En pleine culture

Chaque semaine, une chronique sur l'économie de la culture par Françoise Benhamou, professeur d'économie à Paris-13.

2003-2009 : où en est le travail intermittent ?

Françoise Benhamou
Professeur d'économie à Paris-XIII
Publié le 04/05/2009 à 22h32

C’était il y a quelques années. En 2003, très précisément. Le festival d’Avignon était annulé pour cause de conflit des intermittents. Mais qu’est-ce au juste que l’intermittence ? Inventé en 1936 pour accueillir les techniciens et cadres à employeurs multiples de la production cinématographique, le régime de l’intermittence fut ensuite étendu aux acteurs, et adapté aux évolutions de la production. Un intermittent, dès lors qu’il avait travaillé 507 heures lors des douze derniers mois, pouvait bénéficier d’indemnités chômage entre deux contrats.

Derrière ce régime, on trouvait -et on trouve encore- la reconnaissance des spécificités du travail artistique : le fonctionnement par projet rend indispensable la flexibilité maximale du travail de l’artiste. Mais d’accompagnement de la flexibilité, le régime se mua rapidement en une machine infernale, incitant à la multiplication de contrats de plus en plus courts et à l’entrée dans les carrières, sous la protection de cette couverture sociale spécifique.

Six ans après la réforme qui avait mis le feu à la profession

Les années ont passé. La réforme de 2003, qui avait mis le feu à la profession, est appliquée. Elle a consisté en un durcissement des conditions d’éligibilité à l’intermittence. De 507 heures en douze mois, on est passé à 507 heures en dix mois et demi pour les artistes et dix mois pour les techniciens.

Où en est-on, quelques années après la mise en application de cette réforme destinée notamment à réduire le déficit engendré par le système ? En 2005, on comptait 125.808 intermittents du spectacle, dont 66 600 artistes, les autres étant techniciens, cadres (réalisateurs, metteurs en scène, directeurs de production), ou ouvriers travaillant sur le plateau ou sur les décors.

La réforme n’a changé aucune des tendances qu’elle était censée inverser. Elle devait aider à moraliser l’usage parfois abusif de l’intermittence en incitant à la signature de contrats permanents ; les effectifs intermittents sont passés de 57 250 en 1990 à 124 800 en 2003 et 125 800 en 2005.

La réforme devait aider à l’allongement de la durée des contrats ainsi qu’à la baisse du nombre de contrats par intermittent. La durée est passée de 12 jours en 1990 à 5,3 en 2003 et 4,3 en 2005. Le nombre moyen de contrats s’est accru de 6,5 en 1990 à 11,3 en 2003 et 14,3 en 2005. Et le volume annuel de travail par intermittent a continué de baisser sur la même période.

Le juste paiement de la dette sociale de la société à ses artistes

Qu’est-ce que cela signifie ? L’intermittence demeure la forme massivement dominante de l’emploi dans l’audiovisuel et le spectacle vivant. Même les structures permanentes usent -et parfois abusent- d’emplois intermittents. Partie prenante de la définition de l’artiste, l’intermittence est le régime permanent dans lequel s’inscrit la relation de travail.

L’intermittence continue de jouer le même rôle. Pour l’employeur, elle permet de limiter les coûts du travail en autorisant la discontinuité de la relation d’emploi. Pour les artistes, elle est un élément de leur indépendance, puisqu’ils peuvent toucher des indemnités chômage entre deux contrats ; l’intermittence apparait ainsi comme le juste paiement d’une dette sociale, celle qu’une société qui aime les arts doit à ses créateurs et à ses interprètes.

Quant aux pouvoirs publics, ils y trouvent aussi leur compte, puisqu’ils ne financent pas le déficit de l’intermittence, qui est couvert par le régime général des salariés du privé. L’intermittence est ainsi un moyen ingénieux de compléter les subventions directes versées au spectacle et à l’audiovisuel.

A quoi donc aura servi la réforme de 2003 ? La question mérite d’être posée.

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  • princesse dauphin
    • Posté à 00h26 le 05/05/2009
    • Internaute 58201
      punk

    Lien
    Nous ne payerons pas votre crise (CIP-IDF Coordination des intermittents et précaires d’île de France)

    Sous le signe de la crise, apprêtons-nous à vivre des moments encore plus difficiles. Le RMI à 400,07 euros, travailler plus pour gagner moins, les assistés que l’on voudrait honteux autant que reconnaissants, les révoltés avec ou sans papiers que l’on mate, les bataillons de travailleurs pauvres programmés par le RSA, les droits collectifs concédés au cas par cas, le contrôle et les châtiments aussi...

    Action : nous ne paierons pas votre crise, à la CAF le 05/02/09
    Ce jeudi 5 février, le MEDEF tient sa conférence annuelle et Sarkozy arraisonne le temps de cerveau disponible lors d’une messe télévisuelle pour nous entretenir de et dans la crise.

    Nous, intermittents, chômeurs et précaires coordonnés, persistons à développer des formes d’auto-organisation des premiers concernés par la lutte contre la précarisation.

    Tandis qu’on assiste à coût de milliards d’euros banques et entreprises, le MEDEF et la CFDT (Comité Féodal et Démocratique pour le Turbin), après avoir amputé le droit à la retraite (au moment même où des générations de travailleurs précaires confrontés à l’emploi discontinu ne sont pas assurés de comptabiliser suffisamment de trimestres pour y prétendre jamais), signe un accord Unedic qui détruit les droits collectifs en réduisant l’assurance chômage à une assurance individuelle contre les risques du marché de l’emploi (une journée employée = au maximum une journée indemnisable).

    On veut faire croire que « le travail c’est la liberté » (Discours d’investiture de Sarkozy, le 14 janvier 2007) en instaurant une offre « raisonnable » d’emploi qui contraindrait à accepter n’importe quel salaire (d’un montant aussi bas que celui de l’allocation précédemment perçue...) et un RSA destiné à renforcer la contrainte à la précarité (« La personne au RSA qui refusera deux fois un emploi, on coupe tout », N. Sarkozy, à Chateauroux le 27 janvier 2009).

    La crise : les scolarisés, les malades, les salariés, les chômeurs, l’immense majorité de la population en fait les frais depuis 34 ans. Et voilà qu’on la ressort du chapeau contre « les mécontents (qui) devraient se remonter un tout petit peu les manches (...) et se mettre à travailler plutôt à l’unité du pays » (É Woerth, secrétaire d’État au budget).

    Le catalogue entier de leur diverses manières de nous mettre en concurrence et de nous faire vivre dans la crainte ne leur suffit plus ? Il faudrait encore se serrer la ceinture, et puis, tous ensemble, ouais ! se retrousser les manches pour sauver l’économie ? Comme toujours, c’est sur le travail qu’ils tablent pour contrôler le plus grand nombre. Eh bien non, nous préférons ne pas. Partout ripostons à l’atomisation, collectivisons le refus.

    Puisque cette société est une entreprise, c’est partout qu’elle peut être bloquée.

    Le succès des mobilisations de décembre contre la précarisation, la grève générale en Guadeloupe (et l’exigence qu’elle porte d’un relèvement substantiel du montant des minima sociaux), l’ampleur des manifestations du 29 janvier, la grève dans les universités, sont autant de facteurs d’inquiétude pour qui gouverne, et autant d’encouragements pour tous à résister, à inventer ce qu’il faut pour rompre enfin avec la société de concurrence.

    Comme le dit une expression guadeloupéenne, c’est une longue manche. Et c’est maintenant.

    Coordination des intermittents et précaires

    • arnonymous
      arnonymous répond à princesse dauphin
      ambidextre agacé ou ni droite (...)
      • Posté à 01h46 le 05/05/2009
      • Internaute 59966
        ambidextre agacé ou ni droite (...)

      C’est mignon comme discours, mais tu préconises quoi ?

  • SuperAlAmAs-
    SuperAlAmAs-
    Don Quichotte
    • Posté à 03h19 le 05/05/2009
    • Internaute 65608
      Don Quichotte

    Réponse : lobbys et élites de la culture contre l’art et les artistes !

    Trop de « planqués » dans les « bonnes oeuvres » à subsides à ceux qui acceptent le grand pacte de la réccupération politique...

    Triage sélectif et effet de providentialité de ceux qui veulent sauver la culture...

    Preuve par trois : réforme invisible de la liberté d’expression ; donc réforme sans nom peut être, mais connue et accèpter par tous !

    Hors sujet : cette petite impression que l’on aurait une liberté d’expression parce qu’on parle plus ou moins librement sur ces petits forums qui ne sont qu’un ptit défoulatoire, ne m’est jamais venue à l’esprit, supprimer cette petite impression virtuelle de votre esprit, la rue c’est : dehors ! cherchez le lien...

    • egide
      egide répond à SuperAlAmAs-
      Littéral
      • Posté à 10h31 le 06/05/2009
      • Internaute 45067
        Littéral

      Quel tic hein !

      C’est un TOC cette pulsion à crier dans la rue des slogans hostiles  ?

      Quel 48 voulez-vous ?

      Les journées folles de février où celles très rudes de juin tout au long de la rue de St Maur ?

      Barricades rue de St-Maur Paris 11

      • SuperAlAmAs-
        SuperAlAmAs- répond à egide
        Don Quichotte
        • Posté à 20h16 le 08/05/2009
        • Internaute 65608
          Don Quichotte

        Je suis désolé si je vous apparait hostil et j’accepte vos critiques...

        Sans prétentions, je suis témoin du pourquoi de mes « cris » ( pas slogans, je ne fais que ma propre propagande ).

        Un homme en colère peut être...

        Je ne peux pas vous répondre : je n’y étais pas !

        Au plaisir de vous lire...

        Mais je maintiens ce que j’avance, dans 80% des cas...

  • supprimé à la demande du riverain 12 mai
    • Posté à 07h18 le 05/05/2009
    • Internaute 75077
      ...

    La réponse à la question que vous posez est simple pourtant : tout le monde triche dans ce milieu, au détriment des salariés du privé qui payent les indemnités-chômage : c’est un vrai racket ! La France est le seul pays au monde qui ait un tel systéme : c’est une honte ! Si les salariés du privé savaient où vont leurs cotisations-chômage, ils se révolteraient, mais pas contre leurs patrons...

    • Banana ex de juanitoto
      Banana ex de juanitoto répond à supprimé à la demande du riverain 12 mai
      Je déteste rue89, tous les (...)
      • Posté à 07h51 le 05/05/2009
      • Internaute 67910
        Je déteste rue89, tous les (...)

      A te lire, boubouilote, dès minet potron,
      la france est un pays où rien ne va,
      surtout quand les sociales cotisations
      vont où ça ne te plait pas.

      Pays où les tricheurs sont foison
      quand contribuable pauvre con,
      ce n’est pas la vision ni l’idée
      que je me fais de solidarité.

      Tu la fais tienne, je te la laisse
      mais sur ces fils point ne la déverse,
      cette aigreur qui te mine l’estomac
      et te met dès matin rabat-joie.

    • mass0
      mass0 répond à supprimé à la demande du riverain 12 mai
      athée et citoyen du monde
      • Posté à 08h07 le 05/05/2009
      • Internaute 21240
        athée et citoyen du monde

      Pourquoi vous parlez toujours sans savoir , des abus il y en a partout , aucun système n’est parfait.

      D’ailleurs ce que cela arrange le plus c’est les amis du président comme celui qui lui a prêté son yacht. Qui comme cela a des « salariés » ultra précaire et à sa botte.

      Je suis intermittent (dans la vidéo) et sans le statut je ne pourrais pas vivre, travaillant en moyenne 8 jours par mois, et je ne suis pas le seul.

      Sache aussi que les intermittents sont pour la plupart du temps salarié du privé qui cotisent au chômage avec un pourcentage plus important que les autres ?

      Quand à la question qu’est ce que la réforme a changé, cela a éliminé les plus faible ceux qui avaient le plus besoin de ce système (surtout dans le spectacle vivant) et cela a enrichi ceux qui gagnaient énormément, à un telle point qu’ils ont du revenir sur la réforme parce que cela devenait scandaleux.
      Il y a eu une nouvelle réforme mis en place depuis 2-3 ans.

    • marcelleproust
      • Posté à 10h47 le 05/05/2009
      • Internaute 78463
        ouioui

      Cette vieille idée reçue, rengaine, rengaine, mérite vraiment d’être discutée : moins de 1% des cotisations du régime général « passe » dans le régime intermittent.
      1%
      Pauvre racket...
      A qui les festivals (Avignon et Cie) rapportent-ils de l’argent ? Pas aux nombreuses petites compagnies qui partent s’y casser le nez...

      Quel est l’intérêt de monter les chômeurs les uns contre les autres ? Diviser pour mieux règner...

      « Tout le monde triche dans ce milieu »... ce qui est peut être très difficile à accepter dans ce monde merveilleux de consommateurs, ce sont ces gens, ces « saltimbanques », qui choisissent de vivre de leur passion pour un smic ou à peine plus... un choix de vie qui reste au travers de la gorge des acharnés du pouvoir d’achat ?

      Et cette « révolte » contre les artistes et techniciens du spectacle... quoi ? quelle est cette société que vous proposez ? qu’on les enferme, qu’on les pende ? Des grands barbus rigolos jouent à ça en Afghanistan...

    • d@doulf
      • Posté à 09h30 le 06/05/2009
      • Internaute 76686
        et plouf !

      sauf que la France, Stambouliote, est un des pays où les subventions culturelles (publiques et privées) sont les plus nazes qui soient. A l’étranger, ton patron donne de l’argent à la culture directement... en France c’est pas le cas. Et puis, les sommes de tes cotisations sont ridicules par rapport à d’autres sommes autrement scandaleuses que certains traders et autres patrons détournent...

    • egide
      • Posté à 11h14 le 06/05/2009
      • Internaute 45067
        Littéral

      La liberté d’expression a bien des désavantages d’avantage d’ailleurs que d’avantages.

      Entre autre celui de supporter vos propos viscéralement contre.

      Vous évitez avec un soin maniaque toute approfondissement, toute analyse préalable qui permettrait d’étayer un tant soit peu votre fibre ultra-libertarienne et réactioniste (on n’ose vous taxez de réactionnaire en attendant que vous lisiez la définition de ce terme dans une encyclopédie ad hoc. Tenez même wikipedia que je n’apprécie guère suffirait à notre bonheur).

      J’hésite encore à vous identifiez soit comme le Bouvard ou bien le Pécuchet du conservatisme.
      Ha, Bouvard, c’est déjà pris sur RTL ?

      Pécuchet, ça vous va ?

      Attention Pécuchet lisait beaucoup.
      Ne vous engagez pas à la légère !

      Tonnez contre doit avoir des vertus thérapeutiques tellement vous en usez.

      Est-ce que votre rate se dilate à tant frémir d’indignation ?

      Quel bonheur ce serait d’avoir un conservateur réactionnaire qui s’assume et pense et argumente avec pertinence !

      Faites qu’un soleil bleu horizon apparaisse au Levant !

      Pour un Levantin proclamé ça doit pas poser beaucoup de problème.

      Sachez que sur le site Lien une abondante documentation pro-coloniale, nationaliste, anti-dreyfusarde et conservatrice est disponible gratuitement en plus, des milliers de pages, bien écrite avec une maitrise réthorique remarquable vous permettrait de briller au firmament d’une droit bien dure, bine morale, méprisant du vulgaire, anti-sociale, sans être extrême.

      Allez, je vous aide une peu, j’ai choisi cette belle exhorte :

      Si quelque jour un intérêt barbare
      s’interposant vient à le séparer * [le monde]
      son envolée aura le sort d’Icare, vol à la mort
      De quoi nous effarer :
      La catastrophe en façon d’intermède exécutée
      avec l’assentiment d’un peuple entier [ha, ces français]
      deviendrait sans remède [si, si]
      s’il n’arrivait un nouvel Archimère [Eureka ! ]
      Quand la tour penche, étayez avec ardeur ! [au boulot, tous maçons]

      Notre président de la république fait-il plus Archimède qu’Icare ou l’inverse ?
      Je m’y perd au milieu des splendeurs et des vagues !

      Aidez-moi Stambouliote !
      J’ai le vertige.

      * Petite précision, pour un conservateur français, séparer le monde consiste à séparer la France du reste de l’univers.
      En général des étrangers mal intentionnés et même (surtout ?) des mauvais français très ingrats œuvrent traitreusement à cette séparation. Ils ne se lassent jamais !

  • Superdupont
    Superdupont
    zicos
    • Posté à 08h50 le 05/05/2009
    • Internaute 64691
      zicos

    Cette réforme n’a évidement servi à rien pour ce qui était de résoudre
    les faiblesses et les incohérences du régime :

    -réduction du déficit de l’Unedic :
    une gageure ! La « réforme » l’a mécaniquement augmenté (+40% !) en faisant exploser les allocs
    de ceux qui ont déjà des revenus confortables et en réintégrant dans le système des gens qui en étaient sortit et qui pouvaient s’en passer, tout en réduisant les possibilités d’accès à nos métiers aux nouveaux arrivants, notamment les jeunes.

    -Les contrôles :
    Principalement axés sur les petites structures et les salariés eux-mêmes,
    bien sûr...les exemples de garde à vue de salariés pour une déclaration erronée ne manquent pas, tandis que les grosses structures sont très peu inquiétées. Je ne parle même pas des patrons de bar qui font tourner leur pompe à bière sur le dos des assedic en payant les groupes
    200 ou 300 euros au black et qui ne sont pas près de voir un inspecteur du travail...

    Rappelons que cette réforme est passée en force, malgré une contre réforme initiée par les acteurs du secteur (syndicats d’employeurs,
    de salariés, les coordinations d’intermittents, des députés PS, Modem,
    Verts...et même certains ump qui n’ont pas manqué de retourner leur veste au moment du vote, d’ailleurs !), et malgré les rapports défavorables
    du rapporteur (pourtant ump !) de l’époque...
    Mais bon, l’ump a préféré se plier aux desideratas de ces grands spécialistes du spectacle que sont le Medef et la Cfdt...

    Cette réforme n’a qu’un but : couler le système. La seule culture que
    tolère le régime libéral, ce sont les produits préfabriqués des maisons de disques et les productions de TF1.

    Une petite correction sémantique : on parle toujours de 507h travaillées.
    C’est faux : il s’agit de 507h EMPLOYEES, les heures réelles de travail
    étant incalculables et auraient largement de quoi faire pâlir tous ces patrons libéraux qui s’imaginent être les seuls à bosser comme des
    malades dans ce pays.

    Je ne m’étend pas plus, les posts trop longs sont chiants à lire...
    Et merci pour vos articles, Françoise !

    Un intermittent encore debout.

    • arnonymous
      arnonymous répond à Superdupont
      ambidextre agacé ou ni droite (...)
      • Posté à 17h51 le 05/05/2009
      • Internaute 59966
        ambidextre agacé ou ni droite (...)

      « Une petite correction sémantique : on parle toujours de 507h travaillées.
      C’est faux : il s’agit de 507h EMPLOYEES, les heures réelles de travail
      étant incalculables et auraient largement de quoi faire pâlir tous ces patrons libéraux qui s’imaginent être les seuls à bosser comme des
      malades dans ce pays “

      Merci de cette précision, trop souvent oubliée.

  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor
    - Gone fishing !
    • Posté à 10h09 le 05/05/2009
    • Internaute 12434
      - Gone fishing !

    Je suis ce que vous appelez un intermittent depuis 35 ans maintenant. Dans le domaine du cinéma plus précisement.
    Un point important que je voudrai souligner dans ce débat sur le statut légal des gens dans la même situation est que, sans un syndicat solide et reconnu par tout les partis impliqués il n’y aura jamais de changement, et les conditions de travail iront en s’empirant au fil des ans. D’un coté les budgets de productions augmentent d’une manière insensée, mais cet argent ne va jamais dans les poches des techniciens....les acteurs ( connus) se font des couilles en or, les producteurs encore plus, les réalisateurs ( qui ont connus un certain succès au box office ) aussi...du coté des techniciens, c’est le contraire....depuis une vingtaine d’années il y a une forte baisse des salaires, ou au mieux, ça stagne, ce qui revient au même vu que tout les frais eux ont augmentés.
    J’ai travaillé comme syndiqué aux Etats Unis et au Canada. En Europe, jamais. La difference est notoire....c’est le jour et la nuit. Si je travaille sur deux long métrages en Amérique, en tout 25 à 30 semaines...je gagne assez pour vivre le reste de l’année, et ce, sans toucher un centime d’assurance chomage. Je parle de journée de 12 à 14 heures, et souvent plus...c’est pas de la tarte, et c’est pas des vacances, loin de là. Et très souvent j’ai fait des 10 , 12 jours sans m’arrêter. Et il faut assurer, car un seul ne fait pas son boulot, et il n’y a pas de jour de tournage, qu’importe la position que l’on assume. Tous les joueurs sont important dans une équipe de tournage, il n’y a pas de sot boulot.
    Ce que je connais des tournages en Europe, c’est que pour le même travail, et je viens justement de lire une offre de travail pour un prochain tournage , un electro est demandé pour 8 semaines de travail, salaire, 3.800 €. Aux Etats Unis il toucherait entre 8.000 et 10.000€. Or en Amérique, tout ses frais, sont beaucoup moins cher, qu’il s’agisse de l’impot sur le revenu, ou bien le loyer de son apartement ( sauf New York...). Evidemment ça peu sembler beaucoup. Mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’intermittence, on peut aussi passer 3, ou 4 mois sans boulot, et dans des cas particuliers, comme les grèves récentes qui eurent lieu en Amérique ( scénaristes, acteurs ) la situation devient vite dramatique. Je connais un tas de gens qui ont tout perdu, maison y comprit.
    Or, sans une certaine continuité dans le travail, il est impossible de former des gens de métier. Si un technicien n’est pas payé assez pour assurer ses jours sans travail....il est obliger d’aller faire autre chose, et très vite on perd un élément essentiel , qui sera remplacé par un autre, sans expérience.
    Mais la question que se poseront surement beaucoup de gens, pourquoi fait on tout ça ? Parce que , a mes yeux, c’est le plus beau milieu que j’ai connu, rien n’est comparable à un plateau de tournage, rien ne se compare à l’ambiance qui y règne, et que ce soit les machinos, les electros, l’équipe caméra,l’ingénieur du son, le perchiste, les effets spéciaux ( et ne pas croire qu’ils ne font que des explosions, il font aussi la pluie, et la brume ), les cascadeurs, les maquilleuses, les gens du costume, les dingues qui travaillent aux décors ( la il vaut mieux bien s’accrocher, eux ils dorment pas beaucoup ) les assistants de prod., la régie ( la aussi y’en a pas beaucoup qui roupillent ), bref, sans tous ces gens, il n’y aurait pas de films, et si un seul manque à l’appel, c’est la merde. J’ai oublié la scripte....celle qui tient la bonne heure, et les assistants réalisateurs....bref tous ces gens méritent beaucoup plus que ce qu’ils recoivent.

    • Numerosix
      Numerosix répond à Lemmy_Nothor
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 10h41 le 05/05/2009
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Salut Lemmy !

      • Lemmy_Nothor
        Lemmy_Nothor répond à Numerosix
        - Gone fishing !
        • Posté à 10h46 le 05/05/2009
        • Internaute 12434
          - Gone fishing !

        Salut NºVI...

        Ça gaze ?

    • supprimé à la demande du riverain 12 mai
      • Posté à 11h12 le 05/05/2009
      • Internaute 75077
        ...

      Quel insipide blabla, très orienté de surcroît ! Arrêtez : je vais être obligé de sortir mon mouchoir...

    • Adéménagé le 3 janvier 2011
      • Posté à 11h22 le 05/05/2009
      • Internaute 29846
        menuisier

      Jusqu’à il y a deux ans j’étais également intermittent, dans le décor, en ayant commencé juste au mauvais moment, en 90.

      En moins de vingt années, j’ai vu la situation se dégrader énormément. En 91, j’ai vu un plateau de tournage bloqué par la CGT pour le motif que les gens y étaient payés à moins 10% du tarif syndical. En 2007, le dernier film que l’on m’ait proposé était à moins 70....

      Les producteurs français se sont conduit comme les avant gardes des filous du CAC 40, sabotant pied à pied les conventions collectives, respectant de moins en moins le droit du travail, jouant inconsidérément avec la sécurité, fraudant massivement l’unedic et les congés spectacle, payant avec retard, etc..

      Pour une petite poignée de vrais passionnés on trouve une grosse majorité de producteurs uniquement soucieux de faire rentrer la caillasse et d’en sortir le moins possible, vulgaires comme seuls peuvent l’être les trises sires avides de pognon et de jeunes débutantes.

      Pour ce qui est de l’intermittence, le medef n’en veut plus, pour des raisons purement idéologiques d’ailleurs, car si l’on en ramène le cout direct aux richesses produites directement et indirectement, l’affaire est rentable même d’un point de vue comptable.
      Sa fin était inscrite avec l’élection de Sarkozy, la crise va accélérer le mouvement.

      Il n’y aura plus que des production de téléfilms et de films pour première partie de soirée, les savoirs vont disparaitre, les structures disparaitre et collectivement nous serons plus pauvres qu’avant.

      Classique.

      • Lemmy_Nothor
        Lemmy_Nothor répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
        - Gone fishing !
        • Posté à 11h34 le 05/05/2009
        • Internaute 12434
          - Gone fishing !

        Ou alors, comme un chef décorateur avec qui j’ai travaillé sur une grosse production allemande.....lui m’a dit que les producteurs français ne l’appellent jamais, et pourtant c’est une grosse pointure, il a travaillé avec les plus grands réalisateurs, et maintenant il ne travaille que sur les productions étrangères qui viennent tourner en France. Pour ça les amerloques il faut les respecter....jamais il ne mettrait en péril un tournage pour eviter de depenser un peu plus de fric en engageant quelqu’un qui ne connait pas grand chose mais qui demande moins.
        En Espagne, c’est pire.....ici, c’est le moyen age. Je ne fais que de la pub ici.....c’est le seul truc qui paye.
        Alors comme ça tu étais aux décors....c’est vraiment un milieu de dingues...j’y ai travaillé moi aussi.

         
        • Numerosix
          Numerosix répond à Lemmy_Nothor
          Prisonnier dans le village (...)
          • Posté à 11h53 le 05/05/2009
          • Internaute 14499
            Prisonnier dans le village (...)

          @déluge et Lemmy

          Alors, comme ça, vous êtes tombés dans l’décors ?

          ( Pardon , on a du vous la faire 1000 fois, mais pour moi, c’est une première ..)

        1 autres commentaires
    • A déménagé le 25 octobre
      • Posté à 12h30 le 05/05/2009
      • Internaute 33755

      Euh... les réals s’en mettent plein les fouilles... C’est oublié qu’ils ont des petites poches et, qu’une fois retournées parce que vides, elles forment un très médiocre parachute : leur régime d’auteur !

      Je vois bien que vous parlez de ceux qui ont connu un « certain succès au box-office », mais combien sont-ils déjà, à quel prix, et à quel sacrifice « névralgique » ?

      Pour ma part, un technicien qui saute n’est pas une journée de tournage qui saute avec, mais un travail qui s’annonce encore plus « intéressant » : -)

      • Lemmy_Nothor
        Lemmy_Nothor répond à A déménagé le 25 octobre
        - Gone fishing !
        • Posté à 13h20 le 05/05/2009
        • Internaute 12434
          - Gone fishing !

        Je ne généralise pas....il y a de tout chez les réalisateurs, des pauvres ( en majorité ) et ceux qui se demmerdent pas mal, et enfin, ceux qui se font vraiment beaucoup de blé.
        J’ai vu des salaires de 20 000€ par jour (et aussi beaucoup plus) pour des réalisateurs de pub, souvent ce sont des réals qui viennent du monde du cinéma et qui ont un « tube » dans les salles.
        Et j’ai aussi des copains qui sont directeurs photo et qui gagnent eux aussi 10 000€ par jour de tournage (pub).....mais c’est l’exception. Quand on parle des intermittent on parle des autres.

        Pour ce qui est du technicien qui saute, s’il s’agit de l’accessoiriste et que les accessoires de jeu ne sont pas sur le plateau....il n’y a pas de tournage, tant que les accessoires ne sont pas en place.
        Si le chauffeur de prod n’amène pas l’acteur sur le plateau, pour diverse raison, la non plus il n’y a pas de tournage.
        Si le technicien qui conduit la génératrice se plante en chemin, encore pas de tournage possible sans electricité.
        Je peux continuer longtemps comme ça.
        Bien sur, si le 8e electro ne vient pas.....on tourne quand même

         
        • A déménagé le 25 octobre
          • Posté à 13h55 le 05/05/2009
          • Internaute 33755

          Ah !
          La pub. Oui, bien évidemment, les grilles ne sont pas les mêmes. Et combien de talents s’exilent par trop là-bas ? ...

          La dernière fois, on a du tourné une journée sans maquillage (qui revêtait pourtant une part importante de notre mise en scène).
          Pas un problème, on se place à plus de 20 mètres de notre héros : c’est ce jour-là qu’on a eu les plus beaux plans de notre film et qui plus est se sont avérés très utiles au montage.

          Je disais ça un brin ironique. « Intéressant » dans le sens « Ah.. c’est intéressant. » et celui, beaucoup plus jouissif, d’avoir à contourner une contrainte.

          Même si le décor se casse la gueule (ce qui m’est déjà arrivé, sous des formes différentes), se servir de cette intrusion soudaine pour la transformer en une source d’inspiration est ma partie préférée de ce métier. Oui, oui, il faut une bonne dose de masochisme, mais quel pied !

          • Lemmy_Nothor
            Lemmy_Nothor répond à A déménagé le 25 octobre
            - Gone fishing !
            • Posté à 14h28 le 05/05/2009
            • Internaute 12434
              - Gone fishing !

            Oui, dans ce sens la tu as parfaitement raison, les incidents de parcours sont souvents source d’inspiration pour toute l’équipe...et il en ressort souvent des trucs excellent. Et c’est la aussi que tu vois la qualité de ton équipe....ceux qui arrivent à se retourner rapidement en qui inventent les solutions appropriées

            En pub, je crois que tous les réalisateurs américains y touchent à un moment ou a un autre....et je les comprends un peu.....on peu y faire de tout, et les budgets sont souvent faramineux....Je pense a la pub de Ridley Scott, pour Apple, 1984.....
            A Barcelone j’ai même travaillé avec Spike Lee, oui lui aussi fait de la pub, pour la vodka Absolut.
            E bien sur les salaires....souvent ils signent avec une agence qui les payent des millions pour retenir leurs services.
            Alors toi aussi t’es dans le milieu....putain je pensais pas qu’il y en avait autant sur la Rue...

            • A déménagé le 25 octobre
              • Posté à 15h27 le 05/05/2009
              • Internaute 33755

              Le seule exemple que j’ai vécu, de ma petite expérience, pour un poids lourd qui vient se refaire une santé financière dans la pub, est Tony Quay.

              Fallait voir l’enthousiasme...
              Ou comment être conscient de sortir des films magistraux, puis de subir un cours de marketing, et d’être piloté par des producteurs qui se trouvent géniaux d’avoir attirer une telle pointure... ambiance !

              Oui, j’y traine aussi.

            • Adéménagé le 3 janvier 2011
              • Posté à 15h59 le 05/05/2009
              • Internaute 29846
                menuisier

              « Alors toi aussi t’es dans le milieu….putain je pensais pas qu’il y en avait autant sur la Rue… »

              Normal, ils n’ont que ça à foutre ces feignasses engraissés par les laborieux contribuables ! trépigna le vertueux tagada du stromboli.

              • Numerosix
                Numerosix répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
                Prisonnier dans le village (...)
                • Posté à 16h24 le 05/05/2009
                • Internaute 14499
                  Prisonnier dans le village (...)

                Et quand on voit la qualité générale de ce que sort le cinéma français avec NOS IMPÔTS , on ne vous DIT PAS MERCI, Stambouliote et moi !
                ( je blague les amis, je sais bien que c’est pas de vot’faute)

                hé ben pas moi

                • Adéménagé le 3 janvier 2011
                  • Posté à 16h47 le 05/05/2009
                  • Internaute 29846
                    menuisier

                  Ca n’atteindra JAMAIS ce sommet, l’Everest du nanard, la cause de la mort de Max Pécas qui s’était rendu compte qu’il aurait pu claquer encore plus de pognon tout en faisant moins pire, l’acmée du prétentieux, le maître étalon de l’ennui, je veux parler bien évidemment de :

                  Lien

                  • Banana ex de juanitoto
                    Banana ex de juanitoto répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
                    Je déteste rue89, tous les (...)
                    • Posté à 22h44 le 05/05/2009
                    • Internaute 67910
                      Je déteste rue89, tous les (...)

                    Moi, tout ce que je vois, ici oh oh,
                    c’est que vous lui en foutez plein son pipeau
                    à mon stam boubou stam bou- yo
                    sa crétinerie fondamentale fut-elle un pur joyau... *

                    Ne fustigez pas, oh mes amis,
                    le contribuable meurtri,
                    qui ne jure que carla en zizique,
                    et que sarko en politique.

                    * Déluge : j’adore la formule !

  • sitoihien
    • Posté à 11h09 le 05/05/2009
    • Internaute 21237

    Le travail intermittent fait partie du « précariat » qui augmente depuis les années 70 ou le million de chômeur-se-s a été dépassé ;
    Avec la crise il va se développer encore plus vite.
    Ce qui manque c’est un syndicat de précaires.
    Lien

    • Lemmy_Nothor
      Lemmy_Nothor répond à sitoihien
      - Gone fishing !
      • Posté à 08h16 le 06/05/2009
      • Internaute 12434
        - Gone fishing !

      Oui et non....dans mon cas, j’ai choisit ce mode de vie, car l’idée de travailler 40 heures semaines 48 semaines par an, m’a toujours fortement déplu....je l’ai fait quand j’étais très jeune, assez longtemps pour savoir que je n’y voyais aucun interet. Par contre travailler six mois par année, et pouvoir faire un paquet d’autres activités le reste de l’année, ça, ça m’attirai beaucoup plus.
      S’il fallait recommencer, je ferai surement la même chose, je ne changerai qu’une chose, j’irai travailler derrière la caméra.

      Aux Etats Unis il y a plein de syndicats des travailleurs freelance...IATSE, NABET, TEAMSTERS.

  • heretic
    heretic
    intergitan
    • Posté à 12h39 le 05/05/2009
    • Internaute 78868
      intergitan

    Bonjour à tous !
    j’ai apprécié l’analyse de Lemmy-Nothor, il est toujours intéressant de comparer notre situation à celle de nos confrères canadiens et je le rejoins dans son analyse.
    En effet, je n’aligne pas autant d’expérience mais mon implication dans les structures du spectacle vivant à lyon m’ont souvent dérouté... voire même écœuré à de nombreuses reprises. L’article fait aussi référence aux événements de 2003 et à cette époque, je m’étonnai que la télévision et ses personnels aient été si silencieux, pire on les sentait bien mal à l’aise... Aussi les cris de consternation lors de la suppression de la publicité sur les chaînes cet hiver me semblaient soudain bien creux...

    Pour en revenir au cœur de l’article, à l’aulne de mon expérience je citerai pour les intermittents liés aux ateliers décor :
    autant humainement j’ai été impressionné de rencontrer autant de savoir_faire, de réactivité et de compétences, autant les stratégies en haut lieu m’échappent :
    - postes ouverts à concours supprimés ou les budgets des postes sont absorbés sans être compensés, d’où une perte de compétence pour l’atelier
    - des salariés qui demandent depuis 15 ans des apprentis sans les obtenir, perdant là aussi des techniques spécifiques et riches d’enseignement
    - des ateliers en interne qui tournent en sous régime lorsque les sous traitants récupèrent à moindre frais une grande partie des projets... et sans leur jeter la pierre car leur travail est nécessaire mais en amont, comment peut on espérer surmonter les défis actuels et pérenniser la qualité de sa production lorsqu’on saborde la branche sur laquelle on assoit son activité^^
    - les recours scandaleux des stagiaires en surnombre et avec dérogation de la mairie car leur nombre est tel sur certains événements culturels que même un inspecteur du travail se pendrait à la lecture des chiffres !
    etc etc

    Alors oui j’imagine que fut un temps ce système avait ses avantages, les périodes d’inactivité avec une couverture digne permettait de financer ou subvenir à ses besoins pour le temps d’une résidence, des répétitions, bref tous les coûts dissimulés d’une activité dont la partie émergente, visible au public n’est qu’une part infime de celle-ci.
    D’autre part nous sommes tous coupables d’avoir perverti ce système en constituant un microcosme ou toute rénovation s’avère douloureuse et dans lequel il est pénible d’y changer l’air vicié tant il est difficile d’y faire entrer de jeunes talents (techniques, artistiques). Je me suis inscrit sur un site canadien de recherche d’emploi par curiosité et c’est la 1ère fois que je reçois autant d’annonces pour des tournages ou des plans déco... En france si tu n’as pas ton piston et ton macaron Parisien c’est plus que chaud :) ou une détermination blindée frisant l’infiltration^^

    Il existe pourtant des accords régionaux par exemple afin que les productions soient un peu mieux délocalisées, à cette fin les subventions sont conséquentes pour inciter à engager les professionnels locaux... Mas la réalité est tout autre et personne ne condamne le contournement de ces mesures : à savoir engager des postes subalternes en faible nombre (et payés moins cher qu’à Paris, on se demande pourquoi vu que c’est le même boulot^^), localiser faussement comme tiberi, des professionnels de la capitale ou le cercle immédiat des décideurs pour éviter cette « invasion de la province » et bien d’autres dérives dont les parisiens ne sont pas les seuls à profiter. Déjà faire le ménage sur notre seuil serait bienvenu, ramener une cohérence sur le long terme pour ne pas perdre les savoirs et les renouveler, et faire en sorte que le prestige ne soit pas qu’une façade derrière laquelle se cacher mais toujours issue du travail d’équipes compétentes. Après autant de dérives je suis pour l’anéantissement de ce statut et tout reforger, et le public doit aussi avoir conscience des coûts de la culture en général et de l’engagement des professionnels fournir un travail de qualité sous contraintes diverses et souvent intenses.

  • monolo
    monolo
    engagée associative
    • Posté à 14h22 le 05/05/2009
    • Internaute 68711
      engagée associative

    Moi, j’ai un chéri intermittent, des enfants, une vie de famille normale quoi. Le seul hic c’est que l’intermittence fragilise au quotidien notre équilibre.
    Actuellement, les Assedic (heu excusez moi le Pôle Emploi) étudie le dossier de renouvellement de droit. Entre les délais pour avoir un rendez-vous, les attestations qu’ils ont perdus et donc qu’il faut redemander aux employeurs (qui n’ont que cela à faire…), les demandes faites aux employeurs pour qu’ils justifient tous les contrats depuis un an et le temps de traitement des données, il faut avoir de la patience. Pour l’instant plus aucune indemnité depuis février. Par contre, le loyer, il faut continuer à le payer tous les mois…

    Alors oui le régime de l’intermittence est indispensable pour que le spectacle vivant, le cinéma, l’audiovisuel vivent, il permet de préserver une petite partie de l’éducation artistique. Par contre le système va se casser encore plus la gueule avec les abus et une gestion de plus en plus bancale et suspicieuse envers les salariés et les petits employeurs de la part du pôle emploi ! ! !

  • laptitegraine
    laptitegraine
    debout
    • Posté à 17h35 le 05/05/2009
    • Internaute 78916
      debout

    Tout est parti de la déclaration de l’ex vice-président du MEDEF qui avait déclaré en 2003 que les intermittents étaient des nantis.

    (Faut-il en rire ou en pleurer ? c’est consternant !)

    Depuis l’UNEDIC a pondu un protocole pour plus de contrôle et de sanctions, c’est à peu près dit de la sorte.

    Il me semblait important d’ajouter que le plus gros employeurs d’intermittents est....l’Etat (radio france, france 2, france 3 etc.).

    Contrôler et réprimer oui, mais les p’tits alors pasque les gros de l’industrie audiovisuel, cinématographique et du spectacle (y’en a aussi) eux ne sont pas trop inquiété, surtout lorsque celui qui contrôle et celui qui fraude et une seule et même entité.

    • heretic
      heretic répond à laptitegraine
      intergitan
      • Posté à 17h57 le 05/05/2009
      • Internaute 78868
        intergitan

      si seulement la ’tite graine avait tort mais non,
      je pense à mon ancien boss maintenant parti s’installer au centre culturel marocain après un dur labeur à naviguer en eaux troubles^^ et moults courbettes bien basses :)
      Il aura mérité sa retraite pour sûr.

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 01h29 le 06/05/2009
    • Internaute 45067
      Littéral

    Il faut dire que le problème de l’intermittence du spectacle est complexe et que le débat est presque impossible eu égard aux passions des différends protagonistes, aux enjeux financiers considérables qu’il implique.
    L’incapacité des différents acteurs de négocier une refonte radicale de ce secteur économique malgré son extension considérable et une croissance soutenue de l’activité, rend particulièrement paradoxale la dégradation des conditions socio-économiques des employés du spectacle vivant.

    Mais, ce régime particulier, fondé sur une organisation du travail qui rend possible la flexibilité maximale des emplois par la contrepartie d’une couverture assurancielle des périodes d’interprojets qui a subi une succession d’ajustement depuis plus de 20 ans, s’avère de plus plus obsolète et couteux sans que les premiers intéressés, les travailleurs du spectacle, améliore un tant soit peu leur condition de travail et d’existence, sans que les différends financeurs ne s’accordent sur un mode de gestion adapté et n’y trouve leur compte.

    On constate simplement que les salaires des intermittents restent parmi les plus bas de l’OCDE à compétence égale et pour la même durée de travail.

    La productivité et l’intensité du travail ont eu tendance a diminuer la durée des contrats.

    La révision des règles devenus plus compliquées et drastique pour obtenir les droits à l’allocation chômage a rejeté dans l’assistance sociale et la précarité une bonne partie des intermittents et a conduit à une diminution des revenus pour ceux qui réussissent à justifier des conditions pour toucher une allocation pour une durée moindre que précédemment au moment même ou la concurrence entre salariés est de plus en plus forte à cause du nombre très important de postulants à ces emplois.

    On constate simplement que ce régime s’est peu à peu transformer depuis les années 80 en une sorte de politique semi-clandestine de financement de la production culturelle.

    Sans que les principaux bailleurs de fonds n’est à dire leur mot dans les instances de décisions de la production artistiques.

    Un terrible mécanisme profondément inéquitable qui se fonde sur une concurrence sauvage dans le domaine artistique où le maitre mot est omerta et vénéneuse la sous-information chronique et l’opacité de la gestion des principaux acteurs à commencer par les différentes instances de l’État et des collectivités locales. Quand à l’industrie du spectacle, on n’en parle même pas, d’autant qu’aucun de ses représentants ne la ramène guère en public.

    • heretic
      heretic répond à egide
      intergitan
      • Posté à 10h05 le 06/05/2009
      • Internaute 78868
        intergitan

      Pas mieux^^

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