Chez Jean Matouk

Un blog sur l’économie, la finance, et quelques autres sujets d’actualité, par Jean Matouk.

Désolé collègues, j'approuve la réforme des universités

Jean Matouk
Economiste
Publié le 12/02/2009 à 12h18

Je n’approuve pas beaucoup de « réformes » de l’actuel gouvernement. J’ai condamné sa politique économique de 2007, qui nous prive aujourd’hui de moyens bien utiles, je condamne sa vision individualiste de la société, le « laisser plus aux riches pour qu’ils investissent ». Mais, au risque de déplaire à nombre de concitoyens dont je suis proche, je dois dire que je ne partage pas l’hostilité de mes anciens collègues pour la réforme des universités.

L’analyse qui suit est celle d’un économiste ; elle est sans doute moins pertinente pour les sciences de la nature et de la matière.

Le préalable budgétaire

Il y avait un préalable. Le budget ! Nous dépensions, par étudiant, 8600€ par an (OCDE 2005), alors que la Finlande en dépense 9300, l’Allemagne et l’Autriche 9500, le Japon 10000, les Pays-Bas 10400, le Danemark 10700, la Suède 12000, la Suisse et les Etats-Unis 19000.

Nos universitaires sont, en moyenne, beaucoup moins bien payés que leurs collègues étrangers. Avoir un bureau personnel est un privilège. Participer à des colloques exige souvent des acrobaties comptables, ou le recours à sa bourse personnelle.

Sur ces plans, l’effort fait n’est certainement pas encore suffisant, mais il est réel. La promesse de l’augmenter de un milliard d’euro par an n’est pas négligeable. D’ailleurs, la revendication financière est moins mise en avant par les opposants à la réforme. C’est le décret statutaire qui est en cause, avec enrôlement des étudiants, et c’est là que pointe mon désaccord.

Recrutement « incestueux » et cours inutiles

En trente-cinq ans, j’ai vu la majorité de nos universités s’enfoncer, et les contacts que j’ai eus avec les collègues de lettres et sciences humaines m’ont prouvé qu’il en allait de même chez eux.

Pendant trente-cinq ans, j’ai vu des recrutements d’enseignants obéir plus au principe de l’inceste intra-universitaire, quelquefois tout simplement familial, qu’au principe de compétence. Pendant la même durée, j’ai vu se poursuivre des enseignements optionnels pour la seule satisfaction de ceux qui les professaient, sans aucun souci de l’utilité pour les étudiants.

J’en ai vu se poursuivre, alors que le public se limitait à deux ou trois étudiants, alléchés par des notations laxistes destinées à éviter le vide total. Les programmes étaient reproduits d’année en année, pour la seule satisfaction des collègues, et sans aucun souci de leur utilité pour les étudiants.

Certaines facultés, bien entendu, sont restées hors de ce lot de médiocrité : Panthéon-Assas, Dauphine, Toulouse, Strasbourg, Lyon… à cause de quelques personnalités hors du commun.

Une autorité universitaire

Pour mettre un terme à ces travers, il faut, effectivement, dans chaque université, une autorité dégagée des connivences confraternelles, des « je te tiens, tu me tiens », capable de décider de l’organisation des enseignements la plus utile pour les étudiants, d’en changer quand besoin est, et de mettre un terme à un enseignement quand il ne correspond plus aux besoins.

Cette autorité doit aussi avoir un certain pouvoir sur l’orientation des recherches, en partage avec l’Etat et les entreprises quand elles financent. Que produit, en effet, une université ? Des savoirs nouveaux et des « sachants » auxquels ont été transmis les savoirs connus. Ces « sachants » iront, pour partie, dans la société, organiser la production ou l’administration, et pour partie resteront dans l’université pour poursuivre son œuvre.

Cette production spécifique de l’université, essentielle à la société, et qui, comme les autres, plus que les autres sans doute, puisqu’elle n’est pas régulée par le marché, doit être, elle aussi, organisée et ne peut être laissée à la seule discrétion de chaque « producteur » de savoir dans son coin.

Cette autorité doit donc pouvoir d’elle-même, ou par suite d’un contrat avec une entreprise, par exemple en France dans le cadre des pôles de compétitivité, bâtir une stratégie de recherche, et y affecter un ou plusieurs enseignants, éventuellement dégagés d’une partie de leur charge d’enseignement.

Il faut admettre que l’Etat , c’est-à-dire le contribuable, ne peut pas payer et laisser entière liberté à tous les universitaires de chercher dans le domaine qui convient le mieux à chacun. Loin de moi l’idée de réfuter le caractère essentiel de la recherche fondamentale dans les sciences « dures » ; mais celle-ci ne peut être orientée exclusivement en fonction de la curiosité humaine, si productive qu’elle soit. Même si cette liberté peut être accordée, comme dans tous les pays développés, à certains chercheurs d’excellence.

Cette autorité nécessaire dans toute université doit-elle « noter » les enseignants, notamment à partir du « facteur H » élaboré par le physicien Jorge Hirsch, que mentionne la philosophe Barbara Cassin dans son interview récente sur Rue89, et qui est fondé sur le nombre d’articles publiés et de citations de chacun.

Je partage son avis sur ce point. Ce mode d’évaluation est discutable, même s’il est largement utilisé aux Etats-Unis, pays dont les performances scientifiques ne sont pas nulles ! Mais s’agit-il vraiment d’évaluer ? Ou s’agit-il, pour chaque université, de s’efforcer de s’adjoindre les meilleurs enseignants dans les disciplines ou elle souhaite se spécialiser ?

Dans ce cas, il se peut, effectivement, qu’elle soit amenée à offrir à ceux-ci des salaires plus élevé que ceux des collègues en place. Est-ce scandaleux ? Rien n’empêche ces collègues, de « postuler » ailleurs, à partir de leurs travaux, et d’y obtenir le salaire plus élevé qu’ils souhaitent.

Un partage de temps variable entre enseignement et recherche

La combinaison statutaire des fonctions d’enseignants et de chercheurs a été un progrès, après 1968. La recherche nourrit l’enseignement. On pouvait d’ailleurs espérer que cette obligation d’enseigner et de chercher écarterait définitivement ceux qui rabâchaient des années durant le même cours.

Elle ne les a, hélas, pas fait totalement disparaître ! Mais le même universitaire peut souhaiter, à certains moments de sa vie, plus enseigner que chercher, et à d’autres moments, le contraire.

S’agripper aux 136 heures « magistrales » ou aux 192 heures de TD, pour tous, tout le temps, est inepte. Incidemment, par contre, il faut dénoncer le discours péjoratif sur les six ou huit heures de cours hebdomadaires des universitaires. Six heures d’un cours régulièrement actualisé et enrichi, valent largement un plein temps.

Il est, en tous cas, légitime que s’établisse entre l’autorité universitaire et chaque enseignant, un dialogue permanent sur le partage –variable- de son temps, entre recherche et enseignement. Et même, pour certaines spécialités, entre recherche, enseignement et immersion dans le secteur productif, dont il tirerait le plus grand profit, et pour ses recherches, et pour ses enseignements.

En d’autres termes, la loi Pecresse, qui, par précaution, a laissé de côté, à tort, la sélection à l’entrée des universités -la moitié des étudiants français dans la filière lettres-droit et sciences humaines, c’est évidemment beaucoup trop et nous manquons d’étudiants en sciences de la matière et de la nature- peut sans doute être améliorée sur certains points, mais son objectif, et l’essentiel de son contenu, restent pertinents.

D’autant, aussi, qu’elle a pour ambition de remettre les universités au centre de l’activité de recherche, où elles auraient toujours dû rester, comme à l’étranger.

Je n’ai pas la religion du classement de Shanghai et des autres qui ont été construits pour privilégier les universités américaines, mais le déclin de notre université est quand même patent. Les prix Nobel qu’elle parvient encore à « produire » sont le fait d’hommes exceptionnels qui ont travaillé dans un environnement bien peu favorable, voire hostile.

Il serait bien regrettable, comme le soulignait Axel Kahn hier, que par suite d’un engagement maladroit de cette réforme, aggravé par l’intervention plus maladroite encore de Nicolas Sarkozy sur ce thème, on recule une nouvelle fois devant l’indispensable réforme du fonctionnement de ces lieux de production de savoirs, évidemment essentiels dans une économie mondialisée de la connaissance.

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89
« On classe les chercheurs comme Google classe les sites »
Les articles de Rue89 sur la mobilisation des les universités

Ailleurs sur le Web
Axel Kahn, le président de Paris-V, lâche Sarkozy et Pécresse, sur le blog Sciences2
Classement de Shangai 2008 : tous les résultats par pays, sur Studyrama
L’Ecole des Mines dégaine son classement anti-Shanghai, sur L’Expansion

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  • eXistenZ
    eXistenZ
    Arracheur de dents
    • Posté à 21h19 le 12/02/2009
    • Internaute 67914
      Arracheur de dents

    Les économistes ont toujours joué le rôle de caisse de résonance pour diffuser la parole politique en parallèle de leur activité de météorologie économique. Les médias ont besoin d’analyses estampillées pour décoder le monde, les économistes ont besoin d’une tribune pour nous expliquer le temps qu’il fera demain et les politiques ont besoin de nous faire avaler des pilules. Un beau ménage à trois.

    C’est surprenant comme le sens des mots peut être corrompu, le mot « réforme » qui signifiait en substance « changement en vue d’une amélioration » doit être interprété aujourd’hui comme une « mise au rebut ». Je doute fort que la nouvelle autocratie universitaire découlant de la LRU change quoi que ce soit à la déliquescence de votre faculté, bien au contraire. En revanche, que vous n’arriviez pas à comprendre que la modulation des services n’a pour unique ambition que de faire des économies me laisse songeur sur vos capacités d’analyse.

    Dans la fac des sciences que je connais, l’informatique (pour ne citer qu’elle) est une discipline qui attire beaucoup d’étudiants et qui fonctionne à l’exact opposé de la description apocalyptique que vous faites de l’université. Les enseignants-chercheurs y travaillent énormément, changent leurs cours en permanence, discutent régulièrement des enseignements et publient (aussi incroyable que cela puisse paraître). Il manque 8 postes actuellement dans cette discipline, que pensez-vous qu’il se passera si le décret passe ?

    • anarchy
      anarchy répond à eXistenZ
      glandeur
      • Posté à 00h20 le 13/02/2009
      • Internaute 68095
        glandeur

      D’ailleurs il est bon de rappeler que les sciences économiques n’ont de science que le nom.Ils n’ont jamais su prévoir les événements économiques et ont des systèmes de pensée créés à posteriori .Les buts de la science est d’établir des grandes vérités sur les choses et de faire avancer l’humanité et ses connaissances , l’économie a comme unique but de légitimer le capitalisme dans nos sociétés .

  • meli
    meli
    rêveuse
    • Posté à 22h05 le 12/02/2009
    • Internaute 58071
      rêveuse

    « Pendant la même durée, j’ai vu se poursuivre des enseignements optionnels pour la seule satisfaction de ceux qui les professaient, sans aucun souci de l’utilité pour les étudiants. »

    Ainsi, vous déterminez le maintien d’un enseignement en fonction de son « utilité »...

    Qu’entendez-vous donc par utilité ?

    Vous pensez que le savoir, sa transmission, doit être limité en fonction de son utilité ?

    Je trouve votre raisonnement dangereux, car je me demande quels enseignements vous mettrez comme inutiles ? La philosophie ? L’art ? La littérature ? La linguistique ? Etc.

    Bon nombre de régimes dictoriaux ont voulu mettre une camisole de force sur le savoir et la pensée, en utilisant n’importe quel prétexte...

    Alors, je me demande si l’utilité, l’intérêt professionnel ne sont pas des prétextes avancés pour faire taire des savoirs qu’on ne vaudrait pas qu’ils soient enseignés....

    En fait, c’est le vrai fond de cette réforme (et de celles d’avant)..
    On tue la pensée...par prétexte économique et par conviction politique.

    • Hulk -bloqué-
      Hulk -bloqué- répond à meli
      Gros con de droite
      • Posté à 01h32 le 14/02/2009
      • Internaute 65737
        Gros con de droite

      L’auteur parle d’enseignements optionnels auxquels aucun étudiant ou presque ne se rend, et pas de disciplines fondamentales telles que la philo, l’art, etc...

      Et tout de suite, vous montez sur vos grands chevaux et nous parlez de dictature, etc...

      C’est pathétique ; vous faites preuve d’une infinie mauvaise foi, qui me semble adossée à une robuste couche d’épaisseur cranienne.

      A moins que vous en soyez paranoïaque, auquel cas il faut consulter.

  • Counch
    Counch
    Citoyen en résistance en (...)
    • Posté à 22h07 le 12/02/2009
    • Internaute 23248
      Citoyen en résistance en (...)

    « il y avait un préalable...Le budget »

    N’en dites pas plus c’est suffisant...

    Mais bon sang, quand est-ce que l’homme dépassera-t-il cette notion d’argent ?

    Ce n’est pas l’argent qui régit nos vies et l’humanité toute entière, c’est le temps qui passe...
    Le monde tombe en décrépitude et à quoi pense l’homme ? A son pognon...
    Et bien qu’il crève avec, alors...

    • Hulk -bloqué-
      Hulk -bloqué- répond à Counch
      Gros con de droite
      • Posté à 01h33 le 14/02/2009
      • Internaute 65737
        Gros con de droite

      Vous avez raison, le pognon ce n’est pas important.

      Mais alors, pourquoi les chercheurs en demandent-ils ? Pourquoi ne sont-ils pas bénévolement au service de l’humanité et du progrès ?

      Oui, pourquoi ?

  • bromius
    • Posté à 22h14 le 12/02/2009
    • Internaute 19043

    Hé, les riverains ! Du calme ! Beaucoup de mauvaise foi, des attaques ad hominem, etc. Quelle ambiance ! Jean Matouk vient donner son avis de citoyen, à partir d’une expérience qui n’est pas plus omnisciente que ne l’est celle de chacun d’entre nous. J’apprécie d’entendre un effort d’analyse ne venant pas forcément du milieu universitaire d’où je proviens (Lettres et Sciences Humaines).

    Certes, j’aurais moi aussi tendance à penser que la réforme gouvernementale n’est pas animée des meilleures intentions du monde. Mais, puisqu’on parle réforme, il n’est pas interdit de se demander ce que pourrait être une réforme souhaitable, et de lister ce qui ne va pas (et pas seulement en terme de moyens, mais en terme de pratiques : sélection, recrutement, évaluation, etc.).

    Sachons reconnaître que nous avons vécu, depuis la Seconde Guerre mondiale, une séquence historique exceptionnelle : aucune société n’a consacré autant de revenu à rémunérer les métiers de la connaissance. Les « clercs » du savoir de Julien Benda l’ont effectivement emporté sur les ecclésiastiques de jadis. On doit s’en réjouir, mais il ne faut pas s’étonner de voir évoluer un jour ou l’autre ce paradigme. Dans quelle direction ? Pour quel projet de société ? C’est tout l’enjeu du débat. Sachons au moins accueillir poliment ceux qui viennent ici l’alimenter !

  • kutabali62
    kutabali62
    militaire
    • Posté à 22h40 le 12/02/2009
    • Internaute 57719
      militaire

    bien vrai mr Matouk ; c est plus la méthode pour annoncer la réforme que la réforme elle meme qui est maladroite. pour les enseignants chercheurs .
    les salaires devront alors être revu a la hausse ; travailler plus pour gagner plus , c est pas moi qui l ai dit.
    par contre pour le diplome de prof , bac + 5 et puis concours ; y aura un sacré taux de réussite car a + 5 , il n y aura plus grand monde pour présenter le concours. et pour les profs de sport : pourquoi ne pas remettre la selection a l’admission en 1ere année ; beaucoup en 1ere année , peu en seconde , encore moins au CAPES , alors a niveau + 5.

  • Anonyme
    • Anonyme

      Voici les liens directs sur la vrsion longue (en 2 parties) du contre-argumentaire :

      Lien
      Lien

      Ainsi qu’un lien vers le rapport des états généraux de la recherche :
      Lien

      et son résumé :
      Lien

  • bonbon rose
    bonbon rose
    à croquer
    • Posté à 22h49 le 12/02/2009
    • Internaute 52604
      à croquer

    Monsieur Matouk ?
    Pendant 35 ans.... , en 35 ans ..., et patati et patata.
    Moi j’ai des grands-parents qui disent que c’était mieux avant et patati et patata aussi. Je les laisse dire : ça leur fait plaisir.

    Laissez donc les profs et les étudiants décider eux mêmes si la réforme convient ou pas. Ils sont concernés EUX. Quant à vous cher monsieur, ça fait 35 ans que la balle n’est plus dans votre camp.
    Cordialement

  • Hétérodoxe
    • Posté à 22h49 le 12/02/2009
    • Internaute 28758

    « Pendant trente-cinq ans, j’ai vu des recrutements d’enseignants obéir plus au principe de l’inceste intra-universitaire, quelquefois tout simplement familial, qu’au principe de compétence. »

    Peut-être faut-il tenter de se raser à l’aveugle ....
    Et se remettre au boulot ! ! Parce au niveau économique, c’est vraiment pas brillant en ce moment ! !
    Et les économistes feraient bien de se la jouer profil bas.

    Rigolo de n’avoir que la productivité à l’esprit : Descartes, Newton, Galilée se foutaient royalement de la productivité de leurs recherches ... et les économistes de l’époque (L’Eglise) ne les voyait pas du meilleur oeil ! En attendant, qui peut citer un économiste contemporain de Descartes ?

    L’Economie n’est pas une science ! C’est un dogme religieux !
    Cet article en est une illustration ...

    Mais dans le fond, je suis d’accord avec l’auteur, il faudrait supprimer les enseignements qui ne servent qu’à donner du boulot aux enseignants : supprimons l’Economie ! Allez, au boulot fainéant !

    • Hulk -bloqué-
      Hulk -bloqué- répond à Hétérodoxe
      Gros con de droite
      • Posté à 01h50 le 14/02/2009
      • Internaute 65737
        Gros con de droite

      « Descartes, Newton, Galilée se foutaient royalement de la productivité de leurs recherches »

      Probablement. Mais l’auteur a traité ce point quand il indique qu’on laisserait leur liberté totale aux chercheurs les plus brillants parmi ceux qui ont fait leurs preuves. Vous aurez mal lu.

  • Panca
    Panca
    raleur qui aime les débats
    • Posté à 22h53 le 12/02/2009
    • Internaute 23059
      raleur qui aime les débats

    Bonjour, vous écrivez « J’en ai vu se poursuivre (note de moi-même : des cours), alors que le public se limitait à deux ou trois étudiants, alléchés par des notations laxistes destinées à éviter le vide total »

    Je n’ai moi-même jamais vu cela, on peut comprendre qu’un débutant ai peu d’étudiants dans son cours, après tout les enseignants-chercheurs ont une formation d’enseignant « sur le tas », mais après quelques années de pratique, cela peut il exister ? Ne cherchez vous pas jeter le bébé avec l’eau du bain ? Comme vous enseignez l’économie vous ne prenez pas la peine de dire que « le prix Nobel d’économie » qui fait la une de nombre de médias n’existe tout simplement pas mais que c’est dans « le prix de la banque de Suède » (décerné à la même période de l’année que les prix Nobel)

  • Jean-no
    Jean-no
    très occupé
    • Posté à 23h41 le 12/02/2009
    • Internaute 48490
      très occupé

    Je respecte votre avis (que je ne partage pas) et je salue le fait de ne pas avoir peur de l’exprimer dans une certaine solitude car peu d’universitaires vous suivront sur ce terrain.
    La question qui est posée est de savoir à quoi sert l’université. Pour l’homme de la rue, elle sert éventuellement à donner du boulot aux jeunes gens. Pour notre président, apparemment, l’université est une bouche inutile que l’état doit nourrir. Quoi que l’on pense des propositions de Valérie Pécresse, la vision de l’université exprimée par le président peut difficilement être considérée autrement que comme méprisante et les lois qu’il impose, surtout par décret, puisqu’elles sont portées par cette vision, pourraient difficilement être autre chose que nuisibles.

    L’université a fait sortir l’Europe des heures sombres du moyen-âge avec des gens comme Abélard, Grosseteste, Albert le grand, etc. L’université a créé des pôles intellectuels de premier plan : Bologne, Paris, Oxford, Salamanca, Prague...
    On n’y dispensait pas de cours d’économie, on s’y intéressait à la formation et à l’expression des idées, à la logique, aux mathématiques, à la biologie, à la botanique. On s’y est attaché à comprendre le monde et à se poser quelques questions existentielles.
    Pour certains, ces questions sont réglées si l’on peut conduire une porsche et porter une rolex au poignet. Ils ont sans doute raison, mais qu’ils laissent vivre ceux qui pensent un peu différemment et qu’on arrête de croire que la fac sert à transformer ceux qui y passent en bons petits boulons pour l’industrie et les services. Leave la fac alone ! Est-ce qu’on râle quand un stade est construit ? Dépenser des millions d’euros pour regarder vingt-deux personnes se battre pour donner des coups de pieds dans un morceau de vache morte, c’est normal ? Dépenser l’argent du contribuable pour créer des routes sur lesquelles vont rouler des véhicules bruyants et émetteurs de micro-particules cancérogènes, c’est logique ?
    Tout est question de choix de société.

  • Albion
    Albion
    Célibataire
    • Posté à 00h42 le 13/02/2009
    • Internaute 60844
      Célibataire

    Jean Matouk lit-il ce que les universitaires écrivent ? Ecoute-t-il ce qui se dit ? Depuis plus de dix jours, les déclarations, les interviews et lettres adressées au ministre disent la même chose : une réforme est nécessaire. Mais pas cette entreprise de démolition, maladroite, bâclée et guidée par une doctrine. Le retrait de cette réforme n’est pas un but en soi. C’est seulement une étape nécessaire avant d’entamer une réelle réforme, bien pensée et utile.

    • Hulk -bloqué-
      Hulk -bloqué- répond à Albion
      Gros con de droite
      • Posté à 01h37 le 14/02/2009
      • Internaute 65737
        Gros con de droite

      C’est la blabla moderne des opposants conservateurs à toute réforme :

      au lieu de dire ce qu’ils pensent : « il ne faut rien changer à part nous filer plus de pognon »,

      ils disent : « oui, une réforme est nécessaire, mais pas celle-ci ».

      Ca ne prend plus les amis, il faudra trouver autre chose pour berner le populo...

  • eskimo
    • Posté à 06h43 le 13/02/2009
    • Internaute 24163

    « Loin de moi l’idée de réfuter le caractère essentiel de la recherche fondamentale dans les sciences “dures” ; mais celle-ci ne peut être orientée exclusivement en fonction de la curiosité humaine, si productive qu’elle soit. »

    à lire cela on se dit que l’auteur méconnait, alors même qu’il a un avis sur la recherche, le fonctionnement de la recherche en sciences dures. La seule science dont une partie des chercheurs réfléchit dans le vide à ma connaissance est celle qui tend à mettre en avant ce que serait un monde ou regne une concurrence pure et parfaite. Et miracle ! Ce qui relève de la plus vaine curiosité humaine est devenu le crédo de la marche du monde. Comme quoi entre vanité de la connaissance et utilité sociale les lois sont plus simples qu’il n’y paraît.

  • yeba
    yeba
    fonctionnaire
    • Posté à 09h59 le 13/02/2009
    • Internaute 69892
      fonctionnaire

    Avant de commencer je tiens à dire, comme Jean Matouk, que je n’approuve pas les réformes de ce gouvernement et de ce Président pour lequel je n’ai pas voté.

    La LOLF (loi organique relative aux lois de finances) du 01 août 2001, réforme en profondeur la trésorerie publique et son utilisation par l’État. Elle doit mettre en place une gestion plus démocratique et plus performante au service de tous (citoyens, usagers du service public, contribuables, agents de l’État). En raccourcissant et en schématisant un peu, par un suivi efficace, chaque € public dépensé doit être justifié.

    Dans la pratique, je l’entendais encore sur les ondes de France-Inter cette semaine, elle patine dans la choucroute bien que nous soyons dans la 3ème année de sa mise en application. Les remontées d’informations ont bien du mal à suivre un droit chemin. La faute étant incriminée aux outils de gestion informatique (logiciels, etc.). L’iFRAP (Institut Français pour la Recherche sur les Administrations et les Politiques Publiques), organisme indépendant, écrivait à son propos dans son bulletin du 09 juillet 2008 : « En fait, on touche là au cœur de l’inefficacité congénitale de la LOLF : tout débutant en organisation sait que pour réorganiser une institution, il faut commencer par faire un audit et à partir de celui-ci, fixer les grandeurs qui permettront de mesurer valablement les progrès accomplis. »

    Et c’est bien là, à mon sens, tout le cœur du problème. Il en est pour la LOLF, comme pour tout le système public, comme pour l’Université - qui est le thème de mon papier du jour, revenant sous les feux de l’actualité en ce moment - en l’absence d’audit réalisé, on continuera de patiner dans cette fameuse choucroute !

    J’écrivais un papier qui est passé dans le courrier des lecteurs d’un grand quotidien régional en novembre 2005. Plus de 3 ans après le problème reste posé dans son intégralité. Voici ce papier :

    « Recherche publique :

    Le projet de loi sur la Recherche sera soumis au Sénat le 16 décembre prochain et devrait être transmis à l’Assemblée en janvier 2006. Le ministre délégué à la Recherche prévoit d’ici 2010 une augmentation de 27 % des moyens et 21000 recrutements estimés. Des journées d’action rassemblent les syndicats de chercheurs et d’enseignants de la Recherche publique mécontents qui se mobilisent avec un slogan commun “ Sauvons la Recherche ”. Je renvoie les lecteurs de notre journal à l’article paru dans le Sud-Ouest du 14.10 signé par Dominique Richard, dans lequel il rappelle que la Recherche publique est épinglée par la Cour des Comptes dans un rapport accablant (¼ des enseignants chercheurs considérés comme inactifs, les moyens financiers ne sont pas utilisés efficacement, gabegie de l’argent public, manque de transparence, à budget supérieur 40 % de résultats en moins par rapport au Royaume-Uni, etc.) Il en est de même pour la Recherche comme pour bon nombre d’autres secteurs publics. L’argent et les moyens sont en place et, par une espèce de “ fatalité ”, la finalité des objectifs n’est jamais atteinte. Quand sera mis en place un organisme irréprochable veillant à l’utilisation correcte, justifiée, de l’argent public ? Lequel, bien utilisé, permettrait à la Recherche publique française de rayonner et de s’affirmer… »

    Alors, si nous voulons aujourd’hui « Sauver la Recherche », qu’un audit irréprochable en blouse blanche se penche au chevet du malade avec son stéthoscope, son savoir de médecin et commence par l’examiner attentivement…

    Brefs commentaires maintenant sur ces extraits du papier de JEAN MATOUK :

    « …Nos universitaires sont, en moyenne, beaucoup moins bien payés que leurs collègues étrangers. Avoir un bureau personnel est un privilège. Participer à des colloques exige souvent des acrobaties comptables, ou le recours à sa bourse personnelle… » :

    Moins bien payés ? À voir… Des bureaux, à ma connaissance il y en a et largement dans toutes les UFR, mais, effectivement certains enseignants ne faisant pas de recherche (il y en a plus que vous ne pensez) et faisant 6h30 de cours n’ont pas de bureaux. Il y a également en dotation (avantage en nature ?) pour les enseignants du supérieur des dizaines de milliers d’ordinateurs & téléphones portables + lignes Internet « à la maison ». Les colloques à l’étranger représentent des sommes pharamineuses sur le chapitre budgétaire 625-6 et je ne parle pas des frais « dits de réception » sur le chapitre 625-7. Tout cela est-il justifié, car, rien que sur ces 2 chapitres bugétaires on peut globaliser des millions et des millions d’euros pour l’Université française ?

    J’en doute grandement… Je me souviens d’un directeur d’UFR disant à ses collègues « Bon, j’ai visité le monde entier en travaillant ; à la retraite je visiterais la France… » Là aussi, qu’un audit aborde le problème lié à ces dépenses, à mon sens abusives.

    Que le même audit aborde les fameuses « heures complémentaires », les universitaires savent de quoi il s’agit. Bonus en général, car ces heures ne sont pas effectuées et là aussi on globalise en dizaines de millions d’euros... Tout cela laisse rêveur...

    « …Pendant la même durée, j’ai vu se poursuivre des enseignements optionnels pour la seule satisfaction de ceux qui les professaient, sans aucun souci de l’utilité pour les étudiants... » :

    Vrai

    « ...J’en ai vu se poursuivre, alors que le public se limitait à deux ou trois étudiants… » :

    Vrai

  • yeba
    yeba
    fonctionnaire
    • Posté à 10h41 le 13/02/2009
    • Internaute 69892
      fonctionnaire

    Juste 2 choses avant de partir, comme disait le regretté lieutenant Columbo :

    1/ quand Jean MATOUK écrit : « Participer à des colloques exige souvent des acrobaties comptables, ou le recours à sa bourse personnelle »... Sachez que si une avance est parfois consentie par l’enseignant qui part à un colloque à l’étranger, il sera remboursé dans sa totalité pour tous ses frais « professionnels » (avion, hôtel, restauration...) à son retour, dans les délais les plus courts. il n’est jamais de sa poche, sauf pour des dépenses perso.

    2/ désolé, je mets les pieds dans le plat, mais, fastoche de faire grève pour un enseignant du supérieur pour lequel aucune journée d’action ne sera retenue sur sa paye. Sauf, volonté expresse de sa part, déplacement perso auprès des services financiers de l’Université pour « exiger » qu’une (ou plus) journée lui soit retenue. Personne ne le fait à ma connaissance... Qui le ferait ? Un pur et dur... Faut pas rêver !

    Explication, le Président, qui est un collègue enseignant élu par ses pairs, ne va pas envoyer des personnels (qui pourrait le faire ?) dans les labos, amphis, au fin fond d’un campus ou autre, pour voir si tel prof est là ou pas un jour de grève ?

    • Hulk -bloqué-
      Hulk -bloqué- répond à yeba
      Gros con de droite
      • Posté à 01h39 le 14/02/2009
      • Internaute 65737
        Gros con de droite

      Non, mais les élèves pourraient se plaindre des profs qui n’ont pas assuré leurs cours. C’est eux qui trinquent injustement après tout.

  • jeansimon85
    jeansimon85
    retraité
    • Posté à 10h51 le 13/02/2009
    • Internaute 69893
      retraité

    Il faut absolument cette réforme, puisque les prof de FAC et les jeunes Normaliens perpétuent une véritable rente de situation et des privilèges pour ceux seuls qui par magouilles et combines demeurent à vie en situation, ou intègrent les postes par réseaux ou relations assistées.
    Le rapport : coût pour l’état / rendu pour la recherche et les citoyens doit etre mathématiquement assez proche de l’infini ... Ces prof. sont dans la situations des actionnaires actuelles du CAC40 qui malgré la crise se partagent 54 miliards de dividendes ... !

    Pécresse doit aller plus loin et notamment en ce qui concerne les Docteurs d’Etat , diplomés depuis 5 à 8 ans, qui avec courage tentent d’intégrer la profession - sans succès malgré CV favorables et critères de sélection souhaités . Pécresse ne se préoccupe pas de ces précarités qui font qu’à 33 ou 37 ans , vous n’avez pas de poste en regard de vos diplômes et que vous vous retrouvez remplaçant dans le secondaire sans continuité de poste, et contraint de prendre des enseignements complémentaires ( pour assurer le mini. à votre famille), dans des établissements privés, heureux de pouvoir capter votre disponibilité et niveau pour le moindre coût et une bonne image pour leur établissement !
    Dans d’autre cas c’est le départ vers l’étranger- la démission - l’intégration dans des institutions territoriales pour des postes sans connection avec le parcours des intéressés ... un suicide !
    La fille de notre secrétaire d’Etat « Marleix “ n’a pas eu cette problématique pour être maître de conF. à la Sorbonne ! !

    C’est ce que les prof. eux-memes appellent l’égalité des chances ‘ l’éthique de la République .
    Il y a un grand chemin à faire pour défaire ce Mandarinat et donner à nos universités et universitaires une autre rentabilité et un rendu véritable de nos valeurs d’équité etc .....

    Bien à vous, chers démocrates !

    JS85

    N.B : Désolé mon propos n’est pas très objectif ; en effet j’ai omis les enfants du 9-3’ qui ont maintenant accès à Science Po ....

    • Jean-no
      Jean-no répond à jeansimon85
      très occupé
      • Posté à 01h38 le 16/02/2009
      • Internaute 48490
        très occupé

      Il y a des enfants du 9-3 qui ont accès aux universités du 9.3
      La fille Marleix que vous citez est un exemple exceptionnel des travers qui guettent l’université « autonome » (cad. déréglementée), au contraire de ce que vous dites. Car actuellement, cette nomination n’est pas franchement légale.

  • shillom
    • Posté à 11h49 le 13/02/2009
    • Internaute 22134

    « Les prix Nobel qu’elle parvient encore à “produire” sont le fait d’hommes exceptionnels “
    Il me semble que l’objet d’un prix nobel est justement de récompenser des hommes exceptionnels...

  • solstice
    solstice
    pigiste
    • Posté à 12h10 le 13/02/2009
    • Internaute 38451
      pigiste

    Dommage que les commentaires soient essentiellement un duel entre factions rivales qui n’enrichissent pas le débat. La position de M. Matouk est certes dérangeante mais intéressante et certainement pertinente (tous ces « ente » me fatiguent).

    Il y a certainement une bonne chose à retenir dans l’autonomie des universités, c’est la proximité : un président d’université (compétent, de préférence) est certainement mieux placé pour gérer ses besoins en heures de cours ou recherche fondamentale que Paris. Une université gérée de près tendrait à améliorer son image, ses performances et recruterait ses enseignants comme ses étudiants dans l’idée de faire avancer l’enseignement ET la recherche.

    Aujourd’hui, nos enseignants sont relativement mal payés, peu reconnus et leurs étudiants échouent en grande majorité avant d’avoir bouclé un premier cycle. Il y a forcément mieux à faire...

  • meli
    meli
    rêveuse
    • Posté à 14h11 le 13/02/2009
    • Internaute 58071
      rêveuse

    personnellement,
    je rigole devant ces commentaires qui parlent de ces privilégiés d’enseignants-chercheurs...
    ça me rappelle les commentaires sur ces salauds de fonctionnaires de la SNCF, de ces trains toujours en retard, etc.

    Dès fois, je me dis, les gens n’ont que ce qu’ils méritent.
    Ils sont beaucoup plus occupés à se taper entre eux, plutot que de voir qui sont les réels profiteurs.

    On verra dans 10 ans, lorsque vos enfants n’auront plus accès à l’Université, car les études supérieures seront devenues bien trop cher On verra dans 10 ans quand des filières entières auront été tuées sous prétexte économique...Car l’économie est tout. Le savoir, l’éducation, ce n’est rien sauf si ça permet de faire de bons petits esclaves....

    On verra quand les trains tomberont encore plus en panne, qu’il y aura des accidents, que les lignes se dégradent encore plus, car privatisation oblige, l’entretien ne sera plus assuré (ou alors ce sera l’Etat qui paiera, mais les bénéfices iront au privé).

    Bonne chance à tout le monde.
    Bon courage dans ce monde de merde.
    Je comprends pourquoi cette élite de l’argent arrive à rester au pouvoir.

    • framboise92
      framboise92 répond à meli
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 22h37 le 13/02/2009
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      Je rêve comme vous, c’est-à-dire que nous sommes consceintes, toutes les deux !
      Cordialement !

    • Jean-no
      Jean-no répond à meli
      très occupé
      • Posté à 01h43 le 16/02/2009
      • Internaute 48490
        très occupé

      Aux US, la moins chère université publique coûte 10 000 dollars de frais d’inscription (somme qui ne comprend pas l’hébergement). Les universités privées vont de 20 à 40 000 dollars ou plus. En revanche un petit nombre d’élus a droit à des bourses qui permettent de les exempter de tout ou partie de ces frais.
      En France, c’est aux alentours de 200 euros pour tout le monde.

      Alors je suis bien d’accord avec vous. Mais le public n’a généralement pas fait polytechnique (et même les polytechniciens, parfois on se dit qu’ils n’ont pas fait polytechnique) et comprend mal qu’on les pousse à scier la branche sur laquelle ils sont assis. C’est frappant avec la Poste et la SNCF : chaque pas vers la privatisation correspond à une dégradation du service... Et on voit la privatisation totale comme solution. C’est absurde.

  • possible
    possible
    etre humain
    • Posté à 14h36 le 13/02/2009
    • Internaute 67615
      etre humain

    merci Jean Matouk, ca fait du bien ! ! !
    Soulage de savoir qu’il existe des personnes comme vous en France.
    une grande note d’espoir.

  • Canadien_volant
    Canadien_volant
    Waterloo... Morne plaine
    • Posté à 15h11 le 13/02/2009
    • Internaute 39993
      Waterloo... Morne plaine

    Merci pour cette contribution qui éclaire d’un autre regard les problèmes actuels. On mélange souvent les impératifs de recherche et d’enseignement, même s’il est nécessaire qu’ils aillent de concert à l’Université : un enseignant universitaire doit nourrir son enseignement de ses recherches ou d’autres recherches actuelles, non seulement d’un savoir ancien non renouvelé.
    Ceci étant dit, on constate encore les erreurs des méthodes à la hussarde, là où des propositions avaient été faites (Assises de la Recherche entre autres) qui auraient pu enrichir le dialogue avec la Ministre.
    Le système actuel voit le démantèlement des organismes nationaux (le CNRS n’est plus qu’une coquille vide après qu’on lui ait retiré la définition des politiques scientifiques (ANR), les moyens financiers (encore l’ANR), l’évaluation (l’AERES), la gestion des laboratoires (Universités) et bientôt la gestion de ses personnels (une Agence de moyens n’a pas de personnel pour faire le travail de recherche). Quant à l’INSERM, sa situation est similaire.
    Cependant, on devrait se rappeler cette lettre ouverte -parue dans le Monde- des Présidents d’Université, il y a quelques années. Ils expliquaient que 70% de la Recherche se faisait dans ces mêmes Universités, ce qui réduisait de facto l’influence du CNRS.
    Ces Présidents ont été entendus puisque nous sommes aujourd’hui dans une situation où les organismes nationaux qui pouvaient définir une politique à l’aulne des enjeux internationaux, sont dépouillés de leurs moyens d’actions alors que les Universités se sont trouvées investies de pouvoirs qu’elles ne peuvent mettre en action, compte tenu de leur fonctionnement, avec en particulier une tradition (pas générale mais étendue) de recrutement endogamique qui n’a pas contribué à l’élévation générale du niveau d’excellence.
    Quant à l’enseignement, on pointe trop souvent les individus qui tirent profit du système (nous en connaissons tous) en oubliant le dévouement de tant d’enseignants chercheurs se consacrant à un enseignement de qualité malgré la pénurie des moyens. Que tout critique du système aille faire un tour sur un campus universitaire (n’importe lequel) pour voir l’état de décrépitude des locaux...
    L’université a accepté un doublement de sa population avec des crédits qui n’ont pas augmenté en proportion. Et nous connaissons tous ces enseignants chercheurs qui combinent un enseignement de qualité et une recherche de niveau international : ceci ne se fait pas en travaillant 35 heures par semaine.
    Ceci étant dit, il faudra bien changer le fonctionnement d’une manière ou d’une autre. L’autonomie des Universités est plutôt une bonne chose : elle confère une liberté d’action que les personnels devraient saisir. Elle n’autorise cependant pas l’Etat à se décharger de ses responsabilités en termes de moyens. L’Etat a voulu montrer ses muscles en décrétant plutôt que de convaincre : il en paie le prix aujourd’hui. Pendant ce temps, les autres pays n’attendent pas pour effectuer les avancées scientifiques et technologiques qui seront les sources de richesse de demain.
    Cordialement

  • labbe.resina
    labbe.resina
    vieux ringard
    • Posté à 15h24 le 13/02/2009
    • Internaute 69943
      vieux ringard

    travailleur handicape au chomage pere de trois enfants, mon fils aine (un peu doue en sport) a choisi de partir outre atlantique apres son bac pour poursuivre son cursus ... il avait bosse tout l’ete pour avoir un petit pecule ... je n’ai pu lui donner que 50 euros de viatique cela m’a fait mal mais c’est ainsi ...
    il jubile ... a pu obtenir des bourses sans tenir compte du revenu de ses parents il a des profs de grande qualité des amphi non surchargé et en trois ans aura un diplome (il est dans le top 24 des universites mondiale) valorisant qui lui permettra de bosser immediatement ... ses amis en france vegetent dans des amphis surchargés avec de grande chance d’etre chomeur ... je ne veux pas juger mais je pense qu’il serait temps de faire bouger nos universités en france, noter, juger un enseignant ne me parait pas inconvenent ... imaginer qu’un president d’université puisse recruter en fonction de sa vision (si il a ete democratiquement elu bien sur) ne me choque pas ... ce qui me gene c’est que mon fils ait plus de chance à l’étranger pour son avenir que dans son propre pays ... cette reforme n’est peut etre pas si mal ?

    • Jean-no
      Jean-no répond à labbe.resina
      très occupé
      • Posté à 01h48 le 16/02/2009
      • Internaute 48490
        très occupé

      Les bourses des universités américaines dépendent de l’excellence des étudiants. Elles ne concernent pas tout le monde.
      Les enseignants du supérieur sont évalués régulièrement et le cours de leur carrière dépend de ces évaluations. On ne peut pas devenir professeur des universités sans avoir passé un certain nombre d’étapes contrairement à de nombreuses professions où l’avancement se fait naturellement.

  • Vuedechezmoi
    Vuedechezmoi
    utopiste
    • Posté à 16h25 le 13/02/2009
    • Internaute 63037
      utopiste

    Souvent on incrimine les organisations, les systèmes, etc... mais c’est avant tout les hommes qu’il faut changer, cher Matouk ! Car ce sont bien les systèmes... de pensée qui produise les phénomènes extérieurs. Tant que nous aurons les mêmes bulbes à tous les étages, on continuera le jeu des chaises musicales ! L’université contient elle aussi beaucoup de ces mêmes bulbes...

  • Rahan FilsdeCrao
    Rahan FilsdeCrao
    (libre penseur)
    • Posté à 19h11 le 13/02/2009
    • Internaute 67504
      (libre penseur)

    Je n’ai qu’une chose à rajouter :

    Motions votées par la Coordination Nationale du 11 février 2009 (à Paris VIII)

    Posted : 11 Feb 2009 02 : 40 PM PST

    Communiqué du matin

    L’Université est à Saint Denis aujourd’hui. Après la journée de manifestation nationale qui a rassemblé près de 100000 personnes et confirmé la force exceptionnelle de la mobilisation, la Coordination nationale des Universités, aujourd’hui réunie à Paris 8, dénonce la manœuvre médiatique et la stratégie de diversion que Valérie Pécresse a trouvées comme seule réponse à nos demandes de retrait des réformes en cours. La coordination affirme que tous les représentants de l’Université et la Recherche se trouvent en ce jour réunis à l’université Paris 8, et non au Ministère où ne se déroule qu’une parodie de consultation.

    Motion 1

    Comme celles du 22 janvier et du 2 février 2009, la Coordination Nationale réunie le 11 février 2009 condamne la mise en place d’une politique d’affaiblissement structurel de l’enseignement et de la recherche, la précarisation des personnels de toutes catégories, enseignants, enseignants-chercheurs, chercheurs, BIATOSS et ITA, notamment au travers de l’individualisation des carrières, de la mise en place du nouveau contrat doctoral et des suppressions d’emplois. Cette politique menace les conditions de vie, la formation et l’avenir des étudiants. La Coordination Nationale constate que toutes ces contre-réformes résultent de la loi LRU et du pacte sur la Recherche. En conséquence, elle demande en urgence que la communauté universitaire et le monde de la recherche soient consultés sur une nouvelle loi garantissant démocratie, collégialité, indépendance, liberté et égalité entre les universités et les domaines de recherche, car l’Université n’est pas une entreprise et le Savoir n’est pas une marchandise. Elle exige le rétablissement des postes supprimés, un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires dans les universités et les grands organismes de recherche, dont elle refuse le démantèlement. Elle soutient les mobilisations en cours. Elle constate que les ministères n’ont toujours pas retiré :
    - la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degrés.
    - le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs.

    En conséquence la Coordination Nationale appelle l’ensemble des universités et des laboratoires à rejoindre le mouvement de grève totale, reconductible, illimitée, déjà engagée dans de très nombreuses universités.

    Motion 2

    La Coordination Nationale constate l’amplification et l’élargissement de la mobilisation à toute la communauté de l’enseignement supérieur et de la recherche. Elle se félicite de l’appel de la Sorbonne lancé par des présidents d’université et invite tous les présidents à se rallier à ce texte. Elle condamne le caractère systématique, idéologique et économique de toutes les réformes engagées par le gouvernement : c’est toute sa politique de la recherche et de l’enseignement supérieur qui est mise en cause. La coordination dénonce la série de « réformes » que le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et le ministère de l’Education Nationale ont engagées à la hussarde sans aucune négociation :
    - la loi LRU et le pacte de la Recherche
    - la transformation radicale des organismes de recherche en agences de moyens
    - la réforme de l’allocation des moyens aux établissements qui renforce la concurrence entre eux (modèle dit « Sympa »)
    - le pilotage, par le pouvoir politique, de la Recherche et de l’Université
    - la précarisation des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche et la remise en cause des statuts nationaux (EC, BIATOSS, ITA, PRAG, PRCE…)
    - le démantèlement des concours nationaux de recrutement des enseignants du premier et du second degrés, et le projet de « masterisation » de la formation des enseignants
    - le projet de contrat doctoral
    - l’abandon de la définition nationale des DUT ainsi que du fléchage des moyens des IUT et des IUFM.
    - la réforme du système de bourse sur critères sociaux

    Il apparaît clair que les attaques contre l’université ne sont qu’un élément d’une politique plus générale de destruction du service public d’éducation de la maternelle au supérieur, comme en témoigne la remise en cause de la laïcité par les accords Kouchner avec le Vatican. La Coordination Nationale appelle donc à la convergence des revendications de la maternelle à l’enseignement supérieur. Elle invite les enseignants du premier et du second degrés et leurs organisations syndicales à rejoindre ce mouvement. Elle appelle à l’ouverture d’un grand débat national sur l’ensemble des dossiers contestés à l’heure actuelle et qui concernent l’ensemble de la société française.

    Motion 3

    Tant que ses revendications ne sont pas entendues, la Coordination Nationale maintient ses actions, à commencer par la grève. Elle appelle les confédérations syndicales à soutenir ces revendications le 18 février, lors de la rencontre avec le chef de l’Etat.

    Pour renforcer le mouvement de grève initiée le 2 février, et parfois plus tôt, la Coordination Nationale appelle à des formes d’actions diversifiées qui peuvent s’inscrire dans le calendrier suivant :
    - le jeudi 12 février, l’AG qui se tiendra au CNRS (siège parisien) à 10H doit rassembler le plus largement possible.
    - le vendredi 13 février, à 15h, cérémonie de non remise symbolique des maquettes dans les différents rectorats et au ministère, assorties de « cœurs » comme autant de preuves d’amour pour la ministre.
    - le mardi 17 février, journée massive d’information (distribution de tracts, RV communs) dans les gares.
    - le jeudi 19, journée nationale de manifestations. La Coordination Nationale propose en outre l’organisation d’une manifestation nationale réunissant l’ensemble du personnel éducatif à une date proche (fin février ou début mars).

    Dès maintenant, la Coordination Nationale appelle à signer le moratoire sur les expertises de l’ANR et de l’AERES (à l’appel de SLR et du C3N), à tenir et à renforcer son engagement du 2 février : « l’Université et la Recherche s’arrêtent ».

    La prochaine AG de la Coordination Nationale aura lieu le vendredi 20 février à Paris Ouest Nanterre. Nous mettons à l’ordre du jour de cette AG une démission de nos fonctions administratives.

    Motion 4

    La Coordination Nationale condamne catégoriquement les violences policières contre la communauté universitaire, qui défend pacifiquement ses revendications légitimes. Elle dénonce la présence policière sur les campus.

    Communiqué du C3N Lundi 9 février 2009.

    Posted : 11 Feb 2009 12 : 45 PM PST

    Communiqué du C3N Lundi 9 février 2009.
    Le C3N, qui regroupe le bureau du Conseil Scientifique (CS) du CNRS, les présidents des Conseils Scientifiques de Département (CSD) et le bureau de la Conférence des Présidents des sections du Comité National (CPCN), partage l’émotion de tous les personnels de la Recherche, choqués par le discours prononcé jeudi dernier 22 janvier par le président de la République.
    Le C3N hésite pour sa part entre la sidération et la colère devant l’agressivité délibérée du ton, que ne justifient ni le caractère sommaire des analyses assénées, ni le caractère platement comptable des ambitions mises en avant.
    Il ne saurait accepter la condamnation des organismes français au motif de comparaisons mal informées et de mauvaise foi avec l’étranger ni, sous couleur d’évaluation, la mise en accusation globale des enseignants-chercheurs, auxquels le président-procureur promet des millions d’euros tout en les rendant, au fond, responsables devant l’opinion, par l’insuffisance prétendue de leurs performances, de tous les maux économiques du pays. Le C3N dénonce l’ingérence brutale et permanente dans la sphère des compétences académiques d’un pouvoir politique qui court-circuite toutes les instances et toutes les procédures de concertation en nommant à tour de bras des « comités » majoritairement acquis à ses positions.
    Le C3N estime que l’heure est à la coordination de l’action entre les personnels des organismes de recherche et ceux des universités. Il se déclare partisan de la tenue d’une conférence plénière du Comité national de la recherche scientifique, et pense que cette conférence devrait donner lieu, sous les formes appropriées, à une convergence de réflexion et d’action avec le Conseil national des Universités. À cet effet, le C3N prendra rapidement contact avec la Conférence des Présidents du Conseil National des Universités (CPCNU).
    Dans l’immédiat, constatant l’accélération et l’aggravation depuis janvier de l’ensemble des évolutions négatives contre lesquelles il n’a cessé de mettre en garde depuis 2008, le C3N appelle solennellement la communauté scientifique à un moratoire des expertises à l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) et à l’Agence d’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (AERES).
    Chaque évaluateur pressenti ou potentiel est invité à signifier son engagement dans ce moratoire par un courrier électronique adressé aux responsables de ces deux agences, avec copie à la ministre.
    Pour information, les adresses sont « jacqueline.lecourtier@agencerecherche.fr », « jean-francois.dhainaut@aeres-evaluation.fr » et « valerie.pecresse@recherche.gouv.fr ». Afin de nous permettre de suivre sur un plan strictement quantitatif la progression de cette action, nous vous proposons également de mettre votre message en copie à l’adresse « c3n.moratoire@gmail.com »
    Par cet appel, qui lui paraît traduire les sentiments profonds du monde de la recherche et auquel il invite toutes les instances et structures concernées à s’associer selon les intentions et selon les formes qui leur sont propres, le C3N assume sa part de responsabilité dans une situation désormais devenue inacceptable.
    Dans cet esprit, le C3N estime que le retour à un dialogue serein et constructif sur les réformes à opérer ne saurait intervenir :
    – que si le gouvernement adopte enfin des méthodes de concertation dignes de ce nom
    – et que, par des prises de position publiques suivies d’actes concrets, rapides et formalisés, il
    - s’engage dans la voie de la reconnaissance et du renforcement du rôle national des organismes dans la structuration de la recherche (et non pas dans celle de leur négation et de leur démantèlement) ;
    - exprime clairement sa compréhension de la nécessité scientifique du caractère pluridisciplinaire du CNRS ;
    - préserve l’avenir des laboratoires mixtes (les UMR) et l’engagement du CNRS dans ces unités ;
    - se fixe le cap de relancer l’emploi scientifique sous forme de postes permanents pour toutes les catégories de personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche (et non pas celui d’instaurer et de généraliser un système d’emplois
    contractuels précaires) ;
    - consent à reconnaître aux enseignants-chercheurs les moyens d’assurer leurs missions de recherche (au lieu de continuer à les accabler de tâches bureaucratiques et de mettre ces missions en concurrence avec leurs missions
    d’enseignement) ;
    - garantit, pour les laboratoires comme pour les chercheurs et les enseignantschercheurs, la prédominance du modèle de l’évaluation scientifique par les pairs, avec une proportion significative d’élus, sur le double principe intangible de
    l’indépendance académique et de la compétence scientifique.
    Au vu des réponses qui auront entre temps été apportées par la ministre, il appartiendra à la conférence plénière du Comité national, dont le C3N est partie intégrante, de se prononcer pour la suspension ou la prolongation du moratoire et de
    décider, le cas échéant, des autres actions collectives qu’elle jugera appropriées. Le C3N rappelle enfin qu’il s’est engagé depuis plusieurs semaines dans une large consultation des unités de recherches sur le thème du maintien de la « continuité thématique » au CNRS. La question du maintien de la biologie et de l’informatique en son sein est au coeur de la lutte pour que le principal organisme de recherche national puisse continuer à exercer un rôle efficace auprès des universités dans un système de recherche français qui, contrairement aux allégations du président de la République, n’a jamais cessé de se réformer et ne l’a pas attendu pour cela. Cette question est déterminante pour assurer une interdisciplinarité complète à l’intérieur de l’organisme – interdisciplinarité plus que jamais nécessaire si l’on veut bien considérer que tous les champs disciplinaires sans exception (y compris les sciences humaines et sociales) sont requis pour répondre aux grands défis nationaux et planétaires complexes du XXIe siècle.
    Le C3N appelle donc les laboratoires qui ne se seraient pas encore exprimés sur ce sujet à organiser leur vote et à en communiquer le résultat (avant le 15 février 2009) à l’adresse suivante : continuite.thematique@c3n-recherche-scientifique.fr. On peut déjà, sur le site Lien, s’informer en temps réel des progrès et des résultats de
    cette consultation, qui a déjà recueilli un très large soutien puisqu’à la date de ce communiqué, 564 unités ont déjà répondu, et que parmi elles, 551 unités, d’un effectif total de 54603 personnes, dont 32146 personnels permanents (de toutes catégories) l’approuvent.

    COMMUNIQUE DU CERI/SciencesPo

    Posted : 11 Feb 2009 12 : 14 PM PST

    COMMUNIQUE DU CERI/SciencesPo (UMR 7050 du CNRS) ASSEMBLEE GENERALE DU 11 FEVRIER 2009

    Le personnel du CERI réuni le 11 février 2009 en assemblée générale affirme sa participation au mouvement de protestation nationale contre les réformes déjà mises en œuvre ou envisagées dans l’enseignement et la recherche, et tout particulièrement contre la réforme du statut d’enseignant-chercheur et le démantèlement du CNRS.
    Le CERI tient à s’associer à l’émotion ressentie par l’ensemble de la communauté scientifique face au discours du Président de la République du 22 janvier et au mépris dont il a témoigné à l’égard de celle-ci.
    Le CERI considère que Sciences Po., membre de la communauté académique, se doit d’être partie prenante à ce mouvement et appelle l’ensemble des personnels de l’établissement à contribuer à son amplification.
    Le CERI souligne le lien fort qui existe entre la situation que connaît d’ores et déjà Sciences Po et ce qui tend à se mettre en place au niveau national. Il en est ainsi d’un présidentialisme managérial que l’évolution de l’université, telle que projetée, tend à généraliser, tout comme des modalités de recrutement et d’évaluation.
    Face à cette situation, il nous paraît indispensable de défendre l’indépendance des métiers du savoir et d’affirmer le laboratoire
    comme le lieu naturel de l’exercice de nos métiers (chercheurs, enseignants-chercheurs, accompagnateurs de la recherche, doctorants, post-docs).
    Aussi le CERI appelle t-il à une réflexion collective de l’ensemble des personnels de Sciences Po concernant l’exercice des métiers de la recherche et de l’enseignement supérieur, le recrutement, l’évaluation, la carrière, le statut des enseignants-chercheurs et des chercheurs, les possibilités offertes aux doctorants et aux postdocs ainsi que la gouvernance au sein de l’établissement. Le CERI souligne l’importance à ses yeux de la collégialité et de la pleine inscription de Sciences Po dans la communauté académique et dans le champ des sciences sociales.
    En conséquence, le CERI :
    1. décide un moratoire du laboratoire sur toutes les expertises de l’ANR et de l’AERES voté à l’unanimité
    2. demande au directeur du CERI, face aux propos tenus par le Président de la République, d’exprimer ses réticences à apporter l’expertise du centre aux administrations voté à l’unanimité
    3. se déclare laboratoire en lutte voté à l’unanimité.

    Album photo 3ème coordination (11 février).

    Posted : 11 Feb 2009 11 : 07 AM PST

    Merci au photographe officiel de la coordination.

    Lien

    coord3

    IUFM Val de Loire

    Posted : 11 Feb 2009 10 : 13 AM PST

    Les personnels et usagers de l’IUFM Centre-Val-de-Loire dénoncent la situation désastreuse et chaotique provoquée par l’actuelle « réforme » des concours et de la formation des enseignants. Ils demandent :

    1) le retrait du projet actuel qui se résume à des annonces médiatiques, désorganise le mode de recrutement et la formation des enseignants, et se traduit par une régression sociale, professionnelle et territoriale pour toutes les personnes concernées : les étudiants, les enseignants, les personnels non-enseignants, mais aussi et surtout les élèves.
    2) le maintien de l’année de formation en alternance rémunérée après le concours, laquelle permet à la fois une entrée progressive dans le métier encadrée par des professionnels et l’existence d’une formation continue des enseignants titulaires en liaison avec l’Université.
    3) l’ouverture de négociations pour une autre réforme de la formation et du recrutement qui respecte la vocation des IUFM à être au cœur de cette formation, qui permette la reconnaissance du haut niveau de qualification et qui tienne compte d’une nécessaire formation professionnelle en prise avec les réalités du terrain départemental et régional.
    En conséquence, les usagers et personnels de l’IUFM Centre-Val-de-Loire demandent la non-remontée des maquettes de master, jusqu’à l’obtention d’une réponse gouvernementale à leurs préoccupations qui sont celles de professionnels, mais aussi de citoyens et de parents.

    La Pétition est disponible à l’adresse suivante :
    Lien

    Actu : Nantes

    Posted : 11 Feb 2009 10 : 06 AM PST

    Une assemblée générale des personnels de l’université de Nantes aura lieu demain jeudi 12 février à 11 heures sur le campus Tertre à Nantes, batiment Censive.

    Lettre du président de Rennes 1

    Posted : 11 Feb 2009 10 : 02 AM PST

    PRESIDENCE / Guy Cathelineau / Président

    Madame, Monsieur, Chèr(e) collègue,
    Notre communauté manifeste en ce moment sa plus profonde inquiétude face à la multiplication des réformes non concertées : les projets de décret sur le statut des enseignants-chercheurs et sur la mastérisation des formations aux métiers de l’enseignement. Cette situation a entraîné une importante mobilisation, renforcée par certaines déclarations des pouvoirs publics. Je comprends pleinement ces inquiétudes et partage les analyses exprimées par bon nombre de représentants de notre communauté universitaire.
    En tant que membre de la Conférence des Présidents d’Université (CPU), j’ai adopté le texte voté à l’unanimité par la CPU le 22 janvier. Ce texte demande en particulier la modification du projet initial du ministère, projet contre lequel notre Conseil d’Administration de décembre s’était prononcé. Nous avions ainsi conclu que les Présidents d’Université seraient attentifs
    aux projets de décret, et prendraient une position définitive en considérant la manière dont le nouveau projet :
    1. prendra en compte l’ensemble des activités des enseignants-chercheurs,
    2. garantira la place des équipes pédagogiques et de recherche dans le processus d’établissement de la modulation des services, en amont du travail du conseil d’administration et du président,
    3. organisera les procédures de réexamen et de recours.
    Nous avions également indiqué que nous veillerions à ce que les universités aient réellement les moyens financiers de prendre en compte toutes les activités des enseignantschercheurs. Par exemple, l’équivalence TD-TP induit de très importantes charges
    supplémentaires pour l’établissement. De ce point de vue, la suppression des postes dans l’enseignement supérieur au budget 2009 constitue un message très négatif. On peut penser que des modulations de services permettront de régulariser de nombreuses pratiques et situations, que les évolutions du métier d’enseignant-chercheur ont rendu inévitables et que les textes statutaires ne reconnaissent pourtant pas encore. Cette mesure est à mon sens une ouverture qui permettrait de prendre en compte tout au long d’une carrière, les activités de formation, de recherche et de pilotage.
    Il est néanmoins évident qu’une telle mesure ne peut être prise sans garanties pour les enseignant-chercheurs eux-mêmes. Une évaluation par le Conseil National des Universités ainsi qu’une discussion collégiale et transparente, tenant compte de leurs aspirations et de la stratégie des composantes et des unités de recherche, sont indispensables.
    Au cours des derniers mois, les équipes pédagogiques de Rennes 1 se sont fortement mobilisées pour travailler sur les maquettes des masters « enseignement ». Ce travail a été réalisé dans un souci de cohérence au niveau académique, par conséquent en étroite collaboration avec les trois autres universités de Bretagne, et donc naturellement avec l’IUFM, collaboration approuvée par nos conseils. La construction des projets pédagogiques a été rendue difficile par l’insuffisance de l’information sur les modalités de mise en oeuvre de la réforme, également soulignée par nos conseils. En dépit de certains éléments de réponse apportés à nos interrogations, on ne peut nier le fait que trop d’incertitudes demeurent sur des aspects fondamentaux, comme les stages par exemple. Ce sont autant d’éléments qui ont motivé les décisions exprimées par l’ensemble des conseils d’UFR concernés de ne pas remonter les maquettes vers les conseils centraux.
    Pour ces raisons, j’ai souhaité que les conseils soient consultés et puissent s’exprimer. Les positions des conseils seront rendues publiques, et le Conseil d’Administration du 26 février aura toute légitimité pour faire connaître la position officielle de notre Université.
    Soyez assurés, Mesdames, Messieurs, Chères collègues, Chers collègues, de mon de mon engagement à travailler activement afin de préserver et sauvegarder l’intérêt des valeurs universitaires fondamentales, et du service public d’enseignement supérieur et de recherche.
    Je suis au rendez-vous de ce travail indispensable et j’assume la responsabilité qui m’incombe.
    Guy Cathelineau, Président de l’Université Rennes 1.

    Actu : Lorraine

    Posted : 11 Feb 2009 09 : 33 AM PST

    Nancy 2 : Le CA de ce jour, qui devait étudier les maquettes de master, n’a pas eu lieu. Pour être plus exact, nous étions un certain nombre d’administrateurs (14), mais la plupart d’entre nous (9 sur 14) avons refusé de signer le PV de présence en signe de protestation contre les réformes actuelles. Nous n’étions donc, en réalité, pas là…
    => Donc, il n’y aura pas de remontée des maquettes à Nancy 2 pour le 15 février.
    Je vous informe/rappelle que les CA de l’UHP (lundi) et celui de Metz (mardi) n’ont pas pu se tenir du fait, dans les deux cas,
    d’envahissement du CA. Il n’y aura donc pas de remontée des maquettes de master pour le 15 février en Lorraine.

    La coordination nationale des universités devrait voter la poursuite de la grève

    Posted : 11 Feb 2009 06 : 02 AM PST

    « La coordination nationale des universités devrait voter la poursuite de la grève. »

    A lire chez Sylvestre Huet.

    Institut Universitaire de France : « LA LETTRE DES 122 »

    Posted : 11 Feb 2009 03 : 53 AM PST

    Institut Universitaire de France : « LA LETTRE DES 122 »
    à Monsieur N. Sarkozy, Président de la République Française

    Monsieur le Président,

    Nous, membres de l’Institut Universitaire de France (IUF), tenons à vous faire part de la stupéfaction que nous avons éprouvée lors de l’audition de votre discours du 22 janvier dernier à l’occasion du lancement de la réflexion pour une stratégie nationale de recherche et d’innovation.

    La recherche menée au sein des Universités françaises - souvent en association avec les grands organismes de recherche français – est d’une qualité et d’une diversité reconnue internationalement. L’IUF, par sa richesse disciplinaire, par son recrutement fondé sur une évaluation internationale des candidatures –si tant est que le fait du Prince ne vienne pas interférer comme nous avons hélas eu à le regretter pour la première fois cette année-, et par l’indépendance accordée à ses membres, associée à une évaluation a posteriori, constitue une excellente synthèse du modèle français de recherche universitaire. L’IUF n’est pas « l’arbre qui cache la forêt » : il regroupe des enseignants-chercheurs et des enseignantes-chercheuses représentatifs de la qualité de la recherche développée dans leurs universités, y compris celles de taille moyenne ou faible.

    Monsieur le Président, nous n’acceptons pas les sarcasmes qui ont émaillé votre discours. Les métaphores –« immobilisme », « frilosité », « repli sur soi »- sont aux antipodes de notre réalité quotidienne et de la passion que nous consacrons à notre travail. Nous n’acceptons pas non plus les contre-vérités : budgets prétendus en hausse, résultats de la recherche française prétendus en retrait de ceux d’autres pays, prétendue absence de l’évaluation de nos métiers. Nous sommes habitués aux vérifications, aux débats, aux confrontations. Chaque jour, nous devons argumenter pour défendre une idée, une découverte. Nous ne pouvons croire que notre Ministère ignore cela. Il aurait dû vous en informer ou tout au moins vous auriez dû l’écouter.

    Nous, universitaires de divers horizons et aux avis parfois divergents sur la manière d’envisager le fonctionnement de l’Université, sommes donc unanimes : le manque de considération dont vous avez fait preuve à l’égard du monde de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur le 22 janvier dernier a eu et aura des effets catastrophiques, dont notre réaction aujourd’hui veut témoigner. Il s’écoulera du temps avant que la majorité des enseignants-chercheurs et enseignantes-chercheuses de notre pays recouvre un semblant de confiance en ses dirigeant(e)s.
    La recherche universitaire constitue le monde de l’exploration des inconnues. Il n’est pas celui de l’immédiateté, de la rentabilité à court terme et du paraître. La qualité de ses productions ne se mesure pas systématiquement avec des indicateurs chiffrés et des classements internationaux. Si l’Université est construite sur la seule finalité économique, cela ne peut que limiter sa vocation et contribuer à détruire la culture. Nous ne contestons pas le besoin de réformes. Mais celles-ci doivent être construites en concertation et en tenant compte de l’identité universitaire.

    Avec nos sentiments les plus respectueux pour la fonction que vous incarnez.

    • framboise92
      framboise92 répond à Rahan FilsdeCrao
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 22h41 le 13/02/2009
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      NB , si je peux me permettre, c’est tout l’enseignement qui est méprisé, de la maternelle au supérieur !
      Cordialement/

  • NicolasL
    • Posté à 20h31 le 13/02/2009
    • Internaute 37519

    Comme souvent, ce sont les commentaires les plus fournis et les mieux argumentés qui récoltent le moins de pastilles, avec comme seul répondant des insultes sous la ceinture et le bouclier qui consiste à tout rejeter sur « le grand méchant capitalisme ».

    Est-ce si difficile de s’ouvrir ou au moins analyser des idées qui sortent un peu du spectre bien étroit formé par vos inamovibles oeillères ?

    Le manque de réflexion, et le rejet systèmatique et immédiat de toute chose est pour moi le grand problème d’aujourd’hui, qui fait que nous stagnons, et nous empêche d’avancer au-délà des clivages et principes ancrés bien profondémment.

    • Jean-no
      Jean-no répond à NicolasL
      très occupé
      • Posté à 01h53 le 16/02/2009
      • Internaute 48490
        très occupé

      La voix de son maître : nous stagnons, les oeillères, les adversaires que l’on disqualifie sous prétexte qu’ils seraient insultants,...
      J’ai cliqué sur une « pastille » pour te faire plaisir puisqu’apparemment tu as besoin de ton susucre. Mais bon je dois t’avouer que ça ne te rapporte pas vraiment d’argent.
      Note : ne dis pas « au delà des clivages » mais « pour l’intérêt d’un très petit nombre », qui traduit plus exactement l’essence de ce que tu crois penser.

  • Frédéric P
    • Posté à 21h18 le 13/02/2009
    • Internaute 68990
      Mcf

    Ce monsieur est « pour la réforme » or, dans son papier de nombreux éléments sont contradictoires avec la réforme proposée :
    - Il admet que 6 h de cours/semaines, si elles sont chaque année remises à jour (et, implicitement, les cours changés de telle sorte qu’ils « collent au marché » et ne soient pas « inutile »), peuvent constituer un plein temps. IL S AGIT EN FAIT D’UN MI-TEMPS, le reste du temps devant être consacré à la publication.
    - Aucune mention des taches administratives (j’imagine qu’il les inclut dans l’enseignement, pour arriver à un plein temps, mais il n’en fait pas mention et cela n’a rien à voir avec l’enseignement et le suivi des étudiants proprement dit), n’aurait-il aucune tache adminisitrative ?
    - Enfin, juger que certains cours sont inutiles, c’est courageux, surtout de la part d’un économiste ; mais d’une part juger de l’utilité pour les étudiants est délicat, d’autre part je ne suis pas sûr que tous les prof d’éco puissent être performance dans l’enseignement de la gestion.
    - Finalement ce monsieur n’est pour LA réforme, mais pour UNE réforme...pas très original. Plutôt que de se faire mousser, il ferait mieux d’aller voir ce que font et disent ses collègues mobilisés, ou de lire les versions du décret.

  • Frédéric P
    • Posté à 22h45 le 13/02/2009
    • Internaute 68990
      Mcf

    Quelqu’un a -t-il trouvé les publications (revues à comité de lecture, s’entend, internationale de préférence) de M. Matouk sur le net ?
    Une très brève recherche n’en montre aucune trace...
    Attention M. Matouk, c’est les 384h de cours qui vous attendent, car ce n’est pas en écrivant seulement des bouquins qu’on peut (normalement) gagner des galons de chercheur à l’Université,
    Mais je suis sûr que, approuvant LA réforme, vous serez volontaire...
    Que des tout jeunes frais sortis de la thèse se fassent des illusions, c’est certes naif, mais compréhensible ; par contre que certains, qui ont grassement vécu à un autre âge, se permettent de plomber les collègues dont ils n’arrivent pas à la cheville, c’est vraiment décourageant.

    • Jean-no
      Jean-no répond à Frédéric P
      très occupé
      • Posté à 01h57 le 16/02/2009
      • Internaute 48490
        très occupé

      Déjà il faudrait prouver que l’économie est bien une science. Pour le faire croire, la banque de Suède remet tous les ans un faux prix Nobel d’économie (il n’existe pas de Nobel d’économie), mais il me semble que les grands économistes sont soit des mathématiciens soit des sociologues. Mais je remarque que notre monde merveilleux qui s’écroule le fait principalement grâce à d’intelligents économistes.

  • Frédéric P
    • Posté à 22h49 le 13/02/2009
    • Internaute 68990
      Mcf

    Ah pis pour en finir, et vous reprendre :
    Désolé cher collègue, M. Matouk, mais on s’en fout !

  • Hulk -bloqué-
    Hulk -bloqué-
    Gros con de droite
    • Posté à 01h18 le 14/02/2009
    • Internaute 65737
      Gros con de droite

    Je suis surpris que ce texte soit si mal « noté » par les internautes, alors qu’il me semble apporter une contribution plus qu’utile au débat.

    D’autant plus que, sur le fond, il énonce de telles évidences qu’on en vient à se demander comment autre chose que le réflexe corporatiste et conservateur peut inciter qui que ce soit à le rejeter...

  • CALIGULA
    CALIGULA
    travailleur non gréviste
    • Posté à 09h21 le 14/02/2009
    • Internaute 65879
      travailleur non gréviste

    Bravo pour cette tribune et bravo aussi à Rue 89 qui a osé la publier . Alors que de partout , seul le camp anti-réforme s’exprime, cela fait du bien. J’ai fait un rêve : que son auteur soit lui aussi invité sur les plateaux TV « politiquement coorect » , bref militant contre la réforme. Mais j’oubliais , « les médias sont tenus par Sarkozy... »

    Tu parles Charles !

  • Vingtras
    Vingtras
    Membre des 47%
    • Posté à 14h37 le 14/02/2009
    • Internaute 8509
      Membre des 47%

    Bravo champion : tu n’as plus qu’à monter des contre manifestations monstres pour soutenir le gouvernement. C’est sûr qu’avec un partisan de ce calibre, la Pécresse est désormais invincible.

    Skissonconméskissoncons !

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