California dreamin'

Le regard de la journaliste française Armelle Vincent sur la Californie et le Mexique.

Nathan, de l'enfant sans abri adopté à l'ange exterminateur

Armelle Vincent
Journaliste
Publié le 11/06/2009 à 12h19

(De Los Angeles) Lorsque j’ai rencontré Nathan pour la première fois, il s’appelait Angel. Il se tenait debout sur le trottoir, l’air perdu. Il avait 5 ans, ne comprenait rien à l’anglais puisqu’il ne parlait que l’espagnol. Ma voisine Laura, hôtesse de l’air, venait de le prendre sous son aile.

Célibataire, elle avait déjà adopté une petite fille qu’elle était allée chercher au fin fond de la Chine quelques années plus tôt. Elle voulait lui donner un frère. Adopter un nouveau-né était devenu difficile pour une femme sans mari. Laura s’était donc tournée vers l’équivalent de la DDASS. Elle donnerait une chance à un petit orphelin ou à un enfant martyr. Elle l’aimerait tant, elle s’en occuperait si bien qu’il serait guéri de ses blessures pour la vie.

« Au lieu de ça, il a détruit mon existence et fait le vide autour de moi. Je n’ai plus d’amis, raconte-t-elle aujourd’hui. Mais je veux qu’il s’en sorte. »

De la maltraitance à la sociopathie

Depuis deux semaines, Nathan, 14 ans maintenant, est pensionnaire dans un établissement psychiatrique pour criminels en herbe de l’Utah. S’il devient violent, il est calmé au taser. S’il se comporte bien, il peut aller camper avec les autres internes et obtenir des privilèges. Il est suivi par une équipe médicale. Pour résumer, il a été diagnostiqué comme sociopathe. Mais la liste de ses troubles psychiatriques est longue. Avant d’atterrir là, il faisait partie d’un réseau d’adolescents sans abri de Los Angeles.

« Il faisait des fugues tout le temps. On le retrouvait à l’autre bout de la ville, à Hollywood, à Venice. Lorsqu’il décidait de s’enfuir, il appelait des membres de son réseau. Ils lui trouvaient un moyen de locomotion. Je ne sais pas comment ils s’organisent à leur âge, mais ils ont de l’argent et de la ressource », précise Laura.

A chaque nouvelle fugue, Nathan causait de plus en plus de problèmes. Il y avait déjà plusieurs années qu’il attaquait sa mère et sa sœur et qu’elles vivaient dans la terreur. L’an dernier, il avait été expulsé du collège après avoir sexuellement agressé un garçon.

A son arrivée dans le quartier, ma famille a « adopté » ce petit garçon. Nous étions les seuls à pouvoir le comprendre. Il avait l’air d’apprécier. Il s’accrochait à nous. Laura ne parlait pas espagnol. Pour commencer sa nouvelle vie, elle lui a proposé de changer de prénom. Il a choisi Nathan. Dès qu’il a pu parler l’anglais, il s’est mis à refuser de prononcer un mot de plus dans sa langue natale.

L’histoire de sa naissance et de ses premières années était d’une tristesse accablante. Angel était le fruit d’un inceste. Sa mère avait été régulièrement violée par son oncle. A 16 ans, elle avait fini par se retrouver enceinte. Elle avait accouché du bébé honni et l’avait immédiatement détesté. Lorsqu’il avait deux ans, il fut enlevé à sa famille par les services sociaux. Il était martyrisé. Sa mère avait tenté de l’étrangler. Il avait des brûlures de cigarettes sur le corps. A partir de là, il fut brinqueballé d’une famille d’accueil à une autre. Personne ne voulait le garder. Il faisait pipi au lit. Sa dernière « mère » adoptive avant Laura le menaçait de lui couper le pénis.

« J’ai quand même cru que je pourrais le sauver, dit Laura. Je réalise aujourd’hui à quel point c’était naïf. »

Ma voisine a d’abord reçu Nathan chez elle plusieurs fois pour le week-end avant de décider de l’adopter. Ce n’est qu’après que les services sociaux lui ont remis l’épais dossier racontant en détails la naissance et les abus.

« La première fois qu’il est venu à la maison, il s’est passé quelque chose qui aurait peut-être dû me mettre la puce à l’oreille. J’étais assise sur mon lit en train de mettre mes chaussures. Il s’est précipité vers moi. J’ai cru qu’il voulait m’embrasser. En fait, il m’a mordue dans le cou. »

Nathan était violent. Pendant plusieurs mois, il est venu presque tous les jours à la maison. Je souhaitais aider Laura. Je voulais que son nouveau fils se sente chez lui. Je connaissais son passé mais je pensais qu’on pouvait le rassurer en lui montrant de la compassion, en lui donnant de l’affection.

Très vite cependant, j’ai réalisé qu’il pouvait être dangereux. Il a poussé ma fille dans les escaliers. Puis je l’ai trouvé avec une paire de ciseaux dans la main, menaçant. Et il disparaissait sans arrêt de la maison. Il fallait le chercher partout. On craignait qu’il ne lui soit arrivé quelque chose. J’essayais de le raisonner, de parler. Il avait l’air de m’écouter. Mais ça ne servait à rien. De guerre lasse, j’ai finalement pris la décision de ne plus l’inviter. La responsabilité était trop énorme.

Notre voisine Claudia a pris la relève. Elle aussi y a cru. Mais au bout de plusieurs semaines, Nathan a essayé de mettre le feu chez elle. Heureusement que son détecteur d’incendie n’était pas en panne. Les flammes étaient encore confinées dans un placard. Claudia a abandonné. Et Laura s’est retrouvée toute seule à gérer un enfant de plus en plus violent et difficile.

Quand les services sociaux jettent l’éponge

Elle a essayé d’élever ses enfants le mieux possible. Elle les emmenait dans les musées, les expositions. Tous les trois, ils allaient camper, pêcher, marcher dans la nature. Elle était dévouée. Mais elle pétait aussi les plombs. Elle se mettait à hurler. A tel point que des voisins ont appelé les services sociaux pour la dénoncer à plusieurs reprises.

J’ai déménagé mais j’ai continué à voir Nathan dans le quartier, à l’école ou au « skate parc ». Il est beau et charmeur. Il a un sourire magnifique. Il peut être angélique. Mais on a toujours l’impression qu’il faut se méfier. A 5 ans, les services sociaux se sont débarassés de lui en le confiant à une mère célibataire.

Comme je l’ai dit plus haut, il s’est trouvé une bande de copains sans abri. Il y a plus d’un million et demi de mineurs « homeless » dans les rues américaines. Nathan n’était pas dans ce cas. Mais c’est avec eux qu’il choisissait quand même de s’identifier et qu’il traînait avant de se retrouver dans l’Utah.

« Plusieurs fois, raconte Laura, je suis allée le chercher alors qu’il était avec eux. Ils se réunissent dans un parking. Ils ont des portables, de l’argent et des moyens de locomotion. Ils s’entraident. »

On ne sait pas combien de temps Nathan passera dans l’Utah. On espère qu’il sera traité, qu’il s’en sortira. L’établissement doit lui apprendre un métier. On se demande pourtant si ce n’est pas trop tard, si les dégâts ne sont pas irréversibles.

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  • patrick du 14-
    patrick du 14-
    de plus en plus naze
    • Posté à 12h37 le 11/06/2009
    • Internaute 40667
      de plus en plus naze

    et oui la vie c’est comme une boite de chocolat, on sais pas sur quoi on vat tomber

  • AllahMathematics
    AllahMathematics
    Branleur et mérite
    • Posté à 12h50 le 11/06/2009
    • Internaute 66107
      Branleur et mérite

    Quid de l’euthanasie ?

    • Emgann
      Emgann répond à AllahMathematics
      présent
      • Posté à 19h20 le 11/06/2009
      • Internaute 26239
        présent

      Sans oublier les suppressions de postes spécialisés par Darcos et son maitre, l’école devenue celle des bons et des ’scolaires’, les fouilles dans les cartables, les proviseurs formés par l’armée au rôle de l’autorité.....la société française pleine d’imagination au pouvoir !

  • FrC
    FrC
    architecte
    • Posté à 12h56 le 11/06/2009
    • Internaute 70535
      architecte

    C’est pas chez nous autres que ça pourrait arriver ça ...Chouchou repère les sociopathes au berceau, Besson les expulse s’ ils ne sont pas blancs-blancs, Mam elle les empêche de se mettre en bandes et, si ça ne suffit pas, Rachida elle les envoi se pendre en tôle...et vive l’arrêt publique, vive la fange.

    • Grégory
      Grégory répond à FrC
      • Posté à 16h42 le 11/06/2009
      • Internaute 12569

      C’est arrivé, dans ma famille. L’enfant adopté a fini par violer une cousine. L’ambiance en a été affectée.

  • Bête à part
    Bête à part
    parmi nous autres.
    • Posté à 13h05 le 11/06/2009
    • Internaute 504
      parmi nous autres.

    .

    C’est une petit coïncidence que cet article tombe en même temps que les travailleurs sociaux continuaient hier une lutte commencée en 2005, contre la casse de la Convention collective 66 et la revalorisation des salaires...

    Nous étions nombreux.
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    Et très avons été accueillis, au 92 rue Saint-Lazare où siégeait la Commission paritaire, par des CRS « nouvelle génération », très bien équipés.

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    • Bête à part
      Bête à part répond à Bête à part
      parmi nous autres.
      • Posté à 13h11 le 11/06/2009
      • Internaute 504
        parmi nous autres.

      .

      .

    • argh
      argh répond à Bête à part
      Pour une révolution sanglante (...)
      • Posté à 13h23 le 11/06/2009
      • Internaute 55024
        Pour une révolution sanglante (...)

      Déjà si on laissait s’exprimer ce genre de personne au lieu de vouloir les traiter psychiatriquement... A quel moment notre sociopathe a la parole dans cet article ? A vrai dire, l’objet de l’étude serait un chien que l’on n’y verrait pas une grande différence. Et un chien sent que l’on a peur de lui, et il mord.

      Ce type est né dans une merde monstre et on s’étonne qu’il ait envie de détruire tout autour de lui, y compris son entourage domestique. La seule solution que l’on trouve, c’est de le mettre dans un enclôt avec un collier électrique dès qu’il aboie trop. S’il sort de ce cauchemar, ce sera soit un zombi soit un serial killer.

      • Armelle Vincent
        Armelle Vincent répond à argh
        Journaliste
        • Posté à 21h24 le 11/06/2009
        • Journaliste 36910
          Journaliste

        J’aurais bien évidemment voulu lui donner la parole, mais c’est impossible pour l’instant.

      • Gerry
        Gerry répond à argh
        • Posté à 09h57 le 13/06/2009
        • Internaute 25958

        puisque la solution est si simple et que vous l’avez, proposez vous pour l’adoption de ce pauvre enfant...

    • maryse
      maryse répond à Bête à part
      soignante ? itinérante...
      • Posté à 15h59 le 11/06/2009
      • Internaute 3235
        soignante ? itinérante...

      rassemblements hier ? ? ? ? ? ? pourquoi je ne suis jamais au courant ? ? c’était que Paris peut-être ?
      parcequ’effectivement il est bcp question ici et ailleurs du manque de prise en charge qualifiée des jeunes en difficulté socio-psy mais on a mal à nos institutions ! ! ! ! dans mon foyer je suis parfois seule pour encadrer 6 jeunes tels qu’Angel, je suis censée être soignante ds un hébergement spécialisé, nous sommes très svt débordés, obligés de refuser ou d’arrêter des prises en charge faute de moyens humains, je parle ici du nombre qu’on n’arrive pas rassembler alors parler des qualifications relève de l’utopie...... pourquoi ? pas de budgets, pour créer des postes pourtant nécessaires et les postes existants sont sous-payés. Je gagne 1600 euros en travaillant à mi-temps de nuit + we et jours fériés pour un travail éprouvant physiquement et nerveusement alors mes collègues infirmières ou éduc-spé préfèrent bosser ailleurs que sous convention 66, et pour faire du monde on remplace les postes vacants par des personnes certes de très bonne volonté mais nos formations théoriques ne sont pas négligeables pour pouvoir monter des projets cohérents et que les membres d’une institutions fonctionnent de façon cohérente...
      alors que notre gouvernement insiste sur l’insécurité est une chose mais il faudrait qu’il réfléchisse au fait que les travailleurs sociaux font aussi partie du réseau de prise en charge des « délinquants » et que créer des postes ASE DDASS etc et financer des formations est autant important que multiplier les flics et les prisons ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

      • Bête à part
        Bête à part répond à maryse
        parmi nous autres.
        • Posté à 20h39 le 12/06/2009
        • Internaute 504
          parmi nous autres.

        .

        Yes. Il y avait donc un appel à la mobilisation et à la grève des syndicats CGT, FO et SUD.

        Prochaine réunion paritaire avant la « trêve » de l’été... le 22 juin 2009.

        .

  • corbeau deciitre
    corbeau deciitre
    Educateur spécialisé
    • Posté à 13h04 le 11/06/2009
    • Internaute 71752
      Educateur spécialisé

    P... je comprend rien à cette histoire !

    encore un truc de bourgeois !

    • AllahMathematics
      AllahMathematics répond à corbeau deciitre
      Branleur et mérite
      • Posté à 13h10 le 11/06/2009
      • Internaute 66107
        Branleur et mérite

      Tout pareil.

    • Hippopotable
      Hippopotable répond à corbeau deciitre
      Honnête homme
      • Posté à 13h55 le 11/06/2009
      • Internaute 22179
        Honnête homme

      Je ne vois pas trop en quoi c’est un « truc de bourgeois », mais il faut admettre que cet article n’est pas très clair.
      Ok, l’histoire de ce gamin est triste, plutôt intéressante, mais et ensuite ? On est dans le journalisme ou le témoignage ? Quel est le propos ? Dénoncer un système social, justifier les centres de rééducation, dépeindre un fait divers, faire le portrait d’un « monstre » ?
      On aimerait en savoir plus sur ces 1,5 millions de mineurs sans abri aux USA, sur ce centre de rééducation, sur le système américain d’adoption et d’aide aux mineurs.

      • Armelle Vincent
        Armelle Vincent répond à Hippopotable
        Journaliste
        • Posté à 21h51 le 11/06/2009
        • Journaliste 36910
          Journaliste

        On est dans le témoignage.

         
        • Roland Petitevarlope
          Roland Petitevarlope répond à Armelle Vincent
          La moutarde me monte au nez
          • Posté à 06h06 le 12/06/2009
          • Internaute 55349
            La moutarde me monte au nez

          On est payé pour faire de tels articles ? Si oui ça m’intéresse.

          • Marie-Sophie Keller
            Marie-Sophie Keller répond à Roland Petitevarlope
            Ex-Rue89 mais toujours fan
            • Posté à 12h36 le 12/06/2009
            • Internaute 26936
              Ex-Rue89 mais toujours fan

            N’hésitez pas à nous faire parvenir vos œuvres si vous avez du biscuit, Rue89 est participatif (mais nous ne rémunérons que les enquêtes de journalistes). Contrairement à ce que vous semblez croire, il n’’est pas si facile de raconter une histoire particulière qui éclaire un sujet général en 4500 signes, mais nous lirons vos propositions avec plaisir.
            A bientôt donc !

            • Roland Petitevarlope
              Roland Petitevarlope répond à Marie-Sophie Keller
              La moutarde me monte au nez
              • Posté à 07h34 le 13/06/2009
              • Internaute 55349
                La moutarde me monte au nez

              Votre sens de l’humour fait plaisir à voir ! ! !
              De plus, l’argument « si ça ne vous plait pas faites le vous même » est pour le moins facile. Cela signifierait que les critiques dans tous les domaines ne pourraient être faite que par des gens capables de faire mieux.
              Enfin votre suffisance et la volonté de rabaisser (qui certainement a un rapport avec votre sens de l’humour) en employant le mot « œuvres » me laissent rêveur venant de Rue 89. A moins que vous pensiez qu’un article de presse soit « une œuvre » ! !

              • Marie-Sophie Keller
                Marie-Sophie Keller répond à Roland Petitevarlope
                Ex-Rue89 mais toujours fan
                • Posté à 13h04 le 15/06/2009
                • Internaute 26936
                  Ex-Rue89 mais toujours fan

                Je ne faisais que vous prendre au mot : -) Mais je vois que vous avez changé d’idée. Dommage et bonne journée !

        4 autres commentaires
  • Vincent_C
    Vincent_C
    Bientôt libre
    • Posté à 13h15 le 11/06/2009
    • Internaute 73825
      Bientôt libre

    La morale de l’histoire :

    à gauche : on doit toujours essayer de comprendre avant de juger, les criminels ne sont pas criminels sans raison.

    à droite : dans certains cas, la réinsertion est impossible, certains individus dangereux doivent être neutralisés.

    au centre : on ne peut pas rendre les gens heureux contre leur gré.

    au dessus : ces trois visions des choses ne sont pas opposées mais complémentaires.

    en dessous : j’y comprends rien à cette histoire. pourquoi est-ce qu’on essaie de me faire ressentir de la pitié pour le méchant ?

  • hycare
    hycare
    Gigoteuse d'univers
    • Posté à 13h43 le 11/06/2009
    • Internaute 8129
      Gigoteuse d'univers

    J’ai rencontré des adolescents (tes) adoptés dans des circonstances similaires.
    Il étaient atteints des mêmes troubles que vous décrivez ou de troubles de la personnalité.
    Ses enfants ont un vécu extrêmement traumatisant.
    Et les parents adoptifs n’ont pas mesuré l’incidence de ces traumas, ni même les services sociaux.

    Pour l’un, le désir d’enfants des futurs parents était si fort qu’ils ont adopté une fratrie de 5 garçons.
    Un an après la mère adoptive accouchait d’une petite fille.
    La cellule familiale a commencé à tanguer.
    Ces cinq frères venaient d’un orphelinat d’un pays de l’est.
    Le père, souvent absent, pour raisons professionnels s’en est détaché...
    Pour résumé, l’ainé des frères à « péter les plombs » au bout de quelques années, au moment de son adolescence, ressentant le rejet évident de la mère (qui ne s’en cachait pas)et entrainant dans cette chute affective, cette famille.
    Il n’a pas été « enfermé » en prison ni soigné au taser.
    Il est toujours suivi.

    Autre cas, celui d’une fillette et de son frère, adoptés d’un orphelinat roumain à la chute du régime.
    A l’adolescence, cette jeune fille a présenté des troubles très graves de la personnalité .
    Elle est maintenant qualifiée de psychotique.
    C’est une personne très gentille, naïve, poétique, sportive, chanteuse...
    Elle est toujours suivie.
    Elle n’a jamais reçu de « taser ».

    En France, pour l’instant, les milieux psychiatriques, médico-sociaux ou sociaux, n’utilisent pas ce genre de soin.

    Cela dit, d’autres enfants adoptés s’en sortent très bien...

    • patrick du 14-
      patrick du 14- répond à hycare
      de plus en plus naze
      • Posté à 13h59 le 11/06/2009
      • Internaute 40667
        de plus en plus naze

      j’étalerais bien mon histoire personnelle , on vat dire qu’il y’a prescription quand a çe mome puisqu’on est aux amériques c’est pas d’une hotesse de l’air qu’il a besoin mais d’un tres bon avocat

  • CJR
    CJR
    psychologue
    • Posté à 13h56 le 11/06/2009
    • Internaute 82464
      psychologue

    Je trouve dommage que des liens soient donné en fin d’article, dirigeant vers des « blogs » conspirationnistes (la carte de la pauvreté aux Etats-Unis par ex., elle sort d’où mis à part qu’elle figure sur un tel blog ?). Plutôt que d’appuyer le point de vue, cela le dessert et fait planer le risque auquel votre aventure (que je soutiens) souhaite échapper = le grand n’importe quoi parano du Web...

    • Marie-Sophie Keller
      Marie-Sophie Keller répond à CJR
      Ex-Rue89 mais toujours fan
      • Posté à 15h07 le 11/06/2009
      • Internaute 26936
        Ex-Rue89 mais toujours fan

      Je vous remercie d’avoir attiré mon attention sur ce point et vais retirer le lien ambigu. Bonne journée à vous.

  • EulChe
    EulChe
    Humaniste hère
    • Posté à 14h37 le 11/06/2009
    • Internaute 26715
      Humaniste hère

    « S’il devient violent, il est calmé au taser »
    « On espère qu’il sera traité, qu’il s’en sortira »

    Si c’est la seule réponse proposée, il y a quand même peu de chance qu’il ne voit le bout du tunnel...
    C’est à peu près la même méthode que Pavlov utilisait avec son chien, non ?

    • siegfried
      siegfried répond à EulChe
      • Posté à 21h31 le 11/06/2009
      • Internaute 28908

      suis d’accord ....

      un ado, au vécu aussi traumatique, ayant subit (d’après ce qu’il est dit) de graves déprivations affectives + des sévices, et ce dès sa naissance (et même in utero j’imagine...), ça m’étonnerait que lui coller des coups de cette arme immonde (mais légale, hum) qu’est le tazer, puisse l’aider à s’en sortir.

      à mon avis, ça va simplement le conforter dans ce qu’il se sent être/est, et dans ses comportements violents.

      donc si le tazer est considéré par l’auteur de l’histoire comme un « traitement », ben non, ce gosse ne s’en sortira pas.

    • Albedo
      Albedo répond à EulChe
      • Posté à 10h40 le 12/06/2009
      • Internaute 7121

      Non, les expériences de Pavlov n’impliquaient aucune forme de violence (enfin, il y avait bien une petite incision dans la babine en début d’expérience, mais par la suite il n’y avait aucune brutalité, juste des associations de stimuli : clochette + bouffe, personne particulière + bouffe...)

    • barbouille
      barbouille répond à EulChe
      surfeuse
      • Posté à 10h42 le 12/06/2009
      • Internaute 62861
        surfeuse

      déjà qu’il était calmé à la brulûre de cigarette avant son adoption...

  • tiloo87
    • Posté à 14h49 le 11/06/2009
    • Internaute 48763

    Comme si Sigmund n’avait jamais existé : retour au moyen age.
    retour aux électrochocs , à l’autisme des soignants !

    Comment, avec une telle histoire, a t’il pu passer au travers d’une vraie psychothérapie ?

    Connaissant tout celà, et ayant eu « la puce à l’oreille », pourquoi ne pas simplement le faire suivre, voire prendre en charge , et pas par des taseristes ? ? ! !

    • ajuga
      ajuga répond à tiloo87
      informaticien champêtre
      • Posté à 15h51 le 11/06/2009
      • Internaute 52255
        informaticien champêtre

      Ben sans doute parce que c’est moins cher ? ou moins fatigant ? un coup de taser ça calme, un coup de promenade comme récompense... ouai, ça fait très conditionnement comportemental, c’est une technique américaine bien connue. Le seul défaut c’est que ça ne soigne pas vraiment, mais comme ce n’est pas l’objectif, peu importe, ça permet de le tenir tranquille jusqu’à ce qu’il ait l’âge d’être envoyé en tôle.

  • Yago
    • Posté à 15h27 le 11/06/2009
    • Internaute 30043

    Et alors ? Pitié pour les sociopathe ? Pardon pour les naïfs ?

  • maxou72
    maxou72
    plus tout a fait djeun
    • Posté à 16h19 le 11/06/2009
    • Internaute 82483
      plus tout a fait djeun

    Bonjour a tous,

    cet article montre combien il est complexe d’adopter un enfant, sans avoir mesuré son passé, son enfance..., j’ai un oncle et une tante qui ont eu cette démarche très « humaine » de donner une autre chance à ces enfants délaissés, et je dois avouer que de mon regard, cette adoption fut difficile, disons que durant 5-6 ans, ce jeune enfant faisait des allez retour au commissariat, puis après toutes ses difficultées, fort du soutient de mon oncle et ma tante il a pu, et compris la chance qu’il devait saisir, avoir au moins un phare pour se diriger, avoir une table où manger, aujourd’hui il a une amie, vie en appart, un job, meme si j’imagine pour lui combien son pays natal peut lui manquer, je pense que l’adoption est certainement autant complexe pour « l’adopter » que pour les « adoptant ».

    • CJR
      CJR répond à maxou72
      psychologue
      • Posté à 16h35 le 11/06/2009
      • Internaute 82464
        psychologue

      L’article relate une histoire qui ne se passe pas en France, même pas en Europe mais chez les étasuniens, pourtant plusieurs contributions font un amalgame comme si cela se passait ici... !
      oui, notre système (nos systèmes de protection en général) est attaqué mais le sujet n’est pas le secteur médico-social chez nous et notre politique de santé mentale.
      Autre chose, Freud, aux USA est un alien, la greffe de l’inconscient n’a pas pris là-bas et cela même Freud l’a constaté ; en fait, il y a des différences notables entre nous, c’est mieux de les connaître.

  • jpouille
    jpouille
    Fils du vent
    • Posté à 16h33 le 11/06/2009
    • Internaute 31114
      Fils du vent

    Je vais paraitre pessimiste mais avec ce pedigree la gamin est perdu. Avec de tels echantillons de l’espece humaine devant lui, une seule reponse : la haine, toujours la haine. La haine de vivre dans un cloaque comme le notre, la haine de venir d’une famille comme la sienne, la haine contre toute forme d’autorite. Sa volonte et plus forte que n’importe quel institution pour jeunes delinquants. baigne dans l’injustice que croyez-vous qu’il fasse ?

    Son salut passe par la passion. Lui trouver une passion pour le former a un travail, obtenir une qualification. Comme un ampute du bras ou des jambes, il est ampute d’amour, de respect, de chaleur humaine. je le plains, il ne meritait pas ca. Je serai curieux de savoir ce qu’il devient. je recrute des jeunes dans l’Hotellerie, j’en ai vu pleins avec des difficultes qui s’en sortent par le travail et en particulier au sein d’entreprises qui savent motiver ses employes. Ces gamins ont besoin de reconnaissance dans leur vie de tous les jours. La violence ne fait qu’exprimer son mal etre. C’est un probleme de communication.

  • LienRag
    • Posté à 15h45 le 12/06/2009
    • Internaute 34767

    « un établissement psychiatrique pour criminels en herbe de l’Utah » : ce ne serait pas un de ceux dont parle le documentaire sur Les enfants perdus de Tranquillity Bay ?

    Il serait aussi intéressant de savoir qui l’a « diagnostiqué sociopathe » : si c’est à l’aide du DSM-4 que ce diagnostic a été fait, cela explique beaucoup de choses.

    Sur l’adoption en général et les pathologies qu’elle provoque par elle-même, la BD de Jung Jun-Sik « Couleur de Peau : Miel » est extraordinaire de pudeur, de sensibilité et de force.

    Enfin, je ne comprends pas très bien pourquoi l’enfant, qui semble trouver un certain réconfort dans sa bande de « Homeless », n’y est pas laissé en paix ?
    Comme le chante Kenny Arkana (Lien), qui elle aussi a un passé « sociopathe » - mais n’a jamais été soignée au Taser, la pauvre - ce n’est pas le paradis mais ça permet de survivre. Quand au risque d’y tourner mal, il peut difficilement faire pire que soigneur d’enfants au taser...

  • einna
    • Posté à 17h40 le 11/06/2009
    • Internaute 6227

    « on espère que s’il est traité, il s’en sortira » après « s’il devient violent, il est calmé au taser », me fait m’interroger sur les traitements. On dirait « orange mécanique » cet article.

  • freakfeatherfall
    freakfeatherfall
    moonchild
    • Posté à 18h14 le 11/06/2009
    • Internaute 21024
      moonchild

    ça fout les boules
    et certains commentaires encore plus...

  • AlexG2008
    AlexG2008
    temporaire
    • Posté à 18h17 le 11/06/2009
    • Internaute 62913
      temporaire

    « Nathan, 14 ans maintenant, est pensionnaire dans un établissement psychiatrique pour criminels en herbe de l’Utah. S’il devient violent, il est calmé au taser. »

    Il est malade, et au lieu de le soigner, on le torture au « taiseur », et il n’a que 14 ans. C’est tellement beau le pays de la liberté...
    Excusez-moi je sors...
    ...pour gerber.

  • Nondupe
    • Posté à 18h55 le 11/06/2009
    • Internaute 16772

    Bon courage...

  • ThatJazz
    ThatJazz
    étudiante
    • Posté à 10h52 le 12/06/2009
    • Internaute 46412
      étudiante

    Je comprends que la maman soit épuisée, mais je ne crois pas que cet établissement fasse quelque bien que ce soit à son fils.
    Déjà, il faudrait reprendre la définition de sociopathe. Si Nathan-Angel est réellement sociopathe, il est vraisemblable que la sanction ou la douleur n’aura absolument aucun effet sur lui à part peut-être de renforcer sa pathologie.
    Je m’explique : d’après l’histoire de sa petite enfance, Nathan a été un enfant détesté et maltraité, d’abord par sa mère, ensuite par ses premiers adoptants. Un nouveau né aime instinctivement sa mère et dépend entièrement d’elle. Dans le cas de Nathan, sa mère était dangereuse pour sa vie. Il a donc fait très tôt une analogie entre amour/confiance et mort/douleur, et donc a complètement bridé ses sentiments pour ne pas souffrir et les a sublimé en colère pour survivre. C’est en quelque sorte devenir auteur pour ne pas être victime. Ensuite, ayant subit des sévices physiques, je pense que les punitions de type taser n’auront aucun effet sur lui, parce qu’il sait ce que c’est, et l’a appris dans des conditions d’injustice et de barbarie. Dès lors, il sera certainement complètement indifférent et à la douleur et à l’éventuelle « leçon » qu’on veut lui inculquer. En plus la « récompense » camping, si il est réellement sociopathe, ne lui fera ni chaud ni froid.
    Tout ça pour dire que ce mode de « correction » du caractère est profondément dangereux et ne va servir qu’à aggraver l’état de l’enfant, parce que ce n’est qu’un enfant, il ne faudrait pas l’oublier. En bon sociopathe, il est certainement intelligent et séducteur, tout ce que ce traitement va lui apprendre, c’est à feindre la normalité et à encore plus la mépriser.

    Il faudrait que la maman elle-même suive aussi une thérapie, pour comprendre ce qui l’a poussée à adopter et pourquoi l’attachement avec cet enfant ne s’est pas fait, pourquoi il n’a pas réussi à s’accrocher à elle pour retrouver une vie normale. Rejeter la faute sur l’enfant, comme si il était démoniaque, ce n’est qu’une manière de ne pas se remettre en cause à mon avis...

    • LienRag
      LienRag répond à ThatJazz
      • Posté à 13h57 le 12/06/2009
      • Internaute 34767

      D’un autre côté, la mère est une mère célibataire dans un pays moralisateur et impitoyable aux faibles, alors a-t’elle réellement les moyens de se remettre en cause ?
      Chercher un coupable précis dans ce genre de situations est généralement faire fausse route...
      Cette description assez fine d’un enfer pavé de bonnes intention est assez intéressante pour cela au moins.

      • ThatJazz
        ThatJazz répond à LienRag
        étudiante
        • Posté à 22h27 le 12/06/2009
        • Internaute 46412
          étudiante

        Merci :)
        En fait quand je parle de remise en cause, je parle de la mère mais aussi du système tout entier. Un système qui crée des centres pour criminels en devenir n’a vraiment pas envie de se poser de question sur ce qui crée des individus violents...
        Il serait intéressant de savoir si l’enfant à été suivi psychologiquement après son adoption ou pas d’ailleurs. Mais bon, pour ce qui est du « pays moralisateur et impitoyable aux faibles » que seraient les états unis, je ne connais pas assez le pays pour me prononcer, mais ce genre de dérives peut tout à fait arriver en France. Les enfants abusés qui deviennent abuseurs, ont souvent été vus dans leur enfance par les services sociaux, mais ne sont ensuite pas suivis non plus. Je veux juste insister sur le fait que je comprends le désarroi de cette maman, mais si elle aime vraiment son fils, il faut qu’elle le tire de là très vite, il n’a que 14 ans, il n’est pas perdu.

    • Gerry
      Gerry répond à ThatJazz
      • Posté à 10h07 le 13/06/2009
      • Internaute 25958

      oui c’est évident, c’est à la mère adoptive de se remettre en cause et de suivre une thérapie... vous me faites penser à ces psychanalystes qui accusaient les mères d’enfant autistes d’avoir causé la maladie de leur enfant...

  • alberte
    alberte
    Sage-femme retraitée
    • Posté à 15h36 le 12/06/2009
    • Internaute 60250
      Sage-femme retraitée

    Je crais bien, hélas q’ il n’ y ait plus rien à espérer ! !

  • Com1acor
    Com1acor
    A l'ouest
    • Posté à 16h00 le 12/06/2009
    • Internaute 82586
      A l'ouest

    Très intéressant témoignage Armelle. Tout ce qui fait un bon rédacteur, relater les faits et juste les faits, félicitations.
    On attend des nouvelles du petit.

  • n15
    n15
    artiste
    • Posté à 09h26 le 15/06/2009
    • Internaute 76307
      artiste

    Je connais un enfant adopté à paris qui a des comportements analogues.

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