En DVD, des entretiens avec un Céline fascinant et effrayant

Roger Faligot
Ecrivain journaliste
Publié le 02/10/2007 à 17h30


Je me suis toujours demandé comment on pouvait être juif et aimer à ce point l’écrivain Louis-Ferdinand Céline. La réponse tourne généralement autour de la séparation du génie littéraire et d’un engagement détestable.

C’était avant de recevoir, ces jours-ci, l’étonnant DVD que vient de réaliser l’écrivain Emile Brami aux éditions Montparnasse, auteur d¹un poignant roman sur la mémoire de la communauté juive de Tunisie, « Le Manteau de la Vierge » (Fayard, Prix Méditerranée 2007). Il a également consacré sa librairie de la rue Bréat, à Paris, « D’un livre, l’autre » , en grande partie à Céline.

Le docteur Destouches (le vrai nom de Céline) est aussi au coeur de deux ouvrages de Brami (aux éditions Écritures) : une biographie sans complaisance, « Je ne suis pas assez méchant pour me donner en exemple » , et un curieux document, « Céline, Hergé et l’affaire Haddock » , qui prouve par A+B qu’Hergé, en convergence avec les cercles d’extrême droite, a puisé dans l’oeuvre de Céline les jurons qu¹il fait proférer au capitaine Haddock .

J’y suis sensible, car dans mon prochain bouquin, je tords le bâton dans l’autre sens, en révélant comment Hergé a été manipulé par le Parti communiste chinois en 1934 dans l’affaire du « Lotus bleu » , mais passons !

Un écrivain cannibale qui a dévoré l’homme en lui


Emile Brami (Pascal Faligot)

Fatalement, après avoir labouré en tous sens l’oeuvre écrite de « l’Ermite de Meudon » et disséqué le « Voyage au bout de la nuit » ou « Mort à crédit » , aussi bien que le très antisémite « Bagatelles pour un massacre » , Brami s’est attaqué à l’image et au son. Et dans ce DVD « Céline Vivant » , recueil d’entretiens et biographie, on assiste pour la première fois, médusé(e), à la façon dont l’écrivain cannibale a dévoré l’homme qui était en lui.

Les interviews télévisuelles de Pierre Dumayet (disponible sur le site de l’INA), d’André Parinaud ou de Louis Pauwels (enregistrés en 1957, en 1958 et en 1961, l¹année de la mort de Céline) sont d’autant plus captivantes qu¹elles montrent que, comprenant comment fonctionne la caméra, plus Céline répond aux questions moins il se livre. Sauf, tout à coup, par un rire, par son regard encore plus bleu dans la télévision en noir et blanc, ou par une soudaine inquiétude de savoir si son perroquet apprécie le tournage.

L’émission Bibliothèque de poche, réalisée par Yannick Bellon et Michel Polac, avec entre autres Barjavel, Dominique de Roux ou Michel Audiard, reconstitue la trajectoire du fils de la dentellière, du gamin du passage Choiseul (à Paris) jusqu’à l’ermite de Meudon, qui saisit l’occasion de passer à la télévision et manifester l’ostrascisme dont il se dit victime en tant que « plus grand écrivain du siècle » .

« Il faut mettre sa peau sur la table » , dit l’ermite de Meudon

Sans oublier un scoop totalement inédit : la lecture audio de pages de « Nord » par l’auteur lui-même. C’est peut-être la parole des femmes dans ce document extraordinaire qui dit tout. Le sexe et les mots. L’envoûtement et le silence. L’incroyable séduction qui était la sienne et que raconte son ancienne maîtresse américaine Elisabeth Craig ou sa dernière épouse, Lucette Almanzor (Mme Destouches). « Il faut mettre sa peau sur la table » , dit-il dans l¹émission Lecture pour tous en 1957, à Pierre Dumayet.

Et tout y est. Son oeuvre, sa trajectoire et la fascination qu’il suscite. Il aurait viré à gauche comme on pouvait le croire au début, que c’eût été pareil, son engagement, par exemple au service du communisme, ne l’aurait pas empêché de provoquer un révolution dans l’art d’écrire. (N’oublions pas l’époque où il allait à Moscou, où Trotsky l’annonçait comme le plus grand romancier du siècle et où Elsa Triolet le traduisait en russe.)

C’est une des impressions fortes qui se dégage de ces entretiens, et dans la descente aux enfers à laquelle on assiste quand, pressé par Gallimard, Céline explique qu’il veut bien répondre aux questions des télévisions, parce qu’aujourd’hui (dans les années 50), on ne peut plus vendre un livre sans faire de la réclame ou de la publicité.

Quitte d’ailleurs à jouer devant la caméra le personnage repoussant de l¹écrivain clochardisé, pauvre vieillard persécuté, parfois délirant, que son génie a isolé. (On aimerait bien savoir, d¹ailleurs, s’il n’existait aucune image de Céline, par exemple de la Propagandastaffel, comme on en connaît à propos d’autres écrivains, acteurs ou chanteurs sous l’Occupation. Elle aurait peut-être fait un utile contrepoint.)

« Bagatelles pour un massacre » , bientôt en poche ?

Dans le petit livre, « Céline vivant » , qui accompagne le DVD, Emile Brami décortique au scalpel les romans mais aussi les ouvrages pamphlétaires antisémites (dont on rappelle qu¹ils s’attaquent à tout le monde, pas seulement aux juifs). Il conclut, sans pour autant appeler à une réhabilitation, -d’ailleurs impossible-, à la nécessité de lire ces ouvrages (interdits à la publication par sa veuve), pour comprendre qui était vraiment Louis-Ferdinand Céline :

« En résumé, les pamphlets font non seulement partie intégrante de l’oeuvre de Céline, mais ils lui apportent un éclairage indispensable, aussi, nous ne couperons pas, un jour ou l¹autre, à ’Bagatelles pour un massacre’ en édition de poche. Le second, l’immense, l¹insupportable scandale de Céline est là. »

Céline vivant coffret 2 DVD et un livre - éd. Montparnasse - sortie le 16 octobre.

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  • Anonyme

    je ne crois pas que la reimpression des pamphlets soit une très bonne idée.Il y a suffisemment d’antisemites en FRance prêts a gober au premier degré ce que celine considérait comme un farce,et meme si cette reimpression s’accompagne de garde fous,d’explication,de mise en perspective historique,il y en a plus d’un qui prendra ce flot de bile pour argent comptant.En revanche extraire la vingtaine de page du meme bagatelles où il s’en prend a la culture lycée avec ses tics ,ses bienséances,son bien penser, qu’il oppose a l’instinct des petites gens peu cultivés,ca, ca serait pas mal

    • Anonyme

      encore un censeur qui décide pour d’autres ! le monde est plein de ces dictateurs de la pensée !
      je ne vous dis pas quoi lire alors laissez ma liberté tranquille.

      • Anonyme

        Va pour une réédition de « Bagatelles » en poche mais seulement avec une préface de Bruno Gollnisch. Pour la Pléiade, on s’adressera à Le Pen en personne.

         
        • Anonyme

          c’est de l’humour juif ?

          • Anonyme

            Non, breton. Pour l’humour juif, adressez-vous à Emile Brami.

        2 autres commentaires
    • Anonyme

      Je les ai lu ( sur le net) . Je les ai trouvé passionnants ( par exemple le passage sur les 35 heures dans « Les beaux draps » ) et ca ne m’ a pas rendu ni antisemite , ni ne droite !
      Faites un peu confiance aux ADULTES ! Et meme aux enfants : Ils ne deviennent pas racistes ou colonialistes à la lecture de « Tintin au Congo » , ils ne sautent pas par la fenetre apres avoir vu « Superman »

      Cordialement

    • Caesar SAUZE
      • Posté à 08h05 le 03/10/2007
      • Internaute 18161

      …De nos jours bénis à la sauce populasse,et de tout ceux et ceussent qui publient sans avoir un seul mot à dire –ils sont légions,et à mettre dans l’adage : « pour que le public ne lise plus les écrivains,il suffit de publier des kilotonnes de non-écrivains… ».Et çà marche – faut voir le niveau déculturé de nos chères têtes blondes,à tous les stades de croissance,de son premier joint jusqu’à sa dernière « starac’ »,la concupiscence servile qui entoure le morse de ses SMS – dans certains quartiers,on ne s’exprime plus que par des grognements prognathes qui feraient passer du BIGARD pour « le guépard » de VISCONTI…ainsi que les truies piercées,tatouées qui les accompagnent,pour du DURAS,version « Venise »,ou le litron resterait le seul dénominateur commun…ces « djeunes » babouins auquels les prostitué(e)s de la psychologie moderne affirment qu’il « ne faut pas heurter leur sensibilité naissante » - les blogs,forum,en sont infestés…,ainsi que leurs exploits de nazillons-en-herbes,qui,tabassant des clochards à la Stanley KUBRICK,ou cramant des femmes noires,à l’intèrieur de bus,quand ce n’est pas de l’acide jeté au visage…Préférez-vous les viols collectifs des tournantes dans les caves de notre urbanité de pointe ? ...Afin qu’ils « puissent s’approprier leur propre sexualité » ? - comme diraient les BREILLANT-DESPENTES-MILLET, walkiries de la Tinette-Burger Littérophile Corporation ayant droit de citer,référencer même…On s’indigne des sanctions prises à leur encontre,çà chiale dans le poste en continu zé en pointillé… « …8 ans de prison ? Mon Dieu ! ...Il va sortir à 24 ans,…VIEUX ! …SA vie est FOUTUE,etc.,etc… »…Alors d’ « agiter » (encore) CELINE sous le museau des bœufs tricolores me semble aussi obsolète – voire décaler -,que la réalité elle-même.Du comique à répétitions,les rouages de la machine semble bizarrement les mêmes,depuis Epinal…Ce qui prouve que,déjà,le propagandaire « TOUT VA BIEN »,fait désormais office d’entropie généralisée,…et que le piège ne peut que se refermer sur une barbarie annoncée,constatée, depuis belle lurettes…Et ce ne sont pas avec les politiques laxistes tenues par les « marchands du temple » et de la « société de spectacles » que les choses vont s’améliorer…Contrairement à d’autres,en communiquant,je ne me sens pas responsable….Qu’ils fassent leurs MEA CULPA ? ...faut pas rêver,non plus ! ...Rigueur et distances,comme pour un sniper…

      • Anonyme répond à Caesar SAUZE

        Un post de l’Aveyron sous le nom de plume de José Bové...

         2 autres commentaires
      • Anonyme répond à Caesar SAUZE

        ...Bravo pour cette remise en scène de Céline : on en a besoin !
        Le retour a l’oral ; la mort du livre ...Comme de la presse écrite doivent réveiller les non-vieux.
        Ce régime impérial est peut-être nécessaire...A conditon que l’empereur tout puissant aime Céline !
        Bravo pour vos efforts !
        En plus de l’écrivain génial il parait excusable de tout excès(comme Coluche)....surtout comme rescapé mutilé et conscient de la grande boucherie de 14/18...
        André Gouillou
        BREST
        ( » Le book- Business ou l’édition française contre la lecture populaire « édit. Théma /Belfond)1975

    • Compte supprimé le 3 janvier 3
      • Posté à 12h48 le 03/10/2007
      • Internaute 10904
        in angulo

      « Tout de même, il suffit de regarder, d’un petit peu près, telle belle gueule de youtre bien typique, homme ou femme, de caractère, pour être fixé à jamais... Ces yeux qui épient, toujours faux à en blémir... Ce sourire coincé... ces babines qui relèvent : la hyène... Et puis d’un coup ce regard qui se laisse aller, lourd, plombé, abruti... le sang du nègre qui passe... Ces commissures naso-labiales toujours inquiètes... flexueuses, ravinées, remontantes, défensives, creusées de haine et de dégoût... pour vous ! ...
      pour vous l’abject animal de la race ennemie, maudite, à détruire... Leur nez, leur “toucan” d’escroc, de traître, de félon, ce nez Stawisky, Barmat, Tafari... de toutes les combinaisons louches, de toutes les trahisons, qui pointe, s’abaisse, fonce sur la bouche, leur fente hideuse, cette banane pourrie, leur croissant, l’immonde grimace youtre, si canaille, si visqueuse, même chez les Prix de Beauté, l’ébauche de la trompe suceuse : le Vampire. Mais c’est de la zoologie ! ... élémentaire ! ... C’est à votre sang qu’elles en veulent ces goules ! ... Cela devrait vous faire hurler... tressaillir, s’il vous restait au fond des veines le moindre soupçon d’instinct, s’il vous passait autre chose dans la viande et la tête, qu’une tiède pâte rhétorique,
      farcie de fifines ruselettes, le petit suin tout gris des formules ronronnées, marinées d’alcool... De pareilles grimaces comme l’on en trouve sur la gueule des Juifs, sachez-le, ne s’improvisent pas, elles ne datent pas d’hier ou de l’Affaire Dreyfus...
      Elles surgissent du fond des âges, pour notre épouvante, des tiraillements du métissage, des bourbiers sanglants talmudiques, de tout l’Apocalypse en somme ! ...
      Malheur au damné ! Crève donc animal impossible ! ... Rebut ! Tu ne sursaute même plus d’effroi à la vue de tels monstres ! Tu ne vois pas ta torture et ta mort inscrites, ravinées sur ces hures ? ... Quel miroir te faut-il donc ? ... Pour voir ta propre mort ? ... Toutes les laideurs veulent dire quelque chose.
      Regarde ! Puisque tu es trop fainéant pour lire dans les livres, déchiffre au moins, apprends à lire sur la figure des Juifs l’arrêt qui te concerne, personnellement, l’Arrêt, l’Annonce vivante, grimacière, de ton massacre ».

      Bagatelles pour un massacre, p.296-297

      • Compte supprimé le 3 janvier 3
        • Posté à 13h21 le 03/10/2007
        • Internaute 10904
          in angulo

        Je vois que mon post de 12h48, à peine envoyé est « signalé ».

        J’ai mis en ligne cet extrait de « Bagatelles » surmonté du titre « Céline, auteur farce » en réaction au premier post de 18h28 où il est dit ; « Il y a suffisamment d’antisémites en France prêts à gober au 1er degré ce que Céline considérait comme une farce ».
        Si farce il y a, difficile de faire de plus mauvais goût.

        Le talent certes, mais au service de l’ignominie.

         
        • Compte supprimé le 3 janvier 3
          • Posté à 14h29 le 03/10/2007
          • Internaute 10904
            in angulo

          Encore une petite chose, juste pour l’anecdote : Je tiens l’exemplaire dont j’ai tiré l’extrait d’un culturiste des années cinquante mort une nuit seul dans son pipi.
          Exemplaire annoté de sa main,p.286-287 où, après avoir abordé la question des loges-maçonniques et dit tout le mal qu’il en pensait, Céline dresse une liste des membres du Consistoire Central pour en montrer l« enjuivement ». Liste qui, ajoute-t-il comme pour mieux se dédouaner de l’aspect délateur du truc, n’a rien de secret :
          Suivent les noms :

          Aboucaya Léon.
          Bader Maurice.
          Baur Marcel.
          Blum Jules
          Bodenheimer Henri
          etc...

          Jusqu’à Risser Gaston, Rouen, où là mon culturiste a ajouté de sa main (on est jamais trop précis) : « 55, rue de Crosne de la Risser Gundill & Lévy ».

          Je pense parfois à tous ces poids soulevés et à ce petit crayon dans sa main. Pour ça.

        1 autres commentaires
      • Anonyme répond à Compte supprimé le 3 janvier 3

        les mauvais sentiments font parfois de la bonne littérature et ce texte abject ne manque pas de verve

         
        • Compte supprimé le 3 janvier 3
          • Posté à 15h38 le 04/10/2007
          • Internaute 10904
            in angulo

          Oui.

          Mais pour ce qui me concerne, il y a eu un avant et un après la lecture de « Bagatelles ».
          J’ai follement aimé Céline. Contrairement à beaucoup, « Mort à crédit » plus encore que « Voyage au bout de la nuit ».
          Et puis il y a eu cette rencontre fortuite avec « Bagatelles » comme j’ai dit plus haut. Quelques temps plus tôt, j’avais vu pour la première fois « Nuit et brouillard » à la télé.
          Tant de haine déversée, j’y peux rien, ça glace.
          Après, il s’est passé ce qui se passe quand on a aimé d’amour fou et que cet amour, petit à petit, malgré nous, se défait : on pose des digues, des contreforts, on se résoud à des subterfuges faute d’accepter de considérer que cet amour-là s’éloigne.

          J’ai donc lu tout ce qu’il était possible de lire sur Céline ( Philippe Murray et bien d’autres), les romans d’après-guerre (où prudemment le chinois prend la figure de l’envahisseur) jusqu’à Semmelweiss, sa thèse de médecine.
          Je cherchais à toute force et en tous sens à comprendre Ferdinand sinon à l’excuser ( les horreurs de la Grande Guerre,etc...)
          Mais ça butait toujours.
          Et puis le temps a passé, il y a eu d’autres amours, agissant finalement sur celui-là comme un baume...

          Merci en tous cas à Rue89 pour ce très bel article sur un oeuvre dont personne ne peut se vanter de sortir indemne.

        • Anonyme

          C’est du Céline gateux, sourd et empetré. S’il n’avait été capable que de lourdeurs pareilles, il serait aujourd’hui oublié. « ne manque pas de verve »... vous manquez de jugement.

        2 autres commentaires
  • Anonyme

    < ces ouvrages (interdits à la publication par sa veuve), >

    ... et par les différents gouvernements français, tout comme ils ont interdits Rebatet ou Brasillach.
    Il faut croire qu’aux yeux des politiques de tous bords, le peuple n’est pas encore assez évolué pour savoir choisir et comprendre ses lectures.
    à moins que d’autres raisons...

    il est « étrange » (euphémisme ironique) de constater la différence de traitement entre un Céline et un Siménon par exemple, dont on fait tout pour ’cacher’ les écrits de jeunesse.
    Ou encore ces acteurs et chanteurs qui eux ont pu continuer leur carrière sans ennui. Je possède un enregistrement du « Horst Wessel Lied » dans une adaptation française par un célèbre chanteur au canotier.
    Céline est exceptionnel, qui a poussé ses convictions à l’extrême que ce soit dans Bagatelles, l’école des cadavres, les beaux draps ou le courageux Mea Culpa.
    Grand bonhomme.

    • Caesar SAUZE
      • Posté à 08h10 le 03/10/2007
      • Internaute 18161

      ...alors si je chantais « ô tannenbaum »,je serais un fasciste ? ...

    • Caesar SAUZE
      • Posté à 09h43 le 03/10/2007
      • Internaute 18161

      yes,man...

  • Anonyme

    « Je me suis toujours demandé comment on pouvait être juif et aimer à ce point l’écrivain Louis-Ferdinand Céline » : Deux diagnostics possibles, l’un la fascination de la victime pour son bourreau (syndrome de Stockholm), l’autre, la haine de soi. Ces deux phénomènes psychopathologiques gravissimes sont amplement décrits dans la littérature médicale.

    • Anonyme

      et quand on aime Céline sans être juif c’est grave docteur ?

      • Anonyme

        Non, c’est même plutôt normal pour environ 18% des électeurs inscrits.

         
        • Anonyme

          merci docteur j’ai le CMU alors je ne vous paye pas

          • Anonyme

            Vous voulez vous faire passer pour un sans l’sou, un déshérité, alors que vous roulez en 4X4 petit profiteur !

            (Aparté - Manque pas de culot ces poujadistes : ça planque des billets sous les matelas, ça travaille au noir à qui mieux mieux, ça spécule, ça chipote, ça vit de la stabilité de l’ordre social... et par dessus le marché, ça crache dans la soupe, ça vomit les pauvres, les démunis, les surnuméraires. C’est eux les parasites ! Ils parasitent ceux qui sont pétés de thunes, il faut les entendre prendre une voix flûtée devant un client fortuné, devant un toutou plus gros qu’eux... et ça constipe, ça lésine, ça fait des bouts de chandelle quand il faut se sortir les doigts du cul.)

            *
            « Delphine… je m’allonge… le long de Delphine… je m’appuie l’oreille sur son sein, j’écoute… je lui relève une paupière… l’œil est fixe… je veux lui replier l’avant-bras sur le bras… oh, je sais ! oh, j’ai l’habitude ! “ merde ! merde ! merde !” la conscience c’est ça : merde ! merde ! … jamais, en quelque circonstance, j’ai pu me résigner à la mort… j’ai jamais pu abandonner rien… la mort pour moi personnelle, serait une aubaine, je serais bien content, mais la mort des autres me vexe… dans le fond du tréfonds de tout c’est pour ça qu’on peut pas me piffrer, qu’on s’acharne à me trouver mille crimes, parce que je râle à la mort des autres… même les centenaires qui cassent leurs pipes jamais j’ai été d’accord ! … je suis pour le départ de rien… merde ! merde ! merde ! »

            • Anonyme

              Encore un patient en urgence ! Ca tombe mal, j’ai déjà Pikasso02 sur les bras !

              • Anonyme

                ... c’est ta mère, réveil garçon, c’est ta p’tite maman ! Bisous, mon p’tit nounours, cailloux, poux, hiboux.

                • Anonyme

                  Encore un ! On va se retrouver en manque de camisoles de force !

        5 autres commentaires
    • Anonyme

      Vous aimez Céline surement parce que c’est l’un des plus grands écrivains et que ses romans sont parmi les romans les plus marquants dans une vie, que la force de son écriture vous ont sans aucun doute influencé d’une manière ou d’une autre...

    • Antonin Leguar
      • Posté à 01h15 le 03/10/2007
      • Internaute 4883

      La stigmatisation de la « haine de soi », c’est-à-dire de la volonté de l’individu de ne pas être déterminé uniquement par une identité sociale et biologique est une des formes les plus calamiteuses du conformisme contemporain. La médicalisation de cette stigmatisation est le signe d’une anthropologie criminelle et totalitaire.

      • Anonyme répond à Antonin Leguar

        Dixit Yubelblat dans « Bagatelles » ?
        Que faire ? Cesser de traiter les pathologies ? Qu’aurait pensé Céline d’une telle idée, lui qui a consacré sa carrière médicale à la lutte contre les endémies ?

    • Caesar SAUZE
      • Posté à 08h28 le 03/10/2007
      • Internaute 18161

      ...tout simplement parce qu’ils n’AIMENT PAS Céline et n’ont pas l’honneteté intellectuelle de le dire...Ils posent même la putasserie d’y coller de l’ambiguité...En jetant l’opprobe,le doute,le MAL est déjà fait...Qu’ils soient juifs,blacks,bleus,etc,ne changent rien à la question...

  • pikasso02
    • Posté à 20h32 le 02/10/2007
    • Internaute 10134

    Question : Peut-on critiquer le judaïsme et ne pas être anti-sémite ? Pour moi, oui.

    • Charles Mouloud
      Charles Mouloud répond à pikasso02
      Bras gauche de la Vénus de (...)
      • Posté à 08h43 le 03/10/2007
      • Internaute 12542
        Bras gauche de la Vénus de (...)

      peut on critiquer la culture des oranges et aimer les jus de fruits ? pour moi , oui !

      • Caesar SAUZE
        • Posté à 09h23 le 03/10/2007
        • Internaute 18161

        C’est beau le confort « démocrate » ! ...Pour « critiquer » et aboyer sous les fenêtres des écrivains,on vous fait confiance...C’est tout ce que vous savez foutre,dans ce pays.

         
        • Compte supprimé le 3 janvier 3
          • Posté à 11h24 le 04/10/2007
          • Internaute 10904
            in angulo

          Céline aimait à dire : « Je vous pisse dessus d’une hauteur considérable... »
          Il arrive aussi au « pauvre Brogilo » d’avoir des envies pressantes.
          Vous permettez ?

          • Jack-the-Ripper
            • Posté à 12h41 le 04/10/2007
            • Internaute 18403

            ...Brogilo,mon bon Brogilo ! .....pauvre brogilo ! Tu fais « pipi » ? ...HA ! HA ! HA ! ....d’une hauteur « considérable » ? ...ALORS,TU DOIS TE PISSER DESSUS ! ...OUH ! OUH ! OUH ! ...D’ici,je peux voir ta trogne de maraud ! ...pauvre brogilo ! ...ATTRAPES-MOI SI TU PEUX,PAUVRE BROGILO ! ...HA ! HA ! HA ! HA...

        2 autres commentaires
    • Compte supprimé le 3 janvier 3
      • Posté à 11h35 le 03/10/2007
      • Internaute 10904
        in angulo

      Cher pikasso02, voici un extrait de « Bagatelles pour un massacre » (p.69) concernant les Juifs et l’art.

      « Les Juifs sont plutôt mal doués pour les arts, biologiquement, du fond même de leur nature. Ils essayent de faire de l’art, en Europe tout au moins ils y parviennent mal et de travers...
      Il faut qu’ils suppléent, qu’ils trichent, qu’ils pillent sans cesse, qu’ils sucent les voisins, les autochtones pour se soutenir... Les Juifs manquent désastreusement d’émotion directe, spontanée... Ils parlent au lieu d’éprouver... Ils raisonnent avant de sentir... Au strict, ils n’éprouve rien...
      ils se vantent... Comme tous les afro-asiatiques leur système nerveux, ataviquement est de zinc et le demeure, rustre, vulgaire, et fort commun pour tout dire, en dépit de tant d’efforts, et d’énormes prétentions... Précoces et frustres, mais sans échos. Ils sont condamnés s’ils s’ébattent
      sous nos climats, à se dépenser en grimaces, en tam-tam, en imitations, comme les nègres et comme tous les singes...Ils ne ressentent rien directement, et n’assimilent que peu de chose en profondeur... d’où ces enculages infinis de mouches, ce plurifouillage tout en bluff, ces forcenées dialectiques, ces analysmes effrénés, tout ce pompeux masturbage doctrinaire, au lieu d’humanité directe, de véritable inspiration... Ils seraient à plaindre, s’ils n’étaient pas si emmerdants. Ils
      sont plutôt bûches que violon, malgré tout ce décarcassage frénétique, universel, toujours en train de nous bluffer encore, de nous démontrer le contraire.
      Comme tous les grands insensibles il ne leur vient guère à l’esprit, spontanément que des gaffes ».
      Qu’en pensez-vous ?

  • pikasso02
    • Posté à 20h46 le 02/10/2007
    • Internaute 10134

    Vous m’avouerez que c’est tout de même étrange ! Dans cet article, « par A+B », nous apprenons qu’Hergé a emprunté à Céline, les jurons qui allaient devenir les jurons du Capitaine Haddock. Cela semble aujourd’hui reconnu, puisqu’on en parle Rue89. Pourquoi, Picasso n’aurait-il pas emprunté la structure d’une peinture de Cézanne, pour élaborer ses oeuvres ? Mes démonstrations par le mimétisme sont pourtant tout aussi efficaces que par A+B ? J’aimerais comprendre.

    Lien

    • Anonyme répond à pikasso02

      Tout va bien ? T’es sûr ? On a un psy en ligne, c’est peut-être le moment d’en profiter.

      • Anonyme

        Espèce d’emprofiteur, va !

  • Anonyme

    Comme si aimer ou non Céline avait quelque chose à voir avec le fait d’être juif. La qualité littéraire de ses écrits et ses prises de position concernent tout un chacun...

  • Anonyme

    qu’on le veuille ou non celine est une espece de janus, coté pile, l’ecrivain le plus important du 20e siecle, coté face un fasciste antisemite insuportable. je garde ses livres que j’ai lu et relu et rejette au poubelles de l’histoire ses provocations.apres tout voltaire etait marchand d’esclave et un des piliers des lumieres, et l’histoire a su faire la dichotomie,on ne trouve rien de frais dans les paniers de linge sales fussent elles celles de grands artistes. ce qui est sur c’est que son style et son ecriture resteront dan l’histoire de la litteraturen je vous en donne mon billet

    • Anonyme

      Pas mal, le cas Céline en grand Janus (avec un J).

      Ce que vous dites me semble juste, et en tout cas me parle : j’ai adoré Céline à l’âge de 17 ans (on n’est pas sérieux quand on a 17 ans), - j’ai l’ai ensuite brûlé pour les raisons que j’ai apprises entre temps (on brûle souvent ce qu’on a adoré), et maintenant que je suis vieux (j’ai plus de souvenirs que si j’avais 1000 ans), je sais que ce pauvre type est un foutu écrivain, tonique et flage(o)llant, avec des pages aussi belles jambes que celles d’une danseuse...
      (Aussi la lecture qu’en a fait l’ami Lucchini dans les années 1980 m’a beaucoup marqué : l’enregistrement est-il encore disponible ?)
      Au bilan, je me rends à ce que dit Romain Gary dans Pseudo, et qui ne visait pas du tout le cas Céline, mais que je trouve parfait pour le régler : « On peut être une belle ordure et écrire de beaux livres. »

      Céline détestait le blabla, le chromo, les « idéâas ». Il aimait l’émotion, le lyrisme, et pas seulement dans les mots. (Words ! Words ! Words ! Ce médecin savait son Shakespeare).

      Par contre, je vous demande pardon à propos de Voltaire. Pour votre gouverne, on lit dans le très sérieux « Inventaire Voltaire » (s/dir. Goulemot-Magnan-Masseau, éd. Gallimard, « Quarto », 1995), ceci :
      « Voltaire négrier ? Rumeur ancienne, apparemment née au milieu du XIXe siècle, et toujours en attente de preuve. »
      Article lapidaire, sec comme un coup de fouet.

      Cordialement.

  • Caesar SAUZE
    • Posté à 09h36 le 03/10/2007
    • Internaute 18161

    C’est bien ce que tu en dis...Tu trouves pas que c’est pas un peu « suspect » que les feignasses de la littéraclure tirent A NOUVEAU sur le cercueil de Céline ? ...j’y vois comme une preuve de faiblesse.

    • Anonyme répond à Caesar SAUZE

      Caesar,
      Tu devrais pas forcer sur le Marcillac au petit-déjeuner. Tu finiras par donner une mauvaise impression de notre belle région.

    • Anonyme répond à Caesar SAUZE

      Ave Cæsar... morituri te salutant, car c’est bien vrai qu’il y a... (mon surmoi me censure, ici, car un pauvr’post de riposte à un message débile a été censuré par Rue89 - bravo !) - disons des vertueux indignés.

      Le procès Céline a été fait depuis belle lurette, mais il y a toujours un paquet de types consciencieux pour avoir raison après coup.
      Ce procès s’est ouvert le 15 décembre 1948 devant la Cour de justice. En l’absence de l’accusé, expatrié au Danemark, le procès a été reporté à l’année 1950.
      Il est vrai qu’il y a des détracteurs, que dis-je ? des ennemis absolus de Céline que j’estime plus que Céline. Par exemple André Breton et René Char.
      N’empêche, il y a aussi parmi les gens hostiles à Céline des types encore plus veules que lui, qui n’ont ni la carrure littéraire, ni l’étoffe personnelle d’un René Char !

      Je préfère rappeler ici ce qu’en disait le responsable des « Cahiers » (de la Quinzaine ou de la NRF, je ne sais plus), - i.e. Jean Paulhan, en 1948 :
      « Entre les diverses affaires de sorcellerie, que l’on a vues depuis quatre ans, le procès Céline a été l’un des plus légers, ou des plus abjects.
      Il s’est passé loin de France. Notons simplement ici :
      1. Que Louis-Ferdinand Céline est engagé volontaire des deux guerres, et médaillé militaire ;
      2. Que le seul livre qu’il ait publié durant l’Occupation, Guignols Band, est un récit fantastique ; que Céline n’a pas une seule fois écrit dans un journal, parlé à la radio, ni tenu une conférence.
      3. Qu’il n’a jamais été invité à se rendre en Allemagne ; qu’il n’a pas mis les pieds à l’ambassade ; qu’il n’a appartenu à aucun cercle, association ni parti collaborationniste ;
      4. Que tous ses romans, dès l’arrivée de Hitler au pouvoir, ont été interdits en Allemagne ; que ses mots sur Hitler : “Mage pour le Brandebourg”, et sur Abetz : “Emplâtre de vanité, clown pour cataclysme”, ont couru Paris.
      Cela dit, il faut reconnaître que Céline a montré, avant guerre, un grand dégoût de l’homme en général ; et des juifs en particulier : jusqu’à faire grief de leur sang israélite à Racine, à Louis XIV et même à Hitler ; jusqu’à envisager sans regrets la disparition de la race humaine. Mais, sauf erreur, il n’existe pas encore de loi qui punisse de tels crimes, dont les Cahiers ne songent pas à nier la gravité. »

      Cordialement.

      ps. J’ai omis d’ajouter tout à l’heure, que Céline détestait le (style) Voltaire.

      • Anonyme

        A l’autocensuré du surmoi qui voudrait nous faire gober que Céline sous l’Occupation ça a été le Silence de la mer :

        « Après la défaite et l’occupation de la France, Céline rédige un troisième pamphlet : Les beaux draps, où il dénonce non seulement les Juifs et les francs-maçons mais aussi la majorité des Français, soupçonnés de métissage. (...) L’écrivain adresse ensuite une quarantaine de lettres ouvertes publiées par les organes les plus virulents de la collaboration. Dans ces lettres il se présente comme le pape du racisme, déplore l’insuffisance de la répression contre les Juifs, les francs-maçons, les communistes et les gaullistes. »
        (Wikipedia)

        Que faire si malgré tous ses appels du pied, les autorités d’occupation comme celles de Vichy ont trouvé le personnage trop encombrant pour servir utilement la cause de la collaboration ?

         
        • Anonyme

          Autocensuré, parce que d’abord censuré pour des « bagatelles » - si j’ose dire - et pas par le surmoi, croyez m’en si vous le voulez bien ; -)

          Franchement, rouvrir la question des « pamphlets » (P.-L. Courier) ou la « question juive » (Marx) fait très XIXe siècle. Il faudrait être historien pour ne pas raconter trop d’histoires à ce sujet.
          Que voulez-vous que je vous dise ? Que Céline vouait les juifs à une haine multi-séculaire (lire le Bouc émissaire de Girard devrait remettre les pendules à l’heure) ? Qu’il délirait les races et la sienne ?
          Cet article de Wikipédia est sans doute intéressant, mais pour l’histoire - avec sa grande H comme disait le doux Perec -, et la complaisance aux pouvoirs sous l’Occupation, je m’en tiens au fameux livre de Paxton sur Vichy.

          Cordialement.

          • Anonyme

            Eh bien, justement, Paxton cite Les beaux draps comme l’un des « deux romans les plus virulents publiés sous l’occupation », avec Les Décombres de Lucien Rebatet : La France Vichy, 1940-1944, Seuil, 1973, p. 32.

            Cordialement.

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