Infusion de sciences

La science est une activité très sérieuse dont il est fondamental de parler (aussi) avec dérision

Les maths quantiques jouent au casino avec des atomes

Damien Jayat
Médiateur scientifique
Publié le 27/05/2009 à 15h10


Erwin Schrödinger sans son chat mais avec son équation (Wikimédia Commons)

Vous n’avez jamais rien compris aux maths ? Vous êtes convaincus qu’elles ne servent qu’à dégoûter de l’école des générations d’élèves ? Pourtant, notre quotidien en dépend largement, et les scientifiques font souvent appel à eux. Exemple avec un jeune chercheur qui manipule les équations comme des jouets d’enfant.

Il s’appelle Thomas Bouabça et achève sa thèse au laboratoire de chimie et de physique quantique, à Toulouse. Il a passé l’examen oral la semaine dernière. Je suis allé écouter, à commencer par le titre de sa thèse : « Introduction d’orbitales corrélées dans les approches Monte-Carlo quantiques. »

Titre incompréhensible, Thomas le sait. Il a donc un sous-titre qui se veut éclaircissant : « Comment rendre les approches Monte-Carlo quantiques opérationnelles en chimie ? » Là encore, même pour un lecteur assidu de Science&Vie ou de Rue89, le flou règne en maître.

L’équation de Schrödinger, gourmande en calculs complexes

Peut-on faire encore plus clair ? Je relève les manches et le défi.

Dans la conception classique de la matière, un atome c’est un noyau avec des électrons qui tournent autour. Trop simple pour être vraie, cette vision a été profondément modifiée par une théorie apparue au début du XXe siècle : la mécanique quantique.

Dans ce nouveau monde, les particules sont aussi des ondes, leur position et leur vitesse ne peuvent être connues en même temps avec la même précision, et elles ne peuvent renfermer que certaines doses d’énergie. Comme un four que vous pouvez chauffer à thermostat 4 ou 5 mais jamais à 4,734.

Lorsqu’on étudie un atome ou un assemblage d’atomes (une molécule), il est important de connaître avec le maximum de précision l’état des électrons et notamment ce qu’on appelle leur « niveau d’énergie », c’est-à-dire à quel thermostat ils sont chauffés.

Pour cela, le mécanicien quantique utilise une formule : l’équation de Schrödinger, proposée par l’Autrichien du même nom en 1925.

Avantage de cette équation, à partir de quelques infos sur les électrons, elle vous décrit leur évolution dans le temps et l’espace avec l’aisance d’un Casanova dans un harem perse gardé par seize eunuques.

Inconvénient : obtenir la carte d’identité d’un électron isolé gravitant autour d’un noyau demande de nombreux calculs mathématiques. Pour deux électrons, c’est pire.

Et pour décrire un atome comme le cuivre, qui contient 29 électrons, même un stock de Doliprane devient inutile. Finalement, sauf pour l’atome d’hydrogène (un électron + un proton) tous les calculs doivent être pris en charge par un ordinateur. Lui seul est capable d’effectuer les milliards de calculs nécessaires.

Des calculs approchés, mais attention à la marge d’erreur

Mais voilà que certains rêvent de décrire avec l’équation de Schrödinger la structure d’une molécule entière. Plusieurs atomes, donc plusieurs dizaines, voire centaines d’électrons ! De la folie pure. D’ailleurs, c’est impossible à l’heure actuelle. Les chercheurs arrivent seulement à trouver une approximation de la solution. Et rien que pour ça, je vous dis pas le boulot.

L’idée est la suivante. Au lieu de se liquéfier le cerveau à résoudre une vacherie d’équation qui résiste à tout bombardement calculatoire, on prend une autre équation, qui lui ressemble le plus possible et qu’on sait résoudre.

Les calculs gentiment exécutés par l’ordinateur servent alors à « optimiser » cette équation, c’est-à-dire à trouver une solution la plus proche de la vraie. Au lieu de bâtir un fragile château de cartes, on en fait un pareil avec des planches de bois. Moins esthétique, mais ça tient debout.

Cette méthode introduit un nouvel inconvénient. En cherchant une solution approchée, on commet toujours une erreur, un écart par rapport aux valeurs réelles.

Si vous cherchez à distinguer deux électrons dont l’un est à 10 mètres du noyau et l’autre à 15 mètres (les chiffres sont faux bien sûr), et que votre équation approchée vous dit « ton premier électron est à 10 mètres... à 7 mètres près », comment faites-vous pour le distinguer du second ? Vous ne pouvez pas.

Les calculs approchés sur l’équation de Schrödinger ont exactement le même souci. Le but de certains travaux de recherche est donc de minimiser les écarts, de trouver la solution approchée la plus approchée possible.

C’était le sujet de la thèse de Thomas : comment réduire ces saloperies d’erreurs quand on veut résoudre l’équation de Schrödinger pour des molécules complexes.

Faire confiance au hasard, c’est scientifique !

Pour cela, il a utilisé une méthode originale de calcul, appelée « Monte-Carlo » en l’honneur du casino de la ville du même nom. Elle repose en effet sur des calculs de probabilités, les mêmes que dans les jeux de hasard dont étaient friands les inventeurs de ladite méthode.

La Monte-Carlo est utilisée depuis longtemps dans les calculs économiques (fixation des prix) ou dans les télécoms (traitement du signal) et, depuis peu, en chimie. Avec son traditionnel lot d’ennuis.

Pour appliquer Monte-Carlo, vous devez étudier trois équations proches -dont l’équation de Schrödinger et sa version approchée- et les optimiser afin de les rendre rigoureusement égales. Superposables.

Mais vous savez dès le départ qu’elles ne pourront jamais être égales à zéro en même temps. Dans ces conditions, impossible de superposer, impossible d’optimiser à 100% l’équation approchée. Vous tapez autant de fois que vous voulez dans la balle de golf, elle frôlera le trou sans jamais tomber dedans.

Agaçant, non ? C’est pourquoi Thomas a essayé une nouvelle technique. Plutôt que d’optimiser son équation d’un bloc, il l’a découpée en morceaux pour s’attaquer à chacun séparément.

Il a aussi obligé son équation à obéir à des règles simples de physique sur le comportement des électrons. Ce qui lui a permis de superposer le plus parfaitement possible ses équations, à grands coups de maths qui m’ont fait, je l’avoue, un peu décrocher lors de son exposé oral : les variances, Jastrows, matrices hessiennes et opérateurs hamiltoniens m’ont laissé un peu froid.

Là n’est pas l’essentiel. Le côté le plus passionnant de ce travail reste son utilité future. La nouvelle technique d’optimisation est encore imparfaite, elle marche bien sur des petits atomes mais laisse des doutes quand il y a trop d’électrons. Avec encore du travail, ça ira mieux.

On trouvera des équations de Schrödinger approchées qui permettront de décrire les centaines d’électrons d’une molécule simple, et pourquoi pas d’une grosse.

A quoi servent les maths ?

L’idée, à long terme, est de pratiquer de la chimie sur ordinateur. De connaître si bien la structure d’une molécule, électron par électron, qu’on pourra prédire si et comment elle interagit avec une autre ; où on peut la casser en deux et lui recoller un autre morceau ; si elle peut changer de forme, etc. Tout ça à partir de calculs mathématiques.

On pourra, grâce à ces modèles informatiques, chercher des médicaments, décrypter certains mécanismes biologiques, trouver des procédés de synthèse chimique plus simples, étudier des molécules étranges (comme O4, qui se forme dans l’atmosphère) ou inventer de nouveaux écrans.

Les recherches sur ordinateur sont déjà légion dans ces domaines car elles permettent de belles économies de temps, d’argent, de consommation et de pollution.

Il reste encore des progrès à faire sur toute la chaîne, depuis les calculs au fond du labo jusqu’à l’application concrète.

Ces progrès viendront de l’association de plusieurs disciplines en chimie, biologie, mathématiques et informatique. Nouvel exemple, s’il en fallait, que la recherche scientifique n’avance que si chacun y met du sien. Sans compter la volonté politique, le contrôle citoyen et la diffusion médiatique comme celle que je viens d’essayer.

Voilà. Je vous laisse avec ça sur les bras, en espérant que c’est plus clair à la fin qu’au début, et que vous avez au moins compris le sous-titre de la thèse de Thomas...

Aller plus loin
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  • Korchkidu
    Korchkidu répond à tecole74hs
    Grand patron de 0,4 personnes
    • Posté à 20h45 le 27/05/2009
    • Internaute 69594
      Grand patron de 0,4 personnes

    Votre chaîne de calculs est petite comparée au nombre d’itérations pour une optimisation même basique. il suffit de multiplier 1 millions de fois un même nombre qui a une erreur ridicule pour qu’elle deviennent énorme.

    K.

  • pinokio
    pinokio
    Etudiant.Enchainé
    • Posté à 17h27 le 27/05/2009
    • Internaute 73890
      Etudiant.Enchainé

    « on pourra prédire si et comment elle interagit avec une autre ; où on peut la casser en deux et lui recoller un autre morceau ; si elle peut changer de forme, etc. Tout ça à partir de calculs mathématiques.

    On pourra, grâce à ces modèles informatiques, chercher des médicaments, décrypter certains mécanismes biologiques, trouver des procédés de synthèse chimique plus simples, étudier des molécules étranges (comme O4, qui se forme dans l’atmosphère) ou inventer de nouveaux écrans. “

    Et pourquoi pas une nouvelle bombe ? =)

  • loloetalex
    loloetalex
    De plus en plus en colère
    • Posté à 18h31 le 27/05/2009
    • Internaute 79845
      De plus en plus en colère

    Merci pour cet excellent article.

  • Tom Roud
    • Posté à 20h18 le 27/05/2009
    • Internaute 18046

    Certes, c’est important de trouver des approximations des solutions de l’équation de Schrodinger. Et ça, c’est des maths.
    Mais Schrodinger était un physicien, et il me paraît important de faire une distinction entre maths et physique, car en physique, presque par définition, toute équation est une approximation de ce qui se passe en réalité. Approximation plus ou moins exacte (clairement la mécanique quantique « marche » très bien) mais approximation quand même. L’équation de Schrodinger n’est pas la réalité, elle n’en est qu’une description mathématique très précise. Et à d’autres échelles, il est beaucoup plus intelligent d’utiliser une autre description que l’équation de Schrodinger pour décrire les phénomènes. Par exemple, si on s’intéresse aux mouvements des planètes, on utilise la mécanique newtonienne ou la relativité générale, qui sont des descriptions de la réalité plus « pratiques » à ces échelles.

    Il y a une histoire sur le fait que le Monte Carlo ne s’appelle pas le Las Vegas, avec des vrais morceaux de projet Manhattan dedans :

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  • A-A
    A-A
    En perdition (comme la planète)
    • Posté à 19h26 le 27/05/2009
    • Internaute 48720
      En perdition (comme la planète)

    Sympa d avoir un article sur les maths
    Meme si je ne suis pas sur d avoir compris 50 % de ce que l auteur à exprimer.

    En fait, j ai tjr eu du mal avec les maths et la physique.
    Je suis peut etre complétement abruti mais ce qui me désesperait le plus en cours, c est que les profs n avaient qu une seule maniere d expliquer.
    Si vous aviez compris, tant mieux, sinon tant pis pour vous.(et dès le college)

    et donc, très rapidement, j ai laché toutes les matières scientifiques (pas parce que ca ne m interessait pas, mais parce que j avais l impression que je ne parlais pas la meme langue que le prof, et que lui n arrivait pas à parler la mienne)
    et cela m a tres vite braquer contre ces profs qui n ont jamais appris la pédagogie ou qui s en foutaient royalement

    j ai quitté l ecole il y a 10 ans, et j ai tjr eu l impression d etre passé à coté de plein de choses à cause de ce manque en « sciences »

    • siko
      siko répond à A-A
      capitaliste révolutionnaire
      • Posté à 03h37 le 28/05/2009
      • Internaute 38962
        capitaliste révolutionnaire

      Je suis bien d’accord, mais peut-être que le problème avec les profs de math, c’est qu’ils ne font pas assez de parallèles avec les autres matières scientifiques. D’autre part, ayant suivi des cours de math un peu plus poussé qu’à l’école, j’ai découvert que les maths, c’est loin d’être ce que l’on pense lorsque l’on sort de l’école, où l’on a bien souvent fait que des maths pratiques. Les maths, ce n’est pas ca :

      mais plutôt ça :

      • vinz13
        vinz13 répond à siko
        moine thélonieux
        • Posté à 09h40 le 28/05/2009
        • Internaute 37135
          moine thélonieux

        C’est mignon, c’est la démonstration d’un théorème sur la dérivations des fonctions composés.

  • Nitrogen
    Nitrogen
    Chimiste
    • Posté à 19h32 le 27/05/2009
    • Internaute 80866
      Chimiste

    Tout d’abord, j’ai une petite précision à apporter : l’équation de Schrödinger ne permet pas réellement de décrire l’évolution d’un électron d’un niveau d’énergie donnée dans le temps. D’ailleurs, on doit abandonner l’idée de trajectoire : ce n’est pas l’équivalent du trajet d’un planète autour du soleil... On parle en fait de « densité de probabilité ». Traduction, cette équation ne permet « que » de savoir les zones où il est probable de trouver un électron. Et ce n’est pas forcément une simple shère autour du noyau de l’atome...

    J’en profite pour rebondir sur les commentaires de nos amis mathématiciens : comme eux, je préfère avoir une belle démonstration qu’une résolution par la force brute. Sauf que dans notre cas (Schrödinger), je confirme que la résolution de l’équation se fait dans la douleur rien que pour un malheureux électron... Et encore, on a dû faire des approximations en cours de route ! Je laise les curieux faire un tour sur Wikipedia pour regarder cette équation de plus près.

    Enfin, Monte-Carlo n’est certes pas une façon élégante de procéder, mais c’est celle qui permet d’obtenir des réponses approchées dans un temps raisonnable. Solutions qui sont souvent confirmées par des mesures expérimentales.

    • V.B.
      V.B. répond à Nitrogen
      Chercheur
      • Posté à 09h17 le 28/05/2009
      • Expert 27686
        Chercheur

      L’équation de Schrödinger, la vraie, est dépendante du temps et permet donc de décrire l’évolution des fonction propres et valeurs propres d’un hamiltonien en fonction du temps (désolé pour le jargon), à savoir les fonctions d’ondes des éléctrons et l’énergie qui leur est associé.

      Dans le cas générale, l’équation que l’on appelle par abus de language « équation de Schrödinger » est en réalité sa variante indépendante du temps, qui permet de décrire des états stationnaires. C’est cette équation qui est résolue de manière approchée par la plupart les codes de calculs quantique. Sauf ceux qui travaillent explicitement sur des versions « dépendante du temps ».

      • Nitrogen
        Nitrogen répond à V.B.
        Chimiste
        • Posté à 13h28 le 28/05/2009
        • Internaute 80866
          Chimiste

        Tout à fait d’accord. Je voulais juste recentrer le débat sur le fond de l’article car la méthode de Monte-Carlo est peut-être discutable dans son principe mais c’est celle qui permet d’obtenir très intéressants en chimie ou en biochimie. Entres autres résultats, cette méthode permet de trouver rapidement la conformation d’une molécule (càd l’arrangement des atomes dans l’espace, la séquence de ces atomes étant fixée).
        Par conséquent, le travail réalisé dans cette thèse permettra aux chercheurs des gains de temps ou en précision appréciables.

        Sinon, effectivement, j’étais directement passé à la forme indépendante du temps pour l’équation de Schrödinger puisque que c’est la plus utilisée ou en tout cas la plus montrée aux étudiants. Et les valeurs propres de l’opérateur hamiltonien me laissant encore des frissons dans le dos 6 ans après mes études, je n’avais pas voulu utiliser le « jargon ». Cordialement.

  • setori
    setori
    retraité
    • Posté à 19h37 le 27/05/2009
    • Internaute 43503
      retraité

    Effectivement cela parait plus clair à la fin .Au fond ,essayer de comprendre l’incompréhensible n’est-ce pas l’éternel travail du chercheur ? Merci pour l’exposé.

    • Matmat
      Matmat répond à setori
      • Posté à 20h52 le 27/05/2009
      • Internaute 6420

      Parfaitement et j’ajouterai (après promis j’arrete avec mes citations) :

      « Si tu ne peux pas expliquer clairement un concept à un enfant de sept ans, c’est que tu ne l’as pas bien compris »
      Albert Einstein

  • monenvolue
    monenvolue
    Ailleurs, dans l'Onde...
    • Posté à 23h55 le 27/05/2009
    • Internaute 74007
      Ailleurs, dans l'Onde...

    Et Newton croqua la pomme !

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  • vortex
    vortex
    abonné au gaz
    • Posté à 20h52 le 27/05/2009
    • Internaute 76042
      abonné au gaz

    La prédominance des sciences a L’école ? ? ? alors qu’on tue dans l’oeuf des centaines de vocations scientifiques uniquement parce qu’il faut une rigueur orthographique de tous les instants, qu’on passe pour un imbécile au premier s oublié et pour un intellectuel pour ne pas savoir faire une division et s’en flatter....la langue, l’écriture, l’orthographe sont des petits morceaux hétérogènes et insignifiants des peuples, les mathématiques sont un langage universelle, que la nature elle même,parle, Des langages ont disparues, des langues sont mortes, y a t il des chiffres qu’on n’utilisent plus ?

    Qu’elle genre de complexe d’infériorité pousse souvent les littéraires à se demander à quoi servent les mathématiques ?

  • tregnirutuf
    • Posté à 21h35 le 27/05/2009
    • Internaute 75850
       ?

    On dit merci qui ? Merci les informaticiens ! !

  • s3b
    s3b
    sofa surfeur
    • Posté à 23h27 le 27/05/2009
    • Internaute 67988
      sofa surfeur

    Pour la petite histoire, c’est cette méthode ( dite « Monte Carlo » ) comme solution numérique à des équation insolubles qui, par le biais de physiciens reconvertis (les fameux « quants »), permet d’évaluer des structures financières complexes. Des milliards sont valorisés quotidiennement avec cette méthode, par ailleurs très couteuse en temps de calcul. Les progrès sur la résolution numérique en physique quantique ont été directement appliqué à la finance, on peut voir une certaine corrélation entre l’augmentation de la puissance des processeurs ces vingt dernières années et les progrès de l’innovation financière qui nos amenée dans la m... dans laquelle nous sommes actuellement, les produits dérivés complexes sur crédit n’existeraient pas sans Monte-Carlo (quelle ironie ce nom ^_^) et la puissance de calcul associée.

  • curieuxdetout
    curieuxdetout
    ingenieur
    • Posté à 23h46 le 27/05/2009
    • Internaute 80882
      ingenieur

    Deja bravo pour avoir oser ecrire un article sur ce sujet rarement discuté. Certains ont releve la confusion deja, entre le calcul et les mathematiques. Le calcul, c’est pour les machines, l’homme doit juste savoir les bases pour verifier que la machine ne fait pas d’erreur. Mais le raisonnement mathematique, seul l’homme peut le faire, directement lui-meme, ou indirectement en programmant une machine pour qu’elle raisonne en utilisant les criteres d’observations et de decision qu’on lui a inscrites au coeur de sa programmation.

    Et ce raisonnement mathematique est partout, dans la vie de tous les jours quand vous voyez des articles a different prix et differentes quantite. Quand il s’agit de ne pas se faire escroquer par un banquier qui ose vous dire qu’en remboursant un pret immobilier a mi-chemin, vous n’aurez paye que la moitie des interets du total du pret.... et la liste est longue. Ne pas savoir ces bases vous expose au gachis, a la confusion, a l’arnaque, mais plus simplement au fait de subir la vie et non de la diriger.

    La majorite qui pense qu’ils sont nuls en maths ne le sont pas en fait. Mais ils ne s’en rendent pas compte, ils appellent ca bon sens ou encore intuition ou encore experience. Sur des sujets simples, ca va encore mais quand c’est plus complexe, poser le probleme de facon plus abstraite (mathematique donc) permet de voir clair.

    Reste que cela reste un moyen et non une finalite, comme une bonne condition physique est indispensable a un bon joueur de football mais ca ne suffit pas bien evidemment.

    Mon domaine (electronique) a ete revolutionné en quelques annees par l’arrivee de simulateur qui ont permit de predire les choses sans les essayer en les modelant mathematiquement. Cela permet de sortir des nouveaux produits a une cadence infernale, meilleurs, plus fiables, etc...

    Le jour ou la biologie en sera la, on verra des progres enormes aussi en biologie. Sauf que la ou mon domaine ne necessite pas de code d’ethique (pour concevoir des telephone ou des satellites), il en faudra pour la biologie car a l’etape de conception la difference entre vaccin et maladie ravageuse est faible...

    Le but est d’asservir la science au service de l’humanite et non d’asservir l’homme au service de la science.

  • pKp
    pKp
    • Posté à 00h52 le 28/05/2009
    • Internaute 17597

    Bravo à l’auteur. C’est une de ces rares articles qui font qu’on se sent plus intelligent à la fin.

  • flixp
    flixp
    Aboyeur
    • Posté à 01h17 le 28/05/2009
    • Internaute 34063
      Aboyeur

    bon les maths ça sert à des trucs vachement concrets !

    déjà calculer après un résultat d’élection le nombre de sarkozystes en france
    ensuite
    savoir à partir de combien de personnes présentes dans un bar la probabilité qu’une personne soit née le même jour de l’année que vous soit supérieure à 0,99 c’est à dire 1.

    On peut ainsi déduire le nombre d’intervenants pour que sur un sujet sur l’immigration le point godwin soit atteint sur la base d’une intervention par protagoniste.

    • Humain
      Humain répond à flixp
      • Posté à 12h51 le 28/05/2009
      • Internaute 21387

      Schrödinger et les séries Monte Carlo servent aussi à démontrer à nos amis financiers que prévoir l’avenir d’un placement financier n’est absolument pas possible ! !

      Les banquiers ont appris ceci ! ! Récemment !

      Mais pas à leurs dépens, car c’est vous et moi chers lecteurs qui payons les pots cassés.

  • ashsun
    ashsun
    The scavenger
    • Posté à 01h55 le 28/05/2009
    • Internaute 48597
      The scavenger

    Et donc ca sert à quoi les nombres complexes, les intégrales et toutes ces jolies choses qu’on à appris au lycée ? Je cherche encore...

  • visiteur69
    visiteur69
    étudiant
    • Posté à 02h14 le 28/05/2009
    • Internaute 74863
      étudiant

    Ah ben ça finira donc jamais si les électrons aussi ont des problèmes d’identités à régler...

  • siko
    siko
    capitaliste révolutionnaire
    • Posté à 03h22 le 28/05/2009
    • Internaute 38962
      capitaliste révolutionnaire

    Les calculs approchés sur l’équation de Schrödinger ont exactement le même souci. Le but de certains travaux de recherche est donc de minimiser les écarts, de trouver la solution approchée la moins approchée possible.

    Heu, vous vouliez pas dire la plus approchée possible ?

    • Yann Guégan
      Yann Guégan répond à siko
      Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
      • Posté à 22h40 le 28/05/2009
        éditeur
      • Journaliste 1836
        Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

      Ah, il y en a au moins un qui suit ! : -)

      C’est corrigé, merci !

  • vomarengo
    • Posté à 09h19 le 28/05/2009
    • Internaute 8358

    merci, je suis devenu intelligent ..... pendant quelques minutes

  • V.B.
    V.B.
    Chercheur
    • Posté à 09h28 le 28/05/2009
    • Expert 27686
      Chercheur

    Très bel article. La vulgarisation scientifique de la physique quantique étant ce qu’elle est, il fallait du courage pour s’attaquer à un tel sujet, à savoir décortiquer des travaux extrêmement récents.

    Cependant, il vous manque manifestement une partie des informations concernant ce qu’on appelle la « modélisation ab initio », c’est à dire de manière générale toutes les méthodes qui permettent de résoudre l’équation de Schrödinger de manière plus ou moins approchée.

    La méthode de Monte-Carlo quantique développée par Thomas Bouabça dans sa thèse est l’une des méthodes les plus précises pour résoudre le problème. C’est aussi l’une des plus lourde.
    Il en existe beaucoup d’autres qui sont certes plus approchées, mais qui sont déjà couramment utilisées dans les laboratoire pour faire ce que vous pensez être le futur : on sait déjà modéliser ab initio de très gros systèmes (plusieurs centaines d’atomes) avec un degré de précision suffisant pour pouvoir faire des comparaisons avec les expériences « classiques ». Un exemple type est la biologie moléculaire, domaine dans lequel la modélisation ab initio est couramment utilisée pour modéliser la structure interne des protéines, assemblages de plusieurs milliers (voir millions) d’atomes.

  • daniel
    daniel
    daniel
    • Posté à 10h16 le 28/05/2009
    • Internaute 5273
      daniel

    Je n’en reviens pas des nombreux commentaires sur l’utilité des maths.

    Elles sont partout autour de nous, et on ne s’en rend même pas compte au point de se demander l’utilité des maths.

    Naturellement, pour le citoyen moyen, il n’en a cure que. Et c’est dommage car la rigueur dans le raisonnement est aussi le gage d’une bonne démocratie.
    Si nous étions mieux formé aux raisonnements logique et rigoureux, les manipulations médiatiques seraient sans doute plus difficiles.

  • A déménagé le 21 mars
    • Posté à 11h48 le 28/05/2009
    • Internaute 74471
      brinleu

    L’utilité des maths, oui, l’utilité de la littérature, de la philosophie, des arts, double oui. Après maths sup maths spé j’ai laissé tombé l’affaire et je suis entré aux Beaux-Arts. J’ai vu mon meilleur ami de l’époque passer une thèse (en proba d’ailleurs) et devenir prof en fac. Maintenant moi je glande. Enfin un peu. Sûr qu’il y a une utilité des maths, le problème c’est qu’on ne fait plus confiance qu’aux scientifiques. Un bon nombre de bourses pour les thésards en sciences, et rien pour les littéraires.
    Le philosophe Clément Rosset dit qu’on peut être un très bon scientifique et avoir un point de vue sur la réalité complètement délirant. Einstein, par exemple, dont, à en croire Rosset, le livre philosophique « Comment je vois le monde » regorge des pires naïvetés (je l’ai pas lu). Bon je m’écarte de l’article, que j’ai beaucoup aimé, mais je dis ça surtout en référence aux commentaires ultra-révérencieux envers les sciences, ce truc « les maths c’est la logique, si qu’on est pas logique on est bête », qui faisait partie du lot quotidien de ces gogols de S qui se foutaient de la gueule des L (et c’était surtout : les garçons qui se moquent des filles). Des querelles de petits péteux quoi. Y’avait tellement d’assoupis du cerveau dans ma classe de prépa, mais qui diagonisaient des matrices à la vitesse de la lumière, que je leur voyais un avenir radieux et à moi les ponts.
    Je serais pour ma part au contraire pour une très grande revalorisation des lettres. Il me semble que ce déséquilibre en faveur des sciences nous vient du gouvernement Giscard. Avec Sarkozy pas trop d’espoir hein (Barbelivien dans la cdthèque quand même).
    Je me rappelle maintenant avec un peu de dégoût des réactions de mes profs au lycée qui se foutaient de moi quand je leur disais J’hésite, Maths Sup ou les Beaux-Arts. Même ma prof d’histoire, sorte de littéraire dans l’âme, me sortait le lien entre avoir un avenir et faire une classe prépa. Résultat je me suis fait chier deux ans. Ou ce truc qui consistait à dire alors que je voulais aller en L « Fais 1ere S, la voie royale, tu pourras changer plus tard ». Après j’ai compris, surtout en cours de philo, combien l’abus de sciences pouvait nuire à la vue. Autour de moi je n’en voyais aucun - ni moi hein - qui s’en serait sorti avec un roman dans les mains.

  • Humain
    • Posté à 12h50 le 28/05/2009
    • Internaute 21387

    Rions un peu ! !

    En effet : Thomas Bouabça achève sa thèse au laboratoire de chimie et de physique quantique, à Toulouse.

    Il a passé l’examen oral la semaine dernière ! !

    Ha bon, je croyais que les examens étaient bradés cette année ?

    A lire ceci dans rue89 je n’ai pas du tout l’impression que les examens, par écrit ou en oral aient été bradés !

    (Autant à la Sorbonne qu’à Toulouse, ces deux universités étant, bloquées !)
    Schrödinger et les statistiques aléatoires (Monte-Carlo) sont, me semble-t-il des techniques qui demandent de la part des étudiants une refexion avancée.

    Coup de chapeau aux étudiants... Tous les étudiants ? Peut être pas, mais certainnement un coup de chapeau à beaucoup d’entre eux !

    • Xa_chan
      Xa_chan répond à Humain
      (nippon ni mauvais)
      • Posté à 08h26 le 29/05/2009
      • Internaute 23695
        (nippon ni mauvais)

      Disons que parfois, les structures accueillant les doctorants ne sont pas situées en plein coeur du campus. Cela fait qu’elles ne sont pas toujours affectées physiquement de la même manière que les susdits.

      Je parle d’expérience : la structure dans laquelle j’ai commencé ma thèse d’Histoire Médiévale (je l’ai finie ailleurs) n’était que très rarement bloquée par les mouvements de grève de la fac dont elle dépendait et dont elle était d’ailleurs distante d’à peine 50m.

      Il y a plusieurs raisons à cela : dans mon cas, peu d’étudiants en dessous du Master savaient que ce bâtiment était aussi un bâtiment de la fac. Peu avaient donc l’idée de s’y rendre. Deuxièmement, il faut bien l’avouer, les doctorats en Histoire Médiévale, ça n’intéressait pas grand monde, alors bloquer une structure accueillant au maximum une trentaine d’étudiant, ça n’avait pas vraiment le même impact « médiatique » que bloquer les amphis de 500 places en science...

      Au passage un grand coucou à Damien et un grand merci pour son article. Dieu sait que je ne suis pas un matheux, mais moi aussi j’ai compris ! : D

  • moguerou
    • Posté à 14h16 le 28/05/2009
    • Internaute 12815

    Je suis étonné que l’on parle encore de chimie , quantique ou pas , sachant que les scientifiques qui s’intéressent à la physique quantique considérent que la chimie est une branche de la physique.

    • Nitrogen
      Nitrogen répond à moguerou
      Chimiste
      • Posté à 20h15 le 28/05/2009
      • Internaute 80866
        Chimiste

      Les 2 sciences sont effectivement imbriquées et il a fallu du temps pour que la chimie soit une science indépendante de la physique. Dans ce domaine précis qu’est la mécanique quantique, on étudie des particules (électrons dans cet article) donc cela relève de la physique. Cependant, l’étude de ces particules a des applications concrètes en chimie. J’ai en tête une réaction chimique impliquant un composé boré qui ne s’explique qu’avec le concours de la mécanique quantique.

      On est dans un domaine où les 2 sciences coexistent, je ne pense pas que l’on doive faire une frontière simpliste dans ce domaine.

  • notule
    notule
    humanoïde
    • Posté à 01h17 le 29/05/2009
    • Internaute 72751
      humanoïde

    c’est merveilleux ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

    Enfin, les férus de Mathématiques finiront par avoir une chance de comprendre pourquoi leur femme les quitte, pourquoi leurs enfants ne cessent de leur répéter qu’ils sont égoïstes et n’ont aucun sens de leur rôle de parents, pour aller vers des gens plus vivants, qui savent apprécier chaque seconde de l’existence, et qui ont compris bien avant eux, et sans les Maths, pourquoi l’intellect peut être un handicap dans la vie ! La fin des autistes, des attardés des sentiments dans les « Sciences exactes » comme on dit un jour peut-être qui sait ?
    D’ici là, beaucoup de divorces, de divans et d’hospitalisations psychiatriques, donc pas de panique, la psychiatrie a encore de l’avenir ! ! ! ! : o)

    • NonooStar
      NonooStar répond à notule
      Informaticien
      • Posté à 12h45 le 29/05/2009
      • Internaute 34879
        Informaticien

      Schrödinger vivait avec deux femmes (dont une était marié à quelqu’un d’autre). D’ailleurs, sa femme avait pour amant Hermann Weyl, mathématicien et grand ami de Schrodinger qu’il a énormément aidé à concevoir l’équation qui porte son nom. En outre, une des nombreuses maîtresses de Schrodinger était la femme de Weyl.

      Et de mon expérience personnelle, la plupart des matheux que j’ai connu étaient particulièrement à l’aise dans la vie parce que, fonctionnant souvent de façon logique, ils s’attachaient plus à être fidèles à eux-mêmes qu’à s’enfermer dans un carcan moral dicté par la société...

      Mais en attendant, retournez donc apprécier chacune de vos secondes passées devant TF1 en pensant savoir une existence digne de ce nom.

    • jexiste
      jexiste répond à notule
      si, si
      • Posté à 17h05 le 29/05/2009
      • Internaute 53099
        si, si

      Que faites-vous dans la vie pour tenir de tels propos ?

      Sociologue, psychiatre, infirmier psy, aide soignant, travailleur social ? ou journaliste, peut-être ?

      Naaaan, quand même pas directeur d’hôpital psy ? ! ! !

  • zelectron
    • Posté à 10h49 le 29/05/2009
    • Internaute 12718

    Schrödinger : le chat paradoxal !

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