Chez Michel Wieviorka

De la sociologie et deux ou trois autres questions de société vues par Michel Wieviorka, de l'EHESS.

Plan de relance : et les jeunes dans tout ça ?

Michel Wieviorka
Sociologue, EHESS
Publié le 05/02/2009 à 16h56


Manifestation d’étudiants à Bordeaux le 5 février 2009 (Regis Duvignau/Reuters).

La grève et les manifestations du 29 janvier dernier ont marqué une inflexion dans notre vie sociale et politique. Exception française ? En tout cas, notre pays est le seul en Europe à avoir connu une telle mobilisation.

Ailleurs, les gouvernants, en ces temps de crise, semblent mieux compris par les gouvernés que chez nous, leur action ne suscite pas les mêmes protestations, voire la même indignation, au contraire.

Unité syndicale, la première depuis bien longtemps, présence nette des partis de gauche, à commencer par un Parti socialiste qui se reconstruit chaque jour davantage : voilà qui change ! Jusqu’ici, les mobilisations étaient sectorielles, et limitées dans la justice, la santé, l’éducation, etc., sans principe d’unité, et chacune en fonction de l’agenda gouvernemental et des réformes annoncées ou entamées par le pouvoir.

Sur le plan social, soudain, une capacité d’action collective se manifeste, des luttes éclatées se rapprochent, leurs enjeux semblent communs, ce qu’exprime bien « l’appel des appels », espace de fédération d’initiatives jaillissant partout sur la scène sociale. Ce n’est pas seulement en raison d’une « inquiétude » que des rapprochements s’avèrent possibles, c’est même d’abord du fait de la politique du chef de l’Etat.

Certes, celui-ci n’est pas responsable de la crise financière. Mais certaines de ses réformes sont vécues comme autant d’attaques contre le service public, au moment où il se prévaut du retour de l’Etat -n’est-il pas contradictoire de prétendre sauver l’emploi, et de ne pas remplacer les fonctionnaires partant à la retraite ?

Par ailleurs, ses mesures anticrise semblent destinées en priorité aux banques et aux entreprises, dont elles préservent les actionnaires, et à qui des ressources importantes sont apportées, alors qu’il y a peu, et après avoir mis en place un « paquet fiscal » favorable aux plus aisés, le pouvoir, en réponse à diverses revendications sociales, annonçait que les caisses de l’Etat sont vides.

Indigne d’un chef d’Etat

Souvent aussi, le comportement du Président est méprisant, de nombreux corps professionnels s’en plaignent. Par exemple, son discours du 22 janvier dernier sur l’université et la recherche ne faisait pas qu’affirmer une politique brutale et mal inspirée, il était humiliant pour la communauté universitaire et scientifique, y compris dans son expression, indigne d’un chef d’Etat.

Dans les mobilisations actuelles, au-delà d’un sentiment ou d’une hantise d’être laminé par la crise, et d’une inquiétude diffuse qui lui est bien antérieure, il y a aussi, et surtout, une critique du président de la République, de son action et de son attitude.

Emploi, niveau de vie : les principales préoccupations du moment appellent des mesures urgentes, hic et nunc, pour ceux qui vivent des difficultés immédiates, ou à venir à court terme. Et de même que sauver la banque, ou les entreprises, et relancer l’économie, ce n’est pas modifier le système en profondeur, mais assurer un retour à son état antérieur, en corrigeant certaines dérives, de même lutter pour l’emploi et le pouvoir d’achat, ce n’est pas parler d’un changement systémique.

Mais ne pourrait-on pas, justement, profiter de la crise pour transformer nos modes de vie, par exemple en assurant la promotion de la « green economy », en orientant l’industrie, le logement, les transports, la santé, etc., dans la perspective du développement durable, en retenant ce qu’il y a de meilleur dans les propositions de l’altermondialisme ?

Cela impliquerait des efforts soutenus en matière de recherche, des investissements à moyen et long terme, ainsi que des modifications culturelles qui ne peuvent pas être soudaines -les valeurs et les comportements ne se modifient pas par décret.

Préparer dès à présent un autre avenir

De tels changements risquent d’être contradictoires avec ce qu’exige la situation sociale -ce qui n’est pas neuf : depuis trente ans, les idées des écologistes se heurtent aux préoccupations de ceux qui pensent en priorité emploi, accès à la consommation, niveau de vie.

D’où un premier enjeu politique décisif : articuler, et non pas opposer le traitement des demandes sociales urgentes que la crise exacerbe, tout en préparant dès à présent un autre avenir que celui qui reproduit des modes de fonctionnement antérieurs, à bien des égards épuisés.

En se mobilisant sur l’emploi et le revenu, en refusant des réformes affectant les services publics, l’université, l’école, l’hôpital, etc., la France qui a protesté, et qui certainement continuera de le faire n’est évidemment pas indifférente à la jeunesse.

Mais elle ne fait pas du futur un objectif central, elle ne parle pas beaucoup des jeunes, ni aux jeunes, qui d’ailleurs ne formaient pas les gros bataillons des manifestations du 29 janvier dernier.

Ceux-ci ne sont pourtant pas passifs, on l’a vu récemment dans la rue, avec l’action contre la réforme du ministre Darcos, et ces jours-ci, à nouveau, dans l’université. Certains partent à l’étranger construire leur existence. Et beaucoup ont le sentiment de ne pas avoir d’avenir, et de galérer.

Un plan de relance qui s’ouvre à d’autres valeurs

Or, les mesures de relance et les réformes ne leur annoncent rien de bien exaltant, elles ne comportent guère de message positif à leur intention, et ils peuvent à juste titre se sentir sinon méprisés ou maltraités, du moins ignorés, en tout cas non valorisés.

Ils n’ont rien de particulier à objecter, comme jeunes, s’il s’agit du sauvetage de l’économie, des banques ou de l’industrie automobile française ; mais il n’y a là rien de prioritaire pour qui veut étudier dans de bonnes conditions, trouver un emploi qui corresponde à ses aspirations, se loger décemment, s’ouvrir au monde, se constituer en sujet de son existence.

D’où un deuxième enjeu décisif : faire en sorte que le traitement de la crise apporte la solution aux problèmes sociaux et économiques immédiats, s’ouvre, comme on l’a vu, à d’autres valeurs et d’autres perspectives systémiques, mais aussi apporte à la jeunesse des raisons nouvelles de faire confiance à l’avenir.

Obama a su faire sienne cette équation, et ce n’est pas un hasard s’il doit son succès électoral, entre autres, à la formidable mobilisation de la jeunesse.

Le pouvoir, chez nous, a jusqu’ici bénéficié d’une sorte d’éclatement des conflits et des résistances à ses initiatives ; il lui faut s’attendre à ce que, désormais, une vision d’ensemble des luttes sociales, des convictions écologistes, et des attentes de la jeunesse soit à l’ordre du jour, et à ce que toutes ces significations soient intégrées dans le projet politique de l’opposition.

A lire aussi sur Rue89 :
Recherche : Monsieur le Président, vous vous trompez d’indicateur

Photo : Manifestation d’étudiants à Bordeaux le 5 février 2009 (Regis Duvignau/Reuters).

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  • EntreprendreKESSDONK
    EntreprendreKESSDONK
    Veilleur de Jours Meilleurs
    • Posté à 17h24 le 05/02/2009
    • Internaute 59268
      Veilleur de Jours Meilleurs

    50 000 € de dette par personne en age de travailler c’est le résultat actuel de nos 20 dernières années. (dernier état de la cour des comptes)
    Si nos enfants aujourd’hui (scolaires, collégiens, lycéens ou étudiants) défilaient pour ce beau cadeaux que nous leur faisons ce serait bien la preuve qu’au XXIème siècle les enfants sont mûr beaucoup plus tôt.
    Mais voila cela ne se passe pas comme ca.
    no comment

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h28 le 05/02/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Ouais bin les jeunes au lieu de fumer des pets en glandant dans les squares, ils feraient mieux d’aller bosser !
    Si j’ai voté pour un gouvernement de droite, c’est que je veux une politique de droite !
    Et avant tout je veux préserver la valeur de mes actions, c’est mon avenir qui est en jeu !

    Ok, j’ai pas d’actions, j’ai pas voté à droite et j’adore fumer des pets dans les squares, mais vu que l’avenir est aux gens de droite, j’ai décidé de m’entrainer à être comme eux... C’est pas facile : D

  • désinscrit à sa demande
    • Posté à 19h23 le 05/02/2009
    • Internaute 65988
      Entrepreneur

    Pendant des années, les gouvernements de gauche et de droite ont fait preuve d’une lâcheté extrême, en laissant les syndicats faire la loi dans les services publics, les administrations et autres entreprises publiques. Ces syndicats ont défendu exclusivement les salariés bien installés et promis à des retraites très confortables. Dès que notre économie dégageait des points de croissance, ces syndicats mettaient en branle la machine à faire grève et à obtenir des avantages supplémentaires pour les salariés déjà avantagés. Ils raflaient ainsi la mise au détriment des salariés du privé, des travailleurs pauvres, des femmes seules avec enfants, des retriatés pauvres et surtout au détriment des jeunes qui ont été délibérément sacrifiés par les syndicats. Alors, monsieur le sociologue, ne venez pas nous raconter des salades : c’est vos potes qui nous ont conduit là où nous en sommes ! ! ! ! !

    • pablico
      pablico répond à désinscrit à sa demande
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 19h57 le 05/02/2009
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      entièrement d’accord avec vous, Luis Miguel Dominguin (ironiquement bien sûr)

      mon postier me double en Porche !

      le garde barrière , me réveille en pétaradant dans sa Rolls !

      le cantonnier, qui me nargue avec sa Harley-Davidson

      le château du releveur de compteur d’EDF me fait de l’ombre !

      j’en ai marre des fonctionnaires avantagés qui sont tout le temps en grève ! ! et surtout des bijoux extravagants de leurs femmes.

    • Pseudo
      Pseudo répond à désinscrit à sa demande
      Enfin libre : -)
      • Posté à 20h24 le 05/02/2009
      • Internaute 25947
        Enfin libre : -)

      gnia gnia... les fonctionnaires... gnia gnia...... les fonctionnaires... gnia gnia....les fonctionnaires... gnia gnia...... les fonctionnaires... gnia gnia....les fonctionnaires... gnia gnia...... les fonctionnaires... gnia gnia....les fonctionnaires... gnia gnia...... les fonctionnaires... gnia gnia....

      Vous ne pourriez pas un peu développer ?

    • Éric  Perrin
      Éric Perrin répond à désinscrit à sa demande
      Ginkonaute
      • Posté à 20h30 le 05/02/2009
      • Internaute 51185
        Ginkonaute

      donc, pour réduire la pauvreté, il faudrait augmenter le nombre de fonctionnaires selon votre raisonnement. entièrement d’accord avec vous camarade !

    • falstaff
      falstaff répond à désinscrit à sa demande
      Petit joueur de ukulélé.
      • Posté à 21h01 le 05/02/2009
      • Internaute 58081
        Petit joueur de ukulélé.

      Entre ici Pierre Poujade avec ton terrible cortège...

      • Servais-Jean
        Servais-Jean répond à falstaff
        43
        • Posté à 22h39 le 05/02/2009
        • Internaute 4591
          43

        Lui parler de Pierre Poujade ? c’est pas prudent, il va se jeter sur wikipédia.

      • désinscrit à sa demande
        désinscrit à sa demande répond à falstaff
        Entrepreneur
        • Posté à 07h15 le 06/02/2009
        • Internaute 65988
          Entrepreneur

        Vous parlez du Poujade qu’en 1981, Mitterrand, alias Fripouillette, est alllé sortir de son placard poussiéreux pour apporter un petit appoint à sa maigre victoire ? Oui, c’est lui, un bonhomme d’extrême-droite que Mitterrand, l’idole de ce blog, aimait bien. Pierre Poujade, né à Saint-Céré dans le LOT ! ! ! ! ! !

         
        • desperate houseman
          • Posté à 08h21 le 06/02/2009
          • Internaute 68842
            désintégré

          Une logorrhée (de logo- et de -rrhée, tiré du grec rheîn, « couler ») est un flux de paroles inutiles.

          Il faut se garder de dire « logorrhée verbale », qui serait un pléonasme.

          La logorrhée recouvre un besoin fort de parler, souvent de façon incohérente, généralement avec un débit rapide et continu.

          Elle peut être associée à certaines maladies mentales, lorsqu’elle prend la forme d’une pulsion irrépressible de parole (troubles bipolaires par exemple). On constate aussi une logorrhée chez les enfants souffrant d’une hydrocéphalie.

          Elle recouvre aussi par extension un langage verbeux et peu compréhensible qui couvre des banalités, des incohérences ou contrevérités, ou un manque d’argumentation claire.

          On la nomme aussi diarrhée verbale ou incontinence verbale voire, en langage populaire, blabla, mot inventé par Paul Gordeaux, journaliste, qui utilisait ce mot dans les salles de rédaction dans les années 1920 pour dire : écrire ou parler pour ne rien dire.

          * Ex : « Antoine Descos a la diarrhée verbale », il parle beaucoup et pour ne rien dire.
          * Ex. : les personnages de La Cantatrice chauve d’Eugène Ionesco (à la fin de la pièce)[1]

          Ce flux de paroles sans le moindre sens peut parfois être dû à l’emprise de l’alcool.

          * Ex : « Popoff est saoul, écoutons sa logorrhée ».
          0 vote

        • falstaff
          falstaff répond à désinscrit à sa demande
          Petit joueur de ukulélé.
          • Posté à 08h43 le 06/02/2009
          • Internaute 58081
            Petit joueur de ukulélé.

          Le Poujade qui déclarait :
          « La France est atteinte d’une surproduction de gens à diplômes, polytechniciens, économistes, philosophes et autres rêveurs qui ont perdu tout contact avec le monde réel »

        2 autres commentaires
    • Un compte supprime
      • Posté à 00h09 le 06/02/2009
      • Internaute 21837
        nc

      oh ta gueule ! maintenant tu la fermes, tu arretes de penser, de voter, tu vas te cacher, parce que vu la situation, tu n’as surtout pas le droit de la ramener : t’as vote Sarko ? eh bien bouffe de la merde maintenant, et silencieusement !

    • doublevue
      • Posté à 08h50 le 06/02/2009
      • Internaute 59651

      si vraiment vous pensez ce que vous écrivez et si vraiment vous êtes entrepreneur, je plains vos salariés ! j’espère que vous êtes en entreprise unipersonnelle au fin fond d’un désert...

  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 19h28 le 05/02/2009
    • Internaute 20631
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    je ne vois pas tres bien ce que cet article propose ou analyse sur les jeunes
    et puis en quoi un jeune travailleur est différent d’un vieux travailleurs
    pour un étudiant je comprends mieux, mais il aurait alors fallu parler d’etudiants, de lycéens, ou dee précaires en attente d’un emploi
    ou pas en attente
    j’aime bien certaines expressions creuses comme « perspectives systèmiques »
    avec des mecs comme sarko ou l’auteur de l’article, la crise peut se développer à donf
    je pense qu’il faut l’accompagner au maximum
    pour construire autre chose qui reste à inventer

    ps : en Islande et en Grèce, il me semble que la contestation n’est pas moindre qu’en france

  • pepereduchesne
    pepereduchesne
    étudiant/salarié, ou salarié en (...)
    • Posté à 00h18 le 06/02/2009
    • Internaute 68854
      étudiant/salarié, ou salarié en (...)

    Etudiant en sociologie, militant politique et salarié depuis mes 17 ans, je n’ai certes pas l’envergure universitaire de m.Wiewiorka, mais je trouve que son texte manque à la fois l’essentiel, c’est à dire la nature réelle de la crise économique acuelle, ses enjeux, dont la portée sociale et politique ne doit pas être ignorée, mais aussi semble décapiter le début de remise en cause ’’systémique’’, par la référence à M. Obama.

    Je m’explique :

    Tout d’abord une contributrice a relevé fort à propos, le cas de l’Islande, et dans une moindre mesure, celui de la Grèce, auquel je propose d’ajouter l’Italie (grève générale en fin 2008), et malheureusement, le cas des manifestations racistes en Angleterre.

    Je proposerai une approche de la situation différente de celle présentée par M.Wiewiorka. Une approche où l’analyse de la situation française serait inclusive vis à vis des autres pays européens ou du monde.
    Particularité française, syndrôme français, voire ’’passion’’ française, la grève dans notre pays, est présentée comme une sorte de caractéristique locale, pittoresque, ridicule, dangereuse, c’est selon.
    En réalité c’est l’arme la plus efficace, la plus vraie, la plus légitime des travailleurs face à leurs patrons, actionnaires et autres dirigeants. La grève, c’est la matérialisation physique de la primauté de l’homme sur le travail, du travail sur le capital, de l’activité humaine sur son parasitisme.
    Mais trêve de grandiloquence, qu’il n’y ait pas encore eu de grand mouvement européen face à la crise quoi de plus logique. Tout reste à construire, les luttes à populariser, à étendre, les solidarités, disparues de nos pâles contrées, sont à recréer, et cela prend du temps.
    Donc, exit le jugement hâtif, il n’y à qu’en France que les ’’gouvernés’’ réagissent comme ça, exit aussi cette mascarade qu’on appelle ’’journée test’’ pour les syndicats, ’’retour social’’ pour le PS. Cette ’’journée-test’’ aux allures de soupape sur une cocotte minute en forme d’hexagone, n’aura berné que les imbéciles heureux, les bureaucrates endurcis et les prof socio-démocrates.
    A quoi sert l’unité de ces syndicats ? si ce n’est à couvrir leur corresponsabilité dans la destruction des solidarités ouvrières, les échecs de tant de mouvements (68 : cgt ; 94 : cfdt, 95 : tous ensemble, 2006 : cpe contre loi d’égalité des chances...), à courvir aussi leur rôle d’éparpilleurs des luttes, de briseurs/récupérateurs des grèves, et d’accompagnement de l’Union Européenne dans sa politique de guerre contre les travailleurs (notamment
    par la participation de FO-CGT-CFDT à la conférence européenne des syndicats qui accompagne les modification ’’harmonisation’’ du droit social en Europe).

    Pourtant en relevant qu’il y a convergence des luttes à la base, M. Wiewiorka aurait pu faire le lien entre cette tendance nette (grosse popularité du 29, grosse participation pour une première manif, mécontentement social et politique..) et l’action des direction syndicales qui appellent à ne rien faire d’autre, qu’à attendre que le chef de l’Etat se prononce, et ’’donne des réponses’’. Franchement demander à Sarkozy de s’exprimer, est-ce l’audacieuse initiative que proposent Mailly-Chérèque-Thibault aux travailleurs de notre pays, à ses jeunesses, à ses sans papiers, sans logement, sans travail ?
    Et le ,PS de couiner qu’il veut participer aux réformes, entre deux batailles parlementaires où il se retire sur l’Aventin.

    Et quid de la crise ? Une crise systémique, c’est bien de le dire, mais e,core faut-il ajouter : ’’crise cyclique de reproduction du capital’’. On s’empresse de nous dire à la télé, dans les radios, que c’est la pire crise depuis 1929, certes, et alors ? Alors on oublie de dire à ceux qui s’en prennent aux ’’speculateurs irresponsables’’, que s’ils n’avaient pas spéculé ces 10 dernières années, en soutenant la consommation par l’endettement, la création de produits dérivés de crédits, par leur rachat, etc. La crise aurait alors réellement débuté en 1997-1998, quand la première bulle spéculative a déboulé de l’Asie sur les marchés mondiaux. N’oublions pas (ou apprenons) aussi que M. Greenspan a eu un rôle majeur dans le détournement de l’éclatement de la bulle spéculative d’internet vers l’immobilier, quand le bâtiment va tout va, et quand il devient le refuge de la spéculation, c’est tout le système capitaliste, qui n’arrive plus à créer du profit qui explose.

    La crise actuelle est en fait extrêmement classique, c’est presque un cas d’école.

    Mais alors quoi ? La réponse de M. Wiewiorka c’est la ’’green economy’’ ? L’opposition au pouvoir ? Un Obama pour la France ?
    Donc il propose de garder une économie capitaliste, avec des régulationnistes au pouvoir, et une figure couleur locale,charismatique, entourée de militaires du pentagone, de prêtre anti-avortement et d’amis républicains pour être au-dessus d’une logique partisane ?

    En tant que jeune, travailleur, en tant qu’habitant d’une communauté et d’une planète menacées par les possédants et le mode de vie qu’ilpropagent telle la peste et le choléra, je vous demande M. Wiewiorka, de ne pas résumer les ’’problèmes de la jeunesse’’ à des questions de perspectives d’emploi et de revenus, d’insertion et de justice sociale, pour notre génération la question du futur est aussi rassurante que celle d’un nonagénaire grippé en phase terminale d’un cancer du colon, notre avenir, sous l’égide du PS , de l’UMP, du Modem, est aussi noir que la fumée des usines des patrons dont ils se font les farouches défenseurs. Et croyez-moi, ce n’est pas un capitalisme bio qui fera passer la révolte quasi existancielle qui bouillonne dans nos têtes de racailles.

  • Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
    • Posté à 07h11 le 06/02/2009
    • Internaute 16256

    et les vieux dans tout ça ?

  • timtim
    timtim
    fonctionnaire
    • Posté à 08h51 le 06/02/2009
    • Internaute 68431
      fonctionnaire

    Au fait, avez vous lu L’insurrection qui vient ? Lien

    Très instructif et à mettre en pratique sans tarder.

    (Le moule capitaliste est sérieusement fêlé, la gouvernance actuelle ne fait que colmater la brèche, mais le moule cassé ne peut plus rien donner, il faut donc finir de le casser en mille morceaux, seulement ensuite on reconstruira un avenir pour 8 à 10 milliards d’humains.

    Plus rien ne sera comme avant, certes, mais sans les banquiers et sans la dette.

    Etes vous seulement prêts à affronter des lendemains très durs. Etes vous prêts à affronter des guerres sales, des famines, des conflits localisés, la barbarie ?

    Vous n’aurez certes plus à souffrir de futurs *Madoff(s), mais des pénuries diverses et variées ainsi que des ennemis invisibles et provisoirement contenus aujourd’hui, (je veux parler des virus, micro organismes autres maladies végétales et espèces invasives qui viendront ruiner vos récoltes. Etes vous prêts à retourner au Moyen Age ?

    A abandonner la Sécurité sociale ?
    A laisser vos enfants mourir devant vous par faute de médicaments et de soins appropriés ?

    Vous voulez la révolution pour changer de société ? certes, mais êtes vous prêts à vous retrousser les manches pour labourer la terre, tailler la vignes et les arbres fruitiers, planter les choux et les patates, désherber à la main et biner cette terre qui vous nourrit, élever, poules, oies cochons vaches et moutons, à collecter le fumier ,à trier le lisier, ou préfèrez vous rester la journée entière derrière vos écrans d’ordinateurs à jouer en réseau ou à tricoter des métacarpes sur vos claviers les yeux scotchés sur des forums ?

    L’avenir est à vous les jeunes, et à personne d’autre.

    AMEN)

    *Bernard Madoff

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