Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Une lettre de Cesare Battisti : « Pourquoi moi ? »

Publié le 23/02/2009 à 16h11

Rue89 publie une lettre écrite de sa cellule par Battisti, toujours en attente de libération après que le Brésil ait accepté sa demande d’asile politique, et provoqué une nouvelle colère italienne.

Depuis que le ministre de la Justice brésilien, Tarso Genro, a accepté la demande d’asile politique formulée par Cesare Battisti et ses défenseurs, c’est peu de dire que l’Italie est entrée dans une rouge colère : menaces de boycott économique, rappel à Rome de l’ambassadeur au Brésil, ou encore une mascarade au Parlement européen au début du mois (un vote demandé par l’Italie, 46 eurodéputés sur 785 demandant au Brésil de revoir sa copie, alors que le Parlement n’a aucun droit à se prononcer sur des affaires juridiques, surtout concernant un pays non-européen).

Le Tribunal suprême brésilien, dont une moitié de membres seraient sensibles aux pressions italiennes, a lancé un recours pour juger du bien-fondé de la décision du ministre de la Justice, et pour annuler la décision gouvernementale. Une démarche don on connaîtra l’issue en mars. Et qui maintient Battisti en détention.

Deux lettres de Battisti

C’est pourquoi Battisti a pris la plume pour deux longues lettres. Ecrites en Portugais, car elles sont destinées aux instances brésiliennes. La première date de fin janvier. Battisti y expose tous les détails de sa non-participation aux homicides dont il se dit innocent. Cette lettre est encore confidentielle, car elle sera distribuée aux onze ministres (ainsi nomme-t-on la fonction, au Brésil) du Tribunal suprême ce jeudi 26 février. Au même moment, le Sénateur Eduardo Suplicy la lira en séance plénière au Sénat brésilien.

La seconde, que nous publions ici, est datée du 18 février. Elle a été lue en séance plénière au Sénat brésilien par un autre sénateur, José Néry. Depuis, elle circule à travers le Brésil, l’Italie (publiée par l’hebdomadaire Panorama en fin de semaine dernière) et en France.

Battisti se dit « victime d’un déchaînement médiatique » de la part de la presse transalpine, et se demande si « l’heure n’est pas arrivée » pour que l’Italie, « dans un acte de noblesse », lui pardonne, respectant ainsi ses « racines chrétiennes ». Un « pardon » qui lui serait accordé pour sa situation de « persécuté ».

« Je suis dans une situation terrible. “Rome devrait suivre l’exemple du Vatican, qui a reconnu ses activités durant l’Inquisition”, écrit Cesare Battisti, qui se livre ensuite à une violente charge contre les autorités transalpines. Et surtout, il clame de nouveau son innocence.


Brasilia, 18 février 2009


Pourquoi moi ?

Même si je n’ai jamais cru, comme l’a dit Voltaire, que nous vivons dans un monde où l’on vit ou meurt “les armes à la main”, l’ironie du destin a fait qu’aujourd’hui, je me trouve condamné pour quatre homicides.

Ma situation est terrible. Je suis effrayé, désarmé, devant l’hostilité, la haine pleine de rancune que manifestent mes adversaires. Je sais que je devrais combattre l’avalanche de mensonges, de faussetés historiques, mais ce qui me manque pour me lancer dans la lutte, c’est le désir de gagner. Gagner quoi ?

Mes adversaires, au contraire de moi, semblent avoir quelque chose à défendre. Qui sait, leur misère, ou leur richesse ou, peut-être, comme dans le cas de quelques actuels ministres du gouvernement italien, maintenir caché leur passé en tant qu’activistes de l’extrême-droite (fasciste), responsables directement ou indirectement des massacres à la bombe. Je ne sais pas exactement ce qui motive mes adversaires à entrer dans cette lutte, mais ce n’est certainement pas la soif de justice.

De mon côté, je ne prétends pas me faire le défenseur de tout ce qui s’est passé pendant les sanglantes années 70. Nous sommes en plein XXIe siècle, je n’ai plus de vérités absolues sur la société idéale, et je ne suis pas important au point de défendre ce qu’il y avait de bon dans les rêves de ces années. Je ne peux pas me jeter dans une telle guerre. Je dirais même que je ne suis pas non plus intelligent au point de générer autant d’ennemis ; si j’ai dérangé tant de personnes importantes, cela fut sans aucun doute le résultat de mon inconscience.

La vérité est que je n’ai rien fait pour éviter tant de problèmes, mais reste encore à comprendre comment je fus capable d’arriver à des résultats aussi désastreux. Reste, de toute manière, cette question : pourquoi tant de haine ? Ce n’est pas pour m’esquiver que je me déclare inapte et que je laisse la réponse à cette question à des personnes plus intelligentes, qui n’ont pas l’habitude de jouer le rôle d’“anges vengeurs”.

Cette interminable persécution et toute cette histoire des années 70 en Italie est une longue agonie, une lamentation honteuse couchée sur le papier jauni des justiciers. C’est l’expression d’un visage rongé par une maladie nerveuse, comme un péché originel qui souille le corps politique italien.

Pauvre Italie de Dante, ou celle de Beccaria, de Bobbio et d’Umberto Eco. Pauvre patrie balayée par le vent de l’orgueil, du cynisme et de la vanité, qui l’empêche de reconnaître ses propres erreurs, ses propres péchés, ne voulant pas s’abaisser au niveau de ces pays latino-américains en admettant courageusement que, elle aussi, elle a souffert à la même époque d’une guerre civile de basse intensité (lire les déclarations de l’ex-Président de la République, le sénateur Francesco Cossiga), et que, pour la combattre, elle a recouru à toutes sortes d’illégalités.

Outre des dizaines de prisonniers politiques enterrés vivants dans les prisons italiennes, il y a des centaines d’autres réfugiés dans le monde entier. Nous avons ici, au Brésil, le cas d’un extradable italien qui appartenait à une organisation nazi-fasciste et qui fut impliqué dans l’attentat de Bologne, 82 morts.

Etrangement, l’Italie ne fait pas mention de ce cas, n’émet pas de protestations ni ne fait de chantage au peuple brésilien. Pourquoi ? Pourquoi l’Italie n’a-t-elle pas agi de la même manière quand Sarkozy a refusé l’extradition de Marina Petrella en France, dont la situation pénale dépasse de loin la mienne ? Pourquoi cette obstination féroce contre moi, alors qu’il n’y eut aucune protestation quand fut refusée [par le Brésil, ndlr] l’extradition de quatre autres Italiens, également condamnés pour homicide ? Serait-ce que mon activité d’écrivain et de journaliste puisse constituer un danger pour la manipulation historique de cette Italie gouvernée par la Mafia ? Je ne sais pas.

Ce qui est sûr, c’est que, malgré tous mes efforts, je ne réussis pas à agir devant ces attaques virulentes contre moi. Je ne peux pas m’identifier à l’image de moi qu’ils me renvoient et associer ce reflet désolant à mon identité sociale. Ils peuvent continuer à dire que je suis un “terroriste”, un “assassin”, etc. De toute façon, je ne réussis pas à me penser comme quelqu’un capable d’au moins le centième de tout ce qu’ils m’attribuent.

C’est curieux d’observer la réaction des personnes qui, pour une raison ou une autre, sont en contact avec moi : les agents pénitentiaires, d’autres prisonniers, des visiteurs et même mes avocats. Dans les premières minutes de la conversation, je lis dans leurs expressions un “brin” de déception, comme s’ils pensaient : “Alors, c’est celui-là, le dangereux terroriste ?” C’est exactement ce que les gens s’exclament quand je me trouve dans des situations similaires, n’ayant pas réussi à éviter le bombardement médiatique, principalement de la “presse marron”, qui fait tout pour tenter d’intervenir négativement dans les décisions judiciaires.

Je reste perplexe, surpris et gêné par tout ce que je provoque et, sans aucun doute, je finis par sembler un peu idiot, avec un air distrait, voire incrédule, de voir que c’est moi le sujet concerné. Cela parce que je n’ai jamais eu le sentiment, quand il s’est agi de contester les accusations, d’agir pour ma propre défense. J’ai toujours l’impression que, en rétablissant la vérité historique, les faits, je ne fais qu’accomplir un devoir civique.

J’aimerais crier la vérité au peuple italien, mais comment le faire ? Car la foule manipulée est devenue lyncheuse et résolue à notre perte. Le fauve qui se cache derrière la masse, derrière un sourire de circonstance, derrière des mots vides, et qui n’attend que l’occasion de se révéler, je le connais bien. Déjà, avant qu’ils ne me désignent en particulier, je savais qu’à un moment ou un autre, mon heure arriverait.

Et j’ai laissé parler. Je me suis laissé traiter d’assassin, de voleur, de dépravé, et de beaucoup d’autres choses. J’ai laissé faire tout cela par imprudence ou par supériorité, ou encore parce que je me sentais invulnérable à ces insultes, ou par goût qu’on parle de moi, que ce soit en bien ou en mal.

Si je n’ai pas protesté vigoureusement contre de telles obscénités, ce n’est pas seulement parce que, d’une certaine manière, je reste un optimiste. Inutile d’être conscient que, quand la multitude se rassemble, elle le fait toujours contre quelqu’un, celui-là même qui l’avait mise d’accord, au début. Ce quelqu’un est le rejet d’une molécule de cette multitude qui, en règle générale, l’avait idolâtré un jour. Même si dans mes pensées je me soulève, avec raison, contre les bas instincts de la multitude manipulée, je n’ai toujours pas perdu l’espoir qu’une lumière puisse soudain s’allumer au milieu de ces gens, pour les ramener au monde des êtres pensants et des esprits libres.

Mon attitude peut sembler suicidaire, au moins contradictoire, mais elle est partie intégrante de l’idée que je me fais des raisons qui me lancèrent dans l’aventure de l’écriture. Car c’est bien vrai que, avant d’être transformé en monstre, j’ai été un écrivain.

L’heure n’est-elle pas arrivée pour l’Italie de montrer son côté chrétien ?

Enfin, les autorités italiennes d’aujourd’hui me poursuivent, comment expliquer cela, comment expliquer cette Italie, la même qui me transmit un jour l’amour des mots écrits, ce rêve de liberté et de justice sociale, qui fit de moi un homme, et à présent un pestiféré ?

Comment expliquer cette Italie qui a oublié sa récente pauvreté, ses émigrants traités comme des chiens qui mouraient dans les mines belges, allemandes et françaises. Qui a oublié ses fascismes jamais enterrés, ses tentatives de coup d’Etat, la Mafia au pouvoir, la stratégie de la tension, Gladio, les bombes des services secrets sur les places publiques, les tortures des militants communistes, ces mêmes qui, en dépit de leurs erreurs, ont déchiré leur vie pour contribuer à faire de l’Italie un pays à la hauteur de l’Europe et qui aujourd’hui, trente-cinq ans après, sont traités de terroristes, et dont certains pourrissent encore dans les “prisons spéciales”.

Ce serait cette Italie, dont le chef du gouvernement fut un excellent membre de la célèbre Loge P2, et qui aujourd’hui promulgue des lois racistes ? Est-ce l’Italie qui se refuse à laver son linge sale en public ? De toute façon, l’histoire ne se juge pas dans les tribunaux, nos seuls juges ne peuvent être que ceux, encore à venir, combattant pour une société juste. Car ceux-là seulement nous jugeront impartialement.

La vérité fait mal, mais elle éclaircit. Notre histoire récente nous a montré l’erreur et la tromperie de l’inquisition, et que des cicatrices jamais oubliées doivent être réparées pour que soient ainsi reconnus les excès commis face à la vérité unique imposée. Il ne sert à rien de cacher la saleté sous le tapis. Tôt ou tard la saleté apparaît.

Je reconnais avoir fait partie d’une page de l’Histoire qui a été écrite avec du sang, de la sueur et des larmes ; et j’espère qu’aujourd’hui mes adversaires reconnaissent que jamais les bourreaux ne touchent leur dû. L’histoire s’est toujours montrée implacable avec ceux qui essaient de supplanter et de cacher leurs erreurs.

Nous vivons une ère démocratique. Des barrières et des murs ont été renversés, les concepts ont été révisés. L’heure n’est-elle pas arrivée pour l’Italie de montrer son côté chrétien ? Car le pardon est un acte de noblesse. Si je suis considéré comme un ennemi de l’Italie, même les ennemis font la trêve et se pardonnent. L’histoire a fait sa part et a donné à l’Italie une ère de progrès et de développement.

On s’attend à ce que l’importance de ceux qui ont fait de l’Italie l’Italie de tous soit reconnue, et que le rôle fondamental qu’ils ont eu pour le rétablissement de l’Etat démocratique de Droit, bien que non compris, fut essentiel. Italie, Italie, qui tue le rêve de tes fils et ferme les yeux sur ceux qui t’ont défendue, il n’est jamais trop tard pour un geste de noblesse, à l’exemple du Vatican qui reconnut ses activités pendant l’Inquisition. La chasse aux sorcières est finie. “Que justice soit faite, non pas après que périsse le monde, mais justement pour qu’il ne périsse pas.”

La société souffre davantage de l’emprisonnement d’un innocent que de l’absolution d’un coupable.

Amitiés aux Brésiliens et aux Brésiliennes,

Cesare Battisti
(Traduction Dorothée de Bruchard)

Lire aussi sur Rue89 :
Cesare Battisti : réponse au lynchage médiatique
Tous les articles sur l’affaire Battisti

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  • Infovite
    Infovite
    info-espress.over-blog.com
    • Posté à 16h56 le 23/02/2009
    • Internaute 8783
      info-espress.over-blog.com

    « La chasse aux sorcières est finie. »
    Malheureusement non !
    Les états pratiquent de plus en plus l’« inquisition ».
    Lien

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 17h10 le 23/02/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    « Pourquoi moi ? »

    Parce que ses polars sont tristes et chiants ?
    Non , ce n’est pas une raison valable ..

    • Utilisateur désinscrit à sa demande
      • Posté à 18h14 le 23/02/2009
      • Internaute 70482
        nc

      Ah. Je me sens un peu moins seul de penser la même chose que toi sur ses bouquins. Merci N° 6.

      Y a pas que ceux de Battisti, qui sont chiants : en étant gentil, je dirais que les polars français actuels le sont à 95 %... En général, je laisse tomber au bout d’une page, tellement c’est mauvais et peu crédible.

      • Hubert Artus
        • Posté à 18h32 le 23/02/2009
          rédacteur
        • Journaliste 56
          Rue89

        A l’un comme à l’autre, ce n’est jamais que votre avis. De plus, malheureusement, on ne peut plus associer Battisti au polar actuel : son dernier polar en date (« Avenida Revolucion », Rivages) date de 2001. C’est vieux. Son dernier roman, « Le cargo sentimental », date de 2003, malheureusement ce n’est pas tout récent non plus...

         
        • Numerosix
          Numerosix répond à Hubert Artus
          Prisonnier dans le village (...)
          • Posté à 18h51 le 23/02/2009
          • Internaute 14499
            Prisonnier dans le village (...)

          Oui mais vous , mon cher Hubert , vous vous gardez bien de le donner , votre avis sur les qualités littéraires de Battisti , hein .

          Ce n’est pas le sujet, il est vrai , et ça ne m’empêche pas de le soutenir contre son extradition en Italie, que ce soit clair

          Un roman formidable à lire , en ce moment :
          Une partie du tout
          de Steve Toltz
          Belfond

          • merdezut
            merdezut répond à Numerosix
            en état d insurrection
            • Posté à 17h22 le 24/02/2009
            • Internaute 70745
              en état d insurrection

            que lire actuellement y a t il encore une littérature tous les bouquins nous tombent des mains.
            meme houellebecq qui se branle toutes les 10 pages est devenu chiant mais chiant......
            reprendre Céline.
            et Zola.

        • Utilisateur désinscrit à sa demande
          • Posté à 19h26 le 23/02/2009
          • Internaute 70482
            nc

          Ah ! C’est vrai que notre avis est celui de deux fieffés renégats de la chose écrite, Hubert... et qu’ils ne vaut pas tripette ; ça je l’ai bien compris, au fil des ans...

          Nonobstant¹, je me sens fort rasséréné² de constater que les lecteurs de mon caboulot scribouillant se pressent en abondance au comptoir, depuis huit ans passés à taper sur un raout d’octets garantis sans cellulose, malgré le silence radio et le sourire gêné des critiques et des sociétés littéraires.

          Finalement, j’ai fini pas remercier mes yeux pourris de ne plus pouvoir lire un vrai livre imprimé sur pâte et en corps 12, sans l’appoint d’une lanterne aux vapeurs de sodium.

          Bref, je m’emmerde à tenter de lire la plupart des romans actuels et n’en retire plus qu’une pénible sensation de déjà-lu. Surtout les polars... va savoir pourquoi...

          1 et 2 : N° 6 sait pourquoi, lui.

        3 autres commentaires
      • dulconte
        dulconte répond à Utilisateur désinscrit à sa demande
        Mordu par un fachogarou
        • Posté à 18h33 le 23/02/2009
        • Internaute 250
          Mordu par un fachogarou

        Bah, j’crois qu’il y presque 20 ans que je n’ai pas lu un polar :).
        J’suis plus SF. oh putain ça me fait penser que j’ai fait un promesse ! ! !

      • merdezut
        merdezut répond à Utilisateur désinscrit à sa demande
        en état d insurrection
        • Posté à 17h15 le 24/02/2009
        • Internaute 70745
          en état d insurrection

        alors relisez jean patrick Manchette : Nada et Position du tireur couché.
        n oublions pas que l Italie n a pas eu de véritable épuration à la libération et que beaucoup de mussoliniens ont retrouvé leur poste et que la Mafia est toujours présente dans les années 70.......
        pas mal de circonstances atténuantes d’ avoir pris les armes....grande nostalgie du fascisme chez beaucoup de beaufs italiens.....et leut télé immonde tf1 puissance 1000

    • C. Creseveur
      C. Creseveur répond à Numerosix
      D'actualité, de dessin surtout
      • Posté à 18h34 le 23/02/2009
      • Internaute 7715
        D'actualité, de dessin surtout

      Ce qui n’est vraiment pas valable c’est ce post N°6. On parle d’un homme là. On ne fait pas le procès de ses polars ni même celui du polar français.

      • Numerosix
        Numerosix répond à C. Creseveur
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 19h08 le 23/02/2009
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Ha ben si on ne peux plus rien dire sur les livres dans la rubrique « Cabinet de lecture “, ou va le monde ?

        Je peux vous rassurer sur un point : les juges brésiliens ne tiendront aucun compte de mes petits commentaires, je ne parle pas portugais.

         
        • Utilisateur désinscrit à sa demande
          • Posté à 19h31 le 23/02/2009
          • Internaute 70482
            nc

          Ouais, et pis de toute manière, qu’il se fasse pas de mouron, Creseveur : dès que Béatrice1 fera son entrée, ça va se friter grave sur Battisti, sur au moins 300 posts...

          Comme j’ai déjà tout dit ce que je pensais du monsieur (que j’ai toujours soutenu et signé toutes les pétitions pour qu’on lui foute la paix et qu’il soit à nouveau un homme libre), et N° 6 aussi, je crois qu’on peut digresser un chouillito, non ?

        1 autres commentaires
  • Tyb
    Tyb
    (par ici, par là)
    • Posté à 18h09 le 23/02/2009
    • Internaute 24914
      (par ici, par là)

    « Battisti se dit “victime d’un déchaînement médiatique” de la part de la presse transalpine, et se demande si “l’heure n’est pas arrivée” pour que l’Italie, “dans un acte de noblesse”, lui pardonne, respectant ainsi ses “racines chrétiennes”. Un “pardon” qui lui serait accordé pour sa situation de “persécuté”. »

    Là j’ai quand même eu un gros fou rire en repensant aux faits reprochés à Batisti, j’ai donc arrêté là ma lecture...

    • JJ Reboux outrageur de poulets
      • Posté à 19h15 le 23/02/2009
      • Internaute 41591

      Ah oui ? Parce que pour vous, bien entendu, Battisti est un assasin, bien évidemment ? ! ! Z’êtes qui, pour le juger ainsi ? ? ? Un abonné au FigMag ? A Valeurs actuelles ?
      Ça fait vraiment ch… de lire ce genre de commentaire ! (Tout comme ceux sur la qualité/non qualité de ses bouquins… C’est pas le sujet.)

      • Utilisateur désinscrit à sa demande
        • Posté à 21h25 le 23/02/2009
        • Internaute 70482
          nc

        OK : je t’ai fait chier, Jean-Jacques. Désolé. Je suis chiant, faut dire.

      • wieeinstlilimarleen
        • Posté à 23h12 le 23/02/2009
        • Internaute 6659

        Ainsi, considérer légitime la justice d’une démocratie européenne, c’est être « abonné au FigMag » ?

        Le droit, c’est quoi, au juste, pour vous ?

         
        • eric89
          eric89 répond à wieeinstlilimarleen
          Chercheur d'or
          • Posté à 23h45 le 23/02/2009
          • Expert 61404
            Chercheur d'or

          Le procès de Battisti par l’Italie fait honte à la justice et aux démocraties.
          Considérer comme légitime un tel « procès » c’est faire bien peu de cas de la démocratie européenne, et s’il a été le fait de l’Italie c’est un signe que la démocratie en Italie ne se porte pas bien.

          Ceci dit sans prétendre que c’est mieux ailleurs (ni pire non plus).

          • Tyb
            Tyb répond à eric89
            (par ici, par là)
            • Posté à 12h45 le 24/02/2009
            • Internaute 24914
              (par ici, par là)

            Je ne considère pas les procès de Battisti comme entièrement légitime, d’autant plus dans le contexte des années de plombs.

            Néanmoins si il est impossible de trouver coupable Battisti de tous les meurtres qui lui sont attribués par la justice italienne, il est tout autant impossible de le trouver non-coupable dans l’intégralité de ces meurtres.

            Bref, sur le fond quand on prônait ce que prônait ce cher monsieur comme type de lutte politique il y a quelques décennies, je trouve ça profondément ridicule, lâche et indécent d’en appeler à la clémence comme il vient de le faire de la plus basse manière.

            Les mêmes reprochant à Bush de se conduire comme un terroriste et un criminel de guerre, donc comme ce qu’il veut combattre trouvent toutes les excuses possibles à des types comme Battisti ou Rouillan, c’est quand même assez pathétique quand on y pense.

          • merdezut
            merdezut répond à eric89
            en état d insurrection
            • Posté à 17h01 le 24/02/2009
            • Internaute 70745
              en état d insurrection

            C EST UN ÉTAT DEVENU TELLEMENT ECOEURANT que bien que frontalier je n y mets plus les pieds sauf pour acheter mon pastis......

        3 autres commentaires
  • albin
    • Posté à 19h37 le 23/02/2009
    • Internaute 11837

    Pourquoi les Italiens ne réclament pas Amélie Nothomb ? On aurait la paix !

    • Utilisateur désinscrit à sa demande
      • Posté à 00h50 le 24/02/2009
      • Internaute 70482
        nc

      Comme N° 6 et moi avons commis une vilaine digression, outrageant J.J. Reboux, j’ai tourné quelques heures devant ton post, tout penaud, avant de craquer...

      Bonne idée, en vérité... sauf qu’après ils risquent de nous faire un Améliethon pour sa libération, du genre de l’Ingridthon de l’an passé : gonflogène à gaver.

      Je préfère les ravages du temps et l’étiolement ; ça, c’est du sûr. T’inquiètes pas : les savonnettes, ça fond vite.

      Et y en aura d’autres...

      • Hubert Artus
        • Posté à 02h56 le 24/02/2009
          rédacteur
        • Journaliste 56
          Rue89

        @Cyp et Albin,

        Merci de réserver ce genre d’humour à des articles plus légers, ou à des discussions 100% privées : depuis Desproges, on sait qu’on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde...

         
        • Utilisateur désinscrit à sa demande
          • Posté à 11h21 le 24/02/2009
          • Internaute 70482
            nc

          Desproges est mort et je n’ai même pas réussi à trouver sa sépulture au Père-Lachaise, la semaine dernière – pourtant c’est à deux pas du regretté Félix Faure, qui n’a pas pris une (cantha)ride, lui...

          J’y ai vu un signe : Pierre Desproges nous a vraiment quittés...

          Je ne rirais plus avec n’importe qui, Hubert. C’est promis.

          Haire et cilice ; silence de mort...

        1 autres commentaires
  • lauent
    lauent
    homme libre
    • Posté à 04h12 le 24/02/2009
    • Internaute 62262
      homme libre

    Belle phrase : « L’heure n’est-elle pas arrivée pour l’Italie de montrer son côté chrétien ? Car le pardon est un acte de noblesse. “

    L’heure est en vérité plus que dépassée pour le monde entier non seulement de montrer mais de réaliser ‘son côté chrétien’.

    Le pardon est non seulement acte de Noblesse, c’est la seule issue pour sortir d’une VENGEANCE UNIVERSELLE - SANS FIN.
    Lien

  • fleurdebitume
    fleurdebitume
    Educatrice
    • Posté à 12h47 le 24/02/2009
    • Internaute 30132
      Educatrice

    Tout d’abord, jaimerais dire que les commentaires que je lis concernant Cesare Battisti me consternent au regard de la gravité de la situation dans laquelle se trouve cet homme. En effet, ce n est pas l’écrivain qui est jugé mais un ex militant d’extreme gauche. Ors , j’ai l’impression que certaines personnes ne mesurent pas a quel point l’imbroglio, pour ne pas dire le merdier , dans lequel il se trouve à pris une dimension quasi planétaire puisque son affaire est en train de glisser sur le terrain de la politique internationnale et que de ce fait il se trouve pris dans une tornade politico-juridico-médiatique qui dépasse l’entendable au regard de l’insignifiance des actes qi lui sont reprochés ( étant entendu qu’il y a peu de probabilité pour qu’il ait commis les crime dont on l’accuse).
    En ce qui me concerne , je soutiens pleinement le combat de Cesare Battisti et je ne cesserais jamais de saluer le courage, la dignité et la force dont il fait preuve.

    • Utilisateur désinscrit à sa demande
      • Posté à 13h54 le 24/02/2009
      • Internaute 70482
        nc

      OK d’ac’ : nous sommes consternants... alors je vais rester dans le sujet.

      Sur d’autres fils parlant de l’affaire Battisti, j’ai ferraillé dur pour le défendre, contre un bataillon fulminant de réactionnaires absolument dégueulasses (je pense particulièrement à Béatrice1) : là, je suis resté droit dans le fil, vaillant et combatif, en déroulant les mêmes arguments que ceux de ton post. Et là, personne ne s’est offusqué de voir Battisti traîné dans la merde. Personne.

      Alors oui : nous aurions dû ranger nos blagues douteuses au placard et prendre un air sérieux...

      Pourtant, si tu lis bien, N° 6 dit des choses très pertinentes sur Battisti, un peu plus haut... et ne se contente pas de juger ses bouquins.

      Moi, c’est très simple : j’ai bien connu l’hypergauche italienne à Bologne, en 1980 : des gens de Prima Linea, etc. Autant te dire tout de suite que ce n’est pas ma tasse de thé ; pas plus que ne le sont les fascistes qui ont commis l’attentat de la gare de Bologne.

      Ceci dit, Battisti a raison : il y a deux poids et deux mesures, dans l’Italie pourrie berlusconienne : c’est un état populiste et quasiment fasciste, qui s’acharne de vile manière sur les vieux militants de la lutte armée ’prolétarienne’ d’autrefois.

      La ’Doctrine Mitterand’ fut salutaire et, de la même manière, je l’ai ardemment défendue dans des fils de discussion antérieurs : elle a instauré la paix, assuré le retour à la sérénité.

      Sache que ce n’est pas chose facile pour moi, que de défendre des gens dont je ne partage aucune des idées passées, car, même si Cesare Battisti a changé, il n’en est pas moins victime d’une idéologie mortifère qu’il a défendue bec et ongles dans un passé qui le ratrappe.

      Comme le disait aussi N° 6 : il y a prescription, tout simplement. On peut se planter, dans la vie : Battisti est tout simplement très humain et je ne crois pas une seconde qu’il ait commis les crimes dont on l’accuse. Sinon, il aurait agi autrement. C’est pour cela que je continuerai à le défendre, à ma manière et avec la conscience de la vaine petitesse de mes faibles moyens.

      Tu vois : nous n’avons pas parlé que de ses bouquins, ni déconné en escadrille. Il faut bien lire, parfois.

  • sup. à la demande du riverain 29 juin
    • Posté à 18h59 le 24/02/2009
    • Internaute 58127
      bye bye ...

    hé ben ! ça rigole pas ici !
    les commentaires doivent être sérieux et dans le sujet : garde à vous.

    dans ce cas je m’abstiens car j’aurais tendance à vouloir justement faire l’inverse de ce qu’on m’ordonne.

  • Mimi LePinson
    Mimi LePinson
    journaliste
    • Posté à 19h44 le 24/02/2009
    • Journaliste 60800
      journaliste

    Bonjour,

    Dans notre cher pays, il est toujours aussi difficile de publier des textes qui peuvent amener les lecteurs-citoyens à réfléchir.
    A faire évoluer leur point de vue.

    Que l’on soit de gauche, de droite ou que la balle soit au centre...... il est dommage que les blogs deviennent de plus en plus, des lieux où se défouler est une mode, en réponse ou en écho à une prise de position. Je ne vise personne en particulier dans ce que je viens de lire. J’ai moi même participé sur ce site à beaucoup de « dialogues » qui visaient à rétablir une certaine vérité autour de Cesare Battisti ( en particulier en décembre dernier).

    Depuis des années en Italie, en France, le dossier de Cesare au Brésil aussi est assimilé à du « politique ». En janvier dernier, un soir, boire du champagne avec des amis, Fred et les enfants de Battisti a été un moment FORT, très fort.
    Réfugié politique, putain, c’est pas vrai ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

    Depuis....... l’Italie d’aujourd’hui démocratique, oui, mais dont la justice plus de 30 ans après les faits ne rejugera pas l’homme, est entrée en hystérie médiatique et pèse de plus en plus sur le dossier et les hommes ........

    Il me semble bien et juste que sur certains sites, des témoins donnent leur opinion avec des textes posés et construits.

    Vendredi dernier Fred Vargas dans la rubrique littéraire d’un grand quotidien du soir (eh oui, car sinon on ne l’écoute pas !) a publié un texte inédit, avec entre autres, l’usage de la torture et de faux utilisés dans « la justice » contre Cesare Battisti. Ne pas oublier qu’elle est archéologue et historienne. Son talent n’est pas uniquement lié à sa plume. Elle sait de quoi elle parle.

    La veille, Bernard-Henri Lévy, fidèle à la cause depuis le début et sans qui le livre de Cesare - « Ma Cavale » - n’aurait pu paraître en France, a publié dans un magazine très marqué à droite, un texte très fort sur les principes..........dans une société démocratique.

    Quand on lit, en réponse (sauf exceptions) dans les deux cas, la violence de certains mots méprisants pour leurs auteurs, on peut frémir et s’inquiéter. Il faut mesurer au plus vite, l’impact des médias qui trient tout avant de publier et être lucide sur la manipulation des esprits.
    Au fil du temps, l’origine de l’historique se transforme ou disparaît............

    Hier, pour cette lettre de Cesare, MERCI.

  • verbeux
    verbeux
    pensif
    • Posté à 15h04 le 27/02/2009
    • Internaute 71532
      pensif

    « Je suis désarmé (...) » Ouf !

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