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L'actualité espagnole commentée depuis Madrid par Elodie Cuzin.

Nieves veut exhumer son grand-père tué avec Garcia Lorca

Elodie Cuzin
Journaliste
Publié le 01/04/2009 à 12h11


Nieves Galindo tenant la photo de son grand-père (Nieves Galindo/Rue89)

L’Espagne se souvient, mercredi, de la victoire du franquisme qui mit fin, le 1er avril 1939, à trois ans de guerre civile. Un acte de mémoire mené par des partis de gauche et d’anciens prisonniers politiques sera célébré au sein même du Congrès des députés, symbolisant de fait l’immense chemin parcouru depuis l’avènement de la démocratie il y a trente ans.

Mais la cicatrisation est plus lente pour Nieves Galindo, qui lutte depuis dix ans pour pouvoir enterrer dignement son grand-père, exécuté en 1936 aux côtés du poète Federico García Lorca.

En remportant le vote de la loi dite « de mémoire historique “ fin 2007, le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero a pu accélérer la disparition progressive des nombreux symboles du franquisme qui survivaient à Francisco Franco : statues, plaques et la cérémonie qui commémorait chaque année sa mort et celle de Primo de Rivera dans leurs mausolées.

‘Mais la justice est très lente’, remarque Nieves Galindo d’une voie lasse, au téléphone depuis ses montagnes castillanes.

‘Nous voulons juste être sûrs qu’il repose ici’


Nieves Galindo tenant la photo de son grand-père (Nieves Galindo/Rue89)

Quelques semaines à peine après le début de la guerre civile, son grand-père, Dióscoro Galindo, un maître d’école, fut exécuté en bord de route dans la région de Grenade par des miliciens franquistes. Tombèrent avec lui deux jeunes toreros et un poète, Federico García Lorca.

Selon l’histoire que le père de Nieves lui chuchotait, pendant son enfance, en l’avertissant de ‘ne la répéter à personne’ (la dictature commandait encore), les quatre auraient été enterrés dans une même fosse commune.

Depuis une décennie, la petite-fille poursuit donc le combat d’abord entamé par son père. Une lutte aux objectifs finalement modestes :

‘Nous voulons juste avoir la certitude absolue qu’il est bien là. S’il faut se limiter à un test ADN et puis le laisser à cet endroit, je l’accepterai. Mais au moins qu’il ait l’honneur d’avoir son nom sur sa tombe.’”

A l’automne dernier, elle croit pouvoir enfin toucher au but lorsque le juge Garzón ouvre le dossier des“disparus du franquisme” et ordonne l’ouverture des fosses. Après des années de refus catégorique, la famille Lorca accepte alors les fouilles.

Mais un mois plus tard, le cas échappe finalement au magistrat : il doit le transmettre aux tribunaux locaux. Depuis, c’est le silence absolu. Epaulée dans ses recherches par l’historien Ian Gibson, spécialiste du poète andalou, Nieves Galindo :

“Ça a été un coup très dur. Après tant d’années, on croyait l’ouverture de sa fosse à portée de main. Aujourd’hui, on ne sait même pas le temps que mettra le tribunal à décider s’il ordonne l’ouverture, ou non.”

Les jeunes ne sont plus aussi déchirés


Nieves Galindo et le petit-fils de l’un des toreros sur la tombe de leurs grands-pères (Nieves Galindo/Rue89)

Découragée, elle affirme cependant vouloir poursuivre sa campagne, par stricte nécessité : après elle, “personne ne prendra le relais”. Symbole de l’Espagne qui change, sa fille n’a en effet pas l’intention de continuer.

“Elle voit la guerre comme un événement lointain, qui a affecté sa famille mais sans plus. Nous n’avons pas voulu lui en parler avec la même douleur que l’on m’avait transmise.

Mais il faut toutefois veiller à ce que les jeunes connaissent leur passé, pour qu’il ne se répète jamais.”

Nieves Galindo tenant la photo de son grand-père, avec l’un des petit-fils de l’un des toreros sur la tombe de leurs grands-pères (Nieves Galindo/Rue89)

Aller plus loin
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  • 32 réactions
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  • Monard
    • Posté à 12h24 le 01/04/2009
    • Internaute 19095

    « donnez-lui du café “, c’était le code pour dire fusillez-le ! . C’est ainsi que le sort de Federico Garcia Lorca et de tant d’autres a été scellé.

  • trobador
    • Posté à 13h48 le 01/04/2009
    • Internaute 29340

    A galopar,
    a galopar
    hasta enterrarlos en el mar !

    Lien

  • Hatamoto
    Hatamoto
    Vendeur de temps de cerveau (...)
    • Posté à 13h56 le 01/04/2009
    • Internaute 29766
      Vendeur de temps de cerveau (...)

    Quand est-ce que l’espagne va se réveiller ? il n’y a pas si longtemps, le parti populaire espagnol était au pouvoir, et les cadres ne sont rien d’autres que les héritiers du franquisme.
    Ils sont toujours là d’ailleurs.
    Mais qu’on fait les franquistes ?
    Eliminer la racaille communiste et anarchiste (anarcho-syndicalo-autonome ?)
    Qui en à quelque chose à faire ?
    Moi, mais qu’est-ce que ça change ... c’est toujours la même chose.

    • DBL8
      DBL8 répond à Hatamoto
      Retraité
      • Posté à 14h18 le 01/04/2009
      • Internaute 19562
        Retraité

      Rappelez-vous les paroles de la chanson de Léon ferrer :

      « les Anarchistes » ! !
      Repassez-là en boucle pour bien comprendre qu’un jour ...
      Peut-être pas si lointain.

      • deserteur
        deserteur répond à DBL8
        Service Athée
        • Posté à 18h33 le 01/04/2009
        • Internaute 62084
          Service Athée

        non c’ est une chanson de Nino Ferrat ! ! ! ! ! !

      • deserteur
        deserteur répond à DBL8
        Service Athée
        • Posté à 18h48 le 01/04/2009
        • Internaute 62084
          Service Athée

        tous les systèmes de pensée doivent aujourd h’ui être déclarés obsolètes et tout est à revoir.
        je me sens anarchiste philosophiquement mais l’ expression politique de cette famille est restée bloquée sur des conceptions du 19 eme siecle.
        idem pour ceux qui se pensent encore communistes.
        il y a des valeurs communes avec lesquelles il faut redéfinir une vie en société acceptable sinon c’ est râpé compte tenu de l urgence des problèmes liés à l économie capitaliste délirante et à notre environnement qui se dégrade d heure en heure !
        une révolution oui bien sur mais dans les esprits !
        si on commence encore avec la violence tout est foutu d avance !

         
        • monisme
          monisme répond à deserteur
          clm
          • Posté à 12h43 le 02/04/2009
          • Internaute 52504
            clm

          Merci pour Ninon Ferrat. Expression des anarchistes archaïque : entièrement d’accord. D’autant plus que les bases du fédéralisme données par Proudhon, qui faisait éduquer ses enfants religieusement n’est-ce pas, étaient aussi celles des monarchistes qui se retrouvaient en taule avec des anars...
          Reste d’idée n’est-ce pas, et la chanson de ninon ferrat, naïve, est désespérante à ce titre.« T’es pas Lorca t’es sa rature » est beaucoup mieux.

        1 autres commentaires
  • bondurant
    • Posté à 15h16 le 01/04/2009
    • Internaute 25934

    « Le dimanche 16 août, quelques heures après le meurtre de son beau-frère, Manuel Fernandez Montesinos, maire de Grenade, il fut arrêté par un ancien député de la CEDA, Ramon Luiz Alonso, qui affirma plus tard que Lorca faisait plus de dommages avec sa plume qu’ avec son fusil. Il était accompagné de Luis Garcia Alix, secrétaire de l’Accion Popular, et du propriétaire terrien et phalangiste Juan Luis Trescastro, le meurtrier, qui déclarera plus tard : Nous avons tué Federico Garcia Lorca. Je lui ai tiré deux balles dans le cul en tant qu’homosexuel. H. G. Wells, président du PEN Club, exigea des détails sur le sort de Lorca dès que la nouvelle fut connue hors d’Espagne, mais les autorités nationalistes nièrent savoir ce qui lui était arrivé. La mort de Lorca demeura un sujet tabou en Espagne jusqu’au décès de Franco en 1975. »
    Extrait de Antony Beevor, « la guerre d’Espagne », 2006, livre de poche, page 177.
    Sans être la référence sur la question ce livre s’appuie sur des sources récentes et fait la synthèse des travaux des historiens espagnols. Il a le mérite de se lire facilement, ce que je suis d’ailleurs en train de faire.
    Il remet d’ailleurs à leur place les débats sur les chiffres des différentes exactions et massacres en montrant que la terreur blanche a fait beaucoup plus de victimes que la terreur rouge. 200 000 contre 38 000. Les chiffres restent à croiser et confirmer mais les récents travaux des historiens espagnols, région par région, permettent de dresser un bilan fiable.

    • deserteur
      deserteur répond à bondurant
      Service Athée
      • Posté à 18h26 le 01/04/2009
      • Internaute 62084
        Service Athée

      « la terreur blanche a fait beaucoup plus de victimes que la terreur rouge. »
      résister au fascisme et à ’
      église qui soutenait Franco est ce du terrorisme ?
      Malraux était il un terroriste ?
      La république était issue d une élection démocratique non ? ? ? ? ?

      • bondurant
        bondurant répond à deserteur
        • Posté à 18h45 le 01/04/2009
        • Internaute 25934

        Certes, mais dès qu’on commence à s’intéresser à la question, on comprend que cela a été complexe. Dans chaque région, ville ou village, les évènements ont eu leur particularité. Les rancœurs, haines et vengeances arbitraires se sont exprimées des deux côtés avec des exécutions sauvages et des massacres.
        Pourtant elles ne sont pas à mettre au même niveau, car du côté fasciste, l’ampleur a été sans commune mesure. Cf le post plus haut.
        En clair, je ne me fais pas l’avocat des fascistes à l’origine du coup d’état, mais les deux camps ont pratiqué l’épuration pour opinion politique ou position sociale.
        Quant à Malraux, je le perçois de plus en plus comme un aventurier à la bonne conscience et je préfère citer Capa.

         
        • deserteur
          deserteur répond à bondurant
          Service Athée
          • Posté à 18h59 le 01/04/2009
          • Internaute 62084
            Service Athée

          bien d accord avec vous.
          j ai été aussi éduqué dans la douleur et l horreur de la guerre bien qu ’ayant eu la chance de n en subir aucune.
          celles qu’ on voit à la télé me meurtrissent quand même.

          • deserteur
            deserteur répond à deserteur
            Service Athée
            • Posté à 19h04 le 01/04/2009
            • Internaute 62084
              Service Athée

            né en 1949 j’ai franchi voici 1 an seulement la frontière espagnole....
            l ’allemagne cette année certainement.
            un blocage
            une douleur

            • bondurant
              bondurant répond à deserteur
              • Posté à 19h15 le 01/04/2009
              • Internaute 25934

              En tant qu’« historien », je suis partagé pour la guerre d’Espagne entre mémoire et histoire. Je tremble toujours lorsque je pense à la solidarité gratuite des brigadistes et que j’entends les chants des républicains espagnols. Mais mon travail d’historien m’a amené à faire la part des choses et à également prendre en compte les exécutions sommaires commises par les républicains.
              Néanmoins les mots de Dolores Ibarruri, « No pasaran » continuent à me guider. Il semble qu’elle ait fait échapper à des exécutions sommaires un certain nombre de présumés fascistes.

              • deserteur
                deserteur répond à bondurant
                Service Athée
                • Posté à 19h20 le 01/04/2009
                • Internaute 62084
                  Service Athée

                les chants de la guerre d ’espagne restent d une puissance émotionnelle extraordinaire.
                que ceux qui ne les connaissent pas en recherchent au moins un sur le web et vous comprendrez !

                • deserteur
                  deserteur répond à deserteur
                  Service Athée
                  • Posté à 19h24 le 01/04/2009
                  • Internaute 62084
                    Service Athée

                  plus jamais de guerre civile en europe.
                  ni ailleurs.
                  se combattre avec des mots et des chants.

        • deserteur
          deserteur répond à bondurant
          Service Athée
          • Posté à 19h15 le 01/04/2009
          • Internaute 62084
            Service Athée

          voir la naissance du mouvement anarchiste en espagne et on comprend son extension et aussi la dureté obligée des gens de la FAI et de la CNT face à une société archaique fondée sur la propriété terrienne et une église encore liée à l ’inquisition.

          • bondurant
            bondurant répond à deserteur
            • Posté à 19h18 le 01/04/2009
            • Internaute 25934

            Et aussi la vengeance suite à la cruelle répression par l’armée de l’insurrection de 1934, notamment menée par Franco.

          • Citoyen Omega
            Citoyen Omega répond à deserteur
            Ingénieur et peintre
            • Posté à 19h27 le 01/04/2009
            • Internaute 59249
              Ingénieur et peintre

            Dureté obligée ? Non. Et cela fit un tort irréparable à la cause républicaine.

        8 autres commentaires
  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 15h37 le 01/04/2009
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    « Viva la muerte » est un film surréaliste et néanmoins témoignage, de Fernando Arrabal.
    Tous ses souvenirs sont déformés par le prisme d’un coeur d’enfant.
    Le seul passage qui soit rendu tel quel, sans surreprésentation de l’horreur parce qu’elle est déjà totale, c’est la mise à mort de Federico Garcia Lorca et de ses trois camarades.
    D’ailleurs, hormis le titre du film, ce passage est le seul moyen d’être sur que l’on se trouve en Espagne en 1936.
    Le fascisme n’influe pas que sur la justice, ce film n’est toujours par réédité.
    D’ailleurs en Histoire, on nous explique pas pourquoi les libérateurs de l’Europe, ont souhaité laisser Franco en place...

    Le combat continue, Nieves y contribue.

    • trobador
      • Posté à 18h09 le 01/04/2009
      • Internaute 29340

      12octobre 1936
      Miguel de Unamuno
      Philosophe, recteur de l’Université de Salamanque
      « Vous vaincrez parce que vous possédez plus de force brutale qu’il n’en faut ! »

      Le philosophe basque Miguel de Unamuno était recteur de l’Université de Salamanque quand éclata la rébellion militaire en juillet 1936. D’abord favorable au mouvement phalangiste, l’opinion d’Unamuno évolua au cours des premiers mois. Il prit en horreur, selon ses propres termes, « le tour que prenait cette guerre civile, vraiment horrible, du fait d’une maladie mentale collective, une épidémie de folie, avec un fond pathologique ». Le 12 octobre 1936, « Jour de la Race », une cérémonie eut lieu dans le grand amphithéâtre de l’Université de Salamanque, en zone nationaliste. Voici le récit qu’en fait l’historien Hugh Thomas dans « La Guerre d’Espagne » (Ed. R. Laffont) :
      Il y avait là, le Docteur Pla y Deniel, évêque de Salamanque, et le général Millan Astray, le fondateur de la Légion Etrangère, qui était à l’époque un conseiller très écouté de Franco, même si à titre non officiel. Son bandeau noir sur l’oeil, son bras unique, ses doigts mutilés, faisaient de lui un héros du moment ; quant au fauteuil de la présidence, il était occupé par Unamuno, le recteur de l’Université. Cette réunion se tenait à moins d’une centaine de mètres du quartier général de Franco, installé depuis peu dans le palais épiscopal de Salamanque, sur l’invitation du prélat. La cérémonie d’ouverture fut suivie de discours (...). Au fond de l’amphithéâtre, quelqu’un lança la devise de la Légion Etrangère : Viva la Muerte ! Alors, Millan Astray cria son habituel mot d’ordre pour exciter la populace : « Espagne ! ». Un certain nombre de gens répondirent : « Une ! ». Il reprit : « Espagne ! ». « Grande ! » fit en choeur l’assistance. Mais, quand Millan Astray poussa son dernier « Espagne ! », ses gardes du corps hurlèrent « Libre ! ». Quelques phalangistes en chemises bleues firent le salut fasciste devant la photographie sépia de Franco, accrochée au dais au-dessus de l’estrade. Tous les yeux étaient maintenant fixés sur Unamuno, qui, ce n’était un mystère pour personne, haïssait Millan Astray, et qui se leva pour prononcer le discours de clôture. Il déclara :
      « Vous attendez tous ce que je vais dire. Vous me connaissez et savez que je ne peux garder le silence. Il y a des circonstances où se taire, c’est mentir. Car le silence peut être interprété comme un acquiescement. Je voudrais ajouter quelque chose au discours - si l’on peut ainsi l’appeler - du professeur Maldonado. Ne parlons pas de l’affront personnel que m’a fait sa violente vitupération contre les Basques et les Catalans. Je suis moi-même né à Bilbao. L’évêque (Unamuno désigna le prélat tremblant assis près de lui), que cela lui plaise ou non, est un catalan de Barcelone. »
      « Je viens d’entendre un cri nécrophile et insensé : Vive la Mort ! Et moi, qui ai passé ma vie à façonner des paradoxes qui ont soulevé l’irritation de ceux qui ne les comprenaient pas, je dois vous dire en ma qualité d’expert, que ce paradoxe barbare est pour moi répugnant. Le général Millan Astray est un infirme. Disons-le sans arrière-pensée discourtoise. Il est invalide de guerre. Cervantes l’était aussi. Malheureusement, il y a aujourd’hui en Espagne, beaucoup trop d’infirmes. Et il y en aura bientôt encore plus, si Dieu ne nous vient pas en aide. Je souffre à la pensée que le général Millan Astray pourrait établir les bases d’une psychologie de masse. Un infirme qui n’a pas la grandeur spirituelle d’un Cervantes recherche habituellement son soulagement dans les mutilations qu’il peut faire subir autour de lui. »
      A ces mots Millan Astray n’y tint plus. « Mort aux intellectuels, s’écria-t-il, viva la muerte ! ». Une clameur l’assura du soutien des phalangistes (...). « A bas les intellectuels hypocrites ! Traîtres ! “ s’exclama José Maria Perman (...). Unamuno poursuivit :
      ‘Cette université est le temple de l’intelligence. Et je suis son grand prêtre. C’est vous qui profanez cette enceinte sacrée. Vous vaincrez parce que vous possédez plus de force brutale qu’il n’en faut. Mais vous ne convaincrez pas. Car, pour convaincre, il faudrait que vous ayez des arguments. Or, pour cela, il vous faudrait avoir ce qui vous manque : la Raison et le Droit avec vous. Je considère comme inutile de vous exhorter à penser à l’Espagne. J’ai terminé.’
      Il y eut un long silence. Autour de la tribune, des légionnaires menaçants commencèrent à se resserrer autour de Millan Astray. Son garde du corps braqua son fusil-mitrailleur sur Unamuno. C’est alors que la femme de Franco, Dona Carmen, vint au-devant d’Unamuno et de Millan Astray, et pria le recteur de lui donner le bras, ce qu’il fit, et ensemble, ils se retirèrent discrètement. Ce devait cependant être l’ultime allocution publique d’Unamuno. (...)
      Le conseil de l’Université ‘demanda’ et obtint sa révocation du rectorat. Unamuno mourut le coeur brisé, le dernier jour de 1936.

      • bondurant
        bondurant répond à trobador
        • Posté à 18h24 le 01/04/2009
        • Internaute 25934

        J’aime bien ces mots d’Unamuno pour décrire l’emprise de la religion catholique sur le pays : « En Espagne, même les athées étaient catholiques »
        Par ailleurs, ce que vous décrivez est également décrit dans le livre de Beevor.

    • bondurant
      • Posté à 19h04 le 01/04/2009
      • Internaute 25934

      Si, c’est une question réglée. Franco a hésité à s’engager dans la guerre en 39 mais il a choisi la neutralité, le pays étant exsangue après la guerre civile. Il envoie tout de même un corps de 40 000 soldats volontaires à partir de 41 pour combattre en URSS, mais sans entrer dans la guerre.
      Lien(Seconde_Guerre_mondiale)

      Il y a donc eu des accords tacites avec les USA ( ou de fortes pressions ) qui étaient dans une situation délicate jusqu’en 43. Et puis après 45 et surtout 46, dans un contexte de guerre froide et de containment, toute dictature constituant un rempart contre le communisme était un allié des USA.

  • désactivé à la demande du riverain
    • Posté à 16h14 le 01/04/2009
    • Internaute 73962
      ...

    Personnellement j’aurais été pour les Républicains, mais il ne faut pas oublier non plus que ces derniers ont perpétré aussi d’affreux massacres. Ernest Hemingway, pourtant très favorable aux Républicains a relaté, dans « Pour qui sonne le glas » un de ces massacres. C’était une guerre civile et une guerre civile ce n’est jamais propre.

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 17h18 le 01/04/2009
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Hommage aux associations dites « républicaines » qui se sont battues depuis des décennies, en un combat difficile, pour que la mémoire des vaincus de la guerre d’Espagne soit respectée, que l’on puisse enfin inhumer dignement ceux qui avaient été abattus et enterrés sur place, ou dans des charniers oubliés.
    Cette mémoire que l’on a tentée d’effacer est en réalité indispensable à un peuple pour qu’il puisse aller de l’avant.

  • monisme
    monisme
    clm
    • Posté à 12h07 le 02/04/2009
    • Internaute 52504
      clm

    Je ne pense pas qu’il s’agisse d’opposer ingénument ou d’une façon comptable terreurs « rouge » et « blanche ». Quand cela serait, et ce n’est pas une justification de la terreur, il s’agit de rappeler à la veille de 36 l’exploitation séculaire ouvrière et paysanne proche d’un quasi servage, la misère ouvrière et paysanne, les massacres des révoltes populaires, les massacres dans les prisons, les exécutions sommaires. Guerre civile, certes, mais avant : Révolution ! Enfin, c’est encore l’occasion de répéter à propos du terme Républicains qui est commode aux circonvolutions cérébrales que plus d’un million d’adhérents ou sympathisants de la CNT ou de la FAI n’étaient pas républicains sinon anarchistes ou anarcho-syndicalistes.
    Pour ceux qui se félicitent de la « transition démocratique » en 1975 (démocratie mon œil, c’est une monarchie !) le travail des historiens espagnols, je le connais un peu, a été fabuleux quant à un travail sur la mémoire et la « réhabilitation » des charniers. Je reste peu optimiste toutefois. Pour beaucoup de « jeunes » espagnols le nom de Franco, qu’ils ne connaissent pas, relève, en partie probablement, du déni de mémoire. Simultanément, l’ardeur, l’aigreur et la rancœur avec lesquelles l’épiscopat réactionnaire vaticanesque espagnol fait campagne en Espagne depuis plusieurs années ne relèvent pas, elles, du déni de mémoire sinon d’une copie quasi conforme de cet épiscopat oppresseur et obscurantiste durant quarante ans de franquisme (et bien avant bien entendu).

  • Patico
    • Posté à 19h26 le 02/04/2009
    • Internaute 38346

    « ...Dióscoro Galindo, un maître d’école, fut exécuté en bord de route dans la région de Grenade par des miliciens franquistes. »

    Cela parait peu probable.

    Franco a été contacté par les militaires rebelles trois jours avant le déclenchement de l’insurrection du 18 juillet 1936. Il n’en est pas à l’origine.Le chef du mouvement était le général Sanjurjo. Le numéro deux de la rébellion, le général Mola.

    Expliquez-moi comment des miliciens peuvent être « franquistes » alors que Franco n’en est pas encore le chef ?

    Un article d’un numéro récent de la NRH (Nouvelle Revue d’Histoire) met en évidence le role des miliciens de la CEDA qui auraient exécuté le poète, et les tentatives de certains phalangistes pour le sauver.

    Quelles étaient les relations de Garcia Lorca et Primo de Rivera ?
    Un bon journaliste devrait le savoir.

    J’attends un article sur l’exécution de Luis Moscaro, 18 ans, avec une cinquantaine d’autres otages. Il n’était pas poète, mais sa vie valait autant que celle de Garcia Lorca.

    Et si vous avez encore un peu de temps, enquêtez sur le procès expéditif de Primo de Rivera et de ces cinquante compagnons, tous fusillés le 20 novembre 1936 à Alicante, pour trahison alors qu’ils avaient été jetés en prison par le front populaire ...en mars 1936, soit près de cinq mois avant le déclenchement de l’insurrection militaire.

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