Chez Corinne Lepage

Corinne Lepage : ancienne ministre de l'Environnement, je suis aujourd'hui avocate, présidente de Cap21 et présidente du CRII-GEN et députée au Parlement européen.

Nucléaire : nos dirigeants nous mettent en danger

Corinne Lepage
Présidente de Cap21
Publié le 08/05/2011 à 14h57


La France et l’Angleterre font pression pour s’opposer à ce que de véritables « stress tests » soient menés sur les centrales nucléaires à l’échelle européenne. Cela témoigne non pas d’une inconscience qui serait déjà fautive, mais bien d’une mise en danger délibérée des populations européennes.

En effet, le refus de réaliser de véritables « stress tests » permettant de voir le comportement de nos installations nucléaires en cas de crash d’avions, d’erreurs humaines et pas seulement de catastrophes naturelles, est bien la preuve de la connaissance parfaite qu’ils ont du résultat inéluctable de tels tests : une catastrophe.

Dès lors, plutôt que de choisir la sûreté et la protection des populations, c’est le risque délibéré qui est privilégié au bénéfice de l’industrie nucléaire. Ce comportement, à la fois irrationnel et criminel au sens propre du terme comme au sens figuré, a trois conséquences.

1

La responsabilité personnelle des politiques est engagée

Les ministres qui auront soutenu cette position porteront en cas d’accident le poids à titre personnel de ce choix et ce, d’autant plus que la directive sur l’application du droit de l’environnement par le droit pénal inclut le domaine nucléaire dans son champ d’application. En droit français, le délit de mise en danger délibéré d’autrui pourrait parfaitement être évoqué.

2

Un validation qui crée un précédent

La deuxième est de valider des « stress tests » qui seront aussi sérieux que ceux consécutifs à la crise du système bancaire. Sauf qu’ici, le risque n’est pas seulement économique. Il est aussi physique. Et contrairement aux assertions du président de la République, il ne s’agit pas de peurs moyenâgeuses et virtuelles mais bien contemporaines et réelles.

3

Vers une montée de l’euroscepticisme

La troisième enfin est de détruire encore davantage la confiance de nos concitoyens non seulement dans les technologies, mais surtout – et c’est le plus grave – dans leurs institutions et singulièrement les institutions européennes.

En effet, nos concitoyens ne sont pas stupides et comprennent parfaitement que les contrôles a minima faits de surcroît pas ceux-là même qui sont censés être contrôlés pour n’avoir pas envisagé convenablement la réalité des risques ne répondent pas aux enjeux. Ils perçoivent que leur sécurité est sacrifiée sur l’autel du développement nucléaire, malgré les propos lénifiants tenus sur l’impératif de sécurité.

C’est intolérable et ce d’autant plus que les rares peuples appelés à se prononcer sur le choix nucléaire ont toujours voté contre. Il ne faut donc pas s’étonner de la montée de l’euroscepticisme qui ne pourra que croître avec de tels choix.

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  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 17h34 le 08/05/2011
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Le dernier stress test, grandeur réel, qui à été réalisé sur une centrale nucléaire c’est celui de Tchernobyl. Je pense que les autorités européennes de sureté ne sont pas trop pressées de recommencer, mais bon, si les anti nucléaires insistent, peut être que ces autorités se pencheront sérieusement sur le problème et nous referont une brillante démonstration.

  • Docteur Ralph
    Docteur Ralph
    polymorphe
    • Posté à 18h13 le 08/05/2011
    • Internaute 92084
      polymorphe

    Et les « stress tests » seront menés par les opérateurs eux-mêmes... Alors là, on peut y aller les yeux fermés et les croire sur parole ! Tepco ne vantait-il pas l’extrême fiabilité de ses centrales avant Fukushima ?

    Un conducteur bourré qui veut prendre le volant assurera être tout à fait apte à conduire.

    La filière nucléaire reste et malheureusement restera l’un des secteurs les plus opaques de l’économie, un secteur porté par des lobbies surpuissants qui annihilent toute initiative politique positive en matière d’énergie nucléaire ou non.

    A ce propos, l’accident de Fukushima a été relégué dans les abîmes médiatiques, ne fait l’objet plus que de minuscules brèves alors que la situation sur place est toujours immensément dramatique puisque les fuites radioactives continuent et que l’exploitant ne sait que faire des milliers de tonnes d’eau radioactive accumulées afin de refroidir le réacteur. Après tout, ça finira à la Tchernobyl : une région en quarantaine pour des centaines d’années et un joli sarcophage tout neuf. La routine, quoi.

  • Humain
    • Posté à 18h31 le 08/05/2011
    • Internaute 21387

    Stress Tests pour les centrales ?

    Tout à fait d’accord.

    Mais je lis dans l’article que ces tests seront des « stress tests » qui seront aussi sérieux que ceux consécutifs à la crise du système bancaire ! !

    C’était quoi le tests du système bancaire ? Ils n’ont pas permis de découvir Madhof ! (Par exemple)

    Car dans ce cas cela revient à prendre la température du malade en ignorant le thermomètre.

    De plus que les hommes politiques Européen se préoccupent de notre santé est fort aimable.

    (C’est même carrément louche... Peut être y aurait-il un interet de leur part)

    Car lorsqu’il s’agissait de mettre de résultat du référendum en France en Hollande ou en Irlande, les politiques ne se posaient pas de questions !

    Quand aux écolos, il me semble que si l’on veut faire des tests sérieux, il convient de ne pas confier la tâche aux ecolos, qui sont plus préoccupés de politique que du bien être des leurs congènères...

    Des tests, oui... Diminuer, ralentir puis supprimer le nucléaire oui...

    Mais le nucléaire est un sujet trop dangereux pour être confié à des interets seulement politiques.
    Mettons y des Sociologues (et pas des politiques), des toubibs (et pas des labos) des ingénieurs (et pas des industriels) etc...

  • 978POIRES
    978POIRES
    grouillot
    • Posté à 18h55 le 08/05/2011
    • Internaute 65221
      grouillot

    Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage ....

    Chute d’un avion : quel type, quelle vitesse, au décollage ou à l’atterrissage, avec quel pilote(terroriste) ?

    Pour être sûr d’arrêter, autant vérifier aussi la résistance à la chute d’une météorite(si si c’est possible)

    Et pour les « erreurs humaines » jusqu’où les envisager ...jusqu’à la conclusion qu’une somme d’erreur très improbable est possible ? ? ? ?

    Si tous ces tests étaient passés haut la main vous seriez pour le nucléaire ? NON (il reste de choses à régler =>gestion des déchets ...). Tout le monde sait bien que les tests sont fais pour améliorer les choses mais sûrement pas pour décider d’arrêter le nucléaire.

    « C’est intolérable et ce d’autant plus que les rares peuples appelés à se prononcer sur le choix nucléaire ont toujours voté contre » => s’ils sont rares il est difficile dans faire un généralité... Quand au vote des peuples, si on avait voté il y a 30 ans on aurait encore la peine de mort ....

    La montée de l’euroscepticisme alimentée par le nucléaire ? ? ? S’il n’ y pas d’europe, il n’y a pas de tests européens, que des tests « nationaux » sans compte à rendre aux pays limitrophes, donc si les gens réfléchissent ils ne peuvent pas être contre l’europe pour cette raison.

    Il y a des élections dans un an, pour l’arrêt du nucléaire il semble qu’il n’y ait qu’un choix de possible .... vous savez pour qui voter !

  • pachin
    pachin
    Etudiant
    • Posté à 21h49 le 08/05/2011
    • Internaute 90632
      Etudiant

    Le refus de réaliser des tests de sécurité et l’intention de les faire boycotter au niveau européen sont impardonnables néanmoins il faut faire preuve d’un minimum d’esprit critique vis à vis de certains de ces examens. L’accident de Fukushima a fait naître un sentiment de vulnérabilité qui n’est pas injustifié mais qui doit être relativisé par le fait que les centrales japonaises sont loin de respecter les normes de sécurité française, elles n’étaient d’ailleurs pas suffisamment entretenu. C’est donc avant tout au niveau de l’entretien qu’il faut investir et du démentellement des plus vieilles centrales, un certains nombre de « stress test » n’ont pas lieu d’être car nos centrales sont construites en prévisions de divers catastrophes et dysfonctionnement aussi bien interne à la centrale qu’externe.

    A part ça vous semblez avancer que tous les peuples refusent le nucléaire, c’est complètement faux. Je n’aime pas le ton de cet article...

  • aurelienfr
    aurelienfr
    Sarko au cachot subito
    • Posté à 22h29 le 08/05/2011
    • Internaute 48716
      Sarko au cachot subito

    Extraits recopiés de la chronique de Jean-Luc Porquet du Canard enchaîné du mercredi 4 mai 2011.

    Depuis Fukushima, les pronucléaires - ainsi Sarkozy en visite mardi à Gravelines - vont partout répétant 4 arguments bidons. Voyons voir.
    (...)
    2. « Vouloir sortir du nucléaire après Fukushima, c’est comme vouloir interdire le transport aérien après un accident d’avion. »
    Sauf que... jamais les constructeurs d’avions n’ont prétendu que leurs joujoux étaient incassables. Tandis que les pro-nucléaires ont toujours voulu faire croire qu’ils avaient tout prévu, même le pire. Or ni Tchernobyl, ni Fukushima n’étaient prévus. Il ne s’agit pas là de simples accidents mais de catastrophes qui ont vitrifié des régions entières pour un siècle au minimum.
    A quand et où la prochaine ? Imaginez les effets d’un accident majeur à la centrale de Nogent, aux portes de Paris, et comparez avec le crash du Concorde...

    3. « Nos centrales peuvent résister même aux chutes d’avion. »
    Pourquoi alors la France vient-elle (sans succès) de faire des pieds et des mains pour que les tests de résistance à venir sur les 149 centrales européennes ne tiennent pas compte de ce risque ?
    Rappelons que l’antinucléaire Stéphane Lhomme a divulgué en 2006 un document « confidentiel-défense » d’EDF révélant que les futures centrales EPR ne seront pas plus que celles d’aujourd’hui, capables de résister à une attaque aérienne type 11-Septembre, et que, poursuivi en justice, il a bénéficié d’un non-lieu...

    4. « Sans le nucléaire, on s’éclairerait à la bougie. »
    L’Australie, l’Autriche, le Danemark, la Grèce, la Norvège, le Portugal, l’Italie se passent très bien du nucléaire (et l’Allemagne compte s’en passer bientôt) : on n’avait pas remarqué qu’y vivaient des peuplades primitives.
    Rappelons qu’à l’échelle mondiale le nucléaire ne représente que 15% de la consommation d’électricité et 2,5% seulement de la consommation totale d’énergie. Qu’à lui seul l’hydroélectrique fournit autant d’électricité que le nucléaire. Et que, selon les analystes de l’Agence internationale de l’énergie, d’ici à 2030 la part des énergies renouvelables dans la production mondiale d’électricité devrait être loin devant l’atome, avec 23%.

    L’énergie de l’avenir, c’est le renouvelable, pas le nucléaire...

  • ducmq
    ducmq
    étudiant
    • Posté à 23h21 le 08/05/2011
    • Internaute 152601
      étudiant

    Crash d’avion ... oula calmez vous. Je pense que déjà normalement c’est impossible qu’un avion s’écrase sur une centrale nucléaire à part attentat terroriste. Ensuite aucune centrale peut résister à quelque chose comme ça c’est comme çi vous faites exploser une bombe dans la centrale. Si il y a vraiment une telle situation sans aucun doûte (et malheureusement) il faut abattre l’avion avant qu’elle atteint la centrale, pas d’autre solution et je pense que les avions de chasses sont assez rapides pour réagir à une telle situation, pourquoi alors faire un tel teste si on sait de toute façon que quelque soit les mesures qu’on prend c’est impossible de protéger une centrale à la force destructive d’un tel impact.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 23h26 le 08/05/2011
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    « Nos dirigeants nous mettent en danger »
    Pour une fois je ne peux que souscrire avec les propos de C. Lepage
    Pour avoir un parc de centrales nucléaires qui donne toute satisfaction, il faut réunir 3 conditions incontournables
    1) Que EDF reste une société nationalisée afin que les dividendes versés aux actionnaires ne soient pas l’alpha et l’oméga du tableau de bord des dirigeants.
    2) Que les autorités de sureté soient entièrement indépendantes des autorités politiques et industrielles
    3) Que les contres pouvoirs de type « Greenpeace » , « sortir du nucléaire », ’CRII-RAD », « ACRO » puissent avoir des ressources et une reconnaissance suffisante pour exercer leur pression citoyenne.

  • Benkebab
    Benkebab
    Salarié du grand capital !
    • Posté à 09h18 le 09/05/2011
    • Internaute 87225
      Salarié du grand capital !

    « C’est intolérable et ce d’autant plus que les rares peuples appelés à se prononcer sur le choix nucléaire ont toujours voté contre. »
    Et doit-on rappeler que les peuples sont facilement influençables ?

    Les Italiens ont répondu non à un référendum sur le nucléaire en 87, juste 1 an après la catastrophe de Tchernobyl.

    Les Suédois ont dit non également en 79, juste après l’accident de Three Miles Island (un « mini Fukushima »).

    Demander au Français si ils souhaitent sortir du nucléaire 1 an après la catastrophe de Fukushima conduira à la même décision. Malheureusement, la production d’électricité dans notre pays est très centralisée, est fournie au trois quart par l’atome.

    Sortir du nucléaire, ce n’est pas une formule magique. C’est une reconversion énergétique d’envergure, qui se fera sur plusieurs décennies, qui nécessitera de choisir une énergie de base au potentiel énergétique et à la flexibilité suffisants pour couvrir nos besoins (pour l’instant seuls les énergies fossiles, le nucléaire et l’hydraulique ont cette capacité), en compléments d’efforts drastiques sur l’efficacité énergétique et les économie d’énergie.

  • Trexate
    Trexate
    De retour
    • Posté à 09h52 le 09/05/2011
    • Internaute 154356
      De retour

    De toute façon, à moins de balancer vraiment un A380 en piqué sur un réacteur, aucun « stress test » ne peut être vraiment sérieux.

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