Chez Jean Matouk

Un blog sur l’économie, la finance, et quelques autres sujets d’actualité, par Jean Matouk.

Baisser les hauts salaires pour créer des emplois

Jean Matouk
Economiste
Publié le 22/03/2009 à 13h52

Il y a une dizaine de jours, on apprenait que le PDG d’Eiffage, Jean François Roverato, diminuait son salaire de 10% à 1 600 000 euros annuels, en raison des moindres performances de l’entreprise qu’il dirige. Ce salaire n’est pas parmi les plus élevés des dirigeants salariés. Il est loin des 4 millions d’euros du haut du tableau du CAC 40. Face à ces chiffres, l’économiste un peu iconoclaste fait un rêve. Baisser les hauts salaires pour créer ou maintenir des emplois.

Imaginons que Jean François Roverato ait baissé son salaire à 600 000 euros annuels, ce qui lui laisse encore 50 000 euros mensuels pour vivre, que faire du million ainsi économisé ? Admettons que le coût moyen d’un emploi de base soit de 20 000 euros par an ce qui est à peu près le smic avec charges sociales. Avec le million économisé sur la rémunération du président, Eiffage pourrait créer ou maintenir 30 emplois en CDI.

Imaginons maintenant qu’un sacrifice proportionnel soit imposé aux, ou plus idéalement décidé par, les 100 plus hauts salariés d’Eiffage.
Gageons qu’alors, ce sont 300 ou 400 emplois qui seraient en jeu, dans l’entreprise même, ou, indirectement, chez ses sous-traitants.

Et quel effet, croyez vous qu’aurait un tel « geste » sur le climat social au sein des quelques 50 000 salariés d’Eiffage ?
Il permettrait sans aucun doute de signer, avec les organisations syndicales, un accord temporaire de réduction, toujours inversement proportionnelle au niveau de rémunération, de tous les salaires supérieurs au salaire médian, ce qui permettrait peut être de sauver ou de créer 1000 ou 2000 emplois.

Généralisez cela aux cent plus grandes sociétés françaises et vous pouvez espérer un impact sur plusieurs dizaines de milliers d’emplois.

L’exemple des cadres de Renault

Utopie ? Renault, qui vient par ailleurs, fort opportunément, de ramener une partie de la fabrication de la Clio en France, nous montre le chemin. Afin de rendre plus juste l’indemnisation du chômage partiel (les ouvriers n’y touchent que 60% de leur rémunération, alors que les cadres, dépendant d’un accord de branche, perçoivent la totalité de leur salaire), les cadres ont accepté d’abandonner des jours de RTT, pour améliorer l’indemnisation des ouvriers.

Ce n’est pas un gros sacrifice. Mais cela prouve que le sens de la solidarité, si ténu « en haut », existe « juste en dessous ». Cela va , en tous cas, dans le bon sens, exactement à l’inverse des bénéfices sur stocks options que se concoctaient encore très tranquillement les dirigeants de la Société Générale.

Dans cette crise, qui est effectivement la plus profonde vécue par le monde développé depuis celle de 1929, plus profonde que celle de 1975 après le premier « choc » pétrolier, la réduction de l’éventail des revenus est la clé du maintien de la paix sociale, fortement menacée aujourd’hui.

Resserrer l’éventail des revenus, dès leur distribution primaire dans l’entreprise, afin de limiter au minimum les réductions d’effectifs, tel devrait être l’impératif catégorique de tous les chefs d’entreprise.

Et que l’on ne nous amuse pas avec le risque de fuite des cadres et des dirigeants. Dans quels pays iraient-ils aujourd’hui ? Le « marché mondial » des dirigeants est une invention pure et simple. Les sociétés d’origine française sont dirigées, dans leur immense majorité, par des Français, même si leur capital est aux mains de fonds de pensions, les allemandes par des Allemands et les américaines par des ressortissants des Etats-Unis.

Revenir sur toutes les baisses d’impôt

Mais les inégalités se mesurent aussi au niveau des revenus disponibles, après impôt. Et elles doivent donc aussi être corrigées par l’impôt. Entre 1999 et 2008, les salaires bruts ont augmenté de 42%, les bénéfices commerciaux et honoraires de 50% et l’impôt sur le revenu des personnes physiques de 16%.

Comme ce dernier n’est payé que par les 50% les plus favorisés, la conclusion est claire : hauts salariés , commerçants et professions libérales ont été les grands gagnants des baisses d’impôt.

Nicolas Sarkozy a raison de dire qu’il n’a pas été élu pour augmenter les impôts. Il a même été élu pour le contraire. Le cœur de son électorat, outre les personnes âgées, soucieuses de la sécurité, et le monde rural traditionnellement à droite, était constitué par les cadres, commerçants et professions libérales, et réclamait ces baisses. Il les a satisfaites avec la loi de juillet 2007.

Mais Nicolas Sarkozy s’est aussi fait élire comme « président du pouvoir d’achat » et en proposant de « travailler plus pour gagner plus ». Malheureusement la crise provoque et va provoquer exactement l’inverse. Moins de gens vont travailler. Ceux qui travaillent travailleront souvent moins. Et le pouvoir d’achat va stagner ou baisser.

Il serait donc à la fois légitime et prudent que le Président change aussi profondément sa politique et revienne sur les baisses d’impôt. Celles qu’il a fait voter et même celles de ses prédécesseurs. Certains membres de sa majorité le lui suggèrent ! Timidement. Pour les revenus au dessus de 300 000 euros annuels. On peut descendre plus fortement la barre, à la moitié, par exemple , et toujours à proportion du revenu, sans réduire à la pauvreté les contribuables ainsi atteints.

Que faire des fonds ainsi récupérés ? Disons entre 15 et 20 milliards. Pour une première part, faire un effort sur les subventions aux plus pauvres. Pour une seconde investir encore dans la recherche. Enfin réduire le déficit et la dette ! Ressouder une société que la crise va déliter plus encore et préparer son avenir, tels sont aujourd’hui les deux seuls devoirs de nos gouvernants.

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  • mon petit doigt
    • Posté à 14h34 le 22/03/2009
    • Internaute 64887
      sans

    Baisser les hauts revenus pour créer des emplois c’est tellement évident, mais nos dirigeants politiques et economiques sont passés maitre dans l’art denier l’évidence n’est ce pas.

    • pablico
      pablico répond à mon petit doigt
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 17h48 le 22/03/2009
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      ils rétorquerons :
      il faut des hauts salaires, pour stimuler les petits salaires. Leur donner envie d’en avoir un plus gros. Créer des exemples à suivre.

      air connu.

      • PauLo anarcho-patriote
        • Posté à 18h02 le 22/03/2009
        • Internaute 38801

        « Pouvoir d’achat » CONFISQUÉ par les FONCTIONNAIRES et les ÉLUS…

        Le C-A-P recommande au Président comme « PATRON DES FONCTIONNAIRES & ÉLUS » de… BAISSER TOUT DE SUITE… de 20% leur traitement ou pension sur la tranche de 1000€ à 3000€ mensuels…

        … et BAISSER de 50% la tranche au-delà de 3000€…

        En contrepartie ça lui permet de BAISSER la T-V-A, les autres Taxes, Impôts, Contributions, Contraventions de 15% ! ..
        ce qui RESTITUE ce vrai « pouvoir d’achat’ aux travailleurs.

        C’EST URGENT… c’est vertueux car ça lutte contre l’inflation !

         3 autres commentaires
      • leo s
        leo s répond à pablico
        (...)
        • Posté à 19h43 le 22/03/2009
        • Internaute 73621
          (...)

        Leur donner envie d’en avoir une plus grosse...
        paye.

    • heleor
      heleor répond à mon petit doigt
      artiste
      • Posté à 10h48 le 23/03/2009
      • Internaute 59226
        artiste

      Ce n’est pas à l’état de dire aux sociétés de baisser le revenu des grands dirigeants (que le gouvernement soit de droite ou de gauche). les politiques français pensent avant tout à leur portefeuille ce n’est pas par eu que l’exemple arrivera, eux aussi devraient baisser leur salaire.
      C’est la mentalité de la population qui doit changer, et ça c’est pas demain que cela arrivera malheureusement.
      le monde est devenu trés égoiste et individuel, il est là le problème.
      revenons à des valeurs simples commençons par le respect, le reste suivra.

      à lire et à faire suivre

      Ce que gagne chaque parlementaire

      - 80 à 90% des 1.001 parlementaires actuels, soit 577 députés nationaux, 78 députés européens et 346 sénateurs (ils étaient 321 jusqu’à l’année dernière…) sont des cumulards qui gagnent 25 à 30.000 euros par mois, voire davantage !

      En tant que député, il perçoit 21.434 € par mois (140.609 francs) :

      - à titre personnel, le député empoche au moins 12.881,39 € ( 84.501 francs)
      - dont indemnités parlementaires brutes de 6.769,39 € (incluse une indemnité de fonction de 1.340,44 € non imposable)
      - dont indemnités de frais de mandat de 6.112 € (non imposable)
      - crédits collaborateurs (1) : 8.553 €

      En tant que sénateur, il perçoit 21.420 € par mois (140.518 francs) :

      - à titre personnel, le sénateur empoche au moins 13.219,65 € (86.720 francs)
      - dont indemnités parlementaires brutes de 6.769,39 € (incluse une indemnité de fonction de 1.340,44 € non imposable)
      - dont indemnités de frais de mandat de 6.450,26 € (non imposable)
      - crédits collaborateurs (1) : 6.894,51 €
      - subvention mensuelle groupe politique : 1.306,36 €

      (1) Crédits « collaborateurs » : un parlementaire peut recruter y compris des membres de sa famille (épouse, enfants, proches parents, etc…). Une bonne partie d’entre eux ne s’en privent pas !
      A ces montants s’ajoutent de nombreux autres avantages ou « facilités » :

      - frais de transport gratuit,
      - téléphone et courrier gratuits,
      - internet gratuit,
      - frais d’hôtel remboursés 100 € (656 francs) par jour, etc…

      => Le sénateur bénéficie d’emprunts immobiliers jusqu’à 152.000 € (1 million de francs) au taux ridiculement bas de 3% sur 18 ans.

      => Le député bénéficie de prêts immobiliers, jusqu’à 76.225 € (500.000 francs) à des taux dérisoires : 2% sur 10 ans.

      => Une allocation mensuelle d’aide au retour à l’emploi : 5.257,78 € ! ! !

      A l’instar du système prévu pour les anciens ministres, les anciens députés non réélus aux élections générales peuvent prétendre jusqu’à l’expiration du sixième mois qui suit la fin de la législature à une allocation d’aide au retour à l’emploi qui leur assure, compte tenu des rémunérations d’activité ou de retraites qu’ils perçoivent par ailleurs, un revenu brut mensuel égal à l’indemnité parlementaire de base. Cette allocation est ensuite réduite progressivement.
      => Une retraite à taux plein après 20 ans de cotisations seulement. Un député peut prendre sa retraite à 55 ans. Cette pension est cumulable avec les autres retraites.

      => 50% des revenus des parlementaires échappent à l’impôt.

      Les autres sources de revenus des parlementaires

      - L’indemnité mensuelle de conseiller général ou régional, de 1.435 à 2.511 € (9.411 à 16.470 francs), suivant les régions ou départements. Un fauteuil de vice-président donne droit à une majoration de 40%...

      - L’indemnité mensuelle de maire, ou adjoint (40% du montant) : 610 € (4.000 francs) pour une commune de moins de 500 habitants, 2.500 € (16.400 francs) pour une ville de 5.000 à 10.000 habitants, 3.228 € (21.176 francs) pour une ville de 20.000 habitants, 5.201 € (34.117 francs) pour une ville de 100.000 habitants ou plus...

      - L’indemnité mensuelle de président de conseil régional ou général : 5.165 € (33.880 francs), avec, en plus, un appartement de fonction luxueux, une voiture de forte cylindrée et chauffeur de maître...

      - L’indemnité mensuelle de président de communauté de communes : 75% de l’indemnité de maire ou adjoint...

      Cumul des mandats, une affaire juteuse !

      Bien que la loi du 25 février 1992 limite le cumul des indemnités à une fois et demie le montant de l’indemnité parlementaire de base, ce qui porte le maximum perçu en cas de cumul à 7.886,67 € nets (51.736 francs), celle-ci ne représente qu’une partie des émoluments. Le cumulard reste largement gagnant en dépassant très souvent les 15.000 euros (100.000 francs) mensuels avec les indemnités complémentaires diverses (indemnité de résidence, de fonctions, de secrétariat, de collaborateurs, sans compter les multiples avantages en nature et autres facilités (courrier, téléphone, transports, etc…).
      Utilisation scandaleuse des sommes excédant le plafond des cumulards

      Contrairement à ce que la logique voudrait, au lieu de rester dans les fonds publics, le surplus, au delà du plafond de 7.886,67 €, est redistribué par le cumulard lui-même, à sa discrétion, à ses copains élus du même parti ou de la même assemblée.

      Les parlementaires contournent ainsi, le plus « légalement » du monde, la limitation des revenus qu’est censée imposer la loi sur le cumul des mandats. Députés et sénateurs confondus auraient fait encaisser à leur parti, grâce à ce système de financement occulte, plus de 50 millions d’euros en 2004.

      Il est loin, très, très loin, le temps où les parlementaires français, désintéressés, faisaient de la politique mûs par la seule passion de servir leur pays et leurs concitoyens.
      Aujourd’hui, être élu député ou sénateur est une affaire juteuse. D’autant plus lucrative qu’elle n’empêche pas (ou presque) de cumuler d’autres revenus provenant de divers mandats locaux ou fonctions exécutives.
      Une nouvelle caste de privilégiés ponctionne donc la République sans vergogne, pendant que 10 millions de Français tirent le diable par la queue et que des millions d’autres peinent à joindre les deux bouts.

      300 millions d’euros (2,6 milliards de francs) : c’est l’économie annuelle que l’Etat pourrait réaliser en supprimant le Sénat. De Gaulle, en 1969, avait contesté son utilité...

      4.000 conseillers généraux inutiles. 2.500 structures intercommunales qui font double-emploi avec les 31.424 communes regroupées (sur 36.600)

      Au niveau local, il existe des structures inutiles qui font également double emploi. C’est le cas des Conseils généraux avec les Conseils régionaux. Un conseiller général coûte en moyenne plus de 3.000 euros par mois, sans compter les frais de fonctionnement du Conseil général. Pourquoi entretenir près de 4.000 conseillers généraux, très peu « accaparés » par la gestion de leur département, alors que les 1.880 conseillers régionaux (peu occupés par leur mandat) pourraient parfaitement se charger de cette tâche ?

      Depuis 2000, 2.461 groupements de communes et autres EPCI (établissements publics de coopération intercommunale) se sont superposés aux communes en s’attribuant certaines de leurs compétences. Les élus cumulards y ont trouvé une source de revenus supplémentaires. Les quelque 10.000 présidents et vice-présidents de ces EPCI étant désormais rémunérés à hauteur de 75% des indemnités de maire ou d’adjoint, ils se font une gratte de 2.000 à 3.000 euros par mois… sans aucun effort !

      Les élus : une caste de profiteurs inefficaces

      Les mêmes, qui prétendent imposer des sacrifices aux plus faibles, n’ont cessé au cours des dernières années d’augmenter leurs indemnités :
      + 70% pour les ministres en 2002
      + 60 % pour les députés et sénateurs depuis 1994
      + 40% pour les maires et maires adjoints depuis 2000 

      Autre aberration spécifiquement française : le cumul des mandats et des fonctions

      80 à 90% des 1.001 parlementaires actuels (577 députés, 78 députés européens, 346 sénateurs) sont des cumulards qui gagnent 25 à 30.000 euros par mois !

  • TARPON
    • Posté à 14h44 le 22/03/2009
    • Internaute 27263

    il suffirait tout simplement de reprendre l’argent du citoyen qui a été « donné » aux banques et de le reinjecter dans le circuit economique.Une nationalisation des banques,alors qu’elles etaient en virtuel depot de bilan comme la BNP ou la societe generale ,avant que le tresor americain ne vienne à leur secours via AIG ,aurait permis d’assainir les milieux financiers ,de maintenir le credit aux particuliers comme aux entreprises .
    Ca sert à quoi de baisser son salaire si ceux qui controlent l’economie continuent à se sucrer comme les dirigeants de la societe generale par exemple ?

  • luganys
    • Posté à 14h53 le 22/03/2009
    • Internaute 4682

    L’économie ne se résume pas à : ajouter et retrancher des chiffres, avec quelques petites formules mathématiques. C’est plus complexe et d’ailleurs nos honorables doctors es/sciences-éco ont attrapé le tournis. Les formules qu’ils appliquaient avant ne fonctionnent plus. Quels sont les paramètres qui ont changé ? Ils n’en savent rien, enfin si mais ces paramètres ne sont pas quantifiables à loisirs. Parmi eux : le moral du consommateur, les mauvaises langues politique, absence de vision du long terme, partage des richesses, la fluidité des monnaies (monnaie est à 93% électronique), la classe oisive, les banques centrales aux mains du privé, les guerres inutiles (irak, palestine), les traders (jouent avec l’argent des autres), la morale sociale, la fin du néo-libéralisme économique....

  • admirateur-
    • Posté à 15h07 le 22/03/2009
    • Internaute 32111

    c’est beau, simple... un vrai rêve, euh ; z’ont baissé leur salaire de combien les dirigeants de la banque chaix ?

    • michel 13
      michel 13 répond à admirateur-
      • Posté à 13h38 le 23/03/2009
      • Internaute 49378

      Bien vu ! A la banque Chaix, comme ailleurs, je ne pense pas que les hauts salaires aient l’intention de voir leurs revenus diminuer pour faciliter les créations d’emplois. Matouk n’est plus concerné par ses propres propositions. Il aurait du le dire y’a 20 ans.

  • désinscrit-
    • Posté à 23h06 le 22/03/2009
    • Internaute 736

    20 000 euros par an ce qui est à peu près le smic avec charges sociales.
    C’est des cotisations sociales, les charges c’est le pétrole pour faire tourner les voitures de fonction (par ex.)


    L’exemple des cadres de Renault
    Utopie ? Renault, qui vient par ailleurs, fort opportunément, de ramener une partie de la fabrication de la Clio en France, nous montre le chemin.

    Avant cela Renault a inventer un séminaire à Maurice pour des cadres italiens. Ne tombez pas dans le panneau ; -)

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 17h24 le 22/03/2009
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    PARTAGE DES REVENUS ET TRAVAIL

    Il est évident qu’une des mesures les plus urgentes à prendre en ces temps de crise et de transition douloureuse est la révision drastique de l’échelle des salaires. Pourquoi ne pas se calquer sur les proportions adoptées en 1942 par le président Roosevelt dans des circonstances quasi similaires, et évoquées tout récemment par le président Obama : une échelle de 1 à 20 ou de 1 à 25 (elle est actuellement de 1 à 300 et même beaucoup plus).

    Certains diront que le rapport de 1 à 20 est encore énorme. Mais prenons en considération deux facteurs incontournables : le facteur humain et le facteur moral.

    Le premier facteur lie le sort des hauts revenus à celui des salaires du bas de l’échelle. Vous voulez un salaire maximum plus élevé ? Compte-tenu de l’échelle des revenus adoptée (1 à 20 ou 25), vous devez augmenter les salaires d’en bas. Le rapport jusqu’à 20 ou 25, pour exorbitant qu’il paraisse à certains, sert juste à calmer la voracité des goulus, un os pour les amuser, pendant qu’on s’occupe du second facteur. Le but d’une bonne politique économique et sociale n’est pas de vouloir changer la nature humaine, mais d’en réguler les excès.

    Le second facteur, moral, impose qu’on prenne le salaire minimum comme base de calcul. Le salaire minimum du travail (actuel SMIC) doit être est lui-même basé sur le revenu vital décent.

    Le revenu vital décent (minimum versé à chaque citoyen majeur pour lui permettre de vivre décemment, qu’il travaille ou non) repose sur le calcul de trois critères : il doit permettre à chaque citoyen, travaillant ou non, de pouvoir se loger (calcul de cette part en fonction des loyers basiques du moment) ; de se nourrir et de s’entretenir correctement (calcul de cette part en fonction d’un panier mensuel de produits alimentaires et d’entretiens basiques) ; de s’offrir un minimum de confort et de loisirs (suggestion pour le calcul de cette part : part confort = part loyer + part entretien divisée par deux). Aujourd’hui, un minimum vital décent devrait se situer aux alentours de 1000 à 1200 € net (3 parts à 400 €)

    Le salaire minimum du travail peut alors se déterminer de la façon suivante : salaire minimum vital = revenu vital décent + part de rétribution minimum de l’effort-travail. Cette dernière part sera évidemment à négocier entre les différents partenaires sociaux. Gageons que la contrainte de l’échelle des salaires favorisera la bonne tenue de ces négociations [rires].

    –––––

    La seconde tâche à laquelle s’atteler est le partage équitable des profits de l’entreprise privée.

    Pourquoi ne pas reprendre à la lettre les suggestions de notre président ? Un tiers pour le travail, un tiers pour les dividendes, un tiers pour l’investissement. Bien évidemment, il s’agit d’une proportion de base susceptible d’évoluer en fonction de la conjoncture spécifique à chaque entreprise et à chaque époque (je pense notamment à l’investissement).

    Mais il y a une garantie indispensable à apporter à l’édifice : la part du profit réservé au travail (primes, participation, stock-options) doit être strictement égale à celle réservée aux actionnaires.

    Enfin la répartition des primes au sein des différentes catégories de personnel doit respecter les proportions établies par l’échelle des revenus. Le plus haut revenu global (salaire + part du profit) ne doit pas excéder de 20 ou de 25 fois le revenu global le plus bas.

    –––––

    Enfin, une troisième mesure d’urgence à prendre n’est pas, comme le proclame certains de créer des emplois, mais plutôt de rationaliser le travail en rationalisant la production économique. Et si possible de profiter des progrès techniques et de l’amélioration de la productivité pour soulager l’individu de la pénibilité du travail.

    Encore une fois le but de l’économie n’est pas la création d’emplois, mais la production des biens et des services destinés à satisfaire les besoins de la population.

    Aujourd’hui une bonne partie du travail fourni dans les entreprises privées est totalement inutile, sinon nuisible. A-t-on besoin de dizaines de chargeurs différents pour les téléphones portables ? A-t-on besoin d’encager des salariés mal payés dans des guérites de péage sur les autoroutes ? A-t-on besoin de quatre fournisseurs de téléphonie mobile (avec multiplication par quatre du nombre des antennes, des « hotline “...) ? Combien de postes inutiles sur les chaînes de constructions automobiles ? Etc. etc.

    La création d’un revenu vital décent , étroitement lié au revenu minimum de travail et au revenu maximum par une nouvelle échelle des revenus, adoucirait grandement cette transition vers ce nouveau monde de l’économie raisonnée auquel, de toute façon, nous sommes contraints.

    • Dominique52
      Dominique52 répond à Le Yéti
      • Posté à 18h15 le 22/03/2009
      • Internaute 53166

      « Il est évident qu’une des mesures les plus urgentes à prendre en ces temps de crise et de transition douloureuse est la révision drastique de l’échelle des salaires. “
      ––––––––––––––––––––––––

      Pour moi il est évident que même ‘hors la crise’ c’est un problème permanent ; rien ne justifie les écarts auxquels nous sommes arrivés.
      D’autre part, je ne me fais pas de soucis sur la possible ‘démotivation’ des ‘hauts dirigeants’ : ils se trouvera toujours des gens compétents qui accepteront leurs jobs même moins payés !

    • DBL8
      DBL8 répond à Le Yéti
      Retraité
      • Posté à 19h27 le 22/03/2009
      • Internaute 19562
        Retraité

      Bien sûr qu’il faut « IMPOSER » une échelle des salaires d’environ1/25 maxi (comme vous le suggérez) !
      Actuellement, des entreprises « importantes » fonctionnent de cette manière, pourquoi pas plus ? !

      Il est anormal que les gouvernement successifs ne l’ai pas fait.
      Pourquoi ce réveiller maintenant ? La crise ?
      Elle a bon dos, c’est surtout que les politiques ont des copains qui vont être touchés, c’est tout simple.

      Et qui nous dit que si ça vient en discussion à la chambre des députés cela soit voté avec une « très large » majorité ?
      Vous pensez que les copains/coquins ce laisseront faire sans intervenir auprès d’eux ? Je doute fort que cela passe facilement !

    • michel 13
      michel 13 répond à Le Yéti
      • Posté à 08h53 le 23/03/2009
      • Internaute 49378

      Vos propositions semblent évidentes et nécessaires à mettre en place rapidement. Il faut aller encore plus loin, notamment dans la répartition du travail : suppression des heures sup., interdiction des cumuls d’emplois, surtout ceux à revenus élevés (ex. prof de fac et consultant dans une grande entreprise), suppression du pantouflage des militaires et fonctionnaires de rang élevé qui encaissent plusieurs revenus par mois (en plus de leur retraite conséquente, évidemment !), etc. etc. Les mesures pour une plus grande répartition des revenus et de l’emplois ne manquent pas. Il suffit juste de décider leur application, et là, c’est une autre histoire, un joli rêve ...

    • Lairderien
      Lairderien répond à Le Yéti
      • Posté à 11h13 le 23/03/2009
      • Internaute 22751

      Excellent programme.

      Je serais même d’accord pour une échelle de 1 à 30 pour ne pas perturber les plus goinfres de nos dirigeants !

      Évidemment ce calcul devrait s’appliquer également aux dirigeants politiques avec interdiction du cumul des mandats, ou mieux encore interdiction de cumuler les indemnités, de chaque mandat, seul le plus important étant payé, les autres mandat devant être bénévoles.

      La deuxième partie du programme sur la rationalisation des productions inutiles (l’exemple de la téléphonie est particulièrement flagrant) est à mes yeux aussi importante que la première. Pourtant elle est peu abordée.

      En résumé je vote pour le programme du Yéti. (mais sans aucune illusion sur son application, hélas ! ! !)

  • Servais-Jean
    • Posté à 16h53 le 22/03/2009
    • Internaute 4591
      43

    Toutes ces recettes destinées à moraliser notre société sont simplement des recettes de bon sens et leur unique tord est de remettre en question l’économie capitaliste en proposant une économie socialiste plus égalitaire où l’individu est pris en compte dans toutes sa diversité.
    A chaque proposition les économistes ou autres sociologues se voient opposer des arguments fallacieux voire mensongers destinés à faussement prouver qu’il n’y a pas d’autres voies possibles pour continuer à vivre dans une démocratie apaisée.
    La dernière intervention de Laurent Wauquiez le chouchou de sarco est l’exemple type de ce discours que l’on retrouve chez tous les tenants de ce gouvernement..

    (Lire l’article de Gérard Filoche)

    Lien

  • supprimé à la demande du riverain24mars
    • Posté à 17h01 le 22/03/2009
    • Internaute 71634
      Sarkozyste de gauche

    Un fossé énorme s’est creusé entre les agents du public et les salariés du privé. Pour restaurer la justice, il faudrait baisser les salaires du public et augmenter d’autant ceux du privé, ainsi que les petites retraites, les allocations pour femmes seules avec enfants et surtout les allocations pour les jeunes ! Qui osera entreprendre cette réforme de justice ?

    • TARPON
      • Posté à 17h21 le 22/03/2009
      • Internaute 27263

      pourquoi baisser les salaires du public ? il suffit de ne plus remplacer aucun fonctionnaire et attendre que la race s’eteigne.

    • Disciple ressucité
      • Posté à 17h38 le 22/03/2009
      • Internaute 71674

      Avec toi capitaine, l’économie c’est limpide.

    • viva zebda
      viva zebda répond à supprimé à la demande du riverain24mars
      Ni maître, ni croquettes
      • Posté à 17h45 le 22/03/2009
      • Internaute 25029
        Ni maître, ni croquettes

      « Un fossé énorme s’est creusé entre les agents du public et les salariés du privé »
      ca s’appelle mentir

    • Brédala
      Brédala répond à supprimé à la demande du riverain24mars
      NB : dernières lignes dans " (...)
      • Posté à 17h50 le 22/03/2009
      • Internaute 63792
        NB : dernières lignes dans " (...)

      Vous datez un peu Moneygasque...
      Ce fut peut-être le cas, il y a quelques décennies, aujourd’hui c’est plutôt le privé qui paie mieux que le public !
      Voyez dans les milieux hospitaliers, l’éducation, la recherche...pour ne citer qu’eux.

    • Banana ex de juanitoto
      Banana ex de juanitoto répond à supprimé à la demande du riverain24mars
      Je déteste rue89, tous les (...)
      • Posté à 19h37 le 22/03/2009
      • Internaute 67910
        Je déteste rue89, tous les (...)

      chéri, revendique haut et fort,
      relevez le salaire de nestor !

    • leo s
      • Posté à 20h03 le 22/03/2009
      • Internaute 73621
        (...)

      .........Ils ont finalement craqué sous la pression. Les dirigeants de la Société générale ont renoncé complètement à recevoir leur stock-options, face à la polémique qui fait rage et aux demandes pressantes du gouvernement, a annoncé la banque dimanche, dans un courrier aux salariés dont l’AFP a eu une copie.

      Ils commencent à avoir honte.
      Ou peur.

      En effet

    • touko_2
      touko_2 répond à supprimé à la demande du riverain24mars
      fonctionnaire http://minettelol (...)
      • Posté à 11h15 le 23/03/2009
      • Internaute 70143
        fonctionnaire http://minettelol (...)

      Ah bon, vas te renseigner avant de dire des bétises plus grosses que toi ..

      La majorité des fonctionnaires touche 1100 euros net /moi,où sont les hauts salaires que tu prétends voir chez les fonctionnaires ? ? ? ?

      Eux n’ont pas droit aux heures sups rémunérées promises par sarko.
      Ca commence à me gonfler cet anti-fonctionnaires primaire.
      En attendant ce sont nos journées de salaires que nous perdons pour sauver vos culs de salariées du privé, et faire en sorte que tout les salariés ne perdent pas leur acquis, ou leurs droits du travail.

  • luganys
    • Posté à 17h34 le 22/03/2009
    • Internaute 4682

    Ne vous faites plus d’illusion nous sommes déjà dans le futur, le néo-libéralisme économique, philosophique, social nous a entraîné là on l’on ne peut plus faire marche arrière. Il faut dévier vers une autre forme d’organisation économique et sociale.

  • Brédala
    Brédala
    NB : dernières lignes dans " (...)
    • Posté à 17h42 le 22/03/2009
    • Internaute 63792
      NB : dernières lignes dans " (...)

    Baisser les hauts salaires pour créer des emplois, c’est un très bon début !
    Mais ne soyons pas trop simplistes...
    Il serait bien utile de mener une réflexion de fond :

    Calmer :

    - la voracité galopante des actionnaires
    - des objectifs de plus en plus irréalistes à atteindre
    - une compétition mortifère pour tous et pour l’écologie

    Repenser :

    - la notion de travail : à mon avis nous tenions le bon bout avec les 35h. Mais trop souvent mal appliquées et mal perçues.
    - les emplois de demain :
    Par exemple en agriculture : si nous voulons continuer à faire front aux OGM et à l’agriculture intensive, en consommant bio, il faudra peut-être retourner dans les champs pour désherber ! ça nous fera bizarre...Les AMAP poposent déjà ce genre d’activité solidaire.
    - la notion de consommation pour une consommation responsable. Le système équitable est à surveiller, il est déjà en cours de sabordage : de grandes coopératives employant du personnel au rabais.

    Redéfinir l’objectif de notre société mondialisée et mondialiste, de nos besoins, mais en incluant, le respect de l’existence d’autres personnes :
    Nous sommes trop souvent contradictoires en achetant des broutilles plus ou moins bon marché, qui ont été fabriquées en Chine, en Inde...tout en déplorant leur faible niveau de vie, leur manque de démocratie...entre autres.

  • survivant
    • Posté à 17h46 le 22/03/2009
    • Internaute 25864

    Foutre le feu aux bourses mondiales, repartir sur l’autosuffisance , agricole, énergétique, industrielle gérée par le peuple pour le peuple. Ouvrir des banques municipales gérée par le peuple pour le peuple exploser les banques privées ensuite on y verra plus clair. Ce n’est pas en baissant les revenus des hauts salaires que la croissance repartira si aucune commande ne se fait de la part des autres pays un peu de bon sens la crise est mondiale elle ne s’arrête pas à la gaule.

  • azerty69
    azerty69
    ExecutieveBranleur
    • Posté à 18h27 le 22/03/2009
    • Internaute 42089
      ExecutieveBranleur

    J’adore les articles de Jean Matouk. Pile poil l’article démago destiné au lectorat inculte économiquement et gauchiste de rue89.

    Des inepties, des approximations, des erreurs alignés a la suite, mais tellement « bon sentiment », altruiste...

    Graçe a vous, je sais que le capitalisme et la droite libérale ont de beaux jours devant eux.

    Avant de traiter les articles éco, vous étiez aux rubriques potager ?

    • karlM
      karlM répond à azerty69
      Précaire
      • Posté à 18h52 le 22/03/2009
      • Internaute 21378
        Précaire

      lectorat inculte...
      quand la droite libérale extrême fait une politique communiste...subvention à des industries dépassés (voiture, nucléaire,...).
      quand la gauche fait une politique de droite (record de privatisation, création de la monnaie transférée aux banques privées.

      les incultes sont ceux qui nous gouvernent, avec un record pour Sarko qui est incapable de choisir de bons investissement pour sortir de cette crise bienvenue, alors que les solutions sont nombreuses. Dont celle de limiter les revenus.

      inculte toi même

    • survivant
      survivant répond à azerty69
      • Posté à 19h12 le 22/03/2009
      • Internaute 25864

      C’est sûr difficile d’admettre que la tentative de la 3 ème mondialisation ultra libérale a échouée une fois de plus. Le capitalisme mondial a sifflé la fin de la récré. Le scénario se répète comme les deux précédentes guerres mondiales. Soit les peuples repartent sur de nouvelles bases et chacun récupère ses billes en attendant des jours meilleurs. Mettons de côté le nerf de la guerre le( fric) et nettoyons toute la merde que nous avons semée il y a du boulot pour tout le monde et donnons aux générations futures le plaisir de cultiver ses carottes. Soit nous laissons le pouvoir aux mains des ultras serviteurs des capitalistes et ils déclencheront la 3 ème pour repartir sur le même système capitaliste. Nous le connaissons nous avons vu ou cela mène. Le soulèvement c’est maintenant ou jamais.

  • copain.dabord
    copain.dabord
    retraite
    • Posté à 19h31 le 22/03/2009
    • Internaute 66528
      retraite

    en son temps un certain henry ford disait avant de produire il faut creer le consommateur mieux repartir les richesses c est la seule condition pour atteindre ce but ces gens qui n ont pour seule ressource que de mettre leur matelas de gros billets dans les paradis fiscaux devraient etre chasses de france apres ou y verrait plus clair ... bon evidemment faudrait elire un nouveau president le notre serait en fuite ....

  • expat
    • Posté à 19h34 le 22/03/2009
    • Internaute 25627

    On pourrait aussi diviser par 2 ou meme 4 les salaires du gouvernements (au moins pour ceux qui ont logements de fonction domestiques et sont en prime nourri, blanchi, et enmene en week en helicoptere avec leur famille grace a nos sous !) et ajouter une cinquantaine de poste d’enseignants pour diminuer les effectifs des classes.

    Il semble que c’est seulement les cadres inferieur qui font des sacrifices chez Renault ou bien le PDG a-t-il aussi abandonne quelque chose ?

    • A déménagé le 16-01-2012
      A déménagé le 16-01-2012 répond à expat
      non connue
      • Posté à 20h03 le 22/03/2009
      • Internaute 30191
        non connue

      Exact, j’enrage quand j’entends ceux qui nous gouvernent venir pleurnicher qu’il faut trancher dans la masse salariale des fonctionnaires qui est trop importante,mais ils ne précisent jamais des quels on parle ; toute l’administration, ministères, secrétaires, sous-secrétaires, fifres et sous fifres,tous ces satellites qui tournent autour de Matignon et l’Elysée, le Sénat etc...vivent comme des nababs et ne paient pas en plus d’impôts en conséquence puisque s’ajoutent des primes que nous nous payons ; eux ne montrent du doigt que les enseignants (écoles),les personnels de santé (jamais les administrateurs des hôpitaux ) etc..,etc.. ; Eric Woerth a osé dire ce jour à Ripostes (Moati) que N. Sarkozy était le premier employeur de France,mais avec quel argent ? c’est lui notre employé que je sache ? ? ? le notre ; on se moque de nous en long, en large et en travers......

  • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
    • Posté à 19h53 le 22/03/2009
    • Internaute 71957
      nc

    Mais c’est totalement débile !

    Si les dirigeants d’une boîte acceptent de baisser leurs salaires, ça ne va générer aucune embauche, mais uniquement des économies.

    Pourquoi iraient-ils embaucher des gens dont ils n’ont pas besoin ?

    Vraiment, c’est affligeant cette déformation de la pensée. On est vraiment au pays des bisounours. Plus c’est gros, plus ça passe...

    • leo s
      • Posté à 20h05 le 22/03/2009
      • Internaute 73621
        (...)

      ....Ils ont finalement craqué sous la pression. Les dirigeants de la Société générale ont renoncé complètement à recevoir leur stock-options, face à la polémique qui fait rage et aux demandes pressantes du gouvernement, a annoncé la banque dimanche, dans un courrier aux salariés dont l’AFP a eu une copie.

      Démasqués, ils se rappellent 89.

      • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
        • Posté à 20h09 le 22/03/2009
        • Internaute 71957
          nc

        Encore heureux. Je ne comprends même pas qu’ils aient osé faire ce plan de stock options. Il y a vraiment des gens qui ont perdu le sens commun...

        On saura dans le canard mercredi comment ça s’est passé, mais je pressens que Sarkozy a du passer le savon du siècle à Bouton, assorti de menaces explicites et crédibles.

        Bien joué, encore un bon point pour Sarko !

         
        • leo s
          • Posté à 08h06 le 23/03/2009
          • Internaute 73621
            (...)

          Après le tollé provoqué par l’affaire des stock-options de la Société générale, Minc fustige le comportement du patronat français en cette période de crise.

          Bien joué encore un très bon point pour les 3 millions de manifestants de jeudi.

        1 autres commentaires
    • Brédala
      Brédala répond à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
      NB : dernières lignes dans " (...)
      • Posté à 20h18 le 22/03/2009
      • Internaute 63792
        NB : dernières lignes dans " (...)

      Mais le PDG peut très bien réinjecter ses sous dans une nouvelle filiale qui ne ferait pas dans l’automoblie, mais qui fabriquerait des panneaux solaires par exemple !

      Il veulent du flex-secure, qu’ils fassent du flex-secure...

    • karlM
      • Posté à 21h13 le 22/03/2009
      • Internaute 21378
        Précaire

      En France y a pas de besoins à satisfaire (10 millions de mal logés ! !)
      Sur terre y a pas de besoins à satisfaire ! ! (2 milliards qui crèvent de faim)

      faut vraiment ne penser à rien pour dire qu’il n’y a pas de boulot.

      • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
        • Posté à 21h20 le 22/03/2009
        • Internaute 71957
          nc

        Ah mais c’est différent. Il ’agit ici de gens qui baissent leur salaire. Pas de gens à qui on augmente leurs impôts...

         
        • leo s
          • Posté à 08h07 le 23/03/2009
          • Internaute 73621
            (...)

          Rémunérer le travail ou le capital

          Telle est la question.

        • leo s
          • Posté à 08h09 le 23/03/2009
          • Internaute 73621
            (...)

          Vive l’impôt

          Résumé du livre

          Pour réduire les inégalités, la République avait conçu un impôt universel et progressif. Il était un attribut essentiel de la citoyenneté, l’ami de la croissance, le garant du modèle social et du service public français. Qu’en reste-t-il ? La fiscalité et ses injustices sont aujourd’ hui dans l’ombre du débat politique. Selon Liêm Hoang-Ngoc, à l’heure où l’Etat social risque d’être sacrifié au profit d’une nouvelle société de rentiers, il est urgent de réinventer l’impôt.

        2 autres commentaires
    • touko_2
      touko_2 répond à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
      fonctionnaire http://minettelol (...)
      • Posté à 11h19 le 23/03/2009
      • Internaute 70143
        fonctionnaire http://minettelol (...)

      En attendant les économies ainsi réalisées ne se feraient plus sur les employés, et même si cela ne crée pas d’emploi, cela aurai au moins le mérite de ne pas en supprimer.

    • ANDAL
      • Posté à 12h12 le 23/03/2009
      • Internaute 69688
        AGITATEUR

      Toujours le neurone orienté vers l’immobilisme .On ne change pas un système qui gagne ,et qui fait toujours gagner toujours les memes et de plus en plus.
      Hulk si les « économies réalisées servent uniquement à
      augmenter les profits, effectivement cela n’a aucun sens et n’apporte rien aux salariés.
      Par contre elles peuvent etre ciblées vers différentes directions.
      -vers un meilleur “équilibre‘des salaires (Les propositions du yéti ,salaire maxi adossé au salaire mini,sont justes et facilement applicables)
      -vers la création d’emploi à travers la réduction du temps de travail.
      -vers l’investissement (les investissements d’aujourd’hui st les emplois de demain)
      -vers la diminution des couts de production et une meilleure compétitivité (sauvegarde des emplois existants)
      Mais la mise en chantier de telles propositions suppose un volonté politique, un désir d’améliorer la condition salariale (notamment les salariés les plus faibles.)
      Déclarer vouloir changer le capitalisme (tu parles !) par des effets d’annonce (ou d’incompétence) et conforter les entreprises à ne rien changer de leur politique salariale est une escroquerie intellectuelle.
      En politique seuls comptent les actes.Le reste c’est du vent !

  • hagalma
    • Posté à 00h49 le 23/03/2009
    • Internaute 8451

    Il y a quelques mois à peine un tel titre d’article eût peut-être été un bandeau d’accroche d’un trac de la LCR, ou un dessin humoristique en une du Canard parodiant notre Président venant de s’augmenter. Qui aurait dit qu’il devint politiquement correct à peine plus tard de vilipender les très hauts salaires, et d’envisager un aggiornamento sévère des fondamentaux iniques du capitalisme financier ! Comme quoi les choses ne sont pas figées...et pourraient à nouveau virer dans l’autre sens, car enfin ce qui est frappant ces derniers temps, malgré ces discours refondateurs, c’est qu’il n’y a pas l’ombre d’une loi venant les entériner. Mieux, ou pire, pendant qu’il devient séant de se servir virtuellement dans le coffre-fort des biens-nantis, la solidarité sociale, le pacte societal est démembré avec une constance qui pourrait laisser penser que nous sommes encore en mai 2007...

  • rocheclaire
    rocheclaire
    retraitée
    • Posté à 08h27 le 23/03/2009
    • Internaute 50298
      retraitée

    Chiche ! En tous les cas ile faut réfléchir aux très haut revenus ! Proposer un salaire maximun est-ce si utopique ? Un écart de salaire de 1 à 40 ne serait-il pas suffisant pour la bonne marche de la société ? Pour augmenter les haut salaires il suffirait alors d’augmenter ceux de la base !
    Je rêve !

  • marie 75
    • Posté à 09h45 le 23/03/2009
    • Internaute 3563

    Axa : le système des stock-options n’est pas forcément « mauvais »

    (...) le matin ch

    « Les stock-options, ça ne mérite ni tant d’honneur, ni tant d’indignités », a expliqué Henri de Castries sur RTL, ajoutant que 5.000 employés de son groupe en bénéficient actuellement.

    Interrogé sur la possibilité d’une loi encadrant les stock-options, le président d’Axa a jugé que « croire qu’on résoudra la crise en se focalisant uniquement sur les sujets de rémunération, ce serait un peu naïf. »

    Christine Lagarde avait affirmé dimanche que le modèle des stock-options présente « des tas de faiblesses ». « Je serais personnellement assez favorable (à ce que l’on mette) ce dossier sur la table », avait-t-elle ajouté sur la radio Europe 1, souhaitant que l’on « s’interroge sur la pertinence des stock-options, sur la pertinence, au contraire, des actions gratuites ».

    Il s’agit d’examiner, au cours de débats avec les partenaires sociaux, si cette forme de rémunération est « efficace et morale », a poursuivi la ministre en avertissant que « s’il faut passer par la loi, on passera par la loi ».

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