Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Dan Franck : « Pour “Boro”, on voulait faire de l'anti-Sulitzer »

Publié le 13/06/2009 à 15h38


Depuis vingt-deux ans, les écrivains Dan Franck et Jean Vautrin se retrouvent régulièrement pour, à quatre mains, écrire l’histoire de « Boro, reporter photographe ». Et revisiter l’histoire de la Guerre d’Espagne, de la Seconde Guerre, ou, dans ce huitième tome, de la création de l’Etat d’Israël. De la très bonne littérature feuilletonesque, politique et historique.

Blèmia Borowicz est le Corto Maltese du photojournalisme : reporter photographe libre, indépendant, fantasque, connu pour ses portraits de Gide, Chaplin, Gary Cooper, Goebbels, Léon Blum ou même Hitler. Et pour son aura auprès des femmes.

Dès le début de la série (« La Dame de Berlin »), « Boro » a pris les traits de cet homme séduisant, dessiné par Enki Bilal, qui a illustré les couvertures des huit livres.

Blèmia Borowicz dit « Boro » est un juif hongrois. Un héros un peu fitzgeraldien (femmes, fêtes, etc.), pris dans les tourbillons du siècle. Un reporter photographe « de l’école hongroise » (clin d’œil au photographe Robert Capa, dont on apprendra ici l’histoire du patronyme) qui sillonne la planète muni de sa canne et de son Leica.

Sa philosophie du reportage, sa façon de témoigner par l’action dans la photographie, sa distinction : le décorum propre à Boro est en réalité fourni par l’agence Magnum, justement co-fondée en 1947 par Capa.

De la saine littérature de feuilleton

« Boro », c’est le héros de papier crée en 1987 par les deux écrivains Jean Vautrin et Dan Franck. Le premier était déjà un auteur de polars reconnu, mais le second n’avait alors pas la notoriété que lui apporterait plus tard son prix Renaudot pour « La Séparation » (livre, puis film, en 1991).

Les deux hommes voulaient « créer un personnage politique, clairement de gauche. De l’anti-Sulitzer ». Un Poulpe avant l’heure...

« Les aventures de Boro, reporter photographe », dont le nouvel opus est le huitième (on peut lire les livres indépendamment), c’est de la bonne littérature « feuilletonesque », politique, historique, qui revisite l’Histoire récente à partir de la guerre d’Espagne. Des livres aux chapitres courts, mêlant l’histoire dans l’Histoire, et dans lesquels l’action est omniprésente.

Des personnages avant tout antifascistes et européens

Le grand intérêt de la série, écrite par deux Français, est que les personnages principaux ne le sont pas forcément. Ils sont hongrois, anglais, allemands, français parfois. Avant tout antifascistes, européens. L’angle est toujours géographiquement très ouvert. Chacun des romans de la série a son petit parfum « Brigades internationales ».

Au début, les deux auteurs étaient partis pour cinq tomes, censés couvrir une période qui irait de la guerre d’Espagne (une obsession de Dan Franck) à l’entrée des troupes russes à Budapest en 1956.

Franck sourit lorsqu’il dit : « Mais nous en sommes au huitième volume, et nous sortons à peine de la guerre. » Tout en avouant vouloirs s’arrêter à dix volumes… (Voir la vidéo)

Après l« Espagne, Boro a été journaliste et résistant durant la Seconde Guerre mondiale. Dans “ La Dame de Jérusalem ”, il sera ballotté entre New York, Prague, Paris et Jérusalem, pendant les négociations qui aboutiront à la partition de la Palestine, et la naissance de l’Etat d’Israël.

Ce 22 juillet 1946. Il est devant l’hôtel King David de Jérusalem, lorsqu’une jeune et étrange femme à vélo lui demande de photographier le bâtiment, qui abrite le commandement militaire des forces britanniques stationnées en Palestine.

Et l’hôtel explose. 200 blessés, 91 morts. Un enfer saisi par l’homme au Leica, dont les photos sont achetées par les rédactions du monde entier.

Dans ses pérégrinations, “Boro” va rencontrer Robert Capa

Pour l’Histoire, le héros de notre série assiste aux négociations pour la créations de l’Etat d’Israël, suit les immigrants clandestins, se retrouve sous le feu nourri des combats, retourne en prison. Jusqu’au vote de la résolution 181 de l’ONU sur le partage de la Palestine.

Pour l’histoire, et pour les connaisseurs de la série, Boro retrouvera ici son cousin Dimitri et sa cousine Maryika, apprendra qu’il a un fils. Croisera Robert Capa. Et rencontrera Arthur Finnvack, cet agent secret britannique qu’on avait déjà vu protéger Boro sans que ce dernier ne s’en doute. (Voir la vidéo)

“ La Dame de Jérusalem ” est un livre accusateur envers les Alliés, spécialement les Britanniques bien entendu, puisque la Palestine était sous leur mandat.

Pour les auteurs, dont la démarche se base sur le travail de “ nouveaux historiens israéliens ”, de nombreux marchandages entre vaincus et vainqueurs de la guerre ont prédestiné aux destins des juifs libérés (voir la vidéo). Le roman contient de nombreux flash-backs sur la libération des camps.

Un très beau subterfuge pour écrire l’horreur des camps

Pour Franck, “ l’Etat d’Israël n’aurait pas existé s’il n’y avait pas eu les camps ”. Pour lui, ils fondent la culpabilité occidentale qui permit la création d’Israël… au détriment d’une population entière, lésée : les Palestiniens. Entre autres parce qu’ “ il est clair que dès 1943, tout le monde savait les camps : Churchill, Roosevelt, le Congrès Juif mondial, De Gaulle ”.

Pour écrire l’horreur des camps, et ce que les soldats découvrent en les libérant, les auteurs ont recours à un très beau subterfuge, incarné par Arthur Finnvack (chez qui le subterfuge définit aussi la vue ; autre façon de mêler Histoire et histoire…) : quand il a ouvert les portes de Buchenwald, Finnvack est devenu aveugle à jamais… (Voir la vidéo)


“ Le principe de cette série, c’est celui du rétroviseur ”, dit Dan Franck. La série des “ Boro ” est du genre à ouvrir les yeux toujours plus grands, plus éveillés, plus concernés. Comme la photographie.

► La Dame de Jérusalem de Franck&Vautrin - Fayard - 390p. - 22€. A signaler également, un recueil d’articles écrits par Jean Vautrin : “La vie Badaboum” (Fayard, 314p., 19.50€).

► Modifié le 14/6 à 15h30. Titre changé pour éviter toute ambiguïté (cf. commentaires).

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  • 22863 visites
  • 263 réactions
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  • Porey
    • Posté à 15h53 le 13/06/2009
    • Internaute 68625

    « Dès 1943, tout le monde savait les camps. » Et quand toi parler français ?

    • Zontar
      Zontar répond à Porey
      étudiant
      • Posté à 16h28 le 13/06/2009
      • Internaute 12286
        étudiant

      C’est du français correct je crois, on peut utiliser le verbe « savoir » de cette façon, dans un registre littéraire ou poétique, même si c’est un peu surprenant.
      Pas besoin d’être inutilement agressif...

      • Hubert Artus
        Hubert Artus répond à Zontar
        Rue89
        • Posté à 17h57 le 13/06/2009
          rédacteur
        • Journaliste 56
          Rue89

        C’est tout à fait correct, en effet. Merci de l’avoir signalé

      • Porey
        Porey répond à Zontar
        • Posté à 21h41 le 14/06/2009
        • Internaute 68625

        C’est du français précieux et contourné, ça ne mérite effectivement aucune agressivité, en revanche ça peut susciter la raillerie et c’est ce que j’ai voulu exprimer.

    • DBL8
      DBL8 répond à Porey
      Retraité
      • Posté à 22h47 le 13/06/2009
      • Internaute 19562
        Retraité

      Encore un père la moral !
      Aller Capélo, une tisane et au lit !

      • Porey
        Porey répond à DBL8
        • Posté à 21h46 le 14/06/2009
        • Internaute 68625

        Allez DBL8, un dictionnaire, une bonne grammaire française, et au boulot. Courage, d’ici un an ou deux vous devriez être capable d’écrire douze mots (si j’ai bien compté) en alignant moins de deux fautes (toujours si j’ai bien compté) .

         
        • jpouille
          jpouille répond à Porey
          Fils du vent
          • Posté à 01h19 le 15/06/2009
          • Internaute 31114
            Fils du vent

          Ce n’est plus de la raillerie, c’est de l’arrogance

        1 autres commentaires
  • Thierry Soulard
    Thierry Soulard
    Forçat de l'info accro au net
    • Posté à 16h06 le 13/06/2009
    • Internaute 716
      Forçat de l'info accro au net

    J’ai trouvé le premier tome de cette série il y a quelques années, sur un tas de gravats dans un recoin de Paris. Un exemplaire tout défoncé et plein de poussière, que j’ai dévoré avec enthousiasme. Avant de l’abandonner à mon tour dans le métro, en espérant que quelqu’un d’autre y trouve aussi son bonheur.

    Là, je me dis que je devrais retourner voir ce tas de gravats, au cas où les autres livres de la série y sont apparus ^^

    MODE SR ON/
    Paragraphe sous le dernier intertitre : « qu » « il “
    /MODE SR OFF

    MODE PINAILLEUR ON/
    Et Etonnants voyageurs, alors, ça a donné quoi ? Pas vu de compte rendu.
    /MODE PINAILLEUR OFF

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à Thierry Soulard
      Rue89
      • Posté à 11h43 le 14/06/2009
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      Vous aurez bientôt les compte-rendus d’Etonnants Voyageurs. Merci de votre curiosité !

    • Saba
      Saba répond à Thierry Soulard
      • Posté à 11h19 le 15/06/2009
      • Internaute 9356

      Etonnants voyageurs , c’était comme d’habitude , il fallait arriver de bonne heure pour avoir une place au café littéraire et comme d’habitude ( et c’est pour cela que j’y retourne chaque année) , j’ai rencontré des écrivains que je ne connaissais pas et qui semblent prometteurs , j’ ai acheté quelques livres mais je n’ai pas encore eu le temps de les lire .

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 17h37 le 13/06/2009
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Aujourd’hui, les camps sont en Palestine et tous les décideurs actuels le savent et que font t’ils... ? !

    Lien

    • nilocas Zarkosy
      nilocas Zarkosy répond à Phil2922
      Âne à la retraite
      • Posté à 18h29 le 13/06/2009
      • Internaute 13422
        Âne à la retraite

      Et à ton avis ils arrivent à en gazer combien par jour ? ? ? ?

    • caro
      caro répond à Phil2922
      délinquante avérée
      • Posté à 18h31 le 13/06/2009
      • Internaute 6484
        délinquante avérée

      si vous comparez les camps nazis et Gaza (ce que laisse entendre votre phrase) vous pouvez dire combien de millions de morts il y a eu à Gaza ? Que la situation y soit dramatique, personne ne dit le contraire, mais de là à parler de « camps » ...
       ; -((

      • baxbrin
        baxbrin répond à caro
        Enseignant en IdF
        • Posté à 00h19 le 14/06/2009
        • Expert 40469
          Enseignant en IdF

        Merci pour cette bonne question simple et bien posée.

        J’oserai y ajouter celle-ci : qui gagne à vouloir faire la compète entre deux massacres avérés (en cherchant bien on en trouve évidemment d’autres) ?

        Et qui se pose ces questions avec un œil humain ? Qui avec un œil partisan ? Et pourquoi partisan ?

        Trop de questions, la nuit porte conseil...

         
        • caro
          caro répond à baxbrin
          délinquante avérée
          • Posté à 01h11 le 14/06/2009
          • Internaute 6484
            délinquante avérée

          si j’osais ... d’un côté il y a génocide (il y en a d’autres), de l’autre crimes de guerre (il y en a d’autres aussi). Qui gagne à mettre sur le même plan génocide et crimes de guerre/crimes contre l’humanité ?
          Bonne nuit.

          • baxbrin
            baxbrin répond à caro
            Enseignant en IdF
            • Posté à 01h43 le 14/06/2009
            • Expert 40469
              Enseignant en IdF

            « Massacre avéré », « génocide » et « crime de guerre » jouent au scrabble sous l’oeil de « crime contre l’humanité » et « attentat ». (liste non fermée...)

            Qui gagne, qui perd ?

            En vrai : tout le monde...

        2 autres commentaires
      • luttantcontrelamanipulation
        luttantcontrelamanipulation répond à caro
        surtout pas financier
        • Posté à 13h36 le 14/06/2009
        • Internaute 82711
          surtout pas financier

        Les Palestiniens ne sont pas gazés.Merci aux Israéliens.
        Ils sont juste dans une prison géant à ciel ouvert dans leur propre pays.
        Mais avec un peu de chance, dans 30-40 ans, on parlera enfin des crimes des Israliens envers les Palestiniens.
        Aujourd’hui, l’espace médiatique occidental est sur-occupée (volontairement ?) par la shoah.
        Il suffit d’attendre...

    • colyz
      colyz répond à Phil2922
      psy
      • Posté à 14h07 le 14/06/2009
      • Internaute 64697
        psy

      les camps en Palestine ressemblent plus aux camps des gitans chez nous que les camps de concentration ou que les camps d’extermination. Toi qui t’indigne si fort que fais-tu pour les camps de gitans non loin d’où tu habites ?

      • Compte supprimé le 4 janvier 3
        • Posté à 14h59 le 14/06/2009
        • Internaute 41144

        Surtout, la bonne question à se poser est : QUI les a mis dans des camps, et QUI les y maintient depuis 61 ans ? Comment se fait-il qu’il y ait des « camps palestiniens » à Gaza, alors qu’il n’y a plus un seul Israélien là-bas depuis des années ? Comment se fait-il qu’il y ait des « camps palestiniens » au Liban et en Jordanie ? ? ?

        Un élément de réponse : il faut habiter dans un camp pour toucher l’aide de l’UNRWA...

         4 autres commentaires
      • leconcombrevert
        leconcombrevert répond à Lautret
        La vraie vérité > : -))
        • Posté à 18h55 le 13/06/2009
        • Internaute 8843
          La vraie vérité > : -))

        Quel imposteur ? le mensonge est ailleurs ....

         
        • C-dâv
          • Posté à 19h29 le 13/06/2009
          • Internaute 23444

          Vous connaissez la turlutte hutue , ?
          Celle au chapeau pointu,bravo !

        • tasfa
          • Posté à 20h41 le 13/06/2009
          • Internaute 71502
            humain

          « les pays arabes n’étaient pas en odeur de sainteté en 1947 parce qu’ils s’étaient résolument rangés du côté des NAZIS pendant la Seconde guerre mondiale - comme l’empire ottoman s’était rangé du côté des Allemands au cours de la Première, et avait donc été dépecé suite à leur défaite. “

          Quels sont ces pays arabes sachant qu’à part l’Egypte , la région était soit sous mandat britannique ou francais .
          Cet argument qui vise à faire croire que tous les arabes etaient des nazis afin de légitimer et encourager la souffrance des palestiniens n’est meme pas utilisés en israel.
          Alors, nous français, qu’est-ce qu’on devrait prendre sur la gueule, avec pétain laval et les miliciens....
          Bravo pour ce cours d’histoires....pas drôles.

          • Compte supprimé le 4 janvier 3
            • Posté à 21h24 le 13/06/2009
            • Internaute 41144

            L’Egypte et la Jordanie, rien que dans la région, mais aussi l’autorité religieuse suprême en Palestine, le Grand Mufti. Damas et le Caire - entre autres - grouillaient de nazis en fuite en 1945, et on s’est empressé d’y traduire Mein Kampf, qui est toujours un best-seller dans ces pays. Les fondateurs du parti Baath (Syrie et Irak) y font expressément référence et déclaraient leur ADMIRATION poiur Hitler

            La France, au grand dépit de De Gaulle, n’a pas été invitée à Yalta, justement parce qu’elle était dirigée par Pétain. Nous aussi nous avons recruté des soldats - et des travailleurs - pour Hitler, c’est pourquoi Churchill a été bien gentil de nous accorder un petit strapontin et de faire semblant de croire que toute la France avait résisté... Mais au premier froid dans nos relations, les Anglo-Américains ressortent Pétain, bien entendu. En outre, l’URSS a été le meilleur allié de l’Allemagne nazie pendant près de DEUX ANS. Il ne s’agit donc absolument pas d’occulter quoi que ce soit, ni de légitimer telle ou telle souffrance, mais de rappeler des FAITS. L’ennemi de mon ennemi est mon ami était déjà une doctrine très en vogue (comme le rapprochement à priori impensable entre Le Pen et Dieudonné en témoigne), et l’antisémitisme était AUSSI virulent dans les pays de la Ligue arabe qu’à Berlin.

            Il est très rare que l’Histoire soit drôle, effectivement. Encore faut-il la connaître.

            • Bartabasco
              Bartabasco répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
              Qui es-tu diantre ?
              • Posté à 23h45 le 13/06/2009
              • Internaute 78344
                Qui es-tu diantre ?

              Si on veut ressortir l’histoire, on peut aussi dire que bon nombres de villes musulmanes espagnoles ont protégés des juifs au moyen-âge contrairement au catholicisme européen de l’époque.

              Ou bien qu’un certain nombres d’américains ( comme ford decoré par hitler quand même ... ) ont soutenu les théories nazies...

              Ou alors on peut penser au fait que vivre ensemble main dans la main( tout en cultivant des différences, on est pas dans fahrenheit 451 ) est une théorie qu’on pourrait qualifier de niaise mais qui est quand même pas dégueulasse.

          • La mouche du coche-
            La mouche du coche- répond à tasfa
            diptère
            • Posté à 21h24 le 13/06/2009
            • Internaute 45466
              diptère

            Le problème de Béatrice1 est que son histoire met toujours les agresseurs d’un même coté, et le gentils sympas de l’autre.

            La vérité ne peut pas être celle-là et Béatrice1 le sait bien : c’est pourquoi plus elle explique, plus elle s’inquiète : si elle est toujours gentille, alors cela veut dire que les autres sont toujours méchants. C’est angoissant et Béatrice1 n’est pas heureuse.

            Béatrice1, les histoires que l’on vous a raconté ne peuvent pas être vraies, puisqu’elles vous donnent toujours raison. Désolé.

            • Compte supprimé le 4 janvier 3
              • Posté à 21h43 le 13/06/2009
              • Internaute 41144

              Le problème des gens comme vous c’est qu’ils sont incapables de réfuter UN argument. Ca ne peut pas être vrai ? Quelle réaction niaise ! Et bien la preuve que si, puisque ça l’est. Alors encore faudrait-il étayer vos dires.

              • La mouche du coche-
                • Posté à 22h05 le 13/06/2009
                • Internaute 45466
                  diptère

                Beatrice1,

                Je ne réfuterais pas vos arguments parce que c’est un piège pour moi, mais surtout pour vous.

                Parce que plus vous arrivez à la conclusion que vous avez toujours raison, plus vous devez en conclure que nous avons toujours tort et que sommes tous méchants. Et vous vous renforcez ainsi dans votre paranoïa qui vous fait du mal.

                C’est pourquoi en vous priant de réfléchir au fait que vous ne pouvez pas avoir toujours raison, je vous donne une piste pour vous libérer de vos peurs. Et de revenir vers nous. Mon raisonnement est-il si niais ?

                • Compte supprimé le 4 janvier 3
                  • Posté à 22h46 le 13/06/2009
                  • Internaute 41144

                  Vous ne réfuterez pas mes arguments pour une raison très simple : parce que vous en êtes incapable, tout simplement parce que je rappelle des FAITS historiques.

                  Ce que vous écrivez est totalement niais, et je ne le gratifierai certainement pas du terme de « raisonnement ». En réalité vous ignorez tout de cette période de l’histoire : ce n’est pas grave, on n’est pas obligé. Mais quand on ne sait pas on se dispense de raconter n’importe quoi. Et si on veut discuter, on commence par se renseigner.

                  • La mouche du coche-
                    • Posté à 22h52 le 13/06/2009
                    • Internaute 45466
                      diptère

                    Beatrice1,

                    Vous n’en avez pas marre d’avoir toujours raison ?

                  • Un compte supprime
                    • Posté à 06h00 le 14/06/2009
                    • Internaute 21837
                      nc

                    Il ne s’agit pas de refuter les faits que vous decrivez (pour l’essentiel exacts) mais la facon dont vous vous servez de ces faits pour en tirer les conclusions qui vous arrangent.

                    Expliquez-moi je vous prie en quoi la legitimite incontestable de la creation de l’etat d’Israel en 1947 et les conditions historiques de cette creation impliqueraient-elle qu’en 2009 l’on refuse ce meme droit aux palestiniens ?

                    • NELEPHANT
                      • Posté à 10h26 le 14/06/2009
                      • Internaute 16293

                      Depuis que je lis les posts de Béatrice 1, je n’ai pas le sentiment qu’elle aie jamais argumenté contre le droit du peuple palestinien à une existence nationale , concrétisée par la création d’un état souverain.

                      Non elle n’a jamais argumenté que contre ceux qui ont dénié toute légitimité proche ou lointaine à l’existence d’un état israélien, « état juif » ou « état des juifs » selon la traduction qu’on fait du titre de l’ouvrage de Herzl « Die Judenstaat ».

                      • Un compte supprime
                        • Posté à 10h34 le 14/06/2009
                        • Internaute 21837
                          nc

                        Je ne me souviens helas pas avoir jamais lu de sa prose un seul passage ou elle considere que la lutte du peuple palestinien est legitime. Mais si je me trompe donnez-moi le lien.

                      • La mouche du coche-
                        La mouche du coche- répond à NELEPHANT
                        diptère
                        • Posté à 10h37 le 14/06/2009
                        • Internaute 45466
                          diptère

                        .
                        .
                        @ Nelephant,

                        Le piège de l’argumentation de Beatrice1 ne réside pas là où vous croyez.

                        Pour le démonter, il faut remarquer ceci : Elle présente toujours une histoire où un peuple est toujours en bonne part, jamais en faute.

                        Ce ne peut donc pas être la réalité. Ce ne peut pas être toujours de la faute de l’autre.

                        Son histoire est donc obligatoirement fausse. C’est une mythologie, ce que tout le monde voit bien sauf elle.
                        .
                        .

                        • NELEPHANT
                          • Posté à 15h24 le 14/06/2009
                          • Internaute 16293

                          Je remarque en ce qui vous concerne que faute de pouvoir contre-argumenter sur les faits qu’elle relate et les idées qu’elle émet, vous psychiatrisez son discours.

                          Je suis loin d’être d’accord avec tout ce que raconte Béatrice. Mais je ne doute pas un instant de l’effort qu’elle fait pour appréhender le monde, sa complexité et ses contradictions

                          Ne diraient le vrai et le bien que ceux qui sont d’accord avec vos positions. Et vous transformez vos positions en critère éthique absolu. Du haut de l’hubris de vos convictions « anti-impérialistes » vous vous transformez en émetteur de normes.

                          Cessez de prendre la pose, vous pourrez avoir avec d’autresun discours qui ne soit pas purement logomachique.

                          Vous apparaîtrez peut-être moins pouyr ce que ma part, je pense que vous êtes : un tchékiste.

                      • Compte supprimé le 4 janvier 3
                        • Posté à 17h09 le 14/06/2009
                        • Internaute 41144

                        Merci, c’est exactement ça. Je m’échine à rappeler que je suis favorable à ce qui a été VOTE en 1947, cad DEUX Etats, et que ceux qui l’ont empêché ce n’est pas Israël, mais la Ligue arabe à l’époque ; qu’en outre ceux qui l’empêchent toujours aujourd’hui sont les frappadingues qui appellent à la destructrion d’Israël et au « nettoyage de la Palestine du dernier Juif ».

                        Ca me parait indubitable.

                    • Compte supprimé le 4 janvier 3
                      • Posté à 15h45 le 14/06/2009
                      • Internaute 41144

                      « Il ne s’agit pas de refuter les faits que vous decrivez (pour l’essentiel exacts) »

                      Comment ça « pour l’essentiel exacts » ? Quelle partie non-essentielle des faits que je présente serait donc inexacte ?

                      « mais la facon dont vous vous servez de ces faits pour en tirer les conclusions qui vous arrangent. »

                      Quelles conclusions m’avez-vous vu tirer de ces faits « pour l’essentiel exacts », sinon que la ligue arabe est le GRAND responsable du malheur - bien réel - des Palestiniens depuis 61 ans, comme je l’ai dit et répété...

                      « Expliquez-moi je vous prie en quoi la legitimite incontestable de la creation de l’etat d’Israel en 1947 et les conditions historiques de cette creation impliqueraient-elle qu’en 2009 l’on refuse ce meme droit aux palestiniens ? »

                      Mais je suis POUR la création d’un Etat palestinien, je l’ai toujours été. Ce que je dis, c’est que ce n’est PAS Israël qui a empêché la création de cet Etat, mais la Ligue arabe :

                      1) en occupant militairement et en annexant les territoires censés le devenir de 1948 à 1967 (guerre des Six Jours)

                      2) En refusant leur restitution contre la paix en 1967 (conférence de Khartoum).

                      Voilà au moins DEUX occasions où la responsabilité de la non-création de cet Etat est indubitable.

                      Depuis 1948 les dirigeants arabes et palestiniens mènent la politique du pire en refusant toute solution qui ne serait pas la DESTRUCTION d’Israël. Depuis très récemment, certains font mine de s’être ralliés à la « solution » des deux Etats, pas toujours de manière très claire : Arafat dans les années 90 seulement, parlait en anglais de reconnaître l’existence d’Israël, tandis qu’il appelait toujours à le détruire en arabe... Même Abbas n’est pas clair (il a fait sa thèse sur la négation de l’holocauste, ne pas l’oublier) - mais il est actuellement plus occupé par la détestation du Hamas que par celle d’Isarël (en réalité, il ne doit sa peau qu’à Israël).

                      Pourtant, souvenez-vous : Israël avait conquis l’IMMENSE Sinaï en 1967 (là on pouvait commencer à parler de « Grand Israël »). En principe, le vainqueur d’une guerre GARDE les territoires conquis durant cette guerre - c’est du moins ce qui s’est toujours passé dans l’histoire de l’humanité (imagine-t-on que l’Allemagne pourrait revendiquer les Sudettes et le couloir de Dantzig ?). Le perdant perd, un point c’est tout.

                      De nombreuses colonies de peuplement s’étaient installées dans le Sinaï, où les Israéliens avaient transformé le désert en terres fertiles et prospères... Or que s’est-il passé en 1978, quand l’Egypte a signé la paix avec Israël ? Ce dernier lui a immédiatement rendu le Sinaï (après y avoir démantelé les « colonies »), et a offert de lui rendre Gaza, ce que l’Egypte, pas folle, a REFUSE...

                      Quand la Jordanie a signé la paix avec Israël en 1994, celui-ci a immédiatement offert de lui rendre la Cisjordanie - ce que la Jordanie a refusé...

                      Israël a évacué Gaza en 2005 - en affirmant à la population israélienne inquiète que loin de nuire à sa sécurité, ce geste allait la renforcer. Résultat ? Du jour au lendemain, le nombre de missiles lancés sur le territoire israélien depuis Gaza a TRIPLE. Après Gaza, c’est la Cisjordanie qui allait être évacuée : vous comprendrez peut-être qu’après la mauvaise expérience de Gaza ce retrait soit reporté aux callendes ?

                      Depuis 61 ans, les Israéliens sont entourés d’ennemis qui clament leur intention de les ANEANTIR, de les RAYER DE LA CARTE, et qui s’emploient jour après jour à essayer de le faire, en envoyant des missiles sur les civils et en essayant de faire passer des kamikazes bardés d’explosifs... En transformant des ambulances et des véhicules de l’ONU en transport de combattants armés (ce qui est un crime de guerre !). Et on s’étonne qu’il y ait des check-points ? Et on s’étonne qu’ils aient construit une barrière de sécurité ? Mais le nombre d’attentats kamikazes en Israël, depuis la construction de cette barrière, a baissé de 95% ! Chacun construit un abri anti-bombes dans sa maison, chaque municipalité construit des abris à tous les coins de rue pour que la population puisse s’y réfugier en cas de besoin... (Alors qu’en face, bien qu’Arafat ait eu le MONOPOLE de la distribution du ciment, vous avez vu des abris, vous ?)

                      Moi ce qui m’étonne, c’est qu’il n’y ait pas davantage de réactions hostiles aux Arabes en Israël, au bout de 61 ans de guerre ! Parce qu’après seulement 5 ans de guerre, il faut voir ce que j’ai entendu dire sur les « Boches » de la part de mes aînés au cours des années 50, 60 et même 70 ! Israël a quand même cette particularité UNIQUE au monde, d’autoriser des élus arabes à siéger à la Knesset avec pour seul programme sa destruction...

                      Il faut voir aussi les émissions qui passent à la télé palestinienne, même celle qui est contrôlée par Abbas : prêches enflammés appelant à « tuer tous les Juifs », à « nettoyer la Palestine du dernier Juif » (ce qu’ils appellent la « Palestine », cad y compris le territoire israélien), émissions pour les enfants où on leur bourre le crâne de le haine des Juifs, où on leur apprend que le but ultime le plus glorieux est de mourir en « martyr » en tuant des Juifs, où on fait défiler des petits enfants en uniforme et portant cagoule et kalachnikov !

                      A chaque manif du Hamas ou du Hezbollah - où des encagoulés défilent le bras tendu - car ils ont tenu à reprendre le salut nazi - aux cris de « Mort à Israël ! Mort aux Juifs ! », les Israéliens frémissent...

                      On exige d’eux d’être des surhommes et des saints.

                      Bref, comme je l’ai déjà écrit plusieurs fois, après 61 ans de politique catastrophique, les Palestiniens en sont réduits à pleurnicher pour obtenir aujourd’hui beaucoup MOINS que ce qu’ils ont REFUSE en 1947 : quel bilan !

                      Il faut absolument comprendre une chose très simple : tant que l’existence même d’Israël ne sera pas admise par les Arabes, tant que sa sécurité ne sera pas assurée, il n’y aura aucune solution à ce conflit. En revanche, dès que la sécurité d’Israël ne sera plus menacée (quand la charte du Hamas deviendra caduque, par exemple), tout deviendra possible.

                      Il faut savoir qu’aujourd’hui même, en Jordanie - pays qui est censément en paix avec Israël depuis 15 ans - les commerçants mettent en devanture des affichettes proclamant que leur magasin est interdit... aux chiens et aux Juifs !

              • Saba
                • Posté à 11h29 le 15/06/2009
                • Internaute 9356

                Il y a des faits que vous rappelez d’autres que vous oubliez systématiquement : par exemple que certains groupes juifs qui militaient pour un état israélien ont proposé aux nazis de l’aide pour vaincre les Britanniques . Les nazis ont refusé . Mais la proposition existait.

          • mauser
            mauser répond à tasfa
            • Posté à 17h38 le 14/06/2009
            • Internaute 4683

            Les anglais ont du faire face à une semi révolte en Irak. Les anglo-saxons avec les russes ont du occuper l’Iran pour assurer la continuité du ravitaillement. Le grand Mufti de Jérusalem après avoir appelé à la guerre sainte va rejoindre l’Allemagne nazie et faire de la propagande jusqu’au dernier jours Je dois vous rappeler la collaboration de Nasser et de Sadate au mouvement des officiers libres et de leurs rapports avec le SD allemand.
            Ou les SS au chèche les yougoslaves en conservent un souvenir cuisant. Même nous en France avons eu une bande de musulmans qui a sévi dans le massif central si ma mémoire est bonne en 1944.
            Pour le reste je vais lire le livre avec plaisir dès qu’il sort en poche

          • Kalilooe
            Kalilooe répond à siko
            humain
            • Posté à 20h35 le 14/06/2009
            • Internaute 82675
              humain

            « Ah bon ? J’ai toujours cru que les premiers juifs à s’installer en Palestine l’avaient fait vers la fin du 19ème siècle, c’est-à-dire à peu prêt au même moment que la création de l’idéologie sioniste… Et les arables étaient là avant eux ! »

            lol

            Lien

            Je sais qu’il s’agit d’une discussion byzantine, mais si on s’en réfère à cet article (documenté et référencé), le peuple qui (en tant que plus ancien occupant des lieux reconnu par les historiens) pourrait se déclarer palestinien : les Philistin a disparu depuis longtemps quand on crée le nom même de Palestine : « En fait, ce terme fut inventé par les Romains qui, après la révolte de Bar Kokhba vaincu par l’empereur Hadrien, sont désireux d’annihiler toute trace de vie juive au sein de cette partie du monde. Ce nom est choisi d’après celui d’anciens ennemis des Hébreux, déjà disparus à l’époque d’Hadrien, les Philistins (par la même occasion, Jérusalem est rebaptisée Aelia capitolina. » ref. ci dessus)

            Si on continue à lire l’article en question, on constate
            1) que les dires de Béatrice 1 sont avérés (ou tout du moins partagés par une large partie des historiens),
            2) que les Juifs ont eu bien du mérite à s’obstiner à rester bon gré mal gré sur place :) ,
            3) que les insultes ou dénigrements fantaisistes et non documentés de certains ne font que renforcer les affirmations de Béatrice 1, pour peu qu’on ait l’honnêteté de vouloir approfondir le sujet.

            • Thierry75
              • Posté à 09h40 le 14/06/2009
              • Internaute 12958

              Le type de la contre-véruité ! Hébron n’a jamais été une ville juive, sans discontinuer, depuis l’Antiquité ! ! ! Il y a existé une petite communauté de changeurs et de prêteurs sur gages (à des taux usuraires bien sûr) : rien de plus !

              • Compte supprimé le 4 janvier 3
                • Posté à 17h18 le 14/06/2009
                • Internaute 41144

                Les Juifs = « usuriers » - voilà encore une remarque sympathique et pas du tout raciste, je suppose...

                Il y a eu une présence juive importante et continue à Hébron (entre beaucopup d’autres villes !) depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours - SAUF entre 1948 et 1967 : cad pendant l’occupation militaire et l’annexion de la Cisjordanie par la Jordanie où TOUS les Juifs avaient été chassés, leurs biens détruits et leurs lieux saints profanés (antiques synagogues, tombeau des Patriarches transformés en latrines...).

                Curieusement, il y a des occupations militaires qu’elles sont bonnes - celle de la Jordanie en Cisjordanie, celle de l’Egypte à Gaza, celle de la Syrie au Liban - et d’autres qu’elles sont EPOUVANTABLES ! Certains ont le DROIT de chasser et de spolier certaines populations - du moment que ce sont des Juifs - mais pas les autres !

                Beurk, beurk, beurk !

                Vous êtes carrément infréquentables, les « pro-palestiniens ». Les Palestiniens seraient en droit de vous couvrir de goudron et de plumes, car vous leur faites un tort consédérable depuis plus de 60 ans.

            • comptebloqué 27 juillet 2009
              • Posté à 09h54 le 14/06/2009
              • Internaute 24906
                .

              Comment le peuple Juif fut inventé (Broché)
              de Shlomo Sand

              Présentation de l’éditeur
              Quand le peuple juif fut-il créé ? Est-ce il y a quatre mille ans, ou bien sous la plume d’historiens juifs du XIXe siècle qui ont reconstitué rétrospectivement un peuple imaginé afin de façonner une nation future ? Dans le sillage de la « contre-histoire “ née en Israël dans les années 1990, Shlomo Sand nous entraîne dans une plongée à travers l’histoire ‘ de longue durée des juifs. Les habitants de la Judée furent-ils exilés après la destruction du Second Temple, en l’an 70 de l’ère chrétienne, ou bien s’agit-il ici d’un mythe chrétien qui aurait infiltré la tradition juive ? Et, si les paysans des temps anciens n’ont pas été exilés, que sont-ils devenus ? L’auteur montre surtout comment, à partir du XIXe siècle, le temps biblique a commencé à être considéré par les premiers sionistes comme le temps historique, celui de la naissance d’une nation. Ce détour par le passé conduit l’historien à un questionnement beaucoup plus contemporain : à l’heure où certains biologistes israéliens cherchent encore à démontrer que les juifs forment un peuple doté d’un ADN spécifique, que cache aujourd’hui le concept d’’ Etat juif ‘, et pourquoi cette entité n’a-t-elle pas réussi jusqu’à maintenant à se constituer en une république appartenant à l’ensemble de ses citoyens, quelle que soit leur religion ? En dénonçant cette dérogation profonde au principe sur lequel se fonde toute démocratie moderne, Shlomo Sand délaisse le débat historiographique pour proposer une critique de la politique identitaire de son pays. Construit sur une analyse d’une grande originalité et pleine d’audace, cet ouvrage foisonnant aborde des questions qui touchent autant à l’origine historique des juifs qu’au statut civique des Israéliens. Paru au printemps 2008 en Israël, il y est très rapidement devenu un best-seller et donne encore lieu à des débats orageux.

              Biographie de l’auteur
              Né en 1946, Shlomo Sand a fait ses études d’histoire à l’université de Tel-Aviv et à l’École des hautes études en sciences sociales à Paris. Depuis 1985, il enseigne l’histoire contemporaine à l’université de Tel-Aviv. Les Mots et la terre (Fayard, 2006) est son dernier ouvrage publié en français

              Lien

              5.0 étoiles sur 5 Revenir sur terre’ plutôt que ‘revenir sur Sa Terre’, 4 septembre 2008
              Par Adam Zitten ‘neio’ (France) - Voir tous mes commentaires
              (TOP 500 REVIEWER)
              Je suis content de n’avoir pas pu commencer ‘trop tôt’ à me documenter sur l’histoire du Moyen Orient, du judaïsme et du sionisme. Souvent, il émane de la documentation une malsaine odeur de mystification... (Par exemple : ‘revenir’ en Israël après 2000 ans d’absence et avec un acte de propriété douteux mais péremptoire... !).
              J’ai ainsi abordé ces sujets avec ce qu’on appelle les ‘nouveaux historiens’.
              En effet, les ‘anciens’ historiens et intellectuels israéliens ont surtout fait de la propagande pour fédérer le peuple autour de mythes fondateurs (à ce sujet, voir ‘les mots et la terre’ du même auteur).

              Ici, l’auteur expose une thèse (très éloignée du ‘discours officiel’) qui, si elle recevait de l’écho, créerait une sorte de révolution copernicienne.
              La voici (très résumée et simplifiée) :
              1)-Les Juifs habitant actuellement en Israël comme dans le reste du monde, ne descendent pas du peuple ancien qui vivait dans le royaume de Judée à l’époque du 1er et du 2nd Temple. Ils sont issus de peuples divers qui, au cours de l’Histoire, se sont convertis au judaïsme (prosélyte !) en plusieurs lieux du bassin méditerranéen et autres régions.
              2)- La ‘religion juive’ existe, contrairement au ‘peuple juif partageant une origine commune’, qui lui est une fiction.
              3)-L’Exil est une invention (aucun écrit historique ne le relate et il était logistiquement impossible pour les Romains). Les véritables descendants des habitants du royaume de Judée sont plus probablement les Palestiniens actuels (qui ont été islamisés) ! ! !

              Quels revirements ça devrait impliquer dans les esprits ! ....
              Revirements existentiels insupportables et inacceptables pour certains, mais nouveau départ sur des bases saines pour d’autres (on peut toujours rêver).
              ‘Le Juif’ n’aurait plus à porter son statut autoproclamé d’être extra-ordinaire (statut parfois pesant, mais parfois pratique pour prendre des décisions unilatérales et indiscutables), mais à vivre en Humain ordinaire parmi et avec les autres ; ce qui est déjà bien.
              ce travail resterait très utile sous un certain angle : il constituerait une expérience de pensée qui aurait de quoi calmer bien des ardeurs belliqueuses. Ceux qui s’appuient sur des motifs ethniques et/ou religieux pour ‘justifier’ leurs politiques et leurs affrontements seraient sérieusement ébranlés.

              Enfin un livre pour tenter de ‘raconter l’histoire’ plutôt que de ‘se raconter des histoires’.
              Pour permettre le DIALOGUE plutôt que l’échange de MONOLOGUES.

              • NELEPHANT
                • Posté à 10h37 le 14/06/2009
                • Internaute 16293

                Eh bien , il faut peut être dire que la démarche de M. Sand, consistant entre autres à faire entrer la catégorisation du « peuple juif » dans une catégorie ehtno-génétique, se rattache à une conception soit « völkisch » de la notion de peuple, soit ... véterinaire ! A quoi reconnaît on un juif ( comme peuple ) ? A sa truffe noire ou rose, à son poil court ou long, comme un labrador ou un épagneul ? Ou à la mémoire et aux représentations collectives d’un groupe de population , à son organisation sociale, à son vouloir vivre-ensemble ?

                Que la notion de peuple soit subjective et inscrite dans le discours des individus qui le composent n’est pas surprenant, puisque cette notion relève des sciences humaines et non des sciences naturelles. L’approche critique d’une telle notion s’applique autant-pas plus mais pas moins ! - au peuple juif qu’au peuple français.

                Le fait que Sand aie « naturalisé » l’histoire du peuplejuif ne résulte tout au plus que de la volonté de créer un mauvaise polémique, et « IMHO », il s’est tiré une balle dans le pied.

                • thierry reboud
                  • Posté à 17h48 le 14/06/2009
                  • Internaute 20923

                  Pas tout à fait exact, et il s’en faut de beaucoup.

                  La démarche de Sand consiste bien plutôt à examiner l’historiographie sioniste, et notamment les bases pour le coup effectivement ethno-génétique, voire völkish, sur lesquelles elle repose. C’est-à-dire qu’à strictement parler, Sand prend l’exact contrepied de ce que vous lui imputez.

                  • NELEPHANT
                    • Posté à 23h19 le 14/06/2009
                    • Internaute 16293

                    Non.

                    Pas l’historiographie « sioniste », l’historiogoraphie qui concourt à une conception particulière du sionisme : celle qui place le sang avant la conscience de soi, le fait accompli (voir le geste héroïque) avant la volonté commune, l’état avant le peuple . La seule inspiration ethnique/volkisch connue dans le sionisme est celle de Trumpeldor dans la pratique, de Jabotinsky dans l’idéologie, opportunément renforcée par l’école du Rav Kook.

                    Ahad A’am, Pinsker, Meir Dizengoff ; Borohov... trop longtemps oublié celui-là échappent à 100% à la critique de Sand....qui aurait pu se contenter d’être critique comme peut l’être tout historien, et qui a versé dans la polémique acrimonieuse , ratant, et de loin, son propos.

  • Compte supprimé le 4 janvier 3
    • Posté à 17h42 le 13/06/2009
    • Internaute 41144

    L’histoire revisitée. Ainsi donc, les méchants occidentaux, coupables d’avoir laissé exterminer les Juifs d’Europe sans réagir, auraient, pour se laver de leur culpabilité, « donné » aux Juifs un Etat déjà existant et déjà peuplé. C’est mot pour mot la propagande du Hamas, ça. La réalité est largement différente...

    « Pour Franck, “ l’Etat d’Israël n’aurait pas existé s’il n’y avait pas eu les camps ”. »

    Le sionsime a été inventé au XIXè siècle. Comme par ailleurs les auteurs le remarquent, ce sont bel et bien les Juifs qui ont LIBERE la Palestine de la colonisation britannique.

    « Pour lui, ils fondent la culpabilité occidentale qui permit la création d’Israël… au détriment d’une population entière, lésée : les Palestiniens. »

    Toujours ce mythe du Juif « voleur ». Les « Palestiniens », à l’époque, comportaient 50% de Juifs. L’ONU n’a pas créé un Etat juif à la place d’un autre Etat pré-existant qui aurait été la Palestine, peuplé de « Palestiniens » : c’est une absurdité, en plus d’un mensonge. La Palestine n’a jamais été ni un Etat, ni un pays, ni une nation : elle a toujours été la province d’un empire - empire romain, puis empire ottoman, puis empire britannique. Elle a toujours été peuplée de Juifs ET d’Arabes (ceux-ci étant arrivés sur place bien après les Juifs, en outre un bon nombre d’entre eux étaient des Bédouins, cad dire des nomades). Les Britanniques ont attribué 80% de la Palestine aux Arabes quand ils ont créé la Transjordanie, et les 20% restants ont été partagés entre Juifs et Arabes par le plan de l’ONU en 1947 : les Juifs ont accepté ce plan et créé leur Etat (« l’Etat juif de Palestine »), les Arabes l’ont refusé et pour bien s’assurer que « l’Etat arabe de Palestine » ne serait jamais créé, la Ligue arabe a immédiatement occupé militairement et ANNEXE les territoires qui étaient censés le devenir (la Jordanie a annexé la Judée-Samarie et l’a rebaptisée « Cisjordanie », l’Egypte a annexé Gaza), dans les deux cas les habitants des territoires n’ont pas eu droit à la nationalité des occupants : les Cisjordaniens ne sont pas devenus jordaniens, les Gazaouis ne sont pas devenus égyptiens : ils n’en étaient pas jugés dignes... Seul israël a octroyé la nationalité israélienne aux Arabes vivant sur son territoire.

    Par ailleurs, parmi les Arabes de Palestine (qu’on ne peut PAS appeler les « Palestiniens » en 1947), un bon nombre avait fraîchement immigré d’autres pays arabes tels que la Syrie ou l’Egypte, attirés par le boum économique que l’activité des Juifs avait entraîné : pourquoi ceux-là se verraient accorder le titre de « Palestiniens » davantage que les Juifs qui ont vécu de manière continue dans ce coin du monde ?

    « Entre autres parce qu » « il est clair que dès 1943, tout le monde savait les camps : Churchill, Roosevelt, le Congrès Juif mondial, De Gaulle ».

    C’est de la reconstruction à postériori. Tout le monde savait qu’il se passait des choses terribles, mais personne n’imaginait une horreur inimaginable - c’est plus facile après. On pensait au pire qu’il y avait des « camps de travail » très durs. De toutes façons, que pouvaient faire les Alliés qu’ils n’aient pas fait ? En 1943, ils faisaient vraiment tout ce qu’ils pouvaient pour lutter contre les nazis d’un côté, et les Japonais de l’autre - et ce ne fut pas une promenade de santé. Les Allemands font partie des occidentaux, cependant ils n’ont pas eu voix au chapitre en 1947 puisqu’ils n’avaient pas de voix au Conseil de Sécurité de l’ONU. Et si Roosevelt avait « su », il n’aurait rien dit à Eisenhower - dont on connaît la réaction quand il libéra les camps ?

    Ces auteurs oublient comme tout le monde une réalité incontournable : les pays arabes n’étaient pas en odeur de sainteté en 1947 parce qu’ils s’étaient résolument rangés du côté des NAZIS pendant la Seconde guerre mondiale - comme l’empire ottoman s’était rangé du côté des Allemands au cours de la Première, et avait donc été dépecé suite à leur défaite. Ce fait a pesé au moins aussi lourd que la « culpabilité » des occidentaux dans la création de DEUX Etats sur ce qui restait de la Palestine en 1947.

    Car le chef des nationalistes « palestiniens » lors de la guerre déclenchée en 1948 par la Ligue arabe pour anéantir l’Etat d’Istaël et - je cite - « jeter les Juifs à la mer », était le même qui recrutait des régiments de SS musulmans pour Hitler et le suppliait de l’aider à appliquer la « solution finale » en Palestine (preuve qu’il y avait là-bas de nombreux Juifs !) : Amin al-Husseini, grand mufti de Jérusalem et grand criminel de guerre.

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