Chez Corinne Lepage

Corinne Lepage : ancienne ministre de l'Environnement, je suis aujourd'hui avocate, présidente de Cap21 et présidente du CRII-GEN et députée au Parlement européen.

Nucléaire : les errements à risques du gouvernement sur Fessenheim

Corinne Lepage
Présidente de Cap21
Publié le 31/01/2013 à 16h41

Les décisions du président de la République de passer à 50% l’électricité d’origine nucléaire dans le bouquet énergétique en 2025 et de fermer Fessenheim avant la fin de son quinquennat se heurtent à une résistance du lobby nucléaire, qui est en passe de faire capoter l’une et l’autre de ces décisions.

La question de la réduction de la part du nucléaire dans le bouquet énergétique est visiblement, pour le conseil économique social et environnemental, dans l’avis qu’il vient de rendre, une option et non une décision. Qui plus est, rien n’est indiqué sur les voies et moyens à suivre pour y parvenir.

Mais le débat sur la transition énergétique ne fait que s’ouvrir, et on peut espérer qu’il permette de progresser pour changer la trajectoire qui a été décidée par l’industrie nucléaire, et qu’elle cherche à imposer non seulement au pouvoir politique mais aussi à toute la société française.

Mon inquiétude immédiate concerne la fermeture de Fessenheim. Je ne mets aucunement en cause la volonté du président de la République. En revanche, je mets en cause la stratégie mise en place par le ministère de l’Ecologie, qui est bien davantage celui de l’énergie que de l’écologie pour parvenir à ce résultat.

Pourquoi fermer Fessenheim et pas Le Blayais ou Gravelines ? Parce que c’est une centrale ancienne, sans double enceinte de confinement, située dans une zone sismique, soumise au double aléa du tremblement de terre et de l’inondation (puisqu’en contrebas du canal d’Alsace), avec un radier ridicule et qui multiplie les incidents.

Oui, la sécurité est la question

C’est une centrale considérée comme dangereuse par nos voisins, et ce d’autant plus que les règles de sûreté française sont hélas très inférieures aux règles allemandes. Le président de la République ne s’y était du reste pas trompé lors de la campagne en affirmant vouloir être le « président de la sécurité, de la sûreté ». Dans ces conditions, il ne pouvait pas conserver la centrale de Fessenheim.

Or, aujourd’hui, la ministre Delphine Batho refuse de lier sécurité et fermeture pour ne justifier cette décision que par un choix de politique énergétique. C’est absurde et dangereux. C’est absurde parce que c’est faux. Certes, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a prolongé pour dix ans la durée de vie de la centrale nucléaire de Fessenheim en exigeant un certain nombre de travaux.

Mais l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), depuis plus de dix ans, est très critique sur la situation de Fessenheim, et les travaux menés par les organismes scientifiques suisses et allemands démontrent un risque infiniment plus élevé que ce que l’ASN veut bien dire.

Or, si l’ASN est une autorité indépendante, c’est une autorité composée uniquement de partisans de l’énergie nucléaire, dont certains y ont fait toute leur carrière. Ils ne peuvent ni ne veulent se déjuger sur une centrale hors normes, sans autorisation de rejets chimiques, qui multiplie les incidents et dont la sécurisation est sans doute impossible et très certainement très coûteuse.

Le fait que la ministre de l’Ecologie assure qu’il n’y a aucun problème de sécurité lui fait tout d’abord prendre à titre personnel un risque juridique évident. Mais surtout, ce choix rend plus qu’aléatoire la fermeture de Fessenheim, à la fois pour des raisons juridiques et des raisons financières.

Le risque juridique de ne pouvoir fermer la centrale

Pour des raisons juridiques tout d’abord, le code de l’environnement a prévu qu’un décret en conseil d’Etat pouvait prononcer la fermeture définitive d’une centrale nucléaire lorsque les impératifs de sécurité l’exigeaient. C’est ce que demandent depuis six ans maintenant des collectivités publiques suisses, allemandes et françaises.

La ville de Strasbourg s’est elle-même prononcée dans ce sens. En dehors de ce cas, le code de l’environnement ne prévoit la fermeture d’une centrale nucléaire que sur la base d’un dossier de demande d’autorisation présentée par l’exploitant. Il faut donc obliger l’exploitant à déposer un tel dossier. S’il ne veut pas le faire, Mme Batho a précisé que la loi sur l’énergie prévoirait la fermeture de la centrale.

Ceci pose deux questions : d’une part le timing, car si le débat sur l’énergie s’achève en juin, il n’est pas certain que la loi puisse être votée avant la fin de l’année 2013. Ensuite, il faut obtenir d’EDF qu’elle dépose un dossier, l’instruire, le soumettre à enquête publique puis prendre la décision.

Il n’est pas du tout certain que tout ceci puisse être fait en deux ans, et on peut évidemment compter sur l’exploitant pour faire traîner les choses en longueur afin d’atteindre la date fatidique de l’élection présidentielle de 2017, et espérer qu’un président différent revienne sur cette décision.

D’autre part, ce montage est juridiquement fragile. S’il s’agit d’une loi, elle sera bien entendu soumise au Conseil constitutionnel, et dès lors qu’aucune règle de sécurité ne justifiera le choix de la fermeture de Fessenheim plutôt que celui d’une autre centrale, il conviendra de trouver une base juridique solide à ce choix plutôt qu’à un autre.

Ainsi, l’option prise par Mme Batho, pour défendre l’Autorité de sûreté nucléaire et justifier a posteriori le risque que constitue le maintien d’une centrale telle que Fessenheim, relève d’un risque juridique évident. On ne peut qu’espérer qu’il ait été mesuré !

Et si EDF était indemnisée ?

Pour des raisons financières ensuite. Le coût de la fermeture de Fessenheim, pour des motifs qui paraîtraient arbitraires en ce qui concerne le choix de cette centrale plutôt qu’une autre, risque d’être exorbitant.

EDF s’est en effet constitué une rente de 300 millions d’euros par an grâce à Fessenheim, qui continue à fonctionner en attendant, sans que les travaux ne soient réalisés – alors que l’ASN considère qu’ils sont indispensables à la sécurité – et sans qu’aucune autorisation de rejets chimiques ne soit délivrée parce qu’elle ne peut pas l’être. Mais cette situation qui constitue une infraction pénale caractérisée au regard de la loi sur l’eau ne paraît guère gêner l’Etat !

Pour Batho, Fessenheim est sûre

« La décision de fermer Fessenheim est une décision de transition énergétique. Si c’était une décision liée à un risque en matière de sûreté, elle aurait été prise par l’ASN et s’appliquerait immédiatement. »

(source : Le Monde)

La fermeture anticipée de la centrale cause donc un préjudice à EDF ainsi qu’aux trois autres entreprises associées à cette centrale avec EDF. Le coût financier de la fermeture risque donc d’être exorbitant, particulièrement en période de vaches extrêmement maigres sur le plan budgétaire.

Ainsi, le contribuable français serait-il sommé de mettre la main à la poche pour indemniser EDF, malgré les risques que fait courir cette centrale, risques qui justifient une fermeture sans aucune indemnité. L’Etat refuse de reconnaître cette situation et ne fait que protéger ceux qui ont fait le choix depuis plusieurs années de laisser fonctionner la centrale !

Et le bouquet est évidemment que cette centrale qui rapporte une rente de 300 millions d’euros a été payée par le contribuable, lequel ne touche évidemment aucun dividende de cet investissement mais va devoir payer en raison de la perte de cette rente ! Où est l’intérêt général dans tout cela, et où est le fonctionnement démocratique de notre société ?

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  • vieilanarfatigué
    vieilanarfatigué
    Changer le monde, c'est se (...)
    • Posté à 17h20 le 31/01/2013
    • Internaute 125168
      Changer le monde, c'est se (...)

    Nos gouvernants sont des irresponsables au même titre qu’EDF, qui ne mesurent pas la problématique sur l’échelle de temps adéquate en la matière, dépassant très largement leurs mandats, ni les intérêts financiers à long terme.
    Cette centrale a vieilli, devient dangereuse et cet emmerdement atomique peut se transformer en catastrophe du jour au lendemain si elle n’est pas démantelée . Les méthodes et les technologies à mettre en place restent à trouver et ça , il serait temps de se mettre sur les rangs pour capitaliser un savoir faire pouvant rapporter gros sur le moyen et le long terme et à l’international. Cette saleté de centrale pourrait servir à ça.
    De toute manière, sur le plan financier, ceux qui vont payer, ce sont toujours les mêmes et sur ce plan là, ce n’est pas la peine de tourner en rond, ce seront les clients d’ EDF.
    Mais non , on préfère merdoyer, tergiverser, tourner en rond, mentir et risquer plus que gros si une catastrophe arrive, sur le plan environnemental et de santé publique et toucher gravement 3 pays, plutôt que d’investir dans le très long terme de la déconstruction.Que l’on soit pro ou anti nucléaire importe peu,les faits sont là, cette cochonnerie existe, mais la réelle maitrise de cette filière ne passe-t-elle pas aussi par la capacité à remettre les lieux en place, qui est contenue dans la notion de développement durable par ailleurs inscrite dans la constitution ?
    Ceci dit, je doute de la capacité de Hollande à gérer cela,même s’il a affirmé le contraire, ça fait 6 mois que l’on parle du mariage gay qui touche quelques personnes et surtout des médias outranciers, alors imaginez un peu avec une centrale nucléaire ! Il faudra au moins 5 mandats pour en venir au bout.

  • Lionel06
    Lionel06
    Dessoucheur
    • Posté à 17h52 le 31/01/2013
    • Internaute 30683
      Dessoucheur

    Si ça continue, en 2020 le futur gouvernement accordera un report de 10 ans de plus.
    Et ainsi de suite...

    Jusqu’à quand ?

  • Druuna
    Druuna
    Prout
    • Posté à 18h12 le 31/01/2013
    • Internaute 195244
      Prout

    Quand il y a une grève aujourd’hui, plus personne ne s’en aperçoit.

    Grâce à la collaboration de la presse jaune...

  • Nobobo
    Nobobo
    Libre malgré la censure 89
    • Posté à 18h45 le 31/01/2013
    • Internaute 197594
      Libre malgré la censure 89

    Et revoilà Coco Lepage !

    Insubmersible égérie écologue chiraquiste (ou apparentée), donneuse de leçons émérite à tel point qu’elle devrait rapidement rejoindre la bonne gôgôche...

    Même topo, mêmes pleurnicheries...

    Bon voyage Coco !

    • PTrelawney
      PTrelawney répond à Nobobo
      Dans le brouillard
      • Posté à 19h18 le 31/01/2013
      • 178593
        Dans le brouillard

      Bonobo : Ou parler pour ne rien dire !

  • Seingalt
    Seingalt
    amateur professionnel
    • Posté à 19h02 le 31/01/2013
    • Internaute 166244
      amateur professionnel

    « EDF s’est en effet constitué une rente de 300 millions d’euros par an grâce à Fessenheim »
    « Ainsi, le contribuable français serait-il sommé de mettre la main à la poche pour indemniser EDF »

    Rappelons qu’EDF est détenu à 85% par l’Etat français. Donc les intérêts d’EDF et ceux du contribuable ne sont pas vraiment antagonistes.

    • LienRag
      LienRag répond à Seingalt
      • Posté à 00h56 le 01/02/2013
      • Internaute 34767

      Ou plus exactement ne sont antagonistes qu’à 15%...

      • Pas lolo
        Pas lolo répond à LienRag
        fasciné
        • Posté à 08h16 le 01/02/2013
        • Internaute 29635
          fasciné

        Pas tout à fait, puisque la CdC possède une bonne partie des dits 15%.

        Par contre, concernant Fessenheim, les suisses et les allemands sont de 30% dans l’affaire.

  • PTrelawney
    PTrelawney
    Dans le brouillard
    • Posté à 19h26 le 31/01/2013
    • 178593
      Dans le brouillard

    Comme le dit si bien Fleur Pellerin : « Le gouvernement entend “veiller” à ce que les propositions écologistes n’inscrivent dans le dur des choses qui correspondent à des peurs un peu irrationnelles, et qui consisteraient à donner un poids juridique à la dangerosité alors que cette dangerosité n’est pas scientifiquement étayée ».

    Vous voyez ca vaut pour tout, les ondes, le nucléaire, le médiator etc.

    • Do it yourself
      Do it yourself répond à PTrelawney
      Pote d'Ernest-Lucien
      • Posté à 20h20 le 31/01/2013
      • Internaute 195948
        Pote d'Ernest-Lucien

      On a toujours besoin d’une petite enquête parrainée par les lobbies pour justifier qu’il est urgent d’attendre.

  • Rivendell
    Rivendell
    Toléré par [censored] Guéant.
    • Posté à 19h28 le 31/01/2013
    • Internaute 102483
      Toléré par [censored] Guéant.

    « les règles de sûreté française sont hélas très inférieures aux règles allemandes. »

    Ah ouais ? On peut avoir des exemples ? Non parce que chez eux ils ont un seuil de libération des déchets radioactifs (en France c’est interdit), les travailleurs peuvent se prendre 20 mSv dans l’année (en France, or dérogation c’est 5), les femmes enceintes 2mSv (en France, c’est : pas de travail avec des matériaux radioactifs pour les femmes enceintes). Lien Je pense que je pourrais continuer longtemps...

    Et sinon, votre procès contre Marianne avec votre copain Séralini, il avance ?

    • Olbirion
      Olbirion répond à Rivendell
      Ingénieur
      • Posté à 19h47 le 31/01/2013
      • Internaute 63329
        Ingénieur

      En France c’est également 20 mSv/an pour les travailleurs exposés de catégorie A. Ca correspond à une recommandation de la CIPR suivie dans la plupart des pays (à la base c’est 50 mSv max par an + 100 mSv max sur 5 ans si je me souviens bien... la france a choisi de prendre 20/an pour faire plus simple).

      Pour les femmes enceintes la règle c’est surtout d’éviter tout travail à risque de contamination.

      • Rivendell
        Rivendell répond à Olbirion
        Toléré par [censored] Guéant.
        • Posté à 19h50 le 31/01/2013
        • Internaute 102483
          Toléré par [censored] Guéant.

        Oui mais la catégorie A reste assez rare, généralement, on est catégorie B, d’où mon « or dérogation ».

         
        • Olbirion
          Olbirion répond à Rivendell
          Ingénieur
          • Posté à 19h51 le 31/01/2013
          • Internaute 63329
            Ingénieur

          Je vais être taquin pour une fois que je ne suis pas d’accord avec vous : c’est 6 mSv la catégorie B ... et j’ai pas de chiffre mais j’aurai plutôt dit que les catégories A étaient majoritaires. Ça dépend fortement des exploitants il est vrai.

          • Rivendell
            Rivendell répond à Olbirion
            Toléré par [censored] Guéant.
            • Posté à 19h58 le 31/01/2013
            • Internaute 102483
              Toléré par [censored] Guéant.

            Ah ben si c’est 6, mea culpa moi. Peut être que le 5 que j’avais en tête est une « marge »... Sinon pour la proportion de travailleurs catégorie A / catégorie B, depuis quelques années il faut justifier de façon assez drastique l’utilité de la classification en catégorie A, leur nombre a du coup pas mal baissé. C’est pas tellement pour des mesures sanitaires, c’est surtout par soucis de com’ : certains ont vite fait de transformer la limite légale en « regardez, les travailleurs se prennent tant de Sievert par an ! », du coup, ils ont baissé la limite réglementaire.

            • Olbirion
              Olbirion répond à Rivendell
              Ingénieur
              • Posté à 20h03 le 31/01/2013
              • Internaute 63329
                Ingénieur

              Ah, com’, quand tu nous tiens !

        3 autres commentaires
      • Pas lolo
        Pas lolo répond à Olbirion
        fasciné
        • Posté à 08h32 le 01/02/2013
        • Internaute 29635
          fasciné

        De toute façon, je ne pense pas que la dame parle de radioprotection.
        J’ai comme l’impression qu’elle parle de l’architecture globale de l’ilot nuke.
        Un genre d’idée reçue éminemment discutable quand on connait les pratiques industrielles allemandes en conception.

  • Olbirion
    Olbirion
    Ingénieur
    • Posté à 21h41 le 31/01/2013
    • Internaute 63329
      Ingénieur

    « Double enceinte » : c’est le cas des 34 réacteurs de type 900 MWe, qui ont une seule enceinte... mais complétée par un revêtement d’étanchéité en métal que n’ont pas les centrales à double enceinte.
    -> c’est a peu près aussi sûr (et même plus étanche) qu’une double enceinte
    -> c’est pas du tout spécifique à Fessenheim

    « Située dans une zone sismique » : oui, mais :
    - d’un niveau limité (ce n’est pas le japon !) ;
    - c’est pris en compte dans le dimensionnement de l’installation.
    rm : le séisme au japon n’a pas eu d’effets significatifs directs sur la centrale, c’est le Tsunami qui a fait des dégâts

    « Soumise au double aléa du tremblement de terre et de l’inondation » : c’est toujours pris en compte dans le dimensionnement de Fessenheim... et des nombreuses autres centrales également soumises à un risque d’inondation.

    « Avec un radier ridicule » : des travaux vont commencer pour le rendre moins « ridicule »... travaux que contestent... les écologistes : -)

    « Et qui multiplie les incidents » : des incidents gravissimes comme ces agents aux doigts irrités par de l’eau oxygénée l’an dernier (vous aviez crié au loup à l’époque si ma mémoire est bonne...) ?
    Une centrale nucléaire est une installation industrielle de grande taille, qui doit gérer en permanence de petits aléas. Dans le nucléaire les aléas intéressants sont ouvertement déclarés aux autorités et au public. On peut trouver sur le site Internet de l’ASN tous les évènements significatifs de tous les réacteurs. Comparez Fessenheim aux autres réacteurs, il n’y a pas de différence notable dans le nombre ni, plus important, la gravité des évènements.

    « Les règles de sûreté française sont hélas très inférieures aux règles allemandes. » : Je serai curieux de voir d’où sort cet argument, compte-tenu notamment des passes-droits en matière de maintenance qu’ont obtenus les exploitants allemands en échange de leur bonne volonté sur l’arrêt de leurs réacteurs. Voir les conditions dans lesquelles les allemands entreposent leurs déchets : Lien

    « Delphine Batho refuse de lier sécurité et fermeture » : peut-être parce qu’il n’y a pas de lien justement ... il faut assumer une position politique sans la maquiller sous des raisons qui n’existent pas : -)

    « Mais l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), depuis plus de dix ans, est très critique sur la situation de Fessenheim, et les travaux menés par les organismes scientifiques suisses et allemands démontrent un risque infiniment plus élevé que ce que l’ASN veut bien dire. » :
    - vous pouvez préciser, je n’ai jamais rien vu de tel sortir de l’IRSN ?
    - quels organismes Suisses et Allemands ? Quelles études ? Quelles compétences d’expertise ? Sur quelles éléments ? Expertise sur le terrain ou à distance ?

    « L’ASN est une autorité indépendante, c’est une autorité composée uniquement de partisans de l’énergie nucléaire, dont certains y ont fait toute leur carrière : “uniquement”, carrément ? 456 agents et ils sont tous vendus au lobby nucléaire alors que presque aucun n’a travaillé pour un exploitant dans sa carrière ? Voir : Lien

    “Un décret en conseil d’Etat pouvait prononcer la fermeture définitive d’une centrale nucléaire lorsque les impératifs de sécurité l’exigeaient. C’est ce que demandent depuis six ans maintenant des collectivités publiques suisses, allemandes et françaises.” : justement, il faut que des impératifs de sûreté l’exigent. Hors l’ASN ne les a pas trouvé... mais ce sont des vendus à la cause nucléaire alors que vous, vous êtes neutre et jugez en toute impartialité de la sûreté du site de Fessenheim sans même avoir eu besoin d’y mettre les pied : -)

    Voici donc encore une belle tribune remplie d’attaque ad hominem à défaut d’arguments techniques (vous n’avez pas indiqué les référence d’une seule des études auxquelles vous vous référez... un record !). Après je comprends que vous soyez un peu amère en voyant venir une probable poursuite d’exploitation de Fessenheim ou, à défaut, une belle compensation d’EDF (augmentation du prix l’électricité ? autorisation pour un ou deux EPR de plus ?)

    • Falkenberg
      Falkenberg répond à Olbirion
      salarié
      • Posté à 23h24 le 31/01/2013
      • Internaute 95560
        salarié

      salut !
      vous dites : « rm : le séisme au japon n’a pas eu d’effets significatifs directs sur la centrale, c’est le Tsunami qui a fait des dégâts »
      problème : le résultat est le MÊME à la fin, ça explose, et ,ça, c’est pas bon...
      Les centrales REP ont toutes un défaut de naissance en terme de sûreté intrinsèque.

      • Olbirion
        Olbirion répond à Falkenberg
        Ingénieur
        • Posté à 00h45 le 01/02/2013
        • Internaute 63329
          Ingénieur

        Et c’est quoi ce défaut intrinsèque ?
        Je veux dire, à part ne pas plaire aux écologistes politiques ?

        En l’occurrence les réacteurs de Fukushima n’étaient même pas des REP !

      • Karg se
        Karg se répond à Falkenberg
        Ingénieur agronome vendu à une (...)
        • Posté à 10h24 le 01/02/2013
        • Internaute 9172
          Ingénieur agronome vendu à une (...)

        Le problème c’est de faire des centrales à combustible solide. Les REP français sont néanmoins plus solide que les REB, TMI l’a prouvé.

  • Karg se
    Karg se
    Ingénieur agronome vendu à une (...)
    • Posté à 23h02 le 31/01/2013
    • Internaute 9172
      Ingénieur agronome vendu à une (...)

    Mme Lepage, j’exige que vous prouviez que vous n’avez aucun intéret dans le gaz russe et le charbon allemand. Un tel acharnement à défendre le réchauffement climatique n’est pas seulement suspect, il est criminel.

    Ceci dit je soutiens totalement cette reculade de Hollande.

    • Pas lolo
      Pas lolo répond à Karg se
      fasciné
      • Posté à 11h56 le 02/02/2013
      • Internaute 29635
        fasciné

      Ben, la référence à Oettinger et à sa défense du gaz de schiste en dit quand même assez long sur sa profondeur de pensée.
      Avec un peu de bol, elle devrait nous resservir les états d’âme de Schroeder sur le nuke dans un prochain billet. Avec de Margerie ou Poutine en témoins de moralité.

  • Falkenberg
    Falkenberg
    salarié
    • Posté à 23h17 le 31/01/2013
    • Internaute 95560
      salarié

    Fessenheim doit être fermée au plus tôt.
    Les 58 réacteurs nucléaires produisant de l’électricité en France doivent être arrêtés dès que possible.
    La filière de production de l’électricité nucléaire par centrales à eau pressurisée (ou ses variantes équivalentes en terme de sécurité intrinsèque) n’est pas la bonne, et ça, depuis les années 50 environ...
    S’il est réellement nécessaire de produire de l’électricité d’origine nucléaire, il vaut mieux se tourner vers les réacteurs à sels fondus (MSR en anglais), mais PAS comme essayé à Creys-Malville, c’est à dire essayer SANS sodium ! .
    Et en prenant toutes les autres assurances en matière de sûreté, aussi...

    • Olbirion
      Olbirion répond à Falkenberg
      Ingénieur
      • Posté à 00h40 le 01/02/2013
      • Internaute 63329
        Ingénieur

      Je suis pas sur que madame Lepage partage la 2e partie de votre message. Vous allez peut-être trouver un ami en Karg par contre, j’ai cru comprendre qu’il était aussi un farouche amateur des réacteurs à sels fondus.

      Creys n’avait rien n’a voir avec un réacteur à sels fondus, je ne comprends pas votre parallèle.

      Je ne sais pas ce que pourrait donner un réacteur à sels fondus concrètement, mais j’ai quelques doutes sur sa maintenance en exploitation : les circuits contenant le combustible liquide seront extrêmement radioactifs (un peu comme les ateliers de la Hague) : les interventions pour maintenance risquent d’être un cauchemars, non ?

      • Karg se
        Karg se répond à Olbirion
        Ingénieur agronome vendu à une (...)
        • Posté à 10h23 le 01/02/2013
        • Internaute 9172
          Ingénieur agronome vendu à une (...)

        Non, on purge, le liquide reste dans le réacteur le reste du temps. Le liquide est traité en continu sur site, le débit est faible si on est en spectre rapide (un passage tout les 6 mois) les déchets sont mis en container sur site. Le liquide n’est jamais renouvelé, sauf pour remplacer le combustible qui manque et le sel perdu avec les déchets (forcément un peu). On peut imaginer le vitrifier sur place, en continu ou en batch. La stabilisation totale prend 300 ans max, on peut et doit l’assurer sur site.

    • Karg se
      Karg se répond à Falkenberg
      Ingénieur agronome vendu à une (...)
      • Posté à 10h17 le 01/02/2013
      • Internaute 9172
        Ingénieur agronome vendu à une (...)

      Les écologistes se contrefoutent du type de réacteur, leur ambition est le retour à l’âge de pierre.

      • Pas lolo
        Pas lolo répond à Karg se
        fasciné
        • Posté à 14h13 le 01/02/2013
        • Internaute 29635
          fasciné

        Avec quand même quelques airbus qui assurent la liaison Roissy-Maldives hebdomadaires pour la réalisation des rêves d’enfance.

      • Vkg30
        Vkg30 répond à Karg se
        Enragé
        • Posté à 09h02 le 02/02/2013
        • Internaute 74698
          Enragé

        Ce genre d’affirmation rend très difficile de prendre vos autres propos (toujours très abondants dès qu’il s’agit du nucléaire) au sérieux.

         
        • Pas lolo
          Pas lolo répond à Vkg30
          fasciné
          • Posté à 11h46 le 02/02/2013
          • Internaute 29635
            fasciné

          Oui. Quand le sage montre la lune, il vaut mieux qu’il se soit curé les ongles.

        1 autres commentaires
  • LienRag
    • Posté à 01h52 le 01/02/2013
    • Internaute 34767

    Le problème n’est-il pas que fermer une centrale reviendrait à ouvrir la boîte de Pandore des coûts du démantèlement des centrales en fin de vie, qui est totalement insoluble si j’ai bien compris ?

    • Karg se
      Karg se répond à LienRag
      Ingénieur agronome vendu à une (...)
      • Posté à 10h21 le 01/02/2013
      • Internaute 9172
        Ingénieur agronome vendu à une (...)

      Non, le problème c’est qu’un réacteur rapport en gros 500 millions d’euro par an et que ceux de Fessenheim peuvent continuer à fonctionner quelques années. A raison d’un milliard de cash par an, continuer 10 ans ça paye un EPR + le démontage.

      • Vkg30
        Vkg30 répond à Karg se
        Enragé
        • Posté à 09h03 le 02/02/2013
        • Internaute 74698
          Enragé

        Et si ça pète, ça sera la faute à pas de chance.

  • Pas lolo
    Pas lolo
    fasciné
    • Posté à 08h55 le 01/02/2013
    • Internaute 29635
      fasciné

    Ben, je crois que tout est dit.
    Il est regrettable que l’ASN soit indépendante du pouvoir politique parce que du coup on va devoir payer pour fermer une centrale sure. Alors qu’il aurait été si facile de décréter qu’elle n’était pas sure et de spolier les proprios.
    (Là, pour ce qui est d’inciter les investissements industriels en France, on a encore plus fort que la fiscalité).
    Pis, deuxième avantage avec une ASN qui fait ce qu’on lui dit, on peut constater qu’elle n’est pas indépendante et que donc la sureté n’est assurée dans aucun réacteur en France. Bingo. On peut fermer où on veut, un peu au pif et en fonction de l’humeur du moment.

    Bon, de toute façon tout ça ne mange pas de pain. Le scénario est connu.

    Le gouvernement demandera l’arrêt de Fessenheim courant Février 2017, après la vague de froid, et la centrale restera à l’arrêt jusqu’en juin (ben oui, le temps de passer les élections, petits canaillous). Sans décret de démantèlement, la bestiole sera maintenue en arrêt à froid et on verra bien si on la redémarre en Juillet ou en Août.
    Si Hollande n’est pas réélu, la question ne se posera même pas. Dans le cas contraire, ça fera une joli couleuvre en amuse gueule du deuxième mandat, pour les verts.

    PS : « Il n’est pas du tout certain que tout ceci puisse être fait en deux ans »
    Comme dit par l’ASN, c’est la procédure jumelle de celle qui mène au décret d’autorisation de création et ça prend en gros cinq ans (pas qu’en france, exemple récent en espagne, quatre ans). Donc, ses deux ans....
    Mais faut voir le bon coté des choses. Comment les écolos accueilleraient ils un chantier de démantèlement avec des études bâclées ?

    • Karg se
      Karg se répond à Pas lolo
      Ingénieur agronome vendu à une (...)
      • Posté à 10h20 le 01/02/2013
      • Internaute 9172
        Ingénieur agronome vendu à une (...)

      C’est effectivement de voir les écologistes rager parce que l’instrument qu’ils ont imposés sous PinPin se retourne maintenant contre eux. Si l’ASN dit qu’une centrale est bonne, il est très difficile pour un gouvernement de la fermer de force.

      • Pas lolo
        Pas lolo répond à Karg se
        fasciné
        • Posté à 13h35 le 01/02/2013
        • Internaute 29635
          fasciné

        Pour l’instant, j’en entend assez peu piailler des vélléités de ce gouvernement de fourguer des centrales nuke à l’arabie saoudite, polarisés comme ils sont à vouloir fermer une centrale sure, pour montrer leurs petits muscles.
        A moins que ce ne soit un ersatz de préparation H psychologique.

  • Corinne Lepage
    Corinne Lepage
    Présidente de Cap21
    • Posté à 19h13 le 01/02/2013
    • Internaute 50005
      Présidente de Cap21

    Je reprends les propos de Gunther Oetinger, Commissaire européen à l’énergie, que j’interrogeais sur les gaz de schiste, déclarant le 08 mars 2011 : « En réponse au député français de cette Assemblée qui a dit que leurs intérêts ne sont pas protégés, je dirais qu’en France, mon intérêt à voir des niveaux de sécurité nucléaire les plus élevés possible est bien plus grand que pour les tests de forage de gaz de schiste, du moins pour le moment. »

    La centrale de Fessenheim a subi quatre fois plus d’incidents que les autres centrales.

    Fessenheim a seulement une enceinte de confinement alors que d’autres en ont deux. Elle n’a pas de tours de refroidissement. Elle n’a pas d’autorisation de rejets chimiques dans l’eau sans doute en raison de l’impossibilité pour cette centrale de respecter les normes actuelles. Enfin, elle est exposée à un risque sismique sous-estimé lors de la construction de la centrale (7,2 et non 6,5 sur l’échelle de Richter) qui se cumule avec un risque d’inondation. Ce cumul n’a pas été évalué à l’origine et rien ne peut corriger ce vice initial.

    L’industrie nucléaire ne paye pas ses coûts réels. Elle a accès à un financement peu onéreux par la garantie de l’Etat, elle paye une assurance très limitée par rapport aux coûts du risque, elle profite sous-estimation du coût du démantèlement, elle capte d’une grande partie du financement de la recherche…

    Je considère que les arguments économiques et industriels vont dans cette la direction d’une métamorphose de notre palette énergétique à commencer par les économies d’énergies (à commencer par l’abandon du chauffage électrique). À dire vrai, le choix du tout nucléaire constitue désormais pour la France un handicap majeur sur la voie de la réindustrialisation et de la vie de nos territoires.

    Sur l’usage de la rente, si l’Etat est bien actionnaire d’EDF néanmoins les choix d’investissements d’EDF n’ont pas été, le moins que l’on puisse dire, très judicieux (ex : Constellation). De plus la rente sert aujourd’hui au développement international d’EDF au lieu de servir les intérêts de sécurité de nos concitoyens et les obligations en matière de gestion.

    • Pas lolo
      Pas lolo répond à Corinne Lepage
      fasciné
      • Posté à 11h39 le 02/02/2013
      • Internaute 29635
        fasciné

      « Gunther Oetinger, Commissaire européen à l’énergie“( avec deux t à Oettinger) fait son boulot. Il défend les intérêts de son pays. Qui sont, entre autres, que l’avantage comparatif des industriels français sur le coût de l’électricité s’efface.
      Ben oui, parce qu’il va bien falloir aussi faire payer la transition énergétique aux gros consommateurs en allemagne. Pas seulement du fait des ayatollahs de la concurrence à Bruxelles ( Oettinger est là pour calmer le jeu), mais bien parce que c’est le consommateur lambda trouve ça de moins en moins drôle.
      Food for thought.
      Ca serait quand même bête de perdre l’avantage de compétitivité qu’a procuré la paupérisation des gueux grâce à Hartz IV. L’industrie allemande ne laissera pas faire. Il est normal que Oettinger œuvre dans ce sens.

      On aimerait que nos députés européens, grassement payés par les contribuables français, soient un peu plus circonspects et un peu moins moteurs dans l’action de lobbying des industriels électro-intensifs allemands.

      Tiens. Et si Oettinger demandait à son successeur Kretschmann ( vert il est) au poste de président du Bade Wurtemberg, d’indiquer qu’il abandonne l’idée de réclamation en cas de fermeture administrative de Fessenheim ?
      Après tout, Enbw qui possède 15% des parts est propriété du Land à 100%.
      Faux culterie, me direz vous ?

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