Rolling Stones en 2005 ( » Un démocrate, Mick Jagger 1960-1969 » ), Florence Aubenas en 2007. Le romancier avait vu en direct la conférence de presse que la journaliste avait donné dans les locaux de Libération à son retour, le 14 juin 2005. Les deux se sont croisés plus tard sur un plateau radio, l’auteur lui a alors parlé de son roman.

Florence Aubenas, considérant que le moment de sa détention constituait un fait politique ne touchant pas la sphère privée, n’a pas refusé. Le romancier considérant que la conférence de presse, télévisée, était plus publique encore, un romancier pouvait se l’accaparer et en tirer matière romanesque. Comme elle le dit dans Le Nouvel Observateur (où elle travaille aujourd’hui), elle n’a à ce jour pas lu le livre (lire ci-dessous).

Cette conférence de presse refermait une parenthèse politico-historique qui avait –à juste titre- remué la France cinq mois durant. La détention de Florence Aubenas et de Hussein Hanoun, émaillée de phénomènes diplomatiques, confessionnels, terroristes, géopolitiques, se concluait par une conférence où l’ex-otage avait étonnée par son sourire, son humour et son énergie.

C’est l’espace entre le drame géopolitique de sa détention et la légèreté apparente de la femme de retour en France qui a ému Bégaudeau. Qui est, donc, un auteur dont le travail consiste à relier entre elles des choses qui sont à priori de domaines différents. Les deux se liant, puis se dilatant réciproquement, offrant une perspective nouvelle. Un nouveau sens. Quand on sait qu’il est aussi un écrivain politique, cet événement devenait pour une lui une histoire. De Florence Aubenas, il a fait LA Femme. Et son histoire est devenue l’Histoire. (Voir la vidéo.)


« La fin de l’histoire » est un hommage à la Femme. Plus exactement, un hommage aux révolutions que les femmes, dans l’histoire, ont su provoqué (féminisme, etc), et dont l’apparent détachement de l’ancienne détenue est un rappel : elle semble revenir comme en vainqueur de cette épreuve. Pour Bégaudeau, c’est ici « la preuve tangible et physique que la seule révolution possible, la permanente, la durable » est en activée par les femmes. Qu’ » elles ont gagné » . Et que grâce à elles, « nous avons gagné » .

Mais « Fin de l’histoire » est surtout, précisément, un moment d’Histoire. A l’époque où nos chaînes d’info continue diffusent en live des moments historiques, l’entreprise de Bégaudeau est d’inventer pour le roman une écriture qui rendrait l’historicité palpable durant la lecture –d’une traite- du livre. L’écrit étant à la base le langage de l’Histoire, se dit Bégaudeau dans le livre, cela doit bien être possible.

Sauf qu’il tombe sur un moment d’Histoire que l’ex-otage rend... à l’oral et à l’image ! Par son sourire, par ses ellipses, mais surtout par ses digressions, elle suspend le temps avec son oralité. Et dédramatise l’événement. Ou l’inverse. Mais voilà : Bégaudeau écrit aussi par ellipses et par digressions. Sa langue pouvait ainsi parfaitement capter ce moment, et le rendre littéraire en parvenant, Graal de nombre de romanciers, à faire rentre l’oral dans l’écrit. (Voir la vidéo.)


Bégaudeau transforme ici un moment (la conférence de presse, donc) en mouvement (mixant les réflexions sur l’homme et la femme, l’Histoire et l’instant, le courage et l’héroïsme). Une entreprise qui doit autant à la tradition du roman français qu’aux réflexions cinématographiques de Serge Daney. La fin de l’histoire prouve que le roman peut rivaliser avec la télévision, tout en se nourrissant de cette tâche pour hausser le niveau de littérature dans l’inconscient collectif du XXIe siècle.

Toute réussite a aussi un écueil. Le lecteur fidèle du romancier avait déjà pu observer une certaine posture maniérée chez lui. Une façon provocante de faire dans l’overdose de digressions, d’adjectifs parfois inutiles, de construire un langage qui parfois se regarde prendre du volume. D’une certaine façon, Bégaudeau se regarde parfois écrire. Mais on doit à la justesse des choses de dire que même cette préciosité, qui semble comme des séquelles du Nouveau Roman, entre en écho avec une époque elle-même faite de saturation des sens et des signifiants.

Un auteur doit savoir énerver son lecteur pour le tenir. C’est parfois too much, certes, mais cet auteur parvient à s’effacer derrière son sujet. Bégaudeau jamais ne fait dans l’irrespect. (Voir la vidéo.)


« Fin de l’histoire » touche à son but aussi parce que son auteur est un fervent défenseur de la présence du réel dans le roman. Cette question mobilise de nombreux auteurs de la génération trentenaire (celle de Bégaudeau), et on en voit le résultat en cette rentrée. Bégaudeau est un type qui ne va pas que dans les salons, il va aussi sur le terrain, comme le prouve un ouvrage écrit avec Oliver Rohe et Arno Bertina paru au printemps ( » Une année en France – Référendum, banlieues, CPE » , Eds Gallimard). François Bégaudeau est aussi professeur : raison de plus pour finir en lui demandant son avis sur « la France d’après » vue de l’école. (Voir la vidéo.)


Florence Aubenas : « Il n’y a pas de copyright du malheur ». Dans le Nouvel Observateur de cette semaine, Florence Aubenas écrit notamment, à propos de la sortie de ce roman :

« On a assez accaparé le monde, Hussein et moi, avec notre enlèvement, nos photos sur le fronton des mairies, le décompte de nos jours de détention à la télévision, les concerts de soutien ou les rassemblements sur les places -bref, tout ce qui fait que nous sommes aujourd’hui paisiblement en France à commenter la rentrée littéraire- pour considérer que cette histoire appartient à tous ceux qui l’ont vécue, et pas seulement à nous deux.

“Nous étions là-bas, vous étiez ici, mais c’est la même aventure que nous avons partagée, chacun où nous pouvions et comme nous le pouvions. Il n’y a pas de copyright du malheur, de larmes autorisées et d’autres qui ne le seraient pas, de comité de lecture qui viendrait remplacer les comités de soutien. François Bégaudeau a été assez gentil pour ne jamais rien me demander d’autre que cette fameuse décharge. Son livre, il l’a porté seul, tout seul, et il a bien raison. Aujourd’hui, Hussein et moi, nous sommes libres. François Bégaudeau aussi. Je n’ai plus qu’à ouvrir son livre.”

► L’article de Florence Aubenas dans le Nouvel Observateur.

Précisons, par souci de transparence, que Florence est amie et actionnaire de Rue89.

Fin de l’Histoire de François Bégaudeau – éd. Verticales - 137p., 12.50€.

Vidéo : Ophélie Neiman.

A lire :
Le réel, personnage principal de la rentrée littéraire
L’analyse d’Hubert Artus sur son blog Cabinet de lecture.

  • 18423 visites
  • 33 réactions
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  • Anonyme

    très intéressant, merci.
    Merci aussi pour le « disclosure ». Reste plus qu’à ce que vous légendiez vos photos...

    keep up the good work

    • Pierre Haski
      Pierre Haski
      Cofondateur Rue89
      • Posté à 17h46 le 26/08/2007
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      Il ne s’agit pas de photos, mais de vidéos, dont le crédit figure au pied de l’article : Ophélie Neiman. Pour les photos, le crédit est toujours présent en passant la souris sur la photo : la légende et le crédit apparaissent alors... Magique, non ?

      • Anonyme répond à Pierre Haski

        Merci pour la réponse. Je parlais bien des photos. Pour info, la magie n’opère pas pour mon Firefox (version 2.0.0.6 sur MAC OS X dernière version).

    • Anonyme

      Voilà de la bonne lecture ! Et bravo à Florence Aubenas qui rend hommage à la Femme, la vraie, loin des conneries écrites par des salonardes parisiennes qui n’ont pour horizon que les boutiques de luxe et les luttes stériles pour savoir ( et malheureusement raconter) si elles sont ou non à égalité avec les hommes. Bien des livres censés défendre les droits des femmes sont écrits dans des bureux feutrés et aucune de ces auteur(e)s n’a dépassé une frontière pour autre chose que faire du shopping. Merci Florence d’avoir remis l’action féminine dans le contexte qu’elle mérite.

  • bzzz
    • Posté à 16h07 le 26/08/2007
    • Internaute 15320

    Très intéressant notamment sur les différents niveaux historiques. Et pertinent sur l’impact de la conf de presse et la nécessité d’écrire dessus. Donne envie de lire le livre, ce qui n’a l’air de rien mais n’est pas toujours évident.
    Et donne aussi envie de garder un œil sur rue 89.

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à bzzz
      Rue89
      • Posté à 23h50 le 26/08/2007
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

       Merci ! Oui, gardez l’oeil !

  • Anonyme

    Votre article est très intéressant Hubert - merci-, mais incomplet : dans la dernière video, François Bégaudeau évoque la question de l’Education nationale et de la sélection des héritiers. En plus de la fin de l’histoire, je voudrais bien me procurer pareillement le bouquin qu’il a écrit à ce sujet : où sont les références ?

    • Hubert Artus
      Hubert Artus
      Rue89
      • Posté à 18h31 le 26/08/2007
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      Merci pour votre appréciation. L’ouvrage « Une année en France », co-écrit par trois auteurs dont Bégaudeau, est bien cité dans mon article. Il a été publié en mars dernier par les Eds Gallimard. Bonnes lectures !

      • Anonyme répond à Hubert Artus

        Oups, mes plus plates excuses. Je vais donc devoir me procurer une paire de lunettes.
        (Désolé pour ce diagnostic « à l’oeil » |-)

  • Anonyme

    Ce type n’a rien à dire, ni dans aucun de ses livres ni dans aucun de ses articles aux Cahiers. C’est le vide complet. Sans doute ce qui doit attirer autant de monde vers lui. On cherche.

    • Anonyme

      Si c’est du vide, j’aime vraiment ce vide ; si c’est du vent, quel bien fou !
      Ne cherchez pas : il n’y a que dans ce rien qu’on respire.

      • Anonyme

        faut arreter de fumer et surtout de l’ouvrir pour dire des inepties et des commentaires sans interet commme Begaudeau d’ailleurs

    • kst
      kst
      keep-smiling-through.typepad.com
      • Posté à 23h04 le 26/08/2007
      • Internaute 12032
        keep-smiling-through.typepad.com

      Cf. le récent Lien de Pierre Assouline.

      –-

      Lien

      • Anonyme répond à kst

        Merci pour le lien :
        « Un livre franchement sans intérêt, ni fait ni à faire, à partir d’une idée qui ne vaut rien. »

        (Si c’est Assouline qui le dit, c’est que le livre doit être plutôt bon.)

  • Araraquera
    • Posté à 07h33 le 27/08/2007
    • Internaute 9786

    J’aimerais tellement avoir de ses nouvelles, d’avoir si souvent vu sa photo, je le considère comme un ami.

    Je comprends qu’il désire l’anonymat après tout ce qu’il a vécu, mais vit-il toujours à Toulouse ? Est-ce qu’il s’adapte bien à la vie en France ? Et sa femme et ses enfants ?

  • Anonyme

    Bon d’accord, mais est-ce qu’une rançon a été payée pour sa libération ?

    • Anonyme

      Non, pas de rançon. Pas plus que pour les otages de Lybie. C’est contraire à la déontologie.

  • Anonyme

    François accompagnera sans doute Madame Sark sur les sentiers lumineux de la jungle colombienne, avec un chef op’, pour filmer la libération d’Ingrid Betancourt, production Lagardère. A voir sur TF 1, présenté par Renaud en gilet multi poches.

  • Anonyme

    Article nul dont on se passerait aisément, tout comme de ce genre de pseudo-écrivain. Quand va-t-on arrêter d’encenser la médiocrité, de trouver des mérites ou qualités là où il n’y a rien d’extraordinaire ?
    N’y a-t-il pas d’autres créations plus intéressantes que celle-ci a présenter ? Parce que si c’est non, nous n’avons pas fini de sombrer dans l’ennui et la mort ambiante de l’esprit.

    • Anonyme

      Oui, enfin, je m’étonne toujours de cette mode de l’autobiographie sur les forums, - cette manie de parler de soi en parlant des autres, de dire « ils » « eux » les z’autres », « cet article » pour dire... je.
      « Article nul » ? Je ne vois pas.

    • alesia75
      • Posté à 11h59 le 28/08/2007
      • Internaute 1626

      Vous ne pouvez pas étayer un peu pour dire en quoi c’est nul et en quoi c’est médiocre ?

  • teymour
    • Posté à 10h51 le 27/08/2007
    • Internaute 13687

    A noter que la conférence de presse n’a pas eu lieu dans les locaux de Libération mais au Press Club.

    Lien

  • Anonyme

    Le Courageux anonyme qui a posté à 23H34 le 26/08/2007 délire totalement !
    Ce n’est pas Florence Aubenas qui a écrit le livre, elle l’a juste inspiré.
    Juste une remarque à propos de ce livre que j’ai lu d’une traite parce que je suis passionnée par l’amie Florence, je ne le trouve donc intéressant que lorsqu’il est vraiment en rapport direct avec elle, pour le reste, les digressions de F Begaudeau sont saoûlantes à force, on reste sur sa « faim » concernant Florence !
    D’autre part, elle avait déclaré à sa libération qu’elle n’écrirait pas de livre sur sa détention parce que justement elle voulait sans doute oublier cette histoire et aussi retrouver son anonymat, alors je trouve que même si elle ne s’est pas opposée à ce que cet écrivain publie ce livre, elle a « remis » en actualité son histoire à elle (et la nôtre aussi comme elle le précise dans son communiqué) et ce n’est pas un titre comme fin de l’histoire qui fera que son histoire est finie !
    Cela dit sachez Hubert Artus que votre article est necessaire, je vous en remercie et sachez aussi que votre site rue 89 est très intéressant et je vous en remercie aussi !

    • Anonyme

      J’avais bien compris merci, c.anonyme de 11h02, mais n’ayant pas encore lu le livre, seulement me réjouissant à cette perspective, je me permettais d’émettre un commentaire sur la personne de Florence Aubenas et de ce qu’elle représente. Elle a inspiré ce livre, c’est bien ce qui importe, ce que je dis. Ce sont des femmes comme elles qui font avancer l’image et de liberté de la Femme dans tout ce qu’elle a de courageux. je l’opposais à toutes ces donneuses de leçons verbeuses qui croient défendre un certain féminisme au prétexte qu’elles parviennent à tout sans les mecs, et si elles peuvent nous rouler dessus c’est encore mieux.Du blabla parfumé.
      Bonne journée.

  • Anonyme

    CA de 9h 28 : quel rapport avec l’article, à part le mot « otage » ?

    Justement, Begaudeau ne s’est pas interessé à « l’otage Florence Aubenas », mais au récit de captivité d’une femme, surprenant, fascinant, parcequ’à l’encontre de ce qu’on en attendait.

    A l’heure de la victimisation à outrance (cf Sarkozy usant et abusant de la politique de l’émotion), l’histoire d’otage racontée par Florence Aubenas avec autant de pudeur, de dérision et de distance était remarquable.

  • Anonyme

    permettez moi de confirmer que c’est quand même de florence aubenas dont il s’agit au delà de toutes les explications non rationnelles !

  • daniel B.
    • Posté à 20h37 le 27/08/2007
    • Internaute 15272

    la vidéo, en tout cas, est un fascinant enfilage de poncifs branchouilles, jusqu’à ce sommet du genre (prétentieux) « à la limite, j’ai presque envie de dire... » La rhétorique de ce garçon est un modèle de ne rien dire. Chapeau.

  • puerta13
    • Posté à 21h19 le 27/08/2007
    • Internaute 10678

    Le BEGAUDEAU s’est fait sévèrement éreinté hier soir au « Masque... » sur France-Inter.

  • Anonyme

    François Begaudeau a un bon fond ! Je trouve que son chemin de la marge vers le centre de l’espace social qui lui est dévolu est intéressant, même s’il y perd un peu de sa spontanéïté. Pour preuve, un exemple de sa production que je privilégie et qui ne laissait que peu de place au verbiage. Le punk rock est un excellent exercice pour un écrivain.
    Lien

  • Anonyme

    merci Hubert, papier tres intéressant.

    « se concluait par une conférence où l’ex-otage avait étonnée par son sourire, son humour et son énergie. »

    je suggère « étonné »

  • Anonyme

    Pour info, la conférence de presse avait eu lieu dans les locaux du Press-club de France, et non au journal Libération.

  • Olhiver
    • Posté à 23h55 le 28/08/2007
    • Internaute 10743

    Après son roman titré « Entre les murs » (pas si mal, à mon goût, marrant mais un peu plat), j’ai entendu François Bégaudeau proposer, dans une émission de radio, et le plus sérieusement du monde, que l’on cesse d’enseigner l’usage du passé simple dans les établissements dits « difficiles », arguant du fait que les jeunes en question, de toutes façon, ne s’en serviront jamais.

    Un mea culpa du monsieur et j’accepte de lire son nouveau bouquin...

  • Anonyme

    Je remercie Bégaudeau dans son ITW de parler de Florence comment d’une femme de la generation de 68 je n’ai pas lu son livre mais je vais le faire tres vite

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