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Guerre d'Espagne : Centelles ou la beauté de la photo engagée

Publié le 18/06/2009 à 12h55


Dans le village de Belchite, sur le front d’Aragon, en 1937 (Agusti Centelles)

Soixante dix ans après la « retirada », cette retraite vers la France de milliers de républicains espagnols et catalans, combattants et familles, l’Hôtel de Sully expose une centaine de photographies -pour la plupart inédites- de l’un d’entre eux : le reporter Agusti Centelles, (1909-1985).

Dans ce flot d’hommes désarmés qui traversent la frontière au Perthus en cette première semaine de février 1939, le photographe catalan Agusti Centelles, membre de la Fédération internationale des journalistes.

Il n’a pas rendu ses armes, et ce n’est pas une métaphore : dans la mallette qui l’accompagne, des milliers de négatifs accumulés pendant les années de guerre contre le fascisme (36-39). (Voir le diaporama)

Cliquez ici pour voir le diaporama en plein écran, et les légendes

Ce sont des témoignages au jour le jour de la férocité des combats et de l’existence de partis ou mouvements révolutionnaires massifs -CNT, Poum- réprimés jusqu’à l’effacement par les communistes. En bandoulière, il porte son Leica de 1934.

Mais sur cette route, direction le camp d’Argelès, il n’a pas le cœur à photographier cet exode. Il écrit, en capitales, dans son journal intime, débuté un mois avant :

« Mon esprit de journaliste a disparu et je ne me sens aucun courage pour descendre du haut de mon camion -et ne parlons pas- d’en descendre. »

La grande question de l’exposition : c’était quoi, l’engagement ?

Cet accroc à son professionnalisme, jamais démenti avant guerre et pendant, est une défaite dans la défaite. Paradoxalement, c’est la preuve d’un engagement total auprès des siens ; d’où la question principale planant sur cette exposition : c’est quoi, l’engagement ? Ou plutôt, c’était quoi ?

Une réponse est dans un texte formidable du livre accompagnant l’exposition (« un regard juste versus juste un regard ») proposé par l’artiste et théoricien Joan Fontcuberta :

« Les théories actuelles du photojournalisme ont mis en avant la notion de neutralité. Le professionnalisme se définit même précisément par le refus de la partialité qui nous mènerait à la pure propagande.

Nous trouvons aujourd’hui candides et vaines les tentatives de ces pionniers qui, n’obéissant ni à des codes déontologiques imposés ni à des traités de style, s’en tenaient à leur propre conscience et manifestaient leur humble intention de changer la réalité : la photographie comme outil de transformation du monde. Propagande ? »

Réponse de la photographe nord-américaine Dorothéa Lange citée, dans la foulée, par Fontcuberta :

« Tout ce que croit un individu est propagande. Plus tu crois intensément et profondément en quelque chose, plus grand propagandiste tu deviens. Conviction, propagande, foi, je ne sais pas, je n’ai jamais pu considérer que ces termes étaient pernicieux. » (« Aperture », New York, 1982).

Non, Agusti Centelles n’est pas « le Capa espagnol »

A ce coin de l’histoire, on devine que de nombreux riverains pensent aux photographes de la même époque sur le même terrain, et bien sûr à Capa. Combien de gazettes ont -et vont encore- qualifier d’Agusti Centelles de « Capa espagnol ».

Raccourci erroné. D’abord il est catalan... Ensuite, Gervasio Sanchez, photographe et journaliste au Heraldo de Aragon, argumente, dans un autre article du livre intitulé le « photographe universel » :

« Trois raisons différencient Centelles de ces dizaines de photographes qui se sont aventurés intensément dans la guerre (d’Espagne) et en ont tiré des images d’une grande justesse :

  • Ils ont couvert la guerre des autres,
  • Ils n’ont jamais été inquiétés dans l’exercice de leur métier-
  • iIs ont bénéficié d’une reconnaissance publique -même si certains moururent très jeunes. »

Autrement dit : la proximité et la sincérité du fait photographique serait relativisé par le parachutage...

Centelles, c’est bien l’anti-Capa sur toute la ligne. Ava Gardner ne l’attend pas au bar du Ritz de Barcelone. Sa mallette n’est pas une valise mystère. Il ne fera pas un prototype flamboyant, idéal pour la profession et le roman.

Rentré clandestinement en Catalogne en 1944, il revient en France en 1976

Après un séjour pénible sur le sable du camp de rétention d’Argelès, où les libertaires comprennent difficilement les maltraitances des troupes coloniales à leurs endroits, il est emmené au camp de réfugiés de Bram, dans l’Aude. Il y restera neuf mois.


Agusto Centelles (à gauche) à son arrivée en France, avec les archives photo sauvées (DR)

Reprenant là peu à peu son métier de photographe dans des conditions acrobatiques, il continue à tenir son journal, aujourd’hui publié, récit émouvant et précis de ces jours d’enfermement :

  • En 1942, il travaille à la fabrication de faux documents en liaison avec des groupes de résistants espagnols.
  • En 1944, il rentre clandestinement, avec sa famille, en Catalogne. Il laisse à Carcassonne ses milliers de négatifs.
  • En 1947, il est rattrapé par le franquisme. Condamnation à douze ans de réclusion (qu’il ne fera pas) et interdiction de reportage journalistique à perpétuité. Il se tournera vers la photo industrielle et publicitaire.
  • En 1976, il récupère en France ses archives. C’est à cette période qu’est prise la photo ci-contre (il est à gauche).
  • En 1979, il réintègre, avec tous les journalistes exclus, le Registro Oficial de Periodistas.

Ses archives alors se déploient en expositions modestes. On y découvre des documents (la seule photo attestant la présence de Georges Orwell en Catalogne, dans une file d’enrôlement du Poum) et une photographie de guerre particulière, ancrée dans le mouvement, la chronique (Land and Freedom avant le film), la vérité du cadrage et la pertinence du déclencheur.

La mort brutale y est représentée sous des couvertures pudiques ou en rares scènes déchirantes (Picasso s’est inspiré de celle prise après le bombardement de Lerida).


Morts place de Catalogne 19 juillet 36 A.Centelles_0.jpg

Le pouvoir démocratique ne s’est pas trop empressé de soutenir l’œuvre de Centelles. Un an avant sa mort, en 1984, malade, il lui concède le Prix national des arts plastiques. Peu importe. Une muséification aurait, dixit Joan Fontcuberta, « désactivé la dimension critique des documents photographiques ».

On saura gré aux organisateurs de cette exposition d’avoir posé une partie des photographies sur un rebord, légèrement inclinées, sans cadres ni vitres, lisibles par tous. Simplement, sans feux de rampes. Ainsi, au fond, était la vie d’Agusti Centelles.

Agusti Centelles, Journal d’une guerre et d’un exil Espagne-France, exposition du Jeu de paume, à l’Hôtel de Sully, 62, rue Saint-Antoine, Paris IVe - du mar. au ven. 12-19h, sam. et dim. 10h-19h. - 2,50€/5€ - Rens. : 01-42-74-47-75. L’exposition est produite par La Virreina-Centre de la imatge de l’Institut de cultura de l’ajuntament de Barcelona et organisée avec le soutien de l’institut Ramon-Llull, Barcelone et le concours des archives Centelles, Barcelone.

Agusti Centelles : camp de Bram, 1939 éditions du Jeu de Paume - 15 x 21 cm - 64 p. - 12€.
Agusti Centelles 1909-1985 éditions Actes-sud - 30 x 25,5 cm - 258p. - 55€.



Miliciennes républicaines sur le front d’Aragon en 1936 (Agusto Centelles)

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  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 13h10 le 18/06/2009
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Je pense avoir croisé Centelles à Paris dans les années 70.
    Cela n’a évidemment pas d’importance ici. La Révolution Espagnole fut un évélateur. Regardez ces photos, regardez ces hommes et ces femmes : on croirait qu’elles ont été prises hier. Il y a de la vie, des allures décontractées, « modernes ». Et on se prend à rêver de les interpeller. Et ils nous répondent l’oeil pétillant, en riant.

  • Shakana
    Shakana
    (Entre parenthèses)
    • Posté à 13h30 le 18/06/2009
    • Internaute 30512
      (Entre parenthèses)

    « Cinquante ans après la “ retirada ”, cette retraite vers la France de milliers de républicains espagnols et catalans... »

    Ah ? ... Mon grand père était basque... Dans ce cas, « retirada », se dit comment ? ... Et il est bien passé par le Perthus et a séjourné sous les étoiles au camp de St-Cyprien...

    • r_v
      r_v répond à Shakana
      • Posté à 13h53 le 18/06/2009
      • Internaute 9634

      du pays basque sud : donc espagnol...

      De la même façon que les bretons ou les corses sont français, les habitants du pays basque sud sont espagnols et ceux du pays basque nord sont français ! On peut être fier (encore qu’il me semble que l’on ne peut être fier que de ce que l’on accomplit donc difficile de l’être concernant un état de fait !) d’être d’une certaine origine sans nier les vérités, du moins a mon avis.

      • ker
        ker répond à r_v
        • Posté à 15h25 le 18/06/2009
        • Internaute 12793

        On est libre d’etre ce que l’on veut. La nationalite francaise n’est pas obligatoire. La france n’a rien d’eternel. La culture et les solidarites les plus fortes sont celles qui persistent, pas les bouts de papiers et les injonctions.

         
        • compte supprimé 23
          compte supprimé 23 répond à ker
          ...
          • Posté à 22h22 le 18/06/2009
          • Internaute 59139
            ...

          Merci Ker ...
          mais visiblement nous sommes encore bien loin de faire comprendre ce fait que vous résumez fort bien en trois lignes ...

        1 autres commentaires
      • Shakana
        Shakana répond à r_v
        (Entre parenthèses)
        • Posté à 01h38 le 19/06/2009
        • Internaute 30512
          (Entre parenthèses)

        Vous m’expliquez que la Catalogne n’est ni française (au nord), ni espagnole (au sud), contrairement à Euzkadi (d’après vous française au nord et espagnole au sud), qui pourtant est la symétrie ouest espagnole (et française) de la Catalogne, avec une langue et une culture.
        C’est très curieux.

         
        • r_v
          r_v répond à Shakana
          • Posté à 08h08 le 19/06/2009
          • Internaute 9634

          Je me suis peut-être mal exprimé mais pour moi, il en est de même pour la catalogne que pour le pays basque...

          De plus je ne vous explique rien mais vous donne simplement mon avis...

        1 autres commentaires
    • M_D
      M_D répond à Shakana
      Etudiante
      • Posté à 15h09 le 18/06/2009
      • Internaute 83094
        Etudiante

      Bonjour,

      tout d’abord une erreur s’est glissée dans l’article puisque la Retirada (c’est le terme employé par les historiens pour cet épisode, quel que soit l’origine des personnes qui l’ont vécu) a eu lieu il y a 70 ans, et non 50...

      Il est assez logique que votre grand-père basque se soit réfugié en France par le Perthus donc à partir de la Catalogne, puisque c’était la dernière région tenue par le Républicains. La Retirada (en très très très résumé) c’est l’exil de plusieurs centaines de milliers de républicains espagnols, soldats et civils, vers la France, à travers les Pyrénées en quelques jours seulement à la fin du mois de janvier et début du mois de février 1939, « accueillis » par la France dans ce que certains historiens ont appelé les « camps sur la plage ».

      Même si les photos manquent peut-être un peu d’explicitation, l’expo est effectivement poignante !

      • Louis Mesplé
        Louis Mesplé répond à M_D
        Rue89
        • Posté à 15h28 le 18/06/2009
        • Journaliste 4952
          Rue89

        Oui, vous avez raison, la « Retirada », a eu lieu il y a 70 ans et non bien sûr, il y a 50. Erreur de ma part. Je viens de corriger.

      • Michel G
        Michel G répond à M_D
        Carcassonne
        • Posté à 17h15 le 18/06/2009
        • Internaute 40686
          Carcassonne

        non la Catalogne n’a pas été la derniere region detenue par les republicains. Apres la « retirada », et l’exil du gouvernement Espagnol debut fevrier 1939, Madrid tenait encore, et ne s’est rendu qu’a la mi mars 1939 apres la prise de pouvoir du Colonel Casado et la mise en place d’une junte qui à negocié la redition de ce qu’il restait de la Republique Espagnole ; dommage le 1er septembre 1939 la France et la Grande Bretagne declaraient la guerre à l’Allemagne.

    • M_D
      M_D répond à Shakana
      Etudiante
      • Posté à 15h11 le 18/06/2009
      • Internaute 83094
        Etudiante

      Bonjour,

      tout d’abord une erreur s’est glissée dans l’article puisque la Retirada (c’est le terme employé par les historiens pour cet épisode, quel que soit l’origine des personnes qui l’ont vécu) a eu lieu il y a 70 ans, et non 50…

      Il est assez logique que votre grand-père basque se soit réfugié en France par le Perthus donc à partir de la Catalogne, puisque c’était la dernière région tenue par les Républicains. La Retirada (en très très très résumé) c’est l’exil de plusieurs centaines de milliers de républicains espagnols, soldats et civils, vers la France, à travers les Pyrénées en quelques jours seulement à la fin du mois de janvier et début du mois de février 1939, « accueillis » par la France dans ce que certains historiens ont appelé les « camps sur la plage ».

      Même si les photos manquent peut-être un peu d’explicitation, l’expo est effectivement poignante !

    • swingmachine
      swingmachine répond à Shakana
      Smoking class hero
      • Posté à 15h52 le 18/06/2009
      • Internaute 82571
        Smoking class hero

      Egun on.

      Vous pouvez le traduire par : Erretiro ou Bakartegi

      A l’époque, une grande partie du Pays basque espagnol possédait un statut d’ autonomie, comme la Catalogne, et il n’y a pas de raison de l’oublier, d’autant qu’ils étaient farouchement anti-franquistes pour une immense majorité de la population, ce que Franco leur a fait bien payé en détruisant Guernika avec la complicité militaire des nazis.

      • compte supprimé 23
        • Posté à 22h36 le 18/06/2009
        • Internaute 59139
          ...

        Milesker ; o)

         
        • swingmachine
          swingmachine répond à compte supprimé 23
          Smoking class hero
          • Posté à 23h00 le 18/06/2009
          • Internaute 82571
            Smoking class hero

          Hey ! un compatriote à béret ?

          • compte supprimé 23
            • Posté à 23h10 le 18/06/2009
            • Internaute 59139
              ...

            bai ! oui ! : o)
            une compatriote ; o)

            • swingmachine
              swingmachine répond à compte supprimé 23
              Smoking class hero
              • Posté à 00h41 le 19/06/2009
              • Internaute 82571
                Smoking class hero

              Alors, ma joie est doublée ! : -)

              • compte supprimé 23
                • Posté à 00h57 le 19/06/2009
                • Internaute 59139
                  ...

                Vous habitez chez vos parents ? : o))

                ... enfin dans la maison familiale ici ...

                • swingmachine
                  swingmachine répond à compte supprimé 23
                  Smoking class hero
                  • Posté à 01h13 le 19/06/2009
                  • Internaute 82571
                    Smoking class hero

                  Non, j’en fus chassé pour avoir dit que Nadine Morano était une µ*£ ! ! (£** ! ! .
                  Mèèèère est une sarkozyste compulsive qui ne supporte pas que je dise des gros mots. Je suis donc parti de ma chère Soule avec mon baluchon et Gontran, mon verrat favori, pour monter à la Capitale.
                  Ma vie est une tragédie, vous savez... !

                  • compte supprimé 23
                    • Posté à 03h03 le 19/06/2009
                    • Internaute 59139
                      ...

                    Le prince charmant en somme ! ! !

                    ... oui ! la vie est vraiment une tragédie ! ...

                    • swingmachine
                      swingmachine répond à compte supprimé 23
                      Smoking class hero
                      • Posté à 17h01 le 19/06/2009
                      • Internaute 82571
                        Smoking class hero

                      Le prince charmant, euh....
                      Je suis sûr qu’à choisir, vous préfèreriez Gontran, mon cochon !

      • Shakana
        Shakana répond à swingmachine
        (Entre parenthèses)
        • Posté à 02h37 le 19/06/2009
        • Internaute 30512
          (Entre parenthèses)

        Merci.

        Je voulais simplement signaler que la Retirada concernait des antifascistes (républicains, socialistes, anarchistes, communistes et autres) et non des catalans et des « espagnols ». Car des catalans et des « espagnols », il y en avait aussi du coté fasciste (carlistes, franquistes).

        Cette affirmation, dans le contexte de la Retirada, « catalans et espagnols » n’a pas de sens. C’est avant tout une manipulation historique qui voudrait faire de la Catalogne un bloc politique monolithique qui exclue, involontairement j’espère, toutes les autres cultures « espagnoles » (régions autonomes entre 1931 et 1936, Catalogne, Galicie, Euskadi, Andalousie) .

         
        • swingmachine
          swingmachine répond à Shakana
          Smoking class hero
          • Posté à 02h48 le 19/06/2009
          • Internaute 82571
            Smoking class hero

          C’est une précision pertinente. De toutes façons, on ne gagne pas une guerre civile sans le soutien d’une partie de la population.
          Vous savez, quand j’étais môme (il y’ a bien longtemps...) on nous apprenait en Histoire au primaire qu’a partir de 40, LA France entrait en résistance.... !
          Saisissant raccourci, pas vrai ?

          • Shakana
            Shakana répond à swingmachine
            (Entre parenthèses)
            • Posté à 03h17 le 19/06/2009
            • Internaute 30512
              (Entre parenthèses)

            En effet...

            Juste un an après que les catalans et les espagnols sortent d’Espagne (je caricature, d’après l’auteur, car la précision « républicains » (République : forme constitutionnelle de l’État), n’est pas plus pertinente. La preuve par l’instauration d’une société anarchiste en Catalogne) !
            Mais là, je pinaille un chouia pour le fun...

        • Colas Géranton
          • Posté à 14h25 le 19/06/2009
          • Internaute 50454

          Peut-être cela a-t-il été corrigé suite à votre intervention, mais il y a maintenant écrit « cette retraite vers la France de milliers de républicains espagnols et catalans, combattants et familles » ce qui est tout à fait clair.

        3 autres commentaires
  • A déménagé le 27-01-2012
    • Posté à 14h02 le 18/06/2009
    • Internaute 19993
      nc

    Cliquez ici pour voir le diaporama en plein écran, et les légendes

    euh… lol le lien vers innergeek.us ? ?

  • Anonyme

    > Raccourci erroné. D’abord il est catalan…

    Aux dernières nouvelles, la catalogne est en espagne....

    > partis ou mouvements révolutionnaires massifs -CNT, Poum

    Le poum n’était pas un parti de masse :

    Wikipedia :
    Entre juillet et décembre 1936, les effectifs du POUM augmentent, passant de 6000 à 30 000 adhérents,

    • Louis Mesplé
      • Posté à 16h59 le 18/06/2009
      • Journaliste 4952
        Rue89

      Cher (gyhelle),

      1/ Aller dire à un supporter du Barça qu’il est espagnol...c’est un dans cet esprit que j’ai écrit en sachant que son statut d’autonomie date de 1932 suspendu par Franco en 1939.
      Aujourd’hui, et après vérif. sur Wiki.
      « La Constitution espagnole de 1978 déclare que l’Espagne est une nation indissoluble qui reconnaît et garantit le droit à l’autonomie des régions qui la constituent11. La Catalogne, aux côtés du Pays basque et de la Galice, a été mise à part du reste de l’Espagne comme une “ communauté historique ” (Historical nationality). Compte tenu de la capacité d’accéder à l’autonomie, cela a entraîné en 1979 le statut d’autonomie de la Catalogne. Dans un processus débuté par l’Andalousie et achevé en 1985, les 14 autres communautés autonomes ont obtenu leurs propres statuts d’autonomie. Après 2003, il y a eu une série d’amendements concernant les divers statuts d’autonomie (notamment, aux côtés de la Catalogne, ceux de l’Aragon, la Communauté valencienne, les îles Baléares et les îles Canaries).
      Le statut d’autonomie de 1979 et l’actuel, approuvé en 2006, déclarent que la Catalogne, en tant que nationalité, exerce son autogouvernance comme une communauté autonome, conformément à la Constitution et au statut d’autonomie de la Catalogne, qui est un droit institutionnel de base12.
      Le préambule de 2006 sur le statut d’autonomie de la Catalogne affirme que le Parlement de Catalogne a défini la Catalogne comme une nation, mais que la Constitution espagnole reconnaît la Catalogne comme une réalité nationale. Le préambule n’a pas de valeur juridique, donc le statut est le même que ce qu’il était en 1979, c’est-à-dire une communauté autonome. Bien que ce statut a été approuvé par à la fois par le parlement catalan et le parlement espagnol et, plus tard, par un référendum en Catalogne, il a été juridiquement contesté par les Communautés autonomes environnantes de l’Aragon, des îles Baléares et par la Communauté valencienne13, ainsi que par le Partido Popular. Les objections sont fondées sur diverses questions telles que le patrimoine culturel, et en particulier sur la prétendue violation du principe de “ solidarité entre les régions ”. En novembre 2008, la tribunal constitutionnel est chargé d’évaluer la constitutionnalité des articles en cause ».
      2/ Pour le Poum, j’ai écrit « massif » et non « de masse ». Il est possible, (mais je ne sais pas) qu’il ait augmenté ses effectifs après décembre 36.

      • spleenlancien
        spleenlancien répond à Louis Mesplé
        Manant, de passage sous le (...)
        • Posté à 17h49 le 18/06/2009
        • Internaute 78672
          Manant, de passage sous le (...)

        C’est le syndicat CNT que l’on peut qualifier de « massif » il regroupa jusqu’à 2 millions de personnes . La particularité de la Catalogne c’est qu’elle n’était pas communiste au sens bolchevique mais anarchosyndicaliste ce qui lui fut fatal ...

  • sup. à la demande du riverain 29 juin
    • Posté à 16h18 le 18/06/2009
    • Internaute 58127
      bye bye ...

    il y a quelques années j’avais vu une expo avec des images de Centelles déjà à Sully, elle s’intitualit « La guerre civile espagnole, des photographes pour l’histoire “, à l’intiative du Museu Nacional d’Art de Catalunya.
    Gerda Taro, ‘Chim’ Seymour, Luis Escobar , Walter Reuter, Georg Reisner, Hans Namuth, ...
    combien de photos sont encore à révéler au grand public.

    Centelles était engagé, mais tout reporter de guerre se doit de l’être, sinon il ne peut ni supporter ni comprendre ce qu’il voit.
    j’irai bien sûr !

  • Colas Géranton
    • Posté à 17h58 le 18/06/2009
    • Internaute 50454

    Un documentaire sur la guerre d’Espagne : Vivre l’utopie

    Lien

  • philippe.edmond
    philippe.edmond
    http://unvoyageauliban.bafweb. (...)
    • Posté à 18h30 le 18/06/2009
    • Internaute 39518
      http://unvoyageauliban.bafweb. (...)

    Bagatelle pour un massacre.

    Présenterait on sans s’excuser une exposition de photographies prises par un espagnol franquiste à la même époque ou par un thuriféraire d’Hitler ou de Mussolini.

    Les questionnements actuels sur l’engagement ignorent presque toujours hypocritement que ces artistes ou intellectuels « engagés » ont défendu les causes les plus brutales et sanglantes au nom de grands mots et d’intentions généreuses.

    Que des espagnols aient eu des raisons de lutter contre l’écrasement de la pauvreté et des lois libérales ( Lien ) est tout à fait compréhensible.
    Mais cela n’exonére pas la gauche espagnole de sa responsabilité dans le déclenchement de la guerre civile et dans les atrocités qu’elle a provoqué :

    Refus de la victoire électorale des droites modérées en 34, 270 assassinats politiques entre la victoire du front populaire et le soulèvement national, dont ceux visant les chefs de l’opposition. Massacres systématiques de prêtres, 88% de ceux du diocèse de Barbastro et 30 % à Madrid.

    Lien

    Les grands cimetières sous la lune ne doivent pas faire oublier les victimes de l’idéologie

    Lien

    • flixp
      flixp répond à philippe.edmond
      Aboyeur
      • Posté à 02h10 le 19/06/2009
      • Internaute 34063
        Aboyeur

      « Mais cela n’exonére pas la gauche espagnole de sa responsabilité dans le déclenchement de la guerre civile et dans les atrocités qu’elle a provoqué : »

      Gauche espagnole élue démocratiquement. Les franquistes qui ne s’appelaient pas ainsi lorsque tout l’histoire commença étaient les rebelles.

      sinon je suis d’accord.

    • nemo3637
      nemo3637 répond à philippe.edmond
      Déchoukeur
      • Posté à 04h19 le 19/06/2009
      • Internaute 44521
        Déchoukeur

      Quel oubli - ou quelle complaisance - à l’égard des milliers d’ouvriers espagnols et d’intellectuels assassinés du début du siècle à bien après 1939 !
      La mémoire, c’est bien vrai, est souvent sélective.

  • Un compte supprime
    • Posté à 20h14 le 18/06/2009
    • Internaute 21837
      nc

    Vus l’evoquez brievement : le camp d’argeles.... quelqu’un a-t-il des infos sur ce sujet. Je suis tombe par hasard sur cette histoire en lisant le bouquin de Jordi Soler, les exiles de la memoire.
    Ca me semble tellement enorme ; apparement des dizaines de milliers de refugies abandonnes et morts sur cette plage, dans l’abandon absolu des autorites francaises (c’etait pourtant l’epoque du front pop..) et l’oubli des generations futures. Y a-t-il des travaux serieux sur ce sujet dramatique ?

    • spleenlancien
      spleenlancien répond à Un compte supprime
      Manant, de passage sous le (...)
      • Posté à 20h46 le 18/06/2009
      • Internaute 78672
        Manant, de passage sous le (...)

      Celui ci : Jean Ortiz . Rouges Maquis de France et d’ Espagne Les Guerilleros. Chez Atlantica 2006 .

      Il est prof à la fac de Pau . On dira que son coeur bat pour les Republicains. Bonne lecture

      • Un compte supprime
        • Posté à 21h04 le 18/06/2009
        • Internaute 21837
          nc

        merci beaucoup... c’est note.

      • Un compte supprime
        • Posté à 21h11 le 18/06/2009
        • Internaute 21837
          nc

        Lien
        Etonnant que ca sorte seulement mantenant cette histoire. Il y a meme un film qui est sorti ces jours dernier ; F. Solé : « le camp d’Argelès un univers impensable » J’ai beaucoup parlé avec des historiens, j’ai cherché des écrits, mais il y en a très peu qui parlaient de ce camp. Le mépris était total, alors j’ai écouté les rescapés, ceux qui avaient vécu l’enfer.
        Qu’est-ce qui vous a le plus surpris dans leurs récits ?
        Dans le camp, la souffrance et la cruauté étaient poussées à l’extrême. En réalité, l’histoire se décline sous trois angles, selon que l’on soit homme, femme ou enfant.
        La dignité des femmes m’a énormément marqué, le film rend hommage à leur lutte, leur résistance, leur vaillance et à leur révolte qui a duré trois jours.
        Avez-vous le sentiment d’avoir percé un abcès ?
        Oui, ma limite a été le temps, j’aurais pu aller encore plus loin et égratigner encore davantage. J’ai bien conscience d’avoir touché un sujet, toujours sensible et forcément gênant.

         
        • Un compte supprime
          • Posté à 21h18 le 18/06/2009
          • Internaute 21837
            nc

          et ceci : Lien

          apparement il y a des sources... mais ce qui reste etonnant c’est le peu d’echo et de retentissement. Enfant, je n’ai jamais rien appris de ce camp. Je savais seulement que Machado dormait a Colioure, trois pas suffirent hors d’espagne et le ciel pour lui se fit lourd, il s’assit dans cette campagne et ferma les yeux pour toujours...

          • nayko
            nayko répond à Un compte supprime
            Troubadour urbain
            • Posté à 22h50 le 18/06/2009
            • Internaute 14789
              Troubadour urbain

            Documentaire : « Mourir à Madrid »

            Lien

          • spleenlancien
            spleenlancien répond à Un compte supprime
            Manant, de passage sous le (...)
            • Posté à 23h59 le 18/06/2009
            • Internaute 78672
              Manant, de passage sous le (...)

            Ce lien est formidablement instructif . On y parle de camp de concentration( pas d’extermination ) . C’est Daladier et Sarraut qui les ont ouverts, ceci explique, peut-être, le peu d’ echo que vous évoquiez..

            Ces camps furent ouverts pour les Républicains espagols, servirent bien sur sous Vichy L’ idée parut tellement bonne qu’ on en construisit en 62 pour les Harkis .

        • flixp
          flixp répond à Un compte supprime
          Aboyeur
          • Posté à 02h14 le 19/06/2009
          • Internaute 34063
            Aboyeur

          on peut aussi causer du camp de Rivesaltes qui a « accueillit » des républicains espagnols, puis des tziganes et juifs, puis des harkis et enfin des étrangers en situation irrégulière. Il a depuis été déplacé plus proche de l’aéroport de Perpignan.

          • Un compte supprime
            Un compte supprime répond à flixp
            nc
            • Posté à 04h16 le 19/06/2009
            • Internaute 21837
              nc

            Merci a tous... il y a un curieux cas d’amensie sur ce coup la quand meme... on a tous lu pour qui sonne le glas et on nous a raconte a tous les brigades internationales etc... mais rien -ou si peu- sur la fin dramatique de cette guerre civile, la chute de Barcelone et la retirada...

            je crois que je vais bosser le sujet a mes heures perdues...

            pour vous remercier un peu de flamenco
            (Carmen Linares, buleria... pas trouve le tres beau Banderas Republicanas, de la nina de los peines, egalement repris par carmen, facile a trouver sur Deezer... hasta la muerte !)

            • freakfeatherfall
              freakfeatherfall répond à Un compte supprime
              moonchild
              • Posté à 05h03 le 19/06/2009
              • Internaute 21024
                moonchild

              una buleria !
              merci homère !

              pour toi une petite chanson qu’on retrouve dans un ville que j’adore, « vengo » de tony gatlif, à écouter à en faire chialer ses enceintes :

              Lien

              • Un compte supprime
                • Posté à 09h21 le 19/06/2009
                • Internaute 21837
                  nc

                Tu as vu exils... ma vie...
                je vais essayer de trouver la musique a la fin du film et je te le poste illico...
                en attendant

                • picouick
                  picouick répond à Un compte supprime
                  no pasaran ... joder ! pues (...)
                  • Posté à 12h44 le 19/06/2009
                  • Internaute 28660
                    no pasaran ... joder ! pues (...)

                  ma (petite) contribution suspiros de españa de diego el cigala
                  B.O du film soldados de salaminas :

                  • freakfeatherfall
                    freakfeatherfall répond à picouick
                    moonchild
                    • Posté à 17h01 le 19/06/2009
                    • Internaute 21024
                      moonchild

                    belle chanson
                    j’ai vu le film et j’ai bien aimé, mais sans plus...

                    • picouick
                      picouick répond à freakfeatherfall
                      no pasaran ... joder ! pues (...)
                      • Posté à 19h15 le 19/06/2009
                      • Internaute 28660
                        no pasaran ... joder ! pues (...)

                      oui la chanson est belle, le film l’est moins mais je te conseil de voir (si tu aime les films racontant cette période de l’Espagne) :
                      las 13 rosas l’histoire vrai de 13 femmes condamnées à mort elles avait entre 18 et 29 ans très beau film.

                • freakfeatherfall
                  freakfeatherfall répond à Un compte supprime
                  moonchild
                  • Posté à 17h02 le 19/06/2009
                  • Internaute 21024
                    moonchild

                  oui j’ai vu « exils »
                  très bon aussi !
                  c’est ta vie ?
                  mais t’es en AmSud maintenant, non ?

        11 autres commentaires
    • picouick
      picouick répond à Un compte supprime
      no pasaran ... joder ! pues (...)
      • Posté à 21h47 le 18/06/2009
      • Internaute 28660
        no pasaran ... joder ! pues (...)

      il n’y avais pas qu’a argeles mais aussi Saint Cyprien, Le Barcarès
      ou il y avais des camps .
      mon grand-père me racontais qu’ils y étais mal accueillies et par les gendarmes et par la population.Pour lui (et pour d’autres de ses camarades) la délivrance (si l’ont peut dire) viendra de son engagement dans la résistance...

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