Mise en bouteille

Les dessous et les coulisses du monde de la vigne, blog de la vigneronne Catherine Bernard.

Vin de spéculation contre vin de proximité

Catherine Bernard
Vigneronne
Publié le 21/04/2009 à 11h17


Le Spar de Philippe Quesnot à Grasse (Catherine Bernard)

Les évidences sont souvent aveuglantes. Il n’y a pas un monde du vin, mais des mondes, presque étanches, s’ignorant les uns les autres.

A Bordeaux vient de s’achever le marathon annuel des dégustations du millésime 2008 des grands crus et châteaux. S’y précipitent les négociants de la place, les acheteurs, français et étrangers, et les journalistes, français et étrangers aussi, soit quatre à cinq petits milliers de puissants du business du vin.

Ces dégustations sont supposées servir de référence pour fixer le prix des vins qui seront vendus en primeur en juin prochain, deux ans avant leur livraison. Un beau système que celui-là puisqu’il procure, aux producteurs une avance de trésorerie, à ceux qui les achètent, le sentiment d’avoir fait une bonne affaire, car, en principe, vendus moins cher.

Ces dégustations concernent uniquement les très grandes étiquettes (3% des vins produits dans l’appellation, mais 16% du chiffre d’affaires) et sont, en conséquence, très médiatiques. Cette année, il a été très peu question du vrai goût des vins dégustés mais beaucoup, des stocks que les négociants ont sur les bras, de la spéculation dont les millésimes 2006 et 2007 ont fait l’objet, atteignant des sommets astronomiques, de la braderie du 2005 à laquelle se sont livrés les investisseurs, en particulier américains et asiatiques, quand, à l’automne, la crise financière arriva.

Bien avant ces dégustations, répandue par les maisons de négoce et les acheteurs, en particulier britanniques, grands amateurs de Bordeaux, la rumeur a établi que le millésime 2008 était médiocre, peut-être le plus médiocre de ces dix dernières années. Les dégustations n’ont pas infirmé la rumeur.

L’ombre portée par les stocks et les prix atteints du temps de l’euphorie spéculative a définitivement donné aux vins de 2008 un mauvais goût. Dans deux-trois ans, à l’heure des foires aux vins de la grande distribution, il n’est pas à exclure que le discours aura opportunément changé, donnant à ce pauvre millésime un tout autre goût, sans que personne ne relève l’écart d’appréciation. Il y a dans ce « business must go on », les propriétaires des grands crus y participant, un déni qui vide le vin de sa substance.

Ce vin a le goût d’une plume qui viendrait caresser la peau

Pendant ce temps, je livrais. Pierre Ferrandez est l’un de mes premiers clients. Il tient depuis dix ans à Valbonne, sur la Côte d’Azur, un petit établissement qui fait cave, bar à vins et à jazz le vendredi soir, restauration. Il me sert un verre de rosé, un rosé très pâle. Ce vin a le goût d’une plume qui viendrait caresser la peau. Je ne sais pas le dire mieux. « Il n’y a que le rosé, un rosé discret comme celui-là, pour aller avec les délicats rougets », me dit-il.

Le bruit de la directive européenne qui autorisera la commercialisation de rosés obtenus par un assemblage de blanc et de rouge n’est pas venu jusqu’à ses oreilles. Le débat ne lui fait même pas lever le sourcil. Les grandes étiquettes comme les vrais et faux châteaux de la grande distribution sont des mondes qu’il ignore. Ce qui l’ennuie c’est qu’à Valbonne, il n’y a plus qu’un seul boulanger, un seul boucher, un seul primeur « qui ne vend pas des fruits et légumes mais de l’or », quatre ongleries. Oui, quatre ongleries.

Il m’emmène voir un de ses copains. Philippe Quesnot tient à Grasse, en face de la gare, un Spar qui fait aussi tabac, presse et « espace vins ». A l’intérieur, la surprise est double. On bute à l’entrée de la supérette sur une tête de gondole estampillée d’un « espace vins » inratable avec, sur les étagères des vins de vignerons, des vins que Philippe Quesnot aime parce qu’en bouche ils disent quelque chose d’unique et de particulier, des vins qu’il a dénichés dans les caves et dans les salons où l’ambiance est plutôt celle d’une réunion de famille que celle d’une foire.

A côté des salades, il y a un autre « espace vins », avec toujours des vins de vignerons, conservés dans une armoire frigorifique, prêts à boire. Au fond du magasin, entre les condiments et les eaux minérales, il y a un troisième rayonnage avec aussi des bouteilles de vin, mais celui-là n’est pas signalé comme un « espace vins ».

On y trouve les références que l’on trouve dans tous les rayons de toutes les supérettes de France et de Navarre. Ce sont les vins de la centrale d’achat. « Il faut de tout. Ceux qui aiment le vin ne se trompent pas de rayon. »

Comme Pierre Ferrandez, Philippe Quesnot connaît tous les hommes et femmes qui se cachent derrière la bouteille. Il les prend en photo, chaussés de grosses lunettes et de faux yeux. Ces photos ont fait un livre, « Vin d’yeux » (Editions Ellébore) et alimentent un blog collectif d’amateurs pour qui le vin est trop sérieux pour être pris au sérieux. Cela fait deux vies en une au service de la proximité.

« Chez Zem, le vin est bon »

Zem, un autre de mes clients, s’est rangé des tournées de spectacle, à Marnay, un village situé à une grosse vingtaine de kilomètres de Besançon. Un village ordinaire qui ne fait pas rêver. Il tient un établissement dans lequel on peut acheter du vin, des vins de vignerons, aussi, et consommer sur place, au comptoir ou sur une grande table d’hôtes. Ses clients sont sans distinction en bleu de travail ou en col blanc.

Ils habitent Marnay et d« autres villages ordinaires qui ne font pas rêver. Parfois ils viennent de Besançon. Ils vont chez Zem parce que “ chez Zem, le vin est bon ”. C’est un critère suffisant. La table et les verres sont une version moderne de la cheminée et des contes, plus vivants que la télé. Je trouve que les Zem, Quesnot et autres devraient être décorés du Mérite agricole.

Photo : Le Spar de Philippe Quesnot à Grasse (Catherine Bernard)

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  • Pascal Riché
    Pascal Riché
    Redchef Rue89
    • Posté à 11h28 le 21/04/2009
      éditeur
    • Journaliste 7
      Redchef

    Il faut se méfier des évidences aveuglantes. Au risque de te scandaliser, Catherine, je suis en général déçu par les vins « bios ». En revanche, je suis parfois surpris de trouver des vins excellents et pas trop cher « dans les rayons des supérettes de France et de Navarre » (dernièrement, un médoc 1998, cru bourgeois, chez Franprix à 9,50 euros)... Rien n’est simple !

    • Tassin
      Tassin répond à Pascal Riché
      Inquiet
      • Posté à 12h12 le 21/04/2009
      • Internaute 70606
        Inquiet

      Le bio ne préjuge en rien de la qualité d’un vin, c’est simplement le mode de production du raisin qui est soumis aux règles de l’agriculture biologique, pas la vinification. Enfin il me semble.

      EDIT : Apparement c’est bien ça. Lien

      • Humain
        Humain répond à Tassin
        • Posté à 12h32 le 21/04/2009
        • Internaute 21387

        Pour traiter la vigne :
        La bouillie bordelaise est un fongicide à base de sulfate de cuivre (20%) additionné à de la chaux, de couleur bleu turquoise.

        Cette recette qui permet de lutter contre les maladies de la vigne est « toléré » par le « bio » ! !

        En effet ce que nous nommons agriculture biologique en France, se nomme agriculture la « growing agriculture » ou encore « organic agriculture »....
        Ce qui signifie agriculture sans chimie... A en conclure que le sulfate de cuivre et chaux n’est pas de la chimie...
        Bref : rions un peu.
        Le « bio » est avant tout un marché.

         
        • pgs
          pgs répond à Humain
          Informaticien freelance
          • Posté à 13h14 le 21/04/2009
          • Internaute 65170
            Informaticien freelance

          Ça m’emmerderais grave que ça ne soit qu’un ’concept’...

        • Gudule
          Gudule répond à Humain
          • Posté à 13h22 le 21/04/2009
          • Internaute 9720

          Le bio est aussi un marché. Mais s’arrêter à ça est, comment,...simpliste ?

          Si on regarde bien, tout est chimie puisque tout est ensemble de molécules.
          La culture traditionnelle de la vigne est, avec les fruitiers, une des pires qui soit.

          La culture biologique ne signifie pas « rien du tout », mais « autrement » et « mieux ».

          • Astre-noir
            Astre-noir répond à Gudule
            • Posté à 14h41 le 21/04/2009
            • Internaute 15513

            la culture bio, c’est » autrement » et « mieux » ?

            Hum hum...Je n’en suis pas sûr !

            Heureusement que l’apport de Cuivre a été limité depuis 2006 à 6kg par ha et par an.

            Parce que le Cuivre est un phytotoxique très puissant. Et dans certains sols traités massivement à la bouillie bordelaise depuis des années, on a pu trouver des teneurs en Cu allant jusqu’à 200 mg/kg.

            Le résultat : des sols devenus stériles.
            Tant que des vieilles vignes sont en place, on ne s’en rend pas compte, car le cuivre s’accumule plutôt dans les horizons superficiels, et les racines de la vigne vont plutôt chercher les nutriments en profondeur, mais dès qu’on veut replanter : bernique, plus rien ne pousse !

            Ce qui est la preuve qu’il vaut mieux se méfier des idées toutes faites, et que le bio peut aussi être mal fait et avoir des conséquences dommageables.

            A tout prendre, je préfère un bon viticulteur, qu’il soit en bio ou non, plutôt qu’un mauvais bio.

            Et comme décidément rien n’est simple, je suis obligé de reconnaître qu’un charlatan comme Nicolas Joly, apôtre (le mot est choisi à dessein) de la biodynamie, qui s’apparente plus à une démarche sectaire qu’à une pratique agricole, fait du très bon vin à la Coulée de Serrant.

            Mais ceci dit, comme il a un terroir d’exception, je suis sûr qu’il ferait un vin aussi bon en utilisant des pratiques plus conventionnelles. Mais comme il a le monopole de l’appellation, on ne peut pas comparer

            • Tassin
              Tassin répond à Astre-noir
              Inquiet
              • Posté à 15h50 le 21/04/2009
              • Internaute 70606
                Inquiet

              « Heureusement que l’apport de Cuivre a été limité depuis 2006 à 6kg par ha et par an.

              Parce que le Cuivre est un phytotoxique très puissant. Et dans certains sols traités massivement à la bouillie bordelaise depuis des années, on a pu trouver des teneurs en Cu allant jusqu’à 200 mg/kg. »

              Il faut faire remarquer qu’en agriculture conventionnelle, il n’existe pas de seuil maximal d’utilisation de bouillie bordelaise.

              • Astre-noir
                Astre-noir répond à Tassin
                • Posté à 16h34 le 21/04/2009
                • Internaute 15513

                Tout simplement parce que le Cu n’est quasiment plus utilisé en agriculture conventionnelle : trop contraignant à mettre en oeuvre, trop de risques de se louper...
                Le Cu n’est utilisable qu’en préventif, est facilement lessivable par les pluies. Dans les climats humides (Anjou, Bordelais), il nécessite trop d’interventions.

                Il existe maintenant des produits curatifs et préventifs, et systémiques, qui permettent d’intervenir beaucoup moins souvent (et oui, quelque fois en conventionnel, on traite moins qu’en bio...) et plus efficacement

        • Humain
          Humain répond à Humain
          • Posté à 13h56 le 21/04/2009
          • Internaute 21387

          Une info sur le Bio et le sulfate de cuivre...

          Limites d’utilisation en agriculture bio sont les suivantes :

          Extrait des recommendations :
          « A compter du 1er janvier 2006, dans la limite maximale de 6 kilogrammes de cuivre par hectare et par an ». ( ! !)

          Donc sulfate de cuivre et chaux, oui dans le Biologique, parce qu’on a rien trouvé d’autre ! !

          Comme quoi le business même en « bio » est une réalité !

        6 autres commentaires
    • Fifidou
      Fifidou répond à Pascal Riché
      Post Doc
      • Posté à 12h09 le 21/04/2009
      • Internaute 48893
        Post Doc

      Peut être l’auteure pourrait répondre à cela mieux que moi, mais je donne quand même mon impression. Amateur « a peine » éclairé, j’ai l’impression que les bons vins sont souvent fait par des gens qui font attention à leur vigne et respectent leur terroir. Alors, que cette passion vienne en cultivant bio, ou pas, c’est à mon avis secondaire. Il doit aussi y avoir des vins Bio faits un peu par dessus la jambe, juste pour pouvoir mettre le pied dans un marché porteur et donner au client l’illusion qu’il va avoir un produit splendide.
      Je suis parfaitement en accord avec Catherine sur l’importance d’un bon caviste. A paris, j’en connais une palanquée de franchement moyens, qui vendent plus cher du vin qu’on trouve aussi en supermarché. Un bon caviste, il sort un truc magnifique à tout les coups ou presque, qui correspond au type de vin qu’on lui a demandé. N’empèche que pour le cru bourgeois 1998 à 9€50, ça ressemble quand même à une bonne affaire. Je l’aurais vu à un Franprix, j’aurais vraiment eu peur que le vin était trop vieux.
      Bref, je n’ai pas de conclusion, mais j’ai a peu près dit ce que je voulais dire

      • Humain
        Humain répond à Fifidou
        • Posté à 13h57 le 21/04/2009
        • Internaute 21387

        Comme vous le dites... Il y a du « bio » pas terrible !

        Une info sur le Bio et le sulfate de cuivre…

        Limites d’utilisation en agriculture bio sont les suivantes :

        Extrait des recommendations :
        « A compter du 1er janvier 2006, dans la limite maximale de 6 kilogrammes de cuivre par hectare et par an ». ( ! !)

        Donc sulfate de cuivre et chaux, oui dans le Biologique, parce qu’on a rien trouvé d’autre ! !

        Comme quoi le business même en « bio » est une réalité !

      • Catherine Bernard
        Catherine Bernard répond à Fifidou
        Vigneronne
        • Posté à 19h07 le 21/04/2009
        • Internaute 41733
          Vigneronne

        Je ne peux pas mieux répondre, et je souscris.

    • Humain
      Humain répond à Pascal Riché
      • Posté à 12h09 le 21/04/2009
      • Internaute 21387

      Pas trop cher ? Un vin à 9,50 Euros, hé bien ! !

      Vous avez les moyens ; bling bling !

      • Lemmy_Nothor
        Lemmy_Nothor répond à Humain
        - Gone fishing !
        • Posté à 12h32 le 21/04/2009
        • Internaute 12434
          - Gone fishing !

        Bling bling a 9,50 ?
        Chateau Petrus, Yquem etc.....la c’est bling.....et encore, seulement si l’utilisateur ne fait pas la difference entre ça et un Chateau Migraine....

         
        • DBL8
          DBL8 répond à Lemmy_Nothor
          Retraité
          • Posté à 13h51 le 21/04/2009
          • Internaute 19562
            Retraité

          Exact, à 9€50 ce n’est pas du bling bling, dans ce cas comment faut-il appeler des bouteilles à 30 € ?
          Là c’est carrément les cloches qu’il faut faire sonner ! !

          Mais c’est vrai que je n’ai pas les moyens de mettre aussi cher dans une bouteille.

          • Lemmy_Nothor
            Lemmy_Nothor répond à DBL8
            - Gone fishing !
            • Posté à 14h03 le 21/04/2009
            • Internaute 12434
              - Gone fishing !

            C’est pas le prix qui fait que c’est bling ou pas.....ce qui fait bling c’est celui qui achète ou qui boit ( parfois les deux ) quelque chose qu’il n’apprecie pas automatiquement, mais plutôt pour épater la galerie...

            Moi je ne peux pas boire de vin.....ou si peu que je n’en achète jamais.....la bouteille est imbuvable après deux semaines ouverte.

        2 autres commentaires
    • flixp
      flixp répond à Pascal Riché
      Aboyeur
      • Posté à 13h26 le 21/04/2009
      • Internaute 34063
        Aboyeur

      le vin dans les superettes ou supermarchés est à boire et surtout à ne pas conserver. Il est transporté et entreposé dans des conditions abominables. Cela m’a été raconté par un responsable pinard d’une grande surface. Donc le 98 chez franprix à mon avis ne vaut pas le même 98 chez un bon caviste.

      • Astre-noir
        Astre-noir répond à flixp
        • Posté à 14h44 le 21/04/2009
        • Internaute 15513

        Et vous croyez vraiment que le médoc cru bourgeois de 1998 traîne dans les rayons de Franprix depuis plus de 10 ans ?

    • Guillaume H.
      Guillaume H. répond à Pascal Riché
      chimiste
      • Posté à 09h16 le 22/04/2009
      • Internaute 36087
        chimiste

      Je suis assez d’accord pour le bio...c’est simple pourtant, qui dit bio dit une récolte sur des raisins un peu moins mûrs, d’où pour certains vins une perte évidente d’arômes.

  • vinzoseerys
    vinzoseerys
    Mâle Sain en Perpétuelle (...)
    • Posté à 12h31 le 21/04/2009
    • Internaute 66816
      Mâle Sain en Perpétuelle (...)

    « Ce vin a le goût d’une plume qui viendrait caresser la peau »

    une description qui fait envie ! ! ! En ce retour de journées allongées et de soleil, j’ai hâte de déguster de bons rosés sur les terrasses des restos de la ville (peut-être aurai-je cette sensation)...

    • Humain
      Humain répond à vinzoseerys
      • Posté à 12h39 le 21/04/2009
      • Internaute 21387

      Dépéchez vous, car dès demain le rosé sera un mélage de rouge et de blanc...
      Il ne restera bientôt de ce vin rosé que son image.

      Tout comme restera l’image de nos départements sur les plaques minéralogiques : un endroit virtuel !

      (Réflexion perso :
      Je m’étonne que l’Europe flingue les pécheurs et les vignerons avant les élections Européennes, et non après les élections ! Par manque de tact, manque d’interet ?)

      • Gudule
        Gudule répond à Humain
        • Posté à 13h23 le 21/04/2009
        • Internaute 9720

        En même temps il y a une étiquette sur les bouteilles de pif. Faut la lire avant d’acheter.

         
        • Humain
          Humain répond à Gudule
          • Posté à 14h01 le 21/04/2009
          • Internaute 21387

          Faux... Lire l’étiquette d’un vvin n’est pas suffisant.

          Prenez un rosé Australien : croyez vous qu’il y sera noté « mélange »... ? Vous riez ! !

          A Tolérer ceci ou croire les réglements Européens vous acceptez que Bruxelle tue les régions, les vins, les vignes et les emplois ! !

          Même l’huile d’olive est maintenant dénaturée... Mais Bruxelles l’accepte.

          • Homer555
            Homer555 répond à Humain
            • Posté à 19h20 le 21/04/2009
            • Internaute 45141

            J’attend de voir une adaptation de la règlementation des AOC avant de crier au loup. L’INAO veille encore. Il est clair que pour l’instant, un domaine de cote de Provence qui passera dans le coté obscur du mélange n’obtiendra plus l’appellation d’origine et sera reclassé en vin de pays.

            De la même façon, je pense qu’une appellation cote de Provence se vendra mieux et plus cher sous AOC que sous vin de pays. Donc pour l’instant, hormis pour bazarder des invendus, ce n’est pas dans l’intérêt des producteurs AOC de passer au mélange.

            • néthou
              néthou répond à Homer555
              fonctionnaire
              • Posté à 22h29 le 21/04/2009
              • Internaute 67826
                fonctionnaire

              « L’INAO veille encore »
              C’est la meilleure de la semaine, celle-là.
              Si depuis le temps l’INAO veillait vraiment au respect des AOC, ça se saurait, jeune homme. Le respect des AOC, par exemple, ça pourrait bêtement commencer par ne pas l’accorder pour des appellations qui ne le méritent manifestement pas. Ce que l’INAO n’a cessé de faire depuis 20 ans en jetant la notion de terroir aux orties depuis belle lurette.
              Que pèse l’INAO face au marché mondial du vin ? Les viticulteurs languedociens (et d’ailleurs) qui montent régulièrement au créneau en se lamentant sur le marasme ambiant se tournent-ils vers l’INAO pour sauvegarder la qualité de leurs vins, ou plutôt pour lui demander, raisonnant à courte vue libérale, d’assouplir la règlementation en cours afin d’être compétitifs (du moins le croient-ils) face aux vins du nouveau-monde, qu’ils soient australiens, néo-zélandais ou d’amérique du sud ?

              • Homer555
                Homer555 répond à néthou
                • Posté à 22h44 le 21/04/2009
                • Internaute 45141

                3 mots contredits sur un commentaire complet ? Pas mal comme score...

                • néthou
                  néthou répond à Homer555
                  fonctionnaire
                  • Posté à 23h23 le 21/04/2009
                  • Internaute 67826
                    fonctionnaire

                  Mesquin, va...
                  Ma bonté d’âme me perdra.
                  J’aurais aussi pu dire qu’à attendre une évolution de la règlementation des AOC, de l’eau aura coulé sous les ponts comme du Beaujolais le 3ème jeudi de novembre dans un bouchon lyonnais (ou singapourien, doit bien y’ en avoir), que les « intérêts » des producteurs d’AOC doivent être aussi nombreux et variés qu’il y a de dits producteurs, et que si un vin rosé se vendra certes plus cher en AOC, il ne se vendra pas nécessairement mieux qu’un rosé trafiqué comme la règlementation européenne souhaite désormais l’autoriser. Si l’économie du vin était aussi simple, la viticulture française serait plus florissante que jamais et les vins étrangers ne nous tailleraient pas des croupières à l’exportation.
                  Que l’on ne se méprenne pas cependant : je serais des plus heureux que votre propos soit ultérieurement validé par les faits. Je crains malheureusement que l’on n’en prenne pas le chemin, depuis de nombreuses années déjà balisé...

        5 autres commentaires
  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 13h14 le 21/04/2009
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    « VIN DE SPECULATION CONTRE VIN DE PROXIMITE »

    Bon sang mais c’est bien sur...
    - Vin pour les riches...
    - Piquette poison pour les autres...

    PS : Il est interdit de faire de la Pub pour le vin, pas pour la Bière !

    BONNE CUITE aux futurs chômeurs...car le listing est en préparation.

  • Manu de la bas
    Manu de la bas
    Altermondialiste light
    • Posté à 13h30 le 21/04/2009
    • Internaute 44679
      Altermondialiste light

    Article qui m’a d’autant plus intéressé puisque ex habitant de Grasse, j’ai pas mal pratiqué le Spar face à la gare les week end de panne de clopes, ainsi que le bar a vin de Valbonne, pour ses concerts et son patron mythique.
    A noter cependant que la population de Valbonne est (ou était) en grande partie anglaise et visiblement susceptible de ne boire que du Bordeaux : o)

    Toujours est il que j’ai pu pratiquer pendant un petit nombre d’année la tournée des petits vignerons du coin et que j’ai pu détecter certains trésor gustatifs qui auront certainement été cachés par la main des gros investisseurs pressés de faire valoir leur stock.

    Comme pour tout, l’artisanat sera toujours mangé par les grosses pompes en cuirs des business men ... mais seul un village (ou groupe) d’irréductibles gaulois résistent ... groupe qui risque de s’étendre de plus en plus si ça continu comme ça !

    J’en appelle à la résistance, à l’amour du terroir, et surtout au retour à l’age de pierre !

    • DBL8
      DBL8 répond à Manu de la bas
      Retraité
      • Posté à 13h57 le 21/04/2009
      • Internaute 19562
        Retraité

      « les grosses pompes en cuirs »
      Étant donné qu’ils ont des gouts de chiottes, nous pouvons être tranquilles pour certains crus & vignerons !

      Comme l’a dit un comique (Coluche) :
      Le pinard ça devrait être « obligatoire » ! !

      Mais le bon, pas celui qui pique & fait vomir ses tripes & boyaux.

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à DBL8
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 15h07 le 21/04/2009
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        J’ai justement ma belle fille en face de moi, nous sortons de table !

        * Je vous la présente telle que je la vois...jolie n’est-ce pas ?
        Elle a juste une petite question à vous poser !

        ¤ « Etes vous certain de ce que vous avancez,...à savoir que comme disait le régretté Coluche, le pinard devrait être obligatoire ? »

  • patrick du 14-
    patrick du 14-
    de plus en plus naze
    • Posté à 15h07 le 21/04/2009
    • Internaute 40667
      de plus en plus naze
    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à patrick du 14-
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 15h13 le 21/04/2009
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      Votre vidéo...c’est « Les vignes du Seigneur... ? »

      Moi je vous propose : « Le Seigneur des vignes » !

      * L’alcool tue lentement...
      - On s’en fout, on n’est pas pressé !

  • bleuet1
    bleuet1
    espère malgré tout
    • Posté à 15h35 le 21/04/2009
    • Internaute 65892
      espère malgré tout

    Ce qui me gonfle le plus, c’est de voir des « collectionneurs » séquestrer chez eux des vins qu’ils payent une fortune et qu’ils ne boieront jamais.

    Il faut arrêter, un vin ça se boit, ça ne se collectionne pas. Le chocolat a beau être une oeuvre d’art quand il est vraiment bien fait, il n’empêche qu’on ne le laisse pas dans la boîte. Avec le vin, ça devrait être pareil.

    • blablablaetblablabli
      blablablaetblablabli répond à bleuet1
      patati et patata
      • Posté à 16h34 le 21/04/2009
      • Internaute 38523
        patati et patata

      ça c’est bien vrai ,un bon vin mais alors trés bon c’est le saint

      Chinian excellent ou un bon fitou,mais sinon le meilleur

      de tous c’est le Faugère il est actuellement le meilleur vin du

      Languedoc.

      • Homer555
        • Posté à 19h19 le 21/04/2009
        • Internaute 45141

        C’est un peu réducteur non ? Un mauvais Faugère est t-il meilleur qu’un bon st chinian ? :)

        Mieux vaut s’attacher à des domaines qu’à des appellations car dans chaque appellation il y a a boire et a manger.
        Prenez la Negly par exemple. C’est un « simple » ctx du Languedoc et pourtant c’est une tuerie comme vin.

         
        • blablablaetblablabli
          blablablaetblablabli répond à Homer555
          patati et patata
          • Posté à 19h36 le 21/04/2009
          • Internaute 38523
            patati et patata

          ça c’est vrai il vaut mieux s’attacher au domaines .

          Ceci dit je ne suis pas un connaisseur mais j’aime bien

          le bon pinard quoi.

        1 autres commentaires
  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 16h12 le 21/04/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Et c’est quoi une onglerie ?

    • Homer555
      Homer555 répond à Keldan
      • Posté à 19h23 le 21/04/2009
      • Internaute 45141

      Un manucure il me semble. :)

  • adaunis
    • Posté à 16h15 le 21/04/2009
    • Internaute 4255

    Que c’est bon de vous lire, tant l’heure est à l’invective, l’exclusion, la personnalisation, le moi je pense et je sais, la certitude de tout et de rien, et même si c’est en vain que je vous dis cela, ce petit mot me servira d’exutoire personnel !
    Pardon pour tout d’abord !
    Oui comme c’est à la mode, je vous demande de m’excuser, même si je ne sais pas pourquoi ni pour qui !
    Oh les beaux et bons mots que je relève :
    « Dans deux-trois ans, ......, il n’est pas à exclure que le discours aura opportunément changé, donnant à ce pauvre millésime un tout autre goût, ....... Il y a dans ce “ business must go on ”, ....... un déni qui vide le vin de sa substance ».
    « Ce vin a le goût d’une plume qui viendrait caresser la peau »
    « Je trouve que les Zem, Quesnot et autres devraient être décorés du Mérite agricole. “
    En tout cas, vous Catherine Bernard, méritez le Panthéon pour vos rubriques qui ne sont pas à brac sur la Rue quelque fois mal pavée !

    Je n’ai rien à retirer de votre prose et votre début d’article pourrait servir de modèle en d’autres circonstances :
    ‘Les évidences sont souvent aveuglantes. Il n’y a pas (un monde du vin), mais des mondes, presque étanches, s’ignorant les uns les autres.’
    Changez quelques mots entre parenthèses, et vous êtes une vraie Pythie !
    Un demi Grec pour vous servir !

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 18h09 le 21/04/2009
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    - Quelle classe chère Madame...le champagne vous va à merveille...et vous êtes toute en beauté ce soir !

    - Je n’en boirais guère qu’une petite coupe, vous savez...

    - Moi, j’en suis à ma douzième...

    L’alcool rend aveuge et permet de prendre les vessies pour....

  • jean-claude touvois
    • Posté à 19h24 le 21/04/2009
    • Internaute 27256
      oh

    Cher pascal Riché,

    Vous étes en général déçu par les vins bio.... Je ne peux que vous conseiller de trouver un bon caviste connaissant un peu les vins bio.
    Pour exemple goutez un « Racine » en rouge et un « Petit coin de Paradis » en blanc de chez Claude Courtois, et si vous étes déçu, passez définitivement au coca-cola.
    Plus sérieusement, que d’intansigence envers les vins bio (qui c’est vrais ne sont pas tous excellents). Mais au moins, même les pas trés bons auront le privilége de ne pas avoir participé à la destruction des sols de leur vignoble (et je vous faits grace des pesticides que vous aurez évité.)
    Et puis, c’est si délicat de faire s’épanouir naturellement des bons raisins, quand les autres se contentent trop souvent de faire faire à la chimie ce que leurs « pauvres“raisins ne peuvent plus faire, que cela demande bien un peu d’indulgence parfois ! !

    Alors, bonne chance , et à votre santé.

    • Catherine Bernard
      Catherine Bernard répond à jean-claude touvois
      Vigneronne
      • Posté à 20h34 le 21/04/2009
      • Internaute 41733
        Vigneronne

      Oui, un « Racine », oui, un « Petit coin de Paradis ». Ce sont de ces vins qu’on n’oublie pas, qui ne ressemblent à aucun autre.

  • Jean Georges
    Jean Georges
    retraité
    • Posté à 20h49 le 21/04/2009
    • Internaute 62700
      retraité

    Je ne suis aussi qu’un petit amateur de bon vin. J’entends par bon vin :
    1 - Un vin d’appelation en général de l’année précedente que l’on boit en petite quantité a chaque repas. Ce vin là ne doit pas couter plus de 4 euros la bouteille . Pour cela il est pratiquement obligatoire d’acheter ce vin chez le producteur, un petit de préférence. J’ai depuis pratiquement 20 ans un producteur de « côtes de Castillon » excellent qui vends du vrac à 2,50 euros le litre, et a 4,00 euro la bouteille .
    J’achète aussi un excelentissime beaujolais chez un producteur que j’ai connu en louant son Gite il y a une dizaine d’années il vends son vrac de 2008 en bag de 10 litres logé à 24,50 . et la bouteille à 4,00 environ. Il produit aussi un fantastique Brouilly à 6,00 euros.
    2 - Pour ce qui concerne les grosses pointures ,mes préférés sont Saint Emilion, Saint Julien en super bordeaux et Santenay en Bourgogne . Ces vins sont trés difficiles a dénicher en direct chez un producteur, et au cas où vous en trouvez un il est difficile d’en trouver même en 2006 ou 2007 à moins de 10 euros. Pour le Saint Emilion la cave coopérative des producteurs de St Emilion vends de bons vins récents de ce cru à moins de 10 euros.

  • fidal
    fidal
    guide de tourisme
    • Posté à 21h34 le 21/04/2009
    • Internaute 50600
      guide de tourisme

    Santé joie et syrose

  • offtheroadagain
    • Posté à 00h22 le 22/04/2009
    • Internaute 2942

    Les Bordeaux à l’exception de quelques très grands crus sont tellement travaillés qu’il deviennent standardisés. Il n’y a plus de bonnes et de mauvaises années. Seuls les bourgognes tiennent la rampe mais pour combien de temps encore, et surtout pour combien de bourses, avec les prix aujourd’hui pratiqués. La qualité à un prix que bien peu peuvent se permettre. Heureusement, quelques vignerons authentiques font encore des breuvages de caractère, à diffusion limité. Il faut savoir chercher et surtout ne pas s’attendre à retrouver d’une année sur l’autre, forcément la même qualité.

  • FdT
    FdT
    En pleine décroissance
    • Posté à 07h19 le 22/04/2009
    • Internaute 24641
      En pleine décroissance

    J’adore le vin mais j’ai presque arrêté d’en boire. Tant que le monde vinicole ne renouera pas avec une viniculture respectueuse de la tradition et de l’environnement je ne verserai pas un centime à cette industrie, exception faite des producteurs bio.

    Le vin est une noble boisson qui doit être autre chose et produit différemment qu’un vulgaire soda. Ils nous ont volé nos fromages au lait crû (même ceux dits au lait crû ne sont plus ce qu’ils étaient), voilà qu’ils font de même avec le vin.

    Certaines pratiques vinicoles actuelles sont totalement inacceptables. Il est intolérable que dans la plupart des grands vins on retrouve des résidus de presticides ! Putain, excusez-moi d’être vulgaire, mais il y en a plus qu’assez de ce foutage de gueule ! Quand j’achetais un bon vin j’espérais autre chose qu’une bouillie aromatisée aux pesticides ! C’est indigne !

    Cette marchandisation outrancière du moindre aspect de notre vie nous a spolié de la noblesse de nos produits ! Quel gâchis !

  • setori
    setori
    retraité
    • Posté à 11h18 le 22/04/2009
    • Internaute 43503
      retraité

    Faites comme moi ,le tour des caves et des petits producteurs .Vous y trouverez un très bon accueil et le plaisir de déguster sur place .Les vins vendus dans le commerce faut se méfier sévère car souvent ce ne sont que des assemblages ,d’affreux mélanges où le chimique relève la bibine et la rend buvable mais gare à vos boyaux ! Je signale que bon nombre de petits producteurs ont un site internet ce qui limite les voyages !

  • poissonpiloté
    poissonpiloté
    c'est par où l'amer ?
    • Posté à 22h20 le 22/04/2009
    • Internaute 75343
      c'est par où l'amer ?

    Je me demande si ce ne sont pas les évaluations issues de cette grand messe qui sont dépourvues de substance plutôt que les vins eux-mêmes, qui en ce moment, pour le dernier millésime, ne demandent probablement qu’à consommer leurs mariages avec leurs promises, qui ont pour nom barriques, à l’abri des regards et des palais trop impatients. Sachant que je trouve la notion de bon ou mauvais vin (quelles que soient les types de vin : bio, naturel, conventionnel...) potentiellement plus sujette à guerre stérile de chapelle que la notion de bons ou mauvais moment pour boire un vin. Je pense que l’on peut boire de tout (sauf les vins mettant en péril l’intégrité physique des dégustateurs bien entendu..) mais pas avec tout le monde.

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