Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Ces blogs qui deviennent des livres : l'expérience Chevillard

Publié le 14/03/2009 à 12h29

Dans le cadre de notre partenariat avec le Salon du Livre de Paris et l’hebdomadaire Vendredi, rencontre avec le dernier blog devenu livre : « L’Autofictif » de l« écrivain Eric Chevillard. La démarche la plus honnête dans cette blogosphère qui veut une vitrine en librairie. Rencontre.

A l’automne 2008, deux ouvrages nous avaient un peu hérissé le poil : “Brèves de blogs” de Pierre Assouline et “La Guerre littéraire” de Didier Jacob. Deux journalistes blogueurs.

Assouline, ancien patron du magazine Lire, chroniqueur au Monde 2, également biographe et romancier, tient ce qui est un des tout meilleurs blogs littéraires français : “La République des Livres”. Son blog est hébergé par Le Monde. Jacob, lui, est critique au Nouvel Observateur. Et tient le blog “Rebuts de presse”.

La solution Poche

Or, il se trouve que leurs ouvrages sont des versions légèrement retravaillées des chroniques de leur propre blog : “comments” pour Assouline, articles pour Jacob. Des livres qui ont bénéficié d’un vrai travail d’éditing par leur éditeur, mais qui ne comportent rien d’inédit. Au moment où il paraissaient en librairie (aux Arènes pour Assouline ; chez Héloïse d’Ormesson pour Jacob, des maisons de très haute tenue), soit en objet payant, on trouvait encore le contenu du livre gratuit sur les blogs des auteurs. Certes, les livres avaient bénéficié d’un solide travail d’editing, et leur contenu n’est pas en cause.

Certes, ils ne sont pas les premiers : nous devons, à Rue89, admettre par exemple que Pierre Haski avait fait de même avec “Cinq ans en Chine” (Arènes, 2006). Mais, ici, le livre avait une telle quantité d’images et de travail sur la mise en page qu’il y avait une cohérence à ce qu’il devint objet payant en librairies.

Mais si le blogueur veut tirer monnaie supplémentaire de son blog –après tout pourquoi pas, lui donner une sorte de vitrine “conventionnelle”, et par là-même une reconnaissance de son blog, il existe un format qui respecte son travail tout en faisant la corrélation entre gratuité du Net et facilité d’accès à l’objet livre : le livre de poche. Qui, depuis quelques temps, connaît une mutation.

Gilles Cohen-Solal, éditeur de Didier Jacob aux éditions Héloïse d’Ormesson, participera samedi 14 à une “spéciale Salon du livre” de l’émission “Parlons Net” de David Abiker, dont Rue89 est partenaire. Ce sera un des thèmes de la discussion.

Le projet Chevillard


Jaquette de ’L’Autofictif’ d’Eric Chevillard (DR).

En janvier 2009, un livre né d’un blog nous a particulièrement intéressés : “L’Autofictif” d’Eric Chevillard. Lequel est un auteur français (publié aux éditions de Minuit) que nous apprécions.

“L’autofictif” est un blog, au départ. La démarche Net de Chevillard se rapproche de celles de Chloé Delaume ou de François Bon, qui sont parmi les auteurs français qui utilisent le Web non comme contrainte, mais comme renouvellement de formes. Quelque chose entre le fictif et l’autofictionnel. Chevillard écrit :

“En septembre 2007, sans autre intention au départ que de me distraire d’un roman en cours d’écriture, j’ai ouvert un blog. [...] Puis rapidement, j’ai pris goût, et même un goût extrême, à cette forme d’intervention dans le deuxième monde que constitue aujourd’hui Internet.”

Le blog est sorte de chronique nerveuse de l’époque : de l’accueil de son roman (“Sans l’orang-outan”, sorti en septembre 2007) à Sarkozy et “La Princesse de Clèves”, en passant par des salutaires piques (“Et j’ai bien envie de dire ici à ceux qui choisissent d’écrire comme on parle qu’ils ne trahiraient point leur beau souci d’authenticité s’ils écrivaient plutôt comme on se tait.”).

Ensuite, donc, “L’Autofictif” est devenu un livre. Chevillard publie ici, et sans retouches, ce qu’il a écrit entre septembre 2007 et septembre 2008. Mais là où Chevillard est honnête, c’est qu’il a retiré de son blog ce qui se trouve dans le livre. Aujourd’hui, sur son blog, vous ne trouverez que ce qui fut écrit... après le livre. Ici, le rapport au lecteur semble sain.

Eric Chevillard : “L’exercice absolu de ma liberté”

Rue89 : Quelles sont, selon vous, les différences entre le public de blog et celui du livre ?

E. C. : C’est une des questions que je me pose, et un autre intérêt de cette expérience. Le blog a été assez vite repéré dans la blogosphère littéraire mais je ne sais quelles sont l’étanchéité ou la perméabilité de celle-ci. De nombreux habitués du blog n’ont jamais lu mes livres. Inversement, nombre de mes lecteurs habituels, circonspects à tort ou à raison à l’égard d’Internet, ignorent sans doute l’existence de “L’Autofictif”.

J’espère qu’ils y viendront par le livre qui induit une autre lecture, en continu, sans la sollicitation permanente de l’hypertexte et du réseau. Le lecteur de blogs zappe sur la Toile infinie, il ne fait que passer, rapidement, vite distrait, happé ou appelé ailleurs (je crois d’ailleurs que le petit succès de mon blog est en partie dû à la brièveté de mes interventions !).

Avec le livre en mains, le lecteur n’est plus ce visiteur. Il renoue avec sa pratique de lecture concentrée, vouée uniquement à cette aventure de conscience qu’est la lecture bien comprise. Il voit se dessiner des figures dans le livre, des thèmes reviennent, des hantises, des notes se font écho, toutes choses que la lecture quotidienne du blog ne permet pas toujours de saisir.

Cette expérience me plaît donc beaucoup car les aphorismes, micro-récits ou considérations ont beau être les mêmes, leur impact et leur résonnance changent selon qu’ils sont lu sur le blog ou dans le livre. D’un côté, une expérience instantanée, ponctuelle, même si répétée chaque jour, de l’autre, l’expérience de la durée, l’épaisseur du livre.

Après cette expérience, quelles sont selon vous les différences entre l’écriture Web et l’écriture purement romanesque telle que vous la maniiez jusqu’alors ?

J’ai toujours pris beaucoup de notes dans des carnets et travaillé parallèlement à l’écriture de mes romans cette forme du fragment. Ce n’est donc pas tellement le média du Web en soi qui fait la différence entre les deux types d’écriture que vous distinguez à juste titre.

Peut-être cette distinction est-elle d’ailleurs celle que l’on peut établir entre le romancier et l’écrivain. Le romancier (que je suis aussi) mène d’un bout à l’autre un projet précis, élaboré, construit. Il lui arrive de sacrifier de bonnes choses qui déséquilibreraient ou fausseraient la structure de son livre. Il doit jouer jusqu’à un certain point le jeu de l’illusion romanesque.

L’écrivain hors du roman n’a pas ce souci. Il fait feu de tout bois. Il est en prise directe avec la vie, ses réactions sont des allergies ou des ripostes. Tout lui est permis. Voilà ce que j’aime dans la pratique du blog, cette réactivité, cette possibilité d’intervention immédiate, sans la longueur de temps ni le prisme fictif qui transforment l’expérience de l’écrivain lorsqu’il en fait un matériau romanesque. Les fragments de mon blog, ce sont des faits de langue, ni plus ni moins que l’exercice absolu de ma liberté, ma façon à moi, écrivain, de courir, de danser, de me battre, ce contre-attaquer, de délirer, de sauter en l’air de joie ou d’indignation...

L’Autofictif - d’Eric Chevillard – éd. L’Arbre Vengeur – 251p. – 15€.

Aller plus loin
  • 8514 visites
  • 28 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • ysengrimus
    • Posté à 13h00 le 14/03/2009
    • Internaute 12674

    Il y a aussi ces sites qui deviennent des éditeurs...

    Lien

    et la cyber-expérience se poursuit, torrentielle...

    Paul Laurendeau

    • Lfdpirate
      Lfdpirate répond à ysengrimus
      inter-chom
      • Posté à 13h21 le 14/03/2009
      • Internaute 50832
        inter-chom

      J’ai une amie écrivaine qui a commencé son histoire sur un blog et qui a été édité il y a quelques temps.
      Mais allez donc sur son blog, vous pourrez vous en faire une idée plus subjective que moi qui suis de partie pris étant une de ses amies .
      Lien

  • ron-ron
    • Posté à 13h36 le 14/03/2009
    • Internaute 37198

    Euuuh ...

    Je vois mal en quoi publier (donc faire payer) quelque chose qu’on laisse parallèlement en accès libre est malsain.
    Il paraitrait que certains musiciens font de même : Morceaux en écoute libre sur internet, mais CD disponibles à la vente.
    Si on considère Deezer ou Jiwa comme légaux (et à priori, ils le sont), la liste se compte en milliers. Mais les artistes ne le font pas volontairement. Aussi serait-il plus à propos de comparer cette démarche à ceux qui utilise internet pour se faire connaitre (myspace, divers sites de vidéo, sites perso avec écoute libre...) et vendent leurs disques en parallèle (soit via la grande distribution, soit via commande sur leur site d’ailleurs).
    Le même principe existe en BD avec par exemple Boulet qui publie en album une partie du contenu de son blog.
    Bref, les exemples ne manquent pas et son applicables à diverses formes d’expression artistique.

    Et suivant les goûts, certains achèteront les supports matériels, ou préféreront se contenter de leur ordinateur. Certains préfèreront l’écran mais achèteront tout de même l’œuvre pour soutenir le créateur.

    Ici, on assiste à une démarche ou l’auteur supprime de son blog ce qu’il publie. Il prive ainsi ses lecteurs de ce qu’ils ont lu, et en interdit l’accès à ses nouveaux adeptes. S’ils veulent le (re)lire, ils devront payer.
    En quoi telle démarche est-elle plus saine ?

    Pas une critique, mais une question. J’ai du mal à vous suivre.

    • Stephane MOT
      Stephane MOT répond à ron-ron
      Author & Chief AtoZ Officer
      • Posté à 06h03 le 15/03/2009
      • Internaute 17943
        Author & Chief AtoZ Officer

      sur le fond, il n’y a effectivement rien de reprehensible si l’auteur annonce la couleur.

      independamment de la valeur ajoutee editoriale, il s’agit d’un format different, que ce soit pour une version ebook ou print.

      meme en considerant le degre zero de la valeur ajoutee (ex l’auteur commercialise l’empreinte de son blog a un moment T), s’il cela lui permet de trouver le public le plus pertinent pour son oeuvre pourquoi pas.

      en totale transparence, bien sur.

  • lud
    lud
    dans l'air culinaire
    • Posté à 13h44 le 14/03/2009
    • Internaute 71845
      dans l'air culinaire

    Si le dit blog ou site propose un contenu de qualité le tout sur du long terme, il dispose d’une base de donnée non négligeable pour éditer des ouvrages. Le contenu du site est peut-être gratuit mais le support papier n’a pas le même usage, il y aura toujours (et heureusement) les amoureux des bouquins comme il y aura toujours les amoureux du support physique pour la musique.
    La vente de contenu à l’origine gratuit sur tel ou tel support nous permettra à tous de continuer à profiter de cette gratuité et ceci n’a rien de malsain.

    Lien

  • Francois Toulouse
    • Posté à 13h57 le 14/03/2009
    • Internaute 8648

    Assouline n’est pas l’auteur de son livre, puisqu’il n’a fait que recueillir, sélectionner des commentaires d’internautes parues sur son blog. Lorsque la question lui est posée lors d’interviews, il répond d’une façon assez méprisante (style : comment peut-on être anonyme sur Internet, parfois insulter, et réclamer quoi que ce soit) qui ne change rien à une question de fond : qui est l’auteur d’un commentaire sur un blog ? En tout cas, quand on poste un message diffamatoire, la justice considère que l’auteur du commentaire est punissable.
    Tout ça n’empêche pas le sieur Assouline de percevoir l’ensemble des droits d’auteurs pour sa sélection de commentaire, entre autres moyens de monnayer son blog (liens vers des librairies en ligne à la suite de critiques, par exemple)

  • jyr
    jyr
    ou jean-yves rousson..artiste ? (...)
    • Posté à 14h01 le 14/03/2009
    • Internaute 60613
      ou jean-yves rousson..artiste ? (...)

    il suffit d’etre raisonnablement honnete..avec ses lecteurs..et puis etre publie est ce vrailment la panacé.. ? l’argent n’est pas le moteur principal..enfin n’est pas mon moteur..
    je fais cela pour ma propre gloire..enfin ma propre estime qui n’est deja pas tres brillante
    Lien
    mais je vous laisse juge

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 14h01 le 14/03/2009
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    Je me demande s’il ne faut pas dresser un parallèle entre le blog et la correspondance à l’ancienne, à cette différence que le blog n’est pas destiné à un seul lecteur, mais à un groupe indéfini de personnes néanmoins considérées comme des « proches », en tout cas comme des familiers. On y retrouve la même spontanéité, la légèreté du premier jet, la musique du présent transposée tout à trac, l’absence de souci d’intrigue ou de construction, le risque du fouillis ou de l’inconséquence. Cette forme de chronique n’est pas vraiment nouvelle. On en a eu de nombreux exemples en Angleterre avec Addison et Steele dans The Tatler et The Spectator. Si ces écrits n’ont pas laissé grand chose d’impérissable à leurs débuts, ils se sont par la suite multipliés, parfois avec de nombreux bonheurs d’expression.

    En ce sens, il est permis, à mon avis, de traiter les Lettres de Mme de Sévigné, les textes de Saint-Simon ou la correspondance entretenue entre Flaubert et George Sand comme des blogs avant la lettre, même si le lectorat est censé se limiter à une seule personne (sans pour autant exclure d’autres lecteurs appartenant à la postérité : les « vrais » auteurs ne font jamais rien par hasard !). La forme du blog proprement dit ne constituerait alors qu’une forme accélérée, immédiatement portée à l’attention du public, de cette « para-littérature ».

    Le livre, par contre, qu’il soit essai ou roman, suppose un déroulement dans le temps, une réflexion poussée, une construction élaborée. Le livre serait alors le fruit d’une ascèse du recul – l’auteur se juge, se corrige, se perfectionne afin d’aboutir au meilleur « produit » possible. C’est tout le contraire de la spontanéité, réellle ou supposée, du blog.

    Je pense qu’il serait dommage que cette distinction entre l’immédiat et le « pensé dans le temps » se floute sous l’influence du média électronique qui rend l’ici et le maintenant toujours possibles. Le blog n’exclut ni le talent ni le génie de l’écriture (tout dépend de l’auteur), mais les grandes oeuvres sont le plus souvent des textes longuement ruminés. De ce point de vue, je ne vois pas comment on pourra jamais se passer du livre au sens indiqué ci-dessus.

    • pradoc
      pradoc répond à Jaycib
      Aucune
      • Posté à 15h27 le 14/03/2009
      • Internaute 61194
        Aucune

      Je réagis suite au message précédent qui semble vouloir indiquer que la différence entre un livre et un blog serait le rapport au temps.
      Ce n’est pas entièrement faux, mais je crois que l’idée charnière et qui justifie les écrivains qui en sont venus à écrire un blog, est avant tout le choix d’une esthétique du fragment et probablement la mort du roman.
      Pour a part, je suis persuadé que la forme romanesque est inadaptée aux lecteurs modernes, à qui il faut des formes brèves, discursives. Nous sommes dans un temps médiatique et la littérature ne peut l’ignorer. Passer une année (au minimum) à écrire un roman n’est probablement plus une réponse aux flux et à l’envahissement du réel.

      Quant à l’affaire Chevillard, je partage l’avis sceptique du journaliste. Jamais je n’achèterai ce que je peux lire gratuitement...
      Et je reproche à Chevillard de limiter un peu son propos sur son blog à de simples aphorismes, traits d’humour et parfois fonds de tiroirs. On sent bien que pour lui, bloguer n’est qu’un divertissement à côté de la grande oeuvre. Qu’au fond, c’est une pratique marginale.
      Alors que je suis proche de considérer qu’on ne peut plus écrire que sous cette forme fragmentaire, contextualisée...

      • raspou
        raspou répond à pradoc
        • Posté à 01h24 le 15/03/2009
        • Internaute 29047

        Carrément. La mort du roman devient probable et la forme fragmentaire la seule possible.

        J’espère que vous vous trompez. Qu’on ne perdra pas la diversité de la littérature : c’est très bien qu’il y ait du fragmentaire ; c’est très bien aussi qu’il y ait des romans-fleuves. En tant que lecteur, et même « lecteur moderne », je donnerais tout pour des oeuvres complexes, longues, riches. Et je récuse le droit à une prétendue modernité, à une soit-disant urgence médiatique, de me priver de « Cent ans de solitude » au seul motif qu’il faut que ça pulse, coco.

        Je ne pense pas être le seul dans ce cas. Et je pense que la littérature est une vieille carne résistante à la frénésie d’immédiateté.

      • Jaycib
        Jaycib répond à pradoc
        Désagrégé de l'Université
        • Posté à 23h35 le 15/03/2009
        • Internaute 37053
          Désagrégé de l'Université

        On peut arguer que le blog n’est rien d’autre qu’un « journal » tenu électroniquement... La différence est que le journal ne recherche pas a priori de lecteurs (si on omet les coquetteries d’hommes de lettres qui espèrent trouver des « happy few » dans la postérité).

        Le journal (qui n’est pas nécessairement intime, loin de là) n’a pas fait mourir le roman, ni aucun autre genre littéraire, d’ailleurs.

  • AlexG2008
    AlexG2008
    temporaire
    • Posté à 14h18 le 14/03/2009
    • Internaute 62913
      temporaire
  • sushil das
    • Posté à 14h23 le 14/03/2009
    • Internaute 40760

    Salut
    Je ne vois pas en quoi le fait de retirer le contenu d’un blog qui fait l’objet d’une publication est plus honnête que de le laisser en ligne. Il faut considérer le blog et le livre comme deux objets distincts même si le contenu est le même.
    Dans le même esprit, on pourrait se demander ourquoi les gens achetent des livres qu’ils peuvent trouver gratuitement en bibliothèque ?
    Il y a dans le fait de posséder un livre non seulement le plaisir de se l’approprier (en disposer, le conserver, l’annoter, etc...) mais aussi une matérialisation de l’intégration de l’oeuvre dans son patrimoine culturel que ni les blogs, ni les bibliothèques ne pourront remplacer.
    Par ailleurs, les blogs, malgré leur interactivité restent pénibles à lire et acheter un livre tiré d’un blog rend un vrai service en terme de confort de lecture. D’ailleurs, il suffit d’essayer d’imprimer les pages d’un blog pour s’apercevoir que l’acquisition du livre est bien plus rentable....

  • GanLanShu
    GanLanShu
    http://shodavid.blog.lemonde.fr/
    • Posté à 14h58 le 14/03/2009
    • Internaute 10692
      http://shodavid.blog.lemonde.fr/

    Je peine à comprendre l’interrogation, le questionnement... Un blog, c’est un journal/carnet d’écrivain, non ? C’est un genre littéraire qui a toujourd existé, non ? Simplement, aujourd’hui, plus de place pour ce remuement plus ou moins intime en terme d’édition et de distribution, phagocytées par les prix littéraires, les médias et l’histoire, du moins le temps, ses classiques et tous ces bouquins que l’on n’a pas lus... Le journal d’un quidam égaré en Chine comme moi, ou celui d’Éric Chevillard adoubé par Monsieur Assouline du Monde de Sciences Po qui le référence, ça donne quoi sur une table de libraire soumis au turn-over des éditeurs/disributeurs... Y’a quelque chose de positivement populaire et démocratique avec Internet et les blogs en général. Les sbires du pouvoir mondain, ceux qui font et défont un livre, au moins sa réputation, l’ont dans l’os et c’est plutôt une bonne nouvelle. Assouline parle d’Éric Chevillard, Artus aussi ? Parfait ! A nous de juger ! Un seul soucis très perso, pas moyen d’ouvrir L’Autofictif en Chine... Help ! ! ! !
    Lien

  • Utilisateur désinscrit à sa demande
    • Posté à 23h01 le 14/03/2009
    • Internaute 70482
      nc

    J’avais dit que je ne viendrais plus commenter les billets d’Hubert Artus, mais là j’ai craqué...

    Le blog de Chevillard, c’est vraiment de la daube.

    J’en connais des dizaines qui font cent fois mieux que sa prose, qui n’est qu’une branlette insipide et vide. Il y a des mots les uns après les autres, et alors ? La moindre midinette à blog pailleté y met plus d’elle, que lui dans son triste machin.

    Chevillard n’est pas un écrivain du Net : c’est un renégat de la pulpe qui n’a fait son petit tour obligé dans le réseau que parce que c’est inévitable, maintenant. C’est un coup monté ; tout prévu d’avance avec la petite machinerie commerciale à l’huile trois-en-un bien luisante.

    Il n’est pas de notre réseau, car il nous appartient de plein droit, à Anne Archet, Alina Reyes, Patrick Carré, tant d’autres et moi-même.

    Ça commence à avoir chaud au cul dans l’édition rotative, alors on ’s’intéresse’ à l’objet... comme le fait la SGDL (Société des Gens de Lettres, de laquelle j’ai démissionné pour cette raison précise) : vingt ans exactement après la parution du premier ’incunable’ de l’internet – la Liste, de Nurse Jones, traduit par mes soins et en libre lecture – il réfléchissent toujours au chaud, dans leur chouettes locaux :

    — Ouiiiii, la litérratuuuure sur interneeeeet... mais nous avons un Prix du site multimédia, monsieur Luraghi...
    — Mais je fais pas de multimédia : j’écris, point à la ligne.

    Et par mail, ça donne ça :

    ____________

    « Même si les préoccupations de la SGDL vous paraissent très formalistes et conventionnelles. Le débat de fond existe bien quant à la création en ligne.

    Certains de nos auteurs expérimentent ce style d’écriture et tentent de donner vie à leur projet tout en s’interrogeant sur les nouveaux impacts de cette écriture. »

    ____________

    Je les emmerde tous, eux et leurs petits débats, leurs petits cercles ; leur consanguinité qui sent la fin de race.

    Et le site lauréat de ce fameux prix multimédia de mes deux, le voici (y a marqué ’français’ quelque part sur la page et dites-m’en des nouvelles, de cette merde... 3000 euros, je t’en foutrais, moi ! – :

    Lien

    Ras la casquette de ces nuls qui nous squattent !

    Et ras le cul de ces critiques littéraires qui ne prennent même pas la peine de parcourir la plus vaste plantation d’écrivains neufs au monde !

    Ils vont en cercles ; nous rayonnons.

    • pradoc
      • Posté à 00h12 le 15/03/2009
      • Internaute 61194
        Aucune

      Je trouve votre commentaire particulièrement hystérique, je l’ai relu trois fois et à la troisième lecture, il me semblait déborder d’amertume.
      A ce degré de colère contre Chevillard, ça devient risible. L’autofictif ne mérite certainement pas cette hargne.
      Mais au fond, c’est de vous que vous parlez, le sujet en lui-même ne vous intéresse pas.

      Et sinon Patrick Carré c’est ce truc ?
      Lien
      Si c’est le cas, permettez-moi de vous dire que je comprends alors mieux le désintérêt complet pour la poésie qui est typique de notre époque.

      Il faut arrêter de jouer aux persécutés, aux martyrs du système, aux rebelles et ranger la panoplie de vengeur masqué. Franchement, c’est d’un vieillot !
      Superman à l’hospice !

      • Utilisateur désinscrit à sa demande
        • Posté à 00h22 le 15/03/2009
        • Internaute 70482
          nc

        Non : Patrick Carré, c’est ce truc :

        Lien

        Plus une flopée de livres sur papier (dont le ’Palais des Nuages’).

        Ce n’est pas de l’amertume, que j’ai, mais du mépris. Ne pas confondre ; et l’hystérie, c’est autre chose.

        Et dis moi où je joue au martyr ou au persécuté ? Parce que je dis ce qui est, à savoir que la littérature de l’internet est regardée d’un œil amusé et condescendant par les pros du bouquin ?

        Et ton Superman, tu peux te le foutre au cul !

         
        • pradoc
          • Posté à 00h32 le 15/03/2009
          • Internaute 61194
            Aucune

          Mon cul n’est pas assez large pour accueillir Superman (Parce que Batman y est déjà).
          Bon désolé de t’avoir un peu agressé, mais je trouve ridicule de devenir violent à propos de littérature.
          Surtout quant le sujet est un auteur pacifique et plutôt inoffensif comme Chevillard.
          D’ailleurs, je le lis régulièrement, alors je le défends (ce qui est logique) malgré mes premières critiques.

          Et sinon tu es virulent pour un défenseur du bouddhisme ! (Patrick Carré l’étant, si j’ai bien compris.)

          • Utilisateur désinscrit à sa demande
            • Posté à 01h16 le 15/03/2009
            • Internaute 70482
              nc

            Ridicule ?

            Mais la littérature est violence, aussi. Elle ne fait pas toujours dans la douceur et la préciosité, et les écrivains ont depuis très longtemps eu la bonne idée de s’écharper comme des chiens... Pas tous, mais c’est de mise dans le milieu. Ça tonifie ; c’est notre gym.

            Je ne suis pas bouddhiste du tout, et l’ami Patrick pousse souvent sa gueulante, lui aussi. Même le dalaï-lama gueule en ce moment, c’est pour dire...

            Ce que je dis, surtout et avant tout, c’est que le milieu littéraire est à mille lieues de là où ça se passe et ne prend pas les devants : l’internet n’est qu’un gadget à leurs yeux ; le milieu n’y a jamais cru ou s’en méfie : il sent qu’il y a là de quoi se faire du gros mouron.

            Ils sont comme les moines copistes d’autrefois : médisant sur ces vilains soutiers qui pressent des livres sur du chiffon avec de l’encre grasse au lieu de les calligraphier sur du vélin.

            Donc j’ai du mépris pour ceux qui prennent le train en marche et font du fric avec. C’est normal : nous, on ne touchera jamais un seul centime alors qu’ils nous pompent déjà... et pas qu’un peu !

            Bon, je t’embarque tout de même ton Superman et je file à l’hospice : ma petite verveine déverveinée m’y attend...

            • pradoc
              • Posté à 01h29 le 15/03/2009
              • Internaute 61194
                Aucune

              Gueuler est improductif. Ce qu’il faut c’est souffrir !
              Râler ne sert à rien.
              Ceux que tu méprises, ne savent même pas que tu existes.
              Alors bon...

              Pour ma part, je ne vois pas forcément de honte à cultiver son jardin et à feuilleter du Chevillard. Ca n’a pas la puissance que l’on est en droit d’attendre de l’écriture mais c’est déjà un pas en avant.

              Quant au milieu littéraire, je m’en fiche, je suis snob et ne fréquente que des écrivains. (Et ils sont impossibles.)

              • Utilisateur désinscrit à sa demande
                • Posté à 01h57 le 15/03/2009
                • Internaute 70482
                  nc

                Ben ça dépend : gueuler en écrivant, ça fait tout de même avancer le bouquin... Et si tu m’enlèves le râlouillage, je chois sur le béton et je claque...

                Ça ne sert jamais à rien : ce qui est écrit est écrit. Même si trois lecteurs seulement lisent ce que j’ai écrit plus haut dans dix ans, ça compte. Ça ne s’envolera pas, même si Rue89 disparaissait – ce que je ne souhaite surtout pas. Ça sera forcément archivé quelque part.

                En dehors de Patrick et d’un autre ami qui est de la partie, je fuis les écrivains comme la peste. Chacun chez soi, je trouve. Et j’ai un peu tâté du milieu, mais c’est plein de méduses et ça m’a foutu des boutons...

                • pradoc
                  • Posté à 13h04 le 15/03/2009
                  • Internaute 61194
                    Aucune

                  Chacun sa méthode. Moi, je me gueule dessus pour avancer. Je me cravache comme un vieux cheval, mais je ne râle pas. Question d’habitude, mais je n’en fais pas une éthique.

                  Gueuler en écrivant ? Ca me fait penser à L-F Céline, j’ai des lectures plus tamisées. Et je crois qu’on peut obtenir un joli scandale sans avoir besoin de trop hausser la voix.

                  Et pour en revenir à Chevillard ? Que lui reproches-tu exactement ? (En dehors du fait qu’il soit encensé d’une manière plutôt moutonnière.)

                  D’ailleurs ce même blog de l’Autoficitif s’il n’était pas tenu par un auteur reconnu n’aurait jamais eu le même impact...

                  Et sinon, pour finir une citation de Rodin : 30 ans pour imposer ses idées, mais c’est une blitzkrieg !

                  • Utilisateur désinscrit à sa demande
                    • Posté à 13h50 le 15/03/2009
                    • Internaute 70482
                      nc

                    Je déteste Céline. Pratiquement tout de lui émane la haine et je hais la façon dont il couine. C’est un rat. En dehors de trois ou quatre bouquins supers (le Voyage, Casse Pipe, d’un Château l’Autre...), le reste est chiant à mourir. C’est très surfait, en tout cas.

                    Alors, ce que je reproche à Chevillard, c’est l’insignifiance de ses notules, sur son site. Des réflexions péteuses ; des trucs qui auraient dû rester dans le tiroir : il n’offre rien de son travail, en fait.

                    Su ce type n’avait pas de gros carnet d’adresses, il ne serait jamais publié. Sinon, personnellement, je n’ai rien contre le bonhomme : il est juste un de ceux qui bouchent désespérément l’horizon de la littérature française. Il est un des multiples caillots dans l’artère, qui retient le sang rouge et congestionne ce vieux corps fatigué.

                    Ce n’est pas particulièrement à Chevillard, que j’adresse mon reproche, mais à ceux qui le mettent en lumière, alors qu’il ne le mérite pas particulièrement. D’autres écrivent tellement mieux que ça, et ont à dire tant de choses plus fortes, qui restent dans l’ombre.

                    Le travail d’un critique, c’est aussi d’aller à la découverte et de ne pas se contenter de parler d’un mec ou d’une gonzesse présenté par ses potes ou ses relations professionnelles. Là, au XXIème siècle, il faudrait vraiment qu’ils se remuent le popotin et se désincarcèrent de la gangue figée de leur petits cénacles riquiquiquis, où ils passent leur temps à se faire mousser en se congratulant les uns, les autres.

                    PS : tant que j’y suis... j’avais oublié de te coller le lien vers mon bloghaus :

                    Lien

                    Attention : il y a vraiment de quoi lire ; ne te contente pas de la page d’accueil...

                    • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
                      • Posté à 02h12 le 16/03/2009
                      • Internaute 71957
                        nc

                      « Je déteste Céline. Pratiquement tout de lui émane la haine et je hais la façon dont il couine. C’est un rat. En dehors de trois ou quatre bouquins supers (le Voyage, Casse Pipe, d’un Château l’Autre...), le reste est chiant à mourir. C’est très surfait, en tout cas. »

                      Tu exagères. S’il n’avait écrit que « Le Voyage » et « Mort à Crédit », ça suffirait à en faire un grand. Faut pas juger l’oeuvre en fonction de l’auteur.
                      La description de l’Allemagne en ruine dans les deux derniers, c’est dingue. Et en plus, c’était un ami des chats, Céline. Son Bébert est un héros de la littérature française.

                      Mais en plus, tout Céline est extraordinaire. Tu as lu « L’agité du bocal », où il se fait en quatre pages cette racaille de Sartre ? Ca serait censuré sur n’importe quel blog bien pensant ça non ?

                      Lien

                      • Utilisateur désinscrit à sa demande
                        • Posté à 03h59 le 16/03/2009
                        • Internaute 70482
                          nc

                        Simple : j’exècre autant Céline que Sartre. Comme ça c’est plié.

                        J’y peux rien, c’est pas de la mauvaise foi : c’est viscéral.

                        OK, il écrit super bien, OK il a fait des chefs d’œuvres. Mais basta.
                        Dès la première ligne de l’Agité du bocal, il couine. Je ne supporte pas. Son cachot, il l’avait amplement mérité, ce vieux salaud. Et cette manière de se faire benoît, à gonfler à l’extrême tout le bien qu’il a pu faire à de bien malheureuses – et détestables – patientes désargentées, quand il joue au toubib.

                        Je me suis déjà engueulé avec mes meilleurs potes à propos de Céline : ils ne jurent que par lui. Pas moi. Je comprends qu’on puisse aimer, mais faut pas m’en demander plus.

                        C’est même pas son antisémitisme démentiel qui me débecte : c’est sa veulerie.

  • pikasso02
    • Posté à 23h53 le 14/03/2009
    • Internaute 10134

    Je suis pour le blog-livre, non édité, car dans mon cas impossible à éditer. Sujet délicat ! D’autre part je suis contre les droits d’auteurs. Le blog me convient donc parfaitement. Le bouche à oreille lui donne une raison d’exister. Chacun peut laisser ses remarques. Idéal pour les chercheurs refusés par les éditeurs qui voient dans la recherche un manque à gagner. Qui aujourd’hui s’intéresse aux idées nouvelles non universitaires ? Pour les chercheurs amateurs, et les quelques personnes curieuses c’est l’idéal.
    Cliquer pikasso02 sur Google. A bientôt !

  • FIL VERT
    FIL VERT
    Directeur Financier
    • Posté à 09h38 le 15/03/2009
    • Internaute 20612
      Directeur Financier

    Oui,un blog qui devient livre peut être pour l’auteur un moyen d’augmenter ses fin de mois...mais si le sujet est original,une popularisation par le livre est source de diffusion peut-être un peu plus classique permettant au lecteur de mieux approfondir le sujet...
    Fil Vert
    « Construire au fil de sa conscience »
    Lien

Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.