Quand Weegee inventait le choc des photos à New York
Alors que se tient à Perpignan le 19e festival Visa pour l’image, rendez-vous annuel du photojournalisme, le musée Maillol, à Paris, expose 228 tirages originaux du reporter Weegee. Né en 1899 en Ukraine et mort à New York en 1968, il est, avec Robert Capa, l’autre légende d’une profession aujourd’hui à la peine.
Si Capa en représente l’aristocratie, surfant sur les crêtes éclairées du fait d’actualité planétaire, Weegee (de son vrai nom Usher Fellig) est le soutier qui extrait de la nuit glauque new-yorkaise le tout-venant de la société, rubrique faits divers. Entre 1935 et 1945, ils fourmillent dans la Grosse Pomme : crimes, arrestations, incendies, accidents... sur fond de pauvreté et de racisme.
Incontestablement, Weegee est l’inventeur d’une pratique de journalisme photographique qui relate l’acte spectaculaire sans précaution technique ou morale. Et que l’on publie tel quel. En cela, on peut supposer –et certains l’affirment- qu’il a ouvert la voie à toutes les dérives à peine cachées derrière la formule du « choc des photos ».
Le premier sur les scènes de crime
Weegee ne saurait être tenu pour responsable historique de ces avatars professionnels. Ce n’est pas un photographe de « coups ». Son travail s’inscrit dans un ensemble géographique et sociologique à une période donnée, et dans la cohérence d’une personnalité photographique originale et constante.
L’autodidacte Weegee écrit le roman noir et blanc de New York entre le milieu de la Grande Dépression et la fin de la Seconde Guerre mondiale. Si ce photographe est devenu un mythe de la profession, notamment par une panoplie particulière et un mode de vie entièrement voué à être le premier sur les scènes de crimes ou d’accidents, ses clichés crus, tant loués, ne sont dans son oeuvre que des instants relatifs.
« L’âme de la ville que je connaissais et que j’aimais »
D’autres moments fixés sur ses films retiennent son empathie pour, dit-il, « l’âme de la ville que je connaissais et j’aimais », et en premier lieu le petit peuple de New York, puzzle de communautés, dont la composante noire ne saurait être exclue par le fils d’immigré.
Les bars et les asiles de nuits, les vedettes en goguettes, les gratte-ciels, tout est pétrifié dans cet éclairage incessant et brutal du flash à ampoule qui rend le temps sans repère horaire. Dans l’obscurité totale, le film a infrarouge devine dans les cinémas et sur les plages des secrets troubles et ambigus dont le photographe ne sort pas, là, à son avantage. La cité vit vingt-quatre heures sur vingt-quatre et un bon reporter doit montrer et sentir qu’il ne dort jamais...
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... mais avant, lancez la musique :
Légendes inspirées de témoignages recueillis il y a quelques années à New York, et confirmés par l’autobiographie « Weegee by Weege », parue en 1961.
► Weegee dans la collection Berenson, exposition organisée par la fondation Diana-Verny au musée Maillol - 61, rue de Grenelle, Paris VIIe - jusqu’au 15 octobre 2007 -
► Weegee, catalogue de l’exposition, éd. Gallimard - 225p.,35€.
Photos : Weegee (Arthur Fellig)/International Center of Photography/Getty Images
Musique : CInEMTICdESTRUCTION, par TDm (album jAZZ EXpLORER).
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Photographe à Paris
Photographe à Paris
A mon avis vous faites fausse route, Louis MESPLE !
Il n’etait pas le seul photographe a faire ce genre de photos,a l’epoque. En revanche, il etait le seul a mettre l’humanite dans ses photos. Alors que ses collegues etaient des presse-boutons, faisant des cliches.
Donc Weegee, n’a pas ouvert « la voie a toutes les derives a peine cachees derriere la formule du “choc des photos”. ». En revanche il a ouvert la voie a des photographes comme Diane ARBUS. Evidence qui s’impose, quand on decouvre son travail.
Enfin, louis MESPLE, vous commencez votre article par : « profession aujourd’hui a la peine. » Tout a fait EXACT ! Mais qui en parle ? ? ? ?
Ne pas oublier que WEEGEE a termine sa vie, dans la misere !




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