American Ecolo

Les débats sur l'environnement vus par Hélène Crié-Wiesner, spécialiste française vivant en Caroline-du-Nord.

L'agriculture, un outil contre la pollution industrielle américaine

Publié le 14/03/2009 à 18h08


Un agriculteur à Rancho Santa Fe, en Californie (Mike Blake/Reuters).

Le nouveau ministre de l’Agriculture est haï des écolos ultras et des capitalistes agricoles. Il soutient les biotechnologies, mais il va couper les subventions aux agriculteurs industriels, et compte payer les fermiers pour passer au bio et lutter contre les changements climatiques. Objectif : transformer radicalement l’agriculture américaine.

Le 10 mars, une interview sur la radio NPR de Tom Vilsack, ancien gouverneur de l’Iowa –Etat phare de la culture du maïs et du soja à échelle géante-, m’a clouée sur place. Qu’un ministre de l’Agriculture, eut-il été recruté par saint Obama, ose tenir un discours si novateur, si provocateur, si… (n’ayons pas peur des mots) révolutionnaire, m’a un instant fait douter de sa nationalité américaine. Ou de ma compréhension de l’anglais.

Si en France Michel Barnier tenait le même discours, il serait peut-être soutenu par une fraction de la Confédération paysanne. Même pas sûr ! Le reste du monde agricole irait brûler les préfectures. Aux Etats-Unis, pour l’instant, rien ne se passe, si ce n’est dans les couloirs du Congrès où les lobbystes ont entamé leur travail de fourmi pour faire capoter les projets du ministre.

Sur la radio NPR, donc, le journaliste Steve Inskeep commence par raconter qu’en prenant son poste à Washington Tom Vilsack a loué un marteau piqueur, et fait défoncer un parking derrière le ministère pour planter un potager :

« Ceci donne une idée de la personnalité de l’homme qui a pour ambition –et pour mission– de réorienter l’approche américaine de l’agriculture. L’ancien gouverneur de l’Iowa considère que chaque action individuelle du moindre fermier a un impact sur ce qu’on mange, sur l’énergie qu’on consomme, et sur nos chances de réussir à enrayer les changements climatiques. »

Mieux qu’un résumé, voici ma traduction de l’interview. Le ministre Tom Vilsack attaque :

« L’équipement des agriculteurs, leurs semences, où et quand ils les plantent, le type d’engrais qu’ils choisissent, leurs pratiques culturales, leurs méthodes de récolte, le type de bétail, comment ils nourrissent ce bétail, sans compter ce qui se passe en sous-sol à cause de l’agriculture… tout, absolument tout, a un impact sur notre société.

Le gouvernement doit faire face aux critiques quand il annonce vouloir réduire les subventions aux plus grandes exploitations. Que répondez-vous ?

C’est complexe, ces histoires de subvention ! Elles ont été créées pour garantir la survie des agriculteurs en des temps difficiles. Le défi est donc de trouver un moyen pour continuer à offrir aux consommateurs de la nourriture à un prix raisonnable, tout en assurant une certaine aisance aux producteurs.

C’est là qu’interviennent les contraintes climatiques : on doit anticiper un avenir dans lequel les fermiers seraient payés pour réduire leur empreinte carbone et la nôtre, pour préserver la nature. Nous nous préoccupons de la qualité de l’eau, de la préservation des sols, et nous sommes prêts à payer ces gens pour qu’ils travaillent leur terre d’une manière qui ne soit pas seulement bénéfique pour eux, mais aussi pour nous.

Etes-vous en train de nous dire qu’un jour on paiera les agriculteurs pour qu’ils n’utilisent plus d’engrais chimiques, ou pour installer une éolienne sur leur terrain afin de produire de l’énergie renouvelable ?

Oui, pourquoi pas ? Ça et bien d’autres choses. Je pense qu’on doit tendre vers la notion de compensation globale des nuisances.

Admettons qu’il y ait quelque part une centrale thermique au charbon qui pollue trop. Selon votre système, la centrale devrait payer un fermier pour stocker son gaz carbonique, ou pour compenser la pollution par une action plus propre. Au bout du compte, le fermier gagnerait de l’argent avec ça ?

Oui, En gros, ça marcherait selon ce principe-là. Mais ça peut aussi fonctionner grâce à une organisation plus centralisée, qui vendrait ces compensations et passerait les contrats avec les agriculteurs. A un moment, les agriculteurs seraient récompensés d’agir pour le bien du pays, pour le bien de la terre, c’est à dire pour avoir contribué à réduire nos émissions de carbone.

En somme, vous prônez tout de même des subventions à l’agriculture. Alors que depuis votre arrivée à ce poste de ministre, vous aviez indiqué vouloir les réduire.

Ce qu’on veut, c’est offrir une certaine sécurité aux agriculteurs qui en ont besoin. Et nous sommes aussi confrontés à un déficit qui se compte en billards (trillon) de dollars. On doit composer avec ce déficit. Par conséquent, c’est bon pour tout le monde si on peut investir dans l’économie, notamment dans une agriculture qui permettra aux Américains de retrouver un travail.

J’ai l’impression que ça va vous coûter cher, en termes politiques. En effet, lorsque vous regardez les chiffres, vous allez économiser quelques milliards de dollars sur quelques années. Mais, dans le contexte des billiards qui sont actuellement discussion, vos économies ne sont pas énormes. Vous êtes conscient des risques politiques que vous encourez en regard de ce tout petit gain ?

On doit bien commencer par un bout, non ? A la base, il y a ce besoin de sécurité pour les agriculteurs. Et aussi il y a ce déficit avec lequel il nous faut composer. L’agriculture doit évoluer, et je pense que les changements climatiques et les impératifs énergétiques fournissent une opportunité idéale.

Voulez-vous dire que l’objectif va bien au-delà de l’économie de quelques milliards de dollars ? Vous voulez repenser entièrement l’agriculture ?

Parfaitement ! L’agriculture, comme n’importe quelle autre activité, ne peut pas rester statique. Si vous pensez le contraire, demandez juste aux travailleurs de Général Motors ou de l’industrie bancaire ce qu’ils en pensent. Les changements sont constants, et en ce moment, nous avons une occasion unique de nous attaquer aux réformes : les Américains n’ont jamais été aussi attentifs à ce qu’ils mangent.

Nous devons encourager nos enfants à devenir des consommateurs alimentaires avertis. Ils faut qu’ils aient envie de fruits et légumes variés dans leurs assiettes. Ils doivent être capables de réclamer ça. On doit les y encourager. Cette crise énergétique et climatique est une opportunité formidable. Mais le changement, c’est toujours difficile.

Les médias nationaux ont pour l’instant peu repris ces propos tenus par Tom Vilsack sur NPR. Sans doute parce qu’une interview n’engage à rien, et que la vraie polémique commencera lors de l’examen au Congrès de cette réforme agricole.

En attendant, voici ce qu’écrivait le New York Times en décembre à propos de Vilsack, quand celui-ci n’était encore que “nominé” pour le poste de ministre de l’Agriculture :

“Les partisans d’une agriculture durable lui reprochent son soutien aux biotechnologies, alors que les partisans du status quo s’insurgent contre sa position sur les subventions aux agriculteurs. Cela lui laisse finalement pas mal de supporters au centre. (…) Le ministère dont il hérite, quoiqu’ayant à son actif des gains extraordinaires en recherche et en productivité, a longtemps favorisé les très gros fermiers. Cette politique a généré des paysages stériles de fermes industrielles, de villes détruites, et des plantations à l’infini de maïs et de soja.”

Cette image de l’Amérique sera peut-être un jour à reléguer avec celle des bisons sauvages, des drive-in, des saloons et des diligences.

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  • vermisseau
    vermisseau
    étudiant ingénieur en (...)
    • Posté à 18h47 le 14/03/2009
    • Internaute 26276
      étudiant ingénieur en (...)

    la notion de compensation carbone par la production de matière végétale est extrêmement intéressante !

    il est vrai que défoncer un parking pour créer un potager est un signe fort (et ma fois assez poétique aussi !)

    espérons que cet homme arrivera au bout de ses idées et mettra ainsi l’Amérique sur une voie plus verte...

    • argiope
      argiope répond à vermisseau
      chatouille ou pique, c'est selon
      • Posté à 23h03 le 14/03/2009
      • Internaute 34103
        chatouille ou pique, c'est selon

      « ...la notion de compensation carbone par la production de matière végétale est extrêmement intéressante... »

      Oui, mais à une condition indispensable, stocker définitivement le carbone ainsi produit, c’est-à-dire ni brûler le bois, ni consommer les plantes cultivées, ni même les composter, toutes ces actions rejetant le CO2 dans l’atmosphère.
      Une solution peut-être : couvrir le pays de forêts, puis enterrer les arbres, pour qu’ils se transforment en charbon pour les générations suivantes...

      • ljos
        ljos répond à argiope
        photographe / géologue
        • Posté à 15h29 le 15/03/2009
        • Internaute 32902
          photographe / géologue

        euh c’est un poil utopique ... il faut plusieurs millions d’années pour transformer un arbre en charbon ... et des conditions de pression-température que l’homme n’est pas capable d’atteindre en creusant. Et puis pourquoi produire du charbon vu que c’est justement ce qu’on ne veut plus utiliser ? ?

      • Karg se
        Karg se répond à argiope
        Ingénieur agronome vendu à une (...)
        • Posté à 18h53 le 15/03/2009
        • Internaute 9172
          Ingénieur agronome vendu à une (...)

        En fait un agriculteur peut facilement stocker du carbone en augmentant la teneur en matières organiques du sol de son exploitation. Culture sans labour, fertilisation organique, les moyens sont variés, faire augmenter de quelques % le taux de carbone dans le sol (la partie vraiment utilisé par l’agriculteur fait en 40 cm et 1m), à l’échelle de plusieurs hectare, ça fait du poids.

    • Hélène Crié-Wiesner
      Hélène Crié-Wiesner répond à vermisseau
      Binationale
      • Posté à 19h20 le 15/03/2009
      • Internaute 57
        Binationale

      Petit bug dans le texte ! La déclaration ci-dessous s’est retrouvée par erreur en conclusion de l’article. En fait, elle clôt l’interview du ministre de l’Agriculture, c’est toujours lui qui parle :

      « Nous devons encourager nos enfants à devenir des consommateurs alimentaires avertis. Ils faut qu’ils aient envie de fruits et légumes variés dans leurs assiettes. Ils doivent être capables de réclamer ça. On doit les y encourager. Cette crise énergétique et climatique est une opportunité formidable. Mais le changement, c’est toujours difficile. »

      • F.A.T.
        F.A.T. répond à Hélène Crié-Wiesner
        licencié en économie et (...)
        • Posté à 11h02 le 16/03/2009
        • Internaute 29908
          licencié en économie et (...)

        Vous écrivez : « m’a un instant fait douter de sa nationalité américaine »

        Vous avez raison de douter. Il n’y a pas de nation américaine et donc pas d’américain au sens citoyen de la nation Amérique.
        Les vénézueliens, les chiliens, les canadiens... sont des américains. Les habitants des Etats-Unis sont les étasuniens.

        Que dirions nous si lorsqu’il est question des Allemands (ou de tout autre nationalité européenne), les journalistes les qualifiaient d’européen et non plus d’allemand, tout en continuant à nous qualifier de français ?

         
        • Hélène Crié-Wiesner
          Hélène Crié-Wiesner répond à F.A.T.
          Binationale
          • Posté à 13h11 le 16/03/2009
          • Internaute 57
            Binationale

          Vous avez entièrement raison. D’ailleurs, mon fils ado, qui a la double nationalité, se fait vertement reprendre par ma famille quand nous sommes en France, car il dit « en Amérique », et « les Américains », ce qui apparaît « arrogant » à tout le monde en France. Moi-même, je prends bien garde (en général, hélas pas dans cet article) à parler des Etats-Unis et même (c’est moche) des Etazuniens.

          Cependant, mettez-vous à la place des gens qui vivent ici depuis leur naissance, qui sont conditionnés à parler de l’Amérique et des Américains... Comment pouvez-vous attendre d’eux -n’oubliez pas que tous ne lisent pas le New York Times ni ne sont allés à l’université - qu’ils se conforment au politiquement correct des AUTRES pays du monde, lequel veut que parler de l’Amérique et des Américains soit une marque d’arrogance ?

          Donc, entièrement d’accord avec vous à propos de mon erreur, mais soyez un peu indulgent envers les... Américains de base.

          • pom7848
            pom7848 répond à Hélène Crié-Wiesner
            Emmigré
            • Posté à 14h08 le 16/03/2009
            • Internaute 13588
              Emmigré

            Et puis le mot (vraiment moche) « Etazunien », s’il existe en espagnol ou en français, n’existe pas en anglais. « United stater », ça sonnerait pas génial non plus.

            A cela, il faut aussi ajouter qu’il y a aussi les Etats-Unis du Mexique, c’est le nom officiel du pays... Ils sont donc également Etazuniens du Mexique.

            Et puis bon, il y a plein de pays de pays de par le monde dont on appelle les habitants de façon incorrecte sans pour autant en faire une maladie. Prenez par exemple les Hollandais qui vivent aux Pays-Bas dont la Hollande ne représente que deux provinces sur douze. Les Allemands ont des tas de noms différents selon la langue employée. En russe, leur nom correspond à celui utilisé pour désigner les étranger en général.

            Si je dis bien Etats-Unis sans avoir à me forcer, je continue d’utiliser Américain, d’abord car c’est comme ça que ce nomment les gens qui habite ici. Je n’y trouve aucune arrogance. C’est comme ça depuis l’indépendance, une époque durant laquelle les Etats-Unis n’avait pas encore de vision hégémonique sur le continent. Ils venaient juste de devenir le premier peuple décolonisé de ce continent et ce sont donc appelés Américains, pensant être rejoint par d’autres états du continent par la suite (ce qui fut le cas pour 37 d’entre eux).
            Ensuite, il n’y a pas une vision pan-américaine aussi développée ici que la vision pan-européenne peut l’être en Europe. Ma tante vient de São Paulo et il ne lui viendrait jamais à l’idée de se définir comme américaine ou comme venant du continent américain. Pour elle, elle est Brésilienne. Point. C’est peut-être différent dans les pays hispanophone du fait du lien linguistique entre les pays.
            Enfin, un ami Guatémaltèque, réfugié au Etats-Unis, a récemment acquis la citoyenneté. Personne dans son entourage ici dans le Michigan ne l’a félicité d’être devenu Américain. On a célébré son nouveau statut de « US Citizen ». Comme quoi même les Américains de base font tout de même la distinction ; -)

            Mais bon entre utiliser un mot vraiment moche pour faire politiquement correct et employer celui qui désigne la population de ce pays depuis deux siècle, y a pas photo. Et puis bon, Amerigo, c’était juste le prénom d’un explorateur italien qui n’a même pas découvert l’Amérique, alors.... : -p

        2 autres commentaires
  • bleuet1
    bleuet1
    espère malgré tout
    • Posté à 18h54 le 14/03/2009
    • Internaute 65892
      espère malgré tout

    On a beau accuser les Américains de ne pas savoir changer leur mentalité en matière d’agriculture et d’environnement, il n’empêche qu’avec l’élection d’Obama, ils viennent de prouver qu’ils sont capables de reconnaître la nécessité d’un changement lorsqu’il se présente, sans doute plus encore que nous Français, qui nous disons pourtant révolutionnaires par tradition historique !

    • Utilisateur désinscrit à sa demande
      • Posté à 19h03 le 14/03/2009
      • Internaute 70482
        nc

      Les Américains n’ont pas à traîner le boulet de nos histoires multimillénaires, par contre ils ont un sérieux problème d’acné.

      Là, j’ai comme l’impression que le pire est passé...

      C’est avec des gens comme Tom Vilsack que le meilleur pointe le bout de son nez.

      Le jour où ce pays deviendra adulte est en vue. C’est très réjouissant.

      • pablico
        pablico répond à Utilisateur désinscrit à sa demande
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 13h27 le 15/03/2009
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        on commence peut-être à prendre conscience, que l’argent, le financier, les affaires etc, ne produit pas d’oxygène, de recycle pas le gaz carbonique, ni ne régénère pas la terre....notre unique support de vie.

        il en a fallu du temps...pour sans être écolo, prendre conscience de cela.

        quand tout devient virtuel, le virtuel de l’argent, qui n’est qu’un concept, un mode d’échange reprend peut-être sa place, la vraie..

        mais ce n’est encore que du rêve...Le chemin est long..

    • desbois
      desbois répond à bleuet1
      commerçant
      • Posté à 11h27 le 15/03/2009
      • Internaute 36797
        commerçant

      Cet article m’inspire PRUDENCE et MEFIANCE : pourquoi ?
      au début la journaliste écrit que ce ministre défend les biotechnologies,elle choisi ce terme,parceque le vrai nom « des OGM “donnerait un autre sens à l’image de ce bon ministre..........
      Tout au long des,questions pas une fois les ogm-biotechnologies n’apparaissent,c’est curieux.Avec l’effet sentationnel du marteau-piqueur pour casser le parking ce type est présenté comme un héros !
      Donc,méfiançe et prudençe et cherchons ailleurs des informations moins : paris match-le poid des mots le choc des photos.

  • sup. à la demande du riverain 24.09.09
    • Posté à 19h27 le 14/03/2009
    • Internaute 30981

    « Le nouveau ministre de l’Agriculture est haï des écolos ultras »

    En quoi est-ce « ultra » d’être contre les OGM ? Je trouve cette formulation très typique de la mode du moment, le mot « ultra » étant mis à toutes les sauces dans tous les journaux, grâce à MAM.

  • kawouede
    • Posté à 19h52 le 14/03/2009
    • Internaute 27995

    Intéressant et réjouissant - sauf pour les OGM (les « biotechnologies », il s’agit bien du soutien à Monsanto, non ?).

    Qu’est-ce qu’on attend pour réformer la PAC ? pour cela il faudrait envoyer quelques écologistes de plus au parlement européen... en attendant de faire pression sur les gouvernements nationaux !
    Lien

    • Brédala
      Brédala répond à kawouede
      NB : dernières lignes dans " (...)
      • Posté à 21h34 le 14/03/2009
      • Internaute 63792
        NB : dernières lignes dans " (...)

      Il me semble aussi que « les biotechnonogies » c’est du genre OGM...pourtant il soutient le bio (est-il dit dans l’article).
      De l’OGM bio ? !

      L’être humain aurait-il changé dans la nuit ?
      Hier, égoîste, stupide et cupide, il consommait à tout va, cherchant comment acheter des permis à polluer pour s’en mettre encore et encore pleins les fouilles et aujourd’hui il est soucieux de la survie de la planète et de ses habitants ?

      Je reste sceptique, quelque chose me dit que cette agriculture n’est pas si verte que ça...

      Ultra prudence !

      • Éric  Perrin
        Éric Perrin répond à Brédala
        Ginkonaute
        • Posté à 22h44 le 14/03/2009
        • Internaute 51185
          Ginkonaute

        Exact ! en plus la culture OGM est une pompe à subventions : Lien - 41k -

      • McRasta
        McRasta répond à Brédala
        Humain
        • Posté à 02h03 le 15/03/2009
        • Internaute 71884
          Humain

        Prenons la chose sous un autre angle :
        Les états unis sont historiquement un pays d’agriculture intensive et le berceau des OGM, le tout en grande partie lié aux politiques agricoles précédente.
        Si demain l’un de nous, « écolo », se retrouvais à ce poste de ministre de l’agriculture, je doute qu’il puisse à la fois chercher à enterrer ouvertement l’agriculture intensive et les OGM sans avoir à faire à une levée de bouclier chez ses nombreux et puissants opposants.

        Personnelement, je prends les concessions esquissées par ce ministre aux vilains pollueurs comme étant acceptables.

        SI on regarde attentivement, sa démarche n’est d’ailleurs pas sotte. Schématisons un peu :
        Actuellement, agriculture et OGM vont souvent de paire aux USA.
        S’attaquer à l’agriculture intensive, ou favoriser la culture bio auront un résultat commun, nuire aux culutures OGM, quand bien même il pourrait affirmer soutenir la biotechnologie.

        Mon coté écolo puriste et certes un peu décu par cette demi-révolution annoncée dans la maniere dont un état peut soutenir ses agriculteurs, mais dans l’ensemble, la charrue semble avancer dans le bon sens.

        Reste à voir l’application de ce beau discours, et les solutions concretes trouvées pour faire cohabiter les cultures bio, intensives et OGM.

         
        • Brédala
          Brédala répond à McRasta
          NB : dernières lignes dans " (...)
          • Posté à 12h14 le 15/03/2009
          • Internaute 63792
            NB : dernières lignes dans " (...)

          89@McRasta

          « Reste à voir l’application de ce beau discours, et les solutions concretes trouvées pour faire cohabiter les cultures bio, intensives et OGM. »

          Nous en parlions il y a quelques semaines sur Rue89, voir lien ci-dessous

          Lien

          et le conflit de Canard en a parlé aussi il y a quelques temps...

          Il sera toléré 0,9 % d’OGM dans les aliments bio !
          N’est-ce pas là une bonne synthèse pour faire cohabiter l’agriculture OGM et bio ? !

          Quant au marteau-piqueur du Ministre, encore de la com, comme le sac de riz de Kouchner en son temps...

          Désolée, mais je suis encore toute ébourrifée du Grenelle de l’Environnement !
          Bientôt le Grenelle de la mer...va-t-on continuer à boire la tasse ?

        1 autres commentaires
    • desbois
      desbois répond à kawouede
      commerçant
      • Posté à 11h36 le 15/03/2009
      • Internaute 36797
        commerçant

      quels écologistes ? les candidats ? CON-BIENDIT ? Ce néo-libéral repeint par la communication sarko ,en rouge pale ? .

      • framboise92
        framboise92 répond à desbois
        je choisis la campagne, la (...)
        • Posté à 07h49 le 16/03/2009
        • Internaute 24519
          je choisis la campagne, la (...)

        CON-BIENDIT ne votrea pas OGM, crois-moi !

  • Crapaud froid
    • Posté à 19h31 le 14/03/2009
    • Internaute 69828

    « Cette image de l’Amérique sera peut-être un jour à reléguer avec celle des bisons sauvages, des drive-in, des saloons et des diligences. » : non pas « peut-être » mais sûrement.

  • DBL8
    DBL8
    Retraité
    • Posté à 19h47 le 14/03/2009
    • Internaute 19562
      Retraité

    MERDE ! ! C’est un Etats-Uniens qui parle comme ça ? !
    Là... c’est vrai il y a du changement.

  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 20h47 le 14/03/2009
    • Internaute 20631
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    a mon avis l’objectif de l’agriculture est d’assurer la sécurité alimentaire du pays
    compte tenu de la superficie de ses terres cultivables les usa ont une vocation à produire plus que leur consommation
    mais pas forcément de façon productiviste

  • Contestatairieux
    Contestatairieux
    (un de ces fameux travailleurs (...)
    • Posté à 20h50 le 14/03/2009
    • Internaute 37969
      (un de ces fameux travailleurs (...)

    On peut critiquer les Etatsuniens, mais quand il s’agit d’agir, du moins, de tenir des propos franchement contraire à l’ambiance locale (si je comprends bien), on ne peut que les féliciter !
    C’est pas chez nous que ça arrivera ! Ou, si, une révolution nous attend : la destruction des acquis humains et sociaux !
    Très bon article, merci.

    • papoupapapou
      papoupapapou répond à Contestatairieux
      prof des écoles
      • Posté à 22h29 le 14/03/2009
      • Internaute 68375
        prof des écoles

      La France a toujours 10 ans de retard sur les USA. Il faudra attendre autant de temps avant que cette révolution n’arrive chez nous... Quel sera l’état de nos services publics d’ici là ? Tout ce temps perdu sera-t-il rattrapable ?
      Mais avant cela j’espère que les lobbys n’auront pas la peau de la volonté du gouvernement Obama de changer les choses !

      • framboise92
        framboise92 répond à papoupapapou
        je choisis la campagne, la (...)
        • Posté à 07h47 le 16/03/2009
        • Internaute 24519
          je choisis la campagne, la (...)

        La révolution, on peut de la faire aussi !

  • Maderic
    Maderic
    Ingénieur
    • Posté à 21h56 le 14/03/2009
    • Internaute 66339
      Ingénieur

    Un, on va donner de l’argent aux agriculteurs pour qu’ils cultivent, c’est un concept original.
    Deux, avec le prix du pétrole qui va augmenter ils n’auront de toute façon
    pas assez d’argent pour acheter de l’engrais, alors pourquoi leur donner de l’argent pour qu’ils n’en achètent pas ?

    Les subventions c’est jamais bon...

  • aurelius
    aurelius
    etudiant
    • Posté à 22h20 le 14/03/2009
    • Internaute 71695
      etudiant

    comment un partisan du bio peut il etre partisan des ogm (biotechnologie) il y a incompatibilité radical entre les deux en plus c’est vrai que son discour est un peu novateur mais ca reste assez basique

    • argiope
      argiope répond à aurelius
      chatouille ou pique, c'est selon
      • Posté à 23h40 le 14/03/2009
      • Internaute 34103
        chatouille ou pique, c'est selon

      « ...il y a incompatibilité radicale... »
      Pas vraiment, on est sur deux plans différents.
      Habituellement, on comprend « culture bio » comme une culture reproduisant au plus près les conditions de croissance des plantes dans la nature : pas de pesticides, pas d’engrais synthétiques essentiellement.
      La modification génétique est par essence « bio » (=vivant), la nature la pratique depuis toujours, mais au hasard et l’évolution est extrêmement lente, contrairement à la modification en labo, rapide et ciblée.
      A mon sens, on peut très bien cultiver « bio » des plantes OGM.
      L’agriculture industrielle comporte des risques environnementaux, d’ordre chimique surtout. Les OGM en comportent d’autres, d’ordre biologiques, encore mal évalués et sujets à polémiques. Les USA semblent avoir fait un choix quant à la pondération de ces différents risques, en ne priorisant pas le principe de précaution. Monsanto a encore de l’avenir là-bas.

      • léo solo
        léo solo répond à argiope
        • Posté à 19h41 le 15/03/2009
        • Internaute 2483

        Là ifo s’informer avant de prendre la plume...

         
        • framboise92
          framboise92 répond à léo solo
          je choisis la campagne, la (...)
          • Posté à 07h41 le 16/03/2009
          • Internaute 24519
            je choisis la campagne, la (...)

          excact. Les araignées aussi seront en danger dans la chaîne !

        1 autres commentaires
      • framboise92
        framboise92 répond à argiope
        je choisis la campagne, la (...)
        • Posté à 07h39 le 16/03/2009
        • Internaute 24519
          je choisis la campagne, la (...)

        tu peux t’informer ?
        Merci !

  • bilou.
    bilou.
    Prajñāpāramitā देवौ ऋषी तापसौ (...)
    • Posté à 22h43 le 14/03/2009
    • Internaute 21503
      Prajñāpāramitā देवौ ऋषी तापसौ (...)
  • Utilisateur désinscrit à sa demande le 2 janvier
    • Posté à 22h46 le 14/03/2009
    • Internaute 42903
      nc

    desoler j’ai pas pris le temp de lire l’article tellement c’est insignifiant , mais si c’est comme pour le medicament qui soigne parkinson et qui donne l’envi de jouer au jeux de hasard .

  • beubeuch
    • Posté à 23h47 le 14/03/2009
    • Internaute 28179

    « tout a un impact », il a absolument raison et à voir ce qu’il cite, il connaît les analyses du cycle de vie, les « life cycle assessment », ces études qui sont faites actuellement par les organismes de recherche pour peser différentes sources d’impact. Ces études donnent des résultats précis sur quels leviers il faut tirer : fertilisation azotées et pesticides à réduire, machines moins gourmandes, procédés industriels moins energivore. C’est pas non plus un indicateur miracle mais il donne des réponses sur pas mal de pollutions (effet de serre, acidification, eutrophisation, utilisation de ressources non renouvellables...). Well done, sir, j’espere que vous allez donner des leçons.

  • bilou.
    bilou.
    Prajñāpāramitā देवौ ऋषी तापसौ (...)
    • Posté à 00h53 le 15/03/2009
    • Internaute 21503
      Prajñāpāramitā देवौ ऋषी तापसौ (...)

    « Mais le changement, c’est toujours difficile. »
    Sur le chemin de la « Satya » ?

    « Satya est un mot Sanskrit qui peut être traduit en français par “vérité” ou “exactitude”. C’est le terme du pouvoir dû à sa pureté et il est devenu l’emblème de nombreux mouvements, surtout ceux concentré sur la justice sociale, l’écologisme et le végétarisme. »

    « Cette notion de réalité universelle est commune dans la philosophie orientale. Combiné avec d’autre mots, satya devient un modificateur comme “ultra” : Satyaloka (plus haut ciel), satya ecolo, la satyagauche, c est plus joli que l ultra gauche.

    “ Comme pour Dieu, Satya inclut philosophiquement la notion d’éternité et d’absence de changement ou de distortion. ”

    Lien(hindouisme)

  • Hélène Crié-Wiesner
    • Posté à 02h16 le 15/03/2009
    • Internaute 57
      Binationale

    Petit bug dans le texte ! La déclaration ci-dessous s’est retrouvée par erreur en conclusion de l’article. En fait, elle clôt l’interview du ministre de l’Agriculture, c’est toujours lui qui parle :

    « Nous devons encourager nos enfants à devenir des consommateurs alimentaires avertis. Ils faut qu’ils aient envie de fruits et légumes variés dans leurs assiettes. Ils doivent être capables de réclamer ça. On doit les y encourager. Cette crise énergétique et climatique est une opportunité formidable. Mais le changement, c’est toujours difficile. »

  • funkystefffff
    funkystefffff
    écolo antipathique
    • Posté à 03h11 le 15/03/2009
    • Internaute 55257
      écolo antipathique

    Beaucoup des commentaires acclament la politique américaine et raillent la France... mais j’ai l’impression que beaucoup ne sont pas au courant de l’importance des OGM aux States et en Amérique en général. Cultiver Bio là-bas, c’est quasi impossible ! ! !
    La France résiste bien à l’invasion des OGM (pour l’instant) et on peut quand même se féliciter de ne pas avoir à réparer les « pots cassés » puisqu’on ne les a pas cassés (en ce qui concerne les OGM). Mais il y a aussi les hybrides... La France est le premier pays agricole européen, et c’est aussi pour ça qu’il faut résister !
    Oh, bien sûr, c’est pas la FNSEA qui sauvera l’agriculture en France, d’ailleurs le principe des subventions en France comme en Amérique je pense que ça n’est pas une bonne solution.

    Et c’est pas sur Rue89 que le problème sera réglé... pour ceux que ça intéresse, il y a des projets à soutenir :
    Lien (entre autres)

    • desbois
      desbois répond à funkystefffff
      commerçant
      • Posté à 11h52 le 15/03/2009
      • Internaute 36797
        commerçant

      D’accord.........En France les OGM ne sont pas cultivés mais ils sont autorisés pour l’alimentation des animaux : le steack de boeuf acheté chez le boucher du coin, contient des OGM ; et rien n’est fait pour connaitre les effets sur la santé humaine..........qu’ils soient innofensifs ou dangereux ! ! !

  • ker
    ker
    • Posté à 03h41 le 15/03/2009
    • Internaute 12793

    Moi je suis chercheur et j’en ai un peu ras le cul des contrats precaires, je veux me casser a la campagne et bosser comme paysans. Depuis gamin, quand je passais mes vacances a la ferme, je ne faisais que rever de cela.Je reviens regulierement et suis toujours aussi mordu. Mais je n’ai pas envie d’etre l’esclave d’un fils a papa possedant 1000 ha. Il faudra une reforme agraire si l’on veut arriver au bio et relancer un retour vers le rural. Sinon l’on s’achemine, bio ou pas, vers un esclavagisme encore plus brutal que dans l’industrie actuellement ou, fort heureusement, peu d’employe ont un patron qui possede a titre personnel l’ usine.

    Par ailleurs a la campagne, il n’y a pas de femmes, ca fera rire ceux qui n’y ont pas mis les pieds, mais cela desespere ceux qui y vivent.Je ne me sens pas la force de rester un vieux celibataires dans ma ferme, c’est d’ailleurs totalement inhumain. Cette situation vient de la disparition des communaute rurales qui offrait un vie et des activites non agricoles au femmes. C’est un probleme qui frene aussi beaucoup de gens ou qui fait fuir certain jeunes, et il faudra bien y remedier. En formant des filles a l’agriculture, mais cela prendra du temps. Dan l’immediat,En suede, par exemple, on encourage des femmes russes a aller au nord. Or se marier avec un femme etrangere (ne parlons pas de vivre ne concubinage)reste la galere en france.

  • Ratmanoff
    Ratmanoff
    Libre
    • Posté à 06h27 le 15/03/2009
    • Internaute 66920
      Libre

    le vrai changement c’est pas gérer la situation pour faire perdurer le système capitaliste et l’économie de marché comme un dicta ou un axiome. Il faut simplement barrir définitivement le Dieu ARGENT

    • Brédala
      Brédala répond à Ratmanoff
      NB : dernières lignes dans " (...)
      • Posté à 17h37 le 15/03/2009
      • Internaute 63792
        NB : dernières lignes dans " (...)

      Chassez le naturel et l’éléphant capitaliste revient au galop... ; -)

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