Chez Jean de Maillard

Jean de Maillard, magistrat, décrypte l'actualité judiciaire.

De Gilles de Rais aux pédophiles, la justice face au diable

Jean de Maillard
Magistrat
Publié le 28/08/2007 à 12h00

Il y a quelques années, un historien médiéviste, Jacques Chiffoleau, était l’invité sur France-Culture de l’émission de Jean-Noël Jeanneney, venu pour parler des justices inquisitoire et accusatoire, sujet alors à la mode (j’avais pu reproduire cet entretien, réalisé le 24 septembre 2001, dans la revue Panoramiques).

Au cours de la belle leçon d’interprétation de l’histoire des institutions qu’il donna ce jour-là, Jacques Chiffoleau expliqua que la procédure inquisitoire, qui est devenue le modèle de la justice française, est faite « pour sauvegarder la majesté » .

Justice moderne par rapport à la justice accusatoire, car elle repose sur un système de preuves objectives (ou qui se veulent telles) et non sur des comportements magiques ou irrationnels (ordalies, serments, duels, etc...), la fonction de la justice inquisitoire est de rechercher la vérité pour en faire la base du jugement.

Dans la procédure accusatoire, l’objectif n’est pas d’établir la vérité, mais de rétablir la paix sociale : le débat contradictoire, qui a remplacé les preuves magiques, n’est nullement une garantie d’objectivation du jugement même si sa magie est de nous le faire croire

La Vérité est en effet l’affaire du Prince, parce qu’elle objectivise le jugement. Si Dieu peut rendre sa justice sans nous mettre au courant, pauvres mortels, de ses ultimes desseins, le Prince a besoin d’une autorité qui légitime sa puissance : seule la raison (dont la vérité, celle du Prince bien entendu, est l’indispensable prémisse) lui permet de succéder à Dieu dans l’Histoire.

Gilles de Rais : plus qu’un pédophile, une menace contre la figure du roi

Bien entendu, cette « vérité » est une notion contingente : l’un des plus célèbres procès d’Inquisition fut celui de Gilles de Rais, le premier aussi à envoyer un grand de ce monde au bûcher, audace d’une modernité judiciaire que notre époque pourrait méditer. Il était accusé entre autres, en 1440, d’avoir eu commerce avec le diable, ce qu’il avait fini par avouer au même titre que ses relations pédophiles avec des garçons qu’il faisait ensuite trépasser...

Expliquant justement le sens qu’il fallait donner à ce procès historique, J. Chiffoleau le qualifiait de « procès de lèse-majesté » , alors que la mémoire collective n’a retenu que celui de pédophilie meurtrière.

L’explication, que je souhaite ne pas trahir, pouvait être comprise ainsi : la procédure inquisitoire, procédure du Prince opposée à la procédure accusatoire, procédure du Peuple, a été inventée et surtout généralisée en France pour faire prévaloir un principe de transcendance des institutions au moment où se constituait le pouvoir royal, qui deviendra la monarchie absolue, puis la nation souveraine et enfin la République une et indivisible.

Le procès de Gilles de Rais a donc eu à son époque une fonction non seulement politique, mais idéologique : derrière les accusations de sodomie, assassinat et sorcellerie, pointait aussi celle de félonie. Or ce n’est pas par hasard, affirme Jacques Chiffoleau, si ces incriminations sont liées.

Commettre des actes « contre nature » , à l’époque, c’est aller contre le Créateur et sa souveraineté, derrière laquelle se profile en réalité celle du roi en lutte contre ses grands barons. Ainsi, les crimes sexuels s’assimilent-ils à des rébellions tout à la fois contre l’ordre divin, contre l’ordre de la nature, contre l’ordre social, contre l’ordre politique, contre l’ordre humain. La quintessence du crime, en quelque sorte, preuve que même une procédure rationnelle a besoin d’un symbolisme inconscient.

Au coeur de la justice, la nation cède la place à l’individu

Les temps ont-ils donc tant changé ? Mon propos n’est pas de céder à cet exercice très à la mode qui consiste à mettre en cause la procédure inquisitoire, mais de soulever un coin du voile sur le fonctionnement de nos fantasmes collectifs, qu’aucune rationalité ne parviendra jamais à abolir.

Depuis l’exécution de Gilles de Rais, un cycle historique (au moins) s’est achevé : celui de la souveraineté politique. La notion de souveraineté, et celle de majesté qui lui est liée, sont entrées en rétrogression, sinon en régression.

Toute l’histoire politique et institutionnelle de l’Occident a été celle de la construction d’un pouvoir universel, où la raison (aidée plus récemment par la science) serait venue apporter aux hommes l’annonce d’un ordre enfin idéal.

Kant en fit la théorie, croyant qu’on pourrait assurer la paix perpétuelle entre les nations dans le respect des droits des individus catalogués sous l’appellation de droits de l’homme. On sait hélas ce qu’il est advenu de ce beau projet au XXe siècle, dont le dernier sursaut dans ce sens, il faut quand même le dire, furent les Trente Glorieuses, qui n’ont pas complètement à rougir du saut qu’elles ont fait accomplir à la cause sociale.

Depuis lors cependant, l’idée de nation a mauvaise presse, on lui préfère un cosmopolitisme bon teint qui n’a plus grand chose à voir avec celui de Kant, même s’il utilise le même vocabulaire.

Dans la mondialisation triomphante, en effet, et surtout dans la façon particulière dont l’Europe et la France la considèrent, il n’existe plus qu’un seul souverain en majesté : l’Individu, bardé des droits de l’homme comme d’une invincible cuirasse. Certes, tous les individus ne sont pas égaux devant les droits de l’homme, tant s’en faut. Mais notre ordre juridique a fait de ceux-ci sa nouvelle religion, ce qui permet au moins de savoir à qui il faut adresser ses prières, à défaut de les voir exhaussées.

La fonction « magique » remplie par les procès des pédophiles

Quoi qu’il en soit, la question à laquelle je voulais venir est la suivante : le retour des procès en sorcellerie contre les pédophiles n’a-t-il pas une fonction magique, symétrique de celle qui inspira le jugement de Gilles de Rais, pour consacrer la souveraineté et la majesté non plus du politique, mais de l’Individu, à l’acmé de la crise de l’Etat-nation ?

Cette hypothèse éclaire au moins une chose : pourquoi nous avons tant besoin de croire à l’effet cathartique d’une science ésotérique, alliée à la justice pour exorciser l’atteinte à l’ordre de l’innocence que constitue le crime pédophilique (l’innocence originelle de l’enfance incarne aujourd’hui toutes les valeurs dont les désillusions accumulées ont privé tous les autres ordres).

Quand on voit en effet l’usage qui est fait dans le débat politico-médiatique du savoir scientifique et médical, une conclusion s’impose : la science est la nouvelle alchimie, dont personne ne paraît douter qu’elle détient des secrets occultes échappant au commun des mortels, qui permet de guérir les criminels sexuels à travers l’incantation judiciaire, afin de redonner à la société humaniste dont nous rêvons sa pureté originelle.

La justice et la science, alliées dans la lutte contre le mal

Peu importe si cet extravagant programme ne peut se réaliser qu’avec le concours de la justice et en recréant une figure laïque du démon, éternel ennemi du bien : la justice et la science, unies par notre imaginaire dans un combat contre un diable caché parmi nous et qui a usurpé les traits humains, alimentent nos songes d’institutions enfin faites pour l’homme, cet être doué d’une naturelle bonté, et pour son bonheur ici-bas dont le nouveau Malin n’aspire qu’à le priver.

Nous sommes devenus trop rationnels, pensons-nous, pour croire encore au diable et au bon Dieu. Et surtout pour sacrifier aux rituels dans lesquels nos ancêtres mettaient leur espoir pour chasser le premier en mettant le second de leur côté. Est-ce vraiment si sûr ?

Dieu a changé d’apparence. Il s’est mué en la Science ou, mieux, en la Médecine. Quant aux juges et aux psychiatres, ils sont le nouveau clergé chargé d’un ministère bien ambitieux : nous garantir enfin le bonheur terrestre.

Et tant pis si nos simagrées autour des pédophiles, des récidivistes et de tous ceux qui se mettent en travers de notre chemin ne sont guère plus que des procès de sorcellerie au service de Sa nouvelle Majesté : l’Individu souverain, victime réelle ou imaginaire d’un monde toujours aussi endiablé.

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  • Anonyme

    Rien compris !

    • Anonyme

      à mon avis c’est normal.
      ça me rappelle les discours volontairement obscurs des médecins de Molière, destinés à protéger une sorte de supériorité sur la plèbe.
      si tu lis les codes, tu n’y comprends pas grand chose, tout ayant été rédigé dans un français archaïque et ampoulé, plein de circonlocutions.

      encore des diptères dont le fondement va être enflammé.

    • Anonyme

      relisez calmement ! ! !
      (je trouve ce langage plus compréhensible que celui des SMS, rien à voir avec le sujet, ok)
      MT

    • Servais-Jean
      • Posté à 04h11 le 29/08/2007
      • Internaute 4591
        43

      Lire à partir de « la fonction magique... ».
      Ce qu’il y a avant n’est qu’une mise en perspective un peu difficile, je n’ai pas eu le courage de le dépiauter.

  • Poilfar
    • Posté à 12h40 le 28/08/2007
    • Internaute 15113

    je sens comme un truc chelou dans cet article, les predateurs existent et il faut les mettre hors d’etat de nuire. Après on peut gloser sur les phantasmes.

    • Anonyme répond à Poilfar

      Pour les prédateurs (sexuels) je ne sais pas, par contre je sais qu’il existe des fous qui pourchassent des fantômes. Et que ces gens sont prêt à tout pour concrétiser leurs fantasmes, quitte à détruire la vie d’innocents.

      Outreau a été un bel exemple de procès en sorcellerie.

  • Anonyme

    Voila des questions fondamentales qui ont le mérite de nous pousser à réfléchir sur le devenir de l’humanité
    en effet la science devient aujourd’hui le Dieu d’hier. La science serait par essence bonne (puisqu’elle ne veut que notre bonheur) donc ses intentions ne pourraient être que pures ?
    l’homme n’a t il pas besoin de croire en quelque idéal pour vivre et s’approcher du bonheur ? le bonheur ne commence t il pas avec l’éradiquation de la souffrance ? une chance ce processus est déjà à l’oeuvre. les hopitaux se sont même doté d’une échelle évaluant le niveau de souffrance en vue d’une prescription d’analgésique fonction de ce dernier. A quand une électrode implantée directement dans le cerveau capable de stimuler la zone du plaisir ? comme sa adieu les états dépressifs et bonjour le « tout va bien dans le meilleur des mondes ». Meme plus besoin de matchs de foot, de tour de France, de Coupe du monde de rugby, de jeux olympiques etc.
    Médecins et experts scientifiques me semblent cependant plus être devenu le clergé moderne d’une science toute puissante que les psychiatres et les juges.
    La médecine ne promettrait elle pas l’accès à une vie éternelle si elle en avait les moyens. la recherche sur les cellules souches n’est elle pas le précurseur et la promesse d’une éternelle jeunesse ? les chercheurs ne sont ils pas les nouveaux apprentis sorciers des temps modernes. ne cherchent ils pas à percer les mystères de la vie pour mieux la comprendre et l’appréhender ? les recherches actuelles sur le cerveau ne sont elles pas dangereuses ? c’est vrai on peut toujours parer ces recherches de bonnes intentions (lutte contre des maladies neurologiques : alzheimer, sclérose en plaques, dystonie...). mais n’existe t il pas toujours un coté obscur à toute recherche (cf recherche sur l’energie nucléaire notamment) ? La recherche n’est elle pas financée de temps à autre par des fonds provenant des armées ? A moins que l’armée ne soit devenue une organisation humanitaire...

    • Anonyme

      l’hyperbole de Matrix n’est finalement pas si mauvaise que sa...
      et si le plus dur restait de vivre réellement ? et si finalement nous n’étions plus libre et que la liberté ait un coup... l’indépendance et la souffrance ?

  • Venezuela
    Venezuela
    vit aux Pays-Bas
    • Posté à 14h20 le 28/08/2007
    • Internaute 114
      vit aux Pays-Bas

    C’est en quelle langue ?

  • Anonyme

    Il ne faut pas attaquer le sabir de type SMS, c’est
    anti jeunes, c’est fascite.
    Vous savez bien qu’aujourd’hui tout se vaut.
    Un graff, un tag, c’est du De Vinci.
    Le Rap, c’est du Baudelaire.
    Le tam-tam c’est idem à Mozart.
    Une orthographe correcte c’est presque fascite.
    L’art doit être égalitaire par le bas .
    Vous savez, c’est ainsi depuis trente ans déjà.

  • Anonyme

    C’est quand même un petit peu difficile à suivre tout ça !

    Bon, je crois avoir compris que le Prince a cédé la place à l’individu Souverain (voire à l’enfant Roi).

    La Science a, quant à elle, remplacé Dieu.

    Espérant mieux comprendre ce dont vous nous parlez, j’ai pensé qu’il pouvait m’être utile de remplacer (dans une phrase où vous les faites apparaître conjointement) les mots « Dieu » et « Prince », par « Science » et « individu ».

    J’ai obtenu ce résultat :

    « La Vérité est en effet l’affaire de l’individu, parce qu’elle objectivise le jugement. Si la Science peut rendre sa justice sans nous mettre au courant, pauvres mortels, de ses ultimes desseins, l’individu a besoin d’une autorité qui légitime sa puissance : seule la raison (dont la vérité, celle de l’individu bien entendu, est l’indispensable prémisse) lui permet de succéder à la Science dans l’Histoire. »

    Bref, cette transformation n’est pas très éclairante ! !

    Bon, je reviendrai plus tard pour proposer d’autres substitutions...parce que là je n’ai plus le temps !

    Ena

    • Anonyme

      Ena, je vous envie ! Dans ce contexte (en un mot), vous fîtes un très bel effort. Transformer en jeu « belle marquise, vos beaux yeux, mourir d’amour, me font », est appréciable. Au moins cette phrase est courte et ne risque-t-on pas d’en oublier les premiers mots ou les dernières idées.

      Dans l’équation offerte où un paragraphe égale une phrase, mon esprit vagabondait... errant de dieu à la science, puis m’interrogeant sur les relations improbables qu’ils pouvaient entretenir avec la justice.
      De plus, dieu est mort... ce qui m’évite d’avoir des prières à exaucer.
      Il semble que l’auteur préfèrait les confier à un maçon puisqu’il nous dit « de savoir à qui il faut adresser ses prières, à défaut de les voir exhaussées » Ah la grandeur des ambitions !

      Mon prof de français citait souvent « l’art poétique » de Boileau :
      « ce qui se conçoit bien s’énonce clairemnt
      et les mots pour le dire arrivent aisément ».

      • Anonyme

        L’effort a été de taille en effet !
        Mon esprit comme le vôtre, a longtemps vagabondé (parfois jusqu’au déboussolage le plus complet, bref jusqu’à l’errance sans point de départ et sans espoir de retour) d’une phra...d’un paragraphe à l’autre.

        Et puis mes neurones, cathécholaminisés, glucocorticoÏdisés, m’ont (dans cette situation de stress extrème générée par la lecture d’un texte auquel je ne comprenais rien), permis de développer la réponse sans doute la plus adaptée à la situation : tout relire mot à mot, découper, recouper les informations, donner du sens (symboliser) le Réel auquel je me trouvais confronté !

        Et pour vous suivre, je crois qu’effectivement Dieu est mort, et que la question est : « Qui l’a tué ? »...
        Quelles que soient ces relations passées avec la Justice, il n’a plus rien à voir avec elle (et pour le coup, le Diable non plus...puisqu’il « n’est » que parce qu’il « n’est pas » ce que Dieu « est », il disparaît avec Lui...c’est « structural » :) : pour faire simple l’Un ne va pas sans l’Autre !)

        Le B.A.BA, le raccourci (remplacer un mot par un autre) appliqué à la lecture du texte de J. de Maillard, laisse entrevoir des failles (et ce n’est franchement rien de le dire) dans son raisonnement...jnotammant parce qu’il ne tient pas compte de la mort de Dieu !

        Mais d’un autre côté...ce qu’en disent les riverains vaut (très heureusement) le mal qu’il s’est donné à écrire ce texte.

        Et d’un autre côté, même si j’ai pu proser comme un neurolacanien, je Topifie votre référence à votre Prof de Français et à sa citation de N.Boileau :

        « Ce qui se concoit bien s’énonce clairement... »

    • janis06
      janis06
      from Nice
      • Posté à 17h33 le 28/08/2007
      • Internaute 11322
        from Nice

      Il faut remplacer le prince par autorité politique et non individu. Cet article bien qu’un peu compliqué est fort interessant et replace le crime pédophile dans un contexte historique où la religion était toute puissante. Qu’est ce qui a changé au XXIème siècle ? On ne brûle plus, on n’exhorcise plus mais on interne et on traite chimiquement. Eradiquera-t-on les crimes pédophiles ? Perso, je ne crois pas mais on voudrait le faire croire aux individus ou citoyens.
      La Société idéale n’existe pas.

      • Anonyme répond à janis06

        Ah ben oui mais non, parce que que J.de Maillard nous dit texto d’une part :

        « Ainsi, les crimes sexuels s’assimilent-ils à des rébellions tout à la fois contre l’ordre divin, contre l’ordre de la nature, contre l’ordre social, contre l’ordre politique, contre l’ordre humain. »

        ... et qu’il nous dit plus loin :

        « l’innocence originelle de l’enfance incarne aujourd’hui toutes les valeurs dont les désillusions accumulées ont privé tous les autres ordres. »

        ...

  • Anonyme

    je crois surtout que le plus important se situe dans ces deux phrases « la fonction de la justice inquisitoire est de rechercher la vérité pour en faire la base du jugement. // Dans la procédure accusatoire, l’objectif n’est pas d’établir la vérité, mais de rétablir la paix sociale ».
    Il me semble en effet que les interventions de Nicolas Sarkozy tendent vers un éventuel retour d’une justice accusatoire : la population s’émeut des crimes pédophiles et autres, donc la paix sociale est troublée, le seul moyen de la rétablir n’étant pas la recherche de la vérité (pouvant éventuellement déboucher sur un non-lieu) mais l’exclusion de la société des personnes incriminées, un retour de la procédure du peuple que l’on peut manipuler en jouant avec ses émotions.

    Nathalie

  • Anonyme

    Des prédateurs ont enfermé dans une cave peudant quatre heures deux témoins de Jéhova.
    Ils ont obligé les témoins à manger une pile de magazine « Le Réveil “ en buvant du Coca.
    Les deux victimes ont dû regarder un DVD classé X, en fumant du cannabis.
    Une dame a été violée pour sa ressemblance physique et de taille avec Mimie Mathy.
    Quels sont donc les critères de choix d’un prédateur ?
    Quel type de personnes peut aujourd’hui échapper à un prédateur ?
    Etre vieux, homme, femme, enfant, animal, pauvre, handicapé, ne suffit pas.

  • Anonyme

    Voilà un article brillant et rédigé en excellent français.
    Le problème posé est d’autant plus pertinent que la volonté du gouvernement (du président, je veux dire...) de « juger » les gens irresponsables (tels Romain Dupuy qui a commis le double assassinat des infirmières du CHP de Pau) accèlère encore plus cette déification des droits individuels au détriment d’une logique sociale.
    Par ailleurs on peut s’interroger sur cette mise en exergue permanente des victimes, cette « starification » de la douleur. Comment permet-on à ces gens de se reconstruire quand tout pousse à les labelliser à vie victime de quelqu’un ? La société actuelle est friande de tout ce pathos, impuissante qu’elle est à se passionner pour d’autres causes moins « remuantes » (au sens émotionnel) mais plus essentielles. Ça me fait penser à la Rome antique où on occupait le bon peuple avec des jeux (sanglants)... pour leur éviter de penser à autre chose.
    Audrey - Pau 64

    • Anonyme

      Ah les victimes...

      Ce qui a déclenché chez moi ma première réflexion sur ce qu’il faut faire pour les victimes, c’est une scène de l’extraordinaire « La Nuit du Chasseur ». Powell, un pervers qui a poursuivi des enfants après avoir tué leur mère, Wilma Harper, est jugé. Les Spoon, un couple d’épicemards cons et bigots (ça va de pair), ceux-là même qui avaient poussé Wilma vers Powell, voyant les enfants dans la rue, s’abattent sur eux en pleurant de toute leur compassion gluante, saluant ces « pauvres petits agneaux de Jésus ! ». Et là arrive Miss Cooper, qui les arrage aux griffes des deux grenouilles de bénitier.
      Miss Cooper est la femme qui les a recueillis dans leur fuite, qui s’en occupe, qui leur donne la sécurité qu’ils n’avaient plus depuis le remariage de leur mère.
      Et qui, si elle les écoute parler au bout de mois de présence chez elle, ne leur a jamais posé une seule question. Jamais.

      Les victimes, c’est à la mode. Pour payer de vrais siècles d’indifférence, on fonce dans l’autre sens. On encourage la plainte plaintive, on empêche les nécessaires deuils de se faire : regardez la floraison nouvelle dans les rubriques nécrologiques des « nous ne t’oublierons jamais », des « dix ans après, la douleur est la même ». On oublie que les morts ne doivent jamais empêcher les vivants de vivre. On rejoint le système américain où les familles des victimes, des dix et vingt ans après, sont conviés à la vengeance par injection léthale. Pardonner ? Jamais. Oublier ? Jamais.

      Je crois qu’il y a chez les victimophiles à la Notre Seigneur (Nicolas Sarkozy, si on préfère), un paquet de calculs :
      - Une victime, c’est quelqu’un de faible et de manipulable. Qu’elle ne se vive plus en victime, et ils perdent un bon client.
      - C’est un merveilleux emblème du combat contre les méchants, combat rendu plus facile par la Peur, peur de tout, de l’autre, du différent, de ce qui fait que les gens en sont à ne plus même mettre de nom sur leur boite aux lettres. Et les gens qui ont peur, comme les victimes, c’est tout bénef un jour d’élection.
      - C’est un excellent moyen de se prouver qu’on est quelqu’un de bien.

      Certes, il faut que ce soit une victime intéressante. Pas un petit salaud d’immigré russkof à la Yvan, tout juste bon à se payer un 16 de moyenne en classe au bout de seulement deux ans en France, rien que pour foutre la tehon à nos chers petits gaulois.

      Jean Dupont

  • Anonyme

    Pour échapper à un prédateur, l’idéal serait de résider à Monaco et de n’en point sortir.

  • Anonyme

    La principale caractéristique de la procédure inquisitoire c’est l’extraction par le personnel judiciaire par tous moyens de la denrée magique appelée « aveu », chose toujours réelle de nos jours (cft Outreau).

    Les sorciers et sorcières français étaient « jugés » selon une procédure inquisitoire et furent presque tous brûlés. Les anglais eurent beaucoup plus de chance car la sorcellerie devant être prouvée selon procédure accusatoire seulement 3% d’exécutions...Et le doute profite à l’accusé même dans le pire des cas (ex affaire OJ Simpson). C’est aussi ce système qui a favorisé le développement de la police scientifique.

    Il faudrait arrêter de croire les polys de l’ENM et que nous sommes les meilleurs du monde ! Dans un système accusatoire Outreau çà n’aurait pas pu tenir 5 minutes !

  • Anonyme

    En Belgique un prédateur écolo à été condamné à
    une forte amende et à 8 jours de prison avec sursis
    pour avoir violé trois arbres. C’est un vert qui fume du cannabis. Il a prétendu « bander pour la nature “.
    Un arbre est considéré comme adulte. Pour un arbuste la peine est plus lourde.

  • Anonyme

    Il me semble me souvenir que la justice d’Eglise au moyen âge, visait aussi, par ses peines -la prison et non la mort- (puisqu’il lui était interdit de verser le sang) le « rachat » du criminel, lui offrant la possibilité d’un retour dans la société.

    L’évolution qui apparait ces derniers temps est à l’exclusion radicale, dénuée de toute idée qu’un individu peut changer, après un crime et l’accomplissement d’une peine.
    La foi en l’humanité en prend un sérieux coup.
    C’est que cela coûte trop cher à la société, c’est cela ? Oui, décidément, la foi en l’homme prend un sérieux coup.

  • Anonyme

    et pourquoi je vous prie, dans un système accusatoire Outreau n’aurait pas tenu 5 minutes ? Les Anglais n’ont ils pas leur lot d’erreurs judciciaires ?
    Au fond, un système où un élément impartial cherche la vérité vaut il moins que celui où c’est l’avocat le plus tordu qui emporte la décision du jury ?
    En vérité la solution idéale n’existe pas ; cherchons à améliorer le nôtre plutôt que de plaquer des solutions toutes des autres faites qui n’en sont pas.
    Quand à croire que c’est la système accusatoire qui a apporté la police scientifique, c’est un peu court.

    • Anonyme

      C’est un seul homme en France, le juge d’instruction qui doit instruire à charge et à décharge, un schizophrène légal en quelque sorte, voilà notre système inquisitoire...

      En accusatoire vous devez PROUVER ce que vous reprochez au prévenu, sinon pas de poursuite enclenchée, et beaucoup moins de préventive !

  • Anonyme

    Je connais aussi des prédateurs de sarkozistes.
    Ils aiment -entre autres-, Castro, Mélanchon, les sans papiers, les palestiniens et détestent les américains. Le 11 septembre est pour eux un jour
    de Fête. Nul besoin de faire appel à la chimie pour
    tenter de les soigner. Dans une génération à peine
    , la plupart d’entre-eux sera en phase avec le Principe de réalité.
    Restera malgré tout quelques survivants comme aujourd’hui on peut voir encore un communiste
    caricatural ou un « travailleur, travailleuse “.
    Quelques ‘ il faut tout faire péter .
    C’est notre folklore. Georges Marchais me manque et
    je ne rate jamais Arlette.
    Chaque semaine, j’en vois quelques uns de ces
    vétérans dans un bistrot de quartier.
    Je crois que je les aime bien.

  • sinclair
    • Posté à 22h44 le 28/08/2007
    • Internaute 2580

    Petite perle intellectuelle et juridique que cet article mais qui le rend assez difficile a comprendre.

    Voila ce que j’en ai retire comme reflexion avec tout le parti pris que j’en ai la comprehension partielle ect mais je vois rapidement plusieurs pistes de reflexions ici

    -Justice inquisitoire et accusatoire bon c’est simple si on veut inquisitoire on recherche la verite qui est celle qui convient a celui qui est dominant hier le roi aujourd’hui l’individu. Dans les deux cas d’ailleurs c’est celui qui fait les lois directement ou par procuration. La justice accusatoire se contentant de rechercher la paix sociale et ce n’est pas rien

    D’ou toute les justices modernes sont elles dans le meme camp ou certaines sont elles ou toute un melange des deux conceptions ?

    -La verite qu’est ce que c’est ? autrefois la verite etait la parole de Dieu aujourd’hui c’est celle de la science des medecin des psychiatres des juges.

    Corollairement la verite est relative. Celle d’aujourd’hui n’est pas forcement la verite vraie comme on dit dans le midi. Et cela pose ici la qualite de verite donnee par la science la medecine les experts psychiatre. Est ce la Verite vraie ces scientifiques sont ils en capacites de l’affirmer ? voir proces Outreaux

    Reponse des faits et des scientifiques medecin et psychiatres serieux non !

    Mais alors le souverain l’individu comment va t on faire pour lui expliquer que l’on fait dans l’approximatif que l’on est pas sur, qu’il n’y a pas de reponse unique mais des hypotheses des doutes ? que l’on tatonne

    Comment le justiciable va t il prendre cela lui qui a besoin de reponses immediates, de certitudes de solutions simples et definitive ?

    Dieu ne discute pas, ses reponses sont simples, indiscutables autant que justes pour le croyant. Comment l’incroyant celui qui doute fait il pour supporter ce poids de responsabilte et d’ignorance ?

    Avec la methode accusatoire on pouvait donc aisement juger fous et animaux puiqu’il s’agissait de ramener la paix, les droits coutumiers s’y appuient donc.

    Mais les psychiatre medecins scientifique n’ont pas de verite absolue en la matiere avec la jsutice ile painent a expliquer qu’il n’ont pas le pouvoir d’exorciser les craintes ?

    Bien des sujets de reflexions sans trop de reponse et pourtant ?

    Voila comment j’ai peut etre partiellement compris l’article de M Jean de Maillard

    Qu’en pensez vous ? dur a avaler ? inquisitoire ou accusatoire

    • Anonyme répond à sinclair

      J’ai (je crois) compris comme vous, que notre justice était devenue, si l’on suit le raisonnement de J.de Maillard un sacré mix des deux : inquisitoire ET accusatoire !

      Le problème, le buzz, dans le raisonnement de De Maillard, c’est qu’il pense que la Science à remplacé Dieu..et ça ne tient pas la route, c’est ne pas la Science qui à remplacé Dieu...elle s’est juste faite « avocat du Diable », et a si bien fait son job, qu’elle à supprimé Dieu (et enterré dans la foulée, son pendant négatif) !

      La science a tué Dieu,mais ce n’est pas elle qui en à hérité et qui a pris sa place...

  • Anonyme

    Système accusatoire ou système inquisitoire...
    Quand un « égaré “ est placé en détention provisoire, ça ne change rien.
    Ajoutez arrestation au travail,la
    suspension des permis de visite pour les proches qui vous pense innocent, la promiscuïté désespérante. Tout ça après 48 heures de garde à vue avec temps de repos sur une planche de 30 cm de large, ou la dalle de ciment.
    Jambon-beurre ou jambon-fromage ou jambon pâté.
    Un innocent n’a sans doute pas envie de manger.
    Un innocent pour pédophilie encore moins.
    Chez les gendarmes, c’est propre avec matelas en mousse et nourriture militaire destinée aux gendarmes. Placé en détention provisoire le
    mandat de dépôt de type criminel est renouvelable
    chaque année. Votre nom circule dans les médias,
    le juge hésite pour signer une mise en liberté provisoire. Le Procureur peut faire appel de cette
    mise en liberté.
    Liberté de retourner chez vous au risque dans
    certains cas d’être lynché ?
    Liberté sous condition de résider hors du département ? Comment ?
    Dans un foyer au RMI ?
    Le citoyen tranquille risque peu d’être accusé d’un braquage ou d’un cambriolage.
    C’est le plus souvent pour délits ou crimes
    de type sexuels.

  • Anonyme

    En somme, le Sacré (le Pouvoir) s’est successivement déplacé du Roi à l’Individu en passant par l’Etat-Nation et aujourd’hui s’incarne dans la figure de l’Enfant. Et alors, Science et Justice forment à présent le « nouveau clergé » gardien de son « bonheur ». L’Enfant étant la quintessence de l’Homme.

    Proposition certes intéressante pour « soulever un coin du voile sur le fonctionnement de nos fantasmes collectifs [] ».

    Il y a cependant dans le mouvement général de cette idée des points discutables :
    1 - La Raison, en ce qu’elle est prise dans son acception hégélienne de (sens) l’Histoire, dont on a pu lire les ultimes développements chez Fukuyama et sa fameuse « Fin de l’Histoire ». Dans l’écoulement du Temps et son contenu, on peut également pencher plutôt pour un Sacré aussi dynamique dans son déplacement que les investissements fantasmatiques. En somme inscrire les évènements dans un Temps sans eschatologie judéo-chrétienne.

    2-L’Etat-Nation est une invention récente, comme l’Individu. La formation des droits individuels procède surtout de la volonté de limiter le domaine de l’arbitraire étatique. Et leur extension mondiale prévient des excès (en théorie !) des États. Il est difficile d’établir une relation de cause à effet entre progrès de l’Etat de droit et crise de l’Etat-Nation. Le creusement des inégalités sociales et les divers dénis de droits sont, me semble-t-il, davantage une cause de délitement de la légitimité politique.

    Ceci étant dit, les dernières déclarations de Nicolas Sarkozy indiquent bien une volonté de déstabiliser l’ordre judiciaire en jouant clairement des (com)pulsions.

    ALFA.

  • Servais-Jean
    • Posté à 05h31 le 29/08/2007
    • Internaute 4591
      43

    Si vous arrivez à lire les « écrits » de Lacan, alors J. de Maillard n’aura plus aucun secret pour vous. Mais il n’est pas pire que Gongora.

  • Anonyme

    Monsieur de Maillard évoque le primat actuel de l’individu, mais à mon sens, ce n’est pas tant l’individu que la « Victime » qui est mise sur un piédestal.
    Et là, c’est lié à une contamination du système ou d’une culture judiciaire anglo-saxonne, que je ne juge pas moins bonne que le nôtre, je ne me permettrais pas d’émettre ce genre de jugement. Mais la logique accusatoire du système anglo-saxon et la logique inquisitoire qui organise nos institutions judiciaires font que « l’Etat » (notre président » se place désormais en juge inquisiteur, défenseur de la Victime, dans notre système. Et effectivement, les affaires de pédophilie le montrent actuellement à l’oeuvre.
    Est-ce que je me trompe beaucoup ?

  • Anonyme

    Un commentaire geek :
    « OBEY GRAVITY, IT’S THE LAW ! »

  • Jean de Maillard
    Jean de Maillard
    Magistrat
    • Posté à 10h36 le 29/08/2007
    • Internaute 9399
      Magistrat

    J’hésite à intervenir dans le débat, dont la richesse et la contradiction me réjouissent. Mon article aura au moins servi à cela. Et que me pardonnent ceux qui ne comprennent pas mon style.

    Je ne veux pas que ma réponse influe sur les impressions de lecture qu’a faites ce texte, quelles qu’elles soient. Je voudrais juste dire deux choses.

    D’abord que, lorsque j’évoque certains traits qui me paraissent représenter l’état d’esprit de notre époque, je ne veux pas prendre parti (même si j’ai mon opinion, mais alors je la livre explicitement). Le contenu de la religion et de la science, par exemple, n’est pas le même, chacun le sait. Mais on peut utiliser la science comme une religion. Il ne me gêne pas que l’on croit en Dieu ou en la science, ou en rien du tout. Mais ce que je voulais signaler, c’est que, si depuis quelques décennies on avait appris à se méfier de l’attitude qui consiste à croire en la science comme on croit en Dieu pour régler les énigmes du monde (en l’espèce le Mal), nous (c’est un Nous collectif) abandonnons aujourd’hui trop rapidement les précautions philosophiques durement acquises et nous sommes prêts à gober toutes les solutions simples que l’on nous propose, car elles nous rassurent. Aujourd’hui comme il y a 5000 ans, l’homme ne sait pas vivre dans l’incertitude de ce qui le dépasse et il faut qu’il lui donne un nom, voire un visage. C’est en ce sens que M. Sarkozy incarne non plus une pensée unique mais, ce qui n’est pas moins problématique à mes yeux, une pensée simple, voire magique, où la prétendue science (servie par une volonté politique) viendrait nous sauver des puissances de Mal. Mais il ne fait que traduire en gestuelle politique ce à quoi nous aspirons du plus profond de nous-même. Que les « tout-sauf-Sarko » se demandent ce qu’aurait fait Ségolène : la même chose (le registre aurait été sans doute différent : pleurnichard et pseudo-féministe, mais encore plus dégoulinant de compassion, au moins Sarkozy fait-il dans le « positif »), peut-être en pire. Car nos responsables politiques aujourd’hui ne gouvernent que l’oeil sur le tableau de bord des enquêtes d’opinion. Ils ne sont que ce que nous sommes puisque c’est nous qui les faisons comme on veut qu’ils soient. Avez-vous remarqué que pratiquement pas un seul « spécialiste » (magistrats, policiers, psy en tout genre... sans parler évidemment des politiques) ne s’est érigé contre cette idée d’une « curabilité » (personnellement ce mot me fait horreur, non parce que je pense que les hommes sont déterminés génétiquement ou autre, mais parce que je crois à la complexité du vivant et de l’humain) du « déviant » et du récidiviste ? Les critiques sont venues du « manque de moyens » (ah ! le manque de moyens...) ou de la volonté répressive censée inspirer les projets gouvernementaux (j’y reviendrai, sur cet aspect répressif, bien douteux à mon avis). Cette déroute du sens critique vient à mon avis de deux choses : les « professionnels » sont trop contents de ce regain de légitimité dont ils sont gratifiés, surtout après Outreau, complètement oublié (et d’ailleurs jamais compris). Ensuite, aussi rationnels que nous pensions être, nous ne le sommes pas plus que nos ancêtres.

    La deuxième chose que je veux dire est donc la suivante : confrontés à un monde en bouleversement, nous cherchons de nouvelles solutions. Ou du moins nous le croyons, car dans le fond, les mécanismes sont identiques à ceux qui ont toujours existé. Et notamment, puisqu’il s’agit de refonder le social dans un monde globalisé, nous voyons réapparaître, me semble-t-il, tous les procédés inconscients et imaginaires (oui, Lacan est encore utile...) qui ont toujours permis aux sociétés humaines de se constituer en inventant notamment leur sacré. L’enfant, la victime, le citoyen, l’étranger, etc. sont des archétypes que nous réinvestissons de sens nouveaux et bien sûr cela ne se fait pas tout seul, ni sans douleur, ni sans fantasmes. Je ne juge pas, mais je pense qu’il faut en avoir conscience, ne serait-ce que pour être capable de se déprendre de soi-même et ne pas être dupes des nouveaux mythes que nous forgeons.

  • adaunis
    • Posté à 14h24 le 29/08/2007
    • Internaute 4255

    Ah dis donc là j’ai tout compris.
    Je suis moins bête !
    Ena 22 avait tellement bien élagué le sujet avec humour, que je commençais à piger ;

    Maintenant cher maître, ou Président, je ne sais, aprés ce bel excercice d’explications que je partage tant soi peu, pensez à aérer votre texte, à faire du saut de ligne, à respirer quoi !

    Les respects d’un soixante huitard tant honni.

  • Anonyme

    Moi j’ai très bien compris.

  • Anonyme

    Juger les auteurs de crime même s’ils sont déclarés pénalement irresponsables ? Tout devient possible !

    L’article 122-1 du code pénal stipule que « n’est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au moment des faits, d’un trouble psychique ou neuro-psychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes ».
    La justice rend alors un non-lieu, et est relayée par la psychiatrie.

    Précipitation.

    Juger les auteurs de crime même s’ils sont déclarés pénalement irresponsables.
    Sarkozy a fait cette annonce le 24 août après avoir rencontré les familles des deux infirmières assassinées en 2004 à l’hôpital psychiatrique de Pau. La semaine dernière, un non-lieu « psychiatrique » avait été requis à l’encontre de son auteur.
    Et Rachida Dati, dès le lendemain, d’emboîter le pas : une « réflexion allait être immédiatement menée ».

    La catharsis ou la justice « mise en scène ».

    Rachida Dati, à la suite de Sarkozy, l’a confirmé : il s’agit d’offrir aux victimes et à leurs familles « la possibilité de faire leur deuil et de reconnaître leur préjudice ».
    Et pour cela, juger quelqu’un qui ne peut pas comprendre, faire comparaître un irresponsable aux assises qui pourra dire tout et n’importe quoi, ce qui peut être dramatique pour les victimes.

    Quelle est la réalité ?

    D’une part, les cas d’irresponsabilité pénale sont de moins en moins nombreux, moins de 1 % des dossiers. Les psychiatres ont évolué : ils relèvent « une extrême altération de la responsabilité » du criminel, mais le considèrent responsable.

    La phase de l’instruction ne s’effectue pas à l’abri du regard des familles qui, en tant que partie civile, ont le droit de réclamer tout acte nécessaire à la « manifestation de la vérité ».

    D’autre part, la contre-expertise psychiatrique est de droit. La loi Perben oblige de plus le juge à motiver son non-lieu dit psychiatrique. Et souvent le magistrat reçoit en personne les parties civiles pour leur expliquer sa décision.

    Une morale de l’action politique.
    Une fois de plus : sur-occupation, sur-activisme ! Une fois de plus, paraître au coup par coup, être partout sur la photo, sur tous les fronts à la fois, sans jamais s’attarder.

    Dire qu’on va faire des lois pour répondre à l’émotion du moment évite d’avoir à mener une réflexion sur une politique pénale.
    Alors, on aggrave les peines sur les récidives, sans donner les moyens au juge de suivre l’application des peines. Alors, on crée des hôpitaux prisons sans y voir augmenter la place et les conditions de la dignité humaine.

    Alors, volonté de réforme ? Réactivité du chef de l’Etat qu’aujourd’hui la majorité des Français reconnaît ?

    Annoncer la réforme, ce n’est pas l’accomplir !

    Faire croire que, par des annonces ou des lois, les problèmes sont réglés pose la question de la morale de l’action politique.

    Tout un projet de société quand la communication prend le pas sur l’action.

    • Anonyme

      Oui il faut s’accrocher pour lire Jean de Maillard. Mais on le fait car les idées simples, de nos jours, c’est la mort qui tue.

      Sur ce qu’aurait fait la Maldonne du Poitou à la place de Notre Seigneur (Nicolas 1er) en matière de pédophilie, googlez « Bernard Hanse ». C’est glaçant. Elle n’a pas eu ma voix, elle ne l’aura jamais.

      Sur Gilles de Rais, je pense que sa pédophilie ne gênait guère tant qu’il était au faite de sa puissance. C’est le jour où elle a commencé à s’efriter que ses crimes ont servi à le perdre. Et à confisquer ses immenses biens. Rien ne se perd.

      Il faut savoir aussi qu’à Machecoul (44), il est devenu un moyen de se faire de la thune avec un « spectacle historique ». Vu l’accélération due au progrès, dans combien d’années un Dutrouxland à Charleroi ?

      Jean Dupont

  • gidza
    • Posté à 09h50 le 30/08/2007
    • Internaute 11845

    Petit commentaire, qui en fait est un conseil de lecture : « de sang froid » de T. Capote.
    Ce débat est survenu alors même que je débutais ce roman.
    La dernière partie apporte un éclairage des plus approprié à la thématique, à savoir la responsabilité du criminel et sa « normalité ».

  • Anonyme

    A mon avis, celui qui dans l’Histoire, succèder à Dieu et le remplace, c’est l’homme...dépassé (selon le point de vue) par son Inconscient ou son patrimoine génétique...
    L’homme de Science à remplacé l’homme d’église auprès de l’homme de Loi.

    Et je vous rejoins « l’homme ne sait pas vivre dans l’incertitude de ce qui le dépasse et il faut qu’il lui donne un nom, voire un visage. »

    Ena

  • Anonyme

    « La dialectique pose le futur comme un choix à faire »

    « La connaissance de la nécessité inaugure les commencements de la liberté réelle »

  • Anonyme

    Un peu à côté du sujet de l’article, mais connexe :

    On pourrait aussi s’interroger sur la Fonction Magique du Chef, du Leader Bien-aimé, de sa Figure rassérénante, de la moustache bienveillante de Staline.

    Ainsi, 54% d’américains pensent que l’US army n’a pas perdu la guerre en Irak
    Lien
    (en anglais, sorry.)

    Dans le détail l’on voit qu’il y a une très nette différence selon les partis : 66% des Democrats pensent le contraire, contre 9% des Republicans.

    Or (sans même trancher sur la question), combien d’entre eux sont allé voir de visu sur le terrain pour se faire leur propre opinion ?

    Il sont tous obligés de croire CE QU’ON LEUR DIT, ce que rapportent les médias (et quels médias !).

    On voit ainsi un débat, dans une grande nation moderne et démocratique, dont le fondement repose sur la foi en ce qui leur est dit, par les uns ou par les autres.

    Avant Lacan, St Augustin le mit en évidence : notre perception du réel, l’idée que nous nous faisons du réel, repose sur la foi que nous accordons à ce que l’on nous en dit. (et ici peu importe l’idée de Dieu, ce n’est qu’après qu’Augustin l’amènera dans son raisonnement.)

    Alors oui, il très inquiétant que notre Leader Bien Aimé (que sa descendance soit bénie sur sept générations) vienne nous dire que les choses sont simple, qu’à chaque problème il y a une solution simple, rejetant ainsi la complexité derrière le voile du Mystère de la Science, de ses prêtres et de ses vestales (à qui, du même coup, il enlève les moyens de faire leur travail : de nous expliquer).

    Ça ne va pas faire avancer M. et Mme Michu dans le bon sens, quoi…

    (Et si St Augustin vous embête, on pourrait aussi aller chercher Chomsky —voire Husserl, mais il est nettement plus abrupt…)

  • Anonyme

    Martin à Rue 89
    Juger les fous, de Gilles de Rais à Evrard
    Monsieur Robert Badinter demande de ne pas confondre Justice et thérapie.
    Madame Elisabeth Roudinesco a dit tout récemment :
     » La perversion est synonyme de perversité : jouir de faire le mal et pas simplement faire le mal sans en jouir. Mais elle peut être sublimée en son contraire dans l’art ou la créativité. Si le Marquis de Sade n’avait pas été l’auteur d’une œuvre majeure, il aurait sans doute été un criminel. « 

    Je crois que nous pourrions dire la même chose de Gilles de Rais.
    Pasolini était ceratinement pervesr mais il sut maîtriser ses pulsions grâce à l’art : le film Salo ou les 120 jours de Sodome en témoigne. Il fut aussi un très grand écrivain.

    L’ancien Ministre de la justice, qui fut avocat, pose une aporie judiciaire. “Se proclamer du côté des victimes , écrit-il dans Le Monde du 8 septembre 2007, est toujours politiquement profitable. Qui serait contre ? Nous sommes dans une société d’émotion qui se veut compassionnelle. Rien ne mobilise plus l’émotion que le crime et la souffrance des victimes, décuplée par la médiatisation et la puissance des images à la télévision. Cela nourrit la pulsion de vengeance qui est au coeur de la réaction humaine en présence d’un crime atroce. Mais la justice ne peut se confondre avec la vengeance ni avec la compassion pour les victimes. C’est ce qui rend son exercice si difficile. Rappelons-nous l’affaire d’Outreau...”

    Les pervers et en particuliers les pédophiles sont des hommes terribles par leur capacité à détruire et à faire souffrir. Ils terrorisent la société. Je comprends bien “ que la justice pénale a une fonction répressive, dissuasive et expressive ” comme vous l’écrivez dans le même article. Il n’est donc pas question de céder à la barbarie en les punissant sauvagement. Je suis donc respectueusement d’accord avec vos propositions de sanction et de thérapie. Laisser un pervers criminel en prison-hôpital pendant toute sa vie est peut-être une solution assez humaine compte tenu de ce genre de crime. La pédophilie n’est pas curable jusqu’à plus ample information scientifique.

    Je pense, d’ailleurs, que la justice irakienne n’aurait pas dû tuer Saddam Hussein et ses sbires. La prison à vie aurait été plus à la mesure de la démocratie et du respect du droit des droits de l’homme. A cet égard, ne pas pendre les criminels nazis jugés à Nuremberg, eût été ne pas céder à la pulsion de barbarie. La prison à vie, comme pour Rudolf Hess , qui n’était pas fou, eût été préférable. J’ai toujours été contre la peine de mort. Mais à cette époque l’Allemagne n’était pas dénazifiée et tuer les chefs fut peut-être nécessaire.

    Il me semble, d’après mes études et mon vécu, que nous possédons tous les potentialités du pervers, plus ou moins, mais que la plupart d’entre nous savons les refouler inconsciemment et ne pas passer à l’acte. Je ne crois pas au tout génétique en ce domaine. Je crois que tous les cerveaux possèdent ces perversions à l’état latent et naturel. Il suffit de voir les effets de la guerre qui libèrent les pulsions perverses et sadiques. Je n’oublierai jamais l’expérience de Milgram qui démontra que tout un chacun est capable de sadisme.

    Je crois , Monsieur le Ministre, que vous auriez compris le film “Mysterious skin” de Gregg Araki en le regardant comme un psychanalyste, tant il est vraisemblable.

    Il s’agit d’un drame engendré par un adulte pédophile qui viole deux enfants de 8 ans .

    A l’adolescence, l’un réagit en devenant prostitué et en effectuant une fuite en avant qui finit par le mener chez un dément pervers et violent qui le frappe et le viole au cours de la passe. Il n’échappe à la mort que par miracle. J’interprète cela comme une compulsion de répétition, un désir de mort et un passage obligé. C’est comme dans le roman “Prostitué” de David von Grafenberg, présenté par Mireille Dumas( Je ne regarde son émission que très rarement).

    L’autre, à l’adolescence aussi, ayant tout refoulé tant le choc fut grand , se prive de sexe complètement et devient victime d’angoisse, d’évanouissements, de saignements de nez, de phobies , de cauchemars et d’hallucinations (Il est persuadé qu’il voit des OVNIS et des extraterrestres qui l’auraient enlevés : transposition morbide du viol.)

    Mon regard sur les prostitué(e)s a changé après avoir vu ce film . Auparavant, je croyais que ces individus n’étaient que des personnalités psychopathiques déséquilibrées à motivation pécuniaires ou des fous , ou des drogués. Une statistique qu’il fallait accepter dans le cadre de la loi des grands nombres et de l’hygiène sociale.

    Mais mon avis sur les pédophiles est devenu aujourd’hui très sévère depuis que j’ai vu ce film, il y a 15 jours. Je pense comme le Docteur et psychiatre Coutanceau que ces délinquants sexuels ne sont pas fous mais présentent des troubles graves de la personnalité, sans déréalisation. Il n’y a pas folie au moment de l’acte, mais prédation. Ce sont des fauves en chaleur. Pour moi ce sont des personnalités narcissiques aussi dangereuses que celle du bras droit de Staline : Beria. D’ailleurs le pédophile Evrard cherche par tous les moyens à minimiser son crime perpétré sur le petit garçon âgé de 5 ans. L’excuse de l’incoercible pulsion ou de la folie momentanée ne sont plus pour moi des circonstances atténuantes. L’infâme Beria a cherché à minimiser ses crimes avant d’être exécuté. Ces pervers sadiques sont insensibles à toute thérapie.

    Je pense que les criminels qui ont tué l’autostoppeur et la femme malade mentale sont à juger aussi de la même façon.

    Deux hommes ont été condamnés par les assises des Yvelines à 12 et 11 ans de prison pour avoir volé, séquestré et torturé un couple d’homosexuels à leur domicile de Rambouillet (Yvelines) en juillet 2005. Ces crimes seraient dus , selon la défense, à “l’homophobie inconsciente et ambiante”. Je ne crois pas “ que la justice pénale ait eu une fonction répressive, dissuasive et expressive ” en ce jugement. Deux êtres humains ont été torturés pendant une heure par application d’un fer à repasser chaud.

    Vous savez, en outre , que la torture est interdite même en temps de guerre par le droit des conflits armés et la Convention des Nations Unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Ce même crime est inscrit dans le Statut de la Cour pénale internationale(Art 5).C’est un crime de guerre très sévèrement puni.

    Ils auraient dû être puni de 20 ans de prison pour torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants

    Chacun d’entre nous recèle sa part obscure comme l’affirme Emisabeth Roudinesco. Feindre de croire que la Justice et la science permettront d’en finir avec la perversion et le sadisme est une erreur. La punition pénale est souvent trop faible pour ces tortionnaires et pervers sadiques. Ils auraient aussi bien servi dans la l’Inquisition que dans la Gestapo. L’excuse de l’avocat sur l’homophobie ambiante inconsciente est révoltante. Nous prenons le risque de détruire l’idée d’une possible distinction entre le bien et le mal, qui est au fondement même de la civilisation. La Marquis de Sade n’a jamais fait de mal à personne. Il a sublimé ses pulsions en produisant des chefs-d’œuvre. Il n’est jamais passé à l’acte. Je conseille aux procureurs et aux avocats d’acheter le prochain ouvrage de la grande historienne de la psychanalyse et de la psychiatrie qui sort le 15 octobre chez Albin Michel , La part obscure de nous-mêmes. Une histoire des pervers d’Elisabeth Roudinesco .

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