Les dessous de l'assiette

Ce blog, c'est un peu ma croisade pour une bouffe saine et un "marketing honnête" (si ça existe). Je décortique des étiquettes de produits alimentaires, Je gratte le discours marketing, je passe des labels à la moulinette, je ponce des recommandations nutritionnelles.

Régimes anti-cancer : plutôt Khayat ou Servan-Schreiber ?

Colette Roos
Journaliste
Publié le 24/05/2010 à 17h17


Foie gras ou saumon cru ? Les experts ne sont pas vraiment d’accord sur ce qu’il faut manger pour échapper au cancer. Personnellement, j’avais trouvé une solution assez satisfaisante pour rester dans les clous plantés par David Servan-Schreiber d’une part, et ceux posés par David Khayat de l’autre : les suivre un jour sur deux.

Le premier, psychiatre, vient de sortir la troisième édition de son « Anticancer » (Robert Laffont) et délivre ses recommandations sur le site Guérir.org. Le second, cancérologue de renom, a fait un tabac ces dernières semaines dans les médias à l’occasion de la sortie de son opus « Le vrai régime anti-cancer » (Odile Jacob).

Face à ce tourbillon de conseils péremptoires, voici mon régime. Si je l’avais vraiment suivi, j’aurais rapidement terminé schizophrène. Au moins cette solution avait-elle le mérite d’être facile à mettre en œuvre.

Myrtilles et betteraves font consensus

Il s’agissait de manger des sashimi de saumon arrosés de sirop d’agave les lundis, mercredis et vendredis, pour suivre les préceptes de David Servan-Scheriber.

Et de rééquilibrer avec du foie gras, du civet de biche et de grandes rasades de lait de vache les mardis, jeudis et samedis, pour ne pas fâcher l’auteur de l’autre régime anti-cancer dénommé, vous l’aurez noté, le « vrai ». L’adjectif est écrit en rouge sur la couverture du livre, subtile référence à un autre livre, celui du FAUX régime anti-cancer.

Le dimanche, pour mettre tout le monde d’accord, j’avais deux options : innover, avec une recette de sushi saumon-foie gras-biche avant d’aller faire quatre heures d’aérobic. Ou, alternative plus digeste, avaler de grandes lampées de myrtilles et de betterave, parce que là-dessus, il y a consensus scientifique et médiatique.

De grandes lampées de myrtilles et de betterave, donc, en évitant toutefois de manger ces aliments rouges-violets devant le JT de 20 heures, parce qu’il ne faut pas les consommer le soir si on ne veut pas s’attirer les foudres de David Khayat.

Un ver microscopique comme planche de salut

J’étais assez satisfaite de ce modus vivendi. Et puis je suis tombée sur « Mon assiette, ma santé, ma planète » de Pierre Weill (éditions Plon), et là je me suis dit que tout ça n’avait aucune importance, car le salut viendrait d’ailleurs, bientôt. Le salut viendrait du nématode.

Le nématode est un petit ver microscopique, pas vraiment ragoûtant -rassurez-vous, il ne s’agit pas de se nourrir de nématode, faites confiance à la science- qui mesure moins d’un millimètre et a la particularité -unique dans le règne animal- de pouvoir fabriquer ses propres oméga-3.

Les oméga-3 -sortez vos notes de l’année dernière- ce sont, pour faire court, les fameux bons acides gras, qui ont de fabuleuses propriétés anti-inflammatoires, contrairement aux oméga-6, pro-inflammatoires.

Oméga-3 et oméga-6 ne sont fabriqués que par les végétaux. Les animaux mangent les végétaux (ou d’autres animaux qui ont mangé ces végétaux) et, avec eux, les fameux acides gras, les pro-inflammatoires aussi bien que les anti-inflammatoires, les « bons » et les « mauvais ».

Et nous, en haut de la pyramide alimentaire, en mangeant des végétaux, des animaux ou leurs produits dérivés -œufs, fromage, lait, etc- nous absorbons aussi tous ces oméga. Nous sommes donc en premier lieu dépendants de notre environnement végétal pour nos apports en oméga-3 et 6.

Pour être en bonne santé, il nous faudrait avaler environ cinq molécules d’oméga-6 pour une molécule d’oméga-3, ce n’est pas du tout ce que nous faisons, puisque nous en sommes plutôt à quinze ou vingt oméga-6 pour un oméga-3, ce qui a pour conséquence de nous rendre malades, diabétiques, obèses (et peut-être cancéreux, mais là David Khayat n’est pas forcément d’accord).

En labo, les souris au nématode peuvent se gaver

Pour en revenir à notre petit ver pas ragoûtant, le nématode, sa capacité unique à fabriquer des oméga-3 n’a évidemment pas échappé à des généticiens qui ont décidé d’incorporer le gène en question dans des animaux de laboratoire beaucoup plus ragoûtants et proches de nous que le petit ver.

Des souris, par exemple. Une équipe de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) travaille ainsi en ce moment sur des souris OGM capables de fabriquer leurs propres oméga-3. C’est fabuleux, parce qu’elles peuvent manger n’importe quoi, se gaver de maïs riche en oméga-6, s’empiffrer de biscuits pleins d’huile de palme : elles sont comme immunisées.

En tout cas contre le diabète. Pour le reste, on ne sait pas trop, mais des chercheurs américains comme l’équipe du professeur Jing Xuan Kang ont déjà fait des études sur des vaches, des cochons, des poulets (dont une publiée en 2006 mais dont on n’a pas eu de nouvelles depuis).

Laissez-moi faire le pari que ces pauvres bêtes auront besoin, d’ici quelques années, de lire les livres de David Servan-Schreiber et de David Khayat pour s’en sortir. Ce sera peut-être l’occasion de départager les deux auteurs.

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  • personne
    • Posté à 18h17 le 24/05/2010
    • Internaute 21725

    Il manque pas mal d’arguments concernant le saumon : la contamination aux métaux lourds, et principalement au mercure. Les problèmes d’antibiotiques, de maladies, de gras chez le saumon d’élevage.

    Aucun médecin sérieux ne conseillera de manger du poisson cru et surtout du Saumon aussi régulièrement.

  • CMOI.12110
    CMOI.12110
    Technicien Sup
    • Posté à 19h11 le 24/05/2010
    • Internaute 76055
      Technicien Sup

    J’ai été opéré il y a 10 ans du cancer du fumeur ( ablation d’une corde vocale ) je ne devais absolument plus fumer sous peine d’une ablation complète de mon larynks, ( ce n’est pas malin ) mais j’ai continué et continu de fumer, dans ma tête ce qui m’a empoisonné, ce sont mes 25 ans de travail au contact de l’amiante, dans la clinique où j’étais il y avait des bébés de 2 ans, avec un cancer et j’aimerais que quelqu’un me dise pourquoi ils étaient malades, sans que l’on me sorte le sempiternel argument que c’est dù au mode de vie de la mère, c’ est trop facile de se refugier derrière ça, bien que celà puisse avoir une influence, celà n’explique pas tout, ensuite il y a ceux qui sortent des bouquins, sur ce qu’il faut faire ou pas faire, ce n’est que dans un but commercial, le cancer tout le monde l’a, il se développe ou non on a du bol ou pas.

  • ker
    ker
    • Posté à 00h48 le 25/05/2010
    • Internaute 12793

    Il existe une hypothese qui n’a pas beaucoup d’echo dans la presse car elle remet en cause l’industrie agroalimentaire. C’est l’hypothses paleodietiste. Notre alimentation nous empoisonne depuis que nous avons commence utiliser des grains selectionne pour leur haut taux en carbo hydrate et omega 6. D’apres les tenants de cette these et de nombreuses etudes qui confirme de facon troublante cette hypothese, le cancer n’existe meme pas chez les peuples vivant sans agriculture (pas plus que le diabete son petit frere). Il est parcontre en augmentation constante chez nous.
    Les regimes traditionnelles fusionnent les deux regimes cite ci dessus : richesse en proteine et graisses varies et naturelles, pauvrete en sucre rapide et lent, richesse en nutriment et vitamines provenant des animaux et des vegetaux varies ingeres.
    Pour ceux que cela interesse je suggere la lecture du livre de lierre keith, the vegetarian myth, passionnant.
    Notre ration est une ration de survie du bon petit travailleur-soldat de la civilsation. Meme ceux qui pensent etre des privilegie dans notre societe ne font que bouffer de la merde, avec un peu de fioriture. D’ailleurs ils sont souvent gras et en mauvaises sante et si ils bouffent autant, c’est bien que ca n’est pas tres nourissant. Une viande bio contient des ratio O6/O3 jusqu’a 10 fois inferieur... ne parlons pas d’un chevreuil ou d’un saumon sauvage. Les animaux de fermes industriels sont diabetiques et il faut les tuer jeunes car ils sont bien trop malades pour survivre un mois de plus.

    Cherchez sur le net les publi evoquant un lien direct et fort entre cancer et insuline, vous en trouverez quelques unes et vous ne verrez plus votre assiette de pate de la meme facon. L’etre humain n’a quasiment pas besoin de carbohydrate pour vivre, il lui suffit de proteine et de graisse naturelles. Les feculents et le sucre sont l’heroine du diabetique qui sommeille en chacun de nous. Mais pour revenir a une alimentation qui ne nous handicape pas, celle pour laquelle nous somme adapte, l’agriculture comme mode exclusif de subsistance etant recent e dans l’histoire de l’humanite, il faudrait une veritable revolution politique remodellant completement la facon dont nous produisons et conssommant notre nourriture, en cassant notamment entierement la globalisation, qui est absoluement incompatible avec une alimentation ecolgique et humaine.

  • PétaouSchnok
    • Posté à 11h40 le 25/05/2010
    • Internaute 11586

    Entre les « grandes rasades de lait de vache » et la « viande ne donne pas le cancer du colon » etc., que ce Dr David Khayat nous rabâche dans tous les médias, ça sent les lobbies à PLEIN nez...
    Il est charmant, ce monsieur, très à l’aise à la TV, parfait sur ses photo-shots, avec sa blouse immaculée et son stéthoscope autour du cou, comme à Lien par expl.
    Il était déjà complice d’une Lien il semblerait et en plus d’être un Lien, peut-etre serait-il également partenaire de golf de certains membres du CA de Lactalis ou Candia par expl ? ? J’ai peur qu’une petite heure (que je n’ai pas) à le Googler nous donnerait des infos assez surprenantes...

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