Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Garde à vue, chronique de la France d'après ?

Publié le 18/05/2007 à 17h24

Garde à vue de Christophe Mercier (Phébus, 32pp., 3€)

Quelques semaines avant les élections, un journaliste-écrivain subissait une garde à vue féroce. Paru avant élections, le récit « Garde à vue » qu’il en a tiré reste donc d’actualité dans « la France d’après ».

Normalien, agrégé de lettres, critique littéraire au Figaro, romancier (deux ouvrages chez Joëlle Losfeld), traducteur (de quelques merveilleux auteurs américains), disciple de Jean Anouilh et de l’académicien (et ancien militant royaliste à Action Française) Jacques Laurent, Christophe Mercier n’est pas le genre de type à prôner l’action directe, à faucher des OGM ou à organiser des conférences de presse armées et cagoulées.

Et pourtant, dans un temps où l’actuel Président français habitait sur le trottoir d’en face, il a subi une garde à vue effarante. Les faits : un mardi de février, il accompagne de trois verres de bière son déjeuner avec deux amis éditeurs. Il reprend ensuite sa moto et roule dans Paris. Arrêté par la police alors qu’il roulait à 30 km/h, il est emmené au commissariat pour y subir le test de l’éthylomètre. Menotté, déshabillé, fouillé au corps, photographié, placé dans une cellule obscure puis dans la cellule de « dégrisement », il va vivre dix-neuf heures de garde à vue. Outre que l’éthylomètre a officialisé 0,7 g d’alcool dans le sang (le plafond autorisé est de 0,4), les policiers ont remarqué qu’il roulait sur la ligne de bus –ce que Mercier conteste. A aucun moment de sa garde à vue il ne pourra prévenir quiconque.

L’intérêt de ce court récit est que Mercier, fort sagement, ne stigmatise ni la rudesse policière, ni les remarques moqueuses. Il n’y a d’ailleurs rien d’illégal ni d’impoli dans les agissements policiers. Seulement une application à la lettre, sans discernement, d’une politique qui ne semble viser qu’à l’humiliation du citoyen. Ce récit d’une trentaine de page est le témoignage heure par heure, surprise par surprise, d’un homme qui ne comprend pas la situation. C’est première infraction. Ce texte narre les faits, seulement les faits, et les impressions du gardé à vue. C’est en romancier que Mercier a tenu, tôt après les faits, à fixer ces faits sur papiers. Pour s’en extirper.
Ce que pointe clairement ce récit, c’est la politique dont témoignent ces agissements : le culte du résultat et la restriction de l’espace de liberté. « Je savais que Nicolas Sarkozy était un ministre de l’Intérieur dangereux. J’en ai eu la confirmation », écrit Mercier. Le clou du livre, c’est une lettre de la mère de l’auteur, ancienne militante RPR et corrézienne de souche, à Nicolas Sarkozy et à Mme Chirac…

Pour le lecteur, le livre rappelle que l’absurde arrive tous les jours, à ceci près qu’il occasionne dorénavant des gardes à vue bien plus longues (et le relevé des empreintes, fait nouveau pour ce genre de délit). Certes, les excès policiers ne datent pas d’hier. Certes, ils sont souvent plus durs quand ils ne se passent pas dans Paris-Centre et lorsqu’ils concernent des populations qui n’ont ni permis ni passeport.. Mais chaque trace compte, et celle de Mercier est à lire. La « France d’après » ne date, évidemment, pas d’hier.

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  • soignante désespérée
    • Posté à 22h06 le 18/05/2007
    • Internaute 2213

    et pourtant on ne peut pas taxer hubert Mercier d’être anti-sarko quand même !

    • Hubert Artus
      • Posté à 11h20 le 19/05/2007
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      Bonjour,
      Hubert (Artus) c’est moi, (Christophe (Mercier) c’est lui.
      Merci de votre attention en tout cas, et à bientôt pour de nouvelles lectures... et avis avisés !

  • Justine
    • Posté à 06h19 le 19/05/2007
    • Internaute 2788

    A quand un ministère de la réhabilitatin des trois mots qui paraissent de plus en plus sans valeur ’liberté, égalité, fraternité ? ’
    Le comportement de ces policiers, bien obéissants aux lois Sarkozy est agject parce que sans aucun réflexion, sans aucun humanité. L’humiliation des personnes est un moyen fort et Sarkozy le sait très bien. Dresser les gens les uns contre les autres est très efficace pour regner. NS a tout compris. Réveillons nous pour rectifier l’état des choses ds la mesure du possible aux prochains élections législatives. Laissé avec trop de liberté la France sera sous la botte de Sarkozy comme elle l’a été dans le passé sous une autre botte.

  • Anonyme

    quand j’étais petite, le policier était une personne qu’on croisait tous les jours, à qui on disait bonjour, qui jouait au foot avec nous en fin de journée et quand on se déplaçait ailleurs le policier était celui à qui on demandait son chemin ou l’heure, je ne suis pas si vieille que cela ! ! ! !
    la pression le rôle et l’image qui leur aient donné ne facilitent pas le travail des policiers qui sont indispensables dans notre société
    et cela ne devrait pas s’améliorer ...
    mp

    • ada
      ada
      • Posté à 17h02 le 19/05/2007
      • Internaute 1820

      Sarkozy l’a dit dès qu’il est devenu Ministre de l’Intérieur - ça ne date donc pas d’hier - : « Les policiers ne sont pas là pour organiser des tournois de foot » (citation de mémoire). D’où la destruction de la police de proximité, d’où la transformation des policiers en ennemis de la population.

      • Anonyme répond à ada

        Chère chercheuse,

        Quel est le rapport entre l’organisation de match de foots et l’activité de la police ? En quoi le fait que les policiers ne soient pas des entraineurs sportifs fait d’eux des ennemis de la population ?

  • Anonyme

    j ai lu ce petit livre effarent ce n est que le debut de cinq de pouvoir maitenant c est parution immediate sans avocat 2a4 mois fermes la france a doublee sa mise de garde a vue en 2006 pres de 600000

  • Anonyme

    La question est posée dans la presse à propos de la mésaventure arrivée à Christophe Mercier, un normalien, agrégé de lettres, critique littéraire au Figaro, qui, parait-il, « a subi une garde à vue effarante », « application à la lettre, sans discernement, d’une politique qui ne semble viser qu’à l’humiliation du citoyen ».

    « Les faits : un mardi de février, il accompagne de trois verres de bière son déjeuner avec deux amis éditeurs. Il reprend ensuite sa moto et roule dans Paris. Arrêté par la police alors qu’il roulait à 30 km/h, il est emmené au commissariat pour y subir le test de l’éthylomètre. Menotté, déshabillé, fouillé au corps, photographié, placé dans une cellule obscure puis dans la cellule de “ dégrisement ”, il va vivre dix-neuf heures de garde à vue. Outre que l’éthylomètre a officialisé 0,7 g d’alcool dans le sang (le plafond autorisé est de 0,4), les policiers ont remarqué qu’il roulait sur la ligne de bus ce que Mercier conteste. A aucun moment de sa garde à vue il ne pourra prévenir quiconque. ».

    Christophe Mercier qui, au préalable, « savait que Nicolas Sarkozy était un ministre de l’Intérieur dangereux », a donc publié un livre qui « rappelle que l’absurde arrive tous les jours, à ceci près qu’il occasionne dorénavant des gardes à vue bien plus longues ».

    Mais « il n’y a d’ailleurs rien d’illégal ni d’impoli dans les agissements policiers » nous dit-on.

    Ah.

    Un petit éclaircissement s’impose.

    Tout d’abord, toute personne gardée à vue à le droit de faire avertir un membre de sa famille ou son employeur de la mesure dont il fait l’objet. N’importe quel avocat, même le plus misérable et le plus feignant, peut faire sauter l’ensemble de la procédure du fait d’un tel oubli. Néanmoins, signalons que l’officier de police judiciaire décidant du placement en garde à vue à une obligation de moyen à ce propos, et non de résultat. Notons aussi que le terme « fouille à corps » désigne la fouille des vêtements - il ne s’agit pas d’investigations corporelles internes, contrairement à ce que l’expression suggère, investigation qui ne peuvent être effectuées que par un médecin.

    Ensuite, signalons que le fait que Christophe Mercier circulait ou nom sur une file de bus, à 30 kmh ou plus, est indifférent au fond de l’affaire. Le contrôle de réglementation d’un véhicule terrestre à moteur peut être exécuté en l’absence d’infraction initiale - c’est d’ailleurs le cas le plus fréquent.

    Finalement, et là nous touchons leur coeur de la non-affaire, si Christophe Mercier n’avait que 0,7 g d’alcool dans le sang, il était en deçà du seuil délictueux de la conduite sous l’imprégnation alcoolique (0,8 g / litre de sang). Or, le placement en garde à vue n’est possible, dans le cadre de l’enquête de flagrance, que pour les crimes ou délits passibles d’une peine d’emprisonnement. Son placement en garde à vue serait ainsi absolument illégal, une arrestation arbitraire, ce que nul ne peut ignorer, certainement pas le commissaire de police du service où il fut ramené. Ce n’est pas tout à fait comme si les conduites sous l’empire d’un état alcoolique et les conduites en état d’ivresse étaient des infractions rarement constatées, au point que des officiers de police judiciaire s’emmêlent les pinceaux en confondant seuil contraventionnel et seuil délictueux.

    Christophe Mercier nous ment-il en donnant un chiffre de 0,7 ? Pas nécessairement. En prêtant garde à ses propos, on observe qu’il nous parle d’un contrôle à l’ethylomètre. Un ethylomètre ne peut donner un taux d’alcool par litre de sang, il ne consiste pas en prise de sang. Non, l’éthylomètre se contente de donner un taux d’alcool par litre d’air expiré. Et s’il s’agit de 0,7 Mg / litre d’air expiré, l’histoire prend sens, puisqu’on est presque au double du seuil délictueux, qui est de 0,40 Mg / litre d’air expiré. L’histoire prend sens, même s’il est évident qu’un tel taux (qui doit être proche des 1,5 g / litre de sang) ne peut être atteint, par un individu de sexe masculin de constitution normale, après la consommation de « trois verres de bière ».

    J’entends bien qu’un chroniqueur au Figaro soit outré d’avoir découvert que la loi s’appliquait même à lui. De là à disserter sur « le culte du résultat et la restriction de l’espace de liberté », je crois que brave monsieur dérape, dérape, dérape. Aurait-il encore bu « trois verres de bière » lorsqu’il prit la plume pour nous narrer sa si banale histoire ?

    • p.babouri
      • Posté à 00h06 le 21/05/2007
      • Internaute 2373

      L’auteur de l’article ci-dessus est apparemment trop modeste pour le faire lui-même ou a eu, comme parai-il beaucoup, des difficultés à s’enregistrer (comprends pas, rarement vu si simple mais bon) donc voici le lien vers son blog : Lien

      Et sinon pour répondre au commentaire : je crains que vous n’ayez manqué le point. A la lecture de cette recension je n’ai pas le sentiment que les policiers aient eu particulièrement à coeur de ficeler une procédure correcte en vue de poursuites ultérieures mais plus simplement de manifester leur pouvoir. Ce qui serait bien le fond du problème. Il faudrait savoir si une condamnation a été obtenue pour clarifier ce point, je suppose que l’opuscule le dit, je ne l’ai pas lu mais je crois que je vais me fendre des 3 euros pour le savoir...

      D’autre part, à moins que l’article n’ait été modifié depuis votre commentaire, votre remarque sur les taux d’alcoolémie semble de mauvaise foi puisque l’article stipule bien :
      « Outre que l’éthylomètre a officialisé 0,7 g d’alcool dans le sang (le plafond autorisé est de 0,4) »

      • Anonyme répond à p.babouri

        (je ne suis en effet pas inscrit)

        Je n’ai pas souvenir d’avoir lu la ligne « Outre que l’éthylomètre a officialisé 0,7 g d’alcool dans le sang (le plafond autorisé est de 0,4) ».

        Mais, quoi qu’il en soit, ça ne change pas le fond de l’affaire :
        - Un ethylomètre ne peut donner un taux d’alcool dans le sang, il est incapable de faire une telle mesure. Il donne un taux d’alcool dans l’air expiré. On peut certes, en gros, évaluer rapidement une forme d’équivalence entre les mg d’alcool / litre d’air expiré et les g d’alcool / litre de sang, mais c’est une équivalence (approximative) qui n’a aucune valeur, ni scientifique, ni légale.
        - Si l’auteur de l’ouvrage était bien à 0,7 g / litre de sang, la garde à vue était impossible, puisqu’il n’aurait ainsi pas commis de délit. Je doute que des policiers prennent le risque d’un placement en garde à vue illégal, ceci d’autant plus lorsqu’ils ont affaire à un monsieur du beau monde qui est chroniqueur au Figaro, qui n’a sans doute pas fait appel au dernier des avocats. Et l’erreur est improbable, vu que les procédures d’ivresse publique manifeste et de conduite sous l’empire d’un état alcoolique sont très fréquentes.

        Vous dites qu’ « A la lecture de cette recension je n’ai pas le sentiment que les policiers aient eu particulièrement à coeur de ficeler une procédure correcte en vue de poursuites ultérieures mais plus simplement de manifester leur pouvoir. »

        Je vais vous répondre en deux points.

        Le premier, c’est que toute procédure prend du temps. Une procédure avec dépistage d’imprégnation alcoolique, placement en garde à vue, auditions, impose la rédaction d’une bonne dizaine de procès-verbaux. Il y a de quoi retirer un arbre de la forêt d’amazonie. Même une procédure simple, même mal réalisée, est fastidieuse. C’est cher payé pour « manifester leur pouvoir ».

        Le second, c’est que l’affaire est simple, elle ne nécessite pas d’investigations particulières. Concernant les contraventions au code de la route, aucune investigation n’est nécessaire. La valeur des fonctionnaires de police est considérée probante jusqu’à preuve du contraire, c’est à dire à dire qu’il suffit aux policiers de voir et constater pour que le fait soit considéré établi. Concernant la conduite sous l’empire d’un état alcoolique, elle est établie par l’éthylomètre, qui, s’il est aux normes, ne saurait être contesté.
        Dans la mesure où les faits sont simples et ne semblent pas contestés, peu importe les motivations des fonctionnaires de police. Le fait est qu’ils ont appliqué la loi, ce qui est leur travail.

  • Nicole Muchnik
    Nicole Muchnik
    Journaliste à Madrid
    • Posté à 18h56 le 20/05/2007
    • Journaliste 1475
      Journaliste à Madrid

    Pour le livre « Vos Papiers », -l’auteur du texte, Clément Schouler, magistrat, membre du syndicat de la magistrature, à 800 euros d’amende pour « diffamation publique envers une administration publique, en l’occurrence la police nationale », pour avoir écrit cette phrase dans l’introduction : « Les contrôles d’identité au faciès,bien que prohibés par la loi, sont non seulement monnaie courante, mais se multiplient »

    - l’éditeur, Michel Sitbon (L’Esprit Frappeur), à 1000 euros d’amende pour complicité avec Placid dans le délit d’injure, et complicité avec Clément Schouler dans le délit de diffamation.

    - le dessinateur Placid, à 500 euros d’amende, pour « injures publiques envers une administration publique, en l’occurrence la police nationale », pour avoir dessiné un policier, aux traits jugés porcins, en couverture de l’ouvrage.

    Sans commentaires

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à Nicole Muchnik
      Rue89
      • Posté à 09h31 le 21/05/2007
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      Merci d’avoir resitué ces deux informations.
      HA

    • Anonyme répond à Nicole Muchnik

      Justement, ceci appelle à commentaires.

      J’ai personnellement déjà abordé en long ce point, je me permet de copier le texte de mon blog qui s’y rapporte (Lien). :

      Si l’on croit Libération, « la justice française vient d’interdire toute velléité de camper un flic en cochon » condamnant « Jean-François Duval, dit Placid, [...] à 500 euros d’amende pour avoir dressé le portrait d’un policier doté d’un nez retroussé, aux narines très apparentes, susceptible de passer pour un groin ».

      « Placid a beau expliquer qu’il a toujours dessiné toutes sortes de personnages au nez retroussé ­ “c’est inconscient, sans intention de dessiner un cochon” ­, rien n’y fait. » nous dit Libération.

      Libération disserte du droit de caricaturer, évoquant l’affaire des caricactures danoises de Mahomet. Mais Libération se garde bien de parler du contenu de l’arrêt de condamnation. Libération se garde bien de dire que le dessinateur Placid n’était en fait que poursuivi que pour complicité d’injure publique. Libération dit l’arrêt « caricatural » mais décrit Clément Schouler comme « condamné pour avoir “présenté de façon péremptoire comme établi un comportement reproché à l’ensemble de la police nationale” », phrase qui ne veut rien dire (on voit mal en quoi il serait repréhensible de présenter comme établi un comportement dores et déjà reproché, donc établi), sans signaler qu’il était lui poursuivi pour diffamation.

      Que dit-il cet arrêt ? Qu’est-ce donc qui justifie une condamnation du point de vue de la cour d’Appel ?

      Sur le dessin, qui n’est que le volet injure publique de la poursuite, il estime qu’il « présente le policier sous des traits particulièrement dégradants dont l’accumulation et le caractère outrancier participent d’une volonté délibérée de donner une image à la fois humiliante et terrifiante de la police ». Je vous laisse juge :

      Il est dit aussi que celui-ci vise « l’institution de la police nationale dans son ensemble » vu l’emploi de « l’expression générale “que faire face à la police” ».

      Mais l’essentiel, qu’occulte complètement libération, c’est le fait que ce dessin est « en totale contradiction avec le style de l’ouvrage qu’il entendait illustrer ; ouvrage dont il n’est pas contesté qu’il était dépourvu de toute vocation humoristique ou même pamphlétaire », « publié sous le timbre d’un syndicat de magistrats [...] dont il pouvait être attendu une plus grande retenue dans l’illustration du sujet traité ».

      Aussi, si le juge Clément Schouler est condamné, c’est pour avoir écrit que « Les contrôles au faciès, bien que prohibés par la loi, sont non seulement monnaie courante mais se multiplient », propos jugé diffamatoire, volet qu’occulte complètement l’article de Libération.

      La cour d’Appel rend son jugement « considérant que le propos prête à l’ensemble des services de police [...] la commission très répandue et croissante [...] de pratiques arbitraires et discriminatoires », imputant à la police « non des dysfonctionnements ponctuels [...] mais la commission délibérées et à grande échelle d’infraction pénale », « considérant que les éléments versés aux débats [...] s’il illustrent l’existence d’un débat sur la pratique des contrôles d’identités, n’établissent pour autant ni l’augmentation de pratiques discriminatoire en ce domaine, ni même la part très significative que représenteraient, selon ce passage, les pratiques illégales de la police, pratiques dont Clément Schouler lui-même prétend qu’il ne peut pas en rapporter la preuve, ni dès lors les chiffrer », « qu’à cet égard, le rapport de 2004 de la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance et celui de la Commission nationale de déontologie de la sécurité pour 2005 [...] se bornent à faire état de plaintes de citoyens contre des fonctionnaires de police pour discrimination, mais n’apportent aucun élément démontrant la réalité et l’ampleur du phénomène dénoncé », ajoutant que « le propos [...] est d’autant moins légitime que [...] l’affirmation, énoncée au nom d’un syndicat de magistrats, est de nature à être perçue par le lecteur comme bénéficiant de la garantie d’exactitude s’attachant aux propos émanant de magistrats » ().

      Taire l’essentiel d’une condamnation, voilà qui est grandiose, n’est-il pas ? Si l’on en croit Libération, un simple dessin fut condamné. Or, vu l’arrêt, nul n’aurait songé à condamner le même dessin s’il eut été publié dans un autre contexte, hors d’une publication se disant « guide juridique » avec la validation d’autorité d’un syndicat de magistrats. Peut-être qu’un chantier d’avenir pour la Justice est là : la publication immédiate des jugements rendus, via internet. C’est un principe de notre Justice d’être publique ; à quand une publicité adaptée aux moyens modernes de condamnations. Peut-être que nous, citoyens, la comprendrions mieux, si la Justice se montrait à nous.

  • Anonyme

    Il y a un titre social, un nom, une fonction qui me faisait rêver quand j’étais gosse : gardien de la paix ! Le mec qui garde la paix, ça doit être un genre de philosophe, très psychologue, à même de clairement identifier un problème pour mieux le résoudre, au moins désamorcer les tensions qui pourraient en découler et nuire à la paix de chacun, y compris celle de celui qui a bien gentiment fêté un contrat avec son éditeur... Et puis on grandit et on découvre qu’en fait, le type en question est un pauvre flic, sans réelle qualification, un type mal payé à qui sa hiérarchie demande de faire du chiffre, des scores, pour satisfaire l’ambition d’un nabot qui n’est pas sans rappeller Napoléon III... On vieillit encore un peu et on pense qu’on a des gosses qui circulent en scooter, pas toujours très clairs... On imagine déjà les explications des sbires du nain ! « C’est pour son bien, les électrodes ! S’agirait de retrouver le sens des valeurs ! » Alors on se dit que 53% des Français ont peur de la démocratie dont l’inspiration rimait avec Liberté, Égalité, Fraternité... Ils nous ont ramené à Travail, Famille, Patrie, et, putain, qu’est-ce qu’elle est triste cette histoire...

    • Anonyme

      Par curiosité : vous en connaissez beaucoup, des gardiens de la paix, pour en parler en ces termes ?

  • Anonyme

    ce n’est pas nouveau les gardes à vue abusive et les insultes, mépris et autres traitements de faveur exercé par les policiers sur le tout venant.
    maintenat au moins, ils ont plus que le soutien, ils ont la bénédiction de la hiérarchie...
    la peur du gendarme ou du flic, c’est simple : cela passse par la terreur...

    • Anonyme

      Mais en quoi ce monsieur, chroniqueur au Figaro, est-il du « tout venant » ?

  • Anonyme

    J’ai fait un grand nombre de GAV à une époque et j’ai rencontré des flics qui faisaient leurs boulots correctement alors ne faisons pas d’erreur car il y a un beaucoup de policiers (gardien de la paix, jolier, opj....) qui respectent les gardés à vue. Du bon et du mauvais, il y en a partout même chez les journalistes ! ! ! ! ! ! !

  • Anonyme

    si, seulement les gardiens de la paix pouvaient juste nous la foutre (la paix) ! ! !

    • Anonyme

      A tout hasard, si un type en scooter roulant sur une file de bus, en état d’ivresse, venait à renverser et tuer quelqu’un, que direz-vous des policiers qui l’auront laissé repartir après l’avoir vu en cet état quelques minutes auparavant ?

  • Philippe Tixier
    Philippe Tixier
    Citoyen
    • Posté à 19h13 le 31/07/2007
    • Internaute 10848
      Citoyen

    super bouquin, qui fait réfléchir en un minimum de temps, comme MATIN BRUN Pavloff ed cheyne 2 euros

  • Anonyme

    Je viens de découvrir le témoignage de Christophe Mercier. Merci à lui et au Docteur Michèle Mercier-Berjal !
    J’ai parfaitement conscience de l’incrédulité que peut rencontrer ce récit. L’expérience ne se communique pas. Seuls ceux ou celles qui auront eu la « malchance » de vivre des faits approchant le genre de situation décrit pourront faire vraiment le pari de la confiance dans ce témoignage.
    ... et je fais ce pari !
    C’est bien dommage, mais je n’avais pas eu le réflexe de consigner de façon aussi scrupuleuse les agissements policiers (heureusement moins graves et intenses ) que j’ai moi-même subis dans le Rhône ( menottage incompris et que les années n’ont pas réussi et ne réussiront pas à me faire pardonner) N’ayant plus depuis longtemps l’illusion de pouvoir être entendu (les lettres recommandées restent sans réponse ) et mon propre témoignage étant impossible, je ne commettrai donc pas la crânerie de décliner ici mon identité.
    Qu’on m’accorde toutefois le droit d’exprimer cette conviction : il est du devoir moral de tout citoyen Français qui se respecte d’EXIGER qu’un rapport circonstancié et officiel soit remis à Christophe Mercier et à sa mère pour expliciter les raisons du manque de respect inadmissible que des serviteurs de la République se sont permis de leur faire ressentir.

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