De Kaboul

France Culture a décidé de venir à Kaboul pour toutes sortes de bonnes raison dont la première est d'y être et de voir de près comment ça se passe. Mais bien évidemment la perspective de l'élection présidentielle et les nouvelles orientations de la politique américaine, les engagements de Barack Obama et de la France dans cette nouvelle phase seront au centre des débats qu seront retransmis lundi en direct. Tout cela et bien d'autres choses encore, on va le raconter sur Rue89.

Dans « l'autre Kaboul », la survie urbaine s'organise

Marc Kravetz
journaliste
Publié le 22/06/2009 à 00h32


Dans les rues de Kaboul le 22 avril (Ahmad Masood / Reuters)

(De Kaboul) Monsieur J. est fonctionnaire, c’est pourquoi nous ne donnons pas son véritable nom. Ce n’est pas qu’il nous a livré des informations relevant des secrets d’Etat ni qu’il ait tenu des propos particulièrement subversifs, c’est juste une question de réserve et de prudence.

Est-elle à ce point nécessaire ? « Il n’y pas si longtemps, dit-il, je n’aurais pas pu vous recevoir chez moi, ni même vous parler publiquement. » Et de rappeler qu’au temps des taliban, toute rencontre avec un étranger et pis encore un journaliste, mettait la liberté de votre interlocuteur en péril.

Aujourd’hui, bien sûr, il y a la paix et même la démocratie, nul n’en disconvient, ensuite il faut mesurer le sens et la portée des mots, et la prudence reste de mise. Quoi qu’il en soit ce n’est pas à nous de juger.

Un présent de France

Monsieur J. donc est ingénieur dans les transports publics de Kaboul. Il travaille pour la municipalité, donc le gouvernement. Il sait tout sur les autobus indiens qui sillonnent Kaboul. Il s’occupe de leur entretien après avoir participé à leur achat puis à leur convoyage depuis l’Inde, à travers le Pakistan. Il en a nourri un plein album de photos qu’il est heureux de montrer. Mais son métier n’est pas son seul savoir faire, on le découvrira chemin faisant.

Je dois notre rencontre au message de l’un de ses fils qui vit présentement en France et souhaitait adresser un cadeau à son père par mon intermédiaire. Ce fut le premier contact avec l’ « autre » ville, avec Kaboul hors les murs si l’on ose dire, en vérité la ville tout court. Mais avant de m’aider à la découvrir, Monsieur J. tenait à me recevoir chez lui. Les règles de l’hospitalité ne se discutent pas. Et il n’y avait pas que cela.

Monsieur J. vit à l’ouest de Kaboul. Il y a vingt ans, son quartier fut le théâtre de combats violents entre moudjahidine et troupes soviétiques. Les combats durèrent au prix de destructions considérables.

La plus spectaculaire est toujours là. Ruine somptueuse en l’état où le laissèrent les combattants, Kasr Darulaman, qui a donné son nom au quartier, le domine de toute sa hauteur. Le palais qui hébergea l’un des monarques afghans du début du XXe siècle, est à vrai dire surtout remarquable pour ce dont témoignent ses toitures et ses murs effondrés.

On devine de loin des échafaudages qui rappellent les intentions d’une reconstruction interrompue mais Monsieur J. ne se souvient pas quand. Il est surtout fier, et légitimement, de ses propres travaux.

En 1989, la maison familiale de ses parents et grands-parents fut entièrement détruite. Par bonheur, les habitants en étaient partis, fuyant les combats, et il n’y eut pas de victime à déplorer. Ils avaient seulement tout perdu. De ce temps demeurent quelques fragments de l’ancienne maison en pisé et sur les murs de l’enclos les traces visibles des balles et des roquettes qui arrosèrent généreusement le quartier dont pas une maison ne subsista intacte.

L’exil au Pakistan

L’histoire de monsieur J. est aussi celle de ses voisins et de ces milliers de Kabouli qui n’eurent d’autre choix que de quitter la ville. Alors jeune marié et jeune père, Monsieur J. alla exercer son métier dans une province plus paisible. Puis les Taliban s’emparèrent de Kaboul et ce fut cette fois le véritable exil.

Toutes ces années, Monsieur J. et sa famille les passèrent au Pakistan. Ils n’y étaient pas les bienvenus. Son métier ne lui servait à rien, la famille survécut -mal- en fabriquant des tapis. Monsieur J. apprit à coudre et à tisser. Il est revenu à Kaboul, avec la paix, du moins ce qui y ressemblait, en 2002.

De la maison il ne restait rien. Les intempéries avaient achevé de modeler les ruines du pisé dans le paysage. Le beau jardin d’autrefois n’était plus qu’une étendue de terre aride. Elle s’est un peu enrichie de quelque végétation, mais rare et rabougrie et Monsieur J. se désole au souvenir du jardin perdu.

C’est à cause de la sécheresse, explique-t-il. Ni la famille J. ni les familles voisines n’ont l’eau courante. A chacun de creuser son puits. On ne trouve l’eau qu’à plus de 20 mètres de profondeur. Celle de la famille est puisée par une pompe manuelle au milieu de la cour dont Monsieur J. fut l’artisan.

A son retour, il a reconstruit une vraie maison. La brique et le ciment y ont remplacé le pisé. Le mobilier est élémentaire mais rien ne manque. L’essentiel du décor est constitué de deux petits tapis muraux représentant La Mecque.

On sent que la vie n’est décidément pas facile, même pour un fonctionnaire du gouvernement, mais Monsieur J. ne se plaint pas. Il est fier de sa construction, doublée d’une autre où vivent ses parents. Rassembler la famille était ce qui comptait le plus après les années de détresse.

Pour accéder à l’enclos de la maison, on emprunte un chemin de terre, qui relie les lotissements à la route principale en contrebas, autrefois bitumée, aujourd’hui défoncée de nids de poules. Nous apprendrons vite qu’il en est ainsi dans toute la ville.

Le poids des réfugiés

Sept années de paix et de retour à la normale, à tout le moins dans la capitale du pays, n’ont visiblement pas été suffisants pour réparer les routes et assurer les adductions d’eau. Je m’en étonne auprès de l’ingénieur. « C’est partout comme ça », répond-il.

En sept ans la ville a littéralement explosé sous le poids des réfugiés venus des provinces qui ne connaissaient pas la paix de la capitale. Kaboul compterait, selon Monsieur J., près de 6 millions d’habitants avec des équipements qui ne peuvent suffire à en satisfaire un dixième.

Alors en attendant, il faudra se contenter du puits et épargner comme on peut les suspensions de la voiture. Puis nous parlons de politique, des élections à venir, et de l’avenir tout court. Monsieur J. dit qu’il ne faut pas rêver, qu’il y a certainement des bons candidats et qu’on verra le moment venu.

Prudence et réserve d’un fonctionnaire du gouvernement ? Pas seulement. En filigrane de la conversation on devine une sorte de philosophie de la vie qui nous dit aussi ce qu’il en est, sinon de l’Afghanistan, au moins de la survie urbaine à Kaboul.

Disons que ce serait la philosophie d’un honnête citoyen de la classe moyenne qui travaille dur pour élever ses trois enfants -dont l’aîné est provisoirement en France- et n’attend guère plus de l’Etat que des puissances coalisées qui veillent à la sécurité présente et au bien futur de son pays.

Modéré dans ses propos, Monsieur J. ne médit de personne, sinon au passé, de ceux qui ont détruit sa maison et des taliban qui l’ont contraint à l’exil. On l’a dit, il ne se plaint pas. Sa fierté est là, dans la maison qui abrite et protège les siens. Le reste l’intéresse mais ne le concerne pas vraiment.

Ce sentiment nous le rencontrerons ailleurs, chez bien d’autres interlocuteurs de conditions différentes. Il fait même une sorte d’unanimité. En résumé, on ne peut compter que sur soi. On sait bien peu de ce qui se passe de l’autre côté des murs de la « zone sécurisée ». Quant au gouvernement, ma foi, on en a vu tellement dans le simple temps d’une vie... En tout cas ce n’est pas de lui que viendra la solution.

Les échos du prêche de la grande prière du vendredi

Monsieur J. n’est ni désespéré ni cynique. Il est même profondément croyant. Pendant que nous parlons, nous entendons d’une mosquée proche les échos du prêche de la grande prière du vendredi. Monsieur J. ne manque jamais de s’y rendre, sauf aujourd’hui, parce qu’il était plus important de recevoir un étranger chez lui. Mais peu après, il déroule son tapis de prière, pour accomplir la sienne, non sans avoir demandé à son hôte si cela ne le gênait pas.

« La religion est la chose la plus importante de notre vie, me dira-t-il ensuite. Elle est notre culture, c’est elle qui nous unit. Les étrangers ne comprennent pas toujours »

Il a dit ces mots d’un ton grave, mais sans ostentation. A un autre moment, il avait dit : « On parle souvent mal de notre pays ». Il n’est pas non plus le seul à tenir ce langage.

Puis on a reparlé de la maison, de la famille, et c’était manière de dire, l’Afghanistan c’est aussi cela, ce que je suis, ce que vous voyez autour de vous. Il n’y avait aucun motif d’en douter.

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  • Iames
    • Posté à 07h40 le 22/06/2009
    • Internaute 36683

    « La religion est la chose la plus importante de notre vie ... Elle est notre culture, c’est elle qui nous unit. Les étrangers ne comprennent pas toujours ... On parle souvent mal de notre pays “

    Tout est dit.

    Arrêtons de voir ces pays avec notre prisme, nos soi disantes valeurs. Ouvrons nos esprits, acceptons les tels qu’ils sont.

    • Orageon
      Orageon répond à Iames
      Rejeton cyclonique
      • Posté à 11h47 le 22/06/2009
      • Internaute 55236
        Rejeton cyclonique

      Plus facile à dire qu’à faire... les Talibans aussi se réclament de la religion, et bien des radicaux religieux (toutes religions confondues) pourraient tenir le même discours... c’est là que le bât blesse.

      C’est vrai que juger une autre culture alors que notre mode de pensée culturel est différent, c’est pas facile et ça peut amener beaucoup de mal. Mais si l’on décide de faire abstraction de nos valeurs dans ce cas, alors à quoi bon avoir des valeurs si dès qu’elles gênent on les passe en arrière plan ? Doit-on limiter l’application de principes et valeurs au territoire socio-culturel ? Jusqu’à quel point et dans quels cas peut-on faire de l’« ingérence » dans un pays ou une culture différente ? Si une culture semble s’effondrer, doit-on la laisser ou intervenir ?

      On entre là dans un débat philosophique à mon avis bien complexe...

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 08h00 le 22/06/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    C’est la vie ..

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 08h08 le 22/06/2009
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Quand les Américains sont allés faire la guerre en Afghanistan, ils avaient déclaré qu’ils consacreraient également beaucoup d’argent pour la construction de routes, d’écoles, d’hôpitaux. Apparemment, cet argent est parti ailleurs et Obama, qui dit vouloir renforcer les troupes américaines dans ce pays, se doit de remettre ces promesses d’actualité car la misère ne peut que renforcer les Talibans.

    En tout cas, Marc Kravetz, restez s’il vous plaît sur Rue89 pour nous écrire des papiers de journaliste de terrain. D’avance MERCI... ! !

    Lien

  • Humain
    • Posté à 08h51 le 22/06/2009
    • Internaute 21387

    Je connais un pays où l’on détourne les bulletins de vote !

    Je connais un pays où l’on disait : voter NON c’est une connerie !

    Je connais un pays où l’on se fait dire « cass toi pov’con » !

    Je connais un pays où l’on a pas le droit d’écrire « cass toi pov’con !

    Ce pays n’est pas l’Iran...

    Ce pays n’est pas loin ! !

    D’ailleurs dans ce pays, le président, pour la première fois depuis 1873 (Et non pas depuis 1848) parlera devant l’assemblée.
    On nomme ceci la non sépraration du législatif de l’executif ! !

    C’est grave d’avoir modifié ainsi la constitution Française, avant de nous obliger à avaler une nouvelle constitution Européenne dont les électeurs ne veulent pas !

    On nous dira : Oui mais ce n’est pas pareil ! !

    Ici, on met en prison les épiciers de Tarnac sans preuve !
    On met en prison les bergers de Cargèse sans preuves !

    Ce n’est pas pareil ? Non, ce n’est pas encore vraiment pareil ! !
    D’ailleirs ils disent à la télé que ce n’est pas pareil !
    Alors, si Pujadas ou Lucet le disent... C’est bien la preuve !

  • cabral amilcar
    cabral amilcar
    peureux célèbre
    • Posté à 10h47 le 22/06/2009
    • Internaute 29973
      peureux célèbre

    c’est très beau cette façon d’écrire le journalisme, le contraste avec ce qu’on lit d’ordinaire est saisissant. honnête et dépassionné, vraiment c’est du beau travail.

  • Moix
    Moix
    Dessinateur
    • Posté à 10h55 le 22/06/2009
    • Internaute 38460
      Dessinateur

    Oui c’est bien d’aller sur le terrain, mais, si je puis me permettre attention à ne pas relayer les discours habituels sur le « bon afghanistan ».
    1) Monsieur J. a fui les talibans nous dites-vous. Mais la réalité c’est aussi qu’une grande partie des réfugiés afghans au Pakistan, ont fui AVANT LES TALIBANS. Ils sont partis pour fuir la guerre civile qui opposa entre 92 et 96 les grands seigneurs de la guerre anti-soviétique. En 1989, lorsque l’URSS se retire du pays, Kaboul est une ville quasi intacte. Les milliers de roquettes par jour détruisant notamment ces quartiers ouest dont vous parlez, et entre autres le palais Darulaman, c’est plus tard, lors des affrontements entre troupes de Massoud, d’Hekmatyar etc... Les Talibans soit dit en passant, ont mis fin à la guerre civile.
    2) Les réfugiés afghans mal reçus au Pakistan : là encore, a nuancer. Quel pays peut se targuer d’avoir accueilli la plus forte population de réfugiés au monde sans se trouver destabilisé ? Pas si mal le Pakistan (qui est bien autre chose que les caricatures à la BHL en donnent) Le discours diabolisant le Pakistan est un discours extrêmement bien intégré par des tas de gens parce qu’il est bien reçu en général par les occidentaux. Le mal absolu n’existe pas à l’échelle de la nation. De même le bien.

    Ceci pour dire, et avec tout le respect que je vous dois, qu’il faut je crois se garder de donner encore une fois une vision simplifiée de ce pays. Vous noterez sans doute, étant sur place, que beaucoup d’Afghans sont habitués à donner au visteur le discours qu’il attend. Cela leur permet de ne pas s’exposer, l’interlocuteur occidental est content et c’est finalement pas si mal.
    Je ne suis pas certain qu’on puisse avoir la capacité d’appréhender, ne serait-ce qu’une infime partie de la réalité d’un pays aussi complexe en si peu de temps, sauf à prendre le risque de relayer des poncifs tels qu’on pourrait les lire dans « Elle ».
    La personne qu’on interroge sait parfaitement ce que l’Occident considère comme « bien ». Or en Afghanistan, il y`a partout des zones d’ombre, de gris. Si je peux me permettre une analogie digne d’un néo-conservateur, imaginons un journaliste débarquant dans un village français à la Libération. Quel discours sur la période l’Occupation obtiendrait-il ? L’Afghanistan n’est pas blanc / noir. Il n’y a pas un « bon afghanistan » et un « mauvais afghanistan“et les parcours personnels sont souvent confus. Vous n’étes pas sans savoir que, par exemple, lors des luttes entre troupes talibanes et troupes de l’alliance du nord, la ligne de front était pour le moins fluctuante. Des commandants de secteurs, changeaient parfois de camps, avec armes troupes et bagages, pour x raisons que je n’évoquerait pas ici. Un jour chez les bons donc, un jour chez les méchants. De même, et toujours pour rendre un peu plus floue la frontière entre ‘bien et mal’, désolé, nombre de réfugiés afghans à Peshawar fuyaient l’été la chaleur étouffante de cette ville en se rendant en Afghanistan... alors sous le joug des talibans.

    Dernière remarque pour prévenir, on ne sait jamais : je ne suis pas pro-taliban, ça n’aurait aucun sens, pas plus que je n’excuse ce régime. J’essaye simplement de mettre ma petite pierre à l’édifice branlant par les temps qui courent, d’ une vision du monde nuancée.

    • zorbeck
      zorbeck répond à Moix
      • Posté à 19h27 le 22/06/2009
      • Internaute 9110

      « J’essaye simplement de mettre ma petite pierre à l’édifice branlant par les temps qui courent, d » une vision du monde nuancée. »

      Et vous y réussissez fort bien. Marc K aussi d’ailleurs.

  • tecole74hs
    tecole74hs
    passe repasse trépassera...
    • Posté à 11h15 le 22/06/2009
    • Internaute 59167
      passe repasse trépassera...

    Aujourd’hui à Kaboul, seules des mini zones sont militairement sécurisées. Le reste, comme en Irack (73 morts hier), demeure un terrain de combat oú les talibans ne lachent pas le morceau. La monumentale erreur de bush vatenguerre sera très difficile à réparer. La crise qui continue gentiment à se développer, offrira peut être par la suite de nouvelles pistes qui permettront d’amener des solutions concrètes et pacifiques.

  • mauser
    • Posté à 11h18 le 22/06/2009
    • Internaute 4683

    Un peu plus long monsieur finger ...
    Continuez la vérité ne réside pas que dans des statistiques ou de belles équations. Ce qui manque pour éclairer c’est l’aspect humain .
    Continuez c’est parfait mais des précisions que mangent les afgahans les bruits les odeures bref tout ce qui fait la vie.
    Les cerf-volant des gamins ont il réapparus les combat de chiens ou le polo national ont ils toujours autant la côte.

  • Samanide
    • Posté à 11h35 le 22/06/2009
    • Internaute 17610

    Salam,

    Monsieur J est intéressant mais il a perdu la mémoire ou il était pas là au mauvais moments et tant mieux pour lui.
    Quand il dit : « Il y a vingt ans, son quartier fut le théâtre de combats violents entre moudjahidin et troupes soviétiques. Les combats durèrent au prix de destructions considérables, dont la ruine du palais de Darulaman dans le parc de shel sétounn.

    Ce sont les combats entre factions afghanes des années après le départ de l’armée soviétique qui sont responsables de 99 % des destructions de la ville.
    Kaboul était divisé par 6 partis Sunnites 9 partis Chiites et 2 partis communistes. Dans ce morceau de Kaboul, Les factions étaient les hommes de Massoud du Jamiat-i - Islami au nord en haut de la colline aux antennes, contre Gulbuddin Hekmatyar du Hesbi -i - islami au sud derrière le palais du Darulaman.
    Entre les deux sur l’immence avenue droite il y avait les Moudjahiddin Hazrats Chiites divisés en plusieurs partis les deux principaux le Harakat Ilami et le Hez be Wadat. Parfois aussi sur la gauche en déscendant les Moudjahindins du parti Hesbi-I Sayyaf(bras droit extrémiste qui acceptait les arabes dans ses troupes).

    Ces partis cachés un peu partout sur cette avenue et autour était parfois pour Massoud parfois pour Hekmatyar parfois coincés entre les deux.
    Les principales destructions du palais de Darulaman commencèrent le premier janvier 1994 lors de la cinquième bataille de Kaboul. C’est l’artillerie principalement des canons anti-aériens dirigés vers le bas du haut de la colline aux antennes ou des mortiers de 80 ou 120 mm et des BM12 ou 20 qui détruisirent ce magnifique palais et tout ce qu’il y avait autour comme le musée en dessous, le parc merveilleux et les milliers d’habitations.
    A une époque terriblement sanglante nous avions dans la totalité des hôpitaux de Kaboul, des 20 000 nouveaux blessés de guerre par semaine. C’était une horreur dont Massoud ne peut pas être glorieux. ils se battaient avec ardeur contre les islamistes qui devinrent une grande partie des Talibs mais au passage il massacra systématiquement la population Hazrats, ou il laissa faire ses hommes sans jamais les arrêter....

    Voilà si Monsieur J veut savoir autre chose sur sa ville il peut me demander........

    patrick

    • Talie
      Talie répond à Samanide
      Agent de maitrise
      • Posté à 13h01 le 22/06/2009
      • Internaute 83108
        Agent de maitrise

      Merci de votre précision sur cette partie de l’histoire de Kaboul, c’est très important et intéressant pour nous, pour comprendre et savoir , je suis très contente de recevoir l’information de cette manière ( je ne regarde pas la télé ) mais peut on en vouloir vraiment à ce Monsieur, pour reconstruire ,il est peut être plus facile de dire que c’est la faute des russes plutot que d’autres afghans, non ...

      • expat
        expat répond à Talie
        • Posté à 21h08 le 22/06/2009
        • Internaute 25627

        « ,il est peut être plus facile de dire que c’est la faute des russes plutot que d’autres afghans, non … »

        C’est comme ca qu’on ecrit l’histoire : en ne fachant pas les vainqueurs !
        Mais il faut toujours profiter d’entendre un autre son de cloche !

        Par exemple vous ne trouvez pas curieux vous, que meme apres leur disparition les Talibans sont toujours du mauvais cote de la barriere, mais pour Monsieur J, le probleme ne change jamais, il ne peut pas savoir qui sera au pouvoir demain, par contre les sovietiques sont vraiment out !

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