Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Olivier Nora, nouveau PDG de Fayard : la vengeance de Grasset ?

Publié le 23/03/2009 à 15h48

Cela commençait à être un secret de polichinelle. La rumeur était née à la rentrée dernière. Et en fin de semaine passée, l’information se confirmait : à partir du 8 avril, le PDG de Grasset sera aussi celui de Fayard. Il y a quelques mois, Claude Durand, PDG de Fayard, avait annoncé ses intentions de retraite.

Depuis, le Tout-Paris bruissait d’hypothèses au sujet d’une maison, Fayard, qui est une des tentacules du groupe Hachette Livre : rachat de Fayard par La Martinière (lui-même groupe en pleine restructuration, avec déménagement prévu dans les semaines à venir) ? Arrivée de Nora, éditeur reconnu ? Arrivée d’un prête-nom qui laisserait le champ libre aux directeurs éditoriaux de la maison et se contenterait des tâches commerciales ? Celui-ci quitterait-il Grasset ?

Durand, âgé de 70 ans, était le PDG de Fayard depuis 1980, après être passé chez Grasset et –plus longtemps- aux Editions du Seuil. Editeur de Soljenitsyne, dont il est le détenteur des droits mondiaux, il est à l’origine de nombreux « coups » éditoriaux : les livres de Pierre Péan, ou encore « La face cachée du Monde » de Philippe Cohen et Pierre Péan.

Après un conseil d’administration interne le 8 avril prochain, Durand restera administrateur de la maison.

« Etudier les scénarios les plus propices au développement de Fayard et de Grasset »

Olivier Nora en deviendra donc le PDG. Le groupe Hachette Livre informe qu’il restera aussi le patron des Editions Grasset. Le communiqué précise qu’il a été demandé à Nora « d’étudier les scénarios les plus propices au développement de Fayard et de Grasset ».

A 49 ans, Olivier Nora est le patron de Grasset & Fasquelle depuis 2000, après avoir été éditeur chez Hachette et Calmann-Lévy, ainsi que directeur du Bureau du livre français à New-York, entre 1991 et 1994.

Du passé…

Il n’en reste pas moins que, si la nouvelle n’est pas une surprise, elle amorce assurément un virage. En effet, il est peu de dire que, dans le passé récent, l’antagonisme entre les deux maisons était fort. Durand a souvent tenté de contrer le trio « Galligrasseuil » : les trois prestigieuses maisons suspectes de s’entendre chaque année pour les Prix littéraires.

Par exemple en publiant, en novembre 2006, le Tome 6 du « Journal - Rue des Saints-Pères » de Jacques Brenner, au moment des récompenses automnales. Ce livre, où l’auteur révélait comment étaient magouillés certains Prix, était une charge qui venait de l’intérieur : l’auteur, disparu en 2001, était membre du jury Renaudot. Mais aussi : salarié de Grasset…

Quand, en 2005, Fayard arrache -à prix d’or- Houellebecq à Flammarion, Durand vise assurément le Goncourt pour « La possibilité d’une île ». Cette année-là, le vainqueur sera un outsider dont on fait paraître le roman au tout dernier moment : François Weyergans. Le roman primé, « Trois jours chez la mère », est publié chez Grasset. Evidemment, on peut y voir –ou pas- une coalition anti-Fayard.

C’est connu : Durand avait la rage contre Grasset, qui la lui rendait bien.

… à l’avenir

Une question se pose, néanmoins : comment un même PDG, aux commandes de deux maisons aussi distinctes que Grasset et Fayard, avec un tel passé, peut-il les faire tenir ensemble ? Cela provoquera-t-il plus de scissions, ou de fusions ? Est-ce vraiment innocent de la part du groupe Hachette Livre ? Dans Le Monde d’aujourd’hui, le PDG du groupe Arnaud Nourry, se défend d’une fusion… en des termes qui demeurent vagues.

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  • 6 réactions
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  • sup. à la demande du riverain 29 juin
    • Posté à 16h12 le 23/03/2009
    • Internaute 58127
      bye bye ...

    Je comprends fort bien que cela vous puisse vous ennuyer d’écrire un papier correct, mais pensez au lecteur qui est obligé de « traduire » et de subir les fautes de frappe et d’orthographe.

    • Pierre Haski
      • Posté à 16h27 le 23/03/2009
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      Cher Piéton agressif et qui veut le rester, pourquoi ne pas nous signaler les fautes au lieu de grogner, ça ferait gagner du temps... A la relecture je n’ai trouvé qu’un petit ’i’ de trop. Mais ma vigilance est sans doute incomplète...

      • sup. à la demande du riverain 29 juin
        • Posté à 16h35 le 23/03/2009
        • Internaute 58127
          bye bye ...

        M. Haski,

        il est assez hypocrite de votre part de ne trouver qu’un petit i de trop.

        c’est la 4e version du papier qui est publiée et je peux vous restituer les 3 précédentes, sachant par avance ce que serait la réponse de Rue89.

        outre le petit « i » je vous signale qu’il reste une faute majeure scrupuleusement reconduite depuis le début : ’tentacule » est du genre masculin,

         
        • Hubert Artus
          • Posté à 16h50 le 23/03/2009
            rédacteur
          • Journaliste 56
            Rue89

          OK pour le tentacule. Merci.

          Par ailleurs, plutôt que d’adopter ce ton non pas agressif, mais vain, merci de poser les questions d’usage avant d’émettre opinions.
          Lorsque vous lisez un article avec les fautes que vous signalez, il se peut que vous y soyez connecté au moment précis où l’auteur y apporte une modif, une info. D’où les étrangetés typographiques.
          Désolé pour l’effort de traduction, mais vous pouvez aussi bien, simplement, rafraîchir la page.

  • Utilisateur désinscrit à sa demande
    • Posté à 22h03 le 23/03/2009
    • Internaute 70482
      nc

    Décidément, Hubert : aujourd’hui c’est football et football.

    Je ne peux m’empêcher de faire le parallèle entre ton article précédent et celui-ci : dans les deux cas, on achète de la viande.

    Houellebecq, c’est du bifteck. Du jarret de footballeur de première division.

    Ce qui est déplorable, c’est que ces requins du papier ont phagocyté nombre de petites collections qui faisaient la noblesse de l’édition française, au sein des vieilles maisons, pour s’empresser de leur faire fermer boutique.

    Je connais quelques traducteurs qui se sont retrouvés le bec dans l’eau à la suite de leurs traficotages financiers.

    Merci pour la qualité de ton travail.

  • GASTAUD
    GASTAUD
    photographe
    • Posté à 09h09 le 24/03/2009
    • Internaute 24534
      photographe

    Cet article parle de problèmes de PDG, de la santé financière de certains éditeurs, de rachat, de vente,etc... Moi ce qui m’intéresse ce sont les auteurs, les vrais : ceux qui gagnent une misère pendant que ces Pdg, ces directeurs de collections, ces directeurs commerciaux, ces attachées de presse,cles critiques littéraires vivent grassement sur leurs dos...

    Précision : je ne suis que lecteur, pas écrivain.

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