Mise en bouteille

Les dessous et les coulisses du monde de la vigne, blog de la vigneronne Catherine Bernard.

Du vin à deux balles

Catherine Bernard
Vigneronne
Publié le 25/05/2009 à 13h18


Bouteilles de Saint-Chinian vendues au Leader Price (Catherine Bernard).

Il porte un prénom et un nom qui, associés, semblent sortir d’une série B : Fred Franzia. Le New York Times titrait la semaine dernière « Le “bad boy du vin” est de retour » : Fred Franzia, mine joufflue, corpulence bonhomme et vocabulaire truculent limite charretier, préside aux destinées de Bronco Wine Co.

Il règne sur 16 000 hectares de vignes en Californie, plusieurs « wineries », 20 millions de caisses vendues- les Américains parlent en caisses quand nous parlons en bouteilles, nous n’avons pas la même échelle de valeur- et 500 millions de dollars de revenus annuels. En 2007, Fred Franzia a lancé sur le marché américain la marque « Two buck chuck », en argot littéral, vin à deux balles.

Un mélange de vins en vrac

De fait, une bouteille de « Two buck chuck » vaut 1,99 dollar. Pas de quoi fouetter un chat chez nous qui avons grandi avec le vin étoilé, les capsules en plastique et les cubis, mais impensable avant lui aux Etats-Unis. Selon lui, aucun vin ne devrait dépasser les dix dollars. Il dit faire du vin bon et pas cher pour les yuppies, se moque des compassés du vin et se présente comme un démocrate populiste. Son discours est séducteur. Dana Goodyear du New Yorker le voit plutôt comme un capitaliste darwinien.

Pour mettre sur le marché un vin à 1,99 dollar, Fred Franzia fait feu de tout scrupule. Il achète du vin en vrac à des « wineries » mal en point ou en liquidation, prochainement du chardonnay australien -le vin australien, largement financé par les fonds de pension n’est pas au mieux de sa forme-, fabrique dans sa propre usine implantée près de l’aéroport de Napa des bouteilles allégées de quatre grammes, donc moins coûteuses en matière première et moins chères à transporter, commercialise exclusivement dans ses enseignes Traders Joe (encore tout un programme). Il a été condamné à plusieurs reprises pour fraude, dont une pour avoir apposé sur ses étiquettes « Napa » qui vaut appellation en Californie.

Comme Robert Mondavi, il est le descendant d’une famille d’immigrés italiens, neveu d’Ernest Gallo, autre géant américain du vin. Les grandes, belles et nobles maisons du vin californien le vilipendent. Je pense pour ma part que son ascension n’a pu se faire sans elles. Le « bad boy » est leur âme damnée, celui qui permet d’écouler en douce les stocks les mauvaises années et de limiter la casse de la financiarisation du vin.

Quoi qu’il en soit, Fred Franzia a atteint ses objectifs de démocratisation. Il s’est vendu, depuis 2007, 400 millions de bouteilles de « Two buck chuck ». Fort de cette bonne fortune, il enfourche donc un nouveau cheval de bataille : introduire sur les tables des restaurants des vins à moins de dix dollars. Il vient de l’annoncer avec tambours et trompettes.

A moins de vendre à perte ou de tricher, des prix impossibles en France

Dans le même temps, en France, en Languedoc, au syndicat de l’AOC (Appellation d’origine contrôlée), on s’interroge. Où va-t-on avec des vins d’appellation vendus à moins de trois euros lesquels sont encore légion ?

Les volumes déclarés en AOC en 2007 (1,25 millions d’hectolitres) ont baissé de 240 000 hectolitres sans que les prix du vrac décollent du plancher (70 euros l’hectolitre). Dans une économie de l’offre et de la demande c’est mauvais signe. Le Languedoc devrait cesser de s’interroger et augmenter ses prix. Il est rigoureusement impossible de vendre 2,30 euros du Faugères ou 1,39 euro du Saint-Chinian, comme il y en a au Leader Price près de chez moi, répondant au cahier des charges de l’AOC, incluant notamment un rendement à l’hectare limité. A moins de vendre à perte ou de tricher.

Je vais bientôt mettre le millésime 2008 en bouteilles. Tous comptes faits, le seul habillage du vin (bouteille, capsule, étiquette, bouchon, carton) revient à 1,10 euro par bouteille, hors taxe (ce coût tombe à 1 euro pour une production de 30 000 bouteilles). Pour l’acheminer de Montpellier à Paris, il en coûte, en moyenne, toujours hors taxe et toujours par bouteille -là aussi cela varie avec les volumes- 0,50 euro.

Je fais grâce du reste de l’analyse des comptes. Voilà comment mon vin s’affiche au final chez les cavistes à 12 euros. Si je reste dans un vocabulaire de charretier, 12 euros ce n’est pas peau de balle. On objectera qu’en tous points je ne fais pas la même chose que le « bad boy » californien ou, version Languedoc, le Val d’Orbieu, cible régulière des viticulteurs en colère qui savent leurs vins coupés avec des vins argentins ou d’autres pays à faible coût entrés par le port de Sète. Le vin à deux balles a un prix.

Photo : bouteilles de Saint-Chinian vendues au Leader Price (Catherine Bernard).

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  • Mon-Al
    Mon-Al
    roturière : -)
    • Posté à 13h24 le 25/05/2009
    • Internaute 24219
      roturière : -)

    Il peut servir à décaper les sols ? ? ? ? Dans ce cas, c’est bien moins cher que les produits nettoyants habituels ....

    • Pseudo
      Pseudo répond à Mon-Al
      Enfin libre : -)
      • Posté à 15h20 le 25/05/2009
      • Internaute 25947
        Enfin libre : -)

      Euh, et pour l’odeur... ; -))))

      • Mon-Al
        Mon-Al répond à Pseudo
        roturière : -)
        • Posté à 16h22 le 25/05/2009
        • Internaute 24219
          roturière : -)

        On rince au vinaigre ? ? ? : -)))))))))))))))

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à Pseudo
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 11h39 le 26/05/2009
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        Chuuuuut ! ...malheureux !

    • Majesté
      Majesté répond à Mon-Al
      On respire enfin
      • Posté à 11h04 le 26/05/2009
      • Internaute 77564
        On respire enfin

      Non, c’est beaucoup trop dangereux pour les nappes phréatiques !

  • hogan
    hogan
    actif
    • Posté à 13h34 le 25/05/2009
    • Internaute 25474
      actif

    La vrai bonne question : peut-on vendre du vin comme on vend du coca ? La réponse se trouve dans la culture de chacun, aux Etats-Unis, on ouvre une bouteille de rouge l’été pour se rafraîchir comme chez nous on boit une menthe à l’eau. Notre culture du vin est, encore aujourd’hui, différente. Non pas qu’elle soit élitiste, c’est juste que notre rapport à la terre et à l’alimentation est sans doute différent. Je ne bois presque jamais de vin, j’ai par contre plusieurs centaines de bouteilles à la cave que je laisse amoureusement vieillir pour les déguster quand elles seront à leur apogée. Que les Américains aient ce type de rapport au vin ne me dérange pas, qu’ils essaient juste de ne pas nous l’imposer, cela ne se ferait qu’au nom de l’argent, et le vin vaut plus que ça.

    • A déménagé le 13-01-2012
      • Posté à 04h44 le 26/05/2009
      • Internaute 18368

      Comment arriverez-vous à déguster « amoureusement » plusieurs centaines ( !) de bouteilles quand vous n’en buvez presque jamais ? ?

      Besoin d’un coup de main ? :)

    • didier1
      didier1 répond à hogan
      retraité
      • Posté à 11h32 le 26/05/2009
      • Internaute 66204
        retraité

      En ce qui concerne les « bouteilles que vous laissez amoureusement vieillir », vous devriez peut-être lire les chroniques de Piquet-Boisson dans Siné-hebdo dans lesquelles il vilipende l’usage de la bouteille comme conditionnement pour le vin et le sur-vieillissement considéré par lui comme un « truc de snob ». En gros, ce qu’il dit, c’est : « le vin, c’est fait pour être bu, pas pour vieillir dans des bouteilles », et ce qu’il conseille comme conditionnement, c’est le bib de 3 ou 5 litres. Moi j’ai pas d’avis tranché sur la question mais son avis paraît argumenté et de toute manière, je ne leur laisse pas le temps de vieillir (aux bouteilles) : on a jamais vu un coffre-fort plein de pinard sur un corbillard...

      • DIOPZO
        DIOPZO répond à didier1
        • Posté à 22h56 le 26/05/2009
        • Internaute 24613

        Les grands vins demandent du temps. Une cave ne se vide pas de son vivant, on la lègue à ses enfants, si on a pris soin d’éduquer leur goût au vin.Mais il est vrai que peu de vins sont taillés pour la garde.

  • shillom
    • Posté à 13h51 le 25/05/2009
    • Internaute 22134

    Huuuummm de la bonne villageoise à 2€ les 1,5L ! !

  • Xavier Denamur
    Xavier Denamur
    Restaurateur
    • Posté à 14h02 le 25/05/2009
    • Internaute 48550
      Restaurateur

    J’aimerais tout d’abord recommander l’excellent documentaire Modivino. Dans son film Jonathan Nocitter montre très bien que ceux qui metttent de la merde en bouteille traitent leurs salaries comme de la merde et les consommateurs comme des bouffe-merdes. Des exemples comme le Mouton-Cadet distribués par millions de bouteilles aux 4 coins du monde ont fait énormément de tort a l’image de ce produit. Les nouveaux business evils de ce secteur devraient arborer le slogan suivant : peu importe le flacon pourvu qu’on est le fric.

    • Xavier Denamur
      Xavier Denamur répond à Xavier Denamur
      Restaurateur
      • Posté à 14h10 le 25/05/2009
      • Internaute 48550
        Restaurateur

      Lire qu’on ait le fric bien sûr .
      Petit conseil méfiez vous de la GD déguisée dans les chaînes de caves, préférez des cavistes indépendants souvent de meillleurs conseils et offrant un meilleur rapport qualité prix sur des produits issus de la vraie agriculture...

      • FabiendeMénilmontant
        FabiendeMénilmontant répond à Xavier Denamur
        journaleux - blogueur
        • Posté à 15h50 le 25/05/2009
        • Internaute 14145
          journaleux - blogueur

        Il faut connaître.
        Par exemple, lorsque j’étais encore consommateur, il m’arrivait d’aller dans une chaîne, mais uniquement chez UN individu, Gilles Mourgues, qui tenait boutique rue des Pyrénées, dans une petite chaîne désormais associée à « ChateoOnLine ».
        Ce monsieur a monté son entreprise ici :
        Lien
        à l’entrée de la rue où l’on trouve les lieux de tournage de Signoret et Reggiani.
        Il paraît qu’il est un poil plus cher que dans le lieu où je le connaissais. Je n’y suis pas allé, et à vrai dire faire (ou tenter de faire) un comparatif avec l’inflation et les francs, ça me gonfle un peu…

         
        • C-dâv
          • Posté à 08h48 le 26/05/2009
          • Internaute 23444

          Dans la même veine,il y a « ma cave en ville » rue de Belleville (côté 19) métro Pyrénées et le caviste de la rue Simon Bolivar.
          On y trouve des « Bib » de 5l de vins trés agréables et 2 fois moins chers qu’en bouteilles. J’ai comparé avec les bouteilles,le vin et exactement le même.
          Ces cavistes sont de bons conseils et il y en a vraiment pour tous les goûts et toutes les bourses.
          De plus ils travaillent avec des vignerons valorisant leurs terres et le second privilégie le raisin bio.
          A découvrir.

        • steu
          steu répond à FabiendeMénilmontant
          synapse
          • Posté à 17h42 le 26/05/2009
          • Internaute 65559
            synapse

          J’habite presque en face de la cave des cascades. On y trouve des très bons petits vins. L’acceuil est bon. Que demander de plus ?

        2 autres commentaires
      • Rocky
        Rocky répond à Xavier Denamur
        • Posté à 16h07 le 25/05/2009
        • Internaute 3265

        Vous avez raison, les cavistes sont en effet de bon conseil.
        J’en connais un qui se fournit régulièrement au centre Leclerc en face de chez lui, notamment lors des foires au vin, où il achète par caisses entières.
        Je fais comme lui.
        Par ailleurs, hors les grandes occasions, le vin que je bois à tous les repas me coûte rarement plus de trois euros.
        C’est fou le nombre de petites AOC ou de vins de pays qu’on trouve à ce prix là dans les rayons des grandes surfaces.

         
        • Xavier Denamur
          Xavier Denamur répond à Rocky
          Restaurateur
          • Posté à 16h32 le 25/05/2009
          • Internaute 48550
            Restaurateur

          Bien donnez l’adresse que l’on en profite.

          • malatrie
            malatrie répond à Xavier Denamur
            Distraite
            • Posté à 21h33 le 25/05/2009
            • Internaute 26407
              Distraite

            Ben, moi, je connais une caviste absolument géniale, mais c’est au Puy-en-Velay.

            • Xavier Denamur
              Xavier Denamur répond à malatrie
              Restaurateur
              • Posté à 21h53 le 25/05/2009
              • Internaute 48550
                Restaurateur

              Si elle n’achète pas son vin chez Leclerc, elle ne peut pas être vraiment géniale... Et puis en veux l’un pas une...

              • malatrie
                malatrie répond à Xavier Denamur
                Distraite
                • Posté à 22h07 le 25/05/2009
                • Internaute 26407
                  Distraite

                Damned ! Je crois qu’il n’y a pas de Leclerc, au Puy !

                • Xavier Denamur
                  Xavier Denamur répond à malatrie
                  Restaurateur
                  • Posté à 22h50 le 25/05/2009
                  • Internaute 48550
                    Restaurateur

                  La, vous avez un serieux problème au Puy, vous n’allez jamais pouvoir mettre de l’eau dans votre vin.

        • Xavier Denamur
          Xavier Denamur répond à Rocky
          Restaurateur
          • Posté à 18h23 le 25/05/2009
          • Internaute 48550
            Restaurateur

          Votre silence me laisse perplexe comme les articles « rédactionnels » de Liberation, L’express et consors qui citent uniquement Carrefour, Leclerc ou Auchan pendant les foires aux vins...

          • Rocky
            Rocky répond à Xavier Denamur
            • Posté à 01h11 le 26/05/2009
            • Internaute 3265

            J’ai peur de ne pas saisir l’allusion, d’autant que je ne lis pas LIbération. Surtout quand il est question de vin.
            Ceci dit, à mon sens, si ce caviste, qui n’est peut être pas le seul dans ce cas, se fournit à l’occasion chez Leclerc, c’est très probablement parce que ces braves gens, lors des foires aux vins de l’automne, vendent des grands ou moins grands crus à des prix inférieurs à ceux que lui-même peut obtenir de ses fournisseurs.

            • Xavier Denamur
              Xavier Denamur répond à Rocky
              Restaurateur
              • Posté à 21h20 le 26/05/2009
              • Internaute 48550
                Restaurateur

              En fait, je parlais du marketing fait autour de ces foires aux vins où la grande distribution rameute toute la presse autour de cette opération. Si effectivement on trouve de bonnes affaires ( encore faut-il être « professionnel » ou bon connaisseur) cela permet surtout de donner l’impression que les meilleurs vins aux meilleurs prix ne se trouveraient qu’en grande distribution et de capter ainsi une clientèle nombreuse ayant une mauvaise connaissance du vin. Car en réalité, le reste de l’année ces grandes enseignes margent principalement et fortement sur des vins de coopérative et de négoce que la grande masse de la clientèle achète en pensant faire une bon coup. ( je donnais juste auparavant l’exemple du Mouton-Cadet mais il y a nombre de moutons qui s’achètent...)
              A l’inverse, le service du caviste consiste précisément à fidéliser une clientèle d’amateurs de bon vins en lui faisant découvrir des produits du terroir souvent non distribués en GD avec un rapport qualité-prix constant.
              Pour information, j’ai une cave où je vends aussi quelques rares produits que l’on peut retrouver en GD mais je les achète en direct et les revends souvent moins chers que nos grands défenseurs du pouvoir d’achat. Bizarre ?

              • Rocky
                Rocky répond à Xavier Denamur
                • Posté à 22h35 le 26/05/2009
                • Internaute 3265

                Vous avez raison. Il reste qu’en déchiffrant les étiquettes, on trouve dans la GD des vins qui ne viennent ni du négoce, ni des coopératives, à des prix tout à fait intéressants et pour une qualité raisonnable, en tout cas pour le buveur basique que je suis. Encore faut-il aller voir du côté des appellations sans prétention, Premières côtes, côtes de Bourg ou Graves de Vayres plutôt que Médoc ou saint Emilion, Entre deux Mers ou Cérons plutôt que Sauternes, ou encore côtes de Duras, Bergerac, Faugères, Saint Chinian, le choix est vaste, et je ne parle pas des vins de pays ou du muscadet pour les huîtres que j’achète directement au producteur sur un marché.
                On sait bien aussi que nombre de petits producteurs vendent une partie de leur récolte à des prix cassés à la GMS, ce qui leur fait de la trésorerie.

                Et puis, habitant à la campagne, trouver un caviste ca veut dire faire trente bornes et tourner pour trouver une place de stationnement, alors que les Leclerc et autres Intermarché sont beaucoup plus près et que les parkings y sont vastes et gratuits.

        9 autres commentaires
    • oldmc
      oldmc répond à Xavier Denamur
      abstentioniste volontaire
      • Posté à 07h42 le 26/05/2009
      • Internaute 67746
        abstentioniste volontaire

      lire « mondovino » et « non modivino ». effectivement excellent documentaire vu et revu ici en Bourgogne où les terres sont bien polluées par les vignerons....

      • Xavier Denamur
        Xavier Denamur répond à oldmc
        Restaurateur
        • Posté à 21h25 le 26/05/2009
        • Internaute 48550
          Restaurateur

        Merci pour cette correction. Pour tout dire, mon commentaire a été écrit sur Iphone...depuis le Médoc...

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 14h08 le 25/05/2009
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Que les industriels étrangers - ou français ! - cherchent à commercialiser à outrance en dénaturant le produit, quoi d’étonnant ? Le vin a subi ainsi maints assauts : depuis le jus de betterave jusqu’aux copeaux en passant par le soufre et bien pire.
    Mais jusqu’à présent, surtout en France, une culture, une civilisation du vin nous protégeait. Et la riposte des consommateurs, même si le prix est un argument, faisait que beaucoup de bibine étrangère ne passait pas ou guère. A l’étranger qu’en est-il ? Mettons de côté les pays latins pinardiers de tradition comme l’Italie, l’Espagne ou le Portugal. Dans les pays anglo-saxons comme l’Angleterre ou les Etats-Unis, il y a de plus en plus de connaisseurs exigeants parallèlement à une consommation que l’on tente de massifier. Le vin est un engouement pour maints Américains - plutôt chauvin à ce sujet -, notamment en Californie. Leur vin est souvent de bonne qualité. Inquiéts pour la qualité ? Certes. Je compte sur la réaction des consommateurs du monde entier.

    • Xavier Denamur
      Xavier Denamur répond à nemo3637
      Restaurateur
      • Posté à 14h36 le 25/05/2009
      • Internaute 48550
        Restaurateur

      D’accord avec votre analyse sauf la dernière phrase, la standardisation de la bouffe ou du vin sur la planète empêchera votre belle vision du marche de s’accomplir. Bien sur il ne
      faut pas baisser les bras pour autant et je resterai toujours a défendre des vins comme ceux produits par l’auteur de cette tribune.

  • Al nasr al tair
    Al nasr al tair
    L'aigle en vol...
    • Posté à 14h22 le 25/05/2009
    • Internaute 69210
      L'aigle en vol...

    Est ce une si bonne idée de nous parler de vin quand le lait va si mal...
    Ah ! Pardon. On me dit dans mon oreillette que le vin ça va pas bien non plus... Au temps pour moi !

    Ok je sors... (et retourne à mon thé...)

  • ecor1
    ecor1
    sur le fil
    • Posté à 14h36 le 25/05/2009
    • Internaute 25388
      sur le fil

    Je ne suis pas sur que ce système puisse fonctionner à long terme et surtout je me demande aussi a quelle clientelle cela s’adresse.

    Je pense que le vin à deux balles vise essentiellement les buveurs de sodas et autres mangeurs de junk food américains qui d’habitude n’achètent pas de vin.

  • hyperchleuasme
    • Posté à 15h08 le 25/05/2009
    • Internaute 29950

    Depuis que j’ai bu des vins français AOC en Belgique, j’ai quelque peu l’impression qu’il y en a un ou deux dans le tas d’embouteilleurs français, qui connaissent la combine pour vendre au prix fort des vins, comment vous dire, « bizarres », à des aisstrangés par définition trop cons pour voir la différence. Vous avez le bordeaux qui pétille, le vin de Loire coupé à l’eau et parfois on dirait aussi que l’étiquette a été photocopiée à la frontière. ah, ah, vivement que je teste la mort aux rats présumée dans cet article ! qu’on en finisse !

    • sefero49
      sefero49 répond à hyperchleuasme
      Soldat mugissant
      • Posté à 19h21 le 25/05/2009
      • Internaute 12260
        Soldat mugissant

      En effet, il m’est arrivé de boire, à un mariage aux Etats Unis, du champagne « made in France » qui titrait 11°...
      Ici, il aurait été invendable
      (C’était en fait un très mauvais mousseux )

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 15h24 le 25/05/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Ce qui est choquant, ce n’est pas la la bouteille de pif à deux balles, c’est qu’un Américain ose piquer une pratique qui est bien de chez nous : le cubi de Villageoise !
    Quant à fourguer du vin de merde au resto, cela fait longtemps que c’est une norme dans ce pays.

    Donc en tant que bon Français qui n’est pas alcoolique puisqu’il ne boit que du vin, je me dresse contre le vol de cette pratique bien française qu’est la piquette !

    • Xavier Denamur
      Xavier Denamur répond à Keldan
      Restaurateur
      • Posté à 16h56 le 25/05/2009
      • Internaute 48550
        Restaurateur

      Quelle haleine vineuse pour nous servir cépages a propos de nos restos nationaux. Que l’Union des Mauvais Patrons vous attrape encore une fois a médire cette profession respectueuse des traditions francaises et les établissements Bertrand vous mettront tricard lors de leur prochaine livraison de petits cartons...

  • poissonpiloté
    poissonpiloté
    c'est par où l'amer ?
    • Posté à 18h44 le 25/05/2009
    • Internaute 75343
      c'est par où l'amer ?

    Sans vouloir faire de provocation inutile, il serait intéressant de savoir ce que donnent ces « two buck chucks » à la dégustation.
    Vu leur succès (même si ce ne sont que des palais californiens qui les subissent), ils semblent avoir quelques intérêts (au moins celui de ne pas altérer la santé de ceux les boivent). Il me parait donc délicat de ne mettre en avant que leurs prix dans la mesure où si ils sont vraiment de qualités discutables, vu leurs prix, bon ben normal, et si ils sont de qualité acceptables, c’est peut être surprenant mais il est probable que les pratiques mises en œuvre pour leur élaboration permettent ces prix (M. Franzia n’a pas l’air d’un philanthrope). C’est peut être gênant mais cela correspond à une approche industrielle du vin qui semble être celle de ce monsieur.
    Par contre des cours à 70 €/hl pour des vins d’AOC (soit 0.53 centimes d’euros les 75 cl, loin des 2 dollars) ce n’est pas viable pour les vignerons au vu des exigences impliquées par la revendication des AOC. Ce n’est pas non plus viable à terme pour les négociants qui risquent rapidement de voir se tarir leurs sources d’approvisionnement faute de combattants (c’est malheureusement le cas de nombreux vignobles). Cela me semble donc beaucoup plus inquiétant, vis à vis de la pérennisation de la notion d’AOC et du tissu viticole français, que l’existence de vins bon marchés (non AOC) issus de pratiques industrielles qui ont toujours plus ou moins existé.

    • Marie SF
      • Posté à 22h24 le 25/05/2009
      • Internaute 34085

      D’expérience, je peux vous dire que le « two buck chuck » ou « Charles Shaw » est d’une qualité généralement acceptable.

      Je l’utilise plus fréquemment pour cuisiner mais il est également tout à fait buvable.
      La qualité varie et nous avons parfois été très agréablement surpris par certaines bouteilles.

      • ah_bon
        ah_bon répond à Marie SF
        cherchant
        • Posté à 06h09 le 26/05/2009
        • Internaute 54339
          cherchant

        Ah bon ? J’ai goûté le rouge (Cabernet Sauvignon) et le blanc (Chardonnay), et j’ai trouvé ça vraiment pas bon du tout. Ils ont aussi sorti un autre blanc, Sauvignon ? (et peut-être un autre rouge), mais ça ne m’a pas donné envie de les goûter... Il est vrai qu’en France je ne bois pas de Villageoise, donc certains vont me trouver snob quand ils liront que je bois des bouteilles à 8-10 dollars... Mais je suis loin d’en boire tous les jours, donc ça revient au même question budget....

        Selon ce monsieur, « aucun vin ne devrait dépasser les dix dollars. » Ok, j’attends le Château Margaux et le Mouton Rothschild à 10 dollars, j’en achèterai 10 caisses de chaque. Des premiers crus à 10 dollars, ce n’est pas faisable, mais il est vrai qu’ils ne devraient pas coûter 400-500 dollars (voire plus).

        Au fait, si quelqu’un de la rédaction me lit : pour l’article, c’est Trader Joe’s, pas Traders Joe.

  • omega09
    omega09
    Retraité
    • Posté à 18h45 le 25/05/2009
    • Internaute 72961
      Retraité

    Vite, le retour du pinard à la tireuse et la réouverture des entrepôts de Bercy...
    Le vin des Rochers, le velours de l’estomac...aie ! ! ! mon ulcère.

    • Un vieux
      Un vieux répond à omega09
      retraité
      • Posté à 19h47 le 25/05/2009
      • Internaute 38946
        retraité

      Ahhh... Un connaisseur... ! ! ! Le Postillon, GRAP, Préfontaines, Gévéor, etc... Ca vous décapait la tuyauterie, ça, Monsieur... ! ! ! Ce n’était pas du vin de régime allégé... Rien que de voir la calèche de livraisons avec ses chevaux et le postillon, ça donnait soif...

      • A déménagé le 9-8
        • Posté à 10h47 le 26/05/2009
        • Internaute 5710

        Il y avait le « Joligrain », aussi.....mon père buvait ça dans les années 50, je me rappelle qu’il allait les chercher par 12 dans un casier en métal, en bouteilles consignées.....Aaahhh, le bon vieux temps ! ! !

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 19h02 le 25/05/2009
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Siné aurait déclaré qu’il irait en acheter du St Chinian quand Charlie-Hebdo repasserait devant son journal libertaire... ! !

    Lien

  • spaham
    spaham
    PPCQA
    • Posté à 21h16 le 25/05/2009
    • Internaute 60591
      PPCQA

    J’ai découvert le saint-chinian il y a un an ou deux. On le trouve aussi dans mon super pour 2-3 euros selon étiquettes. Je dois dire que je l’apprécie beaucoup, souvent plus que des bordeaux vendus 2-3 fois plus chers pour le meme genre de qualité...
    J’ai été beaucoup plus déçu par les bordeaux d’ailleurs que par les « petites » appellations. Ils serait temps que leur domination retombe et laisse la place aux autres !

  • mick69
    • Posté à 21h34 le 25/05/2009
    • Internaute 2907

    Je n’y connais pas grand chose mais le Saint-Chinian ou Faugères « Club des sommeliers » à environ 3,30 euros me conviennent

  • ShowViniste
    ShowViniste
    Blogueur et citoyen du vin
    • Posté à 22h18 le 25/05/2009
    • Internaute 58665
      Blogueur et citoyen du vin

    Ce sont bien 2 mondes, toi, Catherine avec tes 4 ha et ce Franzia avec ses 16000 ha.
    Au même ratio de 1 personne pour 4 ha, il devrait faire vivre 4000 personnes. On imagine très vite le profit de ce genre d’entreprise.
    Il n’y a rien à comparer à une telle échelle de différence.
    Mais ce serait tout même intéressant qu’au niveau mondial, des groupes français se développent encore pour conquérir ces marchés de petits prix. Comme tu le dis, les AOC doivent se battre sur une autre valeur que le prix d’achat. Plutôt sur la valeur patrimoine ou saveur ou tradition.
    Et nous avons bien assez d’acteurs capables de faire de ces vins à 2 balles qui n’exigent qu’une réponse simple à un besoin immédiat : acheter moins cher !

  • envert94
    • Posté à 06h28 le 26/05/2009
    • Internaute 56778

    Lien

    Ce qui est sur c’est que les pratiques de la grande distribution encouragent le système de produire n’importe quoi, n’importe comment afin de faire baisser les couts....mais pas leur marge.

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 12h01 le 26/05/2009
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    * DU PINARD A DEUX BALLES ?
    Je ne pense pas qu’il y ait tant de problèmes à ce niveau...

    Il suffit de mettre à cette bouteille une belle étiquette et d’afficher
    un prix oscillant entre 4 et 5 € pour....
    ...pour que certains la trouve formidablement délicieuse !

    C’est con, l’autosuggestion sur laquelle travaillent tous les publicitaires.
     : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : :
    Anecdote :
    Lorsque nous étions enfants, mon petit frangin ne supportait pas de produits bas de gamme, et ma pauvre mère était forcé de demander à la vendeuse de dire que la chaussure valait « tant »...
    ...alors qu’en vérité, elle ne coutait que 20 % du faux prix annoncé....
    - Sinon, le petit sacripan la trouvait môche et n’en voulait pas !

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