Prise de baecque

Journal de bord culturel d'Antoine de Baecque, historien et critique, passionné de cinéma.

Fripon, sublime ou atroce : le sexe en temps de guerre

Publié le 27/09/2007 à 19h45



Affiche de propagande allemande (Mus. d’hist. contemp./BDIC).

Au musée de l’Armée, on peut voir Lee Miller nue dans la baignoire d’Hitler. Cela pourrait être un sommet de l’érotisme bizarre ; c’est tout simplement une photographie de guerre, et l’un des documents étonnant de l’exposition « Amours, guerres et sexualités, 1914-1945 ».

Le 1er mai 1945, la mannequin et photographe arrive à Munich, et s’installe dans l’immeuble de la Prinzregentenplatz, la maison bavaroise d’Hitler. Il y a des jours qu’elle ne s’est pas lavée et traîne le même uniforme crasseux. Elle a débarqué en juillet 1944 sur le front en Normandie, appareil en bandoulière, enrôlée par Vogue comme photographe de guerre. Elle suit l’armée américaine, et sa difficile progression, dangereuse, douloureuse, à travers l’Europe.

En avril 1945, elle est à Buchenwald, puis à Dachau, dont elle décrit minutieusement l’enfer dans des articles, des lettres, des photographies bouleversants. Là voilà désormais chez Hitler, qui s’est suicidé à Berlin. Et là, elle prend un bain, magnifique, pudique, enfin propre, le gant de toilette à la main, dans une baignoire chic et immaculée. Au sol, ses rangers crottées, sur un tabouret, l’uniforme sale. A sa gauche, une photo de Hitler, dérisoire ; à sa droite, la statuette d’une femme nue, provocatrice.

Au milieu, le visage de Lee Miller, photographié par son amant des mois de guerre, David Scherman, un visage beau et las, soulagé et fatigué, féminin et pudique. Le corps de cette femme superbe a pris la place de celui d’Hitler, corps inimaginable, mais ce triomphe de l’amour ne porte pourtant qu’une immense mélancolie.

Comme si la trace de tous les autres corps, ceux que Lee Miller a vu tomber, a vu enterrés, a vu décharnés, des plages de Normandie à Dachau, était ineffaçable et s’imprimait en surimpression sur la nudité de cette image. Cette femme ne pourra plus jamais être nue comme avant.

Le temps de la guerre est aussi un temps de l’amour

L’exposition Amours, guerres et sexualités, 1914-1945, organisée par la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC) et le musée de l’Armée aux Invalides, propose des dizaines de documents, affiches, photographies, dessins, extraits de films, livres et livrets, gravures, peintures, caricatures, médailles, objets.

Ils ont été rassemblés autour de ce thème « sensible » par trois chercheurs, François Rouquet, Fabrice Virgili et Danièle Voldman, et montrent exemplairement comment le temps de la guerre est aussi un temps particulier de l’amour, de ses représentations comme de ses pratiques. Mais un amour exceptionnel, comme placé en état de belligérance et d’urgence, parfois d’une violence extrême, qui peut l’empêcher ou au contraire en augmenter l’intensité et la nécessité, un amour souvent fait de clandestinité, de secret ou de contrainte.

On croise lors de cette exposition -et c’est important-, les problématiques les plus actuelles de la recherche en histoire contemporaine, sur la violence de guerre, sur les représentations des rapports hommes/femmes, sur le contrôle de la sexualité et sa « fabrique », sur la perception virile ou féminine des événements historiques.

On y voit soudain incarnée cette mutation des liens entre hommes et femmes induite par les deux guerres mondiales, au niveau le plus intime, celui de l’amour et de la sexualité. Ce thème qui traverse l’histoire de tous les belligérants est ici illustré aussi bien sur le plan des pratiques, des imaginaires que des représentations.

Quand les armées jouent sur les stéréotypes féminins

L’exposition des Invalides montre ainsi des séries d’images coquines liées aux permissions des poilus de la Grande Guerre (des cartes postales : « Positions du tireur permissionnaire, debout, à genoux, couché », où tout prend un sens grivois dans la langue militaire, ou encore ce « Secteur idéal : dommage qu’on ne le trouve qu’à l’arrière ! “, que lance un permissionnaire, allusion là encore grivoise à la chose doublement sexuelle et stratégique).



Puzzle de propagande antisémite (Mus. d’hist. cont./BDIC, photo Archipel/J.-C. Biard).

Mais, dans ce registre de l’obscène, il existe également cette image atroce d’un viol de femme qu’un soldat allemand conservait comme un trophée en 1945. Ou encore le puzzle de propagande reproduit ci-dessus, qui montre une jolie Anglaise dont le reflet, dans le miroir, est une brune épaisse au nez crochu, stéréotype de l’antisémitisme.

On y voit encore toutes les affiches de propagande pour l’enrôlement dans les ‘corps’ d’auxiliaires féminines de la France libre, en 1942, ou dans les unités médicales et administratives de l’armée américaine ou soviétique, qui tentent d’imposer une image positive et ‘virile’ de la femme.

Au contraire, il y a celles qui devaient effrayer les soldats (allemands, français, américains) des armées d’occupation -en jouant sur les stéréotypes féminins négatifs de la mort et de la déchéance : gare aux maladies vénériennes, qui peuvent faire autant de dégâts qu’une bataille perdue...

Les images des prostituées, des bordels, des maisons closes, sont innombrables, comme cette photo prise à Brest, d’une maison close de la Wehrmacht installée dans une synagogue réquisitionnée, humiliation pour l’étoile de David qui voisine avec les horaires d’ouverture des dames.

Mais le sexe et l’amour sont parfois rendus plus glamour ou romantiques par la guerre, ainsi des multiples pin-up girl, que les boys punaisaient au mur, ou de cette photographie fragile d’un mariage en plein maquis du Tarn, dans la nature, où l’aumônier unit un combattant avant qu’il ne retourne combattre.

Enfin, les images les plus impressionnantes peut-être, sont celles de l’humiliation des tondues, phénomène s’étendant partout dans l’Europe qui se libère entre 1944 et 1945, ou celles, rares mais saisissantes, de la grande ‘peur du Noir’ qui saisit les populations occupées, en Allemagne après 1918 et après 1945, avec l’arrivée des troupes coloniales françaises et des soldats de couleur américains.

Le stéréotype de la virilité africaine, qui s’est répandu en même temps que les troupes coloniales dans l’armée française dès la Première Guerre mondiale, célébré par plusieurs dessins, photos et gravures folkloriques, se transforme alors, et se retourne, en une sorte de cauchemar fantasmatique contre ceux-là mêmes qui l’ont façonné.

Comme sur cette ‘médaille de la honte noire’, gravée lors de l’occupation de la Rhénanie par les troupes coloniales françaises, après 1918 et les nombreux viols qui y ont eu lieu, où une femme allemande est attachée à un poteau d’exécution qui a pris la forme d’un énorme sexe noir en érection, surmonté d’un casque de poilu. Souillée et victime, la femme est comme punie par l’histoire et par le mythe viril que les représentations ont forgé auparavant.

La proximité de la mort pousse à la passion, au plaisir et à la transgression

En temps de conflit, quand on s’aime -qu’on le dise, qu’on le fasse, qu’on le figure, ou qu’on l’imagine- tout est bouleversé. La séparation, l’imprévu, la blessure, l’occupation, la violence, l’urgence, la rencontre, tout cela a de multiples conséquences sur le fait amoureux, le projetant le plus souvent vers la situation exceptionnelle et hors norme.


Une statuette en faïence, Seconde Guerre mondiale (RMN/E. Cambier).

La proximité de la mort et la précipitation du temps semblent renforcer l’aspiration à la passion, au plaisir, voire à la transgression. Et, par contre coup, les autorités veulent régler la sexualité des armées comme celle des civils, qui deviennent des affaires d’Etat. Bordels, prostitution, repos du guerrier, politique de viols et de violences sexuelles, punitions des femmes, répression des hommes, tout peut servir, à travers le corps, pour apaiser, satisfaire, agresser, punir, normer, aussi bien les héros que les ennemis.

C’est un stéréotype certes, mais l’exposition des Invalides l’assume et l’affirme avec force et intelligence : ici, l’Histoire prend corps.

► Amours, guerres et sexualités 1914-1945, exposition organisée par la BDIC et le musée de l’Armée - Hôtel national des Invalides, 129, rue de Grenelle, Paris VIIe - jusqu’au 31 décembre - 10h-18h jusqu’au 30/9, 10h-17h après - 6€/8€ - Rens. : 01-44-42-38-77. - plan.

► Livre-catalogue sous la direction de François Rouquet, Fabrice Virgili et Danièle Voldman - éd. Gallimard - 176p., 23€.



Des Ecossaises sur un canon, affiche allemande de 1915 (Mus. d’hist. cont./BDIC).

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  • Anonyme

    Hitler n’habitait pas Prinzregentenplatz mais 100, Prinzregentenstrasse. Sa baignoire a Berlin dans les ruines de la chancellerie ? ? ?

  • Anonyme

    Il semblerait que vous vous mettez le doigt dans l’œil !
    « Da Hitler bis zu seinem Tod mit Wohnsitz am Prinzregentenplatz 16 in München gemeldet war... »

  • Anonyme

    Lee Miller n’a pas été enrôlée par Vogue comme correspondante de guerre, elle a commencé quelques années avant dans ce magazine pour des photos de mode.
    En revanche elle a bien été accréditée auprès de l’US Army, ce fut certanement la seule correspondante de guerre féminine.
    Scherman travaillait lui pour Time Life.

    intéressant article.

    • Anonyme

      intéressant vous dites ?
      en quoi la guerre est chose intéressante et qu’on parle de ça comme si on parlais de la gastronomie ou de la photographie de mode , c’est honteux , c’est vraiment honteux , ça me répugne , vouloir faire passer la guerre pour un simple fait divers avec ses propres anecdotes, toutes les victimes de ces guerre qui payent jusqu’à maintenant le prix de l’arrogance occidentale .
      allez voir cet article , Lien il va vous éclairez , vous aller voir ce genre de conneries qu’on appelle article intéressant avec plus de clairvoyance .
      ce journaliste ferai mieux de chercher des sujets beaucoup plus intéressants qu’un nu dans une baignoire .

    • Anonyme

      Pour tous renseignements au sujet de Lee Miller en temps de guerre, dans la baignoir d’Hitler et aupres de l’US Army, lisez la nouvelle biographie de Carolyn Burke, Lee Miller, dans l’oeil de l’histoire, une photographe (Editions Autrement).

    • Anonyme

      Sur la carriere de Lee Miller, voir la nouvelle biographie de la photojournaliste par Carolyn Burke, Lee Miller, dans l’oeil de l’histoire, une photographe (Editions Autrement, 2007) et la critique parue dans Le Point du 4 octobre 2007 : Lien

  • poppy S
    • Posté à 22h08 le 27/09/2007
    • Internaute 498

    très bel article. J’y serais pas allè : j’irai !

    la problématique est très complexe. Michel Foucault aurait apporté un éclairage extraordinaire.

  • Norkhat
    • Posté à 01h26 le 28/09/2007
    • Internaute 15778

    les guerres... ce sont avant tout des destins déchirés
    des histoire d’amour...apollinaire aux tranchée
    des histoires d’horreurs de la rouge armée

    et cette fameuse lettre de la femme du guerrier...

    la guerre et le viol...
    mais la guerre est une forme de viol collectif
    les crimes tus,
    pire que la mort

    la violence...

    et des amours furieux, des amoureux dans la flamme, sans lendemain
    d’un poème de rené char, pour la vie
    pour l’avenir...

  • Charles Mouloud
    Charles Mouloud
    Bras gauche de la Vénus de (...)
    • Posté à 03h28 le 28/09/2007
    • Internaute 12542
      Bras gauche de la Vénus de (...)

    Rhaaaah lovely ! ! !
    La petite mort avant la grande !

  • Anonyme

    curieux article qui exalte la sexualite en temps de guerre et s’attarde sur ses aspects les plus anecdotiques, quand la verite helas est ailleurs. le sexe en temps de guerre, de nos jours encore et toujours, c’est d’abord le viol...
    femmes gibier,femmes butins que l’on viole a l’arrache comme on pille les maisons, que l’on viole systematiquement pour humilier l’adversaire vaincu, ou a la chaine , par visee politique.
    l’avancee des troupes russes en allemagne en 45 a laisse des milliers de femmes traumatisees.
    Et meme la France n’a pas ete epargnee, il y a eu de tres nombreux cas en normandie, longtemps caches par l’armee americaine.
    Pour ceux qui ne se rendent pas bien compte je recommande le film allemand « der Feind im Inneren“( je ne connais pas le titre francais, desolee), magnifique fresque de la guerre de 39-45 vue de l’allemagne puis de la guerre froide. Les scenes de viols y sont insoutenables. insoutenablement vraie.
    Desolee de jouer les trouble-fete casse-bonbons, mais au nom des femmes , au nom de l’histoire, des bosniaques et des femmes du darfour, je pense que ca doit etre dit et redit.

    • Succédané
      Succédané
      Qui n'est pas mais pourrait l' (...)
      • Posté à 09h51 le 28/09/2007
      • Internaute 13938
        Qui n'est pas mais pourrait l' (...)

      Ce film évoque t il le comportement des soldats français en 45 en Allemagne ? pas brillant non plus

      • Anonyme répond à Succédané

        ...non, la partie du film qui se deroule durant la guerre se passe en allemagne de l’est donc le comportement des francais « liberateurs“/ occupants n’est pas montre...
        ca ferait d’ailleurs un excellent sujet de film apres les dizaines de films sur le sort de la pauvre france occuppee...
        L’interet de ‘der feind im inneren’ est d’ailleurs justement de retourner la situation et de montrer comment s’est passe la ’liberation” de l’alemagne du point de vue des populations allemandes...

    • Anonyme

      je suis une femme et je considère dangereux de ne voir que le viol dans cet article pourtant parfaitement mesuré
      oui le viol est atroce
      oui il y a eu des horreurs
      et pour info il y en a encore il suffit de regarder ce qui se passe en afrique
      est-ce pour autant que pour une fois on ne puisse pas aborder la guerre en parlant des petites choses qui l’ont rendu supportables ?

      • pablico
        pablico
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 14h35 le 28/09/2007
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        C’est quoi la guerre ?
        Prendre des gens ’normaux’ peut-être religieux, bien éduqués etc.
        Et en faire des bêtes à tuer ou à être tué.
        Donc ces gens là, savent pertinemment qu’ils sont des vivants en sursis.
        En plus des traumatises d’horreur qu’ils subissent, ils vivent ce traumatisme. Alors leur demander de se comporter en hommes policés, c’est un peu trop.
        D’ailleurs personne d’essaye de les rendre policés.
        Il n’y a qu’à voir les populations de soldats rendus à la vie civile. Certains ne s’en sont jamais remis.
        Ceux de 14, de 45, et ceux tout près de nous du Vietnam, et de Afghanistan.
        Un Homme n’a jamais été un robot, ni un héros de film ou de jeu vidéo.

        Et vive la guerre....comme dirait Kouchner.

  • Tom Bombadil
    Tom Bombadil
    Je ne suis pas un hobbit
    • Posté à 07h28 le 28/09/2007
    • Internaute 9759
      Je ne suis pas un hobbit

    Très bon papier, juste mesure, sage, fort et beau. Certes, la guerre c’est moche, très moche. Si moche que parfois elle nous empêche de penser. Et c’est normal : la violence radicale c’est la mort de la pensée. Merci à l’auteur de ne pas tomber dans ce piège-là. J’irai voir cette expo.

    P.S. technique pour les mécanos de Rue : J’ai été logué automatiquement aujourd’hui, mais sous deux identités successives qui n’étaient pas la mienne...

  • pikasso02
    • Posté à 10h06 le 28/09/2007
    • Internaute 10134

    Beau travail sur la guerre et Lee Miller.
    Pour ceux qui ne pourront pas se déplacer pour voir cette exposition, vous pouvez retrouver sur Google de nombreux documents en cliquant Lee Miller.

    • pikasso02
      pikasso02 répond à pikasso02
      • Posté à 11h43 le 28/09/2007
      • Internaute 10134

      Je viens compléter ce que j’ai écrit à 10h06 : cliquer lee miller sur Google sur IMAGES. Vous l’auriez sans doute fait ! Pour celles et ceux que ça intéresse, je prépare un hommage à Picasso et à Lee Miller, un peu spécial. Il devrait être visible en fin d’après midi sur mon site.

      Lien

    • Anonyme répond à pikasso02

      Pourquoi cher confrère avoir cliqué sur « naze » ? Les infos sur Lee Miller que nous trouvons sur Google IMAGES à lee miller, viennent compléter cet excellent papier sur l’expo. Bien sûr, comme toujours, il faut trier ! Mais les images concernant Lee Miller sont très instructives et en grand nombre.

  • Anonyme
    • pikasso02
      • Posté à 13h44 le 28/09/2007
      • Internaute 10134

      Un complément pour le courageux anonyme de 10h20. Cliquer lee miller sur Google IMAGES. Vous trouverez des images de Lee Miller en grand nombre qui viennent compléter à merveille ce papier sur cette exposition.

      Lien

  • Anonyme

    se trouve la :
    Lien

    • Yann Guégan
      Yann Guégan
      Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
      • Posté à 18h03 le 28/09/2007
        éditeur
      • Journaliste 1836
        Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

      ... mais nous n’avons pas eu l’autorisation de la reproduire sur Rue89.

  • Rosalba
    • Posté à 10h43 le 28/09/2007
    • Internaute 17914

    Un très bel article. Merci !

  • Anonyme

    Il faut lire aussi les essais consacrés aux exactions des troupes occupantes pendant la 2eme guerre entre 44 et 45 comme « La Face cachée des gi’s : Les viols commis par des soldats américains en France, en Angleterre et en Allemange pendant la Seconde Guerre mondiale » de J. Robert Lilly, très bien documenté. c’est un historien américain spécialiste de criminologie et qui a longuement enquêté sur le sujet dans les différents pays concernés.
    Il a fait l’objet d’un documentaire sur Arte il y a quelques semaines aussi. La face cachée des libérateurs si on peut dire..

  • Anonyme

    Super papier
    La guerre c’est moche oui
    Mais désolé pour les bisounours qui s’offusquent de tout, c’est l’Histoire avec un grand H et c’est aussi toute une série de petites histoires
    Pendant la guerre des gens ont fait l’amour, souri, joui même... c’est la vie, c’est comme ça aussi que pas mal d’entre nous sont là aujourd’hui pourquoi on ne pourrait pas parler de ça ? Parce qu’il y a eu des viols pendant la guerre on devrait zapper toutes les petites choses heureuses qui ont fait tenir les gens pendant ces années noires ? Quel manque de recul et de discernement... Je suis effarée par la bêtise de certains

    • poincarré
      • Posté à 13h30 le 28/09/2007
      • Internaute 16609

      Lien
      regarder ce que vous appelez l’histoire avec un grand H , vous aller vraiment être effaré, vous aller peut-etre vous rendre compte de la gavité de la chose .

    • Anonyme

      D’autant que parler de sexualité en temps de guerre n’est heureusement pas faire l’apologie de la guerre. Et comment saisir au mieux ce qu’a été une époque, et d’en tirer des enseignements sans aborder des anecdotes que certains s’offusquent de trouver dans l’article ?

    • Anonyme

      ....desole si ma reaction (la guerre c’est d’abord le viol) vous a semble manquer de mesure.
      Je n’ai rien contre le fait que l’on evoque les autres aspects de la sexualite en temps de guerre (j’aime beaucoup le diable au corps de radiguet...)
      Ce qui m’a choque dans cet article c’est que le viol y est a peine evoque, 2 lignes sur la photo souvenir d’un viol, c’est tout, alors que le cote glamour fripon coquin est exalte et traite a longueur de paragraphes.
      il faut retablir les choses dans leur mesure, d’autant plus, que curieusement, les viols commis durant les deux grandes guerres mondiales en europe sont generalement totalement passes sous silence. je n’en ai jamais entendu parle au college ou au lycee, ni dans les programmes grand public a la tele...faut ecouter france culture ou arte pour en entendre parler ! ! !
      les viols, c’etait les mechants japonais...point barre.
      je ne fais que militer pour un peu plus d’information, de transparence et de prise de conscience sur le sort des femmes en temps de guerre...
      si maintenant pour vous c’est de la « betise »....

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 14h38 le 28/09/2007
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    C’est quoi la guerre ?
    Prendre des gens ’normaux’ peut-être religieux, bien éduqués etc.
    Et en faire des bêtes à tuer ou à être tué.
    Donc ces gens là, savent pertinemment qu’ils sont des vivants en sursis.
    En plus des traumatises d’horreur qu’ils subissent, ils vivent ce traumatisme. Alors leur demander de se comporter en hommes policés, c’est un peu trop.
    D’ailleurs personne d’essaye de les rendre policés.
    Il n’y a qu’à voir les populations de soldats rendus à la vie civile. Certains ne s’en sont jamais remis.
    Ceux de 14, de 45, et ceux tout près de nous du Vietnam, et de Afghanistan.
    Un Homme n’a jamais été un robot, ni un héros de film ou de jeu vidéo.

    Et vive la guerre....comme dirait Kouchner.

  • Anonyme

    Rue89 vous payez le charlie pour reprendre leur article ;)
    Cf le charlie de cette semaine avec ses 2 pages sur le sujet.... bon honnetement j’ai vite scrollé vu les memes images quand dans Charlie et pas lu... j’imagine que l’analyse doit etre la meme :)
    VIVE LE CHARLIE HEBDO qu’on aime ou pas sa ligne éditoriale c’est le dernier journal vraiment poilant !

    • Pierre Haski
      Pierre Haski
      Cofondateur Rue89
      • Posté à 01h34 le 29/09/2007
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      disons plutôt que les grands esprits se rencontrent !

  • Anonyme

    Pour les curieux des rapports de Lee Miller avec Picasso et pour Antoine de Baecque, à vous de voir ! Merci pour les remarques. Sur mon site, pages 526 à 530, article 2-20 au SOMMAIRE.
    Et merci à Rue89 pour l’idée.

    Lien

  • Mine2Crayon
    • Posté à 12h58 le 02/10/2007
    • Internaute 11508

    Merci pour ce très bon article.
    L’exposition vit au travers des mots et m’a donné envie de la voir.

    Le sexe et l’amour en temps de guerre est une autre approche pour montrer des atrocités mais aussi des moments de tendresses fugaces, autant de clichés successifs de tout ce qui fait une guerre, un immense patchwork de sensations bien que souvent taché de sang et d’horreur.

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