Le Yéti, voyageur à domicile

Chroniques d'un voyageur à domicile qui ne voulait pas conquérir le monde, mais être conquis par lui.

La relance du capitalisme est un mirage

Le Yéti
yetiblog.org
Publié le 18/02/2009 à 11h23

Rien n’y fait ! Alors qu’on nous avoue officiellement une baisse brutale de notre PIB (-1,2% au dernier trimestre 2008), que la ministre Lagarde est contrainte, piteuse, de cracher le vilain mot de récession, voici que d’aucuns « spécialistes » laissent encore entendre sans rire qu’il s’agit d’une simple « phase d’adaptation de croissance ». Et que nombre d’acteurs économiques se contentent de serrer les fesses en attendant la sacro-sainte « reprise ».

Quel vice congénital nous fait si obstinément refuser la réalité telle qu’elle est, et nous précipiter tel des naufragés du désert possédés vers des mirages d’oasis ?

Les évidences éclatent pourtant à nos yeux, mais ceux-ci sont cillés. Les analyses lucides ne manquent pas, mais que nous refusons comme la peste. Ainsi du lumineux texte testamentaire laissé par le philosophe André Gorz avant de disparaître en septembre 2007.

Rue89 en fit état en son temps. Mais sans doute était-il alors trop tôt pour les consciences. Revenons-y puisque c’est manifestement la seule façon de faire entendre raison aux esprits obtus et fourvoyés :

« La question de la sortie du capitalisme n’a jamais été plus actuelle. Elle se pose en des termes et avec une urgence d’une radicale nouveauté. Par son développement même, le capitalisme a atteint une limite tant interne qu’externe qu’il est incapable de dépasser et qui en fait un système mort-vivant qui se survit en masquant par des subterfuges la crise de ses catégories fondamentales : le travail, la valeur, le capital. »

L’hystérie des puissances financières

Il y a plusieurs façons de mesurer la croissance : en volume, en indice de satisfaction, ou en valeur monétaire. Cahin-caha, tout pouvait à l’extrême rigueur coller quand production en volume, satisfaction des besoins essentiels ou du simple confort, allaient de pair avec la croissance financière.

Seulement voilà, « la production n’est plus assez rentable pour pouvoir valoriser des investissements productifs additionnels ». C’est pourquoi, on passa subrepticement d’un capitalisme de producteur au capitalisme financier.

On poussa les populations à s’endetter, « à consommer leurs revenus futurs, leurs gains boursiers futurs, la hausse future des entreprises, les achats futurs des ménages ». Comme fuite en avant imbécile, on ne faisait pas mieux !

Surendettés à l’intérieur comme à l’extérieur, les Etats finirent par abdiquer tout pouvoir aux puissances financières devenues hystériques.

« Les promesses et les objectifs mis en avant par les gouvernements et les partis apparaissent comme des diversions irréelles qui masquent le fait que le capitalisme n’offre aucune perspective d’avenir sinon celle d’une détérioration continue de vie, d’une aggravation de sa crise, d’un affaissement prolongé passant par des phases de dépression de plus en plus longues et de reprise de plus en plus faibles. »

On touche là un point essentiel de la perversion humaine. Un système mis en place pour atteindre un objectif précis (en l’occurrence, la satisfaction des besoins de la population) finit toujours par se figer, se stratifier, d’autant qu’il consacre des positions, des pouvoirs.

Une autre voie est possible

Ceux qui s’y accrochent comme des possédés, en dépit du bon sens et de la raison, tentent de faire survivre leur coucou au-delà des objectifs pour lequel il était prévu. Le désastreux capitalisme financier a naturellement fini le nez dans la poussière. Mais ses apôtres, embourbés dans leurs marigots, continuent désespérément d’en psalmodier les louanges.

Les bulles, qu’elles soient financières ou autres, valent ce qu’elles valent. Quand elles explosent, ce n’est plus que du vent. Et si nous ne tuons pas définitivement nous-mêmes notre propre univers de vie, nous serons forcément contraints un jour de rebâtir sur les décombres.

En s’accrochant à leur mirage, les tenants de l’ordre déjà ancien ne font que reculer dangereusement les échéances de cette période de transition et multiplient les risques de déflagrations dramatiques. Pour André Gorz :

« Pourtant une tout autre voie de sortie s’ébauche. Elle mène à l’extinction du marché et du salariat par l’essor de l’autoproduction, de la mise en commun et de la gratuité. »

Chimères ? Non, poursuit Gorz :

« On trouve les explorateurs et éclaireurs de cette voie dans le mouvement des logiciels libres, du réseau libre, de la culture libre, de l’ensemble des biens culturels -connaissances, logiciels, textes, musique, films, etc.- reproductibles en un nombre illimité de copies pour un coût négligeable. »

« Produire ce que nous consommons »

Cette évolution concrète touche aujourd’hui les biens culturels. André Gorz cite l’encyclopédie Wikipédia. On pourrait aussi parler de ces nouveaux médias (Mediapart, Rue89, Bakchich, etc.) qui peinent à trouver leur modèle économique dans le système obsolète actuel, qui ont pourtant toute leur raison d’être mais ne pourront pleinement la réaliser que dans une autre organisation.

André Gorz précise que les biens matériels pourraient eux aussi être concernés du fait de « la baisse du coût des moyens de production et (de) la diffusion des savoirs techniques requis pour leur utilisation ». Il donne en exemple la création au Brésil de nouvelles coopératives (« dans les favelas mais pas seulement » qui ont permis en 2004/2005 de recycler et d’autoproduire trois quarts de tout le parc d’ordinateurs.

Plus près de nous, on pourrait citer le développement des AMAP, ces associations pour le maintien d’une agriculture solidaire. Ou encore les recherches, et même déjà les réalisations, en matière d’immobilier à faible consommation d’énergie et visant à l’autonomie (la maison passive).

André Gorz conclut :

« Produire ce que nous consommons et consommer ce que nous produisons est la voie royale de la sortie du marché. »

Utopie ? Sans doute moins désormais que l’illusion d’un retour à la croissance des temps passées. Manque seulement un réveil des consciences pour qu’elle se réalise. Et qu’enfin nous vivions plutôt que de mourir à petit feu.

A lire aussi sur Rue89 :
Document : le dernier texte d’André Gorz
Le philosophe André Gorz et sa femme unis jusque dans la mort

Ailleurs sur le Web :
► La biographie d’André Gorz sur Wikipédia

  • 5264 visites
  • 51 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 11h43 le 18/02/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Je ne connais pas ces gens qui font ce site de laboratoire européen d’ Anticipation Politique , mais je l’ avais lu a l’ époque en Mai ou Juin 2008 ( repèré par rezo.net) et c’est ceux qui prévoyaient A COUP SUR une crise mondiale globale géante pour le deuxième semestre 2008 ( 4 ou 5 mois avant , donc )

    Lien

    La , ils ont une conclusion super fun :

    « A l’issue de cette phase de dislocation géopolitique, le monde risque de ressembler à l’Europe de 1913 plus qu’à la planète de 2007 »

    Note : merci Lohiel .

    • Lohiel
      Lohiel répond à Numerosix
      http://twitter.com/Lohiel
      • Posté à 12h46 le 18/02/2009
      • Internaute 38391
        http://twitter.com/Lohiel

      Coucou N°6, coucou Yeti et les autres...

      En voyant le titre du Yeti, j’ai aussi pensé tout de suite à cet article que j’ai découvert hier, en cliquant sur un lien donné par quelqu’un ici (merci à lui, je ne sais plus qui c’était)

      4° trimestre 2009 - Début de la phase 5 de la crise systémique globale : la phase de dislocation géopolitique mondiale
      - Communiqué public GEAB N°32 (15 février 2009) -
      15/02/2009
      par le « Le laboratoire européen d’anticipation politique »

      et toi et d’autres me disent que ce sont des gens sérieux... qui ont prévu les développements de la crise telle qu’elle se déroule aujourd’hui.

      je redonne le lien que tu viens de citer, ça vaut vraiment la peine de s’y intéresser :
      Lien

      il y a aussi une note bas de page qui sent le vécu, je trouve :

      Barak Obama comme Nicolas Sarkozy ou Gordon Brown passent leur temps à invoquer la dimension historique de la crise pour mieux cacher leur incompréhension de sa nature et tenter de se dédouaner à l’avance de l’échec de leurs politiques. Quant aux autres, ils préfèrent se persuader que tout cela se règlera comme un problème technique un peu plus grave que d’habitude. Et tout ce petit monde continue à jouer selon les règles qu’ils connaissent depuis des décennies, sans se rendre compte que le jeu est en train de disparaître sous leurs yeux.

      Nos amis d’Eco89 seraient bien inspirés d’y faire un tour...

      • pablico
        pablico répond à Lohiel
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 14h07 le 18/02/2009
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        « syndicats caca », « politique caca »
        ils sont tous et nous avec dans le caca.
        on ne sait pas comment s’en sortir.
        ils appliquent donc de veilles recettes, mais personne ne sait …
        car cela devient vraiment une crise de société.

        on a vécu dans des bulles virtuelles…elles ont éclaté par endroit, d’autres se dégonflent dangereusement..

        Personne, même le président n’y comprend rien… les économistes qui sont perdus de chez perdu avec leurs modèles qui s’effilochent..

        vu de loin , cela fait penser à des gens qui perdent l’équilibre sur le verglas, et qui essayent de ne pas tomber. Ça gesticule, ça essaye de s’accrocher, ça fait n’importe quoi, pour garder l’équilibre qui se dérobe.

        mais on pourra dire à nos petits enfants : J’y étais, j « ai vu, j’ai vécu l’énorme chose qu’on appelle la crise(pour le moment)….

        il va falloir trouver un nom à cette ’soit disant crise’

      • Numerosix
        Numerosix répond à Lohiel
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 14h41 le 18/02/2009
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Ouais , moi leurs prévision de la crise economique totale pour le deuxiéme semestre 2008 ,alerté par rezo.net , je l’ ai lu de mes yeux 4 mois avant , parole de Numerosix .

        Y avait aussi un documentaire d’ Arte sur les crises de bulles de bourses depuis les années 80 qui arrivait au meme conclusion futorologiques par ailleurs .

        Et Lohiel , t’as raison , que ECo89 fasse une enquete sur ces gens la , je crois que ce serait vraiment interressant .

        Eco89 , si vous nous lisez ...

         
        • dulconte
          dulconte répond à Numerosix
          Mordu par un fachogarou
          • Posté à 15h48 le 18/02/2009
          • Internaute 250
            Mordu par un fachogarou

          Sur la crise des subprime, je me souviens d’un reportage de 2002 qui expliquait parfaitement les rouages et les risques du système.

          La conclusion du reportage était que de toute façon ça péterai et que les ravages risquaient d’être très important................

          Enfin bon hein c’était de l’absurde politique fiction.

        1 autres commentaires
    • Chansommairus
      Chansommairus répond à Numerosix
      bipède
      • Posté à 15h09 le 18/02/2009
      • Internaute 63541
        bipède

      depuis 2005, europe 2020 ne cesse de tirer les sonnettes d’alarmes ! ! !

      Seulement voilà, nous sommes tous responsable car nous aimons tous la facilité et le crédit c’est facile...
      La seule réalité c’est qu’il ne faut pas dépenser 100 lorsque l’on a 40.
      Le crédit pour débloquer une demande d’investissement et permet de gagner un peu de temps, mais le coût de ce gain de temps est-il toujours justifié ?
      Le crédit à la consommation, quitte à me faire lyncher, c’est le plus souvent de la démagogie, un bon moyen de détourner l’attention des exploités qui, sublime vertige, rapporte gros aux exploiteurs...vacances à crédit, bateau à crédit (300 jours au port) home cinéma à crédit, etc.

      Mais on est « branché » c’est à dire esclave du virtuel.

  • in girum
    • Posté à 11h56 le 18/02/2009
    • Internaute 8170

    génial ! merci Y

    • PauLo anarcho-patriote
      • Posté à 18h29 le 19/02/2009
      • Internaute 38801

      « Convocation des États Généraux »… la situation est donc bien grave !

      Outre Mer seulement … Pourquoi pas aussi… en France et en Corse ?

      Louis XVI déjà… (« paix à son âme’…) avait convoqué les “ États Généraux ”… juste avant la… 1ère.… Révolution française !

      Les “ privilégiés de l’époque ” (noblesse et clergé) ont fait… capoter ces “ États Généraux ”… et ç’a été la fin du régime !

      Les “ privilégiés de nos jours ”… les Fonctionnaires et Élus… vont-ils accepter “ l’ABROGATION de leurs PRIVILÈGES ” ?

      Ces “ États Généraux ”… certes limités à l’Outre-mer… annoncent-ils la fin du socialogaullisme… la fin du “ régime totalitaire de la Vème ” ? .. Lueur d’espoir !

  • A déménagé le 25 octobre
    • Posté à 12h04 le 18/02/2009
    • Internaute 33755

    Salut le Yéti,

    je venais de finir la lecture d’un dossier de l’ONG Grain quand je cliquais sur ton article. Ce dossier porte sur la culture du riz en Afrique subsaharienne et pose cette question simple :

    Que choisir ?
    - un énième hybride de la fumeuse Révolution Verte, dit le Nerica (« nécronyme » qui vient de l’anglais « New Rice for Africa ») fabriqué dans la pénombre des laboratoires ultra-sophistiqué de l’empire agri-business,
    - ou la poursuite des cultures ancestrales d’une multitude de variétés de riz.

    La réponse est très simple : cette question n’a tout simplement pas été posée.

    On assiste aujourd’hui à l’embourbement de tout les acteurs de cette culture dans l’imposition brutale de cette variété, le Nerica. Tous les investissements, les brevets, la distribution sont entre les mains de l’agri-business, bien que l’organisme sensé définir les orientations, l’ADRAO, relève, dans ses termes majoritaires, de la souveraineté nationale des pays la composant. Mais voilà, la puissance financière sera toujours plus forte alors qu’elle est la plus ignorante sur les tenants et aboutissants d’une culture, quelle qu’elle soit. Rappelons-nous cette phrase d’Audiard : « On est gouvernés par des lascars qui fixent le prix de la betterave et qui ne sauraient pas faire pousser des radis. »
    Pour exemple, ils n’ont pas pris en compte un élément de taille : la terre qui fait pousser le riz alors que les paysans ne cesse de clamer : « Chaque semence de riz a son sol. »

    Pour revenir à l’essence de ta tribune, voici un extrait de la conclusion de ce dossier :

    « La place accordée à ce “ Nouveau riz pour l’Afrique ” par tous les ministères de l’agriculture en général, et les instituts de recherche agronomique nationaux et internationaux en Afrique, indique, s’il en était encore besoin, l’important soutien politique dont il bénéficie, au détriment du riz traditionnel adapté aux conditions environnementales africaines. C’est ainsi que, pendant des millénaires, il a contribué à la survie des populations guinéennes, maliennes, libériennes et ivoiriennes, pour ne citer que celles-là. Dans ces conditions, et dans l’intérêt des peuples et des générations futures, l’on est en droit de se demander comment aller vers la souveraineté alimentaire, c’est-à-dire produire ce que l’on consomme, et consommer ce que l’on produit, comme du temps de nos ancêtres ? Ce qui ne signifie absolument pas que l’on est rétrograde comme certains se plaisent à le dire. Bien au contraire, comme le dit un proverbe béninois, “ c’est au bout de l’ancienne corde qu’il faut tisser la nouvelle ”, en valorisant le travail multiséculaire des agriculteurs sur le riz africain. »

  • karlM
    karlM
    Précaire
    • Posté à 12h05 le 18/02/2009
    • Internaute 21378
      Précaire

    C’est un changement de paradigme...Hélas quand les syndicats sont dans la rue pour réclamer de percer des petits trous toutes les nuits dans la feraille « avec de meilleurs conditions de travail et une juste rémunération », on est loin de la prise de conscience.
    L’humain, singe d’habitude et d’imitation, aura beaucoup de mal à pour évoluer sans avoir la tête dans le mur.
    Votre article est un moyen pour une transition en douceur.

    • DBL8
      DBL8 répond à karlM
      Retraité
      • Posté à 13h27 le 18/02/2009
      • Internaute 19562
        Retraité

      Transition en douceur ? !
      C’est pas gagné de ce que nous pouvons constater !

      Les financiers s’accrochent comme des teignes à leurs profits.
      Essayez de les faire lâcher prises...

  • tlaloc
    tlaloc
    Retraité
    • Posté à 12h23 le 18/02/2009
    • Internaute 47359
      Retraité

    L’analyse de la crise est très bonne les solutions je ne sais pas le capitalisme financier a encore plusieurs tours dans son sac.

  • Éric  Perrin
    Éric Perrin
    Ginkonaute
    • Posté à 12h25 le 18/02/2009
    • Internaute 51185
      Ginkonaute

    très bon article, pour ce qui est des AMAP, ça marche, meme trop bien. Toutes celles qui sont crées sont prises d’assaut. On ne parvient pas à satisfaire la demande. Petite pub en passant : demain soir à le thor (84), diffusion du film « nos enfants nous accuserons » à 20 heures, avec le réalisateur du film, le maire de barjac + le président de Unplusbio.

  • 101.7
    101.7
    Promeneur
    • Posté à 13h13 le 18/02/2009
    • Internaute 59121
      Promeneur

    AVANT :

    Poussé par le besoin de débouchés toujours nouveaux, le capitalisme envahit le globe entier. Il lui faut s’implanter partout, exploiter partout, établir partout des relations.

    Par le rapide perfectionnement des instruments de production et l’amélioration infinie des moyens de communication, le capitalisme entraîne dans le courant de la civilisation jusqu’aux nations les plus barbares. Le bon marché de ses produits est la grosse artillerie qui bat en brèche toutes les murailles de Chine et contraint à la capitulation les barbares les plus opiniâtrement hostiles aux étrangers. Sous peine de mort, il force toutes les nations à adopter le mode bourgeois de production ; il les force à introduire chez elle la prétendue civilisation, c’est-à-dire à devenir bourgeoises. En un mot, il se façonne un monde à son image.

    Le capitalisme supprime de plus en plus l’émiettement des moyens de production, de la propriété et de la population. Il a aggloméré la population, centralisé les moyens de production et concentré la propriété dans un petit nombre de mains. La conséquence totale de ces changements a été la centralisation politique.

    AUJOURD’HUI :
    Nous assistons aujourd’hui à un processus analogue. Les conditions capitalistes de production et d’échange, le régime bourgeois de la propriété, la société bourgeoise moderne, qui a fait surgir de si puissants moyens de production et d’échange, ressemblent au magicien qui ne sait plus dominer les puissances infernales qu’il a évoquées.

    Je n’ai rien inventé, je n’ai fait qu’un copier-coller de quelques extraits du manifeste communiste, Karl Marx 1847, en remplaçant le mot bourgeoisie par capitalisme.

    On peut constater qu’il y a une forte ressemblance avec notre époque avec ce dernier extrait dernier extrait :

    L’ouvrier moderne au contraire, loin de s’élever avec le progrès de l’industrie, descend toujours plus bas, au-dessous même des conditions de vie de sa propre classe. Le travailleur devient un pauvre, et le paupérisme s’accroît plus rapidement encore que la population et la richesse. Il est donc manifeste que la bourgeoisie est incapable de remplir plus longtemps son rôle de classe dirigeante et d’imposer à la société, comme loi régulatrice, les conditions d’existence de sa classe. Elle ne peut plus régner, parce qu’elle est incapable d’assurer l’existence de son esclave dans le cadre de son esclavage, parce qu’elle est obligée de le laisser déchoir au point de devoir le nourrir au lieu de se faire nourrir par lui. La société ne peut plus vivre sous sa domination, ce qui revient à dire que l’existence de la bourgeoisie n’est plus compatible avec celle de la société.

    Ensuite chacun peut penser ce qu’il veut.

    Le lien d’où sont tirés ces extraits :
    Lien

    • DBL8
      DBL8 répond à 101.7
      Retraité
      • Posté à 13h31 le 18/02/2009
      • Internaute 19562
        Retraité

      A constater ce que certains ont fait, & font encore, de cette idéologie... attire-t-elle encore ?

      • 101.7
        101.7 répond à DBL8
        Promeneur
        • Posté à 13h50 le 18/02/2009
        • Internaute 59121
          Promeneur

        « A constater ce que certains ont fait, & font encore, de cette idéologie… attire-t-elle encore ? »

        Je mentionnais un constat fait il y a plus de 150 ans et la situation est pareille aujourd’hui, mais enrobée de sucrerie médiatique.
        Il n’y a pas d’idéologie juste un constat.

        Maintenant vu que les solutions qui ont été appliquées, d’un côté la fuite en avant du capitalisme, de capitalisme sauvage, le colonialisme, les dictatures, le libéralisme le plus cynique et d’un autre côté l’utilisation détournée du communisme qui n’a été qu’une caricature de cet idéal, utilisé par une poignée d’oligarques repliés sur eux-mêmes et répressifs rejoignant ainsi les dictatures du premier volet de ma phrase...
        Ces prétendues solutions ont donc toutes échoué.

        A nous de trouver une voie qui irait vers un avenir plus humain, respectueux du monde que nous allons laisser et où l’exploitation des biens et des personnes par une petite partie de privilégiés serait bannie.
        On peut au moins se mettre d’accord là-dessus, ce n’est plus une question de conviction politique mais de survie.

  • yoye-2000
    yoye-2000
    se leve tard et travaille mou
    • Posté à 13h29 le 18/02/2009
    • Internaute 48274
      se leve tard et travaille mou

    Le truc dans tous ces exemples d’autres voie, (du AMAP aux logiciels libres), c’est que d’une part, ils sont très marginaux, et d’autre part, qu’ils s’adressent à un élite (pas au sens économique, mais au sens savoir et sensibilisation) suffisamment solide et impliquée pour tenir sur ses positions. A côté de ça, on a un tas de courants contraires conservateurs puissants qui nous font croire que si on ripoline la machine un peu, elle va pouvoir repartir de plus belle et que chacun va à nouveau pouvoir trouver le bonheur (ou même, ne soyons pas trop ambitieux, un but) en consommant à gogo.
    Et j’ai bien l’impression que la majorité y croit...
    En résume, y’a encore du boulot !
    Surtout que je ne suis pas persuadé à 100% que, du AMAP aux logiciels libres, ces « solutions » ne fassent pas elles même partie du ripolinnage

    bref, une réflexion pas super positive comme ça en passant... ce commentaire surtout pour dire que j’aime bien ta façon de voir, Yeti, sur Rur89 ou sur ton blogue, que je n’avais pas pris le temps de te le dire. Je saisis donc l’occasion ici...

    Lien

    • Les Grands Champs
      Les Grands Champs répond à yoye-2000
      Retraité, le doigt là où ça (...)
      • Posté à 13h38 le 18/02/2009
      • Internaute 61722
        Retraité, le doigt là où ça (...)

      NON, ils ne s’adressent pas à une élite (les AMAP, log. libres & autres), mais à tous, ce qui ne va pas ce sont les médias qui le font croire !
      Combien de fois a-t-on entendu les propos que vous tenez ?
      Ce sont justement ceux-là qui donne le résultat que vous dites.
      Le citoyen n’a pas envie après avoir entendu ou lu de tel propos de ce lancer vers eux. C’est ça qui ne va pas ! !

      • yoye-2000
        yoye-2000 répond à Les Grands Champs
        se leve tard et travaille mou
        • Posté à 14h44 le 18/02/2009
        • Internaute 48274
          se leve tard et travaille mou

        en théorie d’accord avec toi.... Mais en pratique : si on prend les AMAP : comment on nourrit une ville via des AMAP ? A Nantes, où j’habite, ça marche tellement bien qu’il y a des mois d’attente pour être inscrit, et ils ne concerne qu’une poignée de personne. Le système a dàjà atteint sa taille critique.
        C’est en ce sens que je dis qu’il ne concerne qu’une minorité (le terme élite étant peut être trop polémique)
        Il y a une organisation totale à repenser, mais surtout, nos modes de vie à revoir de fond en comble. Le succès de ces solutions, qui restent marginales et très cosmétiques, sont la preuve qu’il y a du potentiel.
        Mais à l’heure actuelle, seulement du potentiel.

  • ysengrimus
    • Posté à 13h48 le 18/02/2009
    • Internaute 12674

    Le capitalisme est fini

    Lien

    Il est donc voué à finir.

    Paul Laurendeau

    • didier1
      didier1 répond à ysengrimus
      retraité
      • Posté à 15h11 le 18/02/2009
      • Internaute 66204
        retraité

      Le capitalisme est une idéologie mortifère et je crains bien qu’en tant que tel, il ne corresponde que trop bien avec l’inconscient et la vision de la vie de beaucoup de gens, désir de mort, de servitude volontaire, incapacité à décider de son existence de façon autonome...

      Le capitalisme, c’est la loi de la nature appliquée à l’espèce humaine... pour en sortir, il n’est qu’une solution...la culture, c’est à dire la capacité à imaginer d’autres rapports de production que ceux fondés sur l’exploitation. Ca risque de prendre encore très longtemps.

  • Venezuela
    Venezuela
    vit aux Pays-Bas
    • Posté à 14h00 le 18/02/2009
    • Internaute 114
      vit aux Pays-Bas

    Greenspan backs bank nationalisation
    By Krishna Guha and Edward Luce in Washington (« FT » and « Financial Times » are trademarks of the Financial Times)
    Published : February 18 2009 00 : 06 | Last updated : February 18 2009 00 : 06
    The US government may have to nationalise some banks on a temporary basis to fix the financial system and restore the flow of credit, Alan Greenspan, the former Federal Reserve chairman, has told the Financial Times.
    In an interview, Mr Greenspan, who for decades was regarded as the high priest of laisser-faire capitalism, said nationalisation could be the least bad option left for policymakers.
     »It may be necessary to temporarily nationalise some banks in order to facilitate a swift and orderly restructuring, » he said. « I understand that once in a hundred years this is what you do. »
    Mr Greenspan’s comments capped a frenetic day in which policymakers across the political spectrum appeared to be moving towards accepting some form of bank nationalisation.
    « We should be focusing on what works, » Lindsey Graham, a Republican senator from South Carolina, told the FT. « We cannot keep pouring good money after bad. » He added, « If nationalisation is what works, then we should do it. »
    Speaking to the FT ahead of a speech to the Economic Club of New York on Tuesday, Mr Greenspan said that « in some cases, the least bad solution is for the government to take temporary control » of troubled banks either through the Federal Deposit Insurance Corporation or some other mechanism.
    The former Fed chairman said temporary government ownership would »allow the government to transfer toxic assets to a bad bank without the problem of how to price them. »
    But he cautioned that holders of senior debt – bonds that would be paid off before other claims – might have to be protected even in the event of nationalisation.
     »You would have to be very careful about imposing any loss on senior creditors of any bank taken under government control because it could impact the senior debt of all other banks, » he said. « This is a credit crisis and it is essential to preserve an anchor for the financing of the system. That anchor is the senior debt. »
    Mr Greenspan’s comments came as President Barack Obama signed into law the $787bn fiscal stimulus in Denver, Colorado. Mr Obama will announce on Wednesday a $50bn programme for home foreclosure relief in Phoenix, Arizona. Meanwhile, the White House was working last night on the latest phase of the bailout for two of the big three US carmakers.
    In his speech after signing the stimulus, which he called the « most sweeping recovery package in our history », Mr Obama set out a vertiginous timetable of federal decisions in the coming weeks that included fixing the US banking system, submission next week of the 2009 budget and a bipartisan White House meeting to address longer-term fiscal discipline.
    « We need to end a culture where we ignore problems until they become full-blown crises, » said Mr Obama. « Today does not mark the end of our economic troubles… but it does mark the beginning of the end. »
    Copyright The Financial Times Limited 2009

  • supprimé à la demande du riverain 27.02.09
    • Posté à 14h02 le 18/02/2009
    • Internaute 69200

    Il n’y a d’alternative au capitalisme que la MISERE, garantie pour tous, à l’exception d’une Nomenklatura de salopards qui se partagent les bons morceaux. Soljenitsyne a bien portraituré ces bourgeois rouges dans plusieurs de ses romans. Mais le capitalisme existe-t-il ? N’est-ce pas un fantasme de parano ? Les plus pauvres d’entre nous ont plus à attendre du capitalisme que du socialisme !

    • didier1
      • Posté à 14h25 le 18/02/2009
      • Internaute 66204
        retraité

      Tu fais partie des plus pauvres toi, le sectateur de Monseigneur Mayol de lupé l’homme capable de remettre en cause des documents d’archives ?

      Laisses-donc les plus pauvres se démerder, ils ont des idées sur la question sociale ( je le sais, les pauvres, j’en sors). Tu risques d’ailleurs de le constater s’ils continuent à avoir l’impression qu’on se fout de leur gueule.

      • supprimé à la demande du riverain 27.02.09
        • Posté à 14h32 le 18/02/2009
        • Internaute 69200

        Tu te trompes, Didier, et tu m’insultes gravement en me présentant comme un sectateur de cet évêque. Mes 2 grands-pères étaient dans la Résistance et dans notre famille, nous sommes Gaullistes de gauche de père en fils !

         
        • didier1
          • Posté à 15h14 le 18/02/2009
          • Internaute 66204
            retraité

          Tu m’as insulté gravement en me traitant de menteur à propos du discours d’Hitler en date du 9 avril 1938. Je veux bien retirer le « sectateur de l’évêque mgr Mayol de lupé » si tu retires tes accusations de mensonge. Mon arrière grand-père était aussi dans la résistance (pas dans la même mouvance) ce qui lui a valu 18 mois dans un endroit d’autriche qui n’avait rien de sympathique...cela ne dit rien de ce que moi je suis...
          Gaulliste de gauche, c’est à dire favorable au programme du CNR ?

          • supprimé à la demande du riverain 27.02.09
            • Posté à 15h15 le 18/02/2009
            • Internaute 69200

            OK, je les retire. Oui, c’est vrai le CNR... mais c’était une époque et la sécurité sociale à l’époque ne représentait pas le double du budget de la nation. Mais je suis prêt à en discuter.

            • didier1
              • Posté à 15h54 le 18/02/2009
              • Internaute 66204
                retraité

              Bien reçu je retire mon accusation .

              En ce qui concerne le budget de la sécurité sociale, il est de 330 milliards d’euros prévus pour 2009, les dépenses de l’état étaient au 31 août 2008 de 184 milliards d’euros. Je n’ai pas trouvé les chiffres définitifs mais on doit arriver grosso modo à un total de 270 milliards d’euros ce qui est conséquent dans les deux cas.

              En 1945, le budget de la sécurité sociale de l’époque ne s’établissait pas dans le même ratio, je te l’accorde volontiers mais la lecture des journaux de l’époque nous apprend que beaucoup de représentants du patronat mettaient en doute le programme du CNR en ce qui concerne la protection sociale au prétexte que sa mise en place allait « plomber » la situation des entreprises »... on ne peut que constater que les « trente glorieuses “ eurent lieu quand même et que ce programme n’affecta guère la compétitivité des entreprises françaises. Il est assez intéressant de constater que lors de chaque avancée sociale, mise en place de la protection sociale, congés payés... la même antienne est répétée par les mêmes personnes ad nauseam...

              Ce qui est vrai, c’est qu’à l’époque du CNR, la droite pétainiste n’accepta pas... et que toute l’histoire du mouvement social en France depuis l’instauration du ‘salaire différé’ est marquée par la volonté de cette droite de ‘récupérer’ tout ou partie de ce qu’elle fut obligée de céder à un moment historique ou elle était complètement déconsidérée

            • didier1
              • Posté à 15h55 le 18/02/2009
              • Internaute 66204
                retraité

              Bien reçu je retire mon accusation .

              En ce qui concerne le budget de la sécurité sociale, il est de 330 milliards d’euros prévus pour 2009, les dépenses de l’état étaient au 31 août 2008 de 184 milliards d’euros. Je n’ai pas trouvé les chiffres définitifs mais on doit arriver grosso modo à un total de 270 milliards d’euros ce qui est conséquent dans les deux cas.

              En 1945, le budget de la sécurité sociale de l’époque ne s’établissait pas dans le même ratio, je te l’accorde volontiers mais la lecture des journaux de l’époque nous apprend que beaucoup de représentants du patronat mettaient en doute le programme du CNR en ce qui concerne la protection sociale au prétexte que sa mise en place allait « plomber » la situation des entreprises »... on ne peut que constater que les « trente glorieuses “ eurent lieu quand même et que ce programme n’affecta guère la compétitivité des entreprises françaises. Il est assez intéressant de constater que lors de chaque avancée sociale, mise en place de la protection sociale, congés payés... la même antienne est répétée par les mêmes personnes ad nauseam...

              Ce qui est vrai, c’est qu’à l’époque du CNR, la droite pétainiste n’accepta pas... et que toute l’histoire du mouvement social en France depuis l’instauration du ‘salaire différé’ est marquée par la volonté de cette droite de ‘récupérer’ tout ou partie de ce qu’elle fut obligée de céder à un moment historique ou elle était complètement déconsidérée

        4 autres commentaires
    • A déménagé le 25 octobre
      • Posté à 14h33 le 18/02/2009
      • Internaute 33755

      « à l’exception d’une Nomenklatura de salopards qui se partagent les bons morceaux. »

      En ce moment... non ? ...

      « Non. »

      Bon.

      ...

      Tagada, ça va pas en ce moment.
      Tu fumes un mauvais coton...

    • dulconte
      dulconte répond à supprimé à la demande du riverain 27.02.09
      Mordu par un fachogarou
      • Posté à 14h47 le 18/02/2009
      • Internaute 250
        Mordu par un fachogarou

      Le capitalisme financier actuel génère de la misère. Je ne parle pas depuis la crise, mais avant cela.

      Augmentation des travailleurs pauvres est assez symptomatique de ce capitalisme né au USA. Après la discussion de est-ce que tout le capitalisme est a jeté ou s’il faut le réformer en profondeur en mettant en avant non plus le flux financier, mais l’homme est une autre question.

      • supprimé à la demande du riverain 27.02.09
        • Posté à 14h52 le 18/02/2009
        • Internaute 69200

        Il existe dans le monde plus d’un milliard d’êtres humains qui rêvent d’être des « pauvres » français...

         
        • Disciple
          • Posté à 15h14 le 18/02/2009
          • Internaute 69854

          Oui mais pas moi, et pas vous non plus mon maître. Tout ça c’est assez bon pour les autres.

        • dulconte
          dulconte répond à supprimé à la demande du riverain 27.02.09
          Mordu par un fachogarou
          • Posté à 15h24 le 18/02/2009
          • Internaute 250
            Mordu par un fachogarou

          Là on rentre dans un débat bien plus intéressant que vous ne l’imaginez.

          Je ne parlais pas obligatoirement de la France, mais aussi de nombreux pays où la richesse est immense et où l’on meurt de faim. Pourquoi ?

          Oui, pourquoi meurt-on de faim en Argentine, en Colombie, en Bolivie pour prendre ses 3 pays assez symptomatique. Je n’entrerai pas en Afrique ou dans certains pays Asiatiques où le problème est différent et que je le maîtrise bien moins.

          Donc pourquoi meurt-on de faim dans ces 3 pays. Ces 3 pays ont des richesses à faire pâlir n’importe quel pays européens. Des capacités agricoles énormes. Pourtant on y meurt de faim.

          La première explication que vous nous assénerez probablement avec votre finesse habituelle est qu’ils meurent de faim car ce sont des feignants. Je l’entends régulièrement celle-là sortant de la bouche de gras sur-alimenté de produits venant justement de ces pays là.

          Une autre explication est la suivante ces pays tout indépendant qu’ils sont et ceux parfois depuis près de 2 siècles ont gardé une économie non seulement coloniale mais en plus on appliqué avec une virulence toute latine les règles très libérale du FMI, élimination au maximum de l’état, privatisation souvent totale des services publics, aucune règle (frein) à l’entreprise privée (au point que la télévision publique argentine n’avait pas le droit il y a encore un an d’installer un émetteur là où se trouvait déjà une télé privée), limitation au maximum des règles entreprenales aussi bien sur les employés que sur la gestion des entreprises. Bref un chef d’entreprise ou un latifondos fait exactement ce qui lui plait dans son entreprise ou sur ses terres.

          Quel est le résultat de ce mélange d’autoritarisme entreprenal, de latifondos aux méthodes médiéval etd’une économie uniquement tournée vers l’export (économie coloniale) ?

          1- Très peu de développement d’industrie.
          2- Pas de transformation sur place des matières premières.
          3- Achats de produits finis, cher, d’où augmentation injustifiable des dettes.
          4- Exploitation des ouvriers agricoles, se rapprochant parfois du servage.
          5- Démission de l’état, ou plutôt absence de moyen des états pour faire respecter la loi (police sous payée et donc corrompue par exemple).
          6- Les franges les plus pauvres de la société sont écrasées par les puissants sans avoir aucun moyen de faire valoir leur droit.
          7- On crève de faim dans des pays où se pratiquent deux récoltes par ans.
          8- Il est très difficile de trouver des fruits et des légumes de qualité, tout part à l’export. Par contre Danone, Coca, Nestlé sont extrêmement puissant.
          9- L’industrie nationale est pratiquement intégralement dans des mains étrangères. Mains étrangères qui n’hésitent pas à fermer les usines, même rentables, quand il y a le moindre problème, syndicat par exemple ou pb de rentabilité ailleur dans le monde.
          10- La moitié d’un pays comme l’Argentine est entre les mains de moins de 1000 familles pour une population de 40 millions d’habitants
          11- les ex-paracos en Colombie font régner la terreur pour récupérer des terres et produire de l’huile de palme, transformant le pays en bi culture, palme et coca, youy pour l’export bien sur.
          12- l’Argentine, le Paraguay, le Brésil se transforme en monoculture de soja alors qu’il n’y a pas la moindre consommation interne, perte énorme d’emploi, déforestation intensive, pollution des sols (rondup), OGM etc.

          voilà le capitalisme que vous défendez, pas besoin de parler de la France pour voir à quel point ce système est nocif du moins dans sa forme actuelle et encore je n’ai pas abordé le problème du sous-sol, pour lequel les USA n’ont pas hésité à mettre à bas la démocratie chilienne entre autre...

          Après oui il est facile de faire rêver à la France aux USA etc.

        2 autres commentaires
  • serbo
    serbo
    photographe
    • Posté à 14h02 le 18/02/2009
    • Internaute 64011
      photographe

    Les économistes savent pertinemment que pour relancer l’économie, la seule solution est la redistribution des richesses. Or que propose t’on, c’est de relancer le crédit. On intervient auprès des banques pour qu’elles mintiennent un niveau constant de crédit, quitte à en augmenter la durée (30 ans pour l’acsession à la propriété au lieu de 15 ans) et permettre ainsi aux plus démunis d’acheter à crédit. C’est à dire qu’on continue à faire les mêmes conneries. Vous avez beau aider les entreprises si les gens n’ont pas les moyens d’acheter le carnet de commandes ne va pas se remplir tout seul... Oui mais voilà ceux qui accaparent les richesses sont les copains de notre cher président. Et ce genre de copain ne vous prête pas un bateau de plusieurs millions pour rien. A un moment ou un autre il faut renvoyer l’acenseur...

  • marie 75
    • Posté à 14h04 le 18/02/2009
    • Internaute 3563

    la crise ... ce n’est pas pour tout le monde.
    DEVENEZ CONSULTANT !
    cf bakchich

    Le travail de consultant de Bernard Kouchner, pour le compte de la société Imeda au Gabon a laissé des traces. Et pas seulement des factures de 2,6 millions d’euros que Bakchich a déjà eu loisir de publier.

    L’incommensurable travail du French Doctor pour améliorer la situation sanitaire du petit émirat pétrolier du Golfe de Guinée, se trouve aussi synthétisé…en 15 pages.

    Les rapports, l’un de six pages, l’autre de 9 pages, sont signés Bernard Kouchner et datés de 2004. Est-ce cet« épais » dossier qui a été facturé 2,6 millions d’euros au Gabon, soit près de 173 000 euros la page ? Ou s’agit-il de simples « synthèses », « de pré rapports », comme l’affirment les proches du ministre ? Alors dans ce cas, pourquoi Bernard Kouchner ne publie-t-il pas les fameux rapports dans leur totalité ?

    La première note, lourde de six pages est datée du 5 février 2004. Adressée directement à Son Excellence El Hadj Omar Bongo Ondimba par « Bernard Kouchner, ancien ministre ». Une sacrée carte de visite. Et l’ex-personnalité politique préférée des Français (derrière la délicieuse Rama Yade) de dresser un vaste panorama du système de santé gabonais. Du grand.

    « Vous avez bien voulu confier à Imeda un travail d’analyse critique du système de santé gabonais et de son financement, écrit le consultant Kouchner. Cette société m’ayant consulté, je souhaite vous soumettre quelques observations et recommandations sur lesquelles je serais heureux de recueillir votre sentiment ». Doux préliminaire, qui n’a été rendu possible qu’après un dur labeur.

    « Après trois mois d’études il m’apparaît que les efforts de solidarité nationale devraient porter sur les points suivants ». A savoir que « l’organisation gouvernementale de la santé doit être remaniée », « l’offre de soin optimisée », « la formation, la répartition et la rémunération des personnels de Santé doivent être revue », « la participation du secteur privée doit être mieux encadrée ».

    Ces quatre grands axes, dont on perçoit l’immense originalité, occupent chacun une page. Une page qui pèse lourd, au vu des sommes touchées par Kouchner et ses amis, lesquels amis sont devenus, depuis, porte parole du Quai et ambassadeur à Genève.

    Pas de doute, Kouchner se glisse à merveille dans le costume de consultant, toujours habile pour « vendre du vent »… Selon le bon mot d’une des plus grandes boites de conseil parisien, « un consultant, c’est un mec qui vient chez vous, commence à casser les murs, avant de vous expliquer qu’il peut tout réparer mais qu’il lui faut un peu plus d’argent ».

    Et Kouchner de poursuivre avec une recommandation savoureuse quant aux personnels de santé gabonais. « Les médecins s’engageraient au début de leurs études à servir la solidarité nationale (…) pour une période d’affectation d’au moins trois ans »…Nul n’est prophète en son pays. Secrétaire d’Etat à la Santé, Bernard Kouchner ne s’était jamais risqué à une telle audace. Mais la situation l’exige. « Des malades mal soignées, des mécontents, une agitation sociale qui pourrait grandir : un sursaut s’impose dans le domaine de la Santé ». Bref Papa Omar, mieux vaut soigner vos ouailles, ils pourraient se rebeller.

    Et le bon docteur Kouchner de conclure. « Le rapport final d’Imeda proposera les grandes lignes d’une harmonisation des relations inter-médicales (…) Si vous acceptez ces lignes de force, elles seront soigneusement étudiées et chiffrées ».

    Sans doute le président gabonais a-t-il été convaincu par une argumentation si poussée. Nous sommes en février 2004. Quatre mois plus tard, le 30 juin 2004, un deuxième « rapport » voit le jour.

    « Il y a quatre mois, rappelle Kouchner au doyen des chefs d’Etat africain, nous vous avons soumis un premier rapport qui résumait l’état des lieux ». Au passage un petit rappel des quatre axes de réflexion qui figuraient dans la première lettre. « Organisation de la santé publique, optimisation de l’offre de soins (…) amélioration de la situation des hôpitaux et des dispensaires, ainsi qu’une organisation plus rationnelle du système de formation ». On tire un peu à la ligne…

    Puis l’ex futur socialiste enchaîne : « Comme nous en étions convenus, nous vous proposons aujourd’hui un schéma de mise en place d’une couverture maladie pour tous les Gabonais ». Et toujours, une petite caresse pour le client. « Comme vous, il ne nous paraît plus possible qu’un nombre important de citoyens s’en remettent à la générosité du président de la République pour se faire soigner ». En revanche, un nombre imposant de ministres consultants et avocats français espère sa mansuétude…

    S’ensuivent trois pages faussement techniques et truffées de chiffres sur le nouveau de système à mettre en place. Et la description de la suite des évènements à venir. A savoir une grande concertation nationale organisée dans le « cadre d’Etats généraux de la Santé », une campagne d’explication dans le pays, etc…Un dada de Kouchner, ces grand-messes, puisque devenu ministre, il demande à quelques amis d’organiser un symposium sur la santé… au Kurdistan. Le tout, cette fois, pour 300 000 euros.

    Et transparaît, dans ce deuxième « rapport », la satisfaction du travail bien fait. « Monsieur le président, j’ai le sentiment qu’International Medical Alliance (Imeda) et moi-même avons accompli notre tâche préparatoire ».

    Le tout, apparemment et à moins que Kouchner apporte d’autres pièces au dossier, sur quinze pages. Un travail très, très synthétique qui relègue Xavière Tibéri au rang de grand scribe…voire de gagne-petit. Avec 2,6 millions d’euros engrangés pour 15 pages, Imeda et Bernard Kouchner ont facturé tout simplement la page à 173 000 euros au Gabon.

    Un record à battre.

    A moins qu’une plus abondante documentation soit restée dans les tiroirs. Et n’ait fait chuter le tarif par page…

    C’est la thèse défendue, pour l’instant par les proches de Kouchner contactés par Bakchich. Eric Danon, ambassadeur de France à la conférence sur le désarmement à Genève et toujours gérant d’Imeda, se rappelle très bien de ces deux textes. « On envoie pas des rapports entiers à un président de la République, ce sont de simples synthèses de présentation ». Et d’ajouter : « Il est vrai que les notes de Bernard sont le meilleur de notre audit. » On craint le pire.

    Même son de cloche chez Jacques Baudouin, conseiller presse et communication au Quai d’Orsay et qui a bossé, si on peut dire, avec Eric Danon et Kouchner sur le système de Santé au Gabon. « Peut-être avez-vous en main le projet de loi »…Et non ! Et le conseiller presse d’ajouter : « Je crois que certains de vos collègues de l’Afp ont vu les rapports au Gabon, il y a eu une dépêche » Bakchich n’en a pas retrouvé la trace.

    Quant à Maître Georges Kiejman, l’avocat du French docteur, il change de version au gré des parutions du JDD. Le 1er février, l’ancien beau-frère du ministré évoque un rapport « facturé sur trois ans ». Avant d’affiner un peu son argumentaire, une semaine plus tard, en parlant de deux rapports. Un premier, de 107 pages, daté de 2004, « avec annexes et graphiques », intitulé « Le constat ». Un deuxième, de 25 pages, daté d’août 2004, intitulé « Les propositions de réforme ».

    Un peu embrouillé ! Bref, tout serait plus simple si le ministre se décidait à publier l’ensemble de son œuvre gabonaise, dont il s’est proclamé si fier. Au vu des prescriptions du bon docteur, dans les quinze pages que nous publions, il ne s’agit pas de secret médical !

    Pour télécharger les rapports de Bernard Kouchner, il suffit de cliquer sur les images ci-dessous.

    Lien

  • Jeanbonnau
    Jeanbonnau
    Jeune
    • Posté à 14h44 le 18/02/2009
    • Internaute 67977
      Jeune

    Bonjour à tous, je vous fais juste part d’un article trouvé sur internet et qui pourrait pas mal vous intéresser. Ça vient de la revue « montante » ResPublica nova :

    Lien

  • mick69
    • Posté à 14h45 le 18/02/2009
    • Internaute 2907

    Je suis sceptique sur le modèle du logiciel libre et de la culture libre comme alternative à la production. Ce sont des activités valorisantes qu’on peut certes faire bénévolement par passion, mais seulement si l’on a à côté un boulot alimentaire

    Inversement, peu de gens sont volontaires pour faire gratuitement les travaux pénibles de la production industrielle et agricole, et même des services

  • a déménagé le 4 février 2011
    • Posté à 14h47 le 18/02/2009
    • Internaute 51971

    Papier très intéressant, M. Le Yeti ! Félicitations !

  • fantome de la nuit
    fantome de la nuit
    insomniaque
    • Posté à 15h04 le 18/02/2009
    • Internaute 50069
      insomniaque

    La prochaine fois qu’il fera -10°C, on ne dira pas « il fait froid » mais « nous sommes dans une phase d’adaptation de climat ».

    Un excellent texte, il est bon de surligner au stabilo la situation actuelle du capitalisme.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 15h32 le 18/02/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    C’est beau de croire encore au Père Noël...

    Agir intelligemment, ça demande d’être intelligent. Ce qui est loin d’être une constante chez l’homme, même si en réalité une bonne part pêche par paresse.
    Donc du coup, c’est à une partie de population, celle qui réfléchit, de prendre les choses en main.
    Là, elle a deux choix : soit faire un truc où tout le monde il est égal, tout le monde il est content ; soit faire un truc où lui il est content et tout le monde il lui obéit.
    Donc, avant même d’y penser, son choix est fait, car il obéira gentiment à son ADN qui lui ordonnera de tout faire pour assurer son rôle de mâle dominant.

  • dob
    dob
    • Posté à 16h41 le 18/02/2009
    • Internaute 40886

    Oui, Yéti, vous avez raison, il faut arrêter avec ce mythe de la croissance à tout prix et trouver d’autres but à poursuivre pour nos sociétés.

    Cependant, j’aimerai savoir ce que vous entendez par « l’extinction du marché et du salariat par l’essor de l’autoproduction, de la mise en commun et de la gratuité ». Parce que c’est gentil tout plein et ça marche super bien dans des microsociétés, type kibboutz ou tribu du pacifique. Mais appliqué en grand, quand on a essayé, ça s’est cassé la gueule.

    Pourquoi ? parce que l’homme veut toujours posséder plus que son voisin. Pour partager avec des millions d’inconnus ce qu’il a produit, il faut bien souvent le forcer (s’il connaît les gens avec qui il partage, c’est différent, c’est pour ça que ça marche dans les micro sociétés). Bien sûr, il y a quelques cas particuliers, mais c’est une constante de l’humanité : l’homme pense à lui d’abord.

    Alors voilà Yéti, vos reflexions personnelles sont pleines d’espoir et nous rappellent qu’il faut remettre en cause ce capitalisme. Mais garde à l’excès inverse...

    Personnellement, je me prononcerai pour une moralisation du capitalisme au niveau mondial, par diverses mesures comme la taxe Tobin. Mais surtout, l’économie « solidaire » comme on l’appelle, doit être encouragée par les institutions, mais surtout portée par des hommes (et des femmes...) qui y croit et vont le faire vivre.

    Bref, ce sont les hommes qui doivent changer la société par leur action, encouragés peut-être mais surtout pas forcés par l’Etat : c’est trop dangeureux.

    Merci de muscler les esprits... mais sans bras pour porter et construire ces idées rien ne changera.

    • Le Yéti
      Le Yéti répond à dob
      yetiblog.org
      • Posté à 08h22 le 20/02/2009
      • Internaute 6095
        yetiblog.org

      « J’aimerais savoir ce que vous entendez par “ l’extinction du marché et du salariat par l’essor de l’autoproduction, de la mise en commun et de la gratuité ”.

      Ces mots sont d’André Gorz, pas du Yéti. Personnellement, je ne crois guère à la fin du salariat. Ni à l’avènement d’une société de type marxiste. Encore moins à l’instauration de l’égalitarisme. On ne peut pas imaginer une société humaine, sans tenir compte de la nature humaine.

      Je crois par contre qu’on se doit de CONTENIR les excès de cette nature humaine. D’essayer de fixer des règles strictes de fonctionnement pour contenir sur au moins une certaine durée cette machine infernale portée de tout temps vers la dominance.

      En profitant, par exemple, du fait qu’elle soit en crise.

      Concernant le principe d’égalitarisme, je dois dire qu’à mes yeux, ce n’est pas vraiment le problème. Le problème, c’est que D’ABORD chacun puisse bénéficier du minimum vital et du minimum de confort pour vivre dignement. Le reste est un peu secondaire. Laissons les courses vers les podiums imbéciles à ceux que cela amuse.

  • falstaff
    falstaff
    Petit joueur de ukulélé.
    • Posté à 15h16 le 21/02/2009
    • Internaute 58081
      Petit joueur de ukulélé.

    Le partage au mérite :
    –Tu travailles, tu produis des biens ou des services qui créent de la richesse. La richesse tu la partages avec ceux qui le méritent, on appelle ça le libéralisme. Ceux qui le méritent, parfois s’amusent avec la richesse jusqu’à la faire disparaître, ça s’appelle une crise. Alors, pour continuer à jouer, ceux qui le méritent demandent à ceux qui travaillent de partager plus, ça s’appelle la récession.
    –Alors ceux qui partagent voudraient que ceux qui le méritent partagent aussi, ça s’appelle une grogne. Si la grogne dure ça devient un mouvement social. Alors ceux qui le méritent vont dans un autre pays où ceux qui travaillent partagent mieux, ça s’appelle la délocalisation. Quand il y a plusieurs délocalisations on parle de mondialisation.
    –Plus tard, dans l’autre pays, tu travailles, tu produis des biens ou des services qui créent de la richesse. La richesse tu la partage avec… plus tard encore, de grogne en grogne, de pays en pays, il n’y a plus rien à partager et ça s’appelle La Crise et ceux qui le méritent sont très embêtés mais ceux qui partagent le sont encore plus.
    - Et les enfants et petits-enfants de ceux qui partagent et de ceux qui le méritent n’ont plus rien, puisqu’ils ont été exclus du partage avant leur naissance.

  • Go to the page
  • 1
  • 2
Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.