Journal des « Conti » en lutte

Le journal des salariés de Continental en lutte, tenu par un éducateur spécialisé et syndicaliste de la région de Clairoix.

Clairoix-Hanovre, récit de voyage avec les Continental

Bête à part
parmi nous autres.
Publié le 26/04/2009 à 11h52

21 avril 2009 : une décision de justice balaye d’un doigt des espoirs. La colère explose : du matériel de la sous-préfecture de Compiègne et le poste de vigie à l’entrée de l’usine de Clairoix reçoivent des coups et des cris. Le lendemain, je suis invité à faire le voyage pour Hanovre : rendez-vous à 19 heures devant l’usine...

A 19h20 je monte dans un des cars qui font la navette et emmènent les salariés de Continental à la gare de Compiègne, d’où un train spécialement affrété les mènerait en Allemagne.


Les Conti en route pour Hannovre, avril 2009 (Bête à part).

Le train entre en gare, salué bras levés.


Les Conti en route pour Hanovre, avril 2009 (Bête à part).

On dit que 1300 personnes occupent le quai. Télés, journalistes et vidéastes sont dans la place. Des élus locaux font le voyage. D’autres n’embarqueront pas au motif de
leurs obligations... mais chacun sourit qu’un tel événement soit
possible. On nous a annoncé un long voyage.


Les Conti en route pour Hanovre, avril 2009 (Bête à part).

21 heures : premier arrêt. Nous avons eu le temps d’amorcer les discussions. En premier lieu les salariés sont soucieux que la casse de la veille soit perçue par la population comme un débordement dû à un excès de colère... Puis on attaque la belote dans les compartiments-couchettes « à l’ancienne », ainsi que les casses-croutes, les chants et les bonnes blagues bien grasses communes à toutes les usines du monde.

Dans les couloirs c’est une circulation continue d’hommes et de femmes. On se serre beaucoup la main. Ils sont tous là, quelques-uns avec leurs grands enfants.

- C’est mon fils. J’lui apprends les manifs !

- Tu fais bien. Faut pas qu’il commence trop tard. Moi, la première, j’l’ai faite à 46 ans : c’était cette année !

22h10 : le train entre en gare de Jeumont. Une voix nous annonce trois heures d’arrêt. Un contrôleur de l’équipe française m’explique que c’est en raison de travaux prévus antérieurement à ce convoi exceptionnel. Il me dit qu’eux aussi sont bloqués pendant trois heures, jusqu’au moment de la relève de l’équipe belge.


Les Conti en route pour Hanovre, avril 2009 (Bête à part).

Dans la nuit, on cherche une place dans les compartiments. Le train est prévu pour mille cent et quelques personnes, nous sommes plus nombreux.


Les Conti en route pour Hanovre, avril 2009 (Bête à part).

Pendant que certains font la fête, d’autres cherchent en vain un peu de sommeil ou se racontent.

- J’ai vingt-deux ans de boite ! Mais avant, j’bossais dans le bâtiment. S’il faut, j’y retournerai. Après tout, j’ai du métier.

- Pour moi, c’est plus facile, ça ne fait que huit ans que je travaille à Conti. Avant j’étais artisan-batelier. Après huit ans, ça sera moins dur de se recycler. Sûr que pour ceux qu’ont vingt ans de boite...

- Avant de travailler à Continental, j’ai fait de l’intérim à la laiterie de Ressons.

- Putain ! Ressons... 280 emplois disparus !


Les Conti en route pour Hanovre, avril 2009 (Bête à part).

Dortmund. Un jour nouveau se lève en Allemagne. Dans le compartiment nous sommes quatre « Conti », un instituteur et un éduc’. Dans la nuit, nous avons eu la visite du délégué de la CFTC qui nous raconte sa folle journée : Sarreguemines, Nice, Strasbourg et maintenant direction Hanovre. Il considère que « ça avance bien », que « lundi ils devront céder ».

- Céder sur quoi ? je demande. Il n’entend pas ma question.

Nos quatre Conti nous expliquent dans le détail la fabrication des pneus, avec passion. Comme on parle de la vie.

6h30 : tout le monde émerge d’une très relative somnolence. On se presse devant les toilettes. Quelques-uns tentent la douche.

On approche...


Les Conti en route pour Hanovre, avril 2009 (Bête à part).

- On va voir si on aura un bon accueil en arrivant.

- Il est prévu un comité d’accueil pour aller jusqu’au site de l’A.G.

- Ouais. On m’a dit qu’il y a quatre kilomètres depuis la gare...

8h50 : entrée en gare d’Hanovre.

Ah ! la tête du comité d’accueil...


Les Conti en route pour Hanovre, avril 2009 (Bête à part).


Les Conti en route pour Hanovre, avril 2009 (Bête à part).

Le comité d’accueil syndical est bien au rendez-vous.


Les Conti en route pour Hanovre, avril 2009 (Bête à part).

Alors les Conti montent à la surface de la terre allemande. Suivis par des salariés indigènes ravis d’un tel événement.


Les Conti en route pour Hanovre, avril 2009 (Bête à part).

Des touristes -à moins qu’il ne s’agisse d’espions nippons ? - saisissent la curiosité.


Les Conti en route pour Hanovre, avril 2009 (Bête à part).

Le salariat d’Hanovre a des choses à exprimer : « Tout ce que nos managers savent faire, c’est mettre des gens au chomage et toucher des bonus. »


Les Conti en route pour Hanovre, avril 2009 (Bête à part).

Et la police locale nous souhaite la bienvenue, sans casque ni bouclier !

Le cortège se forme, tous derrière ! tous derrière ! l’escorte policière.


Les Conti en route pour Hanovre, avril 2009 (Bête à part).


Les Conti en route pour Hanovre, avril 2009 (Bête à part).

Probablement dans la précipitation de quitter la gare ferroviaire, des salariés français -s’étaient-ils désaltérés avant la promenade ? - rejoignent par une route non balisée le cortège principal, et produisent une légère consternation chez nos camarades d’outre-Rhin...


Les Conti en route pour Hanovre, avril 2009 (Bête à part).


Les Conti en route pour Hanovre, avril 2009 (Bête à part).


Les Conti en route pour Hanovre, avril 2009 (Bête à part).


Les Conti en route pour Hanovre, avril 2009 (Bête à part).

Un constat : tout au long de ce parcours, nous n’avons quasiment pas croisé la population ni constaté de perturbation dans la circulation automobile. Mais nous avons arpenté de belles allées boisées.


Les Conti en route pour Hanovre, avril 2009 (Bête à part).


Les Conti en route pour Hanovre, avril 2009 (Bête à part).

Un dôme ! Des bannières aux couleurs de Continental ! C’est là, camarade !

Aller plus loin
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  • supprimé à la demande du riverain 12 mai
    • Posté à 12h40 le 26/04/2009
    • Internaute 75077
      ...

    Sur France Inter, j’ai entendu une salariée allemande de Continental regretter qu’il y ait si peu de salariés allemands de Continental pour accompagner les Conti français. Pourriez-vous nous dire pourquoi beaucoup de Conti allemands ont jugé bon de ne pas manifester ? Connaissez-vous le montant des indemnités de licenciement qui sont proposées respectivement aux salariés allemands et aux salariés français ? Merci !

    • Bête à part
      • Posté à 20h12 le 29/04/2009
      • Internaute 504
        parmi nous autres.

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      Après une interruption des images suivantes d’environ 48h00, youpi les revoilà !

      Comme moi, vous constaterez une forte présence des salariés allemands.

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  • Bête à part
    Bête à part
    parmi nous autres.
    • Posté à 14h58 le 26/04/2009
    • Internaute 504
      parmi nous autres.

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    la suite... :

    C’est là ! Camarade.

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    Alors les manifestants investissent le lieu qu’ils leur a été réservés. Une esplanades de verdure, face au palais des congrès de Hanovre où siège l’A.G. des actionnaires du groupe...

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    Des milliers de sandwiches ont été préparés par les syndiqués de Continental-Hanovre à l’attention des « collègues français » venus de si loin... Chacun se sert, surpris et reconnaissants.
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    De quoi se restaurer, mais aussi du café et du chocolat à volonté...
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    - Dankechen... : -)
    - Bittechen ,-)

    Et la verdure se couvre de noir, de rouge, d’orange, de vert, de bleu, de blanc et de jaune... J’en oublie surement.
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    3000 personnes...
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    Hier, j’écoutais péniblement l’émission « polémique » sur Inter. Outre Madame Eva Joly, était invitée une députée UMP qui dénonçait l’omniprésence des « trotskistes » dans l’usine de Clairoix... Ben mince !
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    Dans la mesure où ils ne fermeraient pas la porte aux nez des autres tendances politiques de la vraie gauche, je n’y vois rien de condamnable. « Tous ensembles ! Tous ensembles ! »
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    Résumons...
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    - La fermeture « sans alternative ! » des deux sites de Clairoix et de Stöcken c’est 1900 emplois ! ... Mais ce sont ces emplois qui nous permettent de vivre, nous et nos familles ! !
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    - Ces planifications de suppressions d’emplois sont une banqueroute !
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    - Il n’y aura plus de concessions sur les horaires et les salaires ! C’est fini ! !
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    - On peut trouver une solution pour les emplois à Clairoix et à Hanovre ! !
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    - La confiance en nos patrons est complètement perdue ! ...
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    - Arrêtez les plans de fermeture ! !
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    - Revenez sur des bases de raison !
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    - Qui sème le vent récolte la tempête ! !
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    - Aujourd’hui, 3000 personnes se sont rassemblées devant le palais des congrès de Hanovre ! !
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    - Il est impératif de créer un syndicat international des Travailleurs de Continental ! ! !
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    - Pourquoi êtes-vous arrivés en retard ce matin ? C’est une manoeuvre que nous avons déjà subi !
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    - Ce rassemblement est une démonstration !
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    - La situation du Monde aujourd’hui c’est la fermeture d’usines, c’est une catastrophe sociale. Il est impératif que les actionnaires comprennent cela !
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    - Nous combattrons jusqu’à notre dernier souffle pour les emplois et la non-fermeture des usines !
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    - Nous pouvons agir ensembles dans l’action !
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    - L’économie mondiale est en train de s’effondrer. La crise a bon dos dans le quotidien !
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    - La seule préoccupation des actionnaires est de faire de l’argent sur notre dos !
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    - Que va-t-il se passer en France et ailleurs s’il ne reste du travail que pour les ingénieurs ? ! !
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    - Que valent des accords s’ils ne sont pas tenus ? !
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    Curieusement, le rassemblement s’est disloqué rapidement, bien que nos hôtes avaient invité des musiciens et renouvelé l’invitation au p’tit café. Mais je suppose que les hexagonaux avaient fort le désir d’aller goûter la bière allemande et la charcuterie... Supposition...
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    Après tout, c’était écrit sur les pancartes...
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    Alors, comme d’autres égarés, dans un petit groupe j’ai pris la direction - approximative - de la gare...
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    Sur ce parcours incertain des picards redécouvraient le petit bonheur simple des bancs publics...
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    Ou la joie d’une terrasse...
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    Nous croisons les générations futures, casquettes rouges comme de bien entendu (ici, les écoliers sont semble-t-il ainsi identifés, donc pas forcément syndicalistes).
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    Parmi notre petite troupe, des militants allemands, dans un français des plus correct, exprimaient au mivro d’une mini-sono portative leur insatisfaction de cette fin de manifestation, prononçant même que c’était là une honte pour la classe ouvrière, que là encore les autorités ont servi les intérêts des puissants...
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    Mais où elle est cette gare ? ? ? ! !
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    Ah ! Enfin. C’est là.
    - Le train a destination de Compiègne-France partira à 15h50, quai 11...
    J’y suis. J’bouge plus. Pour dire vrai, je suis là un peu comme chacun : fatigué.
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    Petit à petit les salarié(e)s de Continental-Clairoix investissent le quai. L’heure du départ approche, lentement.
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    Sur le quai, des hommes fouillent systématiquement les poubelles à la recherche de menue valeur : le verre, qu’ils fourguent probablement à une société de tri ou de recyclage...
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    Des hommes d’age mur, mais aussi des très jeunes...
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    L’attente... Encore.
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    Rendez-vous :
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    Tout train arrivant sur le quai 11 est l’occasion de signifier la présence des passagers pas comme d’habitude...
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    Et, enfin ! , le convoi destiné aux Conti entre en gare...
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    A 16h00, le train s’ébranle… salué par les allemands souriants présents sur le quai.
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    Nous sommes sept hommes dans le compartiment à six couchettes. A l’aller quelques-uns n’avaient pas trouvé de place assises, alors on s’arrange..
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    Du compartiment comme du couloir, je vois du « orange-Continental » partout
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    - T’as pas de place ?
    - Non. Pas besoin... De toute façon on finira tous dehors.
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    - Pendant le rassemblement devant le palais des congrés, une délégation a été reçu à l’A.G. des actionnaires, pendant 4 minutes... après 40 minutes de négociations et de passages de barrages... Il parait qu’un actionnaire, qui avait un droit de parole, a donné son droit à Xavier qui a pu lire une déclaration devant l’A.G....
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    Le Rhin...
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    Et le temps s’écoule, lentement...
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    De gare en gare...
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    - Moi, ce qu’il me manquera le plus dans le futur, c’est la camaraderie. Toutes ces années ensembles au boulot à l’usine ça crée de la camaraderie... Après, on n’aura plus ça : les camarades.
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    Beaucoup d’espoir est mis dans ce voyage. Notamment que le mouvement s’étende à tout le Monde du travail.
    Un salarié m’explique que nombreux sont ceux qui ont posé tous leurs congés, alors certains ont obtenu de poser des congés d’ancienneté anticipés.
    - De toute façon, on les aura pas...
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    20h25 : Aachen.
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    Changement de loco... qui dure, qui dure...
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    .Sur le quai, parmi les sifflets et cornes de brume, la fatigue pesant, des discussions s’animent.
    - Ce matin on a rien fait ! Qu’est-ce qui s’est passé ce matin ? ... Rien !
    - Arrêtes. C’est extraordinaire ce qu’on fait là. Tout le monde parle de nous. Tous le monde nous soutient et se sent concerner. Nous, c’est tout le monde, tous les gens qui n’ont que leur travail pour vivre, pour faire vivre leur famille ! ...
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    1h30, une voix :
    - Nous approchons de Compiègne. Nous vous demandons de rester sur le quai et d’attendre les consignes...
    Enfin ! J’ai mal aux fesses. Je ne suis bien ni assis ni debout. C’est bon que ça s’arrête. Quel périple !
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    Nulle consigne qui tienne ! Descendus des wagons, les salarié(e)s pressent le pas vers les cars qui feront la navette vers l’usine.
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    Les navettes sont au rendez-vous !
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    Et pas qu’elles d’ailleurs. Bien que dissimulés dans la pénombres, nous distinguons des fourgons de CRS en stationnement derrière un bâtiment de la SNCF.
    Sur la route qui mène de Compiègne à Clairoix, à 2h00 du matin, la police est très présente et balise le parcours des cars. Des fois que les Conti aient des désirs de promenades ! ...

    - Vous en pensez quoi de ce voyage ?
    - C’est bien. Très bien... Et ça les fait chier qu’on se mobilise comme ça, qu’on fasse des trucs pareils !
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    Devant l’usine la police est également présente, qui fait la circulation des centaines de véhicule qui quittent Clairoix, en même temps, dans la nuit d’un printemps...
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    J’pense à toutes les images que j’ai dans mon appareil, et ignore comment je vais m’y prendre pour attaquer le récit de ce voyage extraordinaire...

    J’pense au texto de Sophie de Rue89
    - Des gars m’ont parlé d’un plan d’aménagement de Clairoix où il y aurait un port céréalier à la place de l’usine. J’veux savoir d’où vient ce doc ? Merci.
    Ben non Sophie. Les gars à qui j’ai posé ta question n’ont pas de réponse précise... Ou la même que je t’adresse :
    - C’est probablement les plans du canal à grand gabarit.
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    Voilà.
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    • Bête à part
      Bête à part répond à Bête à part
      parmi nous autres.
      • Posté à 15h57 le 26/04/2009
      • Internaute 504
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      J’comprends que Sophie-de-Rue89 sélectionne parmi mes images. Elle fait du journalisme.

      Pas moi.

      Aussi, la première partie de mon récit, en V.O., est ici :
      Lien

      Spécial dédicace aux salarié(e)s grands voyageurs en Lutte.

      Bravo bravo les Gens !

      Très joli coup ! ! !

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      (Excusez moi les fautes d’orthographe, sioux plaie... Danke.)

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    • Bête à part
      Bête à part répond à Bête à part
      parmi nous autres.
      • Posté à 20h21 le 29/04/2009
      • Internaute 504
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      délégué Conti

      délégué mexicain

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  • tutu02
    tutu02
    futurchomeur
    • Posté à 20h55 le 26/04/2009
    • Internaute 74238
      futurchomeur

    un petit commentaire que j’avais mis sur un post précédent , que je remets ici :

    j’aimerais faire un petit contre rendu sur le pourquoi de la colère des contis , car j’ai l’impression que pas mal de monde ne comprennent pas forcément ce qui nous a amené la .

    -tout d’abord les 40 heures , et les promesses de la pérénité du site jusqu’en 2012 .

    Le 20 décembre 2006, dans sa lettre de voeux, le directeur « thierry Wipff *** » écrit : « j’ai confiance dans la capacité des salariés de Clairoix à relever ce challenge . De plus, il est à mon sens enthousiasmant de pouvoir imaginer notre site à l’horizon 2012. »
    Quelques semaines plus tard, une autre lettre invitant chaque employé à aller voter pour le retour aux 40 heures lors d’un référendum interne, est encore plus claire. « Je sais pouvoir compter sur chacun d’entre vous pour permettre à notre usine d’envisager sereinement la perspective de Clairoix 2012 »

    Lien

    même sur les urnes servant au référendum figuré clairoix 2012 ...

    Les 40 heures sont signés par 2 syndicats malgrés un référendum contre a 51 % . deux mois après le passage au 40 heures Monsieur wipff « l’instigateur des 40 heures » , annonce son départ pour timisoara .

    malheureusement les syndicats ayant signés ces 40 heures , n’ont pas jugé nécessaire de vérifier que 2012 figuré sur le contrat .. d’ou la colère de certain envers ces syndicats ...

    -Cout de production « argument de la fermeture “ :
    depuis 2007 la direction savait que le cout du pneu s’envolerait a clairoix ‘voir ce document : Lien
    et pour cause , a peu prés 30 % des machines a clairoix sont nouvelles même en terme technologique , plusieurs délégations allemande sont même venu voir et félicité la rentabilité que laissé présagé ces nouvelles machines . mais biensur , la mise en route et la formation a ces nouveaux postes ont un cout .... clairoix devenu usine test ?

    -les rumeurs de fermeture .
    depuis novembre 2008 un syndicat avait annoncé que continental voulait fermer l’usine de clairoix en 2009 , cette rumeur fut démenti par la direction : Lien a noté la dernière intervention du directeur ....
    donc ça faisait déjà 5 mois avant l’annonce de fermeture , que le moral des salariés n’était pas au beau fixe , car même si il démenté , il laissé un doute subsister .

    l’annonce de fermeture .
    une seul équipe était présente lors de la réunion de l’annonce de fermeture , le reste des salariés l’on appris par la télé , la famille , les amis . c’est pas illégal , mais c’est très frustrant quand on sait les antécédents .

    la délocalisation .
    monsieur wipff les 40 heures ,recrute en Roumanie , mais il assure qu’il n’y a pas délocalisation , car même si sa production doit passé de 12 millions a quelque 30 millions d’ici quelque année , il assure que c’est pour faire du dacia : Lien
    seulement ; pas plus tard que 2 semaines après cette interview , monsieur posé devant un nouveau pneu fabriqué a timisoara pouvant allé jusqu’a 300km/h trouvé moi une dacia qui monte a 300 km/h .... : Lien

    enfin voila , c’est un condensé , je crois qu’il y en aurait encore pas mal a dire ... mais bon

    • Oeillet rouge
      Oeillet rouge répond à tutu02
      rêve générale
      • Posté à 22h54 le 26/04/2009
      • Internaute 72489
        rêve générale

      Belles photos et belle manif !

      Travailleurs unis contre actionnaires voyous !

      Travailler plus pour être virés, merci Sarko et Merkel !

      Ces deux slogans résument bien la lutte des Contis et de tous les travailleurs touchés par cette crise du capitalisme et l’aubaine qu’elle représente pour les patrons-actionnaires qui en profitent pour restructurer à tour de bras.

      Solidarité avec les Contis et tous les travailleurs en lutte en France et en Europe, sans oublier les Antilles bien sûr !

      Courage à vous tous ! Ceux qui vivent sont ceux qui luttent !

    • Rensk
      Rensk répond à tutu02
      • Posté à 20h16 le 27/04/2009
      • Internaute 65029

      Je suis comme vous outré des syndicats… qui prennent tellement de primes mensuelles et qui prétendent être vôtre protection juridique… (Contrat légal en droit d’assurance)… j’ai du menacer aller en justice pour qu’ils respectent leurs contrat au moins 5 fois… J’ai enfin après 10 ans aussi le droit à une « conciliation » contre Swiss-Ré (ceux qui assure tous les autres assureurs et qui les conseille de virer tel ou tel truc des contrats d’assurance)… le syndicat est une fois de plus absent, mon avocat me dit de ne pas faire de « polémique » en réponse à ma demande de faire rembourser ses coûts par mon assureur…

      Non seulement les syndicats sont de la poudre aux yeux (encaisseurs de prime d’assurance non respectée) les assureurs aussi sont très heureux de pouvoir vous obliger légalement de payer des primes mensuelles pour rien… les avocats… travaille toujours pour garder une bonne réputation dans les prétoires… Un monde de menteur et de tricheurs…

  • supprimé à la demande du riverain 12 mai
    • Posté à 07h49 le 27/04/2009
    • Internaute 75077
      ...

    Ici on veut du TEXTE. La photo, c’est bon pour Gala ou Télé7jours...

    • Oeillet rouge
      • Posté à 08h33 le 27/04/2009
      • Internaute 72489
        rêve générale

      Vous voulez du texte, en voici un. Il complète très bien je pense le reportage photos ci-dessus :

      Salariés de tous les pays, unissons-nous face aux actionnaires :

      Lien

      Euh, vous en voyez beaucoup des photos de travailleurs en lutte dans Gala ?

      • Bête à part
        Bête à part répond à Oeillet rouge
        parmi nous autres.
        • Posté à 09h28 le 27/04/2009
        • Internaute 504
          parmi nous autres.

        .

        Salut à Toi, Oeillet rouge.
        Puisque j’en ai un sous le pif, pourrais-tu passer le mot à tes camarades du Front-de-gauche que coller par dessus le NPA c’est se tromper d’ennemis. J’ignore si c’est ainsi dans ton coin du Monde, mais sous ce bout de ciel de Picardie nous avons constaté que des militants de ce Front collent systématiquement sur nos affiches. C’est nul.

        .

         
        • Oeillet rouge
          Oeillet rouge répond à Bête à part
          rêve générale
          • Posté à 11h52 le 27/04/2009
          • Internaute 72489
            rêve générale

          Bonjour Bête à part,

          Si des camarades du Front de gauche posent des affiches sur celles du NPA, c’est dommage en effet. Mais il est possible que l’inverse se produise aussi.

          En fait, il aurait été préférable que nous soyons unis pour ces élections européennes et que nous collions les mêmes affiches.

          Pour ce qui concerne le compte-rendu en texte de la journée des Continental à Hanovre, voici un lien qui devrait t’intéresser :

          Lien.

          Encore merci pour ton travail. Bien à toi.

          • Bête à part
            Bête à part répond à Oeillet rouge
            parmi nous autres.
            • Posté à 13h43 le 27/04/2009
            • Internaute 504
              parmi nous autres.

            .

            Yes ! Ce texte reflète avec justesse ce que j’ai vu et entendu.

            « cette journée est porteuse d’un espoir énorme car nous avons brisé l’isolement dans lequel nos patrons veulent nous enfermer. »

            Un peu que c’est énorme ! Briser l’isolement au-delà des frontières, c’est la concrétisation de l’Utopie. D’autant qu’à l’intérieur même de nos frontières la Lutte des Conti fait écho, matérialise un possible.

            Mercredi matin, devant l’usine j’ai rencontré des salariés de Lear Corporation, en grève depuis trois semaines ils m’ont dit. Ils venaient pour rencontrer le syndicat de la boite, avec le désir de fédérer les Luttes : Tous ensembles.
            Il est temps. Parfois on évoque les sous-traitants... et les salarié(e)s de sous-traitants trinquent d’ores et déjà. On compte et recompte les promesses de licenciements. On observe comment le chômage partiel (payé par les deniers du système solidaire et de cotisations) se multiplie et s’installe en « pratique née de la fatalité et de la crise ». On ignore encore les dégâts que causeraient les fermetures des entreprises sur les moyens financiers alloués par les collectivités locales aux dispositifs sociaux.

            Je me souviens du message porté par la délégation du Conseil régional le 16 mars à Clairoix : « Ne politisez pas le débats. »... Zobi ! ! ! Il s’agit bien de politique. Il s’agit bien de la mise en oeuvre d’un programme né d’une idéologie. Il s’agit bien de la revanche des Capitalistes les plus durs. Il s’agit bien de réduire à néant les droits et protections du Peuple des manants.

            Dans un tout.
            En même temps que des fortunés osent briser des vies et jeter des familles vers des promesses de misère, des élus et administrateurs cassent consciencieusement les services publics. Ceux de l’école, de la culture et de l’éducation, ceux de la santé, ceux du transport des personnes, ceux de l’accès pour Tous aux énergies. Complices, ils détruisent le tissu social des petites communes et isolent les gens - les pauvres et les personnes âgées notamment - et favorisent l’établissement de « zones » toujours plus éloignées des lieux de Vie. Zones commerciales où règnent le non-droit des salarié(e)s, zones d’activités, zones d’éducation, zones (les fameux « pôles ») de soins où s’appliquent les « lois » du marché.
            Nous étions peu nombreux à dénoncer l’A.G.C.S. (Accord Général sur le Commerce des Services) et à mettre en évidence ses dangers et finalités. Aujourd’hui, en colère et pas désespérés, nous constatons que nos combats sont justes.

            Encore, toujours, nous dénonçons les « zones » de détention et de rétention. Nous affichons et crions contre les haines du Voisin, du lointain venu d’ailleurs, car nous savons que là se prépare les moissons des extrémistes nationalistes - et capitalistes - autrement plus dangereux que les Gauchistes que fustigent les valets des princes de fortunes, que regardent suspicieux les militants des organisations ouvrières « traditionnelles »...

            Il est grand temps, contre les vents mauvais, que l’individu parmi le Peuple cesse de péter plus haut que son cul et agisse dans l’intérêt de la Classe sociale dans laquelle il a une place, solidaire, soucieux du Présent, des anciens et des générations montantes sacrifiées et désoeuvrées.
            A Clairoix, comme ailleurs, quelques-un(e)s le découvrent. Et ce n’est pas trop tard. Qu’on se le dise.

            .

        2 autres commentaires
    • Bête à part
      • Posté à 09h21 le 27/04/2009
      • Internaute 504
        parmi nous autres.

      .

      « ici » n’existait pas avant que je pose mes images pour les intéressé(e)s.

      .

  • Bête à part
    Bête à part
    parmi nous autres.
    • Posté à 16h35 le 27/04/2009
    • Internaute 504
      parmi nous autres.

    .

    Je suis confus... Le serveur que j’utilise pour poser des images depuis longtime (noob) est défaillant depuis ce matin...

    .

  • Bête à part
    Bête à part
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    • Posté à 18h16 le 28/04/2009
    • Internaute 504
      parmi nous autres.

    .

    J’ai reçu ça :

    « 
    Première tentative de suicide évoquée dans la presse pour les Conti, dans le Courrier Picard d’aujourd’hui...
    Une tentative en tenue de travail...
    No comment...

    Lien
     »
    .

  • Bête à part
    Bête à part
    parmi nous autres.
    • Posté à 11h55 le 30/04/2009
    • Internaute 504
      parmi nous autres.

    .

    La déclaration des Contis à la tribune devant le palais des congrès, ici :

    Lien

    .

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