Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

« Héroïque » : Wong mêle récit social et roman psychologique

Publié le 29/08/2007 à 18h02


L’auteur Iris Wong (David Balicki).


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Nous traitions récemment d’une présence plus marquante du milieu du travail dans les romans de la rentrée française. Un premier roman aux dimensions sociales et psychiques vient le confirmer. “ Héroïque” est l’une de nos découvertes.

Iris Wong est scénariste et assistante de metteurs en scène. Lorsque paraît son premier roman, en cette fin d’été, elle travaillait sur le deuxième film d’Isabelle Mergault.

D’emblée, son livre frappe par une forte dimension réaliste qui, alliée à un ton obsessionnel, donne l’impression au lecteur d’être légèrement zombie. Ce qui, au début d’un roman, est plutôt bon signe pour l’amoureux de littérature.

Jeanne est une adolescente de quatorze ans, et vit avec père et mère à Riom (Auvergne). Son père s’est fait traiter de “ couille molle” avant d’être licencié de son poste de camionneur. Est-ce parce qu’il est arabe ? N’y a-t-il pas un autre drame familial caché ? Si, bien sûr, mais vous devrez lire pour savoir. D’autant que l’auteur a la délicatesse de distiller les informations au compte-gouttes, pour libérer le suspense.

Jeanne fait chanter l’ancien patron de son père

Jeanne nourrit bien entendu des sentiments très contradictoires à l’égard de son père. Pour elle, cet homme salement viré par son patron est l’homme le plus courageux du monde, aussi valeureux que les résistants de “ L’Armée des ombres” , son film fétiche.

Mais ce père qui s’est mis à boire et ne cherche plus de travail représente, pour la jeune adolescente, le symbole même du défaitisme et du glissement vers la mort. Quant à la mère, sa présence fantomatique ne fait qu’ajouter au trouble. Quand remonte à la surface le souvenir du drame familial, Jeanne prend sur elle d’exercer un chantage sur l’ancien patron du père, afin de le faire réembaucher.

Dans le même temps, elle se cherche un travail. Au bout du compte, elle arrivera bien à faire gagner à sa famille les 1 200 € mensuels qui, selon elle, sont le minimum vital pour une telle famille dans la France d’aujourd’hui. C’est que, par son héroïsme, par son activité, Jeanne veut redonner une fierté à toute la maisonnée. Et devenir une “ Française digne de respect” .

Elle sait bien que seul le travail le permet, pour une fille de sa condition dans la France d’aujourd’hui. Elle est prête à tout. Par exemple à se couper les cheveux, les teindre, se vieillir et se faire passer pour sa mère.

Un récit social, mais aussi un parcours initiatique

“ Héroïque” devient alors un parcours initiatique. Celui d’une adolescente qui porte sur elle la vie financière de sa famille et qui doit aussi se réaliser. Grandir. A la dimension sociale, prégnante et fort à propos, s’ajoute une dimension trouble, psychique. On se demande où est le vrai et où se niche le fantasme chez Jeanne. De plus, Iris Wong n’est pas dupe de son personnage, et ose parfois une ironie bienvenue.

Ainsi, “ Héroïque” est tout à la fois un récit social et l’histoire d’une jeune femme qui cherche la masculinité. Que son père, à ses yeux, ne représente plus. Comme toute adolescente, elle croit dominer son monde. Elle va tomber sur plus fort qu’elle. Voici l’histoire d’une fille qui quitte les jambes de son père pour les jambes d’un autre homme.

Le superbe événement final, amené et écrit de façon fort surprenante, donne la touche de crédibilité finale. Un premier roman hanté par les zombies, comme on dit de certains individus qu’ils sont hantés par le Diable.

Cet ouvrage témoigne aussi du travail important réalisé par les éditions Stock à l’écoute de la jeune fiction française d’aujourd’hui (lire Entrée Royale, et se préparer à être attentif au jeune collectif Qui fait la France ? mi-septembre).

Héroïque d’Iris Wong - éd. Stock - 196p., 16€.

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  • Anonyme

    J’aimerai avoir des extraits pour sentir le style.
    J’ai commencé Lydie Salvayre, on dirait une mise en abîme du duo reza-sarkozy. J’accroche pas plus que ça, ça m’a l’air un peu gratuit. Ca manque de tripes sur la table.
    Concernant le livre de Mazarine Pingeot, j’ai d’abord remarqué quelquechose de monstrueux sur la couverture, ces cheveux vus de dos figurent un visage de poupée, c’est bizarre. Ensuite les premières pages sont difficiles à lire. Qui parle ? Ce n’est pas la voix de Mazarine et pourtant elle est là, on ressent comme un double discours dans ce je. c’est complètement hors sujet, mais bon.

    • Hubert Artus
      Hubert Artus
      Rue89
      • Posté à 01h01 le 30/08/2007
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

       Je vous comprend, quant à l’envie d’extraits. Il est des ouvrages où il est facile d’extraire des passages à la fois symptomatiques du livre et à la fois qui étayent la démonstration d el(’article. Mais il arrive aussi qu’aucun passage court (car sur le Net, il faut faire court...) de réponde à ces exigences. C’est surtout le cas dans des romans très « mentaux » et très « descriptifs », où les passages les plus représentatifs et les plus beaux sont... longs. Car ce sont ces moments où le propos et le style prennent leur ampleur et leur afficacité. Leur émotion aussi. C’est le cas pour ce roman... Vous pensez bien que le journaliste que je suis préfère, aussi, citer... Je ne opeux, pouir autant, que humblement vous redire l’intérêt de ce 1er roman, si son thème vous intéresse... Concernant le L. Salvayre, il ets vrai que ce n’est pas le roman d el’auteur que je préfère ; son style est plus relaché que les précédents, forts conséquents, de l’auteur. Je le traiterai quand même, car il correspond à notre époque et : ui fait un écho, je trouve, utile. Pour le M. Pingeot, j’ai ditr ce que j’en penais dans mon premier papier estampillé « Rentrée » le 16 août. La voix que vous n’identifiez pas encore est réellement celle de la mère dont l’auteur campe bien le personange. Le livre n’a cependa,nt AUCUn rapport DIRECT avec l’affaire Courjault, c’est une abomniation, et un profond mensonge que de dire cela. C’est le portrait d’une mère infanticide, c’est tout. Il y a fort à parier que l’auteur s’est inspirée de pas mal de femmes, pour ce livre, pas uniquement de Mme Courault. Une itw de M. Pingeot est, peut-être, à venir ici.. Je vous souhaite de bonnes lectures.

    • Anonyme

      Ouvrez un peu votre horizon...c’est bien de découvrir autre chose ! En effet, entre les conneries de Reza portées par le réseau de certains journaux qui annonçaient dès juin l’évènement « littéraire » de la rentrée ( une opération rondement menée par Le point, Match, et bien sûr la mouche du coche Elle) et la monstruosité de la fille Mitterrand, la rentrée des bouquins est bien creuse. Et, malheureusement, on n’a ps fini de s’en voir servir des daubes de ce genre !

      • Anonyme

        Tout à fait d’accord. J’ai vu comment le bouquin de Yasmina Reza est glorifié, alors qu’il s’agit d’une suite de platitudes et d’inepties. Elisabteh Levy en a bien parlé l’autre jour : une tempête dans un verre d’eau. Jérôme Béglé, de Match, était là et lui aussi a fini par avouer qu’il s’agissait bien d’une opération publicitaire orchestrée par quelques journaux dont le sien. Yasmina Reza est la pseudo caution intellectuelle de ces journaux, leur amie, alors, on s’entr’aide. La preuve, c’est que le journal Elle en fait une couverture, depuis quand savent-elles lire ces lectrices ?

    • Anonyme

      Ouvrez un peu votre horizon...c’est bien de découvrir autre chose ! En effet, entre les conneries de Reza portées par le réseau de certains journaux qui annonçaient dès juin l’évènement « littéraire » de la rentrée ( une opération rondement menée par Le point, Match, et bien sûr la mouche du coche Elle) et la monstruosité de la fille Mitterrand, la rentrée des bouquins est bien creuse. Et, malheureusement, on n’a ps fini de s’en voir servir des daubes de ce genre !

  • Anonyme

    Merci de prendre le temps de répondre. Quant à Mazarine Pingeot, je vous ferai passer des questions quand j’aurai fini de m’apprivoiser cette voix qui pour l’heure me déroute.
    Bien à vous.

    • Anonyme

      J’ai vu l’émission de Calvi sur les tueuses d’enfants. Les spys divers présents sur la plateau ont parlé du bouquin de Pingeot .Ils étaient consternés par autant de médiocrité. L’un d’eux a rappellé qu’elle avait fait tout un foin à l’époque auprès des journalistes en disant qu’ils devaient respecter l’intimité des gens ! Un comble, c’est elle aujourd’hui qui va remuer la merde, alors que le procès n’a même pas encore eu lieu..Elle est monstrueuse ! ! Elle va même jusu’à prétendre que ça n’a rien à voir avec l’actu, quel culot, quelle bassesse, décidément, dance cette famille,cherchez la fille !

  • Hubert Artus
    Hubert Artus
    Rue89
    • Posté à 12h15 le 30/08/2007
      rédacteur
    • Journaliste 56
      Rue89

    J’interviens ici afin de resituer les choses : le papier, et le sujet, dont il est question ici, c’est un premier roman, un roman dont vous n’avez rien lu chez d’autres confrères pour l’instant, c’est une découverte. Il s’agit ici d’HEROÏQUE, et non les ouvrages de MMes Reza ou Pingeot. Ne confondons pas les sujets, au risque sonon de verser dans les déviances que vous-mêmes pointez...

  • Anonyme

    Wong sera à la librairie de Paris, place Clichy, le jeudi 27 Septembre, à 18 h, pour rencontrer les lecteurs d’Héroïque.

  • Anonyme

    Et en plus, excusez moi, mais j’avais lu différents articles sur ce livre avant le vôtre, pour moi vous n’étiez pas le « premier », mais bon, c’est pas grave !

  • Anonyme

    Le niveau orthographique des commentaires fait peur...

  • Anonyme

    Et les fautes de syntaxe pullulent... C’est vraiment dommage sur un site littéraire. Bonne journée quand même.

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