Chez Jean de Maillard

Jean de Maillard, magistrat, décrypte l'actualité judiciaire.

Délinquance financière : les espoirs de la pensée simple

Jean de Maillard
Magistrat
Publié le 04/09/2007 à 19h56

Eva Joly a jeté un pavé dans la mare en comparant Nicolas Sarkozy à Silvio Berlusconi. Ils ont, c’est certain, des points communs, ne serait-ce que leur commune aversion pour les juges et la justice, du moins certains juges et une certaine justice. Mais l’Italie berlusconienne et la France sarkozienne ont aussi des différences et il ne faut pas les confondre, au risque de s’égarer dans les interprétations.

Notre Président, d’abord, ne travaille pas pour lui-même, comme son précurseur transalpin. Il n’a donc pas les mêmes urgences. Sa petite histoire d’appartement semble déjà oubliée et elle ne pourrait de toute façon ressortir, au mieux, que dans cinq ans. Immunité oblige.

A l’inverse aussi de l’Italie, ce n’est pas (ce n’est plus) à la classe politique qu’est avant tout destinée l’annonce d’une impunité prochaine garantie aux pratiques frauduleuses de l’économie et de la finance. Et la différence encore avec nos voisins méridionaux, c’est que le patronat unanime, loin de regimber à voir ainsi consacrée l’immoralité du monde des affaires qui entretient une image déplorable de la profession, applaudit à tout rompre l’initiative venue d’en haut de rabattre le caquet des juges.

Silvio Berlusconi dirigeait l’Italie comme ses entreprises -la politique n’est pour lui que la continuation de ses affaires sous une autre forme-, et pas plus dans un cas que dans l’autre, la loi et la morale n’ont jamais été ses guides.

La France rattrapée par le syndrome de la pensée binaire

La dépénalisation du droit des affaires qu’on nous promet en France s’inscrit dans une autre perspective. Il s’agit de traduire dans les institutions la pensée simple qui est devenue le mot d’ordre de la gestion de l’Etat, et à laquelle font obstacle les lois, les juges et leur jurisprudence. Sur ce point, je l’accorde volontiers à Eva Joly, la France est rattrapée par le syndrome de la pensée binaire dont Silvio Berlusconi est certainement l’un des maîtres.

A côté des gentils qui travaillent et gagnent de l’argent, puisque toute peine mérite salaire, sévissent les méchants qui ne travaillent pas et volent l’argent des premiers. Puisque l’on ne saurait être à la fois gentil et méchant, les gentils qui gagnent de l’argent ne peuvent être méchants. CQFD.

Pourquoi dès lors s’acharner, comme le fait la justice française depuis des années, à les persécuter ? Parce qu’il y a une bonne justice et une mauvaise, avec des bons juges et des méchants juges. Un bon juge, c’est celui qui punit les méchants -récidivistes, pédophiles, racaille...-, qui compatit sur les victimes, y compris celles des fous, et ne s’occupe pas du reste. Un méchant juge est celui qui pense qu’une société complexe a besoin de lois qui ne se limitent pas à condamner les indigents ou les pauvres d’esprit.

Ceux qui prônent une pensée simple, cependant, ne sont pas nécessairement dépourvus de subtilité. L’idée de s’en prendre au vilain délateur, personnage honni de la mémoire collective française, est une vraie trouvaille. Et suggérer par ce biais qu’il faudrait encore craindre l’administration, la police et la justice comme dans les années 40, est certes une facilité de tribune, mais toujours payante.

Des idées simples, mais complexes à mettre en oeuvre

Hélas, le problème des idées simples, c’est qu’il est parfois très compliqué de les mettre en œuvre. Pour protéger les gentils chefs d’entreprise de poursuites pénales engagées par de méchant juges sur dénonciation de vilains délateurs, il va falloir s’obliger à toutes sortes de contorsions afin de ne pas faire bénéficier en même temps les méchants délinquants des mêmes avantages.

Imaginons l’habitant d’une cité, où la police n’entre plus depuis belle lurette autrement qu’avec des blindés, qui voudrait dénoncer un trafic de drogue installé sous ses fenêtres, ou empêcher l’organisation d’une « tournante » dans la cave de son immeuble.

Raisonnablement prudent, car les blindés ne restent pas à demeure, notre bon citoyen (devenu sans le savoir vilain délateur) n’a qu’une exigence : que la police assure l’anonymat de son témoignage. La loi Perben II le lui permettait. La loi Sarkozy-Dati ne devrait plus le lui permettre. La loi n’est pas faite pour protéger les vilains.

Le problème auquel semble ne pas avoir songé le Président de la République, c’est que, même si l’on admet que les juges sont méchants tout comme les délinquants des cités de banlieue, les gentils (chefs d’entreprise) ne sont pas forcément tous gentils, et les vilains (délateurs) ne sont pas toujours vilains.

Un dealer est aussi un chef d’entreprise

Ce qui échappe aussi au raisonnement simplificateur, c’est que les frontières entre les gentils et les méchants peuvent parfois être floues. Et qu’elles le sont même de plus en plus. Voici encore, par exemple, un jeune vendeur de substances hallucinogènes auquel son activité commerciale florissante assure un confortable et ostentatoire train de vie.

Bien entendu, seuls d’honnêtes et gentils commerçants -marchands de voitures de luxe, agents immobiliers, banquiers, etc.- peuvent assurer à ses revenus les débouchés qu’impliquent ses goûts dispendieux.

Pour les gentils chefs d’entreprise, cela s’appelle les affaires. Pour les méchants juges, cela s’appelle du blanchiment. Pour les vilains délateurs aussi. Ah ! la vie est bien compliquée. Heureusement qu’il y a la pensée simple.

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  • Anonyme

    Merci à vous !

    Simple question complexe à réponse simplement compliquée :

    Quelle est la simple peine encourue, pour un simple délit de simplicité, au plus au niveau de la République bien compliquée ?

    Zut ! je deviens binaire !

    Christophe.
    Patron compliqué d’une simple entreprise compliquée.

    • Anonyme

      Je me complique à penser que dans la prochaine République compliquée ( voir plus ), il faudra simplement penser à choisir des personnes pas trop compliquées mais pas trop simples, en même temps.

      Simple Défi de la 6eme République qui sera tout bonnement compliquée ( voir plus...)

      Ou comment la Droite se donne le monopole de la future simple cause de changement de République !

      Balèze.

      Allez... Au final, on leur dira merci.

      Faut ouvrir le « marché de la politique » à la concurrence.

      Simple appel d’offre.

      • lesailesbleues
        lesailesbleues
        artiste militant
        • Posté à 08h59 le 06/09/2007
        • Internaute 14211
          artiste militant

        Chers commentateurs ci dessus : épargnez s’il vous plaît aux lecteurs que nous sommes l’emploi exagéré des mots de l’article (en l’occurrence simple et compliqué ... et pour combien d’occurrence en plus ! !) : ils sont employés avec talents dans le premier cas. c’est à dire qu’ils servent le sens. Ils parasitent complètement votre message dans un second.

        Vous n’êtes pas l’auteur de l’article et il n’est pas vous. n’ayez pas de manière aussi basique l’impression que l’emploi de ses mots vous donnera son talent et sa force. C’est une mission impossible : le comparant est beaucoup trop prêt pour vous conférer la moindre crédibilité par le plagiat (même de bonne foi).

        En vous remerciant pour nos esprits qui préfèrent finalement le fond avec une forme variée et variante.

         
        • Anonyme répond à lesailesbleues

          moi personnellement je trouve sa réponse plus agréable que la tienne, qui n’apporte rien non plus à l’article. comme ma réponse.

        1 autres commentaires
  • Anonyme

    Question : les vilains journalistes qui balancent publiquement des faits délictueux commis par de gentils patrons et d’adorables banquiers sont-ils des ennemis de la liberté d’entreprendre ?

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 22h12 le 04/09/2007
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    « il va falloir s’obliger à toutes sortes de contorsions afin de ne pas faire bénéficier en même temps les méchants délinquants des mêmes avantages. »

    Sarko a déjà trouvé la parade. Ces gentils patrons qui peuvent confondre (oh ! ils ne le font pas exprès !) l’argent de leur entreprise avec leur porte monnaie et/ou celui de leurs amis, ne pourraient plus être jugés au pénal ! Juste un petit jugement par les tribunaux de commerce qui ne peuvent que donner des amendes. Ces braves gens ne risqueraient plus de se retrouver dans les quartiers VIP des prisons.

    Bien mal acquis profite toujours ... mais pas à tout le monde

    Pensée binaire : prison pour les uns, paradis fiscal pour les autres.

  • Tintinac
    • Posté à 23h15 le 04/09/2007
    • Internaute 15124

    Appartement de Neuilly ...

    Vacances financées par de gentils donateurs, pour quelles compensations ?

    Certains pourraient se laisser aller à employer le terme « délinquance financière ».

    Définition de la rupture : faire autrement. Pourquoi se cacher, maintenant c’est je me montre. J’ai été élu, les gens me connaissaient donc je peux le faire.

    Règle : ce qui est pris n’est plus à prendre.

  • Anonyme

    Voir les manœuvres que cette politique nous prépare pour plonger une population défavorisée socialement afin de répondre à des promesses bassements affairistes

    Le prêt « subprime “ français ouvert aux emprunteurs sociaux

    Lien

    et les conséquences de la politique berlusconienne

    Augmentation fulgurante du nombre de maisons italiennes saisies

    Lien

    signé OUKAZE

  • Anonyme

    un president avocat d affaires
    une garde des sceaux avocate d affaires

    et vous voudriez des lois qui empechent
    de faires des AFFAIRES ! ! ! ! !

  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 10h51 le 05/09/2007
    • Internaute 7715
      D'actualité, de dessin surtout

    Je ne vous suis pas sur Eva Joly qui a raison de comparer Sarkozy à Berlusconi. S’il ne travaille pas activement pour ses propres affaires, du moins en apparence, il le fait au moins pour ses propres amis dont la « générosité » est absolument notoire puisque le président lui-même en fait la publicité. Il y a donc là une collusion manifeste, et il me semble qu’en droit français tout cela porte un nom. Vous qui êtes magistrat vous le direz mieux que moi.
    Un président qui exige de ses concitoyens qu’ils marchent bien dans les clous (sous l’oeil des caméras de surveillance installée par un patron de ses amis, ce qui permet d’ailleurs de mieux comprendre son empressement à en équiper notre pays au maximum !) ne doit pas être encore plus exigeant avec lui-même ?
    Sarkozy a déjà de très mauvaises habitudes. Nous avons vu qu’à Neuilly il ne se soucie pas d’acheter à un prix plus qu’avantageux son appartement à une société avec laquelle il signe des contrats pour le compte de la mairie dont il est l’élu !
    Sarkozy va faire la morale aux jeunes de banlieue sur la dalle d’Argenteuil et ailleurs, mais que ne la fait il à ses propres enfants dont le seul comportement routier vaut une convocation au tribunal !
    D’une manière générale comment cet homme peut-il nous parler de morale quand il tolère que sa propre épouse accepte très volontiers les avantages
    de la fonction présidentielle (parfois indûment octroyés, comme la carte bleue / un logement à n’importe quel prix puisqu’après Bercy réaménagé de fond en comble pour madame et les enfants c’est maintenant l’Elysée qui n’est pas beau et qui nous coûte donc une réfection complète du pavillon de la lanterne) quand elle en refuse les inconvénients (dîners avec les chefs d’Etat étrangers / déposition devant les commissions d’enquête / etc.).
    On qualifie normalement ces dépenses somptuaires de gabegie quand il s’agit de dépense publique, non ?
    Autrement dit la morale intransigeante de Sarkozy c’est : faites ce que je dis, pas ce que fais !
    Mais aurait-il tort de se gêner quand son contrat social qui mêle affairisme, boulangisme et vichysme semble complaire aux français ?

    • C. Creseveur
      C. Creseveur répond à C. Creseveur
      D'actualité, de dessin surtout
      • Posté à 15h20 le 06/09/2007
      • Internaute 7715
        D'actualité, de dessin surtout

      Je voudrais ajouter à mon commentaire que je félicite très sincèrement Mme Eva JOLY pour son travail, comme pour ses interventions.

      Qui d’autre ose élever la voix devant cette dégradation épouvantable de notre justice, donc de notre société.

      OU SONT LES INTELLECTUELS ? OU EST LA GAUCHE ? QUI SE LEVE, ICI ?
      Ils sont contents les humanistes ? Et les anciens-nouveaux philosophes, ils en pensent quoi de leur « ami » Sarkozy ?

      On a l’impression que notre opposition s’en tient à respecter un calendrier de manifestation !
      MAIS SARKOZY N’A PAS DE CALENDRIER, LUI !
      Et s’il s’agit de ne pas trop l’ouvrir parce que la coupe du monde de rugby arrive, je tiens à dire aux syndicats que c’est pitoyable ! Parce que pendant ce temps le gouvernement, lui, ne se gêne pas pour ouvrir des fronts tous azimuts !

      Enfin je regrette profondément, pour en revenir à la justice, que les mots qui se diffusent le mieux dans les médias soient ceux qui dénigrent la justice et ceux qui la rendent.

      Je trouve tout particulièrement honteux que des gens comme Claude Chabrol contribuent par leurs films à alimenter les attaques personnelles, à leur encontre.
      Car nous connaissons tous la méthode : chaque fois qu’un politique ou un puissant est menacé par une affaire, il commence par mettre directement en cause son juge (pour Tiberi, Halphen était un fou / pour Dumas et Le Floch-Prigent, Joly était une maniaque doublé d’une effroyable ambitieuse). Ensuite il s’agit de pourrir la vie de ce dernier afin de le déstabiliser et le pousser à la faute de procédure que son armée d’avocats ne tarde pas à débusquer.
      Au final des procédures rendues souvent interminables par les prévenus eux-mêmes, un nombre impressionnant de non-lieux, et quelques condamnations dérisoires en comparaison de la hauteur des scandales.

      Mais peu importe. Sans l’acharnement d’une Eva Joly nous n’aurions même pas assisté aux contorsions d’un Dumas qui a organisé sa défense jusqu’au conseil constitutionnel !

      Notre république ne tient que parce que des gens comme elle sont encore debout.

      ALORS MERCI ENCORE Mme EVA JOLY ! JE VOUS APPORTE MON SOUTIEN INCONDITIONNEL.
      JE VOUS SOUHAITE TOUT LE COURAGE DU MONDE.

    • Anonyme répond à C. Creseveur

      J’ai beaucoup apprécié votre post.
      Clair et évident.
      Je vous sens bouillonnant , comme je le suis moi-même.
      On se dit : « mais est-il possible que de telle fautes ne soient pas relevées ? »
      Il est vrai que la gauche est à l’ouest en ce moment.(Et la droite au Nord dans un congélo !)
      ou, plus simplement, elle manque d’un porte-parole éloquent et inspiré.
      J’ai l’impression qu’on a dit à ségolène qu’il ne fallait pas être trop agressive.
      ce qui est une erreur.
      En fait il faut être indigné et clairement engagé dans la défense de valeurs que sarkozy balaie.
      Quel carnage !
      Si rapidement !
      je vais dire quelque chose d’horrible :
      Ses gardes du corps en tombent même du toit !
      (pardon !)

  • Anonyme

    Certes la dissertation est zélée...plus simplement du bon sens critique appliqué mais on en ressort ORIENTE plutôt que PERPLEXE devant l’audace illimitée de Sarkozy......QUI va donc REAGIR aux DEBORDEMENTS enthousiiaste d’un SARKO qui joue ouvertement la carte du FRIC quand la FRANCE a besoin de NOUVEAUX MODELES, d’icones modernes du progrès à inventer par chacun et pour TOUS...
    QUE DISENT BAYROU et ROYAL et ...devant cette consecration du capitalisme non borné.....les decideurs ne SONt ILS PLUS les premiers RESPONSABLES de LEURS ACTES..economiques, financiers, sociaux, politiques ? ? ? QUI DONC ALORS..les chômeurs, sdf, étrangers... ? ?
    DANS QUELLE MARRE SOMMES NOUS ENGLUES pour ne pas HURLER aux LOUPS deguisés en cols blancs qui sèment l’injustices sociale depuis 25 ans ET RECOLTENT les HONNEURS ! ! ! des media, des politiques, des petits bourgeois envieux...

    Proposer une dépénalisation du droit des affairs c’est un pas de PLUS vers la REPUBLIQUE BANANIERE d’où la FRANCE n’est jamais sortie.....unpaus ZOMBIE LA FRANCE ? ? ? ?

  • Photine
    • Posté à 11h59 le 05/09/2007
    • Internaute 11770

    Projet de loi moins médiatisé, mais tout aussi dangereux que les propos remettant en cause le non-lieu en cas d’irresponsabilité pénale.

    Le durcissement des lois pénales sur les délits financiers est le produit des « affaires “ des années 1970-1980 qui ont non seulement porté de graves atteintes des Français envers l’entreprise et le monde politique, mais aussi touché l’économie française.

    Les économies où se développe la corruption sont des économies appauvries.

    C’est tout le pays qui va perdre avec ce nouveau projet Sarkozy-Dati.

  • gargamelle
    • Posté à 12h04 le 05/09/2007
    • Internaute 14123

    Silence assourdissant de la gauche, de toutes les gauches, du centre....

    J’ai entendu ce matin Dominique de Villepin qui lui, ne se dérange pas pour souligner les dérives actuelles, (au passage j’ai noté qu’il n’était pas désagréable d’avoir encore un homme politique de droite qui n’affiche pas l’arrogance et la vulgarité ambiante, et qui s’exprime dans un français remarquable - c’est loin d’être le cas de la clique sarkozienne). C’est quand même un comble que les plus virulentes attaques viennent de là ! Que fait notre opposition . Parceque je veux bien qu’ils rénovent le passé, le présent, le futur, au présent à l’imparfait au singulier ou au pluriel mais non de dieu qu’ils nous aident un peu ! ! ! !

    Pour ce qui est de ce projet, c’est gonflé de chez gonflé ! ! il faut quand même oser. Trouvez moi un pays démocratique qui applique ce genre de dispositif.

    Pas un mot des médias, pas un mot, plus de mots...

    Monsieur Sarkozy est là depuis le 20 mai environ, soit 3 mois passés et le constat est terrible.
    Après les dispositifs fiscaux que l’on nous fera payer, la justice est faite sur la justice,on convoque les magistrats... la presse, les médias achetés et putassiers, on affiche haut et clair que l’argent doit aller à l’argent, on met en place des dispositifs sécuritaires extremement vicieux, la suite s’annonce peu joyeuse pour les travailleurs de ce pays, les syndicats ne syndiquent que la fonction publique (ce n’est pas d’aujourd’hui mais justement le moment d’une offensive),à venir réforme de la constition ......j’en rajoute encore si vous le souhaitez, mais,

    Cela ne fait que 3 mois......

    Dans quel Etat vivrons nous dans 1 an, 2 ans, 3 ans, 4 ans, 5 ans.... ce qui était plutôt marrant tout au début devient carrément dramatique.

    Et on se sent bien seuls.

    • Anonyme répond à gargamelle

      Monsieur Dominique de Villepin a quand même de sérieuses références en matière d’arrogance. Ça ne veut pas dire qu’il ait tord, voire même au contraire, au moins on est sur qu’il parle en connaissance de cause, et d’un sujet qu’il maîtrise, à défaut de l’avoir vaincu.

      J’ai beau avoir voté à gauche, j’éprouve une assez forte sympathie pour un homme qui a une aussi haute opinion de ce quoi doit être l’état, à défaut de se l’être appliqué à lui-même.

      • gargamelle
        • Posté à 17h25 le 05/09/2007
        • Internaute 14123

        Je n’ai pas d’admiration particulière pour de Villepin, il est exact qu’il fut assez suffisant et arrogant, cependant on voit aujourd’hui en lui à quel point nous avons avec ce gouvernement une bande vulgaire, inculte, où tout est basé sur le fric...ils nous font regretter tout un passé qui en quelques mois semble bien lointain. Encore un peu...et on regrettera Chirac. Il fau quand même le faire !

    • Alexad
      Alexad répond à gargamelle
      • Posté à 17h36 le 05/09/2007
      • Internaute 8145

      Nous nous dirigeons tout droit vers une organisation mafieuse : Pouvoir absolu de l’argent (démonstration et étalage), reniement des lois, pouvoir exercé sur les juges, la justice, la presse, les politiques, arrogance, et bien entendu leçons de morale au passage (on a des principes et de la religion dans la mafia !) Beurk...

    • Servais-Jean
      Servais-Jean répond à gargamelle
      43
      • Posté à 00h57 le 06/09/2007
      • Internaute 4591
        43

      Concernant les syndicats ouvriers que refusent la majorité des français et bien sûr le gouvernement, il faut savoir qu’en face se trouve des organismes dont personne ne conteste l’utilité. Seulement ce ne sont pas des syndicats « d’en bas » comme il y a le peuple « d’en bas ». Ce sont tous les syndicats d’ordres professionnels : Médecins, journalistes, avocats, magistrats,...et le MEDEF pour les patrons d’entreprises. A propos savez vous qu’une entreprise publique comme EDF-GDF doit payer et cher sa cotisation au MEDEF ?
      Ce matin sur France Info Eva Joly disait que la tendance actuelle dans le monde entier était de pénaliser (c’est à dire rendre passible du trbunal pénal) les infractions commises dans l’exercice d’activitées économiques là ou ce n’était pas encore le cas. Elle a aussi comparé Sarkozy à Berlusconni (sauf que Berlusconni a acheté un magistrat et que Sarkozy a essayé de l’intimider).
      Si les médiats ne nous aident pas plus qu’ils ne le
      font je ne sais pas si cinq ans suffiront pour que les français comprennent enfin qui est Sarkozy !
      Oui on se sent bien seul, enfin pas tout à fait tant qu’on a des personnes comme J. de Maillard.

  • Anonyme

    Quelle belle époque !
    Une caissière de supermarché peut être licenciée si elle utilise pour elle-même des bons de réductions abandonnée par les clients (c’est que ça monte parfois à 3-4 euros c’t’affaire-là), tandis qu’un grand patron pourrait en tout impunité ou presque détourner des milliers d’euros.

    • Anonyme

      Attention, surtout ne pas se tromper de mot... il ne s’agit pas de détournement, ni d’abus de bien social, mais d’ « erreur de gestion »...

      Qui a dit préférer passer pour un incompétent que pour malhonnête ?

      • Anonyme

        Celui qui a dit ça n’a pas compris qu’il est malhonnête de continuer à rester en poste quand on se sait incompétent pour exercer les fonctions correspondantes.

         
        • Servais-Jean
          • Posté à 00h52 le 06/09/2007
          • Internaute 4591
            43

          Et bien moi j’en connais un d’incompétent et pourtant il continu à exercer sa fonction.
          Suivez mon regard !

        • jorge_Atlan
          • Posté à 01h26 le 06/09/2007
          • Internaute 15856

          et si tous les incompétents qui se savent incompétents devaient démissioner ca en ferait du monde au chomage. Vous voulez faire chuter les bons chiffres de l’emploi de nos bons dirigeants ?

        2 autres commentaires
  • Gosseyn
    • Posté à 15h55 le 05/09/2007
    • Internaute 1943

    La volonté présidentielle de supprimer le volet pénal des délits d’affaires est révélateur d’une des rares constances des idées sarkozystes, plus promptes d’habitude à suivre le sens du vent...).
    L’ancien avocat d’affaire, toujours associé dans son « ancien » cabinet, lorqu’il était ministre de l’Intérieur a consciencieusement participé de la diminution des effectifs du pôle financier, celui des frégates de taiwan, de clearstream et de tout les autres dossiers qui ne seront jamais traités ou seulement ds 10 ans (ah non, pardon, il y aura prescription alors !)

    Par contre, les petits voleurs, les sans-papiers, les fous irresponsables, les chiens et autres animaux eux seront jugés toujours plus vite, toujours plus mal, et condamné toujours plus à une prison de plus en plus indigne d’une République française que notre Président veut nous faire croire tenir en haute estime.

  • Anonyme

    Il y a beaucoup de personnes, et notamment de magistrats, qui vont finir par refuser d’appliquer des lois aussi injustes qu’inefficaces (de nombreuses études ont montré que la peine de mort aux Etats-Unis n’avait pas d’effet dissuasif, alors notre belle loi sur la récidive...). J’espère juste que ce jour ne se fera pas trop attendre...

    Cécile (magistrat)

  • Anonyme

    Cet article est génialement simple.
    La sobriété du ton, l’humour de second niveau, les aspects caricaturaux, nous permettent de bien comprendre les enjeux politiques et les actions de fond que mène ce gouvernement, envers la justice de notre pays.
    Bravo à l’auteur.

  • Bebert Cassandre
    • Posté à 21h43 le 05/09/2007
    • Internaute 11910

    Et pourquoi pas tout simplement, osons le, une justice de classe ?
    Mais ça existe déjà, c’est con comme remarque...
    Délinquants de France et de Navarre, cessez d’être cons ! Créez votre SARL ou autre URL et faîtes votre travail de scélérat en toute impunité !
    A quand les conseillés juridiques commis d’office ?
    Notre Vénéré tape dans les boîtes !

  • Servais-Jean
    • Posté à 01h23 le 06/09/2007
    • Internaute 4591
      43

    Al Caponne grand chef d’entreprise, s’il en fût, est « tombé » parcequ’il tenait mal ses comptes, c’est la brigade financière qui a permis de l’emprisonner.
    Ce brave homme est né trop tôt !
    Ah s’il avait connu Sarkozy !

  • Anonyme

    Ah ça ira, ça ira, ça ira...

    A force de forcer le balancier dans un sens, il risque fort de vous retomber violemment sur le nez de l’autre côté...

    Ah, ça ira, ça ira, ça ira...

    Les ? ? ? à la Lanterne (n’y sont-ils pas déjà ? ? ?)

    Otto Naumme

  • Anonyme

    NS a osé la phrase suivante : « J’ai demandé à la garde des Sceaux Rachida Dati d’interdire la pratique des dénonciations anonymes […] À quoi sert d’expliquer à nos enfants que Vichy et la collaboration, c’est une page sombre de notre histoire et de tolérer des contrôles fiscaux sur dénonciation anonyme ou des enquêtes sur dénonciation anonyme ».
    En se retranchant derrière un mot commun(dénonciation), il assimile deux réalités complètement différentes et cela semble passer inaperçu ! D’un côté, il s’agit d’un aspect des plus sombres et bas de l’être humain(montrer du doigt des Juifs pour les envoyer à la mort par exemple) ; de l’autre une façon de faire respecter l’égalité de chacun devant la loi. Réduire ces deux réalités à une sémantique commune ne vise qu’à gommer leurs postures morales opposées et à jeter l’opprobre sur l’une à partir de l’horreur légitime suscitée par l’autre. Et de plus semble vouloir reporter l’attention sur le mot anonyme alors qu’il est tout à fait accessoire. Il est des exemples comme celui cité par Jean de Maillard où la délation est parfaitement légitime, peu importe qu’elle soit anonyme ou non, notamment lorsque l’intégrité physique de personnes est en danger. La dénonciation qui viserait à faire respecter le principe républicain d’égalité de chacun devant la loi peut également se justifier (combien coûte la délinquance financière aux contribuables ? certainement plus que la petite délinquance) et n’a rien à voir avec les pratiques indignes de la France de Vichy.

  • Anonyme

    Article et réactions intérréssantes. En les lisant, j’ai eu l’impression de marcher sur la tête. Mais après je me suis senti mieux. En effet je commence à y être habitué à ce n’importe quoi médiatico gouvernemental - mais j’ai trés mal.
    Je replace cela dans les remontées de menton du président : le meurtre de l’épicier, la guerre des gangs, les pédophiles, le jugement des malades, la politique de chasse à l’homme clandestin... ce ne sont pas des phénomênes nouveaux. J’ai comme un gout de national socialisme dans la bouche.

    Ma question est : à qui profite ce projet et pourquoi parler de cela alors que cela ne passera peut être pas le conseil constitutionnel : loueurs de yacht ou loueurs de villas de vilégiature de luxe du côté de G.W.B ?

  • spahi
    • Posté à 12h01 le 07/09/2007
    • Internaute 2798

    je comprends notre Sarkonational mais il dvrait savoir qu’ils existent toujours des agents spécialisés dans la recherche de la délinquance financière qui travaillent et , éventuellement, rémunèrent des « délateurs ».
    Madame JOLY en sait quelque chose

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