Derriere le barreau

La justice vue de l'autre côté de la barre, par l'avocate Laure Heinich-Luijer.

Viols : cette violence faite à la parole des femmes

Publié le 22/11/2012 à 13h09

Il était temps qu’on parle des victimes de viol. Elles ont à dire sur la façon dont leur moralité est encore passée au crible en 2012. Elles qui doivent être sans tâche et sans reproche et qui passent la moitié du temps des procès à en justifier.

Le propos n’est pas ici d’adhérer à la « présomption de véracité » de la parole des femmes, récemment évoquée. Force est cependant de constater que les victimes de viol doivent encore systématiquement se défendre d’avoir provoqué ce qui leur est arrivé.

Il s’agit de s’interroger ici sur l’obligation pesant sur les plaignantes d’avoir à montrer pattes blanches et culottes propres, d’avoir à faire la preuve de leurs bonnes mœurs et de leur absence d’envie d’y toucher.

Ce faisant, le débat se déplace et la question n’est plus tant de savoir si l’agresseur a exercé une contrainte ou une violence pour parvenir à ses fins sexuelles mais bien de savoir si la victime a, par son comportement, pu lui laisser penser que le champ était libre.

Des auditions détaillant leur sexualité

La violence et la contrainte ne viennent alors plus que pigmenter (pimenter ?) une situation que la plaignante aurait permis d’installer par, au choix : ses jupes trop courtes, sa facilité à coucher, sa confiance et sa naïveté à suivre un agresseur qu’elle connaissait…

Témoignages : à lire aussi
Rue89 a publié plusieurs témoignages évoquant le viol. Sur la difficulté de parler et de prendre la décision de porter plainte. Mais aussi sur la (très) longue et complexe machine judiciaire qui s’enclenche quand une victime décide de briser le silence. Le premier témoignage a suscité de très nombreuses réactions, compilées dans une revue de commentaires : « Avant, pour moi, le viol c’était une ruelle sombre, un inconnu. » Rue89

C’est ainsi que le parcours d’une plaignante s’apparente à celui d’une combattante : plein d’embuches et sans gloire.

Elles sont d’abord entendues de façon musclée par les policiers sous couvert de tester leur crédibilité.

S’il est indispensable qu’elles détaillent l’agression, objet de leur accusation, pourquoi doivent-elles répondre sur leur sexualité passée, sur la périodicité de leurs menstruations, sur la date de leur première fois ?

Pourquoi n’y a-t-il pas un dossier de viol sans que soit abordée leur façon de s’habiller ? Pourquoi y a-t-il toujours autant d’auditions détaillant les habitudes de leur sexualité, et la sodomie madame, vous pratiquez ?

Elles sont 10% à déposer plainte. Et souvent, les plaintes sont classées.

Quand elles parviennent jusqu’au juge d’instruction, leur parole est un peu moins mise en doute. Mais ne pourrait-on pas douter sans maltraiter ?

Ensuite, le juge propose souvent une « correctionnalisation » c’est-à-dire que l’affaire soit jugée devant le tribunal correctionnel car la cour d’assises est trop chère pour les femmes. Si leur affaire n’est pas classée, la voilà donc déclassée.

A l’hôtel, Georges a violé Marine

Pour celles qui maintiennent leur plainte, elles peuvent se retrouver comme Marine, soumises à l’incompréhension d’un magistrat du parquet, dans une cour d’assises de la région parisienne. Un magistrat incapable d’imaginer d’autres vies que la sienne, une vie dans laquelle les filles peuvent se retrouver en danger sans pour autant avoir voulu coucher.

Marine avait 19 ans et vivait chez sa grand-mère, dans un petit appartement dans lequel elle ne pouvait pas inviter une amie, encore moins un amant. Depuis Sarkozy, le hall d’entrée aussi lui était interdit. Alors elle allait à l’hôtel avec ses potes, pour fumer, papoter comme d’autres vont au bistrot ou au café.

Sauf que cette fois là, à l’hôtel, son copain Georges pour qui elle était « une petite sœur » s’est transformé, l’a jetée sur le lit, violée, traînée sous la douche puis a recommencé.

Il a arraché les fils du téléphone quand elle a voulu appeler, a brisé une vitre pour l’impressionner, a cassé le rideau de douche en s’y prenant les pieds. Puis il s’est endormi. Ça fatigue de violer. Alors Marine est partie, en pleurs, a parlé au réceptionniste qui l’a vue terrorisée, a appelé son petit ami et a été au commissariat déposer une main courante.

Le lendemain, elle s’est présentée aux unités médico-judiciaires de l’hôpital : le médecin a constaté dix ecchymoses sur le haut du corps, soit des preuves d’agression. Il a noté aussi une irritation au niveau de la vulve.

« Pourquoi tu m’as fait ça ? »

Georges a été interpellé dix jours plus tard. Pendant ce temps là, eux qui s’appelaient tous les jours, ne se sont plus téléphoné, juste un sms :

« Pourquoi tu m’as fait ça ? »

Un sms sans retour. Les femmes n’ont jamais la réponse à cette question là : « pourquoi moi ? » S’ils savaient pourquoi, les hommes n’en seraient d’ailleurs pas arrivés là.

Georges, qui vient d’être acquitté d’un autre fait de viol dont il était accusé, a expliqué aux policiers avoir eu une relation sexuelle consentie avec Marine. Placé en détention provisoire, il a finalement été renvoyé devant la cour d’assises durant l’automne 2012.

Marine n’était pas tranquille en arrivant à l’audience. Les femmes violées ne sont plus jamais tranquilles, un œil devant, un œil derrière et pourtant plus un œil vivant. Ses avocates étaient plus confiantes : l’affaire de Marine ne se résume pas à « parole contre parole ».

Elle n’a pas mis des années à parler comme celles qui ont besoin de tellement de temps avant d’exposer à la justice leur corps massacré. Et puis, il n’y a pas que Marine qui parle pour elle. Son certificat médical est « parlant », la chambre d’hôtel parle comme la scène de crime qu’elle est, la téléphonie « parle » puisqu’ils ne se parlent plus, son état psychique, brutalement dégradé, parle aussi. On appelle ça des preuves.

Il suspecte Marine d’être une perverse

Cela n’a pourtant pas suffit à Monsieur l’avocat général. Il pense que Marine a consenti puis a regretté, a eu du mal à assumer et a déposé plainte pour se racheter. Il suspecte donc Marine d’être une perverse que personne d’autre n’aurait détectée.

Monsieur l’avocat général doute des femmes, de leur parole, de leur capacité de nuire si elles n’ont pas été aimées, de leur incapacité d’aimer pour une nuit seulement comme seul doit pouvoir le faire Don Juan

Il a requis l’acquittement et Marine s’est sentie démolie.

Rien ne permet de comprendre les motivations restées obscures de l’avocat général. La faute à l’aléa judiciaire diront certains. La faute, surtout, à ce qu’un représentant de la société se permette de mettre en cause la moralité d’une plaignante face à tant de preuves accumulées.

Affaire classée

Georges a été condamné. Evidemment. A dix ans. Marine a donc été entendue par la cour après avoir été maltraitée par celui qui représente la société. La société française en 2012 présuppose-t-elle que les femmes provoquent le crime et que les hommes ne puissent pas y résister ?

Ont-elles donc raison de déposer plainte ? Elles font bien. Pour nous, pour la société. Pour elles, c’est une autre histoire.

Quant à la société, plutôt que de s’interroger sur le regard qu’elle porte sur les victimes de viol, elle prend exemple sur l’institution judiciaire : elle consacre une journée à la violence faite aux femmes, chaque 25 novembre, et ensuite, « affaire classée ».

Article co-écrit avec Karine Bourdié, avocate au barreau de Paris.

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  • Mozra
    • Posté à 13h46 le 22/11/2012
    • Internaute 46006

    Pourquoi que des femmes violées et pas aussi des hommes dans le manifeste de Autain ? Même si ils sont moins nombreux (enfin quand même des milliers en France), ne me dites pas que sur 313 ils ne pouvaient pas trouver des hommes. C’est très offensant pour ces victimes, qui ne sont même pas prise en compte.
    Je trouve qu’en plus cela dessert votre cause d’aide aux victimes éminemment respectable.

    • DikéJu
      DikéJu répond à Mozra
      Dodue la Morue, entrepreneuse
      • Posté à 14h17 le 22/11/2012
      • Internaute 188622
        Dodue la Morue, entrepreneuse

      C’est effectivement très offensant pour les victimes de se voir réduites au silence. vous semblez donc d’accord avec l’auteure du blog et les 313.

      Et pour les hommes qui manquent à l’appel, qui vous empêche de le lancer cet appel ? Soyez du côté des victimes, pas des spectateurs-juges.

      • Mozra
        Mozra répond à DikéJu
        • Posté à 16h17 le 22/11/2012
        • Internaute 46006

        « Qui vous empêche de le lancer cet appel » j’ai justement déjà tenté de contacter l’auteure du manifeste des 313, j’attends sa réponse.

         
        • anini
          anini répond à Mozra
          terrienne de souche !
          • Posté à 18h35 le 22/11/2012
          • Internaute 51759
            terrienne de souche !

          Un encarté sur le nouvel obs semble dire que 5% des hommes avouent avoir été victimes de violences sexuelles !
          Il semblerait que le tabou soit encore plus présent pour eux !
          Une enquête dénombrait 8500 victimes en Grande Bretagne entre 2009 et 2011 .
          Plusieurs dizaines d’hommes ont répondu à l’appel de Clémentine Autain mais restent terrés dans la honte !
          J’ai souvenir d’un des fils de De Villiers accusant son frère de viol !
          Il a du retirer sa plainte .

        1 autres commentaires
    • dr-guzman
      dr-guzman répond à Mozra
      Glandologue praticien
      • Posté à 16h09 le 22/11/2012
      • Internaute 121364
        Glandologue praticien

      Surtout qu’en France les hommes et les femmes sont sensés etre égaux !

    • Karavi
      Karavi répond à Mozra
      obsolescence programmée ((
      • Posté à 16h45 le 22/11/2012
      • Internaute 113192
        obsolescence programmée ((

      L’auteur ici a fait un article sur les femmes ayant subi des viols.

      Mais d’autres articles, ailleurs parlent aussi des hommes victimes de viol. Je crois que les problèmes décrits ici (attitude des autorités policières et judiciaires envers la victime), existent pour les deux sexes.

      clic
      On apprend que sur les viols déclarés, approximativement 7% des victimes sont des hommes, et que ceux-ci ont été commis à 98% par des hommes...

      Et clac

      • lambertine
        lambertine répond à Karavi
        Nulle part... ou ailleurs
        • Posté à 17h06 le 22/11/2012
        • Internaute 91509
          Nulle part... ou ailleurs

        Non. L’auteur a fait un article sur UNE femme victime de viol, et dont le violeur a été condamné à dix ans de prison ferme.

      • framboazz
        framboazz répond à Karavi
        artiste peintre
        • Posté à 17h54 le 22/11/2012
        • Internaute 56226
          artiste peintre

        l’article parle d’une femme victime de viol qui doit justifier de son intégrité morale ... du doute en somme. Un homme victime de viol, quand il ose en parler, n’est pas mis sur le banc des accusés par la société. personne ne dit qu’il l’a cherché, qu’il a provoqué, qu’il ment pour être célèbre, se venger ou gagner de l’argent.

         
        • lambertine
          lambertine répond à framboazz
          Nulle part... ou ailleurs
          • Posté à 18h01 le 22/11/2012
          • Internaute 91509
            Nulle part... ou ailleurs

          Pardon ? ? ? ? ?
          (Un homme victime de viol se fait rire au nez et traiter de « pédé », mais bon...)

          Sinon, non, l’article ne parle pas d’une femme « victime de viol et devant justifier de son intégrité morale ». L’article parle d’une femme qui a été crue par tout le monde, sauf par l’avocat général, et dont l’agresseur a pris dix ans de prison.

        1 autres commentaires
  • Racaille la Rouge
    • Posté à 13h28 le 22/11/2012
    • 174747
      zig-zag

    Tout est un scandale,devoir répeter indéfiniment le récit de l’agression pendant des années et au tribunal avec public,supporter l’agressivité des juges,porter plainte et ce retrouver avec un voisin ,un familier que l’on va croiser tous les jours pendant des années(5 ans ,10 ans pour un procés))considérer comme innocent jusqu’au procés et re-innocent si il fait appel méme si il a été condamné.J’ai a la TV(doc. tv5) vu une plaignante traité de s.... au tribunal aprés condamnation par la famille du condamné....en toute impunité.Les lois changeront quant elles ne seront plus faites par des possédants,blancs et masculins.

    • Pivar
      Pivar répond à Racaille la Rouge
      Pyropygiste
      • Posté à 15h08 le 22/11/2012
      • Internaute 160918
        Pyropygiste

      « Les lois changeront quant elles ne seront plus faites par des possédants,blancs et masculins. »

      Vivement les lois faites par des possédées. Noires si possible.

    • anini
      anini répond à Racaille la Rouge
      terrienne de souche !
      • Posté à 18h41 le 22/11/2012
      • Internaute 51759
        terrienne de souche !

      C’est bien ce qui s’est passé au procès de Créteil où les accusés ont traité de grosse vache la plaignante !

      • lambertine
        lambertine répond à anini
        Nulle part... ou ailleurs
        • Posté à 19h15 le 22/11/2012
        • Internaute 91509
          Nulle part... ou ailleurs

        Et selon un des jurés témoignant chez Eolas, la Présidente l’a remis à sa place.

  • Vivre libre ou mourir
    Vivre libre ou mourir
    Europe ? SALOPE !
    • Posté à 13h50 le 22/11/2012
    • 182797
      Europe ? SALOPE !

    « Elles sont d’abord entendues de façon musclée par les policiers sous couvert de tester leur crédibilité. »

    Je met le viol au même niveau que le meurtre mais la nature humaine ayant été rendue vénale par la société de consommation, certaines personnes se mettent à consommer de l’humain comme ils consomment leur dernier I-phone, aussi je connais de nombreux exemples de femmes afin de faire cracher plus leurs maris, accusant faussement leurs conjoints de brutalité ou de pédophilie. Maintenant on connaît aussi la connerie profonde de nombreux flics...

    Il serait temps surtout d’éduquer socialement les gens, à savoir qu’ils apprennent enfin à communiquer entre eux, puisque notre oligarchie passe son temps à essayer de nous séparer les uns des autres et pas qu’au travers des réseauxsociaux hein......

    • DikéJu
      DikéJu répond à Vivre libre ou mourir
      Dodue la Morue, entrepreneuse
      • Posté à 14h11 le 22/11/2012
      • Internaute 188622
        Dodue la Morue, entrepreneuse

      oui bien-sûr, si on n’écoute pas la parole des victimes de viol, c’est parce qu’elles ne savent pas communiquer.
      Bref, c’est toujours de leur faute, c’est ça ?

      • Vivre libre ou mourir
        Vivre libre ou mourir répond à DikéJu
        Europe ? SALOPE !
        • Posté à 14h30 le 22/11/2012
        • 182797
          Europe ? SALOPE !

        absolument pas !

      • Atila59
        Atila59 répond à DikéJu
        Néophyte
        • Posté à 15h18 le 22/11/2012
        • Internaute 167942
          Néophyte

        Ce n’est pas du tout ce qu’il a dit

        il dit simplement que le monde serait merveilleux si les gens pouvaient s’exprimer sans crainte de représailles, sans peur, sans haine
        Que se serait magnifique si l’on ne nous mettait pas les gens les uns contre les autres ou que lémédia* ne participait pas à ce que les politiques (UMP en générale mais pas seulement) nous mettent les uns contre les autres.

        (*)Pour ceux pour qui les fautes d’orthographes révulsent :
        il ne s’agit pas d’une faute d’orthographe, « lémédia » a été inventé sur @si pour montrer le caractère habituel des médias à traiter des mêmes choses au même moment et de la même manière

      • lambertine
        lambertine répond à DikéJu
        Nulle part... ou ailleurs
        • Posté à 19h49 le 22/11/2012
        • Internaute 91509
          Nulle part... ou ailleurs

        Ben, parfois, oui. Ce n’est pas valable seulement pour les victimes de viol. Tout procès, particulièrement d’assises, est affaire de communication, pour les accusés comme pour les plaignants. L’avocat est aussi là pour remédier à ça. Il n’y parvient pas toujours...

         
        • MIKY STOUFFS
          MIKY STOUFFS répond à lambertine
          médecin U.E.
          • Posté à 01h02 le 23/11/2012
          • Internaute 170502
            médecin U.E.

          Le plus inquiétant, c’est l’attitude l’avocat général demandant la relaxe avec un jury qui condamne ! Pourquoi ne pas donner le nom de cet avocat général ? Ça pourrait rendre service, non ?

        1 autres commentaires
    • bibimbap
      bibimbap répond à Vivre libre ou mourir
      en travaux
      • Posté à 19h08 le 22/11/2012
      • Internaute 86441
        en travaux

      « Je met le viol au même niveau que le meurtre »

      Pouvez vous m’expliquer pourquoi ?

  • Super Panda
    Super Panda
    Echappé du zoo.
    • Posté à 13h53 le 22/11/2012
    • Internaute 153137
      Echappé du zoo.

    Au final votre exemple me semble douteux vu que George a bien été condamné. Qu’il existe des avocats généraux incompétents / sexistes / cruels / aveugles / etc. sûrement, mais de là à en tirer des conclusions générales ( on dirait du raisonnement Sarkozien, désolé de vous le dire ) ...

    « Monsieur l’avocat général doute des femmes, de leur parole [...] »
    Vous préfèreriez : « Monsieur l’avocat général ne doute jamais des femmes, de leur parole [...] » ?

    L’équilibre est difficile entre le besoin de reconstruction d’une victime ( qui passe de préférence par une condamnation du violeur ) et le droit à un procès équitable ou le doute bénéficie à l’accusé. Attention à un débordement d’empathie qui nous éloigne de la justice.

    Maintenant contrairement à vous je ne suis pas expert dans ces procédures, si il y a des choses à améliorer ( c’est certain ) il faut militer pour, mais toujours en gardant en tête que la justice est une balance à ne pas trop déséquilibrer.

    • Atila59
      Atila59 répond à Super Panda
      Néophyte
      • Posté à 15h15 le 22/11/2012
      • Internaute 167942
        Néophyte

      Effectivement, il ne faut pas confondre justice et vengeance
      Pour Maitre Moretti, la justice n’est pas là pour reconnaitre à quelqu’un un statut de victime et tant mieux car cela pourrai porter atteinte à la reconstruction de la personne.

      De plus, je pense à croire que même pour le viol, il faut être vraiment déséquilibré pour en arrivé là, et que là aussi, il est besoin de reconstruire cette personne malade.

      Plus que la justice, à mon sens se sont les méthodes d’incarcérations, la prison et la vie dans les prisons françaises qu’il faudrait revoir pour que la personne qui a violé, en sortant de prison, deviennent une personne guérie qui ne violera plus.

      Mise à part des trucs du style « camisole chimique » il n’y a rien qu permet à la personne d’être soigné par des psychologues, psychiatres etc... rien pour reconstruire la personne et un univers qui est loin de permettre à une personne de se reconstruire, de changer.

      Voici un billet de Maitre Éolas qui compare le droit et les prisons françaises à ceux norvégiennes.

    • anini
      anini répond à Super Panda
      terrienne de souche !
      • Posté à 18h56 le 22/11/2012
      • Internaute 51759
        terrienne de souche !

      « Monsieur l’avocat général ne doute jamais des femmes, de leur parole [...] »
      Et bien dites donc !
      L’enquète révèle que 75000 femmes et autant d’enfants sont violés chaque année , que 10%seulement porte plainte et que sur ce chiffre 1% obtiennent reconnaissance de leur plainte !
      Faites le compte et dites moi si l’avocat général reconnait ou non l’existence de ce fléau !
      On est des sacrées menteuses nous autres n’est ce pas ?
      Si je compte bien , sur 75000, 7500 osent porter plainte et 75 sont crues sur parole !
      Et je ne compte pas celles qui ont peur , qui ont honte , qui savent d’avance qu’on ne les entendra pas , qu’on leur conseillera de laisser tomber .

      • lambertine
        lambertine répond à anini
        Nulle part... ou ailleurs
        • Posté à 19h13 le 22/11/2012
        • Internaute 91509
          Nulle part... ou ailleurs

        Mais est-ce qu’on pourrait arrêter avec ces chiffres ? A peu près 15% des plaintes pour viol aboutissent à une condamnation aux assises, et 50% des plaintes pour viol et agression sexuelle confondues aboutissent à une condamnation tout court. Comparez les chiffres du ministère de l’Intérieur et ceux du Ministère de la Justice (11000 condamnations pour 22000 plaintes). Alors, il y a sans doute trop de correctionnalisations, et les condamnations sont peut être trop peu sévères, mais prétendre que seuls 1% des plaintes aboutissent, c’est faux.

        Et pardonnez-moi d’être un peu brutale, mais comment voulez-vous qu’il y ait condamnation s’il n’y a pas plainte ? La police et la justice ne peuvent pas sucer de leur pouce les agressions sexuelles dont on ne leur fait pas part. On n’est pas dans un film de science-fiction, mais dans la vraie vie. Donc, sauf flagrant délit, le seul moyen de voir son agresseur puni, c’est de porter plainte. Tout de suite.

      • Super Panda
        Super Panda répond à anini
        Echappé du zoo.
        • Posté à 08h25 le 23/11/2012
        • Internaute 153137
          Echappé du zoo.

        « On est des sacrées menteuses nous autres n’est ce pas ? “

        Cessez donc les postures, je ne fais rien d’autre que rappeler que si on doit écouter la parole des victimes on ne doit pas la sacraliser pour autant, sinon la justice dérape.

        La justice sera toujours obligé de vérifier, revérifier et mettre en contradiction le témoignage. C’est du bon sens et je doute que vous ne me suiviez pas là-dessus. Après il y a la manière qui est probablement à revoir, le tact et la délicatesse ne sont pas des tares.

         
        • anini
          anini répond à Super Panda
          terrienne de souche !
          • Posté à 09h13 le 23/11/2012
          • Internaute 51759
            terrienne de souche !

          Je suis totalement de votre avis concernant le travail de la justice ,encore qu’elle ne touche qu’une infime partie des plaignants .
          Cependant , concernant les violences sexuelles et physiques , il serait tout de même nécessaire que les hommes cessent d’être dans le déni et ne prennent pas en compte les chiffres donnés par le ministère .

          En deux ans, plus de 200.000 femmes adultes déclarent avoir été victimes de violences sexuelles en dehors du ménage. Sur la même période, plus de 500.00 femmes adultes se déclarent victimes de violences physiques ou sexuelles au sein du ménage. Une femme sur 7 se sent en insécurité dans son quartier. Une femme sur 10 ne se sent pas toujours en sécurité dans son propre domicile.

          Ces chiffres en disent long sur la réalité de ces violences. Elles sont massives. Elles ne sont pas un problème d’ordre privé. Elles sont le symptôme terrible d’une société où perdurent les comportements sexistes. Et surtout, elles sont le plus souvent commises à la maison, par ceux qui partagent la vie de la victime. Elles sont commises dans l’intimité, là où la puissance publique n’a pas l’habitude d’entrer. Mais l’intimité ne doit pas rimer avec l’impunité.

          Les taux de plainte sont tels que l’on peut dire qu’une femme sur 10 seulement dépose plainte après avoir été victime de violences. La moitié des femmes qui poussent la porte d’un commissariat pour des violences conjugales ne portent finalement pas plainte. Et les désistements en cours de procédure sont nombreux.

        1 autres commentaires
  • curieux22
    curieux22
    dernière marche avant le saut
    • Posté à 13h56 le 22/11/2012
    • Internaute 192553
      dernière marche avant le saut

    Quand l’auteur écrit sans « tâche » veut-elle parler d’une femme au foyer ou, par l’ajout erroné d’un accent circonflexe d’une femme pure ? ? ?

  • DiaboloSatanas
    DiaboloSatanas
    Fou du volant
    • Posté à 14h22 le 22/11/2012
    • Internaute 79165
      Fou du volant

    « Il était temps qu’on parle des victimes de viol »

    Ha bon ? Ça fait jamais qu’une trentaines d’années qu’on en parle régulièrement, et que nous les mecs de 7 a 77 ans sommes absolument tous considérés comme des violeurs potentiels, quand ce n’est pas violeurs pédophiles, alors que nous ne sommes pas du tout dans la cible des campagnes de communication. C’est un peu énervant même si n’est en rien comparable a la gravité d’un viol et la plupart d’entre nous bien qu’agacés en sommes évidement tout a fait persuadés et conscients (sauf les violeurs qui s’en foutent complétement) car notre maman nous a appris a ne pas taper sur les petites filles, même les énervantes et les menteuses (qui ne constituent pas non plus la majorité du genre) .

    • The Lone Dalek
      The Lone Dalek répond à DiaboloSatanas
      extraterrestre
      • Posté à 18h24 le 22/11/2012
      • Internaute 187899
        extraterrestre

      Vous en rajoutez un peu, Diabolo ; -) Je vois ou vous voulez en venir, mais je vous assure qu’il y a des tas d’hommes qui ne se sentent pas du tout « montré du doigt » par ce genre de campagne.
      Il semble qu’il y ait une paranoia chez certains hommes, la peur de tomber sur une « menteuse comploteuse » ! C’est peut-étre un peu plus discutable aux States, ou semble-t-il il y a eu des cas vraiment problèmatiques, mais en France, ça me semble quand même dommage de tout abandonner à cette peur quelque peu irrationnelle, et d’en venir à quasiment oublier ou nier les vraies victimes...(ce qui je pense n’est pas votre cas, hein)

      • Lucius Sergius
        Lucius Sergius répond à The Lone Dalek
        Citoyen
        • Posté à 19h40 le 22/11/2012
        • Internaute 28239
          Citoyen

        Remember Myriam Badaoui... Et encore : dans un sursaut elle a tout de même avoué avoir menti, sinon un paquet d’innocents croupiraient toujours en prison. Pensez à d’autres moins médiatiques (surtout avec une certaine mode de la dénonciation rockn’roll après le premier procès). Et peut-être d’autres cas non détectés et bien assez habiles pour aller jusqu’au bout de leurs mensonges et les imposer.
        Le viol est un truc vraiment dégueulasse, mais la fausse accusation peut aussi facilement mener un innocent au suicide. Inhumanité potentielle contre inhumanité potentielle, normal que le justice se méfie un minimum. Quand le mal est fait dans un sens comme dans l’autre, il ne faut malheureusement pas s’étonner que ça détruise ceux qui sont de bonne foi : la femme dont la vie est exposée comme celle d’un animal de foire après qu’elle ait subi un crime, qu’on fait passer pour une menteuse ; l’innocent mis au ban de la société comme une bête monstrueuse, le dernier des derniers rebuts, quand il n’a parfois absolument aucun moyen de prouver qu’il n’a rien à se reprocher.

        Dans le procès dont il est question le procureur a peut-être pédalé dans la semoule dans le doute, mais le procès s’est déroulé et la justice, l’ensemble dont fait partie ce procureur, a quand même bien fait son job, non ?

         
        • The Lone Dalek
          The Lone Dalek répond à Lucius Sergius
          extraterrestre
          • Posté à 19h59 le 22/11/2012
          • Internaute 187899
            extraterrestre

          Vous exprimez tout cela de façon claire et dépassionné, ce qui permet d’apprécier vos arguments.
          Je m’oppose uniquement à ceux qui ramenent ces cas de « fausse accusations » tellement systèmatiquement et grossierement qu’on en viendrait presque a se demander si eux-mêmes ont la conscience tranquille (bon là c’est un peu de l’humour noir j’admet, mais vous voyez l’idée).
          Il y a parfois des mensonges aux conséquences tragiques, mais au moment même ou est publié un manifeste sur le viol, cherchant à bien faire comprendre a tout un chacun cet acte abominable, je pense qu’il ne faut pas trop focaliser sur ces « dérives » qui peuvent certes étre absolument tragiques, mais qui ne constituent pas le fond du débat.

        1 autres commentaires
    • anini
      anini répond à DiaboloSatanas
      terrienne de souche !
      • Posté à 19h01 le 22/11/2012
      • Internaute 51759
        terrienne de souche !

      Ta maman t’a appris à ne pas taper les filles , même les pas gentilles ? ......

      • DiaboloSatanas
        DiaboloSatanas répond à anini
        Fou du volant
        • Posté à 20h19 le 22/11/2012
        • Internaute 79165
          Fou du volant

        Ben ouais .
        Et des fois c’est dur : -)

      • dratuor
        dratuor répond à anini
        (ingénieur)
        • Posté à 12h16 le 23/11/2012
        • Internaute 138708
          (ingénieur)

        On ne tappe pas une fille, même avec un pot de fleurs !

    • MIKY STOUFFS
      MIKY STOUFFS répond à DiaboloSatanas
      médecin U.E.
      • Posté à 01h09 le 23/11/2012
      • Internaute 170502
        médecin U.E.

      tirer les cheveux, on peut ?

  • The Albatross
    The Albatross
    Etudiant
    • Posté à 14h17 le 22/11/2012
    • 185697
      Etudiant

    Déjà qu’il semble falloir vous rappeler que les victimes des viols sont aussi des hommes, un passage m’a fortement interpellé :

    « Monsieur l’avocat général doute des femmes, de leur parole, de leur capacité de nuire si elles n’ont pas été aimées, de leur incapacité d’aimer pour une nuit seulement comme seul doit pouvoir le faire Don Juan »

    Madame l’avocate, je vous présente le miroir inversé de votre paragraphe fruit d’une haine crasse des hommes.

    « Madame la juge doute des hommes, de leur parole, de leur capacité à ne pas nuire à leur enfant, de leur capacité d’élever un enfant seul le temps qu’il grandisse comme seul doit pouvoir le faire une mère.

    Elle requiert la garde pour la mère et le père s’est senti démolie (...) La mère a reçu la garde de l’enfant. Évidemment. »

    Eh oui, vous savez sans doute mieux que moi que lors d’un divorce, la violence faite à la parole des hommes est tout aussi perfide. Ils sont parfois salis par des accusations d’attouchement sexuels sur leurs enfants par leurs épouses dont la parole subie une très faible remise en cause. Ainsi, ils sont salis en public et eux contrairement aux victimes de viol, ils sont la plupart du temps perdant en ce qui concerne la garde des enfants ; un verdict prononcé par Madame la juge car dans ce genre d’affaires, les juges sont généralement des femmes.

    En connaissance de tous ces éléments, j’estime que le paragraphe qui j’ai cité est proprement abject et scandaleux.

    • DiaboloSatanas
      DiaboloSatanas répond à The Albatross
      Fou du volant
      • Posté à 14h25 le 22/11/2012
      • Internaute 79165
        Fou du volant

      Haine crasse des hommes , qu’est ce que vous en savez ?

    • miakhi
      miakhi répond à The Albatross
      ni frigide ni barjot
      • Posté à 15h16 le 22/11/2012
      • Internaute 168781
        ni frigide ni barjot

      Mettre sur le même plan un viol et une garde d’enfant.
      Belle argumentation qui me fait désespérer que la cause des violé(e)s progresse en France.

      Beaufs de tous pays, réjouissez-vous : la beaufitude a encore de beaux jours devant elle !

      • lambertine
        lambertine répond à miakhi
        Nulle part... ou ailleurs
        • Posté à 16h59 le 22/11/2012
        • Internaute 91509
          Nulle part... ou ailleurs

        La perte d’une garde d’enfants peut être plus traumatisante qu’un viol.

        J’aurais préféré être violée dix fois que de perdre la garde de mes gosses.

         
        • miakhi
          miakhi répond à lambertine
          ni frigide ni barjot
          • Posté à 18h00 le 22/11/2012
          • Internaute 168781
            ni frigide ni barjot

          « J’aurais préféré être violée dix fois que de perdre la garde de mes gosses. »
          Je connais deux femmes violées. J’en ai rencontré plusieurs.
          L’une des deux femmes n’avait pas d’enfants, l’autre en avait un. Elle a été tellement dévastée par ce qui lui est arrivée que les grands parents ont pris le relais pendant 18 mois.
          Votre avis sur la question me paraît péremptoire.

          • lambertine
            lambertine répond à miakhi
            Nulle part... ou ailleurs
            • Posté à 18h03 le 22/11/2012
            • Internaute 91509
              Nulle part... ou ailleurs

            Mon avis est celui d’une femme violée qui a failli perdre la garde de ses enfants. A bon entendeur...

            • miakhi
              miakhi répond à lambertine
              ni frigide ni barjot
              • Posté à 18h14 le 22/11/2012
              • Internaute 168781
                ni frigide ni barjot

              Je suis navré de l’apprendre. Vraiment.

              Mais cela ne vous donne pas la légitimité de généraliser votre réaction à toutes les femmes violées.
              Cela ne vous donne pas non plus un savoir sur ce qu’un homme ressent quand on lui retire ses enfants. Là aussi, une diversité de réactions est de situations est à envisager comme étant le plus réaliste.

        3 autres commentaires
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