Drôles de gammes

La musique classique sans frac ni claque, par Nathalie Krafft.

Toscanini, piégé par son fils cinquante ans après sa mort

Nathalie Krafft
Journaliste
Publié le 25/02/2009 à 15h48

Un docufiction diffusé sur Arte révèle l’intimité du chef d’orchestre, dont les conversations étaient enregistrées à son insu.


Le chef d’orchestre Arturo Toscanini (DR)

Pendant trois ans, le fils aîné de célèbre maestro italien Arturo Toscanini a enregistré les conversations de son père à son insu. Le résultat, 150 heures d’enregistrement aujourd’hui révélées dans un film diffusé sur Arte le 2 mars.

Imaginer son propre fils planquer un magnétophone dans le placard afin de ne rien perdre du génie de son père, voilà qui fait froid dans le dos. C’est bien pourtant ce qui s’est passé de 1954 à 1957, dans la maison de Riverdale aux Etats-Unis, où le maestro italien Arturo Toscanini (1867-1957) s’était retiré à 87 ans, après un dernier concert en 1954.

Dix ans auparavant, Toscanini dirigeait l’orchestre de la NBC de New York dans l’ouverture de la « Force du destin » de Verdi, avec une énergie incroyable. (Voir la vidéo)

« On ne laisse jamais ces pauvres grands hommes tranquilles, jusque dans leurs tombes ! » écrivait en 1938 Toscanini à sa maîtresse Ada Meinardi à propos de la publication de lettres de Verdi. Et il ajoutait : « Pourquoi devrais-je descendre à des détails de sa vie tellement inutiles ? Par pitié, arrêtez-vous à la porte de sa chambre à coucher… »

Une porte franchie allègrement par son fils Walter. Arturo Toscanini n’avait jamais voulu se faire interviewer ni écrire ses mémoires. Une règle de conduite qui n’a pas fait l’affaire de Walter, pour mille raisons que l’on ne peut qu’imaginer. Quoiqu’il en soit, les faits sont là : un magnétophone a été caché quelque part.

Quelque cinquante ans plus tard, Walfredo, le fils de Walter, décide de donner ces bandes à Harvey Sachs, l’excellent biographe de Toscanini. Naît alors le projet d’un film.

Des colères épouvantables qui ont fait sa légende

Les conversations, prononcées en plusieurs langues et inaudibles, sont inutilisables. La solution : les mettre en scène et les faire dire par des comédiens. Tout ce que vous entendrez dans « Toscanini par lui-même », le « docu-fiction » réalisé par Larry Weinstein et dont la première diffusion mondiale a lieu sur Arte, sortira de la bouche de comédiens, mais a été prononcé par Toscanini.

Pour vous faire entendre la vraie voix de Toscanini, la voilà dans une de ses colères épouvantables qui ont fait sa légende. (Voir la vidéo)

Toscanini en 10 dates
1867. Naissance à Parme le 25 mars
1886. Dirige pour la première fois, à 19 ans, à Rio de Janeiro le 30 juin
1898. Nommé directeur musical, à 31 ans, de la Scala de Milan
1930. Dirige pour la première fois à Bayreuth
1931. Giflé à Bologne par des fascistes parce qu’il refuse de jouer l’hymne fasciste. Renonce à diriger en Italie
1933. Refuse de diriger à Bayreuth après la prise de pouvoir d’Hitler
1936. Dirige le concert d’inauguration du nouvel orchestre de Palestine, qui deviendra l’orchestre philharmonique d’Israël
1937. La NBC lui propose la direction musicale d’un nouvel orchestre, le NBC Symphony Orchestra.
1954 Le 4 avril, il a un trou de mémoire et décide de ne plus remonter sur un podium. C’est le dernier concert
1957. Meurt le 16 janvier
Source : ToscaniniOnline

Il était une fois, un soir de la Saint-Sylvestre au coin du feu. Toscanini converse avec sa fille Wally, son fils Walter, des amis proches et une jeune femme qui a tout l’air d’être sa maîtresse.

Leurs questions sont un prétexte pour lui faire raconter son parcours musical et lui faire livrer quelques petits secrets : nous y voilà dans la chambre à coucher, et à l’idée saugrenue d’un fils jouant l’espion avec son père s’ajoute celle de notre complicité. Nous sommes en train de regarder par le trou de la serrure…

Nous sommes d’autant plus curieux que cela concerne le plus célèbre des chefs d’orchestre, avec tous les éléments contribuant à la légende : homme à femmes, homme de combat qui s’oppose à Mussolini et à Hitler, homme en quête de perfection musicale.

Les passions faites homme

Dans ces conversations enregistrées, il raconte comme si on y était sa rencontre avec Verdi et sa vénération pour Wagner, qui lui a fait abandonner toute velléité de devenir compositeur. Il évoque son amour de Beethoven qu’il plaçait au-dessus de tous les autres, et ses relations haineuses avec Puccini :

« Pendant des années, on ne s’est pas adressé la parole. Un jour, à Noël, je reçois, venant de chez lui, un panetone. Aussitôt après, un télégramme de Puccini : ’Panetone envoyé par erreur. Stop. Puccini.’ Je lui ai répondu aussitôt : ’Panetone mangé par erreur. Stop. Toscanini.’ » (Voir la vidéo)

Il se met rétrospectivement en colère contre Mussolini, ce « monstre » qui lui a retiré son passeport. En 1931, il est giflé par des fascistes parce qu’il refuse de jouer l’hymne officiel et décide de ne plus diriger en Italie et de quitter son pays. Mais il avait, l’avoue-t-il, été un des partisans de Mussolini avant qu’il ne prenne le pouvoir.

Des images d’archives le montrent rire et diriger pour rire, faisant le pitre ou bien très vieux monsieur au bras de son fils. Il parle avec émotion de son retour en Italie en 1946 à la Scala de Milan dont il dirige le concert de réouverture le 11 mai. (Voir la vidéo)


Wanda et Vladimir Horowitz

Jusqu’à la fin du film, on s’attend à ce que la conversation porte, à un moment ou un autre, sur Vladimir Horowitz : le pianiste était le gendre de Toscanini, dont il avait épousé la fille Wanda en 1933. Car Toscanini n’avait pas que deux enfants, Walter le poseur de micros et Wally. Il y avait aussi Wanda, la petite dernière, absente du tableau construit autour du maestro vieillissant. Le feu de bois, c’était pas pour elle.

Est-il possible qu’en 150 heures, il n’ait pas parlé de son gendre ou de sa fille ?

Est-il possible qu’au cours de ces cent cinquante heures d’enregistrement, Toscanini n’ait parlé ni de son gendre, ni de sa fille ? Est-il possible qu’il l’ait fait, mais que la famille n’ait pas voulu que ces mots-là figurent dans le film ? Après « Famille, je vous hais », est-ce le chapitre le « noeud de vipère » qui est écrit ?

Que cela ne nous empêche pas d’entendre le grand Vladimir Horowitz dirigé par son beau-père en 1939 dans le deuxième mouvement du « Deuxième concerto » de Brahms. (Voir la vidéo)

Quant à nous, maintenant qu’on a regardé par le trou de la serrure, on aimerait bien pousser la porte et connaître la réponse à ces questions… Ou plus sagement peut-être, attendre le prochain film.

Toscanini par lui-même docu-fiction réalisé par Larry Weinstein - sur Arte - le lundi 2 mars à 22h30 - disponible en DVD à partir du 12 mars (Medici Arts).

Photo : Le chef d’orchestre Arturo Toscanini (DR), Wanda et Vladimir Horowitz (DR).

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  • 32 réactions
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  • FabiendeMénilmontant
    FabiendeMénilmontant
    journaleux - blogueur
    • Posté à 15h57 le 25/02/2009
    • Internaute 14145
      journaleux - blogueur

    Dimanche 1er mars, même chaîne, 19h, diffusion d’extraits de Toscanini dirige Wagner (1948). Version restaurée. Rediffusion le 6 mars à 06h00.

  • A.V.
    • Posté à 17h09 le 25/02/2009
    • Internaute 24685

    Tous les enfants devraient faire ça à leurs parents. Ça égratignerait le faux héritage, le vernis que ces derniers passent en couches sur leurs vilaines petites tendances. C’est le meurtre symbolique et nécessaire des parents.
    Par contre, je trouve totalement fumiste le fait de partir d’un truc aussi authentique et salutaire - les enregistrements volés - pour en faire une version expurgée et fausse sous la forme d’un docu-fiction. Ça n’a plus aucun sens.

    • lilie-angie
      lilie-angie répond à A.V.
      infographiste free-lance
      • Posté à 21h46 le 25/02/2009
      • Internaute 71396
        infographiste free-lance

      Toscanini, je ne suis pas au fait.
      Par contre, je ne pense pas qu’il faille « tuer » les parents, mais leur pardonner.

    • DBL8
      DBL8 répond à A.V.
      Retraité
      • Posté à 22h00 le 25/02/2009
      • Internaute 19562
        Retraité

      Ce rejeton mérite des baffes pour avoir mis à disposition ses enregistrements.
      OUI ... des baffes par poignées de 12 ! !

      Déjà que le fils à agis comme un salop, le petit fils est bien digne de son père.
      Quant aux autres... c’est faire du fric, et là... pour eux tout est bon !

  • jean breton
    • Posté à 17h18 le 25/02/2009
    • Internaute 51943

    Rien de neuf.
    Un type volcanique qui dirigeait 15-25% plus vite qu’un tempo « normal ».
    Et ça passait parce qu’il était génial.
    Enfin, la plupart du temps.
    Mais ce n’est pas à imiter.
    Ce n’est pas imitable.
    Quand au 2ème de Brahms par Horrowitz, c’est du grand guignol.
    Voyez plutot abado-pollini 1967 (sur Utube).
    A mon avis...

    • Jaycib
      Jaycib répond à jean breton
      Désagrégé de l'Université
      • Posté à 17h39 le 25/02/2009
      • Internaute 37053
        Désagrégé de l'Université

      Ce commentaire tombe à pic. Voir le mien ci-dessous, SVP.

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 17h37 le 25/02/2009
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    Curieux, quand même ! J’ai passé une bonne partie de mon enfance/adolescence à entendre des « sachants » et des mélomanes seriner que Toscanini « jouait trop vite » (tiens, par exemple, comme dans la IXème de Beethoven en video), même si ses interprétations étaient jugées impeccables dans le détail. Ca me paraissait inconcevable, mais après avoir entendu des enregistrements de Furtwaengler (que je trouve depuis irrésistiblement lent !), on comprend mieux... J’aimerais que Nathalie Krafft puisse nous donner son sentiment sur la question.

    Cela étant dit, les musiciens et les amateurs ne sont pas à une phrase abrupte près. Puisqu’on parle ici d’Horowitz, il faut quand même l’avoir entendu dire à la TV américaine un soir que « Beethoven ne connaissait pas le piano », contrairement à Chopin ou Liszt par la suite ! Ca m’en a bouché un coin à l’époque, mais j’ai conservé une certaine méfiance à l’égard d’Horowitz (heureusement qu’il y avait aussi Rubinstein... ). Je suppose qu’on a chacun ses tics injustifiables.

    • solstice
      solstice répond à Jaycib
      pigiste
      • Posté à 16h20 le 26/02/2009
      • Internaute 38451
        pigiste

      Ah Rubinstein... Difficile de faire un palmarès mais je suis une fan absolue...

    • Tokani
      Tokani répond à Jaycib
      Oldmole
      • Posté à 18h20 le 26/02/2009
      • Internaute 71184
        Oldmole

      Non Cher Ami ! Nous vivons une époque Moderne ou tous va trop Vite (sauf l ’Esprit) Toscanini ? Glenn Gould ? Deux grands Interprètes constamment en phase maniaque.... Mais qui pourrait prendre le temps de ruminer Klemperer ? ? ? Enfin... écouter un Peu Toscanini c’est pardonner beaucoup à Mussolini ...

    • André.Germinet
      André.Germinet répond à Jaycib
      ingénieur
      • Posté à 03h55 le 28/02/2009
      • Internaute 71659
        ingénieur

      Horowitz a raison en ce sens que Chopin écrivait pour la main du piano. idem pour Liszt. Beethoven ou Schibert se foutent de savoir si leur partition est adaptée à la main. Voilà, si je peux me permettre, ce qu’Horowitz voulait dire...

  • brazz
    • Posté à 18h00 le 25/02/2009
    • Internaute 40271

    Bon, moi je trouve ça répugnant ! Tout comme le fait que les héritiers touchent les droits d’auteur d’ailleurs.

  • Jambalaya-
    Jambalaya-
    Le contenu de ce champ apparaît (...)
    • Posté à 18h07 le 25/02/2009
    • Internaute 25992
      Le contenu de ce champ apparaît (...)

    Heureusement il existe la solution « Michel Rocard » qui consiste à s’exprimer en de longues phrases incompréhensibles par le commun des mortels. « Manaha, magapuf, force de progrès », de nombreux Champollion en herbe se sont cassés les dents sur ce redoutable sabir !

  • admirateur-
    • Posté à 18h10 le 25/02/2009
    • Internaute 32111

    ah vous regardez par le petit trou de la serrure ?
    perso je ne suis pas voyeur et, sans doute une erreur, je préfère toscanini antifasciste qui joue sur un rythme perso (une expression de la liberté individuelle ?) au fasciste karajan qui « oubliait » des notes pour lisser les partitions
    à chacun son goût

  • 1979
    • Posté à 19h09 le 25/02/2009
    • Internaute 1512

    hier et aujoud´hui.....

  • richy
    • Posté à 19h22 le 25/02/2009
    • Internaute 38388

    « mr Toscanini décide de ne plus diriger en Italie et de quitter son pays. Mais il avait, l’avoue-t-il, été un des partisans de Mussolini avant qu’il ne prenne le pouvoir. “
    comme quoi étre un grand homme passe aussi par le fait de savoir reconnaitre que l’on s’est trompé( ou que l’on a été trompé)
    avis aux fidéles de nain de jardin1er

    • Mougik
      Mougik répond à richy
      Loser imperturbable
      • Posté à 20h04 le 25/02/2009
      • Internaute 70567
        Loser imperturbable

      Ceci dit, il aurait continué d’admirer ce dictateur que son talent musical n’en aurait pas pour autant été changé.
      Opinion politique et talent sont deux choses différentes.
      Heureusement.

      • chapolin
        chapolin répond à Mougik
        scoresdownload.com
        • Posté à 01h39 le 26/02/2009
        • Internaute 41320
          scoresdownload.com

        Je ne suis absolument pas d’accord. je pense qu’il y a un moment ou l’ideologie rejoint l’art. c’était je crois cette grand force universelle qui animait des gens comme Mozart ou Bach ou bien Bob Marley ...

         
        • solstice
          solstice répond à chapolin
          pigiste
          • Posté à 16h19 le 26/02/2009
          • Internaute 38451
            pigiste

           ? ? ?

          • sup à la demande du riverain 28.09.09
            • Posté à 21h30 le 26/02/2009
            • Internaute 57826

            Moi je ne parles que de ce que je connais...enfin d’après ce qu’on dit...

          • chapolin
            chapolin répond à solstice
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            • Posté à 12h18 le 27/02/2009
            • Internaute 41320
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            Pour Mozart par exemple je pense à 2 biographies : le film amadeus qui le décrit comme un gros taré génial ne pensant qu’à faire la fête, baiser et dépenser de l’argent. Un être décadant et moqueur jusqu’à la méchanceté, une sorte de star capricieuse … et le livre de Philippe Sollers qui au contraire nous présente un Mozart franc-maçon en contradiction avec le pouvoir éxistant, un type profondément humain qui n’avait de cesse que d’être libre d’offrir son oeuvre à la majorité et non à une élite pour qui le plus grand des musiciens serait considéré comme un vallet. Dans ce role on retrouve d’ailleur Bach, pion dans une ecole pour enfant dissipés …
            Quand à Bob Marley il faudrait me prouver qu’il n’y a pas une iédéologie derriere tout celà.

        • chapolin
          chapolin répond à chapolin
          scoresdownload.com
          • Posté à 12h18 le 27/02/2009
          • Internaute 41320
            scoresdownload.com

          ...

        4 autres commentaires
    • DBL8
      DBL8 répond à richy
      Retraité
      • Posté à 22h07 le 25/02/2009
      • Internaute 19562
        Retraité

      Beaucoup de fasciste avance masqué, et Toscanini c’est laissé prendre comme beaucoup à l’époque.
      Le moule de ses personnage n’est pas cassé, il sert encore, HÉLAS ! !

  • Jiim
    • Posté à 21h33 le 25/02/2009
    • Internaute 33617

    Dire que Toscanini dirigeait « trop vite », c’est sous-entendre qu’il y a un tempo vrai et une interprétation vraie. Or, ce débat revient toujours à vouloir déterminer le sexe des anges. Nous savons très bien que le « andante » de Mozart n’est pas le « andante » de Beethoven qui n’est pas celui de Prokofiev. Nous savons aussi que les indications métronomiques sont parfois absentes et parfois fantaisistes (dans les symphonies de Beethoven, certains mouvements n’ont jamais été joués aux vitesses chiffrées en tête de page -par exemple dans le scherzo de la 9ème symphonie).

    Ce qui importe c’est que le chef respecte les rapports dynamiques entre les sections de chaque partition (outre l’esprit -on ne joue pas presto un adagio, bien sûr). Le travail du chef est de faire des choix, et je suis très heureux de pouvoir écouter deux versions de la 9° symphonie aussi différentes dans leurs partis pris que celles de Toscanini et Furtwängler (pour citer deux dinosaures). Cela offre des perspectives passionnantes.

    Après, intervient le gout de chaque auditeur. Au disque les tempi de Toscanini me laisse souvent froid (ce que la qualité calamiteuse des enregistrements d’époque n’arrange pas) et la musique n’a pas le temps de pénétrer mon oreille. Mais en concert, pris dans le tourbillon, cela aurait été une toute autre affaire, j’en suis convaincu. On pourrait parler d’Horowitz à ce chapitre (Horowitz dont le 2°eme de Brahms est en effet un peu expédié et brut de décoffrage à mon gout. On peut plutot se reporter à Gilels, Serkin ou Freire)

    • jean breton
      jean breton répond à Jiim
      • Posté à 12h17 le 26/02/2009
      • Internaute 51943

      Mon gout personnel va vers ce que vous dites de Toscanini et d’Horowitz.
      Mais moi-même je joue trop lentement, de plus en plus avec l’âge d’ailleurs.
      Certes il n’y a que des tempi relatifs, mais tout de même on peut dire que souvent Toscanini se plante en pressant.
      Pas toujours, alors cela donne la neuvième ci-dessus, pleine d’énergie.
      Horowitz veut souvent (pas toujours bien sûr) nous montrer ce qu’il sait faire, ça c’est autre chose.

      • solstice
        solstice répond à jean breton
        pigiste
        • Posté à 16h17 le 26/02/2009
        • Internaute 38451
          pigiste

        Bon, j’osais pas mais je suis d’accord : il y a eu une mode performance du tempo le plus rapide, suivi de quelques marseillaises sirupeuses... Chacun ses goûts mais je suis d’accord avec vous sur certaines interprétations de Toscanini ! Et comme vous avez l’air d’être un pro, je suis flattée...

         
        • jean breton
          jean breton répond à solstice
          • Posté à 18h27 le 27/02/2009
          • Internaute 51943

          Solstice on peut aussi dire ça de Gould.
          Il se plante souvent.
          Le reste est génial.

          Faut peut-être se planter souvent pour être génial parfois : c’est ce qui différencie le besogneux qui tente toujours de bien faire (comme moi) du type superbon qui prend un maximum de risques.

          Ceci dit j’adore presque toujours Pollini et Edwin Fischer, dans deux genres opposés : l’un d’abord rigoureux, l’autre d’abord imaginatif, et dieu sait s’ils prennent des risques de tempi, et pourtant ça marche presque toujours. Donc contreexemples.

          Car comme disait Proust, il n’y a pas de vérité en Art hormis celle de notre coeur...

        1 autres commentaires
  • chapolin
    chapolin
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    • Posté à 01h27 le 26/02/2009
    • Internaute 41320
      scoresdownload.com

    Interêssant article quoique je sois un peu contre ce genre de truc de s’incruster dans la vie intime des gens ... çà pose à mon sens un problème ou plutôt un dilemne : d’un côté l’histoire et l’étude, le progrès et le savoir et de l’autre un certain respect, j’avoue que je suis partagé.

    J’adore : « j’ai erré dix ans à la Sorbonne afin d’y étudier la littérature. En réalité j’hibernais dans des bibliothèques obscures. “ :)

  • solstice
    solstice
    pigiste
    • Posté à 16h14 le 26/02/2009
    • Internaute 38451
      pigiste

    Dans un genre british, je viens de terminer « Testament à l’anglaise » de Jonathan Coe... Un peu confus au départ, un docu-fiction bien ficelé sur l’Angleterre, de Churchill à Major en passant par Maggie. Souvent drôle, très grinçant... Il y a des héritages que l’on est heureux de ne pas avoir à supporter !

    • Picospin
      Picospin répond à solstice
      Prof émérite (Paris12 et St- (...)
      • Posté à 16h52 le 26/02/2009
      • Internaute 42865
        Prof émérite (Paris12 et St- (...)

      Voilà enfin un blog intéressant qui montre qu’il y a beaucoup plus de mélomanes qu’on ne pense, que les gens sont plus cultivés qu’on ne le dit généralement surtout dans un domaine comme la musique dont on parle peu en France, qui n’est pas pratiquée comme on pourrait s’y attendre et qui est surtout destinée plus à une élite financière et fortement hiérarchisée qu’à de véritables mélomanes. Regardez autour de vous le public décoré, guindé, plutôt âgé qui circule dans les grandes salles où les places sont hors de prix et que les personnes âgées qui les fréquentent peuvent difficilement approcher en raison de la surdité qui les menace. Ils ne manifestent guère d’enthousiasme pour des concerts dont certains sont pourtant de grande qualité et interprétés par des musiciens enthousiastes s’il est vrai que d’autres sont bâclés par des instrumentistes pressés d’en finir ce qui peut expliquer le tempo parfois rapide adopté par les orchestres à l’instar de ce qui est dépeint pour les émules de Toscanini. Cet article fait allusion à un débat aussi important que l’appréciation de la musique. C’est celui de la relation des enfants aux parents et de la démarche particulière, sinon surprenante du fils de Toscanini envers son père. Jusqu’à quel degré de vie privée et d’intimité peut-on décemment aller sans rompre la relation décente, respectueuse, suffisamment distanciée entre deux êtres humains même ou malgré leur relation familiale ? C’est un véritable débat à un moment où les atteintes à la vie privée se multiplient, sont dénoncées ou même attaquées en vue de la sauvegarde de l’intimité élémentaire à laquelle ont droit les personnalités célèbres même si par ailleurs elles profitent largement ou excessivement de cette condition.

      • SANTIER Jean-Claude
        SANTIER Jean-Claude répond à Picospin
        journaliste
        • Posté à 14h15 le 28/02/2009
        • Journaliste 55379
          journaliste

        Je ne partage pas du tout cet avis, même si je comprends la démarche, car comment aurait-on pu connaître et avancer dans la connaissance avec ce raisonnement, dans tous les domaines mais notamment culturels.
        Comment Mozart, Beethoven, Wagner, Debussy, Ravel même, Bach ont pu savoir faire savoir des indications sur leurs pensées, leurs vies en dehors des biographies officielles, c’est un moyen pour tout savoir sur Toscanini sans jamais avoir oser le demander , et pour cause, on n’en savait rien, rien de rien.
        La même remarque peut faire l’objet d’un copier-coller pour l’ami de France 2 David Pujadas avec « les infiltrés », où nous avons pu voir le traitement des personnes âgées et ce qui nous attend, ainsi que la presse « people » ....
        Il faut voir ce film du documentariste et producteur canadien , Larry Weinstein, comme un dépassement des conventions du documentaire, car il emprunte des méthodes de film de fiction en reproduisant in-extenso tout ou partie des 150 heures s’enrregistrement d’Arturo Toscanini , dévoilées, 50 ans après sa mort.
        N’oublions pas que Toscanini , a été le plus célèbre chef d’orchestre qui est entré dans la légende, et qui, malgré son immense célébrité n’a jamais accordé d’interviews, ni publié de mémoires.
        Enfin, toutes ces révélations sont entremêlées d’archives filmées, d’une grande valeur, d’extraits de lettres, de photos, de séquences vidéo provenant d’archives familiales confiées pour la première diffusion à l’auteur de ce corpus inappréciable, ce DVD publié parMedici arts et sélectionné au 27ème FIFA du Film sur l’Art de Montréal
        Jean Claude SANTIER
        Journaliste.

  • SANTIER Jean-Claude
    SANTIER Jean-Claude
    journaliste
    • Posté à 19h10 le 28/02/2009
    • Journaliste 55379
      journaliste

    Toscanini est né à Parme dans une famille de modeste artisan. A neuf ans, il entre au Conservatoire de Parme, où il passera neuf ans plus tard son diplôme avec les honneurs en violoncelle et composition. Sa passion pour la musique, ses hautes exigences en matière d’interprétation musicale et son grand talent, l’ont conduit en 1886 alors qu’il est premier violoncelle et chef de Choeur assistant d’une compagnie d’opéra italienne en tournée au Brésil a remplacé le chef attitré de l’ensemble : il assumera le reste de la tournée , répétant et dirigeant les 12 opéras par coeur, à l’âge de 19 ans.
    Le jeune chef développe ses talents dans les théâtres lyriques, et à 25 ans il est au pupitre pour la création mondiale de Pagliacci de Leoncavallo. trois ans plus tard, il devient chef principal du Teatro Regio de Turin, où il dirige, entre autres, la création mondiale de La bohème, et au cours de ses 7 premières saisons il donnera les premières de Siegfried, Eugène Onéguine, Salomé, Pélléas et Mélisande, et bien d’autres oeuvres orchestrales de nombreux grands compositeurs
    Toute sa vie du Metropolitan Opera au New York Philarmonic, Bayreuth, Bologne, Salzbourg, Lucerne il a connu les honneurs jusqu’à 1954 , quand il prend sa retraite.
    De toute sa vie malgré les récompenses à San Francisco, Yorkton, Birmingham, New York, Oakland et en Australie , nominations aux Oscars , Emmy Awards, il a montré une personnalité artistique puissante et un caractère bien trempé, en imposant ses réformes, en poursuivant ses idéaux musicaux qui le conduisit aussi à résister aux régimes fascistes d’Italie et d’Allemagne, il n’a jamais accordé une seule interview, ni publié un quelconque article, d’om l’intérêt de pouvoir regarder, voir, admirer ce DVD qui sera en vente le 12 mars après la diffusion du 2 mars sur Arte :
    « Toscanini par lui-même » docu-fiction réalisé par Larry Weinstein de Medici Arts distribué par Harmonia Mundi.
    Avec la projection, vous vous sentirez plus riche d’une culture sur ce chef d’orchestre légendaire.
    JEAN CLAUDE SANTIER JOURNALISTE

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